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Le Blog d'Elisabeth Poulain

societe

Un monde markété 4 > Entre Information et Communication

30 Mai 2011, 10:33am

Publié par Elisabeth Poulain

C'est une profonde mutation que l’on perçoit grâce à l’emploi de termes qui ne sont plus adaptés à la situation nouvelle. On garde des anciens mots qui ne sont plus l’expression d’une pensée - par exemple - que pourraient relever des journalistes qui vont la transformer en information qui fera l’objet de la publication, alors qu’il s’agit d’un message de communication envoyé quasiment tel quel à publier dans la presse.
 
La  rencontre en système démocratique entre les outils du  marketing dont fait partie la communication et le processus de choix des décideurs par les élections aboutit en période électorale à ce genre de confusion. La question est alors de savoir quand commencent et quand se terminent ces périodes où tout fait sens au sens électoral. La réalité montre un amalgame qui se situe dans des zones nouvelles, qui n‘appartiennent plus franchement à aucune des catégories en elles-même: l'évènement, sa traduction en information d’un côté et la communication de l’autre. Le temps lui-même entre dans ce cadre markété. Il devient un outil de plus au service des objectifs à atteindre, la victoire aux élections, grâce à une stratégie globale.  
Muriel Crochet, Lissier, Angers-Doutre
De l’information à la communication
L’art de faire passer une communication pour une information constitue un virage qui modifie profondément le sens de ce qui écrit, dit, montré et transmis par la presse qui ne joue plus que partiellement son rôle d’analyste des faits pour les transformer en information. A proprement parler, il n’y a plus de fait sauf en cas tout à fait exceptionnel d'intrusion de la réalité, comme l'actualité vient de nous le montrer. La communication change le rôle du journaliste qui est toujours perçu comme un professionnel de l’investigation alors qu’il n’est très souvent qu’un passeur de textes qui parviennent à sa rédaction. Avec la substitution d’un fait ou d’une parole qui donne lieu à un écrit du journaliste par un texte publicitaire conçu par des communicants, on franchit un degré de plus et on arrive dans un univers nouveau où les mots sont l’aboutissement de l’usage d’outils publicitaires qui remplacent en tout ou en partie la réalité,  si réalité il reste.  
 
De la communication à la stratégie globale
La création de cette nouvelle « réalité communicationnelle » chasse l’autre réalité réelle sans qu’il soit désormais possible  de savoir s’il reste même une frontière. Dans l’Affaire de la Triple Atteinte (aux Femmes, à la Justice et à l'Information), qui agite les Etats-Unis et la France plus encore, on voit qu’il n’y a plus de parole source ou de fait brut de base. Il y a une construction préalable totalement « verrouillée » par des communicants qui transforment tous les matériaux qui font l’information.  Le langage verbal et écrit ainsi que  tous les éléments de langage non verbal entrent dans une stratégie globale de communication où tout est  codifié de façon à induire autant que faire se peut la réaction du grand public composé d’électeurs. 
 
La réussite comme seul objectif
C’est ce que déclare Stéphane Fouks (Euro RSCG) quand il dit :  «Cela prouve que notre stratégie de communication était efficace puisqu'il (son célèbre client) était populaire». Cet expert de la com appelle en soutien les deux Jacques, Jacques Séguéla et Jacques Pilhan qui disait  que  «tout homme porte en lui six ou sept visages différents. L'art de la communication n'est pas de les montrer tous à la fois ou même de choisir celui qui serait le vrai. C'est de trouver le bon au moment juste. Car c'est toujours le plus efficace».  On remarquera que l’homme de l’art ne parle pas de la création d’un autre personnage que le vrai. Or il s’agit pourtant aussi et surtout de cela, comme le montre l’orchestration de la prise de pouvoir aux Etats-Unis par le patriarche de la famille Kennedy. Les frontières là aussi sautent sous l’effet de la volonté d’accéder au pouvoir. Machiavel ne disait pas autre chose : la fin justifie les moyens.  
 DSC00212
La suppression des frontières entre marketing, élections et communication
Le lien direct qui existe maintenant entre la communication organisée et sa parution quasiment telle quelle par la presse qui la valide en tant qu’information entraîne des conséquences importantes :
. les élections sont conçues comme le lancement d’un produit de marque à très fort enjeu ;
. la presse est un vecteur de communication comme un autre ou plutôt qui permet de faire synergie entre tous les modes de communication. C'est elle qui assure gratuitement le tam-tam;
. les relations publiques sont assurées par des amis, ambassadeurs de "la marque", à qui sont fournis des « éléments de langage » qui seront repris en boucle par la presse ;
. la communication devient la seule matière du lancement, il n’y a plus de produit à proprement dit, ni de programme, c’est la communication qui cannibalise tout l’espace démocratique puisque tout est posture ;
. l’image prend alors une importance démesurée, à prendre au sens propre, puisqu’il n’y a rien d’autre que de la com derrière. Toute atteinte à l’image devient alors insupportable pour les acteurs de cette bulle communicationnelle  qui forme un nouveau marketing qui a tout cannibalisé à commencer par lui-même;
. l'atteinte à l'image en particulier par une photo issu du monde réel est plus grave que le fait qui a motivé l'arrestation.   
 
La création d’une nouvelle réalité
Cette réalité communicationnelle interroge sur la réalité démocratique. On en est là.        
 
Pour suivre le chemin
. Voir sur ce blog la série d’ « un monde markété" ainsi que les "entre-deux et entre-trois »
     
. Lire la recherche de Sophie Coignard et d’Alexandre Wickham « L’Omerta française » 1999
. Photos EP, Pétales de Muriel Crochet et Détail de Niki de Saint-Phalle   

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Un monde markété 3 > La catégorisation > Le genre et l'âge

19 Avril 2011, 16:59pm

Publié par Elisabeth Poulain

C’est une terrible réalité. Pour mieux comprendre la société, il est complètement admis, sans aucune distance, qu’il faut catégoriser, tout et son contraire. L’outil d’étude, le rangement dans une catégorie, permettant de comprendre le tout. Découpons, recoupons, classons, rangeons, étiquetons chacun dans un tiroir, une case et l’analyse sera non seulement possible, elle en sera facilitée. Oui, à un gros bémol près, c’est que la somme de ces sous-parties ne fait pas l’ensemble. Bien au contraire, elle empêche de comprendre le tout et ne conduit pas à  chercher de nouveaux outils plus subtils que ce gros couteau à découpe en petits morceaux, en ayant perdu ce qui fait sens, le lien entre les sous-parties et avec le tout. 
 Lumi-re-sur-argile-2-09.03.18-096--2-.jpg  
L’identification de la sous-partie, objet de l’analyse

Pour asseoir ma démonstration, je choisis volontairement des cibles diversifiées, telles que le genre pour distinguer la femme de l’homme et l’âge pour parler des jeunes par rapport aux autres. Il pourrait y en avoir d’autres exemples mais cela suffit pour montrer l’absurdité de continuer à vouloir comprendre des systèmes globaux sur la base d’un découpage ciblé.  

    
Le genre

L’histoire montre comment notre société a de la difficulté à intégrer pleinement la femme au rang des acteurs de plein droit de la société. En 1789, les députés ont estimé qu’il suffisait de viser les droits de l’homme pour englober ceux de la femme, avec cette conséquence étonnante qu’une femme est un homme comme les autres. Ce qui ne peut que réjouir les femmes engagées dans une démarche active de revendication de la plénitude des droits humains. 

   

Notre époque penche plutôt vers la catégorisation. Les femmes rentrent dans la catégorie « femme. A ce titre, l’ONU par exemple vient depuis le 1er janvier 2011 de lancer un « ONU Femmes » qui regroupe un certain nombre d’institutions jusqu’alors dispersées. On pourrait s’en réjouir. On est en droit de s’en inquiéter au vu des attitudes des Etats membres. Plus la condition humaine est découpée en morceaux, plus il leur est possible aux Etats de signer des grands textes, en faisant des réserves pour tel ou tel segment, les femmes par exemple, sans plus être lié par exemple comme avant par les droits revendiqués comme naturels pour un homme.  

