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Le Blog d'Elisabeth Poulain

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Le projet Convivence de l'Equipe Reichen > Angers Berges de Maine

21 Janvier 2012, 12:03pm

Publié par Elisabeth Poulain

Après avoir rencontré les membres de la première équipe d’architectes-urbanistes, celle de Grether, tirée au sort pour plancher devant les Angevins le 13 janvier dernier, voici maintenant la seconde des trois rencontres prévues. Elle a eu lieu le lundi 16 janvier 2012,  avec l’équipe Reichen, représentée par Jacqueline Osty – paysagiste – Claire Schorter – architecte-urbaniste –et Pierre-Marie Auffret –architecte, appartenant tous deux à l’Agence Reichen, en présence du maire Jean-Claude Antonini* (voir note en bas d’article) et des nombreux Angevins qui remplissaient la salle du Quai.

Angers, Berges de Maine, Projet Reichen, Jean-Claude Antonini, maire

En avant-propos, une remarque  sur l’objectif de ce billet. Il ne s’agit pas pour moi de restituer la teneur exacte des interventions des différents participants (les interventions sont enregistrées), encore moins de décrire précisément par le menu leur projet. Pour ce faire, il convient de  consulter le site de la ville d’Angers et de venir visiter les boîtes de présentation de projets dévolues aux équipes. Mon objectif est plus modeste. Je cherche dans ce billet à restituer une ambiance, une atmosphère, un rendu grâce aux mots utilisés et à la façon dont ces experts en paysage, urbanisme et architecture… ont présenté leur travail aux Angevins. Je me suis  basée sur les notes que j’ai pu prendre au cours de la soirée. Sont placées entre parenthèses, des mots ou des périphrases de liaison en vue de faciliter la lecture. 

L’absence de mots de Bernard Reichen

L’architecte-urbaniste ne peut être présent ce soir, à son regret ; il est en déplacement à l’étranger. Un regret personnel : il aurait été bienvenu que le patron de l’équipe se soit fait filmer pour une brève allocution, à défaut de pouvoir venir, surtout qu'il aime beaucoup les nouveaux moyens de communication. 

Les mots de Jean-Claude Antonini, maire d’Angers, pour lancer la soirée

Ce soir, ce n’est pas moi la vedette. C’est la Maine, c’est Angers. C’est l’histoire d’Angers. Une rivière qui naît de deux confluences. C’est notre rivière. Nos relations avec la rivière ont évolué au cours des siècles. La situation actuelle est un gâchis avec une autoroute urbaine (le long de la Maine en rive gauche) qui coupe la ville en deux… Il y a trois conséquences à ce gâchis : ça va à l’encontre de la qualité de vie d’Angers, il n’y a pas d’espace disponible pour le développement de la ville et on ne peut pas nouer de lien avec  la nature et l’eau.

(Avec ces projets concernant Angers) c’est un vrai changement de société (dont il s’agit), en synergie entre la qualité de vie, le développement économique et métropolitain. Le projet Berges de Maine est une alliance pour en faire un socle à création de valeur ajoutée. Il s’agit (concrètement) d’en faire un lieu attirant dans les 20 ans qui viennent. Pour cela, nous avons fait appel à des experts –les équipes – et à 90 habitants volontaires associés (réunis en ateliers, sur l’eau, la mobilité et les formes architecturales). Ce sont eux (les habitants participant aux ateliers) qui ont fait (notamment) le questionnaire (qui permettra d’évaluer les projets).

Les projets sont différents les uns des autres. Le débat citoyen est engagé. La qualité de vie d’Angers demain, c’est vous (en s’adressant à la salle). (En se tournant vers les experts professionnels), c’est rare de demander aux architectes-urbanistes, paysagistes de venir présenter leur projet aux habitants. Ce soir est un exercice de démocratie. Le maire finit cette allocution en demandant d’excuser (les petites faiblesses, parfois)  du logiciel à traduction automatique qui permet de lire par affichage les paroles prononcées quasiment instantanément. 

    Angers-Berges de Maine, Equipe Reichen, Jacqueline Osty 

Les mots de Claire Shorter pour présenter le projet

Je suis présente depuis 10 ans dans l’atelier RR&A. Je travaille à ce projet que nous avons appelé « Convivence angevine», un néologisme que nous avons créé pour les Berges de Maine en associant convivialité pour le bien-être – lien physique - et connivence  - pour la complicité aveugle dans une société virtuelle, numérisée. On a besoin de lien physique de sociabilité ; on  a besoin de changer de visage. Notre projet est humain autant qu’urbain.

L’histoire...la carte des gisements de schistes montrent la disposition Ouest-Est ; (là-dessus) l’autoroute forme des bandes longitudinales nord-sud. Il s’agit de supprimer cette circulation de transit pour faire retour à la ville de cet espace. La convivence en ville se traduit par l’appropriation du site. (On pourrait imaginer de) déplacer l’autoroute, en créant un électrochoc. Ce serait trop cher, trop long. Nous proposons de faire autrement, en remplaçant la 7 voies – à certains endroits – en une quatre voies. On conserve la contre-allée en bord de ville, qui va être complété par un transport en site propre, un bus Car-Maine (jeu de mot), avec 10 stations en 10 minutes. Le reste est transformé en plates-formes.

Notre vision du site : c’est un territoire d’échanges

. avec des échanges physiques. Citons la gare, les deux lignes de tramway et CarMaine (un transport par bus à haut niveau de fréquence) qui assure la maîtrise du temps et l’accessibilité de service ;

. avec des échanges humains, l’autoroute est indestructible, très coûteuse à détruire (alors que dans le même temps), les Angevins ont besoin d’un nouveau lieu (pour assurer leur sociabilité, voir ci-dessus). L’autoroute est un lieu d’échanges et de rencontres ;

. avec des échanges spécialisés : sur ce site, on conserve le mouvement, avec des déplacements doux en lien avec sept lieux (libérés du bruit (de la voiture) :

-          en rive gauche *Saint-Serge avec le grand commerce, *l’archipel Saint-Serge, un nouveau quartier en dessous, *la « Confluence » pour désigner (la zone de) la rencontre entre le pôle Santé et  Universitaire, *le centre du centre (l’actuel centre) avec des hôtels, du tertiaire haut de gamme, près du Château et de la Cathédrale,

-          en rive droite, la Place La Rochefoucault, un site que l’équipe voit bâti, pas pour maintenant. C’est un espace à garder pour l’avenir,

-          en lien entre les deux rives, le Château et le Centre des Congrès (en 2018) , pour jouer la synergie,

-          en rive gauche, la (grande prairie inondable de la)  Baumette et  Gare +, avec des bâtiments tertiaires en altitude.

Les mots de Pierre-Marie Auffret sur les échanges physiques

Le tramway vient d’arriver à Angers, avec un très fort impact sur le mode de vie. L’objectif est de diminuer de moitié les 50 000 véhicules/jour, pour augmenter la fréquentation du centre. La compensation s’opère par le développement des modes doux (tramway, parking relais, co-voiturage). Une enquête montre qu’Angers est dans le bas du classement des villes en France pour la marche à pied. La proposition de solution de l’agence/expert en mobilité permettra de diminuer la moitié du trafic en ville ; les flux seront absorbés par le contournement nord. Il y aura moins de voitures en centre-ville, avec une deux fois une voie sur les berges, et des boucles à mobilité à 30km/h dans le pentagone (dénomination de la ville ancienne enclose de hauts murs de protection qui a cette forme à 5 parties), avec des parkings-silos.

L’offre de transports doit être hiérarchisée (pour gagner en lisibilité et efficacité), avec surtout Car-Maine  (pour assurer le lien) entre Saint-Serge-Gare (liaison nord-sud en rive gauche). Le réseau ‘piétons’ est à renforcer en créant de grands itinéraires prioritaires entre les quartiers. La voiture n’est pas supprimée (répétée deux fois.)

Angers, Berges de Maine, Projet Reichen, Jacqueline Osty

Les mots de Jacqueline Osty sur les échanges humains

Il  s’agit de retrouver le lien avec la nature, la rivière, longer le fleuve, la voiture apaisée, le contact jusqu’à l’eau, une promenade haute en berge basse. (Le tout forme) l’autoroute déjantée, déjantée pour marquer (le développement des-) les échanges humains, avec des effets dynamiques…Pour déjanter cet autoroute, les trémies sont supprimées, les bretelles aussi. Les murs (de la voie rapide) aussi…Selon les différents secteurs, il y a alternance et/ou différenciation, des espaces ouverts pour le sport avec des plateformes en rive gauche qu’on voit en orange sur la carte, des aires de jeux, des salons de verdure, des salons plantés... Au passage du Pont de Verdun, des terrasses jardinées actives (qui s’inspirent) des Ardoisières d’Angers. En bas, la restauration des berges se poursuit, avec une continuité par des rampes. En dessous du château (après le pont de Basse-Chaîne), nous intégrons l’Hôtel du Roi de Pologne dans le projet.

L’autoroute déjantée est un lieu multiple à mettre en plan à définir. Pour l’instant, les grandes lignes seulement ont été tracées. Il faut continuer. C’est un vaste espace à redonner aux citoyens… avec des saules, des aulnes. C’est l’autoroute jardinée. Il faut travailler l’autoroute en alternances très géométriques, avec des descentes vers la Maine.

Les mots de Claire Schorter pour résumer

La conservation de la voie, plus Car-Maine, permettent d’implanter très vite les espaces pour des tas d’activités, … des courses de vélos (par exemple). C’est un travail sur 20 ans de lieux pérennes, avec une évolution dans le temps. Tout vit et change en une génération. Notre projet est ouvert ; ce n’est pas un projet fixe, sauf la suppression des bretelles d’accès côté Maine. Tout doit être travaillé après, dans les 20 ans. Jacqueline Osty renforce : la ville a besoin d’espaces pour des manifestations éphémères, comme (le parc de) Balzac (au sud en rive droite) et (l’ïle) Saint-Aubin (au nord, en rive droite). La rencontre entre les deux (entités naturelles) est offerte à la population. Claire Shorter reprend : La Maine est une rivière qui fluctue. Avec les inondations, l’autoroute est concernée.

Les mots de Pierre-Marie Auffret sur les 7 Lieux

Jusqu’ici, actuellement (la rive gauche est) un équipement collectif à ciel ouvert. Les Berges de Sept Lieux seront liées entre elles par les nouveaux transports publics.

1.   A Saint-Serge nord (70 hectares), faire vivre ce quartier en le recréant comme un archipel autour de Carrefour(nom de la grande surface), avec des grands magasins, un foncier à dynamiser.

2.    Les Îles habitées de Saint-Serge : un schéma de déblai-remblai permettra de réguler les inondations. Jacqueline Osty précise que des essais ont été faits pour savoir comment l’eau pourrait circuler entre les plates-formes naturelles. Cet éco-quartier, explique Pierre-Marie Auffret, est une des novations du projet, avec ses panoramas exceptionnels, Car-Maine à quelques minutes du centre, des arbres sur l' (ex-)autoroute.

3.    Confluence Santé-Université : rien de nouveau n’est prévu.

4.     Le Centre du Centre (l’actuel centre): la Nouvelle Ardoisière fera le lien entre la ville haute et la ville basse. Jacqueline Osty précise qu’elle garde les platanes en place Molière.

5.     Au pont de Verdun, il faut prévoir un bâtiment-signal, élément-phare pour dynamiser le Centre du Centre, avec un projet hôtelier, des bâtiments tertiaires. A l'esplanade de Ligny, un marché bio serait la vitrine de l’agriculture angevine. Les éleveurs pourraient venir en péniches là pour débarquer leurs produits (rires de la salle).

En face, la Place de la Rochefoucault est à garder pour les générations futures. C’est une zone tampon.

6.   On trouve ensuite la zone Château-Centre des Congrès, avec la photo projetée sur l’écran d’une grande roue (telle qu’on peut en voir Place de la Rochefoucault pendant la foire Saint-Martin qui dure trois semaines en novembre). Cette grande roue est placée au bas du château après le pont de Verdun en descendant la rivière. Ce lieu est intéressant pour faire le lien entre la ville basse et la ville haute, un lieu de loisir, de tourisme, un élément d’attraction urbaine. Jacqueline Osty prend la parole pour parler d’étapes successives. Cet endroit peut être une des étapes (significatives).

7.     La Baumette-Gare+ sera dynamisée par une nouvelle voie avec un carrefour pour relier la berge au quartier de la Gare. Un parking de 1 000 places sera construit en zone inondable. Jacqueline Osty souligne que le projet est basé sur une gestion des eaux fluviales exemplaire.

Les mots de Claire Schorter pour finir cette présentation : on commence par l’appropriation des images. Pour nous, c’est le début du projet.        

Le jeu des questions réponses

01. Une question sur le tunnel nord et le transit

Je n’ai pu noter la réponse de Pierre Marie Auffret. Claire Schorter : nous avons toute confiance en notre expert qui travaille dans le monde entier. Il y aura un report naturel des fluxs… le contournement sud n’est pas un préalable. S’il est réalisé, ce sera tant mieux, si non, c’est un processus long et coûteux.

02. Une remarque sur la Place La Rochefoucault d’un membre de l’association « La Renaissance de la Doutre »

(EP : Je ne reproduis pas volontairement ses propos exactes, certainement dits avec humour puisque la salle a ri. Ce qui suit sur La Rochefoucault est donc une ‘traduction’ de ma part). Il est très choqué d’apprendre qu’il serait question un jour de construire sur la place. Il avertit l’équipe 'gentiment' d’abandonner cette très mauvaise idée. Cela provoquerait une levée de boucliers (rires dans la salle)…Quant au projet lui-même, il n’y comprend rien. On mélange tout, les piétons, les voies…

CS: les voitures et Car-Maine sont en haut, les promenades en bas. Pour la Rochefoucault, c’est une place magnifique, une pépite pour l’avenir ou la patate chaude…

PMA : il revient sur la zone de rencontre à 30kms/h , voire même 10kms. C’est dire que la voiture n’est pas prioritaire dans ces zones. C’est une bonne alternative à la piétonisation totale (qui présente aussi des désavantages) dans le centre-ville. 

