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Le Blog d'Elisabeth Poulain

societe

Gladys de Mesnil sous Vienne, une femme énergique et joyeuse

13 Juillet 2014, 08:50am

Publié par Elisabeth Poulain

Gladys est son prénom, un prénom d’origine celte portée par des femmes à la forte personnalité. Certains sites disent même qu’elles sont des « chefs ». « Notre » Gladys, celle de Mesnil-sous-Vienne, récuserait à coup sûr ce terme qui lui semblerait inapproprié. Ce qu’elle aime par contre, c’est d’être celle de sa propre vie, en compagnie des autres, sans distinction et avec beaucoup de joie naturelle.    

Mesnil-sous-Vienne dans le Vexin normand (Eure). C’ est le nom de son village, celui d’où est originaire sa famille et où elle est revenue vivre, une fois sa retraite venue. Cette petite commune lui parle au cœur, elle y est chez elle. Elle a certainement été parmi les premières personnes à voir la petite affichette collée sur la porte de l’église annonçant une grande après-midi de gros nettoyage de l’église, avec l’aide des volontaires bienvenus. Elle en particulier.

Mesnil sous Vienne 250, Arrivée à l'église

L’église de Mesnil-sous-Vienne. D’époque romane, elle est idéalement située au bas de la colline boisée qui caractérise le paysage de cette vallée classée où serpente le ruisseau de la Lévrière. Vue d’en bas, elle est placée au fond du cimetière à gauche, en de ça de la position dominante de la mairie, une grande et belle demeure du XIXe. A droite de l’église et de la mairie se trouve  le manoir du Domaine de la Muette, avec son pigeonnier, ses anciennes écuries et ses dépendances.

L’appel aux bonnes volontés pour l’atelier du 17 juillet 2014 pour nettoyer l’église de l’intérieur et à l’extérieur. Il a été lancé sur place par Anne Belhoste-Dugas, membre du Conseil municipal et architecte. Le projet de nettoyage et en particulier du piochage pour enlever les joints au ciment s’est déroulé dans le cadre des Ateliers du Patrimoine de l’Eure dirigés chaque mois par France Poulain, ABF* de l’Eure. Ces ateliers ont pour objet de fédérer les bonnes volontés et diffuser les bonnes pratiques de protection et de valorisation du patrimoine du département. *(Architecte des bâtiments de France)

Mesnil sous Vienne 296, Eglise, Gladys au travail

Gladys est arrivée à l’heure dite  avec tout ce qu’il faut pour nettoyer. Son grand sac contenant des gants, des masques, des outils tels que grattoir, pelle à poussière,  balai…de l’eau pour se rafraîchir. Sans attendre, elle s’est attaquée à un des coins  les plus humides et les plus sombres près du bénitier. Elle a travaillé sans relâche et de façon vraiment efficace, sans papoter et sans chercher à la faire. Elle était là « pour travailler avec les autres » et c’est donc ce qu’elle a fait, en s’intégrant avec une grande facilité dans le mouvement.

Il y avait ceux qui nettoyaient la pierre au sol, ceux qui curaient les joints des pierres des murs quand ils étaient en ciment,  ceux qui enlevaient  préalablement le vieux bois pourri qui maintenait l’humidité des murs, ceux qui balayaient, ceux qui mettaient en tas et ceux qui portaient les  gravats dehors… Dehors, il y avait aussi du monde d’âge et de formation très variés à  nettoyer les joints, à brosser pour enlever les mousses, à rassembler les débris en tas…. Avec un écart d’âge plus grand que le fameux  7 à 77 ans des lecteurs de Tintin. Le plus jeune avait certainement moins de 7 ans et la plus âgée plus de 77 ans. 

P1310393    

Une fois, le gros du travail fini, tous se sont retrouvés à l’extérieur, Gladys aussi, pour boire un jus d’orange ou un verre d’eau… manger un petit gâteau,  pour se féliciter du travail accompli, sans forcer, naturellement  et pourtant avec efficacité.  Gladys aussi. Et puis elle a rejoint sa petite voiture rouge, la couleur de l’énergie. Elle rentrait chez elle. Et c’est là, en dehors de l’église et du cimetière que nous avons pu échanger quelques mots sur elle, son énergie, son plaisir d’être avec les autres  après avoir passé 33 ans d’une vie tonique dans le commerce. On voit qu’elle a l’habitude de voir du monde.  C'est là aussi où elle m’a confié son besoin de continuer à être active, proche des gens et avec ses chats, deux catégories  qu’elle aime tout autant. 

Il y a ses chats, les 3 qui lui sont restés maintenant, après avoir géré une véritable colonie de 36 félins, pour laquelle elle dépensait une bonne partie de sa retraite. Comme elle me le dit : « heureusement que je me suis adressée à une association qui m’a beaucoup aidé à réguler les naissances, en douceur, sans violence. Au départ, j’avais trois chats, maintenant j’ai à nouveau trois chats et c’est très bien comme ça. »  Elle allait les rejoindre, sachant qu’elle continue à être guide l’été dans un musée, celui de la poupée ancienne au Château proche de Fleury la Forêt…A 79 ans, qui dit mieux ?      

 Pour suivre le chemin

. Voir le précédent article  http://www.elisabethpoulain.com/article-l-eglise-de-mesnil-sous-vienne-l-atelier-du-patrimoine-de-l-eure-124056283.html 

. Gladys, un prénom à retrouver sur  http://www.journaldesfemmes.com/prenoms/prenom/4104/gladys/

. Sur le village et son église, voir plus   http://mesnilsousvienne.fr/index.php/actualites/2-bulletin-municipal-2 . Vous y retrouverez les coordonnées du musée de la poupée du Château de Fleury la Forêt dans la rubrique « Aux alentours » de Mesnil sous Vienne.

Mesnil sous Vienne 325, Eglise vue du bas

. Sur « Maisons paysannes », co-coorganisateur de l’Atelier,   http://haute-normandie.maisons-paysannes.org/dpt/eure/prochains-stages-et-activites/  Anne Belhoste, architecte au Mesnil-sous-Vuenne, en est la présidente pour l’Eure.

. Sur "les Ateliers du patrimoine de l’Eure" qui se tiennent une fois par mois sous l’égide de France Poulain, ABF de l’Eure et Chef du Service territorial et du patrimoine de L’Eure, voir http://www.eure.gouv.fr/Services-de-l-Etat/Culture/Le-Service-Territorial-de-l-Architecture-et-du-Patrimoine-de-l-Eure-des-Batiments-de-France/Les-Ateliers-du-patrimoine-de-l-Eure

. Vous documenter également grâce aux "Essentiels, Le Dire de l’Architecte des Bâtiments de France, Connaissance, Conseils et Information", sur  http://www.eure.gouv.fr/Services-de-l-Etat/Culture/Le-Service-Territorial-de-l-Architecture-et-du-Patrimoine-de-l-Eure-des-Batiments-de-France

. Photos Elisabeth Poulain, à retrouver dans l'album "Eure-Patrimoine3." 

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Le chien > Jeux de rôles & positionnement > L'Illustration 1910.07.16

4 Juillet 2014, 15:38pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le titre à préciser. Grâce à ce seul numéro de l’Illustration d’il y a 104 ans, il s’agit dans ce billet de vous montrer trois différentes fonctions attribuées et/ou demandées à la gente canine, peu présente d’une façon générale dans les médias ou l’art. C’est un des paradoxes vécus par les (maîtres des) chiens en France: on en parle peu, peu au regard de leur importance dans la vie sociale. On trouve relativement peu de publicité utilisant le chien comme support de communication, peu par rapport à la place qu’il tient dans le monde anglo-saxon ou par rapport au chat par exemple en France beaucoup plus présent aussi en peinture et cela depuis le XIXe siècle.