   

C’est ainsi qu’au nom de l’exception culturelle, la polygamie (re)devient un droit revendiqué pour les femmes de certains pays en vue de combattre la prostitution. Citons aussi comme autre exemple, la non-comptabilisation des petites filles dans la prise en compte du taux d’analphabétisme global qui en fait est calculé sur les seuls chiffres des petits garçons dans un grand nombre de pays du Tiers Monde, comme on ne dit plus. Les pourcentages sont plus satisfaisants. Question d’image de modernité., mais pas seulement, on en revient par là à une redéfinition plus précise des droits de l’homme. Il s’agit bien de l’homme, en faisant de la femme une petite fille à vie.   

  Ecailles de cuir, sac à main 
Les jeunes

Le brouillage est tout aussi étonnant. Des jeunes enfants, qui hier encore étaient accompagnés à l’école par des adultes, sont aujourd’hui munis d’un téléphone portable pour appeler en cas de problème sur le chemin. On les voit le matin partir dans le noir seuls avec leur cartable. C’est une image qui reste dans la rétine, à l’opposé de ce qui se passe au Japon par exemple où aller seul à l’école est considéré comme un élément de socialisation du jeune enfant. Mais où l'enfant se rend à l'école avec d'autres enfants de son âge .

 

A l’autre extrémité de la fourchette « jeune », à 30 ans moins un jour, on est encore considéré comme « jeune » pour faire partie d’un conseil de participation aux affaires de la cité dans certaines collectivités. A ce moment là, on vote en tant qu’électeur depuis 12 ans. Adulte de plein exercice à 18 ans, on ne l’est pas assez pour entrer dans un conseil de quartier par exemple, qui a pour objectif aux habitants de travailler en concertation avec les responsables de la ville où l’on habite.  

   

Les conséquences sont fortes en terme de coupure du lien générationnel, de l’impossibilité de travailler ensemble dans les conseils de démocratie participative. Les jeunes ne sont pas associés au développement du quartier et plus. Ils se retrouvent entre eux, saisis des questions à compétence « jeunes » dans un conseil-jeunes uniques dans les villes moyennes. Les plus que 30 ans se retrouvent avec une majorité de jeunes retraités. Ils sont cette fois-ci identifiés par leur logement dans un quartier.  

La fourchette varie selon les endroits. Les Jeunes de Pessamit dans les Premières nations du Québec et du Labrador ont fixé la barre à 35 ans pour des raisons culturelles.  Elle est de 30 ans moins un jour à Angers, de 25 ans à Nantes. D’autres villes se rapprochent de l’âge légal de la majorité. C’est le cas à Rochefort qui visent les 15-20 ans…  

    Terre malaxee par les sabots des vaches jpg
L’influence du marketing

Le marketing est, rappelons-le, un ensemble de techniques permettant d’accroître l’efficacité de la stratégie et de la politique commerciale de l’entreprise. Il s’est étendu ensuite à toutes les sphères de la pensée et de l’action. Les acteurs publics n’échappent pas à ces règles, bien qu’ils ne se situent pas dans l’orbite entrepreneuriale, mais dans celui de la gouvernance. Ils ont la gestion  en commun et c’est là qu’on retrouve la catégorisation qui permet dans le domaine politique de répondre aux différents groupes de lobbying et d'attentes définis en terme de besoins, comme en marketing.  

   
La coupure du lien et la création de sous-catégories mineures en droit

Elle est une des conséquences de la segmentation entre catégories. Celle-ci conduit à isoler la sous-partie de l’ensemble qui garde toute sa légitimité propre au fait qu’il est un tout, alors que pour la sous-partie, les principes généraux de l’ensemble ne sont jamais rappelés tant cela va de soi. Or dans cette manipulation, il y a bien une perte réelle de valeur de la catégorie « femmes » et de la catégorie « enfants » qui sont traités comme des minorités alors qu’elles sont plus nombreuses. 

   
Le renforcement du lien de sous-catégorisation entre elles

S’ajoute à cette descente dans l’échelle des valeurs attachées au genre humain, un autre lien qui est de lier la femme à l’enfant, comme si l’âge d’une femme restait à vie en dessous de l’âge de la majorité accessible aux seuls hommes. L'absence d'accès à la formation dés la petite enfance renforce la sous-catégorisation. C’est le catalogue de la Documentation française qui établit en tant qu’évidence le lien entre la femme et l’enfant. C’est aussi maintenant l’ONU-Femmes, qui parle de « sexospécificités » dans le domaine du développement économique.  

   

L’addition de deux minorations ne fait pas un plus, au contraire. Le principe "Pars pro toto" (la partie pour le tout) n'est pas toujours valable, au contraire.   

   
Pour suivre le chemin

. Sur l’ONU, trouver plus d’infos sur

http://www.unwomen.org/fr/

http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/civilisation-articles-section/civilisation/871-onu-la-religion-grignote-les-droits-des-femmes

. Sur les Premières Nations du Québec et du Labrador et les autres, voir

http://www.facebook.com/group.php?gid=158203944200716

. Pour quelques villes ou autres collectivités

http://www.ville-rochefort.fr/democratie-locale/conseil-jeunes

http://jeunes.angers.fr/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_des_Jeunes_seine-et-marnais_CJ77

. Photos EP

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Des arbres qui parlent > Les Platanes de Nankin > La mobilisation

11 Avril 2011, 15:17pm

Publié par Elisabeth Poulain

 C’est une jolie histoire que décrit le correspondant du Monde à Pékin, Brice Pedroletti. Elle montre comment un groupe d’internautes chinois ont pu convaincre les autorités municipales de  Nankin, la première république de Chine, de ne pas ‘transplanter’ des platanes pour cause d’extension du réseau du métro. On les  appelle traditionnellement là-bas des « arbres parasols français » parce que c’étaient ceux que les Français alors puissance occupante en Chine plantaient dans les concessions sous mandat français,  à Shanghai par exemple.  


 Platanes de la Place de la Rochefoucault, Angers

Ces platanes ont en outre la particularité d’avoir été plantés, c’est du moins l’histoire transmise, par Tchang Kaï-Check vers 1930. Une première série  de plusieurs centaines de ‘transplantations’ de ces arbres  a déjà eu lieu il y a quelques années, avec un résultat fort prévisible, la mort de quasiment tous ces arbres nonagénaires. 5 ans après cette première expérience traumatisante, la communauté des défenseurs des platanes a su réagir, contre ce qui est de facto la seconde phase d’un massacre programmé. Cette fois-ci, elle s’est mobilisée rapidement,  a fait le buzz avec des photos d’arbres à terre, a contacté un célèbre chroniqueur sportif qui a relayé l’information sur le Net sous ce slogan "  un arbre, ça ne parle pas. Mais un homme, si."


 Platanes de la Place de la Rochefoucault, Angers

 

Pour l’instant, l’opération est suspendue. Le projet d’extension du métro va être revu et promesse a été faite de ne pas transplanter ces arbres. En attendant qu’ils s’exprimer peut être un jour, des habitants leur ont noué un ruban vert autour de leur tronc pour les protéger. C'est un langage non verbal. Une affaire à suivre. 

 

Pour suivre le chemin

. Voir les éléments de base sur le platane et sur Nankin sur

http://fr.wikipedia.org/wiki/Platane

http://fr.wikipedia.org/wiki/Nankin

. Je n’ai pu trouver de photo montrant ces grands arbres à Nankin .

. Photos Elisabeth Pouain, avec ces photos venues d'Angers des platanes de la place de la Rochefoucault qui illustrent ce billet .    