03. Une question sur le nombre de décibels de la circulation en simulation

CS: Il y a bien une étude à faire ; cela n’a pas été fait. La question du déplacement des flux doit intégrer cette dimension.   Angers, Berges de Maine, projet Reichen, Jacqueline Osty+Claire Schorter+Pierre Marie Auffret

 

04. Une question sur les éléments de coûts pour comparer les différents projets

Jean-Claude Antonini prend la parole: On sait qu’on peut jouer sur la vitesse pour baisser le bruit, avec des revêtements spéciaux. Cale de la Savatte (en rive droite, face au château), on entend encore le bruit qui reste insupportable. Le bruit rebondit sur l’eau. Il se diffracte partout, même derrière les immeubles.

Sur les coûts, le maire a des éléments de coût. Ici dans ce projet, il ne s’agit pas d’un bâtiment fixe, avec une limite dans le temps. Rien n’est figé. Il n’est pas encore possible de fixer les coûts, comme les subventions d’ailleurs, (d’autant plus) qu’il y aura des financements privés. C’est le cas au Centre des Congrès pour le financement de l’hôtel. Dans ce projet, il n’y a pas non plus de maîtrise du temps.

CS : un (autre) élément est à prendre en compte, comme la densification qui va entraîner une majoration de la taxe foncière qui va payer une partie du développement. Sur le bruit, c’est une des préoccupations. Déconstruire une autoroute, cela ne s’est jamais fait. Il faut lui trouver un autre usage ; enlever les bretelles, oui on peut. Par contre, on gardera le bitume dans certains coins. (C’est un revêtement intéressant).  Ca va évoluer. 

05. Une remarque sur la traversée de la Maine d’une dame qui a fait partie d’un des six ateliers d’habitants (dans lequel les participants avaient beaucoup insisté sur la possibilité de pouvoir franchir la Maine). Le projet n’en parle pas.

CS : c’est vrai, nous ne parlons pas des passerelles. Une ville a un (nouveau) pont tous les 100 ans. Le fait de supprimer les bretelles d’accès (en rive gauche) va libérer de la place, ça libérera de la place sur les ponts. Un système de bac (serait préférable) à une passerelle ; ce ne serait pas permanent.

Jacqueline Osty ajoute : nous avons fait cela (ne pas parler des passerelles ?) volontairement. (EP : Je n’ai pas pu saisir la teneur des propos ).   

06. Une remarque sur les canaux qui réapparaissent à Saint-Serge, c’est bien             (EP : il y avait avant la création de cette zone industrielle dans les années 1970, des canaux naturels qui apportaient l’eau à la rivière, tout en drainant le terrain).

07. Une remarque sur la ligne de bus qui n’apparait pas attractive

PMA : une ligne de bus, ça fait moins rêver qu’une ligne de tram. Mais une ligne à haut débit de services dessiné par un artiste, c’est autre chose.

CS : c’est un moyen de transport pas cher, pratique, qui offre plus de mobilité. 

 

Angers, Berges de Maine, projet Reichen, Jacqueline Osty+Claire Schorter+Pierre Marie Auffret

       08. Une appréciation d’une dame qui aime bien ce projet, avec une question : comment traverser la 4 voies à Saint-Serge. Cela lui fait penser à Londres. Il y a déjà beaucoup de ponts à Angers.

PMA : il n’y aura plus que du passage-relais dessus (du fait de la diminution des flux annoncée par leur expert-mobilité) ; le franchissement sera très faisable.  

CS : il y aura deux stations Car-Maine sur cet espace. 

  

09. Deux remarques d’un monsieur, sur le choix de la ligne longitudinale du projet nord-sud et sur celui du traitement de la seule rive gauche dans le projet

Nord-Sud : il y a sous-estimation (dans votre projet) de la question du franchissement et les flux est-ouest ne sont pas pris en compte. Le CHU est la principale ‘entreprise’ d’Angers (par le nombre de personnes qui y travaillent et de personnes qui s’y rendent). Cela va être difficile (aussi) pour les personnes en modes doux.  La rive gauche ‘oubliée’ : il n’y a pas grand-chose sur la rive droite dans ce projet qui devait (pourtant) traiter des deux rives. Il n’y a rien de Saint-Aubin à Balzac. C’est faible.   

---) La salle applaudit.

CS : pour le transversal, notre première attention s’est portée (sur les points que nous avons évoqués ???). On travaille sur un bord de Maine approprié…Sur les traverses…il y aura plus de place en rive gauche (EP : mes notes sont très confuses sur cette réponse).

JO vient en renfort (et parle vraiment) : il  y a déjà beaucoup de choses en rive droite ; des aménagements sont en cours en rive gauche (Centre des Congrès ? EP : non précisé). De l’autre côté, il y a du boulot à faire. Il n’y a rien. Bien sûr, la rivière, c’est les deux rives. (Mais) nous nous sommes focalisés sur la rive gauche parce que c’est une barrière actuellement. Ca va déjà demander un effort énorme. Il y a déjà de l’ambition en rive gauche, beaucoup d’ambitions. En rive droite, il n’y a pas de gros problèmes.

---) La salle applaudit.

10.  Un monsieur fait remarquer que dans une ville, une rive se regarde de l’autre rive  et pose une question : qu’en est-il du risque d’inondation (en rive gauche), le quai haut est-il inondable ?

PMA : non (il n’est pas inondable). Nous nous sommes basés sur les études de la ville. (Il faut savoir qu’) aucune des solutions n’est efficace face à la violence des eaux en cas d’inondation. Le volume  ( ?? la montée des eaux) est impressionnant au Pont de Verdun (EP : marnage de 7m). A Saint-Serge, c’est une surface de 100 000m2  sur lequel rien n’a a été fait pour faciliter le flux de l’eau. Hausser le sol de 50cm sur le quai haut à Saint-Serge (est déjà une solution). En centre-ville, (il faut être clair) il n’existe aucun moyen pour éviter les crues centenaires.

Il faut jouer sur la sensibilité à la montée des eaux en voyant l’eau comme un élément naturel, normal, à attendre comme le serait un autre évènement (prévisible, de l’ordre du vivant). Si on arrive à apporter une amélioration en rive gauche, ce sera bénéfique aussi pour la rive droite, avec des retombées positives.  

11. Une remarque sur le réchauffement climatique en lien avec les inondations

12. Une question sur les parkings-relais, liés à la quatre voies, à Saint-Serge et à la Baumette : comment les voyez-vous ? Avec quelles capacités ?  

PMA : A Saint-Serge, il y a le parking de Carrefour de 1 000 places. A La Baumette, il est prévu un parking paysager en bas de 1 000 places en zone inondable. Comme on a 3 jours (entre le moment où l’annonce de la crue est faite et l’enlèvement des voitures), ça ira avec la rocade prévue entre les deux parkings, les deux lignes de trams qui se croisent en X. Il ne manque pas grand-chose pour pouvoir réaliser ça.

13. La remarque d’une dame sur le déclassement de l’autoroute : vous en parlez de trop.    

JO : La réponse s’appelle l’autoroute déjantée pour aller vers le bord de l’eau. On s’appuie sur des éléments des trémies déjà existants. On peut passer du haut vers le bas en jouant de la typographie. C’est l’archéologie de l’autoroute, (qui est) un support formidable pour façonner un nouvel espace, (avec) du jaune, du vert…Les habitants sont des citoyens de leur ville, un lieu d’échanges qu’on veut mettre en place (voir au début). Il y a moins besoin d’investissements en zone droite.  

14   Une question sur la prise en compte de la trame verte Saint-Aubin-La Baumette et une sur le l’approche du lieu de pêche en voiture pour les pêcheurs

JO : Le caractère minéral est très présent, avec pas mal de vert, des rampes d’accès douces pour les piétons, les vélos, les voitures. Les pêcheurs ne sont pas empêchés d’accéder au bord de l’eau. Sur mes trois dessins, on voit la continuité verte en promenade basse.

PMA : pour avoir une vraie trame verte et bleue, il faudrait déconstruire l’autoroute. Ce serait trop lourd et trop cher. Avec notre projet, on retrouve un lien vert plus complexe.

JO : Ce projet n’est pas fixe. On peut avoir plus de vert, faire un Parc de la Maine. La part de l’usage est primordial. L’espace naturel est présent aussi avec un équilibre entre l’espace naturel et l’usage. 

L'équipe se lève. la rencontre se termine. Angers, Berges de Maine, Jacqueline Osty+Claire Schmorter+Pierre Marie Auffret

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------*Dernière nouvelle : Hier en milieu de journée, le 20 janvier 2012, le maire d’Angers depuis 14 ans, M. Jean-Claude Antonini, a présenté sa démission au préfet, M. Richard Samuel, pour « laisser sa place aux jeunes ». Il reste président d’Angers Loire Métropole. C’est lui qui a impulsé et qui porte le Projet « Berges de Maine » depuis 2003, un projet auquel il est très attaché. Cette décision survient en fin de semaine trois jours après la dernière réunion entre les Angevins et la troisième équipe polyvalente d’architectes, urbanistes, paysagistes, celle de LIN. Elle éclaire d’un éclairage nouveau  sa déclaration liminaire, en lui donnant un sens plus profond.

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Pour suivre le chemin vers Angers-Rives nouvelles et voir les berges de Maine

Bernard Reichen en équipe avec Philippe Robert  au sein de l’agence, RR & A (pour associés) à voir, sur  http://archiguide.free.fr/AR/reichen.htm pour avoir une présentation minimaliste des réalisations de l’atelier. L’agence travaille avec 80 architectes. Sur le site de Reichen et Robert, on ne trouve que la plaquette d’Angers sur le sujet  http://www.reichen-robert.fr/

Claire Schorter, architecte-urbaniste, collaboratrice de RR&A, à découvrir sur http://www.youtube.com/watch?v=NNI04nUM2nU sur le thème de l’étalement urbain, avec ce résumé du CAUE de Valence en mai 2011 : « A travers 4 exemples longuement détaillés et illustrés (Nanterre, Roubaix, Strasbourg et Montpellier), Claire Schorter raconte comment une agence d’urbanisme aborde la démarche de projet à des échelles territoriales différentes avec le souci permanent de créer une ville solidaire, de la continuité territoriale par la concertation et l’appropriation des acteurs locaux. »

    Angers, Berges de Maine, Christophe Lesort, Jacqueline Osty, Claire Schmorter

Pierre-Marie Auffret, architecte, collaborateur de RRA, a notamment travaillé sur le Plan Campus du Plateau de Saclay et auparavant au Mexique, à voir sur  http://www.mairie-orsay.fr/Upload/ContenuCMS/plan%20campus/devenir.pdf

Jacqueline Osty, paysagiste, à voir sur http://www.lemoniteur.fr/119-toute-l-info/video/769719-carte-blanche-a-la-paysagiste-jacqueline-osty dans le quartier SPIE-Batignolles à découvrir sur http://www.pavillon-arsenal.com/img/conference/247/cp/PAV_247_CP.pdf

Sur ce blog, voir le billet sur le projet de l’équipe Reichen, ainsi que les billets précédents sur les ateliers habitants : Le projet très angevin de l'Equipe Grether > Angers Berges de Maine         

. Photos EP

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Le projet très angevin de l'Equipe Grether > Angers Berges de Maine

18 Janvier 2012, 12:12pm

Publié par Elisabeth Poulain

La découverte du projet s’est faite en plusieurs temps. Elle a commencé pour de nombreux Angevins par une déambulation dans chacune des « boîtes de découverte des projets » dévolues aux trois équipes (Grether-LIN-Reichen) dans le Forum du Quai à Angers. Cette mise en oeil, très différenciée selon  les équipes, a permis de dégager pour chacun d’entre eux une atmosphère bien particulière. Cette approche par les cartes, les croquis et les dessins des équipes se double d’une rencontre avec les membres des équipes. C’est l’objet de ce premier billet sur la rencontre avec la première équipe tirée au sort.

Blog 2012.01.14 Angers 020

Le 13 janvier 2012,  François Grether, LoÏc Mareschal, Pascal Amphoux et Paul Grether, sont venus à la rencontre des habitants d’Angers.  

Les mots pour le dire: Mon intention n’est pas de vous faire un résumé de tout ce qui s’est dit, encore moins une description du projet lui-même. Elle est d’essayer de restituer une atmosphère, un rendu, une rencontre… qui ont très fortement eu lieu entre un homme, une équipe et nous qui sommes les acteurs de la ville, qui la vivent, qui y travaillent et la font bouger. Je place entre parenthèses des explications nécessaires à la compréhension pour les Non-Angevins. Ces mots sont  ceux des notes que j’ai prises au cours de la soirée.

Blog 2012.01.14 Angers 026

. 1 Les mots de la présentation générale par François Grether

. La déclaration d’intention. C’est un projet très angevin, basé sur la qualité du site marqué fortement par l’histoire, des lieux différenciés très variées, contrairement à Lyon et à Bordeaux, des beaux paysages et des espaces de grande qualité, surprenants en ville, où le temps joue un grand rôle, le temps d’une ville qui a les ambitions d’une métropole.

Le rapport à l’eau est essentiel. C’est particulièrement vrai à Angers ; cela l’a toujours été pour toutes les villes dans l’histoire.

Le projet est placé sous le signe de la convergence pour tous, entreprises et habitants, ou chacun a sa place. Il n’a de sens que s’il est partagé par tous.

. Nos propositions : elles sont claires, stables, perceptibles, adaptables dans le temps, avec des problèmes aussi, car le projet va s’enrichir dans le temps. Il va devenir plus concret.

