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Le Blog d'Elisabeth Poulain

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Les petites maisons > Van Lieshout > La méduse jaune-bleue > Nantes

27 Septembre 2010, 17:27pm

Publié par Elisabeth Poulain

 AVL Joep Van Lieshout, Rotterdam, architecte L'Absence

Dire que tout le monde connaît l’Atelier Van Lieshout, AVL pour les initiés, serait vraiment exagéré. Peu d’entre nous ont eu la chance et de voir ce que j’appelle moi "la méduse bleue" des quais de Nantes et de d’avoir pris un bain dans un de ses blocs-cabine de bain-toilette placées au cœur d’un grand espace à vivre dans un hôtel qui ne ressemble à aucun autre. Il s’agit de l’Hôtel Llyod et Culturele Ambassade à Amsterdam sur un des quais nord qui ont été réhabilités avec succès par la municipalité.  

L’eau et le port

Petites maisons-AVL-L'Absence-Nantes Estuaire 2009L’eau semble tenir une grande place chez Joep Van Lishout. Son atelier, qui forme le A d’AVL, est situé à Rotterdam dans un ancien hangar portuaire aux dimensions à faire rêver bien des artistes qui aiment comme lui les grandes dimensions tout en sachant faire aussi petit. L’eau est certainement une de ses thématiques, avec les ports, ces endroits un peu oubliés et négligés, qui ont tenu une si grande place dans la montée en puissance de l’Europe. C’est vrai à Rotterdam, à Amsterdam, c’est vrai aussi à Nantes, qui hier, il y a plusieurs siècles connaissait une forte activité dans les relations entre la France et les Antilles.  

   

Les ectoplasmes et flux

Ces deux fils rouges se trouvent aussi en lien quasiment naturel avec les fluides, la sève et toutes leurs expressions aussi diverse s que des animaux, des conduits, des organes, des ovules, des bulles sans nom. Chaque chose qui peut contenir sans s’appartenir. Citons ces animaux invertébrés comme les méduses qui ont à la fois une forme et sont sans forme une fois sorties de l’eau ; pour les conduits, tous les tuyaux sont bons ; en matière d’organe, le nez, le scrotum, le phallus, le vagin sont tous investis ou visés par ses œuvres, de préférence, habitées. Cette bulle verte simplement  posée dans les bois, comme un OVNI, "Workskull" est certainement propice à la réflexion, pour retrouver ses réactiver ses neurones végétaux, loin de l’agitation urbaine.  

    Petites maisons-L'Absence-AVL-Nantes

La méduse jaune 

Cette méduse bleue a d’abord été jaune. C’est au moins ainsi que je l’ai découverte dans le catalogue d’Estuaire 2009 en pages 024-025. Son titre « L’Absence » interpelle. Son sens est à trouver en chacun. Ce qui est sûr, c‘est qu’une fois posée, on ne peut pas dire ancrée quand on n’a pas de forme et qu’on est un ectoplasme, cette méduse du nom d’Absence a tout de suite trouvé sa place, sur le pavé portuaire, dans une île, celle de Nantes, en terre étudiante, entre l’Ecole d’architecture et la Loire qui coule devant. Des grandes baies vitrées de la première, qui s’ouvrent directement sur le quai, il n’y a que quelques mètres à faire, pas dur quand on est étudiant en archi, pour arriver au bar qui est dans l’ectoplasme. Une jolie façon de rejoindre l’ovule née de la fécondation.

 

Le retour à la matrice

Et c’est ça aussi qui est intéressant. Comment des futurs archi, qui vont travailler sur cette troisième peau que constitue la maison, le logement, vont, sans même se poser la question, retrouver une bulle bleue de résine synthétique pour se désaltérer et se ré-humidifier  de l’intérieur en revenant dans la matrice originelle, cette fois-ci de couleur bleue assortie à la couleur du ciel ligérien si ce n’est à la couleur de la Loire par beau temps.