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Les petites maisons > Les tentes pour réfugiés

15 Mars 2011, 09:56am

Publié par Elisabeth Poulain

La tente a toujours servi d’abri temporaire pour des personnes en déplacement, qu’elles soient militaires ou civiles. Depuis l’Antiquité, les soldats ont toujours su mettre à profit les qualités de la tente pour abriter les hommes, les vivres et les matériels de façon à être opérationnels très rapidement au lieu stratégique, dans des lieux sans hébergement ou capacité d’accueil suffisante. C’était le cas au camp  de La Courtine en 1910, avec ces superbes tentes blanches. 

  Tentes, Camp de la Courtine, 1910

La tente et le pouvoir

Il en existait bien sûr différents modèles selon les usages qui en étaient faits. Il en est ainsi de la tente d’apparat. Plus le niveau hiérarchique de celui qui y était abrité était élevé et plus la tente était somptueuse. Citons Alexandre le Grand qui disposait d’une tente personnelle soutenue par des piliers d’or.

 

Tente d'apparat-Field of the cloth of gold-1520-Wikipedia

Autre exemple célèbre, celle où François Ier accueillit en 1520 Henri VIII d’Angleterre au camp du Drap d’Or, en Flandres, entre les châteaux d’Ardres et de Guines. Actuellement en Arabie Saoudite par exemple, lors de grands rassemblements politiques, des tentes sont édifiées dans le désert avec des tapis en guise de toile. Une seule tente peut accueillir jusqu’à 2 000 personnes. La tente est un symbole fort de culture.

 

La tente et la ville

Au cours des temps, la tente servit aussi à accueillir les membres des croisades en attente de départ, comme à Aigues-Mortes en 1246. Le lieu fut choisi pour sa faculté à être protégée par des remparts à l’intérieur desquels fut érigé un village de toile dont les tentes furent ensuite remplacées par des maisons, tant le site était propice.

 

La tente et la guerre

Il fallut inventer de nouveaux modèles de tentes pour accueillir en urgence des personnes déplacées dés la fin de la première guerre mondiale. Le modèle  d’urgence était basé sur le principe d’arceaux recouverts de tôles. C’est ce qu’il y avait de plus simple et de plus rapide à monter.

 

Ancien abri fin 1ère guerre mondiale, Peronne

  

La tente, les réfugiés

Actuellement dans les situations d’urgence que gère le Haut-Commissariat pour les Réfugiés (HCR), un organisme spécialisé de l’ONU, avec les autorités de l’Etat d’accueil, ici la Tunisie, c’est le plastique qui remplace la tôle trop lourde à déplacer. Ce matériau très léger offre aussi le gros avantage de présenter un volume réduit car il est repliable. Sur la photo prise à la frontière entre la Lybie et la Tunisie, on découvre ainsi des lignes de tente serrées les unes contre les autres, presque sans espace entre elles, avec seulement quelques drapeaux noirs ou blancs comme point de repère.

  Tentes de secours Réfugiés de Lybie-LeFig-20110307PHO

 

Le tunnel, la serre

Une autre image vient alors à l’esprit, celle de ces étendues de plastique qui ont fait disparaître la terre du Sud de l’Espagne pour faire pousser des tomates à des prix imbattables grâce à de la main d’œuvre entrée sans papiers en provenance essentiellement du Maroc. Au sud-ouest du Campo de Dalias, les tunnels et les serres sont parfaitement alignés. La plasticulture s’étend sur 20 000 hectares entre El Ejido et Roquetas de Mar. La zone est parfaitement visible de l’espace.

  Serres et Tunnels,Campo de Dalias, Espagne Su

 

De la plasti-culture à l’accueil d’urgence

Plusieurs différences vous montrent qu’il ne s’agit pas de la même situation. La photo prise en Tunisie montre des abris alignés à la hâte pour les personnes en provenance de Lybie, sans alignement comme à La Courtine, sans allées bien rectilignes pour pouvoir circuler. Il n’y a que du plastique et des arceaux. Seuls les drapeaux montrent qu’il y a des humains dessous la nuit. Le jour, ces hommes en très grande majorité se regroupent, en attendant le plus rapidement possible un vol pour les emmener au loin…  

  Réfugiés fuyant la Lybie-HCR-Branthwaite- 4d7a3e376

 

Pour suivre le chemin des tentes

. Ce billet a eu pour déclencheur la photo publiée Le Figaro-Sélection sur le camp de réfugiés de Ras Jdir, à la frontière entre la Lybie et la Tunisie. Près de 215 000 migrants ont été accueillis en cet endroit en trois semaines.   

 

. Les photos

1. Camp de La Courtine, collection France Poulain

Des infos sur le camp

http://fr.wikipedia.org/wiki/Camp_de_La_Courtine

2. Camp du Drap d'Or, Wikipedia,

http://fr.wikipedia.org/wiki/Camp_du_Drap_d'Or

3. Ancien abri d'accueil de personnes déplacées, fin Première guerre mondiale, à Peronne, collection France Poulain

4. Camp du Ras Jdir, sélection du Figaro du 13 mars 2011, http://www.lefigaro.fr/photos

5. Plasticulture, Nasa, à voir sur http://en.wikipedia.org/wiki/Plasticulture

6. Réfugiés en Lybie-HCR sur http://www.unhcr.fr/4d7a51f2c.html

 

. Découvrir également les « tentes de réfugiés », appelées aussi « tentes pour réfugiés » aux normes chinoises car faites en Chine, sur le site http://french.alibaba.com/products/refugee-tents.html Il en existe de nombreux modèles d’une capacité d’accueil jusqu’à 50 personnes.

 

. Se rappeler que les tentes permettent aussi une autre approche de la nature, de vivre avec les autres, tout en ayant une pratique sportive, à lire dans « L’Esprit du Camping » de France Poulain et Elisabeth Poulain (Cheminements éditeur) qui retrace toute l’histoire du camping depuis la fin du XIXè siècle, avec une très belle iconographie, en particulier des différents types de tentes.

 

 

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Le lexique de l'aménagement des berges > Liège > La Meuse

10 Mars 2011, 12:04pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

Aujourd’hui commence un jeu qui consiste à repérer les mots qui sont employés par les villes, les urbanistes, les paysagistes, les journalistes… pour présenter leur projet d’aménagement des bords de leur fleuve. Un jeu qui présente un réel intérêt du fait maintenant de la force de ce mouvement qui se produit au même moment  dans le monde avec une réelle concomitance d’emploi de certains termes. L’intérêt porte aussi sur les nuances de sens des mots utilisés et des contextes d’utilisation.    

 

Wikipedia-Liège-Meuse et sa dérivation

 

Les personnalités de Liège

. L’élu concerné : l’Echevin liégeois de l’Urbanisme Michel Firket : « ce projet est très séduisant et porteur de valeur ajoutée… »

. Le directeur liégeois du SPW (Service Public Wallonie) Routes, Dominique Verlaine : «  notre volonté est forte que ce chantier soit mené en cohérence avec les autres aménagements du quartier » 

 

L’équipe

Architectes : Bureau Greisch, Jean-Marie Cremer

Urbanistes : Sart Tilman

Mobilité : Transitec

Paysagistes : Michel Corajoup et Yannick Saillot, un de ses collaborateurs

 

« Le travail du paysagiste est de comprendre des choses complexes et de proposer des aménagements » ---) Yannick Saillot 

 

 Liege carte 1572 1624 Braun Hogenberg wikipedia
La ville + son fleuve ---) Liège + la Meuse  
 = Lîdje sins Môuse, c'est Moûse sins Lîdje[A 4] « Liège sans sa Meuse, c'est Meuse sans son Liège » ;

 

L’objectif principal de l’opération urbaine

Aménager un boulevard urbain inédit ---) Joël Matriche, journaliste Le Soir

 

Fréquenter les berges à nouveau ---) Michel Corajoup

Mettre en évidence les quais de la Meuse, à propos de Michel Corajoup

 

Redessiner les quais ---) entre Piercot et le pont de Fragnée

Remettre tout à plat ---) Jean-Marie Cremer  

Redonner de l’importance aux berges de la Meuse, qui ont été négligées  ---) Michel
Corajoup