DSC00741

Le grand évènement de ce samedi 16 juillet 1910 a été la venue à Paris du Roi et de la Reine des Belges. L’Illustration fait référence aussi à la grande semaine de l’aviation de Champagne, aux Jeux du 14 juillet dans les casernements de Chine… « De simples notes d’un touriste en Indo-Chine »  et différentes nouvelles de moindre importance permirent aussi de remplir le journal en cette mi-juillet toute tournée vers les vacances. La double page centrale est par exemple occupée par une photo très grand format de Pierre Boussot qui s’ouvre sur « Jeux d’été dans le midi : une arrivée de taureaux à Beaucaire ». C’était visiblement, du moins cela apparaît comme tel maintenant, le moment de dynamiser ce petit creux estival. Les chiens surent combler ce manque, avec trois articles qui leur sont consacrés, une véritable rareté  dans ce vénérable magazine.

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.1 « Les chiens sanitaires aux manœuvre de santé ». Ce sont eux  qui sont cités en premier, la page 39 leur étant consacrée avec quatre clichés d’excellente qualité. Ces chiens  jouèrent, on l’ignore souvent, un grand rôle quatre ans plus tard dans le grand conflit de 1914-1918. Trois photos sur les quatre qui remplissent bien la page les montrent à l’exercice.  On y voit des chiens dressés pour retrouver en cas de guerre les blessés ou les morts grâce à leur flair. Deux techniques de dressage sont utilisées, la française où le chien n’aboie pas et rapporte le képi et l’allemande où le chien reste auprès du blessé et aboie pour signaler sa localisation.

L’expérience était en cours depuis 1907 en France après observation de la technique allemande. Trois ans après le début de l’expérimentation, les résultats étaient suffisamment probants pour convaincre les officiers français en charge de la décision à prendre de venir assister à une simulation.    

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.2 «  Les chiens de Constantinople condamnés à la relégation par les Jeunes Turcs. ». Cette page 45 est entièrement  dédiée à cette photo incroyable signée « Weinberg », avec en sous-titre quatre  lignes de commentaires pour expliquer ce qu’on a sous les yeux. «  Les chiens légendaires de Constantinople, qui étaient des bêtes peu gênantes et affectueuses, viennent d’être déportés ». Le texte explique que le lieu choisi est une petite île de la Marmara, celle d’Oxias ou Oxia, surveillé par des gardiens qui doivent leur donner si peu d’eau à boire dans des bidons de pétrole qu’il leur faut « les écarter à coup de bâton ». Des amis des chiens viennent le dimanche pour les voir et peut-être leur apporter un peu de nourriture. Le texte ne le dit pas.

Par contre il insiste sur la gentillesse de ces bêtes dénutries, qui ne disposent que « d‘une chétive pitance », « ces pauvres êtres »  assaillis et piquées par des insectes et qui n’ont d’autre solution pour se protéger de la chaleur que de se plonger dans l’eau de la mer. L’auteur du texte termine par ces mots « Et ce doit être pour les malheureux un joli enfer, - quand il n’y a pas de visiteurs !  ». Le pouvoir de cette photo est si impressionnant, qu’on parle encore vraiment encore de cette mesure de relégation pour des chiens qualifiés de gentils que tous connaissaient à Constantinople. J’ai trouvé plusieurs articles parlant de  cette mesure de police encore perçue comme atroce aujourd’hui, alors qu’elle eut lieu  quatre ans avant la Grande  Guerre qui fit des millions de morts et qui frappe les esprits encore aujourd’hui. Une horreur n’efface jamais une autre.   

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3. « Prince, le Loulou de Mme Edmond Rostand ». C’est une histoire étonnante que raconte le journaliste, celle d’un caprice de la femme d’un homme célèbre, qui voulait un chien artiste, sachant sauter dans un cerceau par exemple, comme les chiens de cirque. Elle confia cette mission importante à un savant spécialisé en zoologie qui s’empressa de réunir un comité de scientifiques pour trouver le sujet canin ad hoc. Ce fut un loulou de Poméranie qui fut choisi tant ses qualités, son intelligence et sa sensibilité étaient exceptionnelles. Une mouche en train de voler le réveillait, il sentait le poids d’une aiguille de 0,002 grammes posée sur son flanc quand il dormait et n’aimait pas du tout, mais alors pas du tout la cuisine mal assaisonnée. Il le faisait savoir au cuisinier fautif en boudant!

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Devant tant de qualités présentes, le scientifique M. Hachet-Souplet (son prénom ?)  décida lui-même de dresser le toutou. Loulou est devenu chien sachantréussir un grand nombre de figures imposées, telles que « saut de cerceaux et de barrières, serpentine autour des pieds en marche, marche debout en arrière, valse debout, ascension d’échelles parallèles … valse sur la boule… » J’arrête là tant Prince était un chien exceptionnel, comme son nom en témoignait. Madame fut très contente de ce choix et son petit chien aussi, qui adorait ses caresses. L’étonnant dans cet article est la rigueur de la démarche suivie par MHS pour la sélection et ensuite pour le dressage, le sérieux avec lequel le journaliste raconte l’histoire et, last but not least, l’absence totale d’information concernant l’épouse de M. Edmond Rostand (1 fois dans le titre)  dont le nom n’est cité, ni à fortiori son prénom. Dans le texte, on l’appelle par deux fois Mme Rostand ! Comblons cette désagréable omission, d'autant plus choquante qu'on connaît le nom du chien Gaillac et de la chienne Nelly, les chiens sanitaires n° 2 et 3.

Cette dame s’appelait  Rosemonde Gérard. Son nom était connu pour elle-même et pas seulement parce qu’elle était la femme de …

Mme Edmond Rostand, née Rosemonde Gérard Eugène-Pascau 1

Résumé : en un exemplaire, l’Illustration nous a parlé des chiens secouristes, qui sauvent des blessés et ou signalent les morts, des chiens envoyés en relégation de masse sur un îlot rocheux pour les exterminer par la faim et la maladie et d’un chien d’une si grande proximité avec la personne humaine qu’il était capable de reproduire avec une grande finesse ce qu’on lui avait appris tout en étant extrêmement attaché  à sa maîtresse. Et cela, il y a plus de 100 ans.   

Pour suivre le chemin qui mène aux chiens

. L’Illustration 16 juillet 1910, n° 3516, 68 année, pages  39, 45,46

*On cite toujours cet exemple de l’île d’Oxias ou d’Oxia, sans donner de chiffres. Les 80 000 chiens cités sur le Net  semblent être une estimation de toute la colonie canine d'Istanbul. L’ile de Sivri proche d'Oxia fut également utilisée à l’usage d’un mouroir à ciel ouvert. On estime à 30 000 chiens morts sur cet îlot rocheux, selon Catherine Pinget « Les Chiens d’Istanbul ». L’opération fut stoppée sur cette dernière île du fait de la survenance peu après d’un tremblement de terre, qui fut analysé par la population comme une expression du mécontentement des Dieux face à cette relégation.      

. Les chiens sanitaires, appelés aussi des chiens ambulanciers, à voir sur http://www.lesmuseauxblancs.com/pages/chiens-de-guerre/du-19e-siecle-a-nos-jours/premiere-guerre-mondiale-1914-1918.html

. Pour les chiens de guerre, découvrir « Flambeau », un admirable compagnon des soldats au front, avec des photos étonnantes  sur  http://www.pages14-18.com/B_PAGES_HISTOIRE/chiens_de_guerre/chiens-P3.htm

. Plus d’information sur l’Ile d’Oxia(s) qui a toujours eu une fonction d’isolement dans des monastères par exemple, pour la relégation de  prisonniers et pour les x milliers de chiens  relégués  sur l’île pour y mourir, sans témoins, hors les promeneurs qui venaient les voir le dimanche ou ce photographe de l’Illustration. Sur  http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rebyz_1146-9447_1924_num_23_136_4477 dans l’extrait concernant « Les Iles des Princes. ».

