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Le Blog d'Elisabeth Poulain

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Quand TAG, le teckel à poil dur, découvre la télévision…

14 Février 2016, 18:45pm

Publié par Elisabeth Poulain

Adolf-Eberle-1843-1914-Eine-erfolgreiche-Jagd-wikipedia-Düsseldorfer-1914-wikipedia-Blog-Elisabeth-Poulain

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Appelons le  TAG…  pour lui garder son anonymat auquel il tient beaucoup. Il se fiche aussi comme de l’an 40  de la lettre imposée pour débuter son nom. Il est lui et basta. Son maître d’ailleurs le sait bien. Tag a un caractère de cochon, disons plus aimablement que, sans être désobéissant, il a sa propre conception du « doit faire », « peut faire»,  sans franchir la limite de l’interdit, qu’il connait bien. C’est un chien fidèle et intelligent. Son maître l’est tout autant. Il sait en particulier se faire respecter, vu que TAG vit une grande partie du temps seul, sans que cela lui pèse au contraire. Il est obéissant, naturellement. Un bon chien.   

Il faut dire aussi que TAG jouit d’une grande autonomie. Sa vie à la campagne est très bien organisée. Il dort dans une vieille grange où il a ses habitudes, près de la maison de son maître et da sa famille. La nuit, il y est chez lui et retrouve les humains le jour. Il les accompagne autant que faire se peut dans leurs activités à l’extérieur, mais sans jamais  entrer dans la maison d’habitation, même le jour.

En réalité, sa vie est celle d’un chien de campagne, non attaché à une chaîne comme les chiens de garde qui dorment même dans leur niche. Un jour, son univers a changé brutalement. Son maître a dû partir quelques jours. Il a confié son chien à des amis et TAG a découvert la vie en ville dans un appartement. Ce fut un choc culturel à plusieurs titres, le monde clos du logement, la ville, le trottoir..., un dehors inconnu, des escaliers et aussi et surtout le dedans.

Adolf-Eberle-Chaumière-1860-Van-Ham-Kunst.auktionen-2012-The day's-bag-Christies-wikipedia-Blog-Elisabeth Poulain  Adolf-Eberle-Chaumière-1860-Van-Ham-Kunst.auktionen-2012-The day's-bag-Christies-wikipedia-Blog-Elisabeth Poulain

Adolf-Eberle-Chaumière-1860-Van-Ham-Kunst.auktionen-2012-The day's-bag-Christies-wikipedia-Blog-Elisabeth Poulain

Le choc a été rude. Il s’est senti idiot pour un chien qul ne l’est absolument pas, mais pas du tout. C’est un bon animal obéissant, joyeux, sans souci de santé. Et voilà qu’un jour, hors de chez lui, tout son univers s’est fissuré. Il a découvert qu’on pouvait vivre autrement. Il essaie de comprendre cette situation, lui qui n’avait jamais, mais alors jamais vu ou même entendu cette drôle de boîte qui parle, avec des gens qui bougent, des gens dont il entend la voix et qu’il voit, d’autres chiens même, dont la vue ou les aboiements l’ont bouleversé. Son monde s’est écroulé…Et il restait là devant l'écran à essayer de comprendre.

Adolf-Eberle-1843-1914-Retour de chasse-1914-Düsseldorfer-wikipedia-Blog-Elisabeth-Poulain

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Cette histoire vraie m’a été racontée par un ami voisin que je remercie tout à fait chaleureusement de m'avoir fait connaître cette pépite. Je ne sais bien sûr rien de la suite. A vous de poursuivre l'histoire…comme je viens de le faire avec celle-ci.

Pour ma part, je viens de découvrir ce peintre allemand Adolf Eberle qui a dédié une grande partie de sa vie d’artiste à la peinture de scènes de la vie familiale rurale, où les chiens de chasse, et les teckels en particulier, ont tenu une grande place. J’y ai même trouvé une vieille grange et des scènes de vie à l’intérieur de la maison. Sur la peinture que j'ai choisie, on voit clairement le teckel montrer les dents non pas au renard mais aux bécasses (?). Ils étaient réputés pour la chasse au blaireau, au sanglier... Dommage que les teckels, compagnons de chasse du père, aient été des teckels à poils ras.  Et que le peintre ait vécu dans un autre temps, un autre pays...alors que la télévision n'existait pas.  C'est la vie!  Niemand ist perfekt = Nobody is perfect.

                                                                                *

Pour suivre le chemin

. Généralités sur le teckel, à voir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Teckel  

. Le teckel chien de chasse sur http://www.chassons.com/le-teckel-chien-de-sanglier/  et sur http://www.libertalia.org/loisirs/chasse/chien/les-teckels.html  

. Le peintre allemand 1843-1914 à découvrir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Adolf_Eberle  

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Pourquoi j'aime bien Wikipédia

24 Janvier 2016, 17:01pm

Publié par Elisabeth Poulain

 Etretat-Falaises-Aiguilles-wikipedia-Urban

Etretat-Falaises-Aiguilles-wikipedia-Urban

Et d’abord pour commencer une anecdote. La scène s’est passée il y a peu années   dans un groupe de travail animé par une ville pour savoir comment le groupe concevait sa vision de l’évolution du développement urbain. Pour pouvoir répondre et après-coup, on a pu constater que trois façons de répondre avaient été utilisées par les membres, des adultes ayant des connaissances :

  • Imaginer des solutions en prenant des risques de dire des bêtises ou d’être hors sujet ---) cette audace est très rare en France ;

  • se baser sur la base de connaissances préalables et se lancer ---) certains ont pu le faire, il est difficile toutefois d’avoir des connaissances sur tout et heureusement;

  • consulter avant Wikipédia, pour ne pas avoir l’air idiot-e, donner au moins une réponse crédible…rester dans le sujet, sans chercher à aller loin dans la réponse ---) L’idée est de pouvoir commencer à répondre, sans se tromper, pour montrer aussi une certaine forme d’ouverture d’esprit….

A l’exception de quelques rares personnes ayant une vraie légitimité dans le domaine technique concerné, la très grande majorité (dans un pourcentage du type 80/20) a donné une « réponse du type Wikipédia ». Cela s’est senti  non seulement à la forme de la réponse, à son contenu, parfois à des phrases réécrites telles qu’elles…et sans que cela étonne ni le groupe lui-même ni les organisateurs, comme une acceptation de fait d’un début de culture commune. Cela a été moi, je l’avoue, un grand étonnement pour moi. 

Et maintenant pourquoi moi j’aime Wikipédia. Avant il faut commencer par vous dire que je suis une grande utilisatrice de cette base de données collaborative . Clairement, sans Wikipédia, je n’aurai pas pu avancer sur la longue route qui mène à la création, puis à la gestion d’un blog, dans toutes ses dimensions avec un grand nombre de questions qui se posent quasiment tous les jours. Pour essayer de faire court, sans se perdre dans des digressions, les trois thèmes que j’ai sélectionnés, pour répondre à ce pourquoi, sont la recherche d’informations, la façon de les présenter en connexion et les photos.

Angers-Etang-St-Nicolas-hiver-wikipedia-Nonovif-2006

Angers-Etang-St-Nicolas-hiver-wikipedia-Nonovif-2006

J’ai tout particulièrement besoin de Wikipédia quand je me lance à écrire un billet, en n’ayant jamais au départ toutes les informations qui vont m’être nécessaires, puisque je découvre leur manque au cours d’écriture. On dit que l’appétit vient en mangeant : pour moi, je commence à écrire sans savoir exactement où va me mener la recherche d’informations inhérente à l’écriture, en simultanéité temporelle et ou factuelle. La différence de l’écriture numérique par rapport à la manuelle par exemple est qu’on avance en même temps qu’on écrit, tout en essayant toujours de valider le contenu, pour chercher à être précise, quitte à tout effacer si l’info obtenue à la fin fait s’écrouler toute la construction de l’argumentation sur laquelle repose l’hypothèse de départ de l’article.

Cette recherche d’informations en continu a plusieurs autres effets dont le plus important est sans conteste, non pas forcément seulement, la réponse à la question qui se pose, mais quasiment à chaque fois d’apporter des nouvelles informations qui sont autant de nouvelles portes qui s’ouvrent sur d’autres thèmes, d’autres thématiques ou des différences en complémentarité… Une autre retombée est que grâce à Wikipédia, il n’y a pas de petits sujets, car tout est lié. Les connections qui en découlent sont très souvent intéressantes, voire enrichissantes en faisant ressortir des éclairages sur d’autres cultures, d’autres thèmes, d’autres temporalités…Chaque route qui s’ouvre à votre vue, dans votre tête, apporte de nouveaux éclairages qui appellent à leur tour de nouveaux questionnements, qui concrètement vous font avancer. C’est aussi la raison pour laquelle je ne sais pas à l’avance sur quel thème je vais travailler ni à quel moment ni comment. Et je trouve cela rassurant, grâce - il est clair - aux contributeurs de Wikipédia que je remercie.