Remodeler les bords du fleuve ---) le journaliste

Rendre la Meuse aux Liègeois ---) le journaliste

Rénover les quais ---) le journaliste    

Resserrer le tissu urbain autour de la gare ---) Michel Corajoup

Prévoir une scénographie forte ---) Michel Corajoup

 

Liege-carte-Blaeu-1627-Univ-Leyde-wikipedia

 

Paysages d’eau

. De grande amplitude et d’horizon ---) Michel Corajoup

. Avec une belle courbure ---) un des points forts du site pour Michel Corajoup (comme à Bordeaux)  

La circulation automobile

. la ralentir fortement en surface

. faire mieux que les tunnels

. n’en garder qu‘un seul déjà existant, sous la rue des Guillemins  

La place de la voiture
. réduire le stationnement de la voiture, à réserver aux seuls habitants (idée évoquée) = ne prévoir que quelques places de parkings

. réduire le parking de l’Héliport et mettre à la place un espace vert

. « ôter à la voiture de son arrogance, au profit des cyclistes et des piétons »---) le journaliste

 

L’autoroute urbaine actuelle

.  à remodeler, à repenser

= c’est l’objectif principal du projet

 

Les voies nouvelles

. desserte locale, afin de « réserver l’accès sud aux Liègeois et à ceux qui leur rendent visite » ---) le journaliste

. créer un long cheminement  en desserte locale, un boulevard urbain ---) Greisch

= « deux chaussées de deux bandes de circulation chacune, ponctuées de six carrefours avec feux de signalisations entre le pont de Fragnée et Piercot, avec des places de parkings dessinés le long de ces voies » ---) le directeur du SPW

 

. améliorer et rendre plus conviviales les entrées et sorties du Centre-Ville

. prévoir un nouvel axe de circulation de la gare à la Médiacité en passant par le Parc de la Boverie et son futur centre d’Art

 

Carte, Liege 1775 Carte du Cabinet des Pays-Bas autrichiens Wikipe  

Les cheminements nouveaux

. adaptés aux usagers lents

. un passage piétons pour aller de la gare à la Boverie 

Des interventions paysagères

. à prévoir…

. « la préservation des platanes centenaires de l’avenue Blonden contribuera à la résurrection du quartier » ---) le journaliste

. les terrasses seront valorisées. 

L’éclairage

. froid sur les bords de la Meuse, chaud dans les quartiers à mettre en place  

Le calendrier + le financement

. calendrier serré du fait du financement Feder qui impose des dates butoirs

= 2007 ---) adoption du périmètre urbain des Guillemins, 2008 ---) accord du Feder pour l’aménagement de la place, la passerelle et les quais pour 40% des 30m E prévus, le reste étant financé par le SPW, 2010 ---) étude d’incidence pour la rénovation des quais, ---) demande de permis de construire, 2012 ---) Début du chantier qui doit se terminer en 2014. 

 

La concertation

Si le besoin s'en fait sentir au vu des résultats de l'enquête publique...

 

Pour suivre le chemin

. Lire les deux articles de Joël Matriche dans Le Soir, 28 juillet 2010 et 8 octobre 2010

www.lesoir.be/.../un-nouveau-boulevard-en-bord-de-meuse-783729.php

www.lesoir.be/regions/liege/.../rendre-la-meuse-aux-liegeois-97257.php

. Découvrir Liège sur Wikipedia avec les belles cartes http://fr.wikipedia.org/wiki/Li%C3%A8ge

 

. Voir sur ce blog, les 6 billets sur le ré-aménagement des berges de la rive gauche de la Garonne à Bordeaux, les 6 consacrés à celui de la rive gauche du Rhône à Lyon en partie centrale de la ville et les 2 dédiés aux berges des deux rives de la Maine à Angers.  

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Concertation, Consultation ou Participation à la gestion de la Ville ?

16 Février 2011, 10:14am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Une jolie question que celle-là. Il manque en plus un quatrième terme qui est celui de Proposition.  J’ai mis un point d’interrogation pour bien mettre l’accent qu'elle pose sur les enjeux très réels pour la démocratie, la nôtre, celle à laquelle nous sommes si attachés, celle qui ne se découpe pas en tronçon.  

L’obligation légale

Bitume, ciment et bleuAutant il est obligatoire pour la Ville d’établir un Conseil de Quartier dés lors que le seuil de 80 000 habitants est atteint, autant la collectivité urbaine a-t-elle quasiment toute liberté pour fixer sa dénomination, sa composition et ses modalités de fonctionnement. Quant au Conseil, il peut faire des propositions sur les questions posées par le maire et peut être associé aux actions concernant le quartier.

 

« Peut » figure par trois fois dans le 3ème alinéa du texte. Il en résulte qu’un Conseil de Quartier peut ne pas être saisi dés lors que le maire ne le souhaite pas (Ier cas de limitation). Il peut être consulté sans pouvoir de proposition (2è limitation). Il peut aussi faire des propositions dans le  cas où il est consulté et où le maire souhaite qu’il fasse des propositions.

 

Dans le même alinéa, le législateur prévoit que le Conseil peut être associé à trois stades de d’une action : son élaboration, sa mise en oeuvre et l'évaluation (limitation séquentielle). Une autre limitation intervient : la localisation de l’action limitée au quartier (limitation territoriale), en particulier pour les actions menées au titre de la politique de la ville (limitation fonctionnelle). 

La participation

Je ne parle pas de démocratie participative, ce qui serait beaucoup trop réducteur pour la problématique que j’évoque. De cette démocratie là, je garde le terme de participation, qui convient bien. Il est tellement vague qu’il s’adapte à tout et en même temps il porte une profonde vérité. Jusqu’en 2002, il n’y avait que deux postures possibles à ceux qui s’intéressaient à la vie de leur ville, en plus de voter aux élections : s’engager directement en politique ou en discuter activement en famille ou ailleurs. Entre le tout ou rien, il y a maintenant un autre positionnement qui est celui d’intégrer une instance de participation, pour prendre part à la vie de la Ville. Mais comment ?  

La problématique

Dans ce cadre minimaliste de l’obligation légale pesant sur la collectivité, y-a-t-il « simple » consultation ? Ou bien de la « vraie » concertation ?  

La différence des enjeux

Entre ces deux termes, qui commencent et se terminent tous deux de la même façon, la première syllabe venant du latin (cum) pour désigner ce qui se fait « avec » et la dernière montrant « l’action », il y a une grosse différence d’implication et de prise de responsabilité. Les deux sont indiqués dans notre cas. Il s’agit de travailler ensemble avec la collectivité au bien de la cité, dans les affaires urbaines, au projet de développement, aussi bien qu’à la résolution du vivre ensemble au quotidien. La différence porte sur le degré d’engagement de l’habitant dans la décision.  Cuirasse de guerrier, papier, Marie H Blanchard

La consultation

Elle indique le sens de la liaison qui continue à venir d’en haut : celui qui a le devoir de concevoir et de mettre en œuvre la politique de la collectivité locale consulte sur des points précis, de la façon et au moment choisi par lui, ceux qui sont directement concernés par la question. Dans cette vision, le Conseil de Quartier est le plus souvent qualifié de « consultatif », pour indiquer qu’il a charge de donner son avis, sans pouvoir de décision. Chacun se devant de rester dans son rôle, comme il apparaît clairement dans la loi du 13 février 2002 relative à la démocratie de proximité. L’habitant, comme il est désigné, n’a dans une vision minimaliste que le pouvoir d’être consulté, si telle est la volonté de la collectivité. Comme on l’a vu dans le texte de loi, un conseil de quartier pourrait être saisi sans capacité de pouvoir émettre des propositions, ce qui limite singulièrement le sens du mot ‘consultation’.   

 

En résumé, la consultation est une initiative qui appartient au maire quand le conseil s’appelle conseil de quartier. Il en va autrement quand le titre inclut le terme de la consultation. Le Conseil devient alors « Conseil consultatif de quartier », ce qui apparaît comme une avancée significative, dés lors que la demande répond aux cinq limitations  légales qui viennent d’être citées. Mais le titre ne suffit pas pour montrer une avancée réelle. 