 

L’unité de vie "Nettoyage-Vidage"

Petites maisons, AVL, salle de bain, Llyod HotelDu bleu au jeune ocre en passant par la couleur caca d’oie, il faut virer l’oie et retenir la couleur jaune caca clair. Un mot que l’on est autorisé en France à prononcer seulement quand on est petit et qu’on ne connaît pas encore les codes du vivre en commun. Bizarre vous dites-vous, j’en suis certaine. Oh non pas quand il s’agit de Joep Van Lieshout. Lui qui est attiré par l’eau ne peut se désintéresser de la conception d’une Petites maisons, AVL, salle de bain, Llyod Hotelsalle de bain, avec des toilettes intégrées, en résine de polyester couleur caca jaune. C’est ce concept d’unité de vie que j’ai pu tester au Llyod Hôtel à Amsterdam. L’unité est placée au centre de la grande chambre au 4è étage et vous dormez à coté.  

Tout dans tout et réciproquement

Heureusement la literie est excellente. Pour l’unité de vie, rien ne vaut une belle et bonne baignoire en faïence, avec des water-closets munis d’une vraie porte et de vrais murs, bien séparés de la chambre. Il ne manquerait plus pour que ce soit une vraie unité de vie, avec régression intra-utérine assurée, que Joep et son équipe de l'atelier arrivent à caser deux lits jumeaux entre baignoire, lavabos et WC dans une double méduse jaune assortie et un bruit lancinant de vagues avec des trompes de brume de temps en temps! Pour rappeler le coeur maternel et la vie portuaire.  

 

En attendant, vous pouvez toujours aller à l'Absence, c'est maintenant un café très sympa.                          

Pour suivre le chemin

. Voir de belles photos des productions d’AVL sur www.ateliervanlieshout.com

Aller à L'Absence Café, en visitant avant son site sur

http://www.absence-nantes.fr/programmation/

 

. Par contre, il n’y a pas de photos des chambres dotées des salles de bain-toilettes d’AVL. Chacune des 117 chambres, que contient ce grand entrepôt maintenant devenu hôtel et aussi Centre Culturel, est différente des autres. Une expérience vraiment à tenter en allant sur http://www.ebookers.fr/hotel/Pays_Bas/Amsterdam/Lloyd_Hotel_and_Cultural_Embassy_Amsterdam/#/

. Lire sur ce blog un précédent écrit avec des photos de l’Hôtel Llyod

A Amsterdam, voguez avec le Llyod Hotel

. Des infos plus sur « Estuaire-Petites Maisons-AVL-Workskull 9-1 Nantes-Saint-Nazaire 2009 » sur http://www.estuaire.info/009/

. Photos, n° 1, JVL, n° 2 de L’Absence ---) AVL, n° 3 ---) L'Absence Café , n° 4---) Estuaire 2009, n° 5 et 6 Amsterdam EP, n°7 Workshull que j'appelle le champignon vert, avec mes remerciements à l'Estuaire et AVL.   

. Voir les trois autres billets dédiés au thème des petites maisons sur mon blog: 

Les très petites maisons (toilettes) sèches 

Les petites maisons > Hundertwasser > La Picaudière 

Les petites maisons > La station service seule dans la nuit  

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L'ordre public selon le règlement de police de 1807 à Avrillé (49)

24 Septembre 2010, 10:50am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Nul n’est censé ignorer la loi. C’est un principe de droit que chacun est supposé connaître par un joli raisonnement juridique qui fait reposer la connaissance de la loi sur celui, qui justement, n’a pas obligatoirement la possibilité de la connaître. C’est d'ailleurs toujours vrai maintenant. Mais comme c’est la loi qui le dit. Imaginez ce que c’était en 1804…A cette époque très troublée de l’histoire, il a paru utile à un tout nouveau maire de rappeler cette loi aux habitants de ce qui était alors un petit village pauvre, celui d’Avrillé, situé à au nord-ouest d’Angers en Maine et Loire.  

La situation

En 1804, l’Empire venait de naître, la commune aussi. Son maire se prénommait Joseph Bachelier de Bercy. A sa prise de fonctions, ce dernier entendit rappeler et/ou faire connaître les règles du vivre ensemble en ces temps de grands bouleversements. A cette fin le maire fit paraître un règlement de police, qui reprenait, sinon l’essentiel de lois ou de règlements pris pendant la période révolutionnaire, du moins les textes qui lui paraissaient importants dans sa commune.  

L’ouvrage de recherche La mort et la jeune épousée, Robert de Gohier, 1616

Ce document se trouve dans l’ouvrage très documenté de Jacques Thomé « Douceur angevine ? Naître, vivre et mourir à Avrillé (1532-1980) » en seconde partie donnant des « Compléments sur l’histoire d’Avrillé ». 