 Le pouvoir des photos. Chacun sait qu’il est étonnant. Une bonne photo vaut un long discours ; disons plus justement qu’une bonne photo au bon moment, quand vous êtes en train d’écrire, placé au bon endroit dans votre article pourra renforcer de façon incroyable le pouvoir des mots, pour prouver ce que vous êtes en train de dire. Prouver, ce peuvent être aussi renforcer, contredire, compléter, entrer en télescopage…sans limitation de portée, avec un pouvoir d’impact compréhensible partout dans le monde, chaque personne à sa façon, chaque culture aussi, chaque moment…

Great-Wall-near-Beijing-winter-wikipedia-Tille

Great-Wall-near-Beijing-winter-wikipedia-Tille

Et pour finir, puisque j’ai décidé de faire court, ce que j’aime aussi c’est le regard critique du staff envers certaines contributions, pour dire par exemple : ici il n’y a pas assez de fond, là il y a trop d’énumérations sans explication…Grâce à Wikipédia, il y a à la fois des apports sur le thème central et les thèmes dérivés, une actualisation de facto pour rester dans la course et nec plus ultra les sources qui permettent de faire des belles trouvailles. Ce sont des pépites, qui vous donnent envie d’aller plus loin, autrement, un autre jour, dans un nouveau voyage avec wikipedia d’un côté et over-blog de l’autre, pour avancer…

Pour suivre le chemin . Comment rédiger un bon article, à voir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Aide:Comment_r%C3%A9diger_un_bon_article 

. Photos contributeurs Wikipedia, avec mes remerciements

 

 

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Tendances culinaires, Tranches de foie gras chaud, Toujours + de gras

14 Janvier 2016, 11:54am

Publié par Elisabeth Poulain

Oies-Six-Geese-wikipedia-Matt-Kingston

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Des précisions d’abord sur le titre. Nous sommes en Alsace au début des années 1970. La source alsacienne est importante, car de mémoire d’historiens, le foie gras d’oie est une spécificité culinaire originaire des Communautés juives d’Alsace et qui s’est été progressivement diffusée dans la société française au cours des siècles. La recette est  parue dans un recueil de cuisine forcément alsacienne sélectionnée par quatre enseignants de lycée technique de cuisine ou hôtelier pour le plus gradé d’entre eux. La date est importante parce que la société, ou du moins une partie de celle-ci, raisonnait encore en matière de recettes de cuisine en terme du « toujours + », pour ajouter les saveurs aux saveurs et encore aux saveurs…C’était vrai pour le sucre, c’était vrai pour le gras qui, comme chacun sait, captent tous deux les saveurs qui agissent en synergie. Mon choix de recette s’est donc porté sur cette entrée, qui compte huit composants, sans citer le sel, le poivre et les épices.    

 « Médaillons de foie gras à la strasbourgeoise chaud » est le  vrai titre de la recette. Effectivement parler d’un médaillon est beaucoup plus valorisant que de citer une tranche. Mais le titre de ce billet comme toujours a été dicté par la limitation à 70 caractères.  Quant à la citation expressément de Strasbourg et non pas de l’Alsace, elle provient vraisemblablement du fait que le superviseur de l’ouvrage était le responsable du Lycée technique  d’Hôtellerie et de Tourisme de … Strasbourg, la capitale de l’Alsace, comme vous l’avez deviné.

Les quantités indiquées concernent vraisemblablement 10 convives puisqu’il y a 10 médaillons. On peut supposer qu’un médaillon par personne pour une entrée est largement suffisant. La recette débute forcément par la recherche

  • d’un foie gras d’oie cru de 750 grammes environ, à qu’il convient d’enlever soigneusement les veines, en prévoyant du sel et du poivre,

  • de 10 tranches rondes de pain de mie, de 10 lamelles de truffes,

  • ainsi qu’un peu de farine pour enfariner les médaillons de foie gras cru d’oie

  • beaucoup de beurre pour dorer les médaillons de foie enfarinés, après avoir frit les croutons dans une autre poêle dans du beurre, sans compter le beurre noisette qui sera ajouté à la fin sur les médaillons,

  • de 5 petites pommes légèrement acides, coupées en quatre, après avoir enlevé la peau et les pépins pour les dorer à la poêle au … beurre !

Oie-Foie-gras-entier-cru-wikipedia-David-Monniaux

Oie-Foie-gras-entier-cru-wikipedia-David-Monniaux

45 minutes après, vous servez, sur le plat tenu au chaud, ces canapés sertis d’un médaillon de foie gras cuit au beurre, lui-même revêtu de sa lamelle de truffe, sur son croûton doré au beurre, entourés des quartiers de pommes rissolés au beurre, le tout nappé d’un fonds de veau « corsé » ( ?) enrichi au madère et au jus de truffes. La recette prévoit encore du beurre noisette à mettre dessus. La recette prévoit 200gr de beurre. Et là, j’avoue, je craque. Cela fait vraiment beaucoup, beaucoup … de matière grasse, sans compter le sucre du pain, des pommes reinettes et celui du vin de madère qui titre à 18°…

En conclusion de cette recette ancienne, retenons l’idée que le foie gras était réservé aux jours de fête, pour honorer ses convives, tel que le concevaient quatre hommes désireux de valoriser au maximum la recette pour la rendre encore plus chic et encore plus chère. Leur volonté est évidente surtout quand on compare cette recette figurant en page impair (43), LA meilleure des deux pages, par rapport à celle qui est placée en vis-à-vis qui décrit la recette du boudin aux oignons ou aux pommes reinettes. La composition se limite à quatre constituants, un boudin de 500 à 600gr, des oignons ou reinettes pour 800gr, de l’huile (2cl) et…du beurre pour 80gr. J’ai failli écrire seulement. C’est quand même plus raisonnable, d’autant qu’il y a aussi du gras dans le boudin. Je sens qu’un jour, je vais devoir vous donner aussi la recette du boudin aux pommes.

Revenons à « notre foie gras », façon de parler. Imaginez, maintenant, la même recette en supprimant quasiment le beurre, parce que le foie gras est composé à 45% de lipides (contre 31% pour le boudin). Le foie gras d’oie cru ne doit pas être pas trop gros, 500gr suffirait, choisissez le tout de suite « déveiné », d’une bonne couleur beige-rose-jaune, car il est nourri essentiellement  au maïs… Retenez l’idée du médaillon cuit à la poêle anti-adhérente posé sur une tranche de pain grillé légèrement ; abandonnez l’idée de la truffe affreusement chère et gardez plutôt celle des pommes-fruits légèrement acides pour équilibrer le goût de gras et le sucre. Quant au madère, ce sera pour une autre fois. Goûtez plutôt un Jasnières, un vin blanc sec du Domaine de Bellivière…Il y a là un joli et goûteux contraste en bouche…Avant offrez-vous une bonne poêle avec un revêtement anti-attachement…d'une marque dont je ne prononcerai pas le nom !

Carte de Strasbourg-1664-Merian-wikipedia-Jonathan-2008

Carte de Strasbourg-1664-Merian-wikipedia-Jonathan-2008

Rappelez-vous que l’oie est aussi bonne pour sa viande, pas seulement pour son foie. Elle mérite aussi un peu plus de considération au regard de sa lointaine histoire, qui débute en Egypte au temps des Pharaons - quand même excusez du peu – où on savait déjà gaver les oies, comme le montrent des dessins gravés dans la pierre. Cette culture était vraisemblablement originaire du Moyen-Orient, comme en témoigne aussi la culture juive, qui s’est répandue dans le Bassin méditerranéen grâce à la Grèce Antique puis dans l’Empire romain. Quant à la présence de l’animal et à la connaissance du foie gras en France, elle est venue d’Alsace dans les grandes villes alsaciennes puis en Europe. Au cours des siècles qui suivirent, et encore au milieu du XXe siècle toujours en Alsace par exemple, la question du beurre ne se posait même pas. Le foie gras d’oie était tout simplement cuit à ... la graisse d’oie…C’était quand même plus intelligent, une question de vraie cohérence…Il croit me souvenir de surcroit qu'en cuisine juive, on ne devait pas mélanger les différentes sortes de produits animaux dans une recette...                                                              

The Goose-Girl-wikipedia-William-Adolphe-Bouquereau-1825-1905

The Goose-Girl-wikipedia-William-Adolphe-Bouquereau-1825-1905

Pour suivre le chemin

. Les recettes de la table alsacienne, Société alsacienne d’Edition et de Diffusion, situé au 19 rue de l’Ail (ça ne s’invente pas), Strasbourg, Edition des dernières Nouvelles d’Alsace / Librairie Istra, 5è édition revue et augmentée. Les auteurs sont Antoine Dis, Francis Hinault et Charles Euler –professeurs techniques de cuisine - et Joseph Koscher, notamment Directeur du Lycée technique d’Hôtellerie et de Tourisme de Strasbourg…, qui a dû être l’inspirateur de l’ouvrage. Imprimerie strasbourgeoise, 15, rue de Juifs, 1972

. Retrouvez les généralités sur le foie gras d’oie ou de canard sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Foie_gras  , avec cette découverte qui est que l’Alsace n’ est plus franchement une région productrice de foie gras…alors que c’est par elle, que s’est diffusée ce savoir-faire et cette recette maintenant franchement rattachée à la culture identitaire de la France, htpps://fr.wikipedia.org/wiki/Foie_gras#/media/File:Moulard_Duck_Foie_Gras_with_Pickled_Pear.jpg

 . Des bons conseils pour acheter votre foie gras sur http://www.doctissimo.fr/html/nutrition/mag_2000/mag1222/nu_3223_foie_gras.htm  

. La vision d’ensemble sur l’Oie sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Oie_domestique  

. Domaine de Bellivière, DOMAINE DE BELLIVIÈRE - 72340 LHOMME, Tél.: 02 43 44 59 97 - E-mail: info@belliviere.com sur http://www.belliviere.com/fr/accords.php  pour un Jasnières , Sec de 1999, à son apogée en 2015, recommandé pour une escalope de « foie gras poêlé sur chutney à la banane et vinaigre balsamique », un vin rare pour une recette qui ne l’est pas moins 

.Retrouvez la sélection d’Aurélien Chuteaux « Quel vin avec le foie gras ?» http://www.lesvinsdaurelien.fr/quel-vin-avec-du-foie-gras/                                                     

. Photos wikipedia, avec mes remerciements aux contributeurs.

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Vœux 2016 > Voir loin comme les Frères Limbourg > Mont Saint-Michel

3 Janvier 2016, 17:15pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le Mont Saint-Michel-vu de la mer- wikipedia-Leevclarcke

Le Mont Saint-Michel-vu de la mer- wikipedia-Leevclarcke

En matière  de vœux, il ne faut jamais hésiter à souhaiter beaucoup, voir l’impossible, tant la puissance du rêve du vœu est forte. A peine, le souhait se profile-t-il dans votre tête, avant même la formation des mots, que vous voilà parti-e dans un envol sublime, telle une oie qui rejoint son aire d’hivernage ou qui en revient. Et là, dans le cas des Frères Limbourg, il faut vraiment du souffle, eux qui n’ont pas hésité à montrer le Mont Saint-Michel, une des plus belles constructions humaines en France, sous les traits de la lutte de l’Archange contre  le démon, au-dessus, vous l’avez deviné, du gros rocher sur lequel a été édifié ce qu’on appelle maintenant le Mont Saint-Michel.