 

La proposition

Elle ne va pas de soi. Elle n’est pas directement attachée à la consultation, comme le montre la disposition de la phrase. Le maire peut … et le conseil peut …Même consulté, le conseil peut ne pas avoir à faire de proposition. Ce serait le cas, pour une réunion d’information ou des ateliers de formation, mais en ce cas, il n’y a plus de consultation proprement dite. Toutes les modalités de propositions sont fixées par le maire.

 

Quant à la question de la capacité d’un conseil de quartier de faire des propositions de sa propre initiative, elle entre dans le champ de la concertation.

 

La concertation

Le grand mot est lâché. Concerter une action, c’est agir ensemble. Il y a là une relation de partenariat pour le bien commun du projet, chacun restant dans son rôle. Le terme est si fort qu’il n’est pas directement prononcé dans le texte de la loi. Cependant, rien n’interdit à une municipalité de le faire, comme Lille qui a servi d’exemple en France. Tout dépend donc de la façon de la municipalité d’envisager ses relations avec ses administrés et de la façon dont ceux-ci  saisissent cette opportunité d’être des acteurs plus engagés dans le développement de la ville, quel que soit le niveau où se situe l’action en terme d’importance. Dans la concertation, il faut vraiment être deux mais pas forcément ensemble.

 

Il existe bien des conseils communaux de concertation, dont la dénomination indique  l’ouverture et l’amplitude de l’action citoyenne de proximité. Notons que dans ces cas-là, le terme d’habitant, qui n’a pas de sens en démocratie, n’est plus utilisé. Le citoyen reprend du service. Une bonne chose. 

 

La question de la concertation n'en reste pas moins entière, car tout dépend de la façon dont elle se déroule: avant, en même temps que les professionnels sur la problématique en général, après sur des thèmes bien précis...?

   

A lire des compte-rendus publiés sur le net, se dessine toujours un sentiment d’antagonisme larvé entre la volonté des citoyens d’être pleinement associés à la décision - mais de quelle façon, jusqu'où et jusqu'à quand? - et celle des élus de faire avancer ces dossiers qui sont toujours allourdis par des chocs conflictuels d'enjeux privés. Avec aussi ce que dénoncent des élus, la focalisation d’habitants sur le seul lampadaire qui se situe devant chez eux, alors même que tout le système est fait pour garder les participants dans la seule sphère de compétence de très proche proximité. Le quartier est maintenant divisé en autant d’îlots sans connexion les uns avec les autres , sauf si la collectivité l'écrit  expressément .         

 

Feu et metal jpgLa communication au titre de la participation

Celle-ci pourrait se présenter comme le socle minimal qui permettrait par exemple d’informer les habitants par les moyens adaptés et de les former, par exemple, à l’organisation des services de la collectivité ou au déroulé d’une séance du conseil municipal…Dans cette participation, s’inscrit en outre des visites sur le terrain des serres municipales, d’une usine de traitement des déchets…

 

Dans un autre sens, participer est un terme bien utile pour montrer la volonté d’ouverture d’une municipalité envers ses administrés. Une façon de jouer la transparence à des fins de relations publiques, au même titre que ce que fait une entreprise pour se faire connaître et apprécier en externe par ses clients et partenaires et en interne pour resserrer les liens entre les membres du personnel. Ces opérations de communication coûtent moins chères et sont plus efficaces que des affichage ou des insertions dans la presse. Elles associent finement les citoyens avec leurs élus et entre eux.

 

Le trouble sémantique

A lire les textes produits par des villes dans ce cadre réglementaire, il apparaît que les mots apparemment identiques mais portant des sens différents sont utilisés sans que leur sens de départ soit préservé. On parle d’habitant, pas de citoyen. La segmentation fleurit. Tout est tronçonné. D’autres conseils sont crées dans un cadre non territorial, sans possibilité de les joindre. Les 'jeunes' font partie de conseil distinct. Les ‘étrangers’ d’un autre. Les contacts inter-conseils sont de fait non-prévus, sauf exception. Le cadre territorial est morcelé. Il est quasiment impossible de travailler avec des habitants du trottoir d’en face, pour cause de frontière de quartier…Quant à la ville voisine, pas la peine d’en rêver. Le conseil est qualifié de consultatif alors qu’il autorise expressément la concertation…La multiplication des autres organismes à compétences dédiées, sans possibilité de les contacter en direct,   ne facilite pas non plus la tâche des personnes engagées dans cette démarche citoyenne, en particulier dans le domaine du Développement durable.

 

La réponse est que la simple consultation n'est jamais aussi simple que cela. Quant à la vraie concertation, elle existe aussi, à certains moments, sur des thèmes bien délimités, en fonction de la force de proposition des citoyens et de leurs connaissances des textes. Chaque  jour, elle est en train de se construire et c'est une bonne chose. 

 

Quand les personnes se posent la question de savoir si elles sont la possibilité de faire des propositions à leur initiative à la collectivité, la première chose à faire est de se référer au seul texte existant qui est la charte et le règlement qui le complète. La deuxième chose est d'en faire dans tous les cas, pour avoir ce droit démocratique.  

 

Pour suivre le chemin de la concertation

. Voir la loi 2002-276 20 février 2002 sur http://admi.net/jo/20020228/INTX0100065L.html

II. - L'article L. 2143-1 du même code est ainsi établi :
«Dans les communes de 80 000 habitants et plus, le conseil municipal fixe le périmètre de chacun des quartiers constituant la commune. Chacun d'eux est doté d'un conseil de quartier dont le conseil municipal fixe la dénomination, la composition et les modalités de fonctionnement. Les conseils de quartier peuvent être consultés par le maire et peuvent lui faire des propositions sur toute question concernant le quartier ou la ville. Le maire peut les associer à l'élaboration, à la mise en oeuvre et à l'évaluation des actions intéressant le quartier, en particulier celles menées au titre de la politique de la ville. Le conseil municipal peut affecter aux conseils de quartier un local et leur allouer chaque année des crédits pour leur fonctionnement. »

 

. Pour des exemples de démocratie à implication des citoyens et des habitants, voir notamment les exemples d’Argenteuil, Rennes, Epinay-sur-Seine, Saint-Herblain, Angers, Paris, Lyon…

. Participez au site collaboratif  sur ce double thème de la participation en lien avec la démocratie http://www.participation-et-democratie.fr/   qui est cité par Wikipedia à Concertation  http://fr.wikipedia.org/wiki/Concertation

 

. Ce billet est une conséquence directe d’une question posée à l’élu par un habitant en réunion publique d’évaluation des deux années passées de mandat des conseils consultatifs de quartier : « Peut-on prendre l’initiative de faire des propositions à la ville ? » Réponse de l’élu : « le conseil s’appelle conseil consultatif de quartier ». Ce qui n’est pas faux, mais induit volontairement une réponse négative. Or la Charte des CCQ de cette ville cite expressément le pouvoir d’initiative et de proposition d’action des membres habitants du Conseil. Le document indique aussi que l’élu, membre de droit du bureau du conseil de quartier, ne peut animer un groupe de travail. 

 

. Photos EP

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Au feu vert, 35 000 Bruxellois marchent pour l'unité du Royaume

9 Février 2011, 10:31am

Publié par Elisabeth Poulain

 

C’est une photo qui interpelle. A dire vrai, je ne sais ce qui m’étonne le plus. Elle est de ces clichés que vous gardez. Pourquoi ? Sur le moment on n’en sait rien. A force de l’interroger, elle dit beaucoup de choses, quel qu’en soit l’ordre. Ce n’est pas si sûr d’ailleurs que l’ordre ne soit pas justement ce qui a fait tilt chez moi.