 

Vivre, comme le dit Jacques Maillard qui a rédigé la préface, « c’était d’abord lutter pour survivre. La population est régulièrement frappée par les crises aiguës de mortalité, provoquées par les famines et les épidémies, parfois par les violences de la guerre…L’auteur Jacques Thomé précise que « la grande majorité de la population est composée de closiers (ce sont des paysans pauvres qui louent une parcelle de terre closes de murs) , de journaliers dont les ressources sont très faibles. Les veuves démunies sont nombreuses… ». Les jeunes épousées mourant en couches aussi.  

La vigne et le vin

Comme dans quasiment tous les villages en France à cette époque, sauf impossibilité climatique ou physique, il existait encore un vignoble, qui n’avait pas, aux dires de l’historien, une grande notoriété à l’exception du Clos de Panloup, situé sur le coteau en pente douce vers la Mayenne, dont le cépage « le rayon d’or » donnait un vin blanc doux. Si les nobles et les bourgeois pouvaient s’approvisionner chez de bons vignerons, les vins locaux étaient bus d’abord sur place à la maison. Le reste de la production était vendu aux nombreux aubergistes et cabaretiers. On ne parlait pas alors de cafetiers.  

Le règlement de police

Daté du 26 novembre 1807 et signé par « De Bercy, Maire », il comporte seulement 15 articles, ce qui, à notre époque, peut sembler court. Le plus intéressant est de voir les thèmes sur lesquels porte chacun de ces articles. Cette répartition donne une bonne représentation des préoccupations d’alors et la vision de l’ordre public de ce tout début du XIXè siècle.  

Les premiers et derniers articles

Ces articles 1, 3 puis 11 à 15 compris  traitent de problématiques distinctes :

-        l’article 1 rappelle l’obligation de ramonage des cheminées à tous les habitants tant la crainte des incendies était forte, selon une loi du 24 août 1790 et une du 28 septembre 1791;

-        l’article 3 enjoint à tous ceux qui sont concernés d’écheniller leurs haies (loi du 26 ventôse an 4, soit le 16 mars 1796);

-        l’article 11 cite l’interdiction de laisser vaguer les animaux « chevaux, vaches, cochons, chèvres, moutons », selon l’ordonnance de police du 22 mai 1790 ;

-        l’article 12 porte sur l’obligation à tous de prêter main forte en cas de trouble et de ne pas insulter le maire, selon une loi du 22 juillet 1791 ;

-        l’article 13 précise qu’il n’est pas possible de faire école sans autorisation municipale (par décision propre du maire);

-        l’article 14 vise les chiens qui doivent être gardés à l’attache, sous peine d’être abattus en raison de la fréquence du risque de la rage (idem);

-        L’article 15 et dernier stipule que la petite porte près du maître autel dans la chapelle sera fermée pendant la messe pour éviter que des individus y entrent ou en sortent, troublant ainsi le service divin (idem). 

Les articles consacrés aux cabaretiers et aubergistes Avrillé-Blason-création Jacques Thomé, 1981

Les 8 autres, soit la moitié, étaient  destinées directement ou indirectement aux cabaretiers et aux aubergistes. La raison de cette sur-représentation était essentiellement que ces professionnels recevaient des étrangers qui n’habitaient pas la commune. Il fallait surveiller leurs déplacements pour que soit respecté l’ordre public.  

-        L’article 2 défendait aux voituriers, aubergistes… d’entrer dans les greniers et écuries  avec des lumières non renfermées dans des lanternes ou d’y fumer, selon une ordonnance de police de Paris du 10 février 1755 et une loi du 24 août 1792, toujours par crainte des incendies. On retrouve la protection contre l’incendie.

 

-        L’article 4 interdisait d’accueillir et de donner à boire après 8 heures du soir du 22 septembre au 21 mars inclus et après 9 heures du soir du 22 mars au 22 septembre, décision prise par arrêté du Conseil d’Etat le 4 janvier 1724 et la loi du 24 août 1790 déjà citée.  L’explication qui vient à l’esprit que cette mesure permettait d’arrêter ou de freiner les déplacements la nuit puisqu’il n’y avait plus d’hébergement possible.