Il s’agit de redonner un centre élargi à la ville qui s’est beaucoup étendue, avec une volonté de renouvellement et projection sur l’avenir. Angers actuellement est repliée sur un centre trop petit pour elle. Pour cela, il faut partir de la rivière - parce que c’est ainsi que se construisent les villes - en fédérant la diversité des lieux.

Blog 2012.01.14 Angers 025

Les mots de Loïc Mareschal, paysagiste, botaniste, environnementaliste

Il s’agit pour nous de relier les deux grandes entités de nature que sont l’ile Saint-Aubin au nord et la Baumette au sud en faisant pénétrer la nature dans ce centre nouveau et renouer les liens entre les deux confluences, celle du nord (La Mayenne avec la Sarthe grossie par le Loir) et celle de la Loire au sud, que nous avons appelée « L’Île de Loire ». Outre ces lignes de la ville verte nord-sud, nous avons travaillé sur les relations transversales de nature où les usages de l’eau sont très nombreux. François Grether rappelle quelques-unes des activités liées à la rivière, les rencontres, la promenade, la vie collective, le temps qui passe, le temps qu’il fait, la dimension touristique…

Les mots de Pascal Amphoux, architecte, géographe, spécialiste des ambiances urbaines et du bruit en ville

Il parle des modes de déplacements doux (marche à pied et vélo) à mettre en place, en particulier sur le Pont de Verdun qu’on a vraiment beaucoup de mal à franchir actuellement, avec ces trottoirs étroits et bordés d’un muret pour les séparer de la voie. Il s’agit d’offrir des contrepoids à la présence de la voiture, en faisant apparaître la fonctionnalité des voies,  pour les piétons et les cyclistes, avec une offre de transport public élargi (seconde ligne de tram prévue), une volonté de hiérarchiser la place de la voiture sur le territoire, ce qui n’est pas le cas actuellement. Pour structurer cet espace, un nouvel axe de circulation ouest-est pourrait équilibrer la structure de transport avec une voie Saint-Nicolas en rive droite, avec aussi une double colonne vertébrale en forme d’échelle le long et au-dessus de la Maine pour multiplier les passages (piétons) au-dessus de la rivière.

Les mots de François Grether sur la voie rapide et le contournement sud

Blog 2012.01.14 Angers 030

La voie rapide : on ne peut ni la supprimer, ni la défaire comme ça. L’usage de la voiture à Angers est important. On ne peut pas peser sur la voiture à Angers comme on peut le faire dans d’autres villes. Il est nécessaire de procéder par étapes successives, transformer, remodeler, avancer pas à pas…C’est une aventure de longue haleine. La voie sur berge sera remplacée par une deux fois deux voies en surface classique avec des feux rouges…Un des objectifs est de diminuer très sensiblement le bruit ; c’est un problème, tout autant que le nombre de voitures qui passent là (40 000 véhicules/jour, en comparaison 75 000 boulevard Saint-Germain à Paris.) Au nord à Saint-Serge, l’idée est d’éloigner la voie de la rive pour dégager de la place près de l’eau pour un nouveau parc à cet endroit. Au centre et près du château, on peut gagner de la place en jouant sur les différents niveaux, les plissements.

Les trémies ne seront pas détruites, sauf à Saint-Serge (actuelle zone commerciale en rive gauche au nord du périmètre) pour laisser l’eau (des inondations) passer.

Le problème du stationnement concerne essentiellement la place La Rochefoucault  (en rive droite) qui sert actuellement de parking majoritairement utilisé pour le personnel du CHU. Cette question (sensible) a une solution  à condition de en procéder par étape.

Le problème du contournement sud n'est pas une priorité, avec la solution d'une voie à caractère de parkway qui apparaît en orange sur la carte.

Des aménagements sont possibles sans investissements lourds, en tenant compte de la longueur des procédures – la France est un pays à procédures – mais en faisant (par contre) rapidement les repérages dans un délai court.

2. La présentation du projet lieu par lieu, par François Grether

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Le pont de Verdun (entre le pont de Haute-Chaîne et le pont de Basse Chaîne) joue un rôle capital : en faire un plateau à très petite vitesse 20 km/h ou moins si possible, une zone de rencontre ou chacun doit tenir compte des autres ; ça marche bien.

En rive gauche, près du château,placer la voie à l’écart des plissements des rives de la Maine. On peut aller vers l’eau, s’en approcher, faire des tas de choses et permettre à l’eau de la Maine de s’épandre lors des inondations. C’est un des espaces publics centraux ouverts à tous, seul, en groupe, qu’il fasse beau, qu’il pleuve. C’est la grande place d’Angers, la place d’identification, le forum, l’agora. La qualité des paysages est forte, avec un dialogue entre les deux rives, la Cale de la Savate, le futur Centre des Congrès (tous deux en rive droite) font face au Château très austère.

Une passerelle nouvelle reliera la Place des Carmes à l’ascenseur fixé sur la falaise près du Château pour rejoindre le Bout du Monde, une façon de relier le plus ancien au plus contemporain, avec les bateaux qui viennent accoster près des péniches et l'ascenceur (accroché à la paroi de schiste).

La Place de la Rochefoucault offre un très bel espace, avec le magnifique ensemble de Saint-Jean,  qui pourrait être mis en valeur ultérieurement. Dans un premier temps, le projet prévoit de garder des places de stationnement en bande le long de la voie pour dégager l’espace central et la bande proche de la rivière. L’espace libéré  permettrait l’implantation d’un jardin d’eau le long de la rivière, la partie centrale étant réservée à des activités temporaires, expositions, manèges…Le retour de l’eau sur la place est importante pour mieux la qualifier (c’était auparavant une île dont le bras a été comblé pour laisser place au boulevard Arago).  Ce grand espace possède une qualité exceptionnelle qui est (déjà) en relation directe (visuelle) avec le centre de la ville ancienne, la Place Molière et la rue de la Roë sur l’autre rive en face.

Une autre passerelle très importante serait implantée à cet endroit (entre la Place de la Rochefoucault et la place Molière), pour faire un lien entre les deux rives au caractère si différent l’une de l’autre. 

Rive gauche, à la hauteur de Saint-Serge (de l’autre côté du pont Confluence vers le nord), il existe une grande halle ferroviaire qui n’est plus affectée au transport. Cet emplacement  serait très facile à transformer en parking après accord avec le propriétaire. La place dégagée offrirait le même nombre de places de stationnement que la Rochefoucault majoritairement utilisés actuellement par les employés du CHU actuellement.

Des édifices singuliers à édifier dans le Pentagone sont à prévoir (pour structurer l’espace) en trouvant le fil conducteur entre eux. Le Quai est un bon exemple de ce qu’il faut faire (pour dynamiser).

Saint-Serge avec (le village) de Reculée en face. A Saint-Serge le projet prévoit de déplacer la voie des berges pour créer une large avenue – 40 mètres de large, avec une ligne de transport en son milieu, pour irriguer le nouveau quartier ; de cette façon, un grand espace serait libéré au bord de l’eau pour y édifier un parc. Nous avons imaginé de creuser profondément de façon à créer deux îles avec des installations nautiques entre les deux.

L’emplacement du nouveau pont Bocquel est à programmer au débouché de la rue du même nom (en rive droite). Ce pont n’est pas prévu pour demain matin.

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Proposer aux exploitants de la zone commerciale de Saint-Serge de se réinstaller plus le centre-ville est important, car il s’agit bien d’un nouveau centre-ville à mettre là. 600 000m2 constructibles, c’est beaucoup. Nous y voyons un quartier mixte de centre-ville pour moitié avec des habitations, des étudiants, des personnes âgées… pour moitié  avec des activités, des institutions, des organisations, des laboratoires, des entreprises, comme ce que j’ai fait pendant 10 ans à Lyon Confluence avec activités mixtes sur la Saône.  Ces nouveaux centres peuvent rivaliser en attractivité avec les centres historiques. Une ville a besoin des deux.

On reste prudent (souligné dans mes notes) sur les lignes de tramway : en prévoir une sur l’avenue principale de Saint-Serge mais où va-t-elle ? Peut-elle se raccorder à la ligne de tramway n°2. Ces schémas en Y sont difficiles à gérer. Nous n’avons pas été plus loin. Sur les formes bâties, on a présenté des volumes un peu bébêtes, en volume… C’est toujours difficile d’essayer de visualiser…

(Le village de) Reculée : l’architecte-urbaniste n’a pas le temps d’en parler avec regret. Il profitera plus tard d’un petit moment lors des questions-réponses pour revenir sur ce petit îlot (un terme qu’il n’a pas employé) qui fait face à Saint-Serge de l’autre côté de la rivière, en rive droite sur une petite colline.

La (grande prairie inondable) Baumette est à garder pour les sports, avec des arbres et les voies de circulation à mettre plus à l’intérieur comme ce que nous avons prévu pour Saint-Serge. Cette nouvelle voie en retrait se fera avec un accès à la gare. C’est un vrai enjeu qui donnerait de l’ampleur (à prendre dans le sens d’un plus grand souffle, à toute la ville, en équilibre aussi à Saint-Serge au nord). Avec un bac qui traverserait la Maine (pour relier le sud d’Angers au lac de Maine) aux beaux jours en prévoyant  des visites de la nouvelle station d’épuration (de façon aussi à valoriser le bâtiment et plus largement le site).

Les gens commencent à applaudir. Il reprend la main et poursuit : c’est un projet ouvert, vivant. Ce sont les rudiments. Le projet doit accueillir beaucoup de compléments, jouer avec le temps à 10 ans, 20 ans, 30 ans, pour quitter le niveau des ambitions, pour devenir réel.  

3. Le jeu des questions de la salle et des réponses par François Grether et les autres  membres de l’équipe

01.  Une question sur l’adaptation du projet aux crues et son coût global

FG sur le coût : il n’est pas possible de vous donner cette information tant le projet s’étire sur une période de temps longue, avec tant de possibilité de l’amender. Le coût total n’est pas du tout faramineux,  pas cher, assez bas précise-t-il - surtout rapporté sur le nombre d’années et de la surface en m2 de Saint-Serge (600 000m2) .

 Loïc Mareschal sur les crues : les crues sont un problème réel. En période de hautes eaux, Saint-Serge est sous l’eau. Au Pont de Verdun, le marnage est de 7 mètres de différence. Le plissement donne plus de place à l’eau, l’eau peut remplir les trémies et s’épandre sur la rive. C’est important aussi à Saint-Serge aussi. (Avec notre projet), le Quai Gambetta et la Place Molière vont être à l’abri. Nous prenons en compte le PPR (Plan de Prévention des Risques), ajoute François Grether. Le paysagiste répond indirectement  à la question précédente : savez-vous que la crue de 1995 a coûté entre 100 et 150 millions d’euros de dégâts ?

02. Une question sur la dimension « agglomération » ou « ville » du projet

FG : le projet est un enjeu d’agglomération, le centre est celui de l’agglo. Il s’agit du Grand Angers. Le maire est aussi celui de la métropole, le financement sera celui de l’agglomération. Le maire d’Angers,  Jean-Claude Antonini confirme qu’il s’agit bien d’un intérêt communautaire. Le tramway d’Angers n’est pas seulement celui d’Angers.

03. Une question sur la question des tunnels (et de l’interdiction de les utiliser pour les camions chargés de matières dangereuses)

François Grether rappelle que la circulation n’est pas supprimée. La solution du parkway sud plus large …Le projet n’interdit rien. Lors de la présentation générale, il avait présenté le plan global de circulation en montrant qu’il n’était pas nécessaire de prévoir un contournement sud. 

04. Une appréciation d’un monsieur sur le végétal

Il se réjouit qu’il soit bien présent.

05. Une appréciation d’une dame

Elle  aime bien les liens du et avec le centre, sans séparation  

06. Une demande de précision chiffrée sur la circulation automobile

FG cite les 40 000 véhicules/jour Place Molière. Avec leur projet, les estimations sont de 25 000 u/j. C’est difficile de se projeter à plus de 20 ans. Les deux lignes de tramway vont changer les choses, les habitudes évoluer, le parkway sud-est récupérer une partie du trafic. Il faut surveiller les trafics, pas seulement en moyenne journalière. A Paris, les chiffres sont plus précis dans le temps, à 8h du matin…aux carrefours, aux points névralgiques, comme ici à Angers aux ponts de Basse Chaîne et de Haute Chaîne. Nos estimations sont prudentes, il est impensable d’y aller par choc, il faut y aller par étapes.

07. Une remarque du président des habitants de Reculé, navigateur sur la Maine

Il se tient à la disposition de l’équipe.

FG : nous avons (déjà) rencontré l’association des pêcheurs. Du coup l’architecte se souvient qu’il n’a pas parlé de ce petit espace de Reculé. C’est un endroit en côteau au bord de la Maine où règne un caractère particulier qui est à conserver, à consolider en lui donnant plus de présence face à Saint-Serge. On ne trouve ça nulle part ailleurs à Angers, un peu comme ce qui se passait à Strasbourg dans le quartier de la Petite France, avant que cela ne devienne trop touristique.

38. Une question sur la séparation entre le Parc Balzac et le Lac de Maine à cause de l’autoroute

 FG: nous n’avons pas eu le temps de travailler dessus. Cette autoroute coupe l’espace en deux. L’échangeur Atlantique est à supprimer pour apaiser la vitesse. La voie qui coupe la Baumette en deux, ce n’est pas bon non plus.

09. Une question aux (autres) membres de l’équipe sur leur plaisir à  travailler sur ce projet, FG ayant déjà clairement exprimé à plusieurs reprises le sien.

Loïc Mareschal : oui, j’ai eu du plaisir, c’est un travail d’un an, pas tous les jours peut-être, le site est formidable, avec un projet exceptionnel, d’une grande qualité en complémentarité. Il y a beaucoup  de désir (dans ce plaisir).

Pascal Amphoux : c’est le plaisir de la découverte, on avance dans une situation emblématique articulée avec la polyphonie humaine, dans un sens d’innovation, dans une ville-nature. C’est une occasion unique d’un projet exemplaire, à une échelle (humaine) qui n’est pas monstrueuse, en mettant en place des actions ponctuelles, possibles, très rapidement, pour pas trop cher, un travail sur l’imaginaire et les comportements.