  Shame-35 000 Bruxellois protestent-23.01- 20110124PHOWWW002

La masse

Ces 35 000 personnes, qui ne figurent évidemment pas sur la photo, forment un groupe dense, au point de composer une masse compacte. S’il fallait la traverser rapidement ou lui intimer de se disperser avec brutalité, il y aurait clairement des problèmes d’écrasement. C’est la première chose qui a valeur de symbole, cette confiance qui resserre les rangs près des autres dans des situations exprimées sans violence avec conviction.  

L’ordre

C’est un ordre quasi-spontané, dans la mesure où, après avoir bien regardé, je n’ai vu aucun représentant de l’ordre justement. Le seul organisateur que j’aperçois au milieu du Ier rang  est celui que l’on voit de dos en tenue orange, comme ceux qu’avaient les agents de la DDE autrefois en France. Il a un mégaphone à la main. Il y a certainement des policiers à l’arrière ou en fond de cortège mais on ne les voit pas au moins en avant.  

Les poteaux

L’endroit retenu par le photographe et les organisateurs est très bien choisi. On a une vue impressionnante sur l’importance de la foule, avec cette longue descente et remontée en face, vraisemblablement dans le quartier des Institutions européennes à Bruxelles, capitale fédérale d’un Etat tripartite (Flamands à l’Ouest, Wallons plutôt au milieu, Sud et Est et Communauté germanique, à l’Est près de la frontière avec l’Allemagne). L’alignement des poteaux donne une structure d’une très grande force, comme des soldats qui présentent les armes, au peuple qui défile.  

Les feux verts

Ils sont quatre à dominer la voie, du côté droit. Hasard de la prise de vue, attente du photographe ou mise au vert du système informatique par les responsables de la ville ? On ne sait  mais le résultat est là et le symbole est joli : quand le peuple défile, les feux s’accordent. Comme s’ils comprenaient l’importance de marcher dans la rue pacifiquement pour montrer aux politiques qui gouvernent le Royaume de Belgique leur attachement à la préservation de l’unité du pays, face aux forces de désunion.  

 

La surprise

Il m'a fallu plusieurs jours à voir la photo en fond d'écran, pour comprendre que ce monsieur en manteau orange était LA police. Sur son dos figure en gris la double mention "Police-Politie".  C'est lui qui transmettait les instructions de sécurité. On a donc l'équation suivante:

1 policier = 4 feux verts = 35 000 personnes qui défilent "pour" et non pas contre.  

Pour suivre le chemin

. Photo de la sélection du Figaro en date du 24.01.2011, que j'ai appelée "Shame" 

. Essayer de comprendre les problématiques de la situation en Belgique avec une étude de Wikipedia qui fait l’objet - et c’est rare – d’un triple avertissement pour controverse de neutralité, citation insuffisante et manque de clarification du contenu. La difficulté à s’entendre sur le terrain continue bien sûr avec l’analyse de la situation sur le site  

http://fr.wikipedia.org/wiki/Probl%C3%A8mes_communautaires_en_Belgique

. En apprendre plus sur les feux de signalisation routière sur

http://fr.wikipedia.org/wiki.Signalisation_routi%C3%A8re

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Communiquer par le drapeau > La Corée > La France > Les 21

4 Décembre 2010, 17:20pm

Publié par Elisabeth Poulain

La symbolique du drapeau

En ces temps d’hyper-communication, le drapeau national devrait pourtant servir  tout autant à rassembler qu’à faire connaître son appartenance. C’est peut être pourquoi on le voit si peu en publicité courante  qu’en communication institutionnelle, comme si le drapeau, appartenant à une époque dépassée, avec un air de nostalgie légèrement ‘kitsch’. Rares sont les visuels publicitaires à en faire usage, si ce n’est les rares fois à l’intention des étrangers ou considérés comme tels comme les Européens. Quant aux grandes campagnes lancées par les pouvoirs publics, c’est souvent la visualisation des trois couleurs dans un logo qui sert d’accroche visuelle.

Amitiés Corée-France, Pub Le Monde, 2010-11-12Le visuel

C’est bien pourquoi  la pleine page du Monde a tout de suite  attiré mon attention, avec immédiatement un autre point également. Il s’agit de, l’intitulé « Merci France » et non pas « Merci La France ». J’en suis toujours à m’interroger, d’autant plus que c’est « Merci » qui figure en gros au-dessus de « France ». 

  Amitiés Corée-France, Pub Le Monde, 2010-11-12

Le texte explique la démarche qui suit la présentation des drapeaux réunis enchâssés dans une forme de lunette, qui interpelle. Il s’agit pour la République de Corée de célébrer les liens entre la République de Corée et France :

 

Logo G20

Seoul

 Summit

2010

Nov.11-12

Merci

France

 

Drapeau    Drapeau
Coréen       Français

 

Un partenariat de 60 ans, une amitié de 60 ans.

 

L’année 2010 marque le 60e anniversaire du début de la guerre de Corée.

La paix, la prospérité et les libertés dont nous jouissons aujourd’hui

sont nées  de votre esprit d’abnégation et de votre engagement.

La Corée vous sera éternellement reconnaissante et poursuivra

sur la voie de la confiance et de l’amitié qui lient nos nations.

 

Drapeaux des 21 Nations

 

Nous adressons notre profond respect et notre gratitude aux hommes et aux femmes de valeur des 21 nations alliées qui ont servi lors de la guerre de Corée

La République de Corée

 

En commémoration de l’Armistice, les Coréens rendent hommage aux anciens combattants français

Amitiés Corée-France, Pub Le Monde, 2010-11-12 

Cette dernière phrase figure tout en bas du visuel hors du cadre qui enserre le texte. 

 

Le G20 à Séoul du 11 et 12 novembre 2010 Anniversaire 60 ans guerre de Corée, France

Il n’a pas réussi à répondre au désordre économique mondial. La capitale sud-coréenne a été placée en quasi-état de siège et les incidents de frontière en provenance de la Corée du Nord ont continué.

 

Le 12 novembre, le jour même où cette publicité paraissait, la seconde journée de la négociation multilatérale, la voisine du Nord bombardait au sud l’Ile de Yeonpyeong située à 3 kilomètres de la frontière maritime séparant les deux pays toujours en guerre depuis 60 ans, faisant 2 morts et 18 blessés.  Le drapeau nord-coréen était brûlé devant les caméras des journalistes venus du monde entier couvrir l’événement du G20 à Séoul.  

Comme vous l'avez remarqué, cette publicité en pleine page célèbre, non pas la fin de la guerre, mais bien le début de la guerre qui continue avec le voisin du Nord. Rappelons pour finir que les habitants du Nord continuent à connaître une terrible famine.

 

. Voir le Monde du 12 novembre 2010

. Sur le drapeau de la République de Corée http://fr.wikipedia.org/wiki/Drapeau_de_la_Cor%C3%A9e_du_Sud

. Sur celui de la France

http://fr.wikipedia.org/wiki/Drapeau_de_la_France

 

. Sur les tirs d’artillerie sur l’Ile de Yeonpyeong en Corée (du Sud) en provenance de la Corée (du Nord) 

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/animations/2008/afp/KoreaHistoryFR2506/

http://www.lefigaro.fr/photos/2010/11/29/01013-20101129DIMWWW00591-24-heures-photo.php

. Photo du visuel EP, à retrouver dans l'album-photos "Symboles"  

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A Amsterdam > Allo Maman > Vélo Bobo

5 Novembre 2010, 11:35am

Publié par Elisabeth Poulain

Le bobo-à-vélo BXL-ADM 187

Oh, c’est une triste histoire que je vais vous conter. Une qui vous serre le cœur devant tant d’ingratitude  de la part de ces propriétaires cyclistes. Oui, je l’affirme avec force : ce sont vraiment des ingrats, ceux qui n’entretiennent jamais leur vélo, le laissent rouiller sous le pluie, ne savent même plus où ils l’ont posé, l’abandonnent  à son sort et en ‘prennent’ un autre qui lui ressemble tant qu’on dirait que c’est le leur, quitte à l’abandonner à son tour un peu plus loin. Qui à son tour…

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La mer-à-vélo

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Il faut dire aussi qu’il y en a beaucoup, des vélos. Des fois vous arrivez à voir le vôtre de loin, si loin, ce vélo qui est à vous, mais qu’il vous est impossible d’atteindre. Il est coincé contre le mur. Entre vous et lui, il y a des mètres de vélos enchevêtrés les uns avec les autres, sans passage entre eux. Il faudrait poser des planches à l’horizontale sur ces vélos et ramper sur cette mer de guidons et de selles pour accéder à celui qui justement est tout au fond. Je ne vois littéralement pas d’autres solutions. C’est un nouveau sport-jeu à inventer. Mais au moins vous pouvez toujours rêver à ce vélo immobilisé devenu inaccessible par le fol amour que les Amsterdamois ont pour lui.