 

-        L’article 5 interdit aux dits cabaretiers et aubergistes d’accueillir «  aucune femme prostituée, aucuns vagabonds, mendiants, gens sans aveu sous peine d’être civilement responsables des délits » des susnommés, toujours selon la loi du 24 août 1790.

 

-        L’article 6 les enjoint de tenir « un registre timbré, coté et paraphé par le maire » où ils doivent noter les noms et dresses de tous ceux qui passent une nuit en précisant bien les dates et heures d’arrivée et de départ, selon une loi du 22 juillet 1791.

 

-        L’article 7 leur ordonne  d’ouvrir leur établissement aux fins de contrôle des registres de jour et de nuit et de constatation des manquements (idem).

 

-        L’article 8 ne leur permet pas de servir à boire pendant le service divin. Le maire précise que cette mesure est prise eu égard à la position de l’église par rapport aux cabarets et auberges. C’était déjà un arrêté du Préfet du 5 nivôse 1804, c’est à dire le 26 décembre 1804.

-        L’article 9 regroupe deux séries de mesure. La première, qui ne semble pas concerner directement les cabaretiers et aubergistes, concerne une interdiction de donner les noms des domestiques. Cette mesure est peut être à lier au dernier paragraphe du document qui précise que les enfants, ouvriers et domestiques relèvent de la responsabilité directe des parents et chefs de maison.

 

La seconde leur interdit très clairement de permettre la danse, sauf en cas de noce, et les représentations théâtrales ((idem).

 

-        L’article 10 vise les poids et mesures, que l’adjoint municipal en charge du contrôle  doit pouvoir effectuer, chez tous les débitants et marchands, les cabaretiers et aubergistes également (idem). 

Pour conclure

Je vais laisser le dernier mot à M. le Maire De Bercy qui déclare :

«  Quiconque ne se conformera pas au présent règlement et qui contreviendra à ses dispositions sera poursuivi et puni. Les pères, mères sont, ainsi que les chefs de maison, personnellement et civilement responsables de leurs enfants, ouvriers et domestiques ». 

Pour suivre le chemin

Jacques Thomé-historien, Avrillé 49. Lire l’ouvrage très intéressant de Jacques Thomé « Douceur angevine ? Naître, vivre et mourir à Avrillé (1532-1980) » paru aux Hérault-Editions, 1986. L’auteur y décrit la dureté de vie des jeunes mères dont beaucoup mourraient en couche et des nourrissons  dont peu atteignaient l’âge adulte. Jacques Thomé est un ancien inspecteur de l’Education nationale, passionné d’histoire locale. Il a été également adjoint aux affaires culturelles et scolaires d’Avrillé dans les années 1980.

 

. L'année du réglement est 1807 et non pas 1804, comme me l'a signalée Jacques Thomé. . La date du règement

 

. Trouver quelques informations sur l’histoire d’Avrillé sur

http://fr.wikipedia.org/wiki/Avrill%C3%A9_(Maine-et-Loire)#Sous_l.E2.80.99Ancien_R.C3.A9gime

 

L’histoire d’Avrillé commence réellement quand la paroisse d’Auvrillé fut créée. Jusque là, le territoire de l’actuelle commune appartenait au Comte d’Anjou. Plus tard l’Abbesse du Ronceray, qui hérita d’une partie des terres, y créa un bourg.

Pour la première fois en Anjou, les gisements d’ardoise commencèrent à y être exploitées. Tout au cours de l’Ancien Régime, les trois ressources économiques furent les ardoisières, les activités viti-vinicoles et le « nourrissage », mise en nourrice d’enfants, un phénomène de grande ampleur que Jacques Thomé a contribué à mettre en lumière.

 

Ce petit village rural pauvre a gardé ses limites territoriales depuis le XVIIè siècle. La commune proprement dite fut créée en 1791. Pendant les guerres de Vendée, entre avril et janvier 1794, 2 000 hommes, femmes et enfants furent fusillées en un lieu qui s’appellera très vite le Champ des Martyrs. Une chapelle y a été édifiée au XIXè siècle. Le pape Jean-Paul II a béatifié 99 des 2 000 massacrés.