Le titre de la toile peinte par les Frères Limbourg. On aurait pu croire que les peintres auraient choisi, comme titre, « L’Archange terrassant le dragon », dans une version médiévale du combat victorieux  du Bien contre le Mal. Que nenni, c’est « la Fête de l’Archange : le Mont Saint-Michel ». Montrer est une chose, surtout à une époque, au début du XVe siècle, entre 1411 et 1416, où tous ne savaient pas lire ; par contre nommer le diable, c’était déjà reconnaitre son existence. Le dragon suffisait à représenter le Mal, terrassé par l’Archange ailé incarnant le Bien. Et le tout s’incarnait dans une construction humaine qui se voyait de loin, entourée d’eau à marée haute, comme un phare accessible seulement à ceux qui le méritaient, après un long chemin à pied pour y arriver.  

Les Frères Limbourg de leur côté  se sont attelés tous les trois à cet énorme chantier, pour réaliser cette œuvre qui a rejoint la prestigieuse collection du Duc de Condé  à Chantilly. Ils avaient pour nom  Herman, Paul et Jean, sans que l’on sache avec précision ce qu’a fait chacun d’entre eux, ni exactement à quelle date.  Leur commanditaire, dont leur vie dépendait totalement, était le puissant Duc de Berry. Leur manuscrit enluminé est tellement impressionnant, c’est un tel trésor créé par des hommes du XVe siècle,  qu’il a fait l’objet par Wikipedia d’un scan page par page. 

Mont Saint-Miche!, La Fête de l'Ange, Frères Limbourg, Très Riches heures du Duc de Berry, Musée de Chantilly

Mont Saint-Miche!, La Fête de l'Ange, Frères Limbourg, Très Riches heures du Duc de Berry, Musée de Chantilly

Le Mont Saint Michel est une tout petite île, proche de la terre, dotée d’une abbaye créée à son sommet, de 97 ares où vivent aujourd’hui environ 44 personnes à l’année. Sans compter bien sûr les milliers de touristes qui viennent s’y promener pour découvrir, outre de fabuleux paysages, l’histoire incroyablement compliquée d’un si petit îlot, qui en a tant vu au fil des siècles. Eglise, devenue abbaye, le Mont a été au fil des siècles aménagé de façon à pourvoir héberger les nombreux pèlerins venus de toute l’Europe. Plus tard, ses bâtiments ecclésiastiques ont également servi de prison, comme il en a été de même à l’Abbaye de Fontevraud en Maine et Loire. Le temps passant, un village de pêcheurs s’est niché au pied de l’abbaye derrière les remparts. Depuis 1979, le site est classé au patrimoine mondial de l’Unesco et dès qu’il fait beau, l’île est envahie chaque année, par quelques trois millions de touristes…au nombre desquels continuent à figurer des pèlerins des Chemins du Mont venant de France, d’Allemagne, d’Espagne, d’Italie, d’Angleterre, d’Irlande…

Vous découvrez alors qu’il existe en plus un vrai presque voisin, qui ne doit rien au hasard, à notre Mont Saint-Michel manchois (situé en Manche), qui est le « Mickael Mount » tout au bout de la pointe la plus au sud-ouest de l’Angleterre. Cet autre Mickael Mount, Mount’s Bay, Cornwall est aussi une petite île, qui fut dotée d’un monastère bénédictin fondé vers l’an 1150 par l’abbé Bernard en charge du monastère de « notre » Mont Saint-Michel. Ce monastère anglais, qui fut détruit vers 1539, n’eut pas la faveur de connaître les Frères Limbourg, qui étaient originaires de Nimègue, une ville des Pays-Bas, située au Nord-Est, près de la frontière avec l’Allemagne. Il en reste une petite ile qui le soir au soleil couchant ressemble de loin à sa grande cousine proche du continent.

Et c’est ainsi que va apparemment se terminer ce billet de bonne année sur le Mont Saint-Michel, qui n’a pourtant pas de fin, puisque, grâce aux Frères Limbourg, il porte sur le temps qui passe, grâce aussi au travail de tous pour transmettre ces histoires étonnantes, ces paysages fabuleux, ces liens qui ne se voient pas au premier abord entre les générations, les gens, les pays d’Europe … et cela au cours des siècles. Avec de très belles histoires dans l’Histoire et des représentations de la réalité qui sont d’une beauté émouvante, que ce soit en peinture, en photo ou dans la mémoire…

Le Mont Saint-Michel vu de la terre-wikipedia-b3my-et-vu du ciel-Académie de VersaillesLe Mont Saint-Michel vu de la terre-wikipedia-b3my-et-vu du ciel-Académie de Versailles

Le Mont Saint-Michel vu de la terre-wikipedia-b3my-et-vu du ciel-Académie de Versailles

Mickael-Mount-Cornwall-UK-wikipedia-Fuzzypiggy-Ier-prix-photo-monuments-2014

Mickael-Mount-Cornwall-UK-wikipedia-Fuzzypiggy-Ier-prix-photo-monuments-2014

Pour suivre le chemin

Une dernière précision, évitez d’aller au Mont quand tout le monde y va. Choisissez plutôt des temps incertains, quand il fait doux, gris et que la pluie ne menace pas vraiment. Evitez la foule de la pleine saison, tout comme le verglas de l’hiver quand il était impossible de monter sereinement les marches de nuit, surtout quand on pensait à la descente, au retour…C’était une autre époque ! Rien de telle que l'expérience vécue...

.Les frères de Limbourg, originaire de Nimègue (PB), à lire pour comprendre la difficulté et la précarité de la vie, quand on était un artiste, enlumineur travaillant pour un riche protecteur, le Duc de Berry, https://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A8res_de_Limbourg  

. Le site officiel des Monuments nationaux, sur http://mont-saint-michel.monuments-nationaux.fr/  

. Le Mont Saint-Michel des Frères Limbourg à retrouver sur le site de l’Académie de Versailles http://www.histoire.ac-versailles.fr/IMG/html/montsaintmichel.html  

. Les chemins du Mont Saint-Michel sur http://www.lescheminsdumontsaintmichel.com/spip/spip.php?article241  

. Les très riches heures du Duc de Berry https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Tr%C3%A8s_Riches_Heures_du_duc_de_Berry  

. A retrouver aussi page à page https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Tr%C3%A8s_Riches_Heures_du_Duc_de_Berry_scan_2004?uselang=fr  

. Le Musée de Condé à Chantilly, qui possède le fonds le plus riche en France d’enluminures, dont celui des « Très Riches Heures du Duc de Berry », sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Mus%C3%A9e_Cond%C3%A9  

On ne peut les voir que là-bas car une des conditions du Duc de Berry à l’ouverture de ce legs au public est qu’aucune pièce de sa collection ne soit jamais déplacée…

. Le Mickael Mount, Mount’s Bay à découvrir, avec des photos prises d’avion sur http://www.stmichaelsmount.co.uk/fr/  ainsi que sur https://fr.wikipedia.org/wiki/St_Michael%27s_Mount  avec un cliché de Fuzzypiggy  qui a obtenu le Grand Prix 2014 wikipedia des Monuments 

. Photos des différents contributeurs de wikipedia, de wikimanche qui met en ligne des gravures superbes, dont vous pouvez admirer deux exemples et de l'Académie de Versailles également, avec mes remerciements à tous.

Le Mont-Saint-Michel-gravure-Taylor-1884-Geo.delaManche + Le MSM, gravure M.Merion-1667-wikimancheLe Mont-Saint-Michel-gravure-Taylor-1884-Geo.delaManche + Le MSM, gravure M.Merion-1667-wikimanche

Le Mont-Saint-Michel-gravure-Taylor-1884-Geo.delaManche + Le MSM, gravure M.Merion-1667-wikimanche

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Société > La Fleur bleue peinte à la main au fond de l’assiette

9 Décembre 2015, 11:09am

Publié par Elisabeth Poulain

La fleur bleue au fond de l'assiette de faïence, détail, Cl. Elisabeth Poulain

La fleur bleue au fond de l'assiette de faïence, détail, Cl. Elisabeth Poulain

ll faut que je vous dise d’emblée, elle est très vieille. L’assiette de faïence, qui porte la fleur, en son creux qui a subi les atteintes du temps. La Fleur, quant à elle, se porte à merveille. D’où vient-elle ? Je l’ignore. Pourquoi a-t-elle des bords aussi usés, vraisemblablement provoqués par des chocs ? Là aussi, mystère. A l’envers, elle est signée  d’un W, me semble-t-il, accompagné ou précédé, selon le sens dans lequel on la regarde, d’un signe cabalistique, impossible à déchiffrer. 

La Fleur bleue. Elle est superbe, avec ses pétales bien ouverts pour qu’on puisse bien voir ses gros pistils rouges, bien alignés en un double rang, avec cinq pistils en arrière et trois devant. Cinq pétales bleus en arrière forment comme un amphithéâtre enveloppant de nature à valoriser ce cœur  rouge ; par devant trois pétales bleus se montrent de l’arrière, avec trois autres plus bas pour donner un joli gonflant de devant.  