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Le spot-à-vélo

Quant à penser le rentrer chez vous quand vous ne vous servez pas, c’est bon quand vous habitez en dehors du centre de la ville, quand votre logement possède quelque espace - privatif ou non - près de chez vous. Pour venir au boulot dans le centre, c’est mission impossible, la seule solution étant de le laisser là où vous arrêtez, où que ce soit, sur les ponts, prés des arbres, à côté d’autres vélos ou en créant un nouveau spot à bicyclettes, devant des immeubles en laissant aux gens une allée pour entrer et sortir…C’est le plus grand pragmatisme et la plus grande liberté imaginable. Une vraie pagaille pour les Français toujours critiques. Une réalité que vivent sans problème les habitants d’Amsterdam. Ils arrivent sans aucun souci à slalomer entre les vélos pour courir attraper leur bus, leur tram ou leur train de banlieue. Ils doivent avoir un œil bionique à détecteur de vélo.

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L’art vivant ‘vélo’

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C’est un bon truc à faire savoir. Si vous, les urbanistes et autres valeureux aménageurs de notre vivre ensemble dans la ville, ne savez comment rendre une place chaleureuse, vivante, une rue attractive, pensez vélo. Voyez comment avec ces centaines, ces milliers de carcasses de métal avec des roues devant et derrière, vous pourriez créer des îlots de dynamisme de vie sympa qui attirent les jeunes aussi bien qu’une vieille carcasse de navire où un tank rouillé forcément au fond de la mer pour les petits et gros poissons. Devant un îlot à préservation de vélos, il vous suffirait de planter quelques bistrots à terrasses et le tour est joué. La danse du vélo peut commencer. Une bonne façon de préserver la bio-diversité. Oh pardon, la vélo-diversité !  

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Pour suivre le chemin de la vélo-diversité

. Enfourchez votre vélo et regardez bien de chaque côté pour éviter ceux qui ne vous voient pas. Scrutez  bien aussi devant vous, pour voir en particulier si vous ne passez pas lorsque le vert passe subrepticement à l’orange, voir au rouge. Ca peut vous coûter cher : 160 E à Bruxelles par exemple, en paiement immédiat. Aih!

. Pour Amsterdam, je ne sais pas. Je lance un appel trans-européen. Il doit bien y avoir une réglementation applicable mais ce que je vois, à chaque fois que j’y vais, c’est une franche tolérance plus que bienveillante. Ca va même plus loin que ça, c'est la priorité absolue.

. Photos EP à Amsterdam; d'autres vélos à voir dans l'album photos 'Vélos'                 

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Les ultimes petites maisons des cimetières

10 Octobre 2010, 09:17am

Publié par Elisabeth Poulain

 

C’est un thème qui relève aujourd’hui de l’archéologie urbaine. Les cimetières et les sépultures qui y sont abritées ont fait l’objet au cours des millénaires d’un soin particulier qui est un des marqueurs de notre civilisation. La connaissance de notre société passe par ces lieux qui ont toujours un caractère particulier, celle de conserver la mémoire de ceux qui sont décédés.  

Entrée paysagère du cimetière de l'Ouest d'Angers
La situation à Angers

Un très intéressant opuscule non paginé (16 pages), qui est une production du Service d’Archéologie de la Ville d’Angers, retrace cette partie de l'histoire. Il a été réalisé à l’occasion d’une exposition célébrant le 30è anniversaire du jumelage entre Angers (France) - Haarlem (Pays-bas) - Osnabrück (Allemagne) lors d’une exposition sur ce thème en 1994. Son intitulé « Espace de vie, Espace des morts, Etat des lieux des Antiquités à nos jours ».  

Les grandes phases historiques

Les archéologues contemporains vont utiliser le terme de nécropole  pour viser la période allant du Ier jusqu’au Xe siècle. Ensuite ils parleront de lieux d’inhumation  pour désigner les cimetières installés près des églises. Il y en avait 40 au XIIIè siècle. Rive droite de la Maine, intra muros, le plus grand cimetière était proche de l’Hôpital Saint-Jean, le Grenier Saint-Jean aujourd’hui, suivi ensuite de celui de la Place de la Paix et d’un petit cimetière joint à une chapelle proche des remparts, toujours dans ce quartier. Dans les faubourgs toujours en rive droite de La Maine, hors des murs de la Cité, un petit cimetière jouxtait la chapelle Saint-Lazare et celle de Saint-Jacques. Entre les deux, deux cimetières figuraient à Saint-Nicolas près de son église, qui était située entre la rue Saint-Jacques et la rue de la Meignanne actuelles. 

---) Dans les villes, sous nos pas et sans que nous le sachions, il y a eu au cours du passé des cimetières.

La multiplication des lieux d’inhumation

Peitie maison, morceau de stèle tombale

Elle se poursuivit au cours des siècles suivants, le phénomène se développant presque naturellement là où il avait de la place. C’est ainsi qu’un ‘sanitat’ avait été implanté pour les pestiférés loin de la ville protégée par des remparts,  dans  ce qui est aujourd’hui le Lac de Maine, en 1603 ; les protestants étaient regroupés dans la Doutre dans un cimetière près de Saint-Laurent en 1599. 

---) Le cimetière n'était pas un lieu de rassemblement. Même dans la mort, on gardait sa différence.   

Le regroupement des cimetières

Il précéda l’édit royal de 1776 qui enjoignit de procéder à une remise en ordre afin de gagner de la place et de limiter les problèmes d’hygiène. Il y eut à

 

Petite maison, autre morceau de stèle tombale

Angers de profondes modifications dans l’implantation des différents cimetières, afin d’opérer ce qui était déjà de l’aménagement territorial avant la lettre. Dans la Doutre (rive droite de la rivière Maine), on peut distinguer deux périodes :

     . au XVIIè siècle, le cimetière de Saint-Jacques rejoignit celui la Doutre au Grenier Saint-Jean,

    .  puis au XVIIIè siècle, les trois implantations de la Doutre furent déplacées au tout nouveau cimetière extra-muros de Guinefolle en 1786 en bordure de ce qui est maintenant le boulevard Clémenceau. Cinq années plus tard, ce fut le tour de celui de Saint-Jacques.

 ---) La ville, au fil du temps, est toujours en recherche d'espace. Elle rationnalise  la fonctionnalité de son espace, en essayant de gagner de la place, en repoussant vers l'extérieur.                  

 

La nouvelle implantation depuis 1848

Moins d’un siècle plus tard, il apparut qu’il fallait à nouveau pousser les murs. Cette fois-ci le regroupement se fit selon les axes géographiques, à l’Est, à Saint-Léonard et à l’Ouest. Le grand cimetière de l’Ouest fut créé entre la rue de la Meignanne, qui prit le nom de rue du Silence, et la rue de La Bruyère qui fait suite à la rue Chef de Ville. Guinefolle disparut et nulle trace apparente ne subsiste aujourd’hui de ce qui fut un grand cimetière, même s’il ne le fut que peu de temps. 

---) La ville sait maintenant pratiquer l'art de l'aménagement urbain. Nous sommes entrées dans l'ère 'moderne'.   