. Découvrir Rosemonde Gérard, poétesse, descendante d’une grande famille, née le 5 avril 1871 et décédée le 8 juillet à Paris. Elle fut nommée Chevalier de la Légion d’Honneur en 1931, à voir sur   http://fr.wikipedia.org/wiki/Rosemonde_G%C3%A9rar      

. Photos Elisabeth Poulain/L’Illustration et Wikipedia pour Rosemonde Gérard, la jolie dame au chien qui ne figure pas sur le tableau. Dommage!         

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L'église de Mesnil sous Vienne & l'Atelier du Patrimoine de l'Eure

2 Juillet 2014, 18:01pm

Publié par Elisabeth Poulain

         

Décryptage du titre. Mesnil sous Vienne est un petit village de quelques 129 habitants niché dans la jolie vallée de la Levrière, qui serpente au fond, en plein Vexin normand, dans le département de l’Eure.  C’est là dans le bas du coteau que se niche l’église romane fondée au XIe siècle, fortement remaniée au XVIe siècle et qui a connu depuis lors des fortunes diverses. Elle a bien sûr vieillie et connait depuis sa fermeture au public, il y a 10 ans, un certain nombre de désordres dus en particulier à l’humidité qui stagne dans ses murs.

Mesnil sous Vienne-Affichette-nettoyage & piquetage, 242

Une des raisons en est l’impossibilité pour les pierres  de respirer en raison des panneaux de bois situés au bas des murs à l’intérieur et surtout aux joints et revêtements faits au ciment par  dedans et par dehors. Ce ciment  bloque toute évaporation possible de l’eau remontée par capillarité dans la pierre. Cette eau stagnante  est une source de  désordre majeure dans les vieux bâtiments du fait de l’incompatibilité entre la chaux et le ciment. Leur nature s’oppose, le seul matériau que les murs de chaux acceptent, c’est la chaux.

Mesnil sous Vienne, Eglise vue du bas 325   

Un problème d’incompatibilité que connaissent bien tous les spécialistes du patrimoine, les architectes en particulier, qu’ils soient Architecte des Bâtiments de France, architecte spécialisé dans la Maison paysanne ou architecte tout court, mais pas seulement eux heureusement. Il parait néanmoins nécessaire de rappeler ces règles de base. C’est dans cet objectif que France Poulain, ABF de l’Eure et Chef du Service territorial de l’Architecture et du Patrimoine a proposé, lors d’une rencontre, à Anne Belhoste, architecte et présidente de Maisons Paysannes  de l’Eure, d’organiser un atelier de la chaux vive à l’église de Mesnil sous Vienne, avec la participation de volontaires.

    Mesnil sous Vienne, Vue sur Lambris 263

L’église de Mesnil sous Vienne de l’extérieur. Elle est particulièrement attachante du fait de sa localisation entourée du cimetière comme il en est d’usage en Normandie, de ses vieux murs ravaudés, de la disparité des matériaux volontairement choisis pour créer des rythmes visuels sur les murs extérieurs et de la recherche du beau avec des moyens qui étaient quand même limités. Il n’est pas un m2 semblable à un autre, quel que soit l’endroit où se portent vos yeux. Ses dimensions sont relativement modestes. Elles sont adaptées au site, sans écraser le paysage.

P1310411  

 La découverte de l’intérieur surprend tout particulièrement par la beauté de ses voutes lambrissées à croisée de transept. Le plâtre qui recouvrait le bois en hauteur a été enlevé de sorte que les lambris se révèlent dans toute leur splendeur première. Nous sommes bien dans un pays de bois, la forêt de Lyons n’est pas éloignée. Les bancs sont restés, ainsi que le retable au-dessus de l’autel. Un bénitier est en partie caché à gauche en entrant par une rambarde protectrice. Chaque mur ou presque offre des surprises. Certains portent encore de la peinture rouge visible à hauteur de la taille d'une personne.  

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La lumière du soleil éclaire d’un air nouveau cette petite église qui reprend vie incroyablement vite après seulement quelques heures de grande oxygénation, une fois les vieux bois pourris enlevés, les plastiques repliés, le plus gros de la poussière ramassé… dans un mouvement spontanément adopté par des gens qui se connaissent pour beaucoup et pour d’autres non. Toutes et tous ont réellement travaillé dans la bonne humeur, chacun à sa façon, certains s’attelant à une partie d’un mur, d’autres préférant changer de poste pour varier les plaisirs, certains uniquement dedans, d’autres préférant le grand air, pour s’attaquer à des joints de ciment affreusement durs à enlever, ou des mousses nichées avec malice dans des petites rainures à l’extérieur. Ah les traitresses, des vrais nids à poussière…

Mesnil sous Vienne, Eglise, Mur droite 314

Une bien belle journée active passée à Mesnil sous Vienne, avec des personnes sympathiques et bosseuses !           

Pour suivre le chemin

. Mesnil sous Vienne, dont Anne Belhoste est également membre du Conseil municipal qui a accepté à l’unanimité la proposition de France Poulain, sur    http://mesnilsousvienne.fr/  

. Anne Belhoste, présidente de « Maisons Paysannes de l’Eure », à retrouver sur    http://haute-normandie.maisons-paysannes.org/dpt/eure/travaux-du-ca/ 

. Voir tout spécialement la prise de vue aérienne commanditée par Anne Belhoste qui montre la disposition de l’église à gauche par rapport à la mairie au centre et au manoir de la Muette  à droite.

P1310393

. France Poulain, ses fiches « Le Dire de l’ABF-Les Essentiels » et ses « Ateliers (mensuels) du Patrimoine » à retrouver en particulier sur le site http://www.eure.gouv.fr/Services-de-l-Etat/Culture/Le-Service-Territorial-de-l-Architecture-et-du-Patrimoine-de-l-Eure-des-Batiments-de-France/Les-Ateliers-du-patrimoine-de-l-Eure 

 

. Lire la fiche de France Poulain, Le Dire de l’ABF, Les Essentiels, Connaissance,  Les traces des peintures romanes sur les murs des églises de l’Eure, 25 août 2013 sur  http://www.eure.gouv.fr/content/download/9194/53577/file/99%20Les%20traces%20des%20peintures%20romanes%20sur%20les%20murs%20des%20%C3%A9glises%20de%20l%27Eure.pdf

Mesnil sous Vienne, Affichette Atelier du Patrimoine, 251

. Cette opération de grand nettoyage-aération de la pierre a été tout particulièrement relayée avec un dossier très complet par   http://www.asalf-levriere.org/#!untitled/ckmfdans le cadre de son opération  « Abriter nos villageois »  

. Photos Elisabeth Poulain, avec même un peu de poussière dans l’objectif, en guise de clin d'oeil. A la vérité, il y en avait déjà un peu avant!  A retrouver dans l'album-photos "Eure-Patrimoine3".

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Hommage à John Mc Crae > Des poppies – coquelicots - dans la prairie

20 Mai 2014, 10:47am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Les  coquelicots semblent flotter dans une prairie verte en bas et, qui par leur chaleur, teintent de jaune la partie haute. D’autres « poppies » ont changé de fond pour que leur ciel reste blanc. Il reste à citer le bleu pour rappeler aux combattants canadiens, anglo-saxons et alliés la mort de leurs camarades tombés au champ d’honneur, en particulier lors de la seconde guerre d’Ypres en 1915.  