Sa cour de proximité. Une telle fleur se doit d’avoir autour d’elle une guirlande légère faite de 5 feuilles, accrochée à 3 brins, qui semble flotter au vent. Par devant dépasse la tige courbe, là aussi avec trois brins garnis de quelques feuilles seulement, pour ne pas nuire à la mise en lumière de deux petites fleurs simples, une au cœur jaune avec cinq  petits pétales et l’autre avec deux pétales et des pistils de fleurs rouges. Un rouge que l’on va retrouver sur des pampres rouges qui encadrent la composition florale, pour dynamiser l’ensemble…  

L'assiette de faïence à la fleur bleue, Cl. Elisabeth Poulain

L'assiette de faïence à la fleur bleue, Cl. Elisabeth Poulain

Le pourtour de l’assiette est orné d’un ruban vert-jaune passé à croisillon, à la façon d’une dentelle festonnée, qui joue avec les contours arrondis de l’assiette, marqués par six encoches légères, qui donnent le sens dans laquelle l’assiette doit être vue. La fleur est positionnée dans l’axe de deux encoches qui se font face et qui permettent de tracer une étoile à quatre branches rayonnantes. En effet cette verticale croise l’axe horizontal, tous deux créant la structure de base, dans laquelle s’inscrivent deux axes secondaires dans chacun des quatre quartiers. Au total, il y aura donc douze entrées, qui sont des courbes en creux se rapprochant du bord, avec un gonflé entre deux creux. C’est un effet vague très réussi.

Chaque creux est orné d’une fleur particulière très simple, à quatre pétales d’un rouge brique passé, avec un cœur jaune. Entre chaque fleur simple de creux, on peut voir une demi-fleur du même rouge brique, du style d’une marguerite dont le pétale supérieur serait plus imposant que les autres. En commun les six fleurs simples et les six fleurs-marguerites portent à leur sommet tourné vers l’intérieur de l’assiette une fleur bleue, un bleu de fleur de lys, avec une petite larme jaune qui s’échappe de la fleur bleue. Pour finaliser la guirlande extérieure, deux motifs de feuilles enrichissent la guirlande-dentelle, trois feuilles simples un peu arrondies viennent rendre hommage à la fleur de lys bleu de chaque côté. Avec plus bas pour combler le creux qui restent, des formes de fougères permettent de donner un joli mouvement pour finir.

Le lien entre la fleur et "l’assiette de table" est que la première ne se découvre qu’avant de remplir son assiette ou lorsqu’on a fini de manger dans l’assiette qui alors est bonne à laver. On dit alors qu’elle est sale. La fleur répond visiblement à un besoin qui est d’associer le bon et le beau, le second renforçant le premier, qu’on ne voit pourtant qu’avant de placer de la nourriture dedans. Ce pourrait être l’anticipation d’un plaisir pour la femme qui a mis la table et qui a plaisir à montrer de la belle vaisselle ou celle qui a une histoire ainsi que pour le convive qui aura tout mangé, sans rien laissé dans son assiette, pour avoir le plaisir de voir le fond. C'est "un ressort" qui fonctionne pour les enfants. Poiur lesadultes, j'en doute.

L'assiette de faïence à la fleur bleue, l'envers, Cl. Elisabeth Poulain

L'assiette de faïence à la fleur bleue, l'envers, Cl. Elisabeth Poulain

« L’assiette de mur », une dénomination qui n’existe pourtant pas, pourrait convenir à cette cette assiette. Elle ressemble en réalité plus à un tableau qui s’accrochait au mur grâce à un dispositif à trois branches, une forme de décoration de la cuisine qui n’est plus guère à la mode aujourd'hui, si ce n’est dans le cadre d’une collection...d’assiettes.

Ce billet s’inscrit dans un questionnement, sans réponse évidente « pourquoi avons-nous et pas seulement les femmes, tant besoin d’avoir, de voir des fleurs partout ? » Et cela depuis des siècles, une tendance allant croissante.

                                                                         *

Pour suivre le chemin

. Cette assiette n'a pas non plus de source évidente. Je l'ai trouvé dans un vieux carton chez mes parents.

. Voir sur ce blog, trois billets qui parlent de fleurs…

http://www.elisabethpoulain.com/article-la-beaute-d-evidence-du-rose-de-printemps-des-fleurs-de-jardin-69853197.html  

http://www.elisabethpoulain.com/2015/10/les-mains-des-femmes-le-gout-des-fleurs-la-broderie-en-exemple-oui-un.html  

http://www.elisabethpoulain.com/2015/10/les-mains-des-femmes-le-gout-des-fleurs-la-broderie2.html  

. Photos Elisabeth Poulain

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Au Riz des Fritz, la BD de Nathalie Bodin, La Boîte à Bulles

6 Décembre 2015, 11:47am

Publié par Elisabeth Poulain

Au Ritz des Fritz, Nathalie Bodin, La Boîte à Bulles, Couverture BD, Cl. Elisabeth Poulain

Au Ritz des Fritz, Nathalie Bodin, La Boîte à Bulles, Couverture BD, Cl. Elisabeth Poulain

 

« Au Ritz des Fritz » en commençant d'abord par l’auteur Nathalie Bodin. Elle est une jeune femme, créatrice et dessinatrice de bandes dessinées au trait singulier et à l’ambiance très particulière qui résultent à coup sûr de sa personnalité, de son choix du fusain pour restituer ce qu’elle veut dire et faire sentir et aussi forcément de l’histoire qu’elle a choisie entre mille autres possibles en ce moment. Elle se joue à chaque fois pour chaque composante, de plusieurs écrans, qui font d’elle un maître dans l’art de l’imbrication d’univers déjà complexes en eux-mêmes. Un peu comme un miroir qui se reflète dans un autre qui à son tour joue l’effet-miroir… comme un jeu aussi qui suscite très vite un sentiment d’oppression renforcé curieusement par la douceur enveloppante de ses différents gris du fusain, avec cette idée à la fin qui surgit comme une si triste constatation, que la cruauté humaine et la bêtise crasse sont décidément incommensurables. Cela n’est jamais dit avec des mots, car Nathalie a une grande finesse naturelle et sobre qui se ressentent dans ce qu’elle dessine, dit et exprime. 

Le titre « Au Ritz des Fritz ». Il intrigue forcément. Cela ne peut être en aucun cas un hasard, tant le titre doit en quelques mots seulement attirer le projecteur sur le livre en se concentrant sur l’essence de ce qui en est la matière, la chose imprimée, parmi  un foisonnement non chiffrable de nouvelles parutions en France, en Europe et aux Etats-Unis en particulier… sans même parler maintenant des autres sources. Il exprime en quelques mots l’essentiel du contenu en l’attribuant à l’auteur pour que le lecteur puisse à son tour venir à leur rencontre à tous deux, l’auteur et le livre, le livre et le lecteur. Tout se joue toujours à trois dans un mouvement perpétuel, avec en surimpression active, un autre trio de choc qui est constitué par le territoire, le temps et le hasard du télescopage.

Dans cette histoire inventée basée sur des faits réels, le lecteur va toujours retrouver ces trios d’acteurs. Le territoire concerne le pays, avec cette interrogation où sommes- nous ? En Allemagne ? Dans un pays en guerre contre l’Allemagne, ou dans un pays ami de l’Allemagne, qui laisse agir sur son territoire ces ennemis allemands comme s’ils détenaient une autorité légitime à exercer le pouvoir dans une prison, une parcelle du territoire américain, que seules autorités locales ou nationales peuvent exercer ? Le hasard, cette autre façon de nommer le télescopage d’univers aux valeurs incompatibles, pose cette question  « comment peut-on accepter cette situation incroyable ? » qui, on le verra, ne sera pas du seul fait des Etats-Unis, mais aussi d’autres nations, sous des formes diverses. C’est le temps, l’époque qui va justifier ces monstrueuses incongruités, au moment où la décision est prise : « mais pourquoi cette situation a-t-elle pu surgir à ces moments-là. »  

Au Ritz des Fritz, Nathalie Bodin, La Boîte à Bulles, Couverture BD, Cl. Elisabeth Poulain

Au Ritz des Fritz, Nathalie Bodin, La Boîte à Bulles, Couverture BD, Cl. Elisabeth Poulain

« Au Ritz des Fritz », le titre de la BD choisit de jouer la sonorité avec des mots courts. Fritz est une des dénominations péjoratives pour désigner les Allemands depuis les deux dernières guerres de 14-18 et 40-45 et l’Hôtel Ritz à Paris, Place Vendôme, n°15, possède la même sonorité finale. C’est un des plus grands hôtels du monde, qui avait été choisi par la Gestapo pour y établir son siège, pendant la Guerre de 1940-1945. On se doute bien pourtant qu’il ne va pas être question ici d’hostellerie de luxe d’aujourd’hui, ni de la Place Vendôme de Paris où l’hôtel est implanté, le lieu le plus chic et le plus significatif de l’univers de l’Hyper-Luxe emblématique de Paris dans le monde.

La couverture du livre éclaire le titre. On y voit des hommes de dos dont trois d’entre eux portent un blouson marqué de deux lettres PW, « Prisoner of War » parce qu’ils étaient les hôtes non volontaires de « war camps », des camps de guerre établis aux Etats-Unis même. Ils font le salut nazi devant le drapeau nazi fixé au grillage qui les retient dans cette prison, où flotte en dehors le drapeau américain gardé par un soldat US au-delà de la double clôture. Le héros, qui se tient en arrière et pour nous au premier plan près d’un mur, regarde cette scène à plusieurs plans séquences avec beaucoup d’attention. Le choix de ce dessin par Nathalie Bodin n’est évidemment pas anodin. On y distingue six plans-séquences qui montrent d’une façon très parlante, l’enfermement et l’utilisation optimale de l’espace dans ce choc d’univers autant physique que mentale. 

. Notons le mur de la baraque auquel est adossé le héros allemand, Danwarth W. Pabel, emprisonné dans une prison militaire américaine sur le sol américain, comme en témoigne le drapeau américain rouge à bandes blanches, avec les étoiles blanches sur fond bleu, à droite en haut du croquis. Il flotte fièrement au vent ;

. les cinq PW allemands qui font le salut nazi devant le drapeau allemand, qui éclate de force en rouge, noir et blanc sur le grillage ;

. la première ligne de grillage haut ;

. la seconde ligne qui établit un « no man’s land » entre les deux, pour empêcher ou ralentir les évasions. Les deux grillages fixés à des poteaux de bois, semble-t-il, sont dotés de « concertina », un doux nom qui visent ces retours obliques de grillage en haut vers l’intérieur pour freiner les projets d’évasion;

. le soldat américain de l’autre côté de cette double enceinte qui monte la garde face aux prisonniers presque à l’aplomb du drapeau américain rouge, bleu et blanc qui flotte au vent du haut de sa grande hampe. Il est facile à distinguer des prisonniers, il porte un fusil ;

. devant un baraquement vraisemblablement en bois, très fonctionnel issu de l’architecture militaire d’urgence de l’époque et qui s’est diffusé ensuite au plan mondial. Ce type de construction rapide a été utilisée indifféremment pour accueillir ces soldats US et leurs prisonniers de l’autre côté de cette double « frontière ». Bien évidemment l’aménagement intérieur changeait en fonction des personnes à accueillir. Avec au-dessus, le titre « Au Ritz des Fritz » écrit en gros caractères, avec de grosses tâches de sang rouge près de Ritz. Ces variations de rouge sont les seules couleurs de l’ouvrage.