Paul Grether : tout projet est une aventure. C’est la première fois que je travaille sur un projet de cette ampleur (320 hectares). C’est un véritable changement d’évolution de la ville pour accroître la qualité de vie. On s’est particulièrement investi à Angers.  (Une façon d’) apprendre à connaître, à aimer… Pour le projet, je suis venu souvent à Angers. On vient, on apprécie, le projet devient concret, on a envie de prolonger…  (cette découverte-attachement).

10. Une question sur Saint-Serge

Je n’ai pas noté la réponse.

11. Qu’est-ce qui va se passer maintenant ? Quel est le planning prévu ?

Jean-Claude Antonini : (Ecouter parler de ce projet), ça donne très envie. La progressivité dans le temps est importante. Fin mars, le conseil municipal va se prononcer. L’aventure commence, (sachant qu’) on ne pourra pas tout faire d’un coup. On a vraiment envie de continuer. Une certitude, cela continuera après moi (une fois mon mandat terminé).

FG : la place de la voiture est essentielle. La voie nouvelle de Saint-Serge sera une voie de ville, dans un espace compté. Il y aura une auto-régulation entre les flux. (Une mauvaise solution serait de renvoyer les voies de circulation détournées dans les quartiers tranquilles. A Saint-Serge, les habitations seront placées en retrait de la voie et le moins résidentiel – les bureaux- sera (au contraire) plus proche de la circulation.

12. Une question sur le Pont de Verdun et les péniches

FG : nous n’avons pas vraiment eu le temps de travailler sur les péniches (réponse faite de mémoire, je n’ai pas pris de notes)

13. Une question sur la ville d’hier, d’aujourd’hui et celle de demain (étroitesse de l’espace) en lien avec le nouveau quartier de la Gare + qui touche la Baumette 

FG : Gare + est un projet important pour Angers et le lien avec la Baumette l’est aussi. Nous avons à plus travailler ce point, mettre plus de liaisons  entre la gare et la Maine. On va devoir creuser. On est resté en première approche. Il n’y a pas que la gare, il faut voir les autres connections. Toute l’Agglo est visée, pas seulement le périmètre (des 320 hectares).

FG en réponse au Monsieur de Reculé (question n°7) sur la navigation sur la Maine: il faut   approfondir la question de l’utilisation de l’eau. Nous avons déjà travaillé en concertation. Le travail avec ceux qui utilisent et connaissent la rivière  doit aller plus loin, par exemple sur la question de l’envasement.

14. Une remarque d’un monsieur sur la grande cohérence du projet (trame verte et bleue) par rapport au SCOT  sur lequel il a travaillé.

Le maire explique ce qu’est ce sigle, c’est le Schéma de Cohérence territoriale, adopté par Angers Loire Métropole conformément à la réglementation.

= La soirée se termine par des applaudissements nourris.Les membres de l'équipe se lèvent.

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Pour suivre le chemin des « Berges de la Maine », maintenant « Angers Rives Nouvelles »

. Lire une interview de François Grether sur http://www.archicool.com/cgi-bin/presse/pg-newspro.cgi?id_news=6099 où on découvre qu’il est connu dans la profession et chez les élus pour son sens du dialogue, sa faculté d’adaptation et sa compréhension des relations de concertation, particulièrement dans des opérations urbaines à forte complexité. Une citation de FG à retenir : « la première pierre est toujours édifiante pour la suite des évènements ».  

Une des marques de fabrique de cet architecte-urbaniste est aussi sa relation à l’eau, à voir sur http://www.leauetvous.fr/Trois-questions-a-Francois-Grether

On trouve sur ce site ce bref récapitulatif des réalisations de François Grether :   « il a réalisé la conception de grands projets urbains (Euralille, Amiens Quartiers Nord, la Confluence et Gerland à Lyon, l’Ile Seguin à Boulogne-Billancourt), de quartiers d’habitat social (Belfort, Nantes, Saumur) et de nombreux projets liés aux rivages et aux ports, comme Clichy-Batignolles avec son parc et ses bassins de recueil et lagunage des eaux pluviales, ou les Vaites à Besançon, avec ses noues et son ruisseau. »

. Beaucoup d’informations sur et par Loïc Mareschal paysagiste sur Phytolab, http://www.phytolab.fr/phytolab_paysagistes_environnement_nantes.html

. Pascal Amphoux, sociologue, professeur à l’Ecole d’Architecture de Nantes, chercheur à l’Institut de recherche sur l’environnement construit à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (CH), spécialiste de la marche en ville et des ambiances en ville, est un homme qui écrit beaucoup, à retrouver notamment dans http://www.annalesdelarechercheurbaine.fr/IMG/pdf/Amphoux_ARU-97.pdf

http://lasur.epfl.ch/files/content/sites/lasur/files/A&C%20Vol.9%20No.3/A à  MPHOUX.pdf

. Photos Elisabeth Poulain, avec mes excuses pour la qualité des photos, prises sans flash et avec beaucoup de difficultés

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Regard sur l'espace public > Les potelets & co en folie

29 Novembre 2011, 17:30pm

Publié par Elisabeth Poulain

Une affaire de rencontre

Angers, la même place avc olein de potelets au milieuLa rencontre est celle qui se fait dans un espace public donné, la rue pris au sens large,  entre le poteau, cet élément vertical implanté de façon pérenne dans le sol, et les utilisateurs de l’espace. Chaque changement affectant l’une de ces trois composantes a des effets sur les deux autres, sans compter les autres facettes du « vivre ensemble.»  

 

Le poteau entre dans la grande catégorie du mobilier urbain, qui a à la fois une dimension fonctionnelle, ou le  design joue un grand rôle, et une dimension d’identité territoriale forte alors que le poteau est produit en grande série par des sociétés européennes. Il a aussi des conséquences directes et indirectes moins connues.  

 

Un des grands changements de deux dernières décades et plus est l’occupation de l’espace public par les poteaux qui y fleurissent tels des pissenlits dans une prairie. Leur foisonnement est tel qu’on se demande comment on pouvait vivre avant dans l’espace public.  

 

Le trinôme

Blog 2011.12.01 potelets 025. L’espace public concerne plus précisément le trottoir ou plutôt ce qui en reste une fois que les voitures ont choisi les meilleurs places pour s’y garer et les espaces interstitiels qui ne peuvent être occupés par la voiture. Ce sont par exemple les triangles d’entrée et de sortie d’une voie principale, les passages protégés au milieu de la chaussée,  les cœurs de ronds points non accessibles aux piétons… 

 

. La place de la voiture dans l’espace public, ou plutôt l’automobiliste  a une capacité proprement étonnante à repérer les endroits « garables » comme on ne dit pas encore. Blog 2011.12.01 potelets 004Dans les temps anciens, on prenait une chèvre pour tracer les chemins dans les coteaux pentus. Maintenant faîtes confiance à la voiture pour avoir une perception très fine de l’espace urbain et redessiner une nouvelle cartographie de l’espace public à des fins privés.  

 

Les utilisateurs de l’espace public sont au moins au nombre de deux (sans compter le cycliste), l’automobiliste et le piéton. Bien souvent c’est la même personne qui dispose de modes de raisonnement différents selon le mode de mobilité choisi: un automobiliste fonctionne avec la Couloir de trottoir réservé aux piétons conduisant droit dans le mur du fondpédale au pied, un marcheur raisonne avec ses chaussures aux pieds. Ce n’est pas la même chose. La preuve, pour empêcher les « carrossés » de passer et de gêner les piétons, on a inventé le petit poteau  de trottoir ou potelet de sa dénomination actuelle.

 

Petit rappel sur la grande importance du poteau
. Le poteau dans sa vision verticale liée à la construction est lié au développement de l’habitat et de l’urbanisme. Sur terre, la maison et l’immeuble ne peuvent se concevoir sans fondation plus ou moins profondes selon la nature du sol. Les poteaux de construction se poursuivent dans l’air par des poteaux de maçonnerie, des poteaux de charpente…Une des tendances actuelles est concevoir des bâtiments avec des barres érigées, une manière de faire passer la conception en cube.  
   
. Le poteau vertical liée à l’information  est indispensable à la vie de l’homme contemporain sur terre. Il est un marqueur de notre société occidentale. Les poteaux indicateurs sont directement liés par exemple à la mobilité et à notre façon de considérer l’espace public. En temps de paix, nous estimons indispensables de trouver l’information au fur et à mesure de notre avancée dans la rue. Ceci n’est pas le cas au Japon où le nom des rues n’est pas indiqué  puisque c’est le numéro du bloc d’habitation qui compte. La rue est alors un espace non significatif entre les blocs. 
Blog 2011.12.01 potelets 017   
Le potelet, un nouveau type de poteau
L’accroissement de la pression de la voiture roulante sur la rue et de la voiture dormante sur le trottoir  a généré un nouveau type de poteau, le potelet  directement inspiré du poteau de manège hippique, pour empêcher les voitures d’accéder au trottoir protégé réservé aux piétons et parfois aux cyclistes. Ces poteaux de 1,20 mètre de hauteur sont implantés au bord du trottoir de façon à interdire aux véhicules de passer entre eux. C’est la seule façon  utilisée par les collectivités d’assurer le non-accès au trottoir, en l’absence de personnel pour sanctionner le stationnement interdit qui s’accroît d’autant que le nombre de places de stationnement autorisé diminue en lien avec la volonté d’assurer un développement durable de la ville.  
   
Les conséquences
Le piéton se voit réserver un espace dédié où la voiture n’a pas sa place. La présence dans le sol de ces petits poteaux d’interdiction a aussi pour seconde conséquence de figer les espaces libres polyvalents pour les non-automobilistes. Les piétons doivent se positionner sur une partie du trottoir, la voie-trottable, les cyclistes aussi sur une autre partie du trottoir, leur voie cyclable ; du coup les automobilistes se placent partout sur les trottoirs dés lors qu’il n’y a pas de potelet.   
  
D’autres aspects négatifs commencent à être également mis en avant :
. la difficulté à marcher et à se croiser sur un espace resserré par la présence des potelets,
. le coût  pour la collectivité qui doit acheter et poser individuellement ces potelets dans le bitume en quantité phénoménale puisqu’il en faut 2 pour protéger 1 mètre de trottoir, 3 pour 2 mètres…
. la présence dans le sol d’autres types anciens de poteaux qui assurent la même fonction. Certains anciens petits poteaux s'avèrent dangereux pour les personnes âgées qui peuvent ne pas les voir  mais ils restent toutefois là; 
Angers, 3 catégories de poteaux petits et potelets   
. la pollution visuelle d’une véritable ‘forêt’ de potelets qui s’ajoute au foisonnement des autres poteaux qui dirigent, conduisent et interdisent nos pas, heurtent nos yeux et surveillent nos vies.  

 

L’ensemble de ces contraintes conduit parfois aussi à des situations proprement absurdes:        

. des potelets placés maintenant en milieu de trottoir pour empêcher les voitures de s'insérer par le côté, quand il y a par exemple une entrée de garage    

. des potelets pour empêcher des cyclistes de rouler au beau milieu de la piste cyclable double couloirs, 

. des potelets implantés sur les zébras de passages piétons pour protéger les voitures garées perpendiculairement au trottoir (à voir sur « Petit Poucet »)...Une évolution impressionnante à suivre, du potelet contre la voiture abusive, on passe maintenant au potelet anti-cycliste ou gêneur de piéton.

 

Pour suivre le chemin

. La rue à  re-découvrir  avec http://systemepoucet.canalblog.com/

Voir les photos délicieuses d’absurdités  liées à l’implantation de potelets sans réflexion préalable sur

http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=373438&pid=8785885

. La désignation des numéros de blocs d’habitation – et donc de l’absence de noms de rues - au Japon, voir http://sivers.org/jadr

. Pour Paris, lire  http://www.leparisien.fr/paris-75/ces-tres-chers-potelets-18-05-2009-516746.phppour connaître le nombre et le coût de ces chers potelets.

. Lire aussi sur ce blog  Regard sur l'espace public > Quadrillage Rues et Risle > Pont-Audemer

. Photos EP 

. Mes excuses pour cette présentation à interlignes et dimension des caractères aléatoires indépendante de ma volonté!

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N de Nana +F de Frontière = Woman, Hers, Not Hers > Don Wright

25 Novembre 2011, 14:40pm

Publié par Elisabeth Poulain

Blog-2011.11.24-238-copie-1.JPGC’est un cartoon comme on ne dit pas ici en France, paru il y a plus de 20 ans dans le Palm Beach Post et repris par Courrier International. « Woman », comme l’intitule son géniteur, Don Wright. On y voit une femme nue, dont le corps est fléché pour montrer ce qui lui appartient à elle –HERS-  en propre et ce qui ne lui appartient pas –NOT HERS- et qui n’apparaît donc pas sur le dessin. Comme un triangle des Bermudes caché pour elle derrière le panonceau « NOT HERS »  qu’elle n’est même pas autorisée à porter de sa main droite puisque cet endroit lui appartient pas.  

Hers, A Elle, « tête, cheveux, mains, bras, partie haute du corps, jambes et  pieds. »

Remarquez la façon dont le dessinateur désigne les différentes parties de son corps, comme si elle était une machine. A aucun moment, il ne dit 'sa tête, ses cheveux, ses bras, la partie haute de son corps, ses jambes et ses pieds'. Même  ce qui lui appartient n’est pas indiqué comme lui appartenant dans le détail de chacune des parties du corps cité.  