 

. Comprendre le blason d’Avrillé (toujours sur Wikipedia) « qui fut créé en 1981, à l’occasion du jumelage avec la ville allemande Schwalbach, par Jacques Thomé, alors adjoint de Guy Pasquier Maire de l’époque. Il représente les éléments de la vie d’autrefois :

« Ecartelé, Au premier d’azur, à trois fleurs de lis d’or

 Au deuxième de gueules, au maillet & burin d’argent Mis en pal 

Au troisième de gueules, au moulin à vent d’argent 

Au quatrième d’azur, à la grappe de raisin d’or »

« Les fleurs de lys sont celles des armes de l’Anjou ; les outils des fendeurs d’ardoises évoquent les carrières exploitées jusqu’à la fin du XIXe siècle ; le moulin symbolise les caviers dont deux subsistent de nos jours et la grappe de raisin rappelle que la vigne fut cultivée sur les coteaux de la Mayenne jusqu’à la fin du siècle dernier ».

 

. Le lien entre la mobilité et l’insécurité ressort très nettement de ce règlement de police. C’est une problématique qui reste pleinement d’actualité. Lire sur le sujet des polices urbaines, l’étude de Vincent Milliot « Réformer les polices urbaines au siècle des Lumières : le révélateur de la mobilité » sur  http://chs.revues.org/index195.html

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Jose de San Martin ou l'art de concevoir la nouvelle frontière

13 Septembre 2010, 10:13am

Publié par Elisabeth Poulain

San Martin, Portrait, Casa, Boulogne sur mer, livre d'or

Ah encore un titre difficile ! Une des raisons en est que le thème de la frontière est particulièrement sensible en ce début du 3è millénaire. Une autre raison provient certainement de la notoriété si grande de cet homme  qui toute sa vie s’est joué des frontières tout en contribuant à en créer de nouvelles et en cherchant à pousser les siennes propres.  Ce que je vais tenter d’exprimer c’est la capacité d’un homme à vivre sans être arrêté par les frontières si nombreuses, fussent-elles physiques, politiques, linguistiques, culturelles ou personnelles…Des frontières qui ont été en leur temps symboles de libéralisation et d’indépendance face à un pouvoir central colonisateur éloigné appartenant à un autre système culturel.

 

  San Martin, Casa, Boulogne sur mer, petit escalier

Aperçu de la vie de José de San Martin

La vie de ce héros de la première moitié du XIXè siècle  s’est déroulée en un temps où, paradoxalement,  il était plus « facile » de choisir son pays de vie que maintenant. Un temps où les frontières, quand il y en avait, n’étaient pas aussi difficiles à traverser qu’à notre époque réputée pourtant pour une certaine liberté d’aller et de venir offerte pour la première fois à des millions d’hommes et de femmes dans l’histoire de l’humanité.  

L’emploi de la frontière au singulier.  

Je pourrais employer le pluriel pour désigner ces nombreuses frontières, sans compter celle qui individualise chacun d’entre nous de l’autre enfermé lui-même dans sa propre sphère. Je préfère pourtant employer le singulier pour bien marquer son importance et son actualité dans la longue vie de José de San Martin, que ses contemporains ont appelé « El Libertador » et qui  devenu le symbole de l’Argentine.  

Son enfance

José de San Martin est né dans le nord de l’Argentine,

 

San Martin, Casa, Boulogne sur mer, petit escalier

 

près du Paraguay, à Yapeyù, en 1778, 5è et dernier enfant d’une famille noble espagnole. Son père  était militaire. Trois ans après sa naissance, la famille déménagea à Buenos-Aires et quatre ans ensuite en Espagne. Agé de 7 ans, José faisait alors connaissance avec son troisième lieu  de vie et sa mère patrie. L’Espagne à cette époque était le pays de ses parents. C’était elle aussi qui dirigeait son empire américain à partir de Madrid. Mais le choc culturel dut être quand même rude, car cette même année, 1785, marqua aussi son entrée au Séminaire des Nobles. A la  fin de sa scolarité, à l’âge de 11 ans - il entra à l’armée.

 

Cette enfance, où on devient homme à onze ans, ne peut être neutre dans une vie. Elle explique peut être en partie l’importance que la vie de famille eut pour lui plus tard et ses liens si forts,  au décès de sa jeune épouse, avec leur fille et les petites filles de celle-ci. Son lieu de naissance, en terre guarani de missions des Jésuites, loin de la capitale et de son élite espagnole, eut également une incidence sur sa destinée. Lors de son ascension dans l’armée, ceux qu’il commençait à déranger l’affublèrent d’appellations négatives à leurs yeux, tels que el tape (Indien guarani), el indio, el paraguayo, el cholo (Indien Kolla), el mulato alors qu’il était créole, c’est à dire né dans les colonies.  