Au Ritz des Fritz, Nathalie Bodin, La Boîte à Bulles, Entrée stalag aux Etats-Unis, Cl. Elisabeth PoulainAu Ritz des Fritz, Nathalie Bodin, La Boîte à Bulles, Entrée stalag aux Etats-Unis, Cl. Elisabeth Poulain

Au Ritz des Fritz, Nathalie Bodin, La Boîte à Bulles, Entrée stalag aux Etats-Unis, Cl. Elisabeth Poulain

On découvre ensuite l’histoire de ce résistant allemand, capturé en Normandie le 6 juin 1944 envoyé aux Etats-Unis, comme prisonnier de guerre. Parmi ces « Normandistes » étaient mêlés aussi bien de rares opposants à Hitler que Nathalie Bodin appele des " Démocrates" , comme Pabel, que des francs Nazis. Ce furent ces derniers qui prirent la gestion du camp en main, avec l’accord plus que tacite des autorités nord-américaines. Imaginez la vie que Pabel, vu comme un ennemi de l’intérieur par ses propres compatriotes, a pu mener…La BD raconte sa vie quotidienne au camp, entre l’incertitude concernant son destin et le sort de sa famille restée en Allemagne, le danger que représentaient pour lui les Nazis dotés de facto du pouvoir de régulation interne du camp, l’obligation de faire chaque jour le salut nazi aux militaires américains, à la demande des autorités américaines, comme s’il était de l’autre camp… !

La raison d’être de ces stalags américains aux Etats-Unis était d’ordre purement économique : le marché de l’emploi avait besoin de bras. Des travailleurs payés en bons d'achat étaient bien utiles pour faire les travaux que les salariés américains ne voulaient pas faire pour relever au plus vite l’économie. L’envoi de ces prisonniers de guerre aux Etats-Unis ne coutait rien dans la mesure où les soldats allemands étaient embarqués dans les navires américains qui repartaient à vide aux Etats-Unis, après avoir apporté des matériels et des matériaux en France tout particulièrement, sur la Côte normande.  Cette « solution » logistique, si pratique pour pallier les manques de bras, fut ensuite utilisée par les Alliés en Europe envers des hommes fichés comme Nazis pour effectuer des tâches dangereuses.

La BD se poursuit en montrant comment Pabel réussit à s’évader, avec un compagnon de misère, grâce à la solidarité de quelques-uns, et son arrivée à New York dans le quartier des expatriés allemands. C’est là qu’il put « fêter » le 8 mai, plus d'ailleurs la victoire des Alliés sur les Nazis que la capitulation de l’Allemagne qui lui fit venir les larmes aux yeux. Là aussi qu’il retrouva Cacilie, sa tendre amie qui ne l’avait pas oublié. Vint ensuite pour lui l’absolue nécessité de revenir au pays dans une Allemagne meurtrie, près de Darmstadt, pour retrouver sa tante en bonne santé et la maison familiale intacte…

Au Ritz des Fritz, Nathalie Bodin, La Boîte à Bulles, Camps de prisonniers Etats-Unis, Allemagne, Cl Elisabeth PoulainAu Ritz des Fritz, Nathalie Bodin, La Boîte à Bulles, Camps de prisonniers Etats-Unis, Allemagne, Cl Elisabeth Poulain

Au Ritz des Fritz, Nathalie Bodin, La Boîte à Bulles, Camps de prisonniers Etats-Unis, Allemagne, Cl Elisabeth Poulain

« Au Ritz des Fritz », vous l’avez compris est le titre d’une histoire bouleversante d’autant plus qu’elle est tirée de la réalité, racontée par Nathalie Bodin d’une façon très sobre, sans pathos, avec ses dessins qui disent mieux et autrement que des mots. Les Ritz du titre ont été en réalité des stalags, des camps de prisonniers doublement enfermant, où les Fritz allemands du dedans étaient protégés à l'extérieur par les gardes militaires armés américains pour mater à l’intérieur des Démocrates allemands et les empêcher de s’enfuir pour ne pas périr sous la haine et la violence sadique de ces brutes déshumanisées. Cette opération, qui était justifiée par l’urgence de la reprise économique aux Etats-Unis…s’est inscrite dans une logique de guerre qui en France s’était traduit par des envois massifs de travailleurs français dans le cadre du STO, le Service du Travail Obligatoire. On comprend alors mieux le titre de l’ouvrage « Au Ritz des Fritz » ; cette histoire ne parle pas seulement des Allemands résistants face aux Nazis mais aussi peut-être de Français qui furent envoyés contre leur volonté aider l’Allemagne à continuer la guerre. Le choix dans le titre du siège de la Gestapo en France ne peut être une indication neutre.

Un grand merci à Nathalie Bodin pour cette BD qui traite non seulement d’un sujet hyper-sensible encore maintenant et qui porte aussi une grande part d’humanité, en posant ces questions fondamentales et sans réponse : Qu’en est-il du respect de la personne humaine face à l’intérêt économique et/ou à la volonté de vengeance ? Qui est l’ennemi ? Où est-il ? Que justifie la guerre ? Faut-il appliquer la loi du talion ? Ses dessins au fusain offrent cette particularité de renforcer l’ambiguïté de ces situations de guerre, en accentuant ce flou réel grâce à des nuances de gris, de grisé, d’infinies variétés de noir qui jouent avec des blancs tout aussi compliqués, dans des dessins, qui accentuent les lignes géométriques en faisant disparaître toute nature, la nature humaine de certains y comprise. Ses lignes structurent la présentation du camp, montré aussi dans des séquences courtes qui mettent l’accent sur des parties de ces paysages d’enfermement, avec des hommes en personnages et les constructions qu’ils ont érigées. Les séquences à New-York puis le retour du héros en Allemagne montrent une autre palette de la faculté de Nathalie Bodin à faire vivre des paysages et à restituer des atmosphères, comme l’a dit Arletty en 1938.                                                             

                                                                          *

Une fois n’est pas coutume, je voudrais terminer par la citation, que reproduit wikipedia, du général George S. Patton qui déclara dans son journal : « Je suis également opposé à l'envoi de prisonniers de guerre pour travailler comme esclaves dans les pays étrangers (en particulier, en France) où beaucoup mourront de faim ». Il nota également « Il est amusant de rappeler que nous avons combattu lors de la Révolution pour la défense des droits de l'homme et lors de la guerre civile pour abolir l'esclavage et nous sommes maintenant revenu sur ces deux principes. ». En note, figure la précision suivante, « le 12 octobre 1945, le New York Herald Tribune écrivit que les Français affamaient leurs prisonniers de guerre, et comparait leur maigreur à celle de ceux libérés du camp de concentration de Dachau ». Les prisonniers allemands furent obligés de travailler en particulier dans des mines de charbon et de nettoyer des champs de mines en France et aux Pays-Bas…

Au Ritz des Fritz, NathalieBodin, La Boîte à Bulles, retour en Allemagne, Cl. Elisaberth PoulainAu Ritz des Fritz, NathalieBodin, La Boîte à Bulles, retour en Allemagne, Cl. Elisaberth PoulainAu Ritz des Fritz, NathalieBodin, La Boîte à Bulles, retour en Allemagne, Cl. Elisaberth Poulain

Au Ritz des Fritz, NathalieBodin, La Boîte à Bulles, retour en Allemagne, Cl. Elisaberth Poulain

Pour suivre le chemin

. Nathalie Bodin, Au Ritz des Fritz, La Boîte à Bulles. L’ouvrage a bénéficié de l’aide de la SCAM et du CNL, à retrouver sur le site de l’éditeur sur http://www.la-boite-a-bulles.com/album-223-au-ritz-des-fritz  qui en présente quatre planches soit 8 pages. Pour des questions concernant l’ouvrage, vous adresser à vincent@la-boite-a-bulles.com  

. Retrouver les bases de l’univers de la BD sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Bande_dessin%C3%A9e 

. Sur les doux noms attribués par les Français aux Allemands, « Les insultes envers les Allemands » sur http://monsu.desiderio.free.fr/curiosites/allemand3.html  ainsi que http://www.arte.tv/magazine/karambolage/fr/le-mot-boche-chleu-et-fritz-karambolage 

. Les palaces parisiens à voir dans un article de 2013 http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20130718.OBS0178/a-qui-appartiennent-les-palaces-parisiens.html  

. Lire l’histoire du Ritz, anciennement Hôtel de Gramont au n° 15 de la Place Vendôme, la place la plus raffinée, l’emblème hyper-chic de la capitale française, dans une étude de wikipedia illustrée de photos de toute beauté sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Place_Vend%C3%B4me  

. L’histoire mouvementée du Ritz, un des hôtels les plus prestigieux du monde et qui pourtant n’appartient pas à la liste restreinte des « palaces » les plus côtés… https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%B4tel_Ritz_(Paris)  

. Découvrir l’essentiel de cette dimension méconnue ou peu connue d’envois de prisonniers allemands de la Deuxième Guerre mondiale aux Etats-Unis pour servir de travailleurs forcés sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Prisonniers_de_guerre_allemands_aux_%C3%89tats-Unis  

. Lire aussi ce qu’a été le STO, le Service du Travail obligatoire de France vers l’Allemagne, d’abord sur la base du volontariat, puis ensuite sur réquisition, en tant que travailleur forcé en Allemagne, dans une étude très complète de wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Service_du_travail_obligatoire_(France)  

. Voir la situation dramatique de soldats allemands employés à la fin de la guerre en France à déminer des zones littéralement bourrées de mines devenues invisibles sur le littoral nord, dans le midi…et qui firent tant de victimes allemandes, à voir en anglais sur le site du Spiegel, le plus célèbre magazine allemand, dans un article récent du 25-08-2008.  http://www.spiegel.de/international/europe/france-s-deadly-mine-clearing-missions-surviving-german-pows-seek-compensation-a-574180.html  

. Photos EP issues de l’album, reproduites avec l’autorisation de la Bédéiste et de La Boîte à Bulles, son éditeur. Quant au texte, il n’engage que moi. S’y a des erreurs, elles sont de mon fait.