Not Hers, Pas à Elle,  ce qu’il y a sous la pancarte, à savoir  (son ventre et son sexe) qui ne sont même pas désignés en tant que tels, ni assortis de (son). La finesse du cartonnist  est de ne pas même désigner ce qui a longtemps été impur et mal séant chez la femme. Cela n’a pas de nom. 
Ceux à qui appartiennent ce qui n’est pas à elle

Oh, ils sont très nombreux à en revendiquer la propriété. Don Wright détaille dans la moitié droite du rectangle :

. « Certains mâles de l’espèce ,

. certaines églises,

. divers moralistes,

. des politiciens,

. des féministes,

. des juristes,

. des comédiens,

. des journaux et télés,

qui tous décideront de la meilleure utilisation de cette zone » (area). Remarquez quelà aussi Don Wright fait preuve d'une grande subtilité: il situe la femme dans la partie gauche de son rectangle et attribue la partie droite à ce qui est important, les heureux détenteurs utilisateurs de ce qui est "not hers", dont il fait partie d'ailleurs en signant tout en haut de cette partie droite. Clin d'oeil à cette "woman", il place sa signature en phase avec le titre de ce dessin.    

Blog 2011.11.24 238-copie-1

La « zone » qui n’est pas

Il a fallu attendre le 4è avant dernier mot pour que soit cité son ventre et son sexe qui sont « not hers ». C'est une zone, comme un no woman's area.

La double frontière

Elle se situe en haut juste au dessus du nombril et pour le bas à mi-parcours entre le bas de son triangle et le milieu des cuisses. Très clairement, cette femme est un saucisson à pattes, sans ventre, sans zizi et sans derrière. Etonnez-vous qu’elle ait l’air si peu maligne ! 

Quel monstre est-ce cela ?
C’était il y a 20 ans aux Etats-Unis. Depuis on a découvert les femmes sans visage et sans corps. Est-ce que cela a vraiment changé dans le monde ?
Pour suivre le chemin

. Ce dessin est tiré du Courrier International, n° 86, 25.06.1992, dont j'avais conservé l'édition papier, tellement j'avais été marquée par sa force.

. Retrouver un autre des dessins de Don Wright pour lequel le dessinateur a gagné son Ier prix Pulitzer en 1966 du dessin de presse (un autre en 1980) sur  http://goodcomics.comicbookresources.com/2009/03/19/a-month-of-pulitzer-prize-winning-cartoons-day-19/

. Cette idée d’un no woman’s land, un terme crée à la mode du « no man’s land »,  continue à fleurir avec une imagination sans limite de la part des dessinateurs de presse et de pub, comme je vous le montrerai bientôt.

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Les Temps de la Ville > Les Paroles des Angevins

6 Octobre 2011, 11:20am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Quelques éclaircissements sur le titre

Il s’agissait pour ce groupe de travail réuni à l’initiative de la ville d’Angers de commencer à approfondir le thème des « temps de la ville ». Les participants de la Doutre au nombre d’environ une vingtaine  ne se connaissaient pas. Leurs deux points communs ont été de s’intéresser au thème  et de lancer des pistes pour réfléchir ensemble sur le temps en lien avec l’espace d’une ville comme Angers, très représentative de la société française. Le travail a duré une heure.  

  Visite des Berges, ballade estivale, Pont de Basse Chaine

Une restitution au plus près de ce qui a été dit

Il ne s’agit pas dans ce billet de faire une synthèse thématique de ce qui a été dit de façon exhaustive par les uns et les autres, mais de retrouver le fil qui a conduit chacun à ajouter sa pensée à la suite d’un-e autre, sachant aussi qu’il manque forcément des prises de paroles et/ou des développements.

 

Parfois il y a eu débat entre les participants. Plus souvent il y a eu succession des prises de paroles, avec des réponses et/ou des compléments d’information apportés à une remarque de l’un d’entre nous quelque temps avant. Aucune indication d’âge ou d’identification n’est volontairement donnée sur la personne, pour ne garder que le sens, avec deux exceptions cependant, Frédéric Béatse, l'élu en charge de la vie associative, la vie des quartiers, la politique de la ville et la qualité des services publics qui a lancé et encadré le débat , et Julie Rieg, directeur de développement et sociologue  en charge de la mobilité et de la temporalité à l’Agence Chronos, qui a synthétisé à chaque fois qu'il y a lieu. Ses interventions sont représentées par  le signe = . (Entre parenthèses, des éléments d'information parfois nécessaires pour comprendre ce qui est dit)

 

La présentation du débat par Frédéric Béatse 

L’étude sur la conception du temps a été lancée dans le cadre du combat contre l’inégalité et l’exclusion. C’est le cas des personnes seules recherchant du travail ayant des enfants. La réflexion sur les temps tient compte de trois idées :

. la tendance  de la société à l’hyper-individualisation avec des exemples du mariage l’après-midi, de la garde des enfants la nuit, de l’accessibilité des services en un même lieu, 

. notre volonté de pas déstructurer le temps

. et celle d’intégrer les temps de la nuit/jour, dans des logiques différenciées d’un quartier, de la ville et de l’agglomération.

àLe temps se conjugue avec l’espace

àLa ville veut coordonner tout ça

  Amsterdam, de l'autre côté du FifteenLes prises de paroles des participants

. Le sentiment d’insécurité la nuit quand on est une femme et qu’on rentre à pied venant du bus pour arriver chez soi,

. La longueur de l’attente et du trajet en bus la nuit – 1 heure -  pour aller des Ponts de Cé à la Meignanne à Angers,

. La baisse de l’intensité de la lumière la nuit pour éviter la pollution nocturne , en lien avec le développement durable, qui est aussi une cause d’inquiétude,

=   c’est aussi une question de design du lampadaire (qui doit éclairer le bas et non le haut).  

 

. L’insécurité pour les enfants allant à l’école. Ont été citées les rues de La Traquette, Saint-Lazare, du boulevard et de la Place Monprofit très difficile à traverser.

=   la question des temps scolaire est très importante, le matin vers 8-9h.

  

. Les stationnements d’adolescents sur le trottoir à la sortie gênent le passage et sont une source d’insécurité. Une dame précise que les enfants peuvent rester à l’étude en attendant qu’une personne habilitée vienne les chercher.   

=   problème du différentiel de la vitesse entre les groupes et les personnes  

=   c’est la triple question du rôle des parents, de l’offre de services et de la  prise en charge des jeunes

  Amsterdam, quai Java Eiland

. Un habitant du Quai de la Savate parle de l’enfer (vécu par les habitants lors)  du Festival Tempo Rives sur la Maine, avec un niveau sonore moyen déclaré par la ville qui n’a rien à voir avec le réel. Il souligne aussi les entrées des immeubles souillées  les nuits de fêtes, comme le 14 juillet. La Cale est devenue un lieu de rassemblement où les jeunes arrivent avec des packs de 24 bouteilles de bière. La saleté est insupportable. Il propose que les concerts se tiennent au Parc Balzac au lieu dit « Les vagues ». A une question d’un des participants, la personne déclare que le niveau moyen déclaré par la municipalité est de 93 décibels. Ce niveau moyen lisse les pics (113-114)  lors des  séances de Hard Rock Trash selon leurs relevés. Le bruit est tel que les cloisons vibrent.

      =   La pollution sonore est un gros problème

. Le monsieur poursuit : il ne s’agit pas seulement du bruit la nuit, il y a aussi les actes d’incivilité qui vont avec. Toutes les entrées d’immeuble ont servi d’urinoirs alors qu’il y a un WC public

=   l’incivilité est la conséquence de quelle que chose, un manque d’équipement, une      

     inorganisation…

 

. Un participant précise également qu’il s’agit non seulement du bruit la nuit, lors d’une fête, mais aussi et surtout de l’association avec l’alcool. A Mazé, la nuit, à la salle des fêtes,  au 3è avertissement, l’électricité est coupée. Il faudrait un moniteur.  

. Pour clore ce sujet très sensible, une personne précise qu’il faudrait peut être aussi commencer par inclure la Doutre nocturne dans le périmètre d’Angers La Nuit qui s’arrête à La Maine. Dans le quadrilatère rive gauche de la Maine des mesures spéciales sont prises la nuit pour éviter les excès. Des jeunes volontaires en particulier établissent le contact avec ces jeunes qui fêtent très bruyamment la nuit pour les sensibiliser en douceur au fait par exemple qu’ils font trop de bruit et gênent.le sommeil des habitants.

    Ixelles, Flagey, Tramways Frédéric Béatse relance le débat avec cette question: comment concilier les temps de la ville et le temps de chacun ? 

 

La question de l’acceptabilité -nommée comme telle par les participants- suscite beaucoup de réactions. 

. Entre les temps de la ville et la forte individualisation, il conviendrait de réintroduire le « vivre            ensemble ». C’est bien de vouloir améliorer, mais il ne faut pas perdre de vue  cette dimension. Le quartier de La  Doutre peut accueillir les nouvelles perspectives qui s’ouvrent avec Le Quai et le Centre des Congrès   et (accentuation) prendre en compte, concilier les modes de vie différents.

. Il convient de ne pas gêner les autres.

. Il faut trouver un consensus avec les autres.

. Poser des limites, tout en acceptant l’autre.

. Faire de la pédagogie avec les jeunes.

. Il y a beaucoup d’étudiants à Angers. Comme le coût de l’alcool est élevé (en boîte de nuit), on rencontre aussi la problématique du bruit pour les voisins dans les appartements loués en colocation par des étudiants.

. La ville joue un rôle de médiation pour dire ce qui va et ce qui n’est pas acceptable. La ville est ouverture mais la question de l’acceptabilité de la différence reste posée.  

    =    Une des difficultés est de nommer les choses. Il faut ensuite faire  se rencontrer les gens sur leurs 

           points communs et  pas sur les points de dissonance. Il faut aussi chiffrer l’information, afficher par 

           exemple le montant des décibels sur les murs, ou voir votre vitesse quand vous roulez

     dans des villages. C’est la question du monitorage.

 

. Le monsieur de la Cale de la Savate précise à ce moment là que, si la question du montant des décibels est bien sûr très importante, celle de la durée l’est au moins autant : le festival Tempo Rives a duré 2 mois en comptant les répétitions. Il ajoute que les deux cafés situés sur la Cale ne causent aucun souci particulier.  

. Il est demandé alors quelle est la durée de la Foire Saint-Martin qui se tient place de La Rochefoucault. Réponse : elle est de 3 semaines. Plus personne ne se plaint du bruit que cette fête entraîne pourtant pour les riverains. Peut être que si, du moins il n’y a eu personne dans le groupe pour en parler.

   Musée Le Quai, devant le Château

Réorientation du débat  sur la volonté de ne pas déstructurer le temps en phase avec l’individualisation

=    Le thème de l’individualisation est de la tarte à la crème. En réalité tout  est temps collectif. On est

      dans une succession de temps collectifs, en lien  avec l’espace.

 

. Cela repose la question de l’acceptabilité en lien avec le travail, les horaires atypiques pour la crèche... Il y a imbrication entre le temps personnel et l’espace collectif.   

    =     Un monsieur synthétise :  on voit qu’il y a le temps d’une majorité, le  temps individuel, le temps en 

           phase avec des nouveaux outils, des nouveaux services interactifs.

 

. Il faut se poser la question de ce qu’on veut vivre ensemble. Comment  permettre à chacun de vivre le collectif ?

. Acheter sa baguette à 2h du matin, c’est une envie ( pas un besoin).

. Ca pose la question également du temps du week-end. Les gens de l’informatique vivent 24h sur 24h. On banalise le temps.

   =   C’est un point très important, Les infrastructures sont sur-utilisées en un  même temps, au même         

        moment. C’est une vraie problématique : décaler les horaires pour mieux réguler les flux. On pourrait

         mieux utiliser l’espace public qui n’est pas extensible.

 

. Les gens deviennent exigeants. Il y a un clivage entre le travail qui se  faisait avant au même rythme et l’éclatement de la norme maintenant en lien avec l’isolement, comme quelqu’un qui travaille le soir (et dort le jour). Il y a un morcellement du temps en corrélation avec l’espace : réfléchir à l’espace conduit au temps.

. A Yolande d’Aragon (le quartier du Front de Maine), l’espace est saturé pour tous (avec des difficultés pour se garer).

. Il y  aussi des dangers, rue Beaurepaire pour une dame qui pose la question : demandez-vous pourquoi cette rue est dangereuse ? Elle n’apporte pas la réponse mais elle évoque la question des croisements des temps (entre celui des uns, des autres…) .  

 

Frédéric Béatse  réoriente le débat.

Il évoque les temps scolaires ; les temps des familles, celui des services publics, des agents… Quelles sont les heures d’ouverture  par exemple?

=   C’est la question de la gouvernance pour laquelle il y a  déjà beaucoup d’initiatives; les services publics sont saturés.

 

. Cette question est au cœur de la démocratie participative, où le Conseil de quartier joue tout son rôle.

. Un témoignage porte  sur la modification des horaires pour des étudiants en Master. Une avancée d’une demi-heure des heures de cours permet de traverser la ville sans embouteillage et fait gagner 1 heure de temps par jour sur la base de 2 allers-retours par jour. Le blocage des entrées de ville est évoqué, tel que l’encombrement de la 4 voies à partir de Brissac le matin.  

. Il n’est pas toujours possible de modifier ses horaires. Le temps a par nature un caractère transversal.

=   C’est la question du temps subi et du temps choisi, à comprendre dans le cadre du quartier de la

     Doutre qui accueille (bientôt le Centre des Congrés, en plus déjà du Quai, le Grand lieu culturel  contemporain d'Angers, le nouveau port d'Angers, face au Château, avec la rivière Maine entre les deux rives)      

  Ixelles, Flagey, fin de week end

. La question d’un monsieur à la dame qui avait évoqué la peur de rentrer chez soi la nuit entre l’arrêt de bus et le domicile quand on est une femme: pourquoi n’avez-vous cité que les femmes ? (Sous-entendu les hommes n’ont-ils pas peur ?) Réponse : peut être les femmes sont-elles plus habituées à exprimer leurs émotions  alors que les hommes sont encore élevés dans une culture où dire sa peur n’est pas possible à un petit garçon.  