Coquelicots dans la prairie 1-pastel gras-brou de noix

Voici le poème du lieutenant-colonel John McCrae qui conçut le poème « In Flanders Fields » en mai 1915, médecin du Corps royal de Santé du Canada. 

In Flanders fields the poppies blow

Between the crosses, row on row,

That mark our place; and in the sky

The larks, still bravely singing, fly

Scarce heard amid the guns below.

 

We are the Dead. Short days ago

We lived, felt dawn, saw sunset glow,

Loved and were loved, and now we lie

In Flanders fields.

 

Take up our quarrel with the foe:

To you from failing hands we throw

The torch; be yours to hold it high.

If ye break faith with us who die

We shall not sleep, though poppies grow

In Flanders fields.

Depuis le coquelicot est devenu l’emblème du courage de tous ceux qui luttèrent au nom de la liberté. Cette fleur si fragile qu’on ne peut jamais la cueillir pour l’admirer dans un vase, sait pousser dans les sols les plus pauvres, les terres si meurtries qu’il ne reste rien, ce qu’en langage  militaire on appelle « la zone rouge » des terres brûlées…

Pavots de mai

Pour suivre le chemin

. Voir le site anglais http://www.greatwar.co.uk/umbrella/poppy-umbrella-idea.htm et l’histoire du coquelicot devenu le symbole des soldats britanniques morts en Flandres durant la guerre de 1914-1918. On peut acheter un « Poppy-Umbrella » pour poursuivre l’hommage, en attendant de fêter le « Poppy Day » le 11.11.  Voir le texte manuscrit de l’auteur sur   http://fr.wikipedia.org/wiki/In_Flanders_Fields#mediaviewer/Fichier:In_Flanders_fields_and_other_poems%2C_handwritten.png 

. A découvrir le site canadien où vous pourrez  lire l’histoire de John Mc Crae (1872-1917) venu du Canada avec son cheval Bonfire, qui conduisit la dépouille de son maître à sa dernière demeure au Ier rang du cortège menant au cimetière de Wimereux en France, avec les botes renversées de son maître dans les étriers     http://agora.qc.ca/thematiques/mort/documents/dans_les_champs_des_flandres_in_flanders_fields

. Je ne vous présenterai pas  le poème en français qui « traduit » … « Les Champs de Flandres » par « le Champ d’honneur ! ». « Row » qui signifie rangée devient « un lot ». Tant de modifications dénaturent le texte original  en anglais. On ne s’étonne pas ou plus d’avoir eu tant de mal à trouver d’abord une  traduction française acceptable et on ne peut que s’étonner ensuite de trouver celle-ci qui a pourtant été avalisée par les autorités canadiennes.   

Prairie aux coquelicots 2-pastel gras & brou de noix

. A voir aussi le musée «In Flanders fields» à Ypres, Belgique

. Lire aussi sur l’hommage rendu tant au poète-médecin ainsi qu’à la ville d’Ypres en particulier à  la Porte Menen (Menin en français) qui chaque jour grâce aux pompiers renouvelle l’hommage à tous ceux qui luttèrent pour préserver une certaine idée de l’Europe libre sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Porte_de_Menin   et http://www.inflandersfields.be/

. Et retrouver la tombe de John Mc Cae sur  http://www.cheminsdememoire-nordpasdecalais.fr/les-chemins/le-littoral/wimereux-communal-cemetery.html

. Consulter aussi http://www.oorlogentrauma.be/ sur les traumatismes de cette  première guerre mondiale.

. En France, 120 000 ha furent classées en Zone rouge, voir la carte sur  http://fr.wikipedia.org/wiki/Zone_rouge_%28s%C3%A9quelles_de_guerre%29

. Sur Ypres, lire http://fr.wikipedia.org/wiki/Ypres où on apprend que 300 000 soldats alliés y sont morts dont 250 000 soldats anglo-saxons

. Associé au blanc de la marguerite et au bleu du bleuet, le coquelicot constitue l’un des symboles de la France. 

oise-champs-coquelicots-&-fleurs

. L’essentiel à savoir sur le coquelicot sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Coquelicot

. Les coquelicots dans la prairie, à retrouver dans ce blog dans   http://www.elisabethpoulain.com/article-paysages-de-l-oise-on-the-road-lignes-couleurs-au-bord-du-chemin-122190558.html

. Photos Elisabeth Poulain de pavots au soleil de mai et de coquelicots en pastel gras et brou de noix en collection « Emmaüs », ainsi que des vrais coquelicots de plein champ   à voir dans l'album "Végétal" et "Terre-Sol"  

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La fascination pour les falaises et portes d'Etretat, L'Illustration 1917

6 Avril 2014, 11:14am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Le déclencheur de ce billet. C’est le numéro de l’Illustration, Journal universel, du samedi 24 février 1917 que j’ai sous les yeux. Un exemplaire très marqué par la guerre entrée dans sa troisième année avec des informations en provenance des différents fronts. C’est la 133è semaine de guerre. Le magazine mérite sa revendication d’ouverture, peut-être pas sur l’universalité du monde, mais sur de nombreux pays. Citons outre la France, la Pan-Germanie, la Grèce, l’Italie, le Ruanda colonie allemande, l’Angleterre…

Dirigeable de marine, Manche, Etretat, 1917

L’article qui occupe deux pleines pages du magazine s’intitule « Les yeux de la flotte ». Il est signé de Raymond Lestonnat. Il s’agissait, à ce moment du déroulement de la guerre,  de montrer l’avancée technologique des forces alliées dans leur lutte contre les Allemands, sur terre, sur mer et dans les airs, grâce à des photos montrant comment il était possible de surveiller tout ce qui se passait sur et dans l’eau, en particulier dans la Manche. Les trois clichés occupent plus d’une page entière, c’est dire l’importance de l’évènement.

. La Ière photographie. On découvre « un dirigeable-vedette de marine »photographié de dessous en train de voler, avec son énorme ballon et sa frêle nacelle accrochée en dessous, avec son allure de sauterelle bricolée si fragile. Il fallait un courage fou pour embarquer dedans.

Dirigeable de marine, Manche, Etretat, 1917

. Le second cliché est pris cette fois-ci de la nacelle, à 70 mètres d’altitude comme il est indiqué, lors de « l’arraisonnement d’un navire neutre ».   

. La troisième prise sélectionnée est celle qui nous intéresse. Cette fois-ci, le dirigeable a pris un cliché qui porte un titre en gros caractères. « LA MER ET LA COTE VUES D’UN DIRIGEABLE DE MARINE EN RECONNAISSANCE –Les falaises d’Etretat. Le dirigeable, au moment où fut prise cette photographie, entrait dans un nuage, à 300 mètres d’altitude. »

Dirigeable de marine, Manche, Etretat, Manneporte,1917

C’est la Manneporte qui a été photographiée en venant du sud. Presque cent ans après, on peut constater l’état d’usure qui se poursuit au fil du temps sous les effets conjugués de la mer et du vent sur ces falaises de craie et de silex. L’autre élément est de découvrir « de visu » à quoi ressemblera cette fameuse porte dans l’avenir. En premier plan en effet, on découvre ce qu’il reste d’une arche brisée. La mer a presque tout emporté.  

L’indication selon laquelle, le dirigeable entrait dans un nuage quand le cliché fut pris, est franchement émouvante. On y sent, à la fois, un petit agacement de la part du rédacteur qui ne peut pas disposer d’un cliché parfait montrant l’autre célébrité encore plus connue d’Etretat ( l’Arche et l’Aiguille), et une volonté de dire que le survol de la Manche, ce corridor à vents, n’était pas particulièrement une partie de plaisir.