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La France en Bleu-Blanc-Rouge > Les trois couleurs du drapeau français

16 Novembre 2015, 15:57pm

Publié par Elisabeth Poulain

Les drapeaux de la France-bleu-blanc-rouge et de l'Union européenne-bleu-étoiles, Cl. Elisabeth Poulain

Les drapeaux de la France-bleu-blanc-rouge et de l'Union européenne-bleu-étoiles, Cl. Elisabeth Poulain

Le titre. Il commence par la France et se termine par l’adjectif dérivé « français » accolé au drapeau. C’est évidemment une redite volontaire de ma part, pour rappeler où nous sommes, en 2015,  en ce moment actuel de notre longue histoire pour parler de l’importance de ce  symbole de la France dans des périodes troublées, comme actuellement.

Le drapeau bleu-blanc-rouge à bandes horizontales est notre représentation, celle de la France. Il ne peut pas être copié. Par contre, comme tout élément symbolique fondamental, sa longue histoire influence à son tour d’autres, en un mouvement continu. Le pays change, son histoire s’enrichit de nouveaux développements et de nouvelles interprétations du passé et le drapeau à son tour se charge d’un poids encore plus fort. Et cela bien sûr en interaction avec les autres, les autres pays, les autres personnes, leurs histoires… dans un mouvement perpétuel entre les territoires, les personnes et le temps.

Les synonymes de drapeau sont nombreux sans en avoir pourtant ni la portée symbolique ni la force.  On peut parler de « banderole, de bannière, couleurs, d’enseigne, d’étendard, de fanion… », selon le Dictionnaire des Synonymes. Pourtant on n’imagine pas d’utiliser le terme de « banderole » tant ce serait faire atteinte au respect que l’on doit avoir pour le drapeau. C’est aussi un des rares mots qui n’a pas de contraire. C’est ce qu’on peut constater dans le dictionnaire cité.

La France, ses emblèmes, le drapeau, la mairie, Vallée du Haut-Allier, Cl. Elisabeth Poulain

La France, ses emblèmes, le drapeau, la mairie, Vallée du Haut-Allier, Cl. Elisabeth Poulain

Le drapeau français aux trois couleurs, bleu, blanc et rouge. Il est le fruit d’une longue histoire, commencée officiellement en 1789 – d’où sa dénomination de drapeau révolutionnaire - où le bleu et le rouge représentaient Paris, alors que le blanc était traditionnellement la couleur de la Royauté. Il a été officiellement adopté au titre de drapeau de la France en 1794. Il est devenu par ailleurs aussi en 1812 le drapeau officiel des Armées. Il est signe d’unité par-delà le temps qui passe et exerce un rôle majeur et inégalé d’adhésion aux valeurs fondamentales de la France qui sont la Liberté, l’Egalité et la Fraternité.

Ces trois couleurs associées aux trois valeurs forment l’identité française la plus significativement forte, visuellement incarnée par le drapeau français, qui a été mis en berne sur tous les monuments officiels de la France. Elles ont été reprises en Europe et dans le monde pour éclairer des monuments iconiques représentatifs d’un pays. Cela a été le cas en Allemagne, à Berlin pour la Porte de Brandebourg…Des marques de solidarité qui font chaud au cœur. Un grand merci aussi aux contributeurs de wikipedia…

Pray for Paris-Berlin-Brandenburger-Tor-aux-couleurs-de-la-France-wikipedia-hansjürgend2013-VielenDank

Pray for Paris-Berlin-Brandenburger-Tor-aux-couleurs-de-la-France-wikipedia-hansjürgend2013-VielenDank

Pour suivre le chemin

. Retrouver le drapeau français sur le site du Président de la République http://www.elysee.fr/la-presidence/le-drapeau-francais  ainsi que la devise http://www.elysee.fr/la-presidence/liberte-egalite-fraternite/  

. Une très longue étude du drapeau français à voir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Drapeau_de_la_France#/media/File:Eug%C3%A8ne_Delacroix_-_La_libert%C3%A9_guidant_le_peuple.jpg  

. Les couleurs de la France utilisées sur des monuments étrangers, en hommage aux victimes parisiennes, à voir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Attentats_du_13_novembre_2015_en_France  

 

. On peut voir aussi l’article dédié aux drapeaux sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Drapeau  

. On peut consulter aussi http://www.drapeaux.pro/  ainsi que les origines du drapeau sur http://drapeaufree.free.fr/HISTORIQUE/origines.htm  

. L’origine latine du drapeau sur http://www.eurodrapeau.com/drapeau/drapeau-couleurs-symboles.php 

 

. Dictionnaire de Synonymes et Contraires d’Henri Bertaud du Chazaud, le Robert, Les Usuels . Etonnamment, le Dictionnaire des Symboles de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, Collection Bouquins, Robert Laffont/Jupiter, ne cite pas le drapeau dans leurs symboles. Une raison pourrait être qu’il s’agit d’un symbole construit volontairement par un pouvoir politique et non pas secrété par la société civile.

. Photos, Cl. Elisabeth Poulain-Hans Jürgen2013 sur wikipedia pour la BrandeburgerTor dans l’article cité sur les attentats du 13.11.2015

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1915-2015, la guerre et la vie qui continue-2-L’Illustration 13-11-1915

13 Novembre 2015, 16:57pm

Publié par Elisabeth Poulain

Annonces Stylo Swan, Illustration 13-11-1915, Cl. Elisabeth PoulainAnnonces Stylo Swan, Illustration 13-11-1915, Cl. Elisabeth Poulain

Annonces Stylo Swan, Illustration 13-11-1915, Cl. Elisabeth Poulain

Il y a cent ans exactement, en cette seconde année de la guerre, sortait ce numéro de l’Illustration. C’est le n° 3793 en sa 73è année, qui annonçait sur sa couverture « Le Nouveau Ministère en Conseil… ainsi que les planches 105 à 108 du Tableau d’Honneur de la Guerre ». Comprenez les soldats morts à la guerre, avec leur photo, leur nom, leur grade et un texte qui récapitule leurs mérites. Ce numéro exceptionnellement compte une femme dans ces 107 personnes citées dans les  planches 105, 106, 107 et 108. Il s’agit de Mme Waidmann, née Clémentine Boudet (cit.), avec le texte suivant : « Attachée à l’hôpital auxiliaire de l’Union des femmes de France à Remiremont, depuis le début de la guerre, n’a cessé  de prodiguer ses soins aux blessés de cet hôpital  avec le plus grand dévouement, y joignant une action morale très remarquée. A contracté à leur chevet une affection à laquelle elle a succombé après avoir donné  un bel exemple de courage et d’abnégation. »  

L'Illustration 13.11.2015, Soldats Français en Serbie, Gorges du Vardar, GRG serbes, Cl. Elisabeth Poulain L'Illustration 13.11.2015, Soldats Français en Serbie, Gorges du Vardar, GRG serbes, Cl. Elisabeth Poulain L'Illustration 13.11.2015, Soldats Français en Serbie, Gorges du Vardar, GRG serbes, Cl. Elisabeth Poulain

L'Illustration 13.11.2015, Soldats Français en Serbie, Gorges du Vardar, GRG serbes, Cl. Elisabeth Poulain

C’est le moment où la guerre en Serbie bat son plein. Une grande carte centrale sur les deux pages permet de voir « le terrain des opérations des forces alliés en Serbie » et en Bulgarie à la frontière avec la Grèce. Des photos montrent des paysages de montagne entrecoupés de gorges profondes au fond desquels coule le Vardar dans le Défilé de Demir Kapou (p. 508). Juste en dessous de cette photo, on peut voir le campement des zouaves français bien habillés, en tenue, près de la gare de Guevgueil. En vis-à-vis sur l’autre page, on découvre 6 G.V.C. serbes sur la ligne du Vardar. Les GVC sont des gardes des voies de communication.

Illustration 13.11.1915, le transport du G. Marchand, blessé,  CL Elisabeth Poulain

Illustration 13.11.1915, le transport du G. Marchand, blessé, CL Elisabeth Poulain

« Un épisode de la bataille de Champagne » figure en double page du milieu. C’est un dessin de G. Scott, « composé sur les lieux même d’après les renseignements concordant de plusieurs témoins, au transport de l’intrépide Général Marchand, grièvement blessé vers l’arrière ». On y voit le blessé porté sur un brancard par quatre hommes sous la pluie. Le texte suivant accompagne le dessin « Porté par un officier, le lieutenant A. et trois brancardiers, le Général Marchand très pâle, était étendu, la tête découverte. Sur la route, les soldats blessés saluaient. Des spahis passent ; on entend un commandement : « Sabre à la main ! » Les spahis se rangent, font face, tandis qu’un officier supérieur s’approche et salue longuement du sabre. Mais une main se dégage du manteau et se tend, large, ouverte, au colonel P. de T. qui la serre. Puis le défilé des spahis continue… Récit d’un soldat colonial. ».

On peut lire ensuite des articles sur la situation en Roumanie, la présence du général Gouraud en Italie, la 66e semaine de guerre, les mutilés de la guerre en apprentissage, le Canal de Panama obstrué…avec aussi une photo très étonnante où l’on découvre ce qu’est un haut- fourneau français de cette époque. C’était une galerie creusée sous le camp ennemi dans laquelle étaient placés des explosifs pour faire sauter leur position du dessous.