 

Et le moment vint de clore le débat.            

 

Pour suivre le chemin

. La table ronde « Temps de la Ville » s’est  tenue à l’Hôtel de la Godeline, dans le quartier de la Doutre à Angers, le 24.09.2011 lors d’une rencontre présentant la nouvelle formule de concertation au sein du Conseil du Quartier entre les habitants, les associations et la collectivité. C’est M. Frédéric Béatse, l’élu qui a présenté la nouvelle formule et lancé la matinée de travail. Voir www.angers.fr/participer et pour contacter le quartier Doutre ccq.doutre@ville.angers.fr  et 02 41 35 10 55

. Retrouver le groupe Chronos et Julie Rieg sur http://www.groupechronos.org

. Photos EP, avec des photos de villes (Amsterdam la nuit n° 2 et 3, Bruxelles-Ixelles Place Flagey n° 4  et 6 ) et  Angers (n° 1 Pont de Basse Chaîne + n° 5 Le Quai).  

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Balade estivale > Les Berges de la Maine > Angers

23 Septembre 2011, 07:45am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Vous allez certainement penser que j’exagère. Je sais bien que nous ne sommes plus vraiment en été, bien qu’il ne se termine officiellement qu’aujourd’hui. Il me faut me dépêcher  si je veux être dans les clous avant la tombée des feuilles des énormes platanes de la Place de la Rochefoucauld proches de la Maine justement.

 

L’idée de la balade

Elle paraît tellement évidente une fois qu’on l’a faite qu’on se demande pourquoi il a fallu attendre si longtemps. C’est le Conseil de Développement de l’Agglomération d’Angers qui en a eu l’idée. Nous voilà donc partis à une bonne trentaine de personnes connaissant leur ville sur le bout des pieds, avec le plaisir de découvrir des nouvelles vues, des chemins jamais empruntés, des détails jusqu’alors invisibles…Avec toujours en point commun, la rivière Maine si paisible, en passant tantôt rive droite, tantôt rive gauche, en empruntant des ponts, de façon à tracer un quadrilatère en dix séquences aux paysages très variés.  

 

1. Le départ au Quai, Rive droite

Il se fait au Quai qui fait face au Château. Il est devenu en très peu de temps le symbole du renouveau et de la vitalité d’Angers. Sa polyvalence ne l’empêche pas d’être majoritairement dédié à la culture ou, comme ce jour là, au point de rassemblement des membres du Conseil de Développement.

 

  Visite des Berges, ballade estivale, Pont de Basse Chaine

2. Le Pont de Basse-Chaîne

Il y a bien longtemps qu’il n’a plus de chaîne pour fermer le passage des bateaux. Ce pont très passant pour les voitures permet aujourd’hui aux marcheurs de bien voir le lit aval de la Maine, avec à droite le grand ensemble en dent de peigne proche de la rive droite (Claude Vasconi, architecte), en face de soi en regardant le faible courant, le seuil plus bas qui coupe le flux de l’eau en période de basses eaux et en rive gauche la grande zone inondable de La Baumette l’hiver.

 

2. La promenade de Port Ligny, rive gauche

Visite des Berges, ballade estivale, Promenade de port Ligny

Elle se mérite après une attente un peu longuette pour traverser l’entrée et la sortie sur la 4 voies et le boulevard du Général de Gaulle au pied du Château (3 feux). Il y avait à cet emplacement effectivement sur la rive un port très actif et des maisons très anciennes, si serrées  et tellement insalubres que la décision fut prise de les détruire et d’y planter en lieu et place gazon et rosiers. Le bruit de la « quatre voies » empêche totalement de profiter du côté bucolique du jardin. Nous ressentons un effet d’écrasement du également à l’absence de vue sur la rivière et à la dimension massive et lourde de la paroi de schiste, sur laquelle est posé le château. Il n’y a d’ailleurs aucun promeneur à part nous.

 

Visite des Berges, ballade estivale, le Pont de Verdun 

 

3. Le passage près du Pont de Verdun   

C’est le pont préféré des Angevins. De là, on peut admirer la grande montée Saint Maurice vers la cathédrale sur sa droite, le pont aux allures médiévales bien sûr et entre les deux, la très belle vue  sur l’amont de la rivière et en face sur les fameux platanes.

 

Visite des Berges, ballade estivale, Place Molière

 

4. La place Molière

Elle forme un véritable carrefour avec un niveau de bruit infiniment plus bas que près du château. Très peu de promeneurs se baladent sur le trottoir qui jouxte la rivière.

 

5. Le sentier des berges

 

Visite des Berges, ballade estivale, le sentier des berges

C’est la véritable découverte et le grand plaisir de cette promenade. Il faisait beau et doux. Le soleil de l’après-midi baignait cette rive gauche d’un voile de douceur. Une nature très présente et spontanée rend la marche véritablement champêtre. Nous sommes, par le hasard d’une descente de quelques marches, en pleine nature au bord de l’eau. Par chance aussi, l’endroit est propre. Il y avait bien quelques bouteilles de Heineken mais elles étaient en haut sur le trottoir !

 

En bas, nul bruit de voitures ne nous a gêné. Nous avons pu admirer la rive droite d’en bas presque à hauteur de l’eau. La remontée près du pont de Haute Chaîne vous donne du tonus pour la suite. Elle est un peu raide ; c’et bon pour les mollets.

 

6. La traversée du boulevard Ayrault

Elle est encore un peu plus longuette que son équivalente (bvd Gal de Gaulle) au pont de Basse-Chaîne. Cette fois-ci, il nous faut  attendre l’autorisation de passer à quatre feux rouges, deux pour franchir les flux entrant et sortant de la 4 voies, l’autre pour passer le boulevard et la 4è pour retrouver le trottoir en haut des berges. C’est long, long d’attendre que ces voitures passent pour que nous puissions retrouver la rivière.

 

7. La berge haute avant le Pont Confluence

C’est un passage qui se fait rapidement, en regardant la Fac de Droit sur notre droite, le Pont Confluence en remontant et la Tour de Haute Chaîne en face. Nous retrouvons encore les platanes qui masquent la 4 voies sans occulter le bruit.

 

 Visite des Berges, ballade estivale, le Pont Confluence

 

8. Le Pont Confluence 

Les Angevins le connaissent déjà bien. Il est pourtant très récent. Il est réservé aux tramways, aux cyclistes et aux piétons. Tous les membres du groupe se sont accordés pour dire que c’est de cet endroit, au milieu du pont, que la vue sur la ville est la plus belle, avec la cathédrale en rive gauche et les grands platanes en rive droite qui dominent le quai Monge. C’est le seul quai qui reste de la grande période où la rivière était l’axe principal de la ville, celui par lequel arrivaient et partaient les marchandises essentielles à sa vie et à son développement.   

 

Visite des Berges, ballade estivale, le CHU

9. Le passage devant le CHU

Le pont se situe dans l’axe central de l’hôpital, qui du coup, prend une importance visuelle à la hauteur de son importance réelle dans la ville.  C’est le premier employeur de la ville d’Angers. Ce nouveau pont est  un véritable atout en matière d’urbanisme et aussi une réalité très positive pour les étudiants de la fac de médecine qui ont maintenant leur bibliothèque en rive droite, aux côtés des autres étudiants. Les jeunes sont les premiers utilisateurs de ce pont très jeune. Il ne manque plus qu’un ascenseur pour les personnes à pied ou avec un vélo en rive gauche pour ceux que la longue volée de marches peut rebuter.  

 

10. Le retour par la rive droite très verte

Le jardin au pied de la Tour des Anglais est d’autant plus Visite des Berges, ballade estivale, en haut de la Place la Rochefoucaultagréable que nous redescendons  à hauteur de l’eau en passant cette fois-ci sous le pont de Haute Chaîne. Oubliées les quatre feux de l’autre côté ! Nous empruntons alors le quai Monge qui longe la Place de  La Rochefoucauld.

 

Notre promenade emprunte un escalier très raide qui remonte vers la grande place qui n’a de place que le nom. C’est en fait un grand espace vide bordé d’une double rangée de platanes qui sert depuis beaucoup trop longtemps de parking gratuit à voitures. C’était il y a fort longtemps dans la longue histoire d’Angers une île distincte de la rive droite. Le bras interne a été comblé pour donner de la place à la ville. Il est devenu maintenant une grande voie de circulation pour faciliter le passage des voitures ( boulevard Arago + boulevard du Ronceray + boulevard Henri Arnaud ) sur lequel s’ouvre le nouveau port d’Angers, la Cale de la Savate et le Quai d’où nous sommes partis. La boucle est alors bouclée.  

 

Ce fut une bien belle balade estivale à Angers sur les rives de la Maine en fin d’après-midi quand le soleil joue à cache-cache avec des petits nuages.    

 

Pour suivre le chemin

. Cette promenade s’inscrit dans la grande opération des Berges de la Maine à l’intention des membres du Conseil de Développement. Elle a été conduite par Christophe Lesort, le responsable du projet au sein de l’AURA (Agence d’Urbanisme de la Région Angevine).

. Sur le sujet, voir sur ce blog

Aménager les rives de Maine > Christophe Lesort > Urbaniste Angers

Aménager les rives de La Maine > Les 3 équipes sélectionnées > Angers

 

. Photos Elisabeth Poulain

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Les symboles en pub > La proue du Normandie > La fierté et la confiance

19 Août 2011, 17:29pm

Publié par Elisabeth Poulain

Faites confiance aux artistes qui travaillent pour la publicité et plus particulièrement aux affichistes et aux photographes. Ils ont un capacité toute particulière à saisir l’essentiel dans ce qui est un bel objet, fusse-t-il de belle taille. Ils savent montrer en dessin la fierté, la confiance  que peut incarner un navire. Pour cela, ils choisissent, sans se tromper, de montrer l’étrave du navire affrontant l’océan d’un air conquérant afin de dégager, la fierté, la puissance et la confiance. Ce fut le cas de Cassandre, le très grand graphiste, qui conçut deux très belles affiches du navire, l’une vue de son avant gauche et l’autre vue de face.  

 

Le paquebot

Navire Normandie, Affiche Cassandre

Il s'agit du paquebot « Normandie », qui malgré toute sa modernité et ses exploits, ne vécut malheureusement que 7 ans, de 1935 à 1942, après avoir été débaptisé par l’armée américaine pour prendre le nom de "La Fayette" et servir à transporter les troupes en Europe. Doté d’une identité très forte, il portait le nom de la province qui a  Le Havre pour capitale, le Ier port français pour les lignes avec la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. Représentant la France sur l’Atlantique, il faisait la compétition à jeu égal avec son concurrent britannique le « Queen Mary ». 

 

Le challenge

La Compagnie Générale Tansatlantique, propriétaire, voulait faire du Normandie le fer de lance et le porte-drapeau de l’entreprise. Elle voulait aussi le faire savoir à sa cible, l’élite anglo-saxonne et européenne. Pour cela, elle recourut  à l’affiche et demanda à Cassandre de lui proposer plusieurs versions. La plus connue est celle que l’on voit de profil. L’autre, vue de face, est quasiment inquiétante. Certains les interprètent  comme une figuration de la puissance française face au réarmement allemand. 

  Navire-Normandie, Affiche Cassandre

Les affiches de Cassandre

Le succès   fut immédiat tant pour le paquebot que pour l’affichiste. Les créations de ce dernier continuent à attirer les collectionneurs. Quant au navire, sa durée de vie fit inversement proportionnelle à sa renommée et la longévité étonnante de celle-ci : 7 ans d’un côté et déjà 66 ans de l’autre pour l’affiche vue de côté. Celle que l’on voit de face est beaucoup plus rare. On la voit très rarement en vente.

 

Les suiveurs

Ces affiches sont étonnantes de force. Elles ont bouleversées notre regard. Pour comparer, regardez une photo du bateau d’un côté et l’affiche de l’autre. Mais il est une autre influence sur les artistes, photographes cette fois-ci qui travaillent actuellement pour des visuels publicitaires. Ils vont s’inspirer des œuvres des affichistes de cette grande époque d’avant-guerre pour faire s’exprimer avec des visuels-photos ces mêmes sentiments de  fierté, de puissance et de confiance.

  Navire, Pub IPO, 2008

Le bateau en cale sèche d’IPO du groupe CIC

On le voit de face. L’objectif est placé en dessous  du bas du navire qui est en cours de finition. Avec son gros nez rouge entouré de blanc, ses yeux noirs, sa casquette à rayures de marin, on dirait un monstre sorti des profondeurs. Il est étonnant de puissance et est franchement inquiétant. On se sent littéralement écrasé par cette photo choisie sur le fonds Getty Images par l’agence CJalinks qui a conçu la plaquette.  C’est une publicité de mai 2008 pour IPO du Groupe CIC,  fonds propres  à capital humain.  

      

L’immeuble haussmannien de la Banque Transatlantique du Groupe CIC

Cette fois-ci, CIC a demandé à Australe, son agence de communication, d’aller plus loin dans le visuel. C’est une photo du siège lui-même qui a servi de navire. Il a suffi de déformer légèrement l’image pour en faire la proue du navire. Il y a même une cheminée rouge. C’est un très beau travail. La banque transatlantique porte bien son nom. Elle inspire une confiance à la hauteur de sa puissance. Le visuel justifie  sa fierté, avec la classe, la symétrie et la finesse de la grande architecture prestigieuse du Baron Haussmann.

  Navire, Pub Groupe transtlantique, le Figaro 2010

C’est certainement un des meilleurs visuels que j’ai vu depuis longtemps. Un des seuls aussi capables de rivaliser avec les créations d’Adolphe Jean-Marie Mouton, né à Khartow en Ukraine en 1901 et décédé à Paris en 1968. Cassandre de son nom d’artiste, qui avait poussé le raffinement jusqu'à placer des gratte-ciels new-yorkais en guise de vagues, avec une Statue de la Liberté à gauche.