Imaginez-vous à 300 mètres et plus au-dessus du sol dans cette espèce de sauterelle avec des roues pleines de bicyclette !  Les frissons sont garantis. S'y ajoute en plus maintenant  quasiment 100 plus tard, la fascination pour ces falaises et les effets de l'érosion qui perdure, elle reste toujours aussi forte...   

Pour suivre le chemin

. Aller à Etretat en dehors des grands week-ends et des périodes de vacances scolaires ; choisissez des entre-deux qui vous permettront d’apprécier toute la beauté du site tant sur le littoral que dans la petite ville de 1500 habitants qui connait tous les petits et grands problèmes d’une station balnéaire saturée en été.

.Lisez en même temps les articles très complets des contributeurs de wikipedia sur Etretat et sur Claude Monet http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tretat  et http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Monet.

. Photos Elisabeth Poulain pour l’Illustration, n° 3860, 75e année, 24 février 1917, pages 158 et 159

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Deux Binômes Maître-Chien Guide d'Aveugle en apprentissage > Angers

13 Février 2014, 16:02pm

Publié par Elisabeth Poulain

 Scènes de vie urbaine. Elle se passe sur un trottoir de  la rue Lionnaise dans le vieux quartier de la Doutre,  entre la Place de la Laiterie et celle du Dr Bichon. Comme toujours, je monte à pied la partie pentue située vers le bas, au cœur de la Doutre, en poussant mon vélo. C’est un drôle de bruit qui m’a d’abord attiré, intrigué, un petit clic métallique qui se répète de façon irrégulière.

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Les clics se répètent. Ils viennent d’un jeune homme accompagné de son chien sur le trottoir. C’est la canne qu’il tient à la main accompagné à chaque fois d’un arrêt qui me fait comprendre qu’il se passe quelque chose.

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La canne du jeune homme très attentif à ce que fait son chien, un regard sur le chien et un regard sur le trottoir,   sa main droite tenant le harnais qui guide ce dernier me fait comprendre que j’assiste à un exercice de dressage. Il s’agit d’éduquer le chien aux différentes et multiples difficultés de l’espace public, marche sur le trottoir et traversée de rue comprise.

Avant de remonter sur mon vélo, j’ai juste le temps de demander à Tanguy, le maître-chien, ce qu’il  donne en récompense à manger à Happy, le  chien qu’il a en apprentissage. « Ce sont des croquettes ; il en a une à chaque fois qu’il a le bon comportement. Il comprend vite. Une fois le réflexe acquis, en grandissant, on diminue progressivement la récompense. Ce n’est plus alors nécessaire. »

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Après un au-revoir, un peu plus loin, Place du Dr Bichon, je vois cette fois-ci une jeune femme faire le même travail d’éducation canine, avec un autre chien sur le même trottoir. Cette fois-ci, il s’agit de Sandrine, la maître-chien qui fait équipe avec Hermès,  le chien qu’elle est chargée d’éduquer.

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Comme l’indique le H que les deux chiens ont en commun dans leur nom, tous deux sont nés la même année, l’un portant le nom fabuleux d’« Heureux » et l’autre celui d’ « un messager des dieux, gardien des routes et des carrefours. Il est aussi porteur de chance. » C'est extraordinaire quand même.  

Tanguy et Sandrine sont tous deux salariés de l’Association des Chiens-Guides d’Aveugles, qui a des antennes un peu partout en France et en particulier dans l’Ouest, à Angers. Après un au-revoir chaleureux, j’ai juste le temps de la prendre en photo, comme je l’ai fait avec son collègue et je repars à vélo, en lui, leur souhaitant « bonne route ».  

Pour suivre le chemin  

http://www.chiens-guides-ouest.org/Ecole d'Angers, 1, rue des Brunelleries, Bouchemaine, 49 913 ANGERS Cedex, 02 41 68 59 23, info@chiens-guides-ouest.org

. Photos Elisabeth Poulain

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Ca clique à l'Atelier informatique, Centre Tati, Belle-Beille, Angers

29 Janvier 2014, 11:55am

Publié par Elisabeth Poulain

A Angers, il suffit de dire « je vais à Tati » pour que tous comprennent qu’il s’agit du Centre Tati situé à Belle-Beille, le grand quartier universitaire situé juste en dessous de l’Etang Saint-Nicolas, en rive droite de la Maine.  Et quand on parle informatique, on pense aussi au Centre. Mais cette fois-ci c’est l’Atelier informatique que l’on  a en tête, avec aux commandes de l’atelier, son animateur, Mathias Jagueneau.  

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L’Atelier informatique. Il est ouvert trois séances par semaine à tous les membres du centre qui veulent commencer l’informatique, utiliser et/ou se perfectionner. Chacun vient et approche l’informatique à sa façon. C’est dire que la relation à la machine est toujours personnelle et que la demande varie fortement d’une personne à une autre.  

Des adhérents viennent aussi, qui sont adressées par deux autres associations membres du Centre, l’Aptira* et LEC**. Ils viennent apprendre et/ou développer leur connaissance du français en suivant des programmes informatiques adaptés à leur niveau de connaissance de la langue.

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La mixité des publics. C’est un des éléments fondamentaux  de l’atelier qui découle directement de la motivation des personnes qui sont présentes à l’atelier. Pour ceux qui viennent apprendre le français, il s’agit de faire des progrès dans la connaissance de la langue à sa vitesse propre, face à une machine qui ne juge pas et qui acceptera de recommencer autant de fois que ce sera nécessaire. D’autres viennent ici pour des démarrer ou se perfectionner en informatique pour des raisons privées et/ou professionnelles. Quelle qu’en soit la raison, la relation à l’informatique est toujours personnelle. Les premiers sont plutôt jeunes et les  seconds un peu plus âgés. Quant à la question de genre, la mixité s’impose aussi, avec une différence sensible selon Mathias, « les femmes n’hésitent pas à dire qu’elles ont besoin d’explication et à faire appel à moi ; d’une façon générale les hommes sont plus en retrait. »

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La relation à Mathias.  En cas de besoin d’aide, la personne peut toujours faire appel à Mathias, qui est toujours « en veille ». C’est dire qu’il est toujours attentif à ce qui se passe et se rapproche par exemple de ceux qu’il sent bloqués dans « une impasse informatique » ou une question qu’ils se posent. Par ailleurs, les membres de l’atelier n’hésitent pas à faire directement appel à lui avec des formules qui varient peu. Il y a des  «Mathias, je suis bloqué-e ; est-ce que tu veux bien venir s’il te plait? », « Mathias, ça ne va pas, pas du tout, j’ai besoin de votre aide »,  « Mathias… ?

Les habitués, une catégorie bien particulière. Ils sont comme des piliers d’ancrage humain, eux qui ne demandent pas d’aide. Leur présence très discrète confère à l’ambiance une réelle tonalité douce, avec cette idée jamais formulée que si des personnes d’un âge certain sont là, pour utiliser lnternet, pour continuer à apprendre et partager avec les autres, eux aussi vont pouvoir progresser. Ils sont un encouragement pour les nouveaux qui sont parfois un peu découragés devant l’étendue de ce qu’il y a à savoir. Parmi ces fidèles, il y a par exemple Lazare qui fait des recherches sur des vieilles cartes postales d’Italie du Nord. Raymonde qui vient aussi depuis longtemps et qui fait une petite pause actuellement pendant l’hiver. A l’atelier, elle lit ses mails, échange avec certains membres de sa famille de cette façon et visionne un certain nombre de sites de reportages de voyages et de belles photos d’animaux. 