Les découvertes funéraires

Du fait de la date de l’externalisation du cimetière par rapport à La Doutre, le centre ancien intra-muros situé en rive droite de la Maine, il n’y a guère de monuments très anciens dans les cimetières situés dans les anciens faubourgs. Par contre dans la Doutre, au Grenier Saint-Jean, sous des dalles funéraires, ont été découverts des sarcophages  qui reposaient sur la terre mais sans en être recouverts, comme c'était alors l'usage.

 

Rive gauche, les recherches ont donné plus de résultats, en particulier les fondations d’un monument funéraire ancien rue Delage (Ier siècle), une nécropole sous la Place Leclerc en plein centre, une sépulture en coffre de schiste du milieu du IVè siècle sous l’Office de Tourisme, une nécropole en sarcophages ou en coffres contenant une urne funéraire sous l’Eglise Saint-Martin, un caveau avec son squelette sous l’Abbaye Toussaint…

---) La recherche archéologique s'est emparée de ce  nouveau territoire, le sous-sol de nos villes et met en lumière la diversité des situations.   

 

Le vocabulaire du dernier lien à la terre

Petite maison, chapelle funéraire

Ce qui frappe en premier lieu, c’est la richesse du vocabulaire qui recouvre le phénomène. La seconde remarque qu’il est possible de formuler est que si les termes sont nombreux, ils manquent pourtant de précision  :  

-        la tombe, qui vient du latin ‘tumulus’ est creusée dans la terre, là où la personne décédée va être enterrée, ce qui signifie littéralement mise en terre. Le terme a tendance à viser dans notre langage actuel la dernière adresse du défunt. On dit « je vais fleurir la tombe » ;

   

-        le caveau est associé dans le langage courant à la famille. On dit « c’est le caveau familial ». On en trouve, à Angers, dans les deux grands cimetières que sont ceux de l'Est et de l'Ouest, qui sont gérés par le service des espaces verts  ;

 

-        la sépulture, directement traduit du latin ‘sepultura’,  est le lieu où le corps est inhumé. On dira « c’est sa dernière sépulture » ; 

 

Petite maison, chapelle funéraire

-        l’inhumation, un mot qui vient du latin ‘in humus’, signifie littéralement ‘mettre dans la terre’. On demandera « Irez-vous à l’inhumation ? » pour désigner la cérémonie, conformément aux usages ;

 

-        la fosse est le terme technique du trou qui va devoir être fait. Mais ce terme n’est pas utilisé dans le langage courant en raison de son côté trop précis et très négatif en France. On en parle dans un seul cas, c’est celui de la fosse commune, où reposent les corps sans indication extérieure de l’identité de la personne qui l’a porté. C’est humainement et socialement parlant l’horreur puisque la personne décédée a perdu jusqu'à la trace de sa vie puisqu'elle n'a pas de nom. Pour les soldats morts à la guerre, des cérémonies d'hommage sont organisées dans toute la France;  

 

-        le monument funéraire désigne la partie supérieure de la tombe. Plus il était grand, beau, riche, plus il avait tendance à ressembler à un temple grec, une chapelle ou à un petit château, plus la personne était hiérarchiquement haut placée dans la société. Actuellement la tendance est à plus de sobriété ;  

 

-        quand cette construction est d’importance, on parle de mausolée, du nom de Mausole, un satrape qui vécut en 377-353 en Grèce. Son tombeau fut de si grandes dimensions qu’il légua son nom à la postérité. Il n’y a guère d’exemple actuel. Par contre, il existe dans des pays ayant cultivé la culture du chef plus que la démocratie. Un exemple célèbre est celui de Mao Zedong à Pékin, très visité par les Chinois et les touristes ;   

 

-        le tumulus est le terme latin et maintenant français dérivé du grec ‘tombos’ dont dérive le terme de tombe. Il désigne un lieu très particulier de terre et ou de pierres érigées au-dessus d’une sépulture dont l’installation a été faite au 4 ou 5 millénaire avant notre ère. Il en est de remarquables très récemment découverts dans l’Ouest de la France, comme celui de Dissignac près de Saint-Nazaire ;

 

-        le dolmen est un ensemble de pierres érigées portant une pierre horizontale désignée sous le nom de table. Ce sont, supposent les historiens, des monuments funéraires à sépultures collectives. Il en existe de très nombreux dans la partie ouest de la France, certains très connus et mis en valeur, d’autres très peu. Celui de Miré dans le Haut-Anjou est coincé entre une clôture et une petite route, face à une petite maison. Il doit dater du Ve millénaire avant notre ère.      

 

Quant au lieu qui accueille ces dernières demeures, les archéologues distinguent plusieurs situations : 

-        la nécropole antique à forte densité d’enfouissement. Dans l’Antiquité, c’était au sens propre une ville des morts, en langage d’aujourd’hui un vaste lieu de sépulture selon le Petit Larousse ;

-        plus tard le cimetière implanté près de l’église ; chaque lieu saint avait ainsi son cimetière, ce qui ne manqua pas de causer des soucis au fil du temps, en raison des problèmes de salubrité, de la raréfaction de l’espace et de la densification des villes ;

-        puis le cimetière du XIXe siècle créé le plus loin possible du centre de la ville dans ce qui était déjà de l’aménagement du territoire. Il fallait  libérer de la place dans le centre et optimiser la gestion et l’entretien de ces lieux qui sont maintenant le plus souvent confiés aux services municipaux des espaces verts et des jardins. Le cimetière vient directement du    latin  'coemeterium’ qui est lui-même d’origine grecque : il désigne un lieu de repos où sont regroupés ce qui reste des morts. 

 

 ---) La très grande richesse de ce vocabulaire et en même temps son imprécision,  selon que l'on vise le dessous, le dessus, la surface, l'emplacement, la pierre ou non qui va être utilisée,  montre combien le fait de parler de la mort et du mort est un sujet délicat, encore aujourd'hui dans notre société qui fait de la jeunesse éternelle un "must' !

   

Petite maison, chapelle funéraire
Les caveaux, en forme de dernière maison aux allures de chapelle

Déjà en cette fin du XIXe siècle et au début du suivant, les familles bourgeoises firent ériger de véritables petites "maisons" de plein pied avec porte et fenêtre, souvent situées dans le mur opposé à la porte vitrée en partie supérieur et dotée d’un ouvrage de ferronnerie d’art. La petite fenêtre  du fond est parfois un vitrail, ce qui accentue la ressemblance avec une petite chapelle avec une croix au fronton au dessus de la porte, comme celles qui ont été érigées à des carrefours, près d’un lieu considéré comme sacré par des paroissiens aisés.  

 

---) Le lien avec le sacré est très visible parfois, comme dans cette petite maison-chapelle funéraire, qui porte fièrement sa croix et protège ainsi les personnes enterrées de cette famille, qui garde ainsi 'pignon' sur rue.           

 

Pour suivre le chemin

. Ce billet s’inscrit dans ma recherche sur les petites maisons, sans idée préconçue au départ. C’est ainsi que j’ai pu voir un sarcophage de schiste noir lors de ma visite du chantier de fouilles du Temple de Mithra près du château d’Angers. Par ailleurs j’ai trouvé un opuscule sur les cimetières  à la Bibliothèque Saint-Nicolas, Rive droite de la Maine, à Angers.   Je cherchais un ouvrage sur le thème des petites maisons sans trouver d’études particulières. Beaucoup de ces habitats ont été détruits à Angers en raison de leur insalubrité, dans le quartier Saint-Nicolas (Rive droite dans la Doutre), Saint-Michel et port Ligny (Rive gauche).

 

L’idée d’assimiler la tombe à la dernière maison vient aussi de certains monuments anciens qui cherchent à ressembler à des maisons de très petites tailles.  Les déménagements des cimetières urbains expliquent qu’il n’existe pas de  monuments très anciens, en particulier à Angers. Ceux qui ressemblent à de petites chapelles datent essentiellement du XIXe et du début du XXe siècle. 

Photos Elisabeth Poulain 

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