 

Pour suivre le chemin

. Retrouver toute l’histoire du navire sur http://www.frenchlines.com/ship_fr_355.php

. Voir l’interprétation d’enseignants de l’académie de Tours sur

http://lettres.ac-orleans-tours.fr/php5/textimage/decode/pedag3.htm

 

. Des informations sur Cassandre,à voir sur http://brainzailes.fr/?p=951

. Et bien sûr le site officiel http://www.cassandre.fr/cassandre-note-biographique.html

 

. IPO, 32 avenue Camus, 444004 Nates cedex 1, 02 40 35 27 37, www.ipo.fr

. Banque Transatlantique, www.banquetransatlantique.com dans, Le Figaro 29.05.2010

 

. Photos Elisabeth Poulain

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Démocratie concertative > Conseil de Développement > Place du Citoyen

7 Juillet 2011, 17:11pm

Publié par Elisabeth Poulain

Il s’agit dans ce second billet consacré à la démocratie concertative de mettre en lumière la légitimité de la présence du citoyen au sein d’un Conseil de Développement. Cette personne physique  est aussi acheteur-consommateur et acteur européen.  

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Un rappel des fondamentaux

La démocratie ne saurait se découper, ni se diluer par des effets de mode dans le grand gloubi-boulga sémantique du « Vivre ensemble ». Pour ça, on n’a pas trouvé mieux que la démocratie qui sait pourtant s’adapter. La multitude des adjectifs qui s’y associent en témoigne. La démocratie de proximité est un bon exemple de cette vitalité qui montre que la démocratie est toujours à atteindre. La diversité des formes choisies par les différents territoires montre aussi que rien n’est figé en la matière, en particulier dans la façon dont sont organisés la vie des quartiers et le développement de l’ensemble. Le système est vivant et comme tel a toujours besoin d’être amélioré, perfectionné, enrichi… 

La légitimité du citoyen au sein du Conseil de Développement

Certaines collectivités font nettement la distinction entre d’une part le conseil de quartier qui accueille les habitants ainsi que les représentants des associations et d’autre part le conseil de développement qui accueille les entreprises, les institutions, les associations et des personnalités qualifiées, sans rattachement au quartier.  D’autres collectivités par contre inscrivent directement le conseil de développement dans le cadre de la citoyenneté pour bien mettre en lumière son rattachement à la démocratie. Dans celles qui recherchent le plus d’ouverture à la société civile incluant le citoyen, comme à Nantes, une cinquième catégorie de membres de droit existe, ce sont les citoyens volontaires.  

 

En effet ne pas admettre cette dernière catégorie reviendrait à opposer au sein du conseil de développement la non-représentativité d’un citoyen par rapport à la représentativité, acceptée celle-là, des représentants d’une association regroupant quelques personnes. Il y a là un double chaînon manquant, celui du citoyen sans lequel il n’y a pas de démocratie  et celui de l’acteur économique d’une collectivité qu’est le citoyen qui ne pourrait pas s’exprimer individuellement dans les domaines de compétence du conseil de développement et qui ne peut pas le faire non plus en tant qu’acteur du développement au sein de son conseil de quartier.  

Anne Marie Donnaint Bonnave, Bol

La légitimité de l’acteur économique qu’est l’acheteur-consommateur

Au sein d’une filière quelque qu’elle soit, l’acheteur final, qui est souvent le consommateur du produit ou qui achète pour le compte de ceux qui vont consommer le produit, constitue le dernier maillon de la filière, celui dont l’action impacte tout ce qui se passe en amont. Or cet acteur fondamental n’a pas sa place, en tant que personne physique, au sein de certains conseils de développement. Des associations de consommateurs sont bien présentes au sein d’un conseil de développement en raison de leur forme juridique. Des groupements de fait également. La vocation d’expression d’une association prise au sens large n’est pas comparable à la parole d’une personne qui, en tant que telle, peut ressentir le besoin de s’impliquer en tant qu’acheteur-consommateur très en amont de son achat et/ou de sa consommation et en dehors de tout litige. Il s’agit de deux sphères différentes dont l’une ne chasse pas l’autre. 

 

Ne pas clairement intégrer, en tant qu’acteur économique, l’acheteur-consommateur individuel dans la chaîne de la création et du développement de la valeur, comme il l’est au sein d’une filière, alors que tous les autres maillons sont représentés au sein d’un conseil de développement, pourrait paraître surprenant. 

La légitimité du citoyen européen, en tant acteur de la gouvernance européenne

Il est une troisième facette à voir, concernant ce citoyen, acheteur-consommateur, qui est aussi un acteur européen de premier plan. Le citoyen européen prend en effet part aux décisions de l’Union dans le cadre d’une gouvernance élargie à un territoire qui représente une grande partie de l’Europe. Sans lui, le développement durable n’a littéralement plus de sens. 

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La légitimité de l’acteur du changement

Un des points communs de ce trio d’acteurs, qui peuvent n’en faire qu’un, est qu’il est aussi à la source du changement parfois rapide qui est la marque de nos sociétés placées sous le sceau de l’Internet. Il crée et vit au quotidien le changement. Le marché a toujours été en avance sur les institutions et les représentations. Désormais avec Internet, chaque personne peut franchir la frontière entre ceux qui sont dedans (les représentants, les professionnels…) par rapport à ceux qui sont dehors (les citoyens, les habitants, les usagers…). Chacun est en même temps professionnel, représentant, personne privée… dans le même lieu apparent et en d’autres lieux. Il ne peut plus être caractérisé par une seule de ses facettes.

 

Quelques exemples parmi d’autres :

. ces entrepreneurs, ces artistes, ces formateurs qui utilisent les blogs, les sites et les réseaux pour toucher les membres de la blogosphère,

. ces politiques qui font de même pour avoir des liens autres avec ceux qui les lisent,

. ces journalistes qui ont une signature dans un journal et un blog en parallèle en dehors…

A l’autre bout du lien ou en cours de connexion, d’autres blogueurs et/ou les mêmes sont en recherche d’information pour leur vie d’acteur économique, politique, associatif ou de changement…L’Internet n’a pas seulement des effets sur le temps et sur l’espace ; il en a aussi sur nos représentations et nos façons de réfléchir ensemble au développement des territoires dans le changement. Les frontières se déplacent et créent de nouvelles zones de mixité, d'une autre zone de mixité, qui n'a pas encore de nom.

Résumé

La démocratie se vit aussi au quotidien. Elle ne saurait échapper à ceux et celles qui en sont les premiers acteurs. Ce sont eux qui fondent la démocratie dans son exercice et dans son développement. Ce sont eux aussi qui par leurs réflexions et actions quotidiennes sont à la source du changement qui accélère les mutations de la société, d’une société plus ouverte en particulier à la connexion et au changement. Leur absence dans un conseil de développement ne saurait être ni logique ni défendable. 

Pour suivre le chemin

. Voir le Ier billet sur la démocratie concertative sur ce blog: Démocratie concertative > Mots du millefeuille territorial urbain

. Photos EP, Collection Nestlé, Bol Donnaint-Bonave, Bois Nord Anjou   

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Démocratie concertative > Mots du millefeuille territorial urbain

30 Juin 2011, 08:29am

Publié par Elisabeth Poulain

Ce billet a plusieurs objectifs :

. clarifier les mots qui désignent l’implication des citoyens dans les affaires de la cité,

. aborder la très difficile question du millefeuille urbain vu dans sa dimension territoriale

. en dégager quelques conséquences pour le démocrate-citoyen, qui n’est jamais de base ou lambda.

2008-10-Photos-blog-011.jpg

 

1. Un grand flou sémantique

La démocratie fait partie de ces mots qui sont très utilisés. Chacun sait ce qu’il en est : la démocratie est le gouvernement du peuple. Quant à savoir comment, c’est l’objet de ce billet que d’en esquisser quelques contours. 

 

Au début, la démocratie représentative

Un autre terme apparaît alors, c’est celui de la qualification de cette démocratie. Elle est  représentative en France car les citoyens élisent leurs représentants, les élus. L’élection est une obligation citoyenne, même si voter n’est obligatoire, comme ce l’est en Belgique par exemple. Le sens de cette représentation ne doit pas être pris dans le sens où l’Assemblée nationale a une composition d’élus basée sur représentation réelle du pays.  Ce n’est pas encore le cas. Citons en exemples de sous-représentations notoires, les femmes, les jeunes, les personnes issues de l’immigration, de ceux qui exercent des métiers à profil d’employés ou d’ouvriers, ou en sens contraire des élus de père en fils ou en fille... Notons quand même que la prise de conscience de cet état de choses, associée aux efforts d’ouverture, favorise une meilleure représentation des forces vives.

 

Une démocratie participative, consultative, concertative ?

Le point commun des ces adjectifs est qu’ils s’ancrent dans la démocratie que la loi de 2002 qualifie « de proximité », un mot peu utilisé par les collectivités tout comme celui d’ailleurs de démocratie locale, vraisemblablement parce que le local pourrait être perçu comme moins important ou valorisant que le national.

 

L’adjectif de participative accollé à la démocratie s’entend comme la participation aux affaires de la cité. Un conseil de quartier en ce sens participe aux affaires de la cité.   La loi ne précise pas volontairement les modalités d’application pour préserver une réelle souplesse au dispositif.

 

Les dispositions légales ne tranchent pas en particulier sur le point de savoir si un conseil de quartier par exemple peut travailler sur saisine de la seule collectivité  seule ou également  sur auto-saisine.  La différence est d’importance car l’auto-saisine prouve une plus grande capacité d’initiative laissée aux membres d’un conseil de quartier.  Ce pouvoir supplémentaire augure plus du caractère de concertation, même s’il demeure des différences de sens : l’auto-saisine confère au quartier un droit d’initiative dans la mesure où la proposition est adoptée par le bureau et la concertation peut se définir comme le fait d’agir ensemble. Les deux concepts s’inscrivent dans la même sensibilité de plus d’implication du citoyen dans les affaires de la cité. 

 

Pour savoir ce qu’il en est du caractère concertatif, il faut se référer à la loi du 27 février 2002 qui prévoit des conseils de quartier dans le cadre de la démocratie de proximité. La loi précise que ces conseils « doivent jouer un rôle consultatif auprès du maire, principalement dans le domaine de la politique de la ville. La formule retenue confère aux conseils un rôle de proposition et les associe aux décisions dans un esprit de concertation. ». Même s’il a fallu trois lignes au législateur pour le dire, le mot est bien prononcé. Il s’agit bien de concertation dans le cadre de cette démocratie de proximité, qui est donc à la fois participative, consultative, concertative, avec capacité de propositions toujours et d’auto-saisine si la collectivité décide d’aller plus loin que le minimum légal.

 

Pour autant le terme de démocratie consultative ouconcertative n’est pas directement employé. Un « conseil consultatif de quartier » peut être en fait comme en droit tout à fait concertatif, comme c’est le cas dans plusieurs villes.  Retenons que nous sommes bien en système démocratique fondé sur le rôle éminent et non substituable du citoyen. Voyons maintenant ce qu’il en est de la dénomination des membres des conseils de quartier. 

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La composition des conseils de quartier

Ils réunissent des élus municipaux, des personnalités représentatives et des associations d’habitants. Le terme de citoyen n’est pas utilisé au contraire de celui d’habitant, un terme qui interpelle, tant l’usage qui en est fait en terme référence démocratique est flou. Le lien entre les deux découle de l’obligation légale de constituer un conseil dés lors que la ville dépasse les 80 000 habitants. La tentation est alors forte pour les collectivités de parler des habitants pour désigner les membres du conseil. Ce terme d’habitant est aussi celui qui a été adopté par la loi du 6 février 1998 qui fixe les règles de l’Administration du territoire de la République (loi ATR).es aes locales, Cette idée de participation des citoyens à la  des r locales, trement s locaux, a été proclamée

Mais qu’est-ce donc qu’un habitant en démocratie ?  Au sens premier du terme, l’habitant est une personne qui habite à une certaine adresse. Des habitants peuvent ne pas être électeurs, soit parce qu’ils sont étrangers, soit parce qu’ils votent déjà autre part, soit parce que ce sont des enfants par exemple. Ce critère d’âge est délicat à utiliser quand il s’agit de définir ce qu’est un jeune. On peut dans certaines collectivités être trop ‘jeune’ pour intégrer le conseil de quartier alors qu’on est déjà électeur. A Angers par exemple, des conseils particuliers ont été crées pour ces deux catégories: le conseil des jeunes Angevins (16-30 ans) et le conseil pour la citoyenneté des étrangers angevins. Rien qu’à l’énoncé de ces quelques définitions, on comprend la difficulté sémantique à trouver les bons termes. Celui d’habitant présente l’intérêt de mettre l’accent sur l’individu, personne physique, qui caractérise une ville. Mais il n’y a pas que les habitants pour composer les conseils de quartier.

La délicate question de la représentativité

Les représentants d’association complètent le collège des habitants. La loi de 2002 vise les associations d’habitants alors que de nombreuses villes ont élargi le critère et citent les associations sans précision. Des questions se posent alors comme celle-ci : une association de commerçants relève-t-elle des habitants au titre de l’association ou du secteur économique, alors que les entreprises en tant que tels ne sont pas membres du conseil de quartier dans certaines villes? 

 

C’est pour éviter ce type de difficultés à tracer des frontières entre la qualité des uns et des autres, que des villes, comme Lyon, qui est un modèle du genre, cherchent une représentativité plus forte. Dans cette ville par exemple, il y a quatre collèges dans le conseil de quartier : les habitants, les acteurs du secteur économique, les institutions locales et les associations.  D’autres ne prévoient pas la présence en tant que telles d’entreprises dans le conseil de quartier mais acceptent la même activité dans le cadre de l’action sociale ou dans celui d’une association de commerçants.