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Pour les nouveaux arrivants à l’atelier. Leur point commun est qu’ils ont un besoin d’informatique. Pour certains, c’est celui d’acquérir suffisamment de connaissances pour pouvoir utiliser leur propre ordinateur de façon autonome. C’est par exemple  le cas de cette dame qui  veut échanger  avec son fils qui est en Indonésie. C’est le seul moyen possible d’être en contact et c’est  pour elle une formidable motivation.  Il y a aussi cette dame qui a besoin de progresser au niveau professionnel ; « l’informatique va me permettre de le faire, apprendre me rassure » précise-t-elle. 

L’usage d’un ordinateur personnel. C’est un changement important que Mathias a pu  constater au cours de ses sept années en tant qu’animateur de l’atelier et plus largement du pôle informatique. « A mes débuts, on venait d’abord apprendre à l’atelier et on achetait ensuite un appareil, si cela était possible et nécessaire. Maintenant, quand on le peut,  on commence par acheter ou se faire offrir « un ordi ». On vient ensuite acquérir les premiers rudiments ici à Tati, sachant qu’il sera toujours possible de venir voir Mathias si on est bloqué et/ou si on a besoin de progresser. 

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Avoir son propre ordinateur n’est pourtant pas une obligation. Certains par exemple veulent pouvoir continuer à bénéficier de ses avantages, sans en avoir chez eux. Les six postes informatisés sont à leur disposition, ainsi bien sûr qu’aux personnes faisant leurs exercices de français. C’est le cas par exemple de cette jeune femme originaire de l’Est de Thaïlande parlant déjà bien le français et qui veut progresser à l’écrit ; ou   ce jeune homme qui vient du Ghana et qui demande à ce qu’on lui parle en français (et pas en anglais). D’autres commencent par accompagner un ami, qui est déjà engagé dans cette démarche de perfectionnement du français. C’est le cas de ce jeune homme de Téhéran qui  vient avec un ami d’Algérie qui a besoin de conforter ses bases en français. Entre eux, ils parlent arabe. Assister à la façon dont agissent les membres de cette petite communauté informatique est déjà riche d’enseignement pour qui a très peu de connaissances de la France, des Français et de leur langue.

A Tati, on n’apprend pas seulement à acquérir la langue informatique pour être moins démuni face un ordinateur, ou la langue française quand on arrive en France, on fait partie d’un groupe à géométrie variable d’une séance l’autre, qui rend la vie plus diversifiée et plus humaine. On apprend ainsi à parler aux autres et à les écouter quand on attend dans le couloir que Mathias ouvre les portes de l’atelier. L’autre jour par exemple, les membres de l’atelier ont commencé à dresser une cartographie active des différents pays avec lesquels ils ont des liens, pas seulement de nationalité : Algérie, Ghana, Indonésie, Italie, Thailande, République dominicaine, Venezuela….

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Le métier de Mathias Jagueneau au Centre. Il le décrit comme une aide aux personnes en sachant comprendre leur demande et en adaptant sa réponse, une veille informatique pour se tenir toujours informé dans un monde qui va très vite,  le croisement des connaissances, avec des gens très différents, d’âge très variables, des enfants du Centre des Loisirs à partir de 5 ans, jusqu’aux aux plus chargés d’ans. « La personne la plus âgée qui est venue avait près de 91 ans C’est d’être un passeur à la croisée de plusieurs chemins, que sont outre l’informatique, l’aide à l’apprentissage du français, la recherche d’emploi ou à la communication des associations… «  Ce qui me  fait vraiment plaisir, explique Mathias,  est de constater tout ce qui passe pendant les ateliers, à voir les gens se parler entre eux, échanger, nouer des liens, apporter une galette avec un peu de jus d’orange le jour des rois,  se montrer des photos prises par exemple lors d’une fête à Tati ou autre part…tout en continuant à chercher de l’information, travailler,  apprendre et pratiquer, sans gêner les autres. »

C’est ça la vie à Tati, à l’Atelier Informatique. Une vie ouverte, chaleureuse, en lien avec les autres, qui viennent chacun riche de ses différences pour apprendre et pratiquer la langue informatique, qui est un des vecteurs de la connaissance et d’action au sein de notre société, en phase avec l’évolution du Centre branché sur le quartier de Belle-Beille.

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 Pour conclure, la parole à Yves Coignard, le directeur de Tati, « le Centre est une maison de quartier ouverte à tous les habitants du quartier, qui est agréée Centre social. La finalité de la structure est d’accompagner les habitants dans leur projet, au sens large, et de répondre à des besoins identifiés sur le quartier. Il est constitué sous forme d’une association dirigée par un conseil d’administration qui comprend des habitants du quartier.

Il accueille les habitants, tous les habitants dont certains deviennent aussi des bénévoles ici ainsi que de nombreuses associations. 60 sont adhérentes chez nous. Le Centre répond aux besoins des habitants. Citons par exemple, des demandes d’information sur des thèmes très divers, comme l’achat d’un ordinateur ou des demandes de parents largués en informatique face à leurs enfants, puisqu’on parle de l’atelier informatique; on peut citer aussi la création d’un repas entre voisins, des tas de choses différentes… C’est la pédagogie du ‘faire avec’.

Pour suivre le chemin

. Le Centre Tati, 5 rue Eugénie Mansion, 49000 Angers, 02 41 48 51 90,  http://www.centrejacquestati.fr/

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. Le Centre  est maintenant aussi présent sur Facebook, c'est là que vous trouverez le programme actualisé des acitivités du Centre   https://www.facebook.com/pages/Centre-Jacques-Tati/377998672304758

. L’Atelier informatique est ouvert le mardi après-midi de 14h à 15h 30, le jeudi de 18h30 à 20h hors des petites vacances scolaires et le vendredi de 10h30 à 12h. L’Atelier n’est pas ouvert pendant les grandes vacances d’été. En cas de doute, il est conseillé de téléphoner au Centre avant de venir. 

. Mathias Jagueneau assure également des mini-formations informatiques à la demande pour réaliser des projets, tels que « le montage photos, la mise en page, la création d’une boîte e’mail ».

. Les deux associations citées dans le billet, l’Aptira et Lec, assurent également des séances d’apprentissage du français au Centre. A voir sur le site de Tati et sur leur site propre.

. *L’APTIRA, 35 rue Saint-Exupéry, 49100 Angers, 02 41 88 64 33 qui est une association qui œuvre depuis 40 ans pour la promotion et l’intégration dans la région d’Angers.       

. **LEC, 4 rue Renée, 49100 Angers, 02 41 73 06 16 , http://www.lec-angers.fr/ Les personnes qui viennent dans ce cadre sont envoyées par leur employeur ou Pôle Emploi pour perfectionner les savoirs fondamentaux en français et en mathématiques.

. Photos Elisabeth Poulain prises à Tati.

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Rodolphe Millet photographe-archéologue de Murs de l'Est

21 Janvier 2014, 12:22pm

Publié par Elisabeth Poulain

Il est un photographe passionné de connaissance de la langue et de la culture soviétique, plus précisément des effets du passage du temps sur les traces visibles d’une écriture ancienne. C’est le télescopage des périodes-temps  qui l’intéresse. Pour atteindre cet objectif, il met en œuvre une procédure de recherche tel un archéologue qui part à l’aventure en ayant délimité son territoire, mais sans savoir ce qu’il va trouver.