L'Illustration 13.11.1915, Annonces Rasurel, Cratère du Haut-Fourneau, Phoscao, l'Alsacienne et le soldat, Cl. Elisabeth Poulain   L'Illustration 13.11.1915, Annonces Rasurel, Cratère du Haut-Fourneau, Phoscao, l'Alsacienne et le soldat, Cl. Elisabeth Poulain   L'Illustration 13.11.1915, Annonces Rasurel, Cratère du Haut-Fourneau, Phoscao, l'Alsacienne et le soldat, Cl. Elisabeth Poulain

L'Illustration 13.11.1915, Annonces Rasurel, Cratère du Haut-Fourneau, Phoscao, l'Alsacienne et le soldat, Cl. Elisabeth Poulain

Cette fois-ci, contrairement à hier où nous avons découvert quelques articles et annonces parus dans l’hebdomadaire du 6 novembre, avec une réclame au début et une autre à la fin, j’ai choisi pour ce numéro de mettre les deux annonces à la fin, avec aussi un cliché montrant l'impact de l'explosion d'un haut-fourneau français.

J'ai fait une autre exception en présentant d'abord les annonces pour un stylo anglais, au regard de l'importance qu'avait le courrier envoyé par les soldats du Front à leur famille restée en arrière. Il y a ensuite l’annonce Rasurel qui se trouve au début du magazine sur une pleine page. Imaginez l'impact que pouvait avoir ce sous-vêtement qui gardait la chaleur pour des familles qui savaient que la vie là-bas devait être si dure. Suit l'annonce pour Phoscao, en Alsace, une spécialité française…en vous laissant découvrir qui franchit la frontière allemande en premier, le soldat français venu délivrer la province ou l’avenante jeune Alsacienne ?

Pour suivre le chemin

. Voir aussi l'article d'hier sur L'Illustration du 6.11.1915 sur ce blog

. Retrouver ce numéro de L'Illustration en date du 13.11.1915, avec peut être plus de chance que s'il s'agissait d el'année 1914 ou 1918....

. Lire la Campagne de Serbie sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Campagne_de_Serbie  

. Trouver des informations sur les G.V.C. français –et non pas serbes – sur http://gvc.14-18.pagesperso-orange.fr/Histoire/Histoire191407Amobilisation.html  

. Voir la guerre des mines sur http://souterrains.vestiges.free.fr/spip.php?article5  avec des photos et des textes très éclairants, où l’auteur vous explique comment les Français creusaient des souterrains sous les tranchées allemandes pour y placer des bombes, avec aussi une photo de l’Illustration du 20.03.1915.

. Photos Elisabeth Poulain 

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1915-2015 - La guerre et la vie qui continue-1-L’Illustration 1915

11 Novembre 2015, 18:44pm

Publié par Elisabeth Poulain

Camp français de Salonique, L'Illustration 6.11.1915,

Camp français de Salonique, L'Illustration 6.11.1915,

Un titre à expliquer, en vous disant d’abord de quoi il ne s’agit pas. Il n’y sera pas question de vous expliquer cette première grande guerre mondiale qui a mobilisé tant de nations et tant de soldats, qu’on n’en connait pas le décompte exact. On estime les pertes militaires à quelques 9, 7 millions et les pertes civiles à 8,8 millions sans compter  les blessés militaires. Cette guerre a créé un tel choc par sa démesure, sa durée, sa violence, ses conséquences, qu’elle est encore aujourd’hui un fait de notre société actuelle, au sens où ses conséquences sont encore celles qui  marquent nos vies.

Il ne se passe guère de mois où son souvenir ne soit pas évoqué. Guère de mois, où un nouveau livre ne sorte pour mieux nous en faire comprendre ses causes, des éclairages différents et des conséquences jusqu’alors non explicitées. Et cela pas seulement le 11 novembre, qui en France célèbre la Toussaint, c’est-à-dire la fête de tous les saints, un jour du Souvenir en particulier dédié aux Morts de la Guerre, une période de l’année où les Monuments aux Morts sont toujours fleuris en la mémoire de tous ceux qui sont morts pour la France. 

Il ne s’agit pas non plus de faire l’analyse de tous les numéros hebdomadaires de l’Illustration, la plus célèbre revue de la presse française de toute notre histoire, pour vous faire apprécier la façon dont les journalistes et les photographes civils et militaires ont « couvert » cette guerre. Encore aujourd’hui, leurs analyses sont toujours citées. Ce travail a certainement été fait, sachant que les résultats et les critères des analyse changent aussi avec le temps qui passe.

Belle Jardinière, Paris, l'Illustration, 06.11.1915, Cl. Elisabeth Poulain

Belle Jardinière, Paris, l'Illustration, 06.11.1915, Cl. Elisabeth Poulain

L’objectif de ce billet est de se focaliser sur un numéro de l’Illustration, le 6 novembre 1915, avec là aussi un double éclairage, l’un centré bien sûr sur les évènements militaires et l’autre sur les « annonces », la publicité d’alors, pour vous montrer comment séduire le lectorat appartenant à la classe aisée à qui cet hebdomadaire de prestige était accessible. J’avais prévu d’étudier un autre numéro en même temps, mais le billet aurait été trop lourd. Ce sera pour une autre fois.

L’Illustration du 6.11.1915. L’hebdomadaire commence par cinq pages d’annonces, qui ont leur propre numérotation. Le verso de la couverture ne porte pas de numéro, ce qui fait que la page qui lui fait face –notre page 3 actuelle - commence par la page 1.

Annonce page 1. C’est la seule pleine page entièrement consacrée à la Belle Jardinière pour des vêtements pour Hommes, Dames, Enfants et Fillettes et à des Uniformes militaires. On y voit un groupe devant l’Arc de Triomphe de l’Etoile, en haut des Champs-Elysées, avec en fond des arbres qui ont perdu leurs feuilles. Il y a le père du militaire gradé aux hautes bottes avec des éperons, tenant son fils revêtu d’un costume de marin par l’épaule, devant vraisemblablement le père du premier et le grand-père du second, avec à leur droite une belle dame très bien habillée, d’un tailleur à la veste longue et bottines à talons sous une jupe longue, ses épaules entourées d’un renard et une plume de pain sur son chapeau. Notez qu'il n'y a pas de fillette ni de grand-mère.

Annonce page 3. « Voici l’heure du Courrier dans les tranchées. Envoyez à nos Chers Soldats un PORTE-PLUME-RESERVOIR ONOTO pour faire leur correspondance… » C'est un dessin humoristique très bien rendu où l'on voit trois soldats, l'un occupé à viser, l'autre à fumer sa pipe  et le troisème à bien s'appliquer à écrire sa lettre. C'est un dessin signé de Mich, qui évoque la guerre dans l'univers des tranchées, avec un obus qui vient d'exploser et des fils de fer barbelés accrochés à des poteaux, qui en ont déjà vus beaucoup...  

Dessin G. Leroux, Photo Lutte contre la boue, L'Illustration 06-11-1915, Cl. Elisabeth Poulain
Dessin G. Leroux, Photo Lutte contre la boue, L'Illustration 06-11-1915, Cl. Elisabeth Poulain

Dessin G. Leroux, Photo Lutte contre la boue, L'Illustration 06-11-1915, Cl. Elisabeth Poulain

L’Illustration du samedi 6 novembre 1915 commence par une pleine page par une photo du Général Sarrailet et du Général Bailloux, avec le titre « La France dans les Balkans. » Suit un article « Au pied de l’Atlas », avec ensuite des photos prises sur différents sites. On y voit par exemple un dépôt d’engins capturé aux Allemands dans une tranchée en Champagne (p. 483). Dans deux photos pleine page, l’une montre « La lutte contre la boue : on pave les boyaux… pour le second hiver que nos soldats rendent plus confortables et plus praticables. ».

En double pleine page, celle du milieu, deux grands clichés nous emmènent à Salonique, « vue de la rade et le camp français plantées de tentes », deux admirables photos de la Section photographique de l’Armée. Commence une nouvelle vision de la guerre cette fois-ci avec le départ des troupes françaises en Serbie (page 490). La page qui lui fait face est consacrée à deux dessins d’un Prix de Rome, Georges Leroux ; l’un « dans la tranchée conquise » et l’autre en dessous « le cortège des cuistots qui portent la soupe aux tranchées ». Puis c’est au tour de Venise, dont on voit en photos les destructions causées par un avion autrichien notamment à une fresque de Tiepolo.

Comme à chaque fois, dans chaque numéro, une double page recto-verso, sans titre, montre le portrait des hommes  morts au combat, avec leur grade. Suivent ensuite des nouvelles des différents fronts en France, Serbie, Italie, Afrique équatoriale, par mer, en Russie… Une page entière sous forme de trois photos (p. 499) est dédiée à la bataille britannique de Loos, qui dura trois jours du 25 au 28 septembre 1915 et qui se solda par « une victoire britannique » alors que maintenant wikipedia parle d’un échec britannique dans la mesure où les objectifs ne furent pas atteints.

Publicité Révillon Frères, fourrures, L'Illustration 06.11.1915,  Cl. Elisabeth Poulain

Publicité Révillon Frères, fourrures, L'Illustration 06.11.1915, Cl. Elisabeth Poulain

Le magazine se termine par cinq pages d’annonces presque quasiment exclusivement. Comme il m’a fallu faire un choix, celui-ci s’est porté à nouveau sur une pleine page cette fois-ci tournée vers la femme bien née, comme on disait alors. Il s’agit d’une annonce de Revillon Frères, composée de « croquis d’animaux à Fourrure –avec un F majuscule- pris d’après nature dans les Postes Canadiens de la Société Revillon Frères. Siège social 77, 79, 81 Rue de Rivoli ». C’est un dessin de FMillot 1914. Vous y voyez deux ours blanc, un lynx, un ours noir, trois élans, deux hermines, un vison, deux skuns, cinq castors et trois renards argentés.