Quelques questions

On peut se poser la question de savoir si la parole et la prise de parole des habitants sont comparables à celles des autres personnes présentes en réunion. En d’autres termes un habitant s’exprime-t-il comme le représentant d’une association? En second lieu, le choix du terme d’habitant peut-il être neutre, quand on le prend dans le sens de la consultation des habitants, attachés d’une façon à une autre à leur habitation ? Une des conséquences très réelle de ce lien privilégié à l’habitation ne serait-elle pas la mise en avant de la notion d’expertise d’usage qui complète le savoir global, plus technique  des administrateurs aux commandes de la cité ? En terme juridique, quel est donc le sens de l'usage de l'usager?   

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2. Le millefeuille territorial

La compréhension globale se complique du fait du découpage territorial existant dans une ville, à commencer par le concept de quartier, le maître mot en matière de segmentation territoriale.  

 

La notion de quartier

Quelles que soient les caractéristiques d’un quartier, la question de savoir ce  qu’est un quartier se pose. La réalité de son caractère composite concorde avec le découpage en IRIS (Ilot Regroupé pour l’Information Statistiques), un outil utile pour identifier dans chaque îlot des sous-segments présentant plus de liens homogènes entre eux.   A l’intérieur d’un même Iris, l’hétérogénéité est la règle surtout dans les parties de la ville entre deux composantes à forte identité historique comme le centre historique, des faubourgs ou des ensembles urbains créés à une même date. Le phénomène de lotissement à configuration d’escargot en est un bon exemple, avec ses dessertes limitées à la circulation intra-lotissement, comme cela a été la vogue à une certaine date. 

 

Quand on affine l’analyse au sein même d’un des sous-îlots d’Iris, dans une même rue, on distingue des sous-ensembles distincts du reste de la rue et vécus comme tels par leurs habitants. Les agences immobilières ont une connaissance fine des différences de valeur d’un bien immobilier selon l’endroit où il est situé. L’existence des commerces, grands, petits et ambulatoires comme les marchés change aussi la donne des quartiers ou partie de quartier. Pourtant ces différenciations sont insuffisantes pour comprendre une situation globale.  

 

D’autres critères sont à prendre en compte comme

. l’âge ancien d’un quartier en lien avec son patrimoine culturel souvent,

. l’âge des habitants en lien avec le vieillissement du quartier,

. le niveau de revenu, plus haut ou plus bas que le revenu médian, en lien avec le niveau d’exigence et la tranquillité sociale,

. le niveau culturel en lien avec la proximité avec le centre-centre, celui qui est doté de tous les services et facilités de vie et qui est la vitrine de la ville,

. les fonctionnalités d’un quartier exprimées en terme de circulation et de mobilité utiles  pour accéder aux autres quartiers,

. la présence, le renforcement, l’affaiblissement ou l’absence de centralité réelle d’un quartier même dans sa partie centrale,

. l’existence de financements européens  dans des zones géographiques à vocation sociale forte…

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3. Les conséquences sur le « Vivre ensemble »

Ce morcellement territorial, conçu pour faciliter la gestion de la ville par l’équipe municipale, n’est pas neutre par rapport aux liens existant ou non entre les gens eux-même, d’autant plus rappelons-le qu’il s’y ajoute en synergie le flou sémantique et les autres segmentations comme:     

. une segmentation individuelle basée sur certains critères (âge, acquisition de la citoyenneté…)  pour les jeunes, des étrangers en attente de naturalisation, les seniors sous la dénomination de « sages »,

. une segmentation subtile entre les ‘anciens’ habitants et les ‘nouveaux arrivants’,

. une segmentation entre les deux catégories habilitées à faire partie des conseils de quartier, les habitants et les associations d’habitants, qui n’ont ni la même approche, ni la même liberté de parole en réunion,

. une segmentation fonctionnelle comme l’action sociale, le développement durable ou la dimension économique d’un Conseil de Développement…

 

Il en résulte une impression de morcellement qui rend difficile la vision globale d’une ville et l’établissement de liens entre les acteurs du territoire, quels que soient leur statut, leur âge ou leurs fonctions… L’appel très fréquent  au « vivre ensemble » est peut-être une façon de réagir contre cette sur-segmentation en décalage. Le processus de segmentation n’est en effet pas neutre en terme d’effets : à chaque fois qu’une segmentation est faite, on renforce l’homogénéité de l’intérieur du segment d’une part et on exclut d’autre part ce qui n’appartient pas au segment, sachant qu'en un un même point, il y a un emplilement de plusieurs segments qui ont leur propres frontières. 

 

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Pour suivre le chemin

. Quelques sites de référence

 http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/citoyen/citoyennete/definition/devoirs-definition/quels-sont-devoirs-citoyen-envers-autres.html

. http://www.credoc.fr/pdf/Rech/C156.pdf

. Voir le système mis en place à Lille, où on parle ni d’habitants, ni d’associations mais de conseillers de quartier de trois catégories (collège politique, collège des forces vives et collège des habitants tirés au sort). Le conseil de quartier rend son avis sur demande de la municipalité tandis que la concertation est laissée à un seul conseil de concertation qui a une représentativité plus large. 

http://www.mairie-lille.fr/fr/Citoyennete_-_Concertation/Conseils_de_quartier_-_Quartiers

. Voir en comparaison la composition des conseils de quartiers à Lyon où les collèges sont au nombre de quatre : habitants, secteur économique, institutions locales et associations sur  

http://www.lyon.fr/vdl/sections/fr/arrondissements/1arrdt/vie_democratique1733/conseil_de_quartier/?aIndex=2

. Pour Angers, un récapitulatif sur

http://www.angers.fr/fileadmin/plugin/tx_dcddownloads/Mini_dico.pdf

 

. Découvrir un dictionnaire qui donne le sens essentiel      http://www.toupie.org/Dictionnaire/Democratie_representative.htm

. Pour une étude fine, voir un blog d’un spécialiste du droit public

http://maublanc.over-blog.com/pages/DECENTRALISATION_ET_DEMOCRATIE-1481636.html

. Photos EP

 

 

 

 

 

 

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Les petites maisons > La vogue des "Empilables"

13 Juin 2011, 10:08am

Publié par Elisabeth Poulain

La petite maison empilable sur une autre

 

Ne cherchez pas dans votre dictionnaire. Il ne connaît pas ce terme de maisons empilables les unes sur les autres ou juste à côté. C’est pourtant l’adjectif qui convient le mieux. LIxelles-Bruxelles, Arrière de façade, Ajoûtsa problématique est la suivante : en cette période, la notre, où le concept de densification de la ville commence réellement à percer, comment les architectes arrivent-ils à traduire cette nécessité sur le terrain, sachant que les gens adorent la maison individuelle autant que les tours les effraient ? Une des réponses est l’empilable, qui se traduit concrètement par des maisons plus ou moins petites imbriquées les unes dans et sur les autres jusqu’à constituer un ensemble.  

       

Une tendance spontanée     
En fait, cela a toujours existé d’abord à l’horizontal quand on peut. A la campagne par exemple, quand on a besoin de place, on monte un appentis qui s’adosse sur un autre qui lui-même prend appui sur un autre. J’ai trouvé des séries de 5, comme sur cette photo prise à Ixelles-Bruxelles avec la maison rose. Ce sera le thème d’un autre billet.

 

A la verticale en ville, ça existe aussi. Regardez les toits quand c’est possible et vous découvrirez comme à Bordeaux, sur les quais de la Garonne, que les propriétaires ont ajouté des sortes de gloriette pour voir le fleuve d’en haut et avoir une vue panoramique de la ville.

   

Entre les deux, il y a aussi l’utilisation intelligente Bordeaux-Petites maisons sur les toitsde la pente qui fait du toit de chaque maison la terrasse, un espace ouvert précieux aux fonctions multiples, sans laquelle  la maison du dessus ne pourrait avoir de vue. C’est ce que montre une série de photos prises en Syrie à 40km au nord-ouest de Damas par M. Ali Abarra  à Maaloua.

   
Les variations de la maison empilable

 Elles sont nombreuses. Sans aller chercher loin, citons:

. les visions si prémonitoires de la ville de grands concepteurs comme         Hundertwasser,

. l’influence du jeu Lego qui permet d’accrocher une petite maison de briques à d’autres grâce à quelques briques qui font lien,

. les plates-formes pétrolières off-shore où l’espace est si précieux qu’il faut poser des cellules de vie sur des espaces techniques d‘extraction du pétrole qui eux-même reposent sur d’autres étages qui undertwasser, Maisonreposent sur des pylônes enfoncés profondément dans le sol marin,    

. les nombreux travaux d’architectes-urbanistes dans le monde qui voient la ville de demain dans une tour ou une fusée spatiale intégrant toutes les fonctionnalités urbaines, les arbres et jardins y compris qui cherchent la lumière en façade

. et les expériences actuelles pour tenir compte de l'hypermobilité  et de la déstructurations des temps et des espaces…   

   

L’exemple de l’Hôtel Inntel de Zaandam

Un hôtel vient de s’ouvrir à Zaandam aux Pays-Bas. C’est une création de Wam Architecten.  Ses quatre façades sont constituées d’avancées de maisons traditionnelles de 1 à 2 étages. Il est dit que ce sont de vraies maisons. Je crois plus à l’idée qu’à la réalité. Je vois mal des morceaux de maisons anciennes tenir sur 12 étages. L’intéressant est la réaction de la presse qui a été enthousiaste. Le rêve de la petite maison individuelle revitalise l’intérêt pour des immeubles-tours. Mais il y a plus intéressant me semble-t-il, c’est la confusion de catégories entre les deux et la confusion de la hiérarchie des espaces entre le bas et le haut.  

  WAM-Architecten, Inntel 4-overzicht-zuid-west

 

A Zaandam, vous avez tous les cas de figures. Vous pouvez louer une chambre qui est en rez-de-chaussée d’une maison située entre le 5è et le 7è ou 8è étage. Vous vous trouvez au-dessus du toit d’une autre, en retrait ou en avancée par rapport à la façade la plus en retrait. Le concept fait tout bouger et intègre beaucoup de différences dans les couleurs, les formes de fenêtre, les pignons des maisons.  Seuls quelques éléments manquent, tels que des balcons ou des portes d’entrée qui s’ouvriraient sur le vide. Par contre quelques fausses portes-fenêtres sont présentes pour renforcer l’idée de l’empilage.  On voit même quelques avancées de toitures de briques rouges. 

   

Aquapolis, un photo-montageBlog 2011.06.132 002

Dans ce travail d’étudiant, on retrouve un certain nombre d’éléments déjà cités comme le recours à ces façades flamandes à pignons, les cubes chères à Hundertwasser,  les décrochages de masses cubiques en avancées, les arbres sur le toit et surtout la plate-forme pétrolière offshore... L’intéressant ici que le tout est accroché en une masse compacte entre ciel et métal sur une immensité d’eau. Les énergies douces sont bien présentes. Aquapolis produit son énergie éolienne, de la chaleur avec ses capteurs et capte les ondes avec ses amplificateurs. En fait ce projet s’est directement inspiré de ce qui se fait déjà dans le monde.

   
 Les îlots autonomes de vie sur plate-forme marine

De plus en plus d’architectes particulièrement en Asie travaillent sur le concept d’îlot de vie qui rassemble toutes ou presque des fonctions de la ville. Un magazine américain eVolo a ainsi permis à deux architectes malais, Hu Yee-Kee et Hur Sue-Werm, de remporter le Ier prix de la transformation en logement d’une ancienne plate-forme pétrolière off-shore dans le Golfe du Mexique. Les cellules de vie sont bien repérables empilées les unes comme les autres sur le côté droit. Ce sont plusieurs milliers de plate-forme en fin de vie en matière d’exploitation de gisements  pétroliers en mer qui sont visées surtout dans ce golfe. 

   
Les cabines empilables  comme un navire-ville

Citons aCapsule-Hotel-Wikipediaussi ces  hôtels de Tokyo, Kyoto, Osaka... où il est possible de retrouver les principales fonctionnalités de la vie sur terre, dormir, se laver, travailler, s’informer, se restaurer auprès d’automates dans des espaces de 2m de long x 1m de hauteur x 1,25m de largeur... Ces lits-cabines, posés les uns au-dessus des autres, reproduisent en perpendiculaire ce qui a toujours existé dans la marine, avec des couchettes non fermées parallèles au couloir.  Une des  différences est que ce navire-hôtel ne bouge pas ; c’est le marin qui vient s’y reposer le temps de repartir au travail le lendemain. 

   
La ville conçue comme une fusée en forme d’étoile

Mobile China Town, Ma Yansong/MAD, plaquette Europalia ChinaCette étoile astrale constitue le comble de l’empilable-mobile puisqu’il n’y a plus à proprement parler de sol sur lequel ériger les maisons les unes sur les autres. Toutes les fonctions, devenues mobiles ainsi que leurs usagers, sont intégrées les unes sur les autres. Ce projet chinois se nomme « Superstar : A mobile Chinatown ». C’est une création de Ma Yansong/MA. 

   
Pour suivre le chemin

. Découvrir les petites maisons de Maaloula (Syrie) avec des très belles photos de l’auteur, M. Ali-Abarra,  sur son site http://www.aly-abbara.com/voyages_personnels/syrie/Syrie_4/Maaloula/pages/Maaloula_habitations_04.html

. Pour Zaandam, voir   http://projets-architecte-urbanisme.fr/hotel-insolite-pays-bas-architecture-amsterdam/

. Feuilleter Vivre à Angers de mai 2009 pour trouver en page 26 le projet de l’étudiant aux Beaux-Arts d’Angers  http://www.angers.fr/uploads/media/VAA333_N150.pdf

. Voir un projet malais sur http://blog.ducotedechezvous.com/tag/plateforme-petroliere/

. Les capsules ou cabines hôtels avec un exemple à Osaka sur http://en.wikipedia.org/wiki/Capsule_hotel

. La ville mobile chinoise de Ma Yansong, à voir sur la plaquette d’Europalia China 15.10.2009 21.02.2010, « Heart-Made, The cutting-edge of chinese contemporary architecture »

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