Dans la revue Europa, n°32 du 24.02.2012, Rodolphe Millet explique sa démarche de photographe à l’instar d’un chercheur travaillant dans le domaine de l’ethnologie, de l’archéologie... Ses voyages dans l’Ex-Russie soviétique ont été la phase n°2 d’une démarche qui l’a conduit à commencer préalablement à apprendre en 2007  la langue russe qui se caractérise notamment par son écriture cyrillique.

rodolphe-millet- StPeteMachinaNeStavit-Tous-droits-réervé

 

Pour approfondir sa connaissance de la langue, le photographe a entrepris de nombreux voyages dans neuf pays ou régions de l’ex-URSS. Sa connaissance du terrain s’est étendue sur plusieurs années et donne bien à comprendre son caractère originale à trois autres titres principalement. Citons sa volonté de rechercher les témoignages visuels de l’écriture de cette langue (*) en lien avec les gens qui la parlent (**) et cela dans l’espace public (***). Une démarche globale faite au bon moment pendant que commençait à se diffuser à grande échelle, comme dans le reste du monde, l’écriture occidentale par le double biais de la publicité et des réseaux.  Mais cela, le photographe ne le dit pas. Rodolphe Millet préfère mettre l’accent sur la beauté du graphisme de l’écriture cyrillique encore présente sur les murs visibles de l’espace publique.  

« PhotoTypo Graphie Cyrillique  est un projet archéologique au long cours portant sur la typographie soviétique. Il offre un aperçu d'un monde perdu, d'une utopie historique dont l'empreinte visuelle tend aujourd'hui à disparaître. Certaines lettres semblent encore se vanter d'une grandeur passée. Issues d'une époque révolue et marquées d'un fort anachronisme, elles sont dans ce projet largement représentées, non pas par nostalgie mais bien par intérêt documentaire. Leurs esthétiques et leurs lignes, en cours de démantèlement, constituent au sein de ce projet un inventaire typographique ».

rodolphe-millet-UlanUdeAvariinaya-Tous-droits-réservés-

 

Sur les onze clichés présentés dans la revue d’Europa, j’ai sélectionné trois d’entre eux qui m’ont plus particulièrement intéressé. Ils ont en commun de projeter une grande force calme qui vient en particulier d’une composition très rigoureuse de l’espace sélectionné en lien avec des couleurs toujours particulières et la présence de vraies personnes qu’on voit vraiment ou en partie seulement ou que l’on devine. Toutes ses photos ont toujours un titre, celui de ce qui est écrit sur le mur, la porte ou la transition entre le mur et le sol. Le nom du lieu –ville, région, état- est ensuite indiqué, avec l’année où le cliché a été pris de façon à conserver la typicité de chaque prise tout en la faisant entrer dans une série qui parle à son tour autrement que ne le ferait une photo sans la double démarche de photographe et de chercheur.

Archéologue ou ethnologue ?  Le premier a pour mission de faire parler le passé par les traces de la présence humaine, animale, végétale… qu’il va pouvoir identifier le plus souvent dans le sol et ou sur la pierre. Les écritures gravées dans la pierre offrent au scientifique un champ d’exploration absolument fabuleux. L’originalité de la démarche de Rodolphe Millet vient de ce qu’il se situe à un carrefour entre un champ de connaissances très large puisque l’écrit et l’écriture sont un parfait miroir d’une culture et plus largement d’une société. Il photographie le temps à un moment de télescopage entre ce qui est encore d’avant – l’écriture cyrillique – et ce qui se passe maintenant, au temps très récent où sur place il a pris des clichés avec toujours une présence humaine affirmée ou suggérée. A ce titre, il pourrait être aussi ethnologue qui place la personne humaine au cœur de la démarche de la connaissance.

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Sa vision de l’espace. C’est la ville qui l’attire avec ses places, ses rues, ses espaces sans nom et qui existent pourtant partout. C’est le vide sous toutes ses formes qui le motive, l’évidé peut-être encore plus. Quelqu’un était là, n’est plus et portant il reste quelque chose d’une trace humaine, présentée dans cette sélection que j'ai faite sur l'interdit. C’est aussi ça l'art de ce photographe qui garde cette mémoire sur le cliché !

Pour suivre le chemin

. Rodolphe Millet est à retrouver dans Europa n° 32, du 24.02.2012, dans un article qui a pris le nom du projet, avec 11 de ses photos. Le photographe travaille actuellement à une réactualisation de cette sélection.

. Un autre reportage de lui portant cette fois-ci sur « l’Ukraine, Que reste-t-il de Tchernobyl » est parue quelques mois après le 18.06.2012 toujours dans Europa, avec douze clichés.

http://www.journaleuropa.info/Formats/Reportages-photo/PHOTO-TYPO-Graphie-Cyrillique  http://www.journaleuropa.info/Rubriques/Culture/Que-reste-t-il-de-Tchernobyl

. Pour des photos plus anciennes, voir  http://issuu.com/rodolphemillet/docs/kazifreeairlines

. Photographies tous droits réservés Rodolphe Millet, publiées sur ce blog avec l'autorisation de leur auteur. Le Ier cliché se nomme "Interdiction de stationner"(St-Peterbourg 2010), le second porte le titre de " Service d'Urgence"(Oulan Oude, Russie 2010) et le troisième est tout simplement "Interdit" (Sébastopol, Ukraine 2010)

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Avancer en construisant son chemin de bois posé sur l'eau > Voeux 2014

17 Janvier 2014, 10:53am

Publié par Elisabeth Poulain

C’est une photo émouvante pour dynamiser votre avancée dans le long chemin de 2014 qui pèse déjà si lourd, à peine commencé. Quelques raisons tout de suite dans le désordre : son accrochage à 1914, ou bien est-ce le contraire,  ces évènements médiatiques qui vous tombent sur la tête tous les jours, sans parler des élections avant lesquels tous refont le monde…

Avec cette question «  vous êtes fromage ou dessert ou fromage et dessert ? », comme s’il pouvait y avoir un doute !  Bien sûr, vous voulez tout.  

Homme contruisant son chemin de bois sur l'eau

Vous, pendant ce temps, près de chez vous,sous le crachin breton, vous êtes entouré d’eau, dessous, devant, sur les côtés et dessus, avec cette pluie fine qui vous pénètre de part en part. Vous êtes mouillé du haut en bas et vous vous demandez ce que vous faites là. Vous êtes pourtant bien couvert, sauf que vous n’avez ni chapeau, ni gant, ni imperméable. Vous avez seulement pensé à l’essentiel, votre gros marteau qui ressemblerait presque à un  piolet.

Etes-vous bien sûr de ne pas vous êtes trompé ?  Peu importe dites-vous ? Il suffit d’avoir le moral ! Oui, bien sûr. 

Un piolet pour réparer un vieux ponton branlant sur l’eau du lac près de chez vous. C’est déjà ça. En plus vous avez pris la précaution de vous munir de planches de bois que vous aviez sous la main. Comme vous n’avez pas de sac à dos, vous le génie du résout-tout, vous les avez directement fixées avec une cordelette sur votre dos.

C’est plus pratique. Oui bien sûr, il n’y a pas de poids inutile. Vous n’êtes pas là pour regarder l’horizon. De toutes les façons, il n’y en a pas avec cette brume qui se prend pour du vrai brouillard.

Homme contruisant son chemin de bois sur l'eau

Et vous cloutez, vous cloutez…sauf que vos planches ne sont pas exactement du gabarit qu’il vous faudrait. Plus ça va, et plus elles auraient tendance d’ailleurs à se rapetisser. Ca devient de plus en dur pour vous parce qu’il vous faut bien tenir compte de l’écart entre les planchettes sous l’eau qui sont fixées aux poteaux enfoncés dans la vase. Ce sont sur elles que vous plantez vos clous pour y fixer les fameuses planchettes. Votre chemin de bois prend une drôle d’allure. Il commence à tourner. Surtout, il ne vous reste que quelques planches à fixer.