Ma sélection n‘est évidemment pas neutre, entre les gens chics posant devant l’Arc de Triomphe et les animaux à fourrure du Grand Nord Canadien, pour commencer et terminer le journal de guerre proprement dit, il y a évidemment un fort télescopage d’univers, dans un temps très court…et qui a existé réellement, pas pour tout le monde, ni partout…

 

Pour suivre le chemin . L’année 1915 sur https://fr.wikipedia.org/wiki/1915  

. L’Illustration, à voir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Illustration  

. Annonce Belle Jardinière Cliché J. de Malherbe et Cie, page 1, en voir d’autres sur http://www.priceminister.com/offer/buy/197253198/publicite-annees-1915-belle-jardiniere-vetements-hommes-dames-enfants.html  

. Avec aussi quelques informations ce grand magasin parisien https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%80_la_Belle_Jardini%C3%A8re#/media/File:Belle_Jardini%C3%A8re.jpg  

. Expédition de Salonique, un port grec macédonien, voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9dition_de_Salonique  

. Loos à retrouver sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Loos  et sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Loos-en-Gohelle  

. Lire la présentation de la Société des Frères Revillon sur https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Revillon_Fr%C3%A8res_a099453-v6.jpg  et y retrouver la photo du Poste de Traite de Révillon situé à Naujaat au Canada.

. Photos Elisabeth Poulain

Publicité porte-plume à réservoir, Onoto, dessin de Mich, Cl. Elisabeth Poulain

Publicité porte-plume à réservoir, Onoto, dessin de Mich, Cl. Elisabeth Poulain

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« Don’t forget Maastricht », une publicité KLM excel, Colors 08-09-98

16 Octobre 2015, 17:39pm

Publié par Elisabeth Poulain

KLM excel-publicité- le cygne-Colors-08-98, Cl. Elisabeth Poulain

KLM excel-publicité- le cygne-Colors-08-98, Cl. Elisabeth Poulain

Le visuel de KLM excel d’août-septembre 1998. Il porte en couverture un mobil-home américain qui s’est écrasé sur une voiture, sous l’effet d’une tornade, vraisemblablement, dans une terre sans propriétaire comme le permet la loi des Etats-Unis, ce qui n’est possible en France. Il est vrai que Colors se définit comme « The magazine of the rest of the world ». Pourtant, ce n'est pas de son contenu pourtant très intéressant dont je vais vous parler. Mais d’une publicité pleine page située  en page 87. C’est un visuel grand public qui a été conçu en production maison, par la société conjointe KLM exel dont le siège était justement … à Maastricht. Je suis quasiment sûre que vous l'aviez deviné. La ville a aussi pour avantage majeure d'être située aux Pays-Bas, un pays franchement européen par tempérament et par son histoire.   

                                                                          *                       

D'abord le visuel. Il est remarquable de simplicité et d’efficacité qui sont deux qualités distinctes en matière publicitaire. La simplicité vient de la composition, avec seulement trois éléments qui sont le cygne blanc, le fond d’un bleu ciel fabuleux et le texte de trois lignes  qui se détache en blanc sur bleu.

. Le cygne blanc au bec rouge et noir. Sa posture est plus que gracieuse, on sait qu’il avance grâce aux petites rides sur l’eau que forment ses pattes palmées, sous l’eau. Son long cou est doucement incurvé de sorte que son bec bicolore rouge et noir  semble viser la tête de son petit qu’elle promène délicatement niché entre ses grandes ailes. Elle garde ainsi un œil sur lui, tant qu’il est trop petit pour se débrouiller seul. Les ailes repliées de la mère oie lui font un berceau qui le coupe du froid. Quant à elle, elle vit le plus souvent en couple qui reste soudé. Ce cocooning, cette fidélité… complétés par la symbolique du cygne, gage de noblesse propriétaire de la terre, complètent cette photo sans parole. Tous de comprendre qu’on est bien à Maastricht. C’est d’ailleurs ce que vous dit le texte : “ If you are planning to see the world  … don’t forget Maastricht.

.  Le texte vous rappelle que Maastricht est une des villes les plus anciennes des Pays-Bas, « full of young people who know how to enjoy life ... » qui a quelque chose pour chacun, « whether you like outdoor cafe society, sitting in a leafy square discussing world affair, exploring antique… Explore our turbulent past in the historic architecture on cobbled streets and city fortifications ».

Aujourd'hui Il y a aussi un autre sens à cette injonction  de ne pas oublier Maastricht, celle qui nous rappelle à tous les fameux accords de Maastricht qui ont fait connaître cette ville de 120 000 habitants aujourd’hui au niveau mondial. Oui, n’oublions pas Maastricht. C’est vraiment le moment.    

Pour suivre le chemin

. Le volatile sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Cygne, en symbolique héraldique voir  https://fr.wikipedia.org/wiki/Cygne_(h%C3%A9raldique)

. Pour retrouver la ville de Maastricht,  en Limbourg sur la Meuse à la frontière avec la Belgique, http://www.maastrichtportal.nl/home.html?lang=2

. Pour rafraîchir ses connaissances sur le traité de Maastricht qui a véritablement fondé l’Union européenne,  retrouver les fondamentaux sur   https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_sur_l%27Union_europ%C3%A9enne    

. Photo Elisabeth Poulain pour le cygne, wikipedia pour les autres                        

KLM excel-publicité- le cygne-Colors-08-98, Cl. Elisabeth Poulain

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Enceinte-Pont-médiéval-sur la Meuse-Cartes-anciennes-Cl. wikipediaEnceinte-Pont-médiéval-sur la Meuse-Cartes-anciennes-Cl. wikipedia
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Maintenant quelques mots sur Colors ou  un peu plus . Ce magazine est un OVNI de la presse magazine, dont les fondateurs en 1991 ont été Oliveiro Toscani, Karrie Jacobs et Tibor Kalman.

. Oliveiro Toscani est certainement le plus célèbre des trois. Directeur artistique de Benetton, il a été en effet le photographe qui a créé et porté l’image de Benetton au niveau mondial et ceci pendant des années. Il s’agissait pour l’entreprise italienne de pull-overs de poursuivre par d’autres moyens l’aventure entrepreneuriale en créant une nouvelle culture, dans la différence, autrement, avec un journal décalé et pas seulement des vêtements. L’entreprise italienne a ainsi franchi le pas de la communication pour créer une culture nouvelle d'entreprise; elle a financé et co-dirigé l’édition d’un journal, qui est devenu une référence.

. Karrie Jacobs se définit comme un écrivain, un éditeur et un urbaniste itinérant. C’est elle qui a persuadé l’entreprise italienne de prolonger son action grâce à l’écriture couplée avec la photo. C’est elle aussi qui est devenue l’éditeur du magazine à ses débuts, dont elle parle comme « Le magazine de Benetton ». La part importante consacrée aux façons de vivre et d’habiter dans le magazine ne peut être un effet du hasard ; elle lui est due en grande partie, elle qui continue à tracer sa route dans le domaine de l’urbanisme, des bâtiments vus du dedans et du dehors et dans leurs relations entre eux.

. Tibor Kalman (1949-1999) était un graphiste américain qui est venu travailler à Rome pour s’impliquer complètement dans la poursuite du développement de Colors. Sa biographie figure dans le site du magazine. 

Le magazine avait et continue à avoir un style et un ton décoiffant. Il s’agit de parler autrement en étudiant pour chaque numéro un thème relevant de la façon de vivre dans d’autres cultures que celles dans lesquelles nous baignons. C’était et c’est toujours un travail ethnographique et sociologique sérieux, à la fois documenté sur le fond, visuellement nouveau, se démarquant clairement de la presse magazine habituelle et ceci depuis ses débuts, avec un côté "trash" volontaire. Un "trash" revendiqué comme un étendard levé, pour bien montrer ce que nous avons sous les yeux et que nous ne voyons pas, ne pouvons pas voir ou ne voulons pas voir...

Il y a là une vraie volonté d’ouverture sur ce qui est dans le reste du monde, chez nous en somme... Voici une bien longue présentation pour vous expliquer que j’ai gardé en particulier ce numéro n° 27 dédié à « ma maison, Home », qui reste franchement toujours intéressant. Le jeu a consisté pour les journalistes photographes à interviewer chez eux des personnes en leur posant une question unique « que représente pour vous votre maison ? », avec en réponse quelques mots pour définir ce lien. Citons pour exemple, la Ière personne, une jeune femme de 27 ans, anglaise, qui répond « a roof on my head. » Une photo complète cette réponse d’ « un toit sur ma tête ».

Juste une petite note pour vous montrer la subtilité du concept et la sensibilité des concepteurs, qui entendent dépasser les clichés usuels. Le bi-mestriel porte le nom de Colors qui n’est pas traduit en français ; pour ce numéro, le titre anglais est Home qui devient « Ma Maison » en français. Le Ier titre fait appel au célèbre « Home, sweet home » connu dans le monde entier et l’autre non. C’est une façon de faire accepter la différence.

Pour suivre le chemin

. Colors à retrouver sur http://www.colorsmagazine.com/  ainsi que sur sa page Facebook https://www.facebook.com/colorsmagazine  avec plus de 100 000 personnes qui « l’aiment », son blog sur http://www.colorsmagazine.com/blog  

. Vu par http://www.touristie.com/italie/Colors-magazine-qui-parle-30  

. Oliveiro Toscani, photographe Italien, Directeur artistique de Benetton https://fr.wikipedia.org/wiki/Oliviero_Toscani  

. Des informations, sans date, le concernant sont à voir dans http://www.made-in-italy.com/italian-fashion/photographers/oliviero-toscani

. Lire aussi une interview de lui, vigneron et producteur d’huile d’olives, sans date sur http://www.made-in-italy.com/italian-fashion/photographers/oliviero-toscani  

. Karrie Jacobs à retrouver dans son blog http://karriejacobs.com/  Elle se définit comme un écrivain, un éditeur et un urbaniste itinérant… Son blog est très intéressant, avec des photos superbes.

. Tibor Kalman (1949-1999), graphiste éditeur de Colors de 1990 à 1995, http://www.colorsmagazine.com/contributor/tibor-kalman  

 

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