Mais pour aller où ? Pour rejoindre la rive en face ! Ah bon, je commençais à être inquiète. Mais comment allez-vous faire ? C’est loin quand même.

Vous allez prendre des planchettes du début du ponton. Ah oui, très bonne idée pour faire du « Hors Piste ». Et puis vous me dites que ceux qui sont restés à terre pourront bien à leur tour refaire le début du chemin, en apportant leur propres planchettes. Oui, vous avez mille fois raisons, on ne ne demande pas à un seul de tout faire mais à chacun de faire un peu, chacun à "sa suffisance" , comme disait un vieux docteur de Saint-Nazaire! Il avait bien raison.  

Bon courage surtout et bonne année.     

 Pour suivre le chemin

. Cette très bonne photo est issue du programme 2013 du Cirque-Théâtre d’Elboeuf, intitulée pour sa saison 2012-2013 « Danse au-dessus du volcan » en clin d'oeil au célèbre ouvrage de Malcom Lowry "Danse au-dessous du volcan" (1947). Elle illustre la programmation « hors-piste » en page 49. Elle est l’œuvre de Passage. Photo à retrouver dans l'album "Symboles 2".

. Retrouvez les autres billets portant sur le ponton, l'estacade, le chemin de bois  sur ce blog; il faudra attendre des jours meilleurs pour les liens!    

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L'Offensive des Flandres, le Génie & les Passerelles de Liège, 14-18/17

28 Octobre 2013, 12:02pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le titre. Nous sommes toujours en 1917 dans les polders de l’Yser en Belgique occupées par l’armée allemande au nord de la rivière, comme nous l’avons vu dans un précédent billet sur « Le Front de l’Yser », sur la base d’un récit paru dans l’Illustration du 17 février 1917. Dans les mois qui suivirent, il s’est agi  cette fois-là de passer à l‘offensive; c'est le terme utilisé par le capitaine T…, l’auteur de l’article paru dans l’Illustration du 20 octobre. Il ne s'agissait plus d'empêcher les forces allemandes de franchir l'Yser mais au contraire de permettre aux Français de s'emparer de l'autre rive dans le cadre d'une opération militaire alliée d'envergure regroupant Français, Anglais et Belges.  

Yser-Offensive des Flandres-1917-Abri-Béton-allemand-détruit 

L’offensive des alliés français, belge  et anglais. Elle est placée sous la conduite du Général Anthoine pour les troupes françaises. Commencée le 31 juillet, elle s’est traduite par des « brillants succès » pour reprendre les termes des communiqués officiels français. Pour obtenir ces résultats qui permirent ensuite à l’armée britannique de poursuivre l’avancée, il avait fallu mettre en place un important dispositif de facilitation des opérations au sol, dans le sous-sol et dans les airs. Le sol était un polder inondé volontairement d’eau pour stopper l’avancée allemande. Plusieurs conséquences s’ensuivirent.

Yser-Offensive des Flandres-1917-Passerelle-Liège 

Il fallut dès le début de la guerre créer et maintenir en état d’accessibilité, les quelques routes disponibles pour le matériel et constamment refaire les chemins de bois qui permettaient aux soldats d’accéder et de circuler entre et dans les tranchées. Les soldats appelèrent ces chemins sur pilotis, ou posés sur la boue selon les cas,  en l’absence de termes officiels, de « fonds de baignoires » ou de « pistes sur lattis » jusqu’au début de 1917.

Pour l’offensive de fin juillet 1917, le Génie français entra pleinement en action et dans un temps record. Des routes nouvelles durent être aménagées, des voies ferrées établies pour acheminer tout le matériel, lourd y compris.  

Yser-Offensive des Flandres-1917-Pylone 

Le sol, gorgé d’eau dès 40 à 50 cm  de profondeur, empêchait de construire de façon traditionnelle pour créer des abris semi-enterrés pour tirer et bénéficier de hauteur pour voir où était placée la puissance de feu de l’ennemi. Celle-ci était, elle,  protégée en rive droite de l’Yser, par des « abris modernes en béton », qu’on appelait aussi des « batteries bétonnés » (photos n° 1 et 5) . En zone occupée par les forces françaises (Nord de Noordshoote),  des nouvelles lignes téléphoniques durent être implantées, avec l’obligation dans les zones inondées, de les enterrer dans des gaines de plomb. Pour héberger les troupes françaises, des baraques Adrian(en bois)  et des tentes furent montées en nombre.

 Yser-Offensive des Flandres-1917-Pont-Arc

Pour permettre le franchissement du canal de l’Yser au site choisi, des solutions nouvelles furent mises en place :

Pour voir au loin, des prises de vue aériennes permirent de déterminer avec précision  les batteries allemandes en distinguant avec précision les vraies des leurres ; ces clichés étaient complétés par les études sonores des bruits des tirs.   Des pylônes-observatoires édifiés au plus près d’arbres (dessin n°3), quand il en restait, permirent de compléter le dispositif pour déterminer le repérage des postes de tirs ennemis.    

Pour permettre à l’infanterie de traverser le canal de l’Yser, entre Boesinghe et Steenstrat, des passerelles en liège (photo n°2) furent acheminés prêts à monter par le Génie français. Ce dispositif innovant était complété par  la mise en place d’une passerelle lourde de bois en arc (photo n°4) haute de plusieurs mètres au-dessus  au sud de de l’écluse d’Het-Sas près de Boesinghe.  Des tapis déroulables à poser sur la structure complétèrent le dispositif. S’ensuit dans l’article une description technique incroyablement précise et complète de ce matériel militaire. C'est ce qui qui permit aux soldats français de franchir le canal, protégés par leur artillerie qui visait et détruisait les abris bétonnés allemands dont certains avaient été construits à l’intérieur de vieilles fermes flamandes (photo n°5) pour mieux les dissimuler.

Yser-Offensive des Flandres-1917-Abri-Béton-allemand-caché-maison

L’offensive des soldats français placés sous le commandement du Général Anthoine, qui ne disposait que de six semaines pour la préparer, fut brillante.  Intercalés entre les troupes anglaise et belge sur un front de 8 kms de long, le Capitaine T…conclut par ces mots « nos merveilleuses troupes ont progressé au milieu de difficultés matérielles sans nombre, mais avec des pertes minimes. »    

Regardez ces photos. Surtout cette dernière. Il ne reste plus aucune vie à l'écluse Het-Sas sur le canal de l'Yser. Les Français étaient en rive gauche et les Allemands à droite. Le cliché pris d'avion montre un sol qui pourrait être lunaire où tout repaire humain a disparu.  

 Yser-Offensive des Flandres-1917-Terre-vue-du-Ciel-Het-Sas

Pour suivre le chemin

. Sur ce thème, lire le précédent billet sur ce blog  La Garde de l'Yser dans la Boue et l'Eau > Les Chemins de Bois > Guerre 14-18

. Voir l’Illustration du 20 octobre 1917, pages 387 à 391.

. Mieux comprendre avec la carte à voir sur  http://chtimiste.com/batailles1418/1917flandres.htm

. Voir des clichés impressionnants pris en Flandres occidentale par des photographes de l’armée française, sur la base Mérimée http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/memoire_fr?ACTION=RETROUVER_TITLE&FIELD_98=AUTP&VALUE_98=%20R&GRP=46&SPEC=1&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=50&REQ=((R)%20%3AAUTP%20)&DOM=Tous&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P

. Les photos qui illustrent ce billet sont issues du célèbre hebdomadaire qui continue à faire foi sur ce qui s’est vraiment passé, encore maintenant.   

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