 

San Martin, Casa, Boulogne sur mer, malle du général
Sa carrière militaire en Europe 

En Espagne, il intégra l’armée et lutta contre les Français, les Anglais, les Portuguais, puis contre à nouveau les Français, avec Napoléon à leur tête. L’Espagne une fois devenue napoléonienne, le jeune militaire rejoignit l’armée britannique d’où il combattit à nouveau les Français. Il revint pour la première fois dans les Provinces Unies en 1812, dans une frégate anglaise, avec le grade de colonel. Cette même année, il décida également de se marier et de leur union naquit plus tard Merceditas. 

De retour dans le sud de l’Amérique latine

José de San Martin prit ensuite une part très active à la libération de l’Argentine qui devint indépendante en 1813 à la suite de la victoire de San Lorenzo. Il fut nommé général de l’Armée des Andes qu’il contribua à organiser. Les Provinces Unies du Sud acquirent leur indépendance en 1816. Deux ans furent nécessaires pour libérer le Chili qui prit son indépendance en 1818 à la suite de la victoire de Maipù. Trois ans après, avec son armée, à la suite de plusieurs tentatives manquées pSan Martin, Casa, Boulogne sur mer, lit de campour traverser à pied la Cordillère des Andes, il décida à rejoindre le port de Pisco  au Pérou par la mer. Ce fut l’élément décisif qui permit une  année plus tard en 1821 à José de San Martin de libérer Lima. Le général devient « Protecteur du Pérou ».

 

1822 marqua une rupture brutale dans son ascension militaire et politique après la rencontre avec Simon Bolivar. Les deux armées firent jonction en Equateur. Lors de leurs entretiens,  les deux libérateurs ne surent, ne purent aller au delà d’une profonde différenciation de la vision politique de l’avenir du continent latino-américain, entre le républicain Bolivar et le partisan d’une monarchie constitutionnelle que fut José de San Martin. 

Son second départ pour l’Europe

Il a alors 45 ans ; sa femme est décédée peu de temps auparavant. A ce moment de sa vie, il est Général des Provinces Unies du Rio de la Plata, Capitaine général de la République du Chili et Généralissime du Pérou. Il renonce à ses toutes ses fonctions militaires et civiles et décide de repartir en Europe. En 1824, il s’embarque pour Le Havre, avec sa fille Merceditas, avec très peu d’affaires personnelles. Il avait en effet donné son importante bibliothèque personnelle à la Bibliothèque nationale du Pérou qu’il créa  en 1821 lors de sa présidence du Pérou.

 

Sa vie en Europe

Commença alors pour lui, une vie d’errance entre Londres, Bruxelles puis Paris, avec sa fille, son gendre Mariano Balcarce et les deux petites filles du couple. Malgré son désir de prendre part à nouveau à la vie politique de son pays, l’Argentine et une tentative manquée en 1828, il ne fut jamais rappelé au gouvernement en raison de profondes rivalités sur place. Il décida alors de quitter Paris et s’installa à la campagne proche puis à Evry dans le quartier de Grand-Bourg pour rejoindre enfin la maison de Boulogne sur mer en mars 1848.  Il y décéda le 17 août 1850 entouré de sa fille, de son gendre et de ses petites filles qu’il aimait tendrement.  

Son dernier retour au pays natal

Malgré sa notoriété, malgré les services rendus, malgré sa demande expresse dans son testament que son cœur repose à Buenos Aires, il fallut à sa famille attendre presque 30 ans avant que ses cendres reviennent à la capitale argentine qu’il avait quittée en 1813 pour défendre les côtes du Parana. De 1850, date de son décès au 28 mai 1880, c’est d’abord la crypte de l’église Saint-Nicolas de Boulogne pendant onze ans qui accueillit ses cendres puis le caveau de la famille de son gendre Gonzales Balcarce à Brunoy dans la banlieue parisienne.    

 

Son mausolée est érigé dans une chapelle de la cathédrale du XVIIIè siècle de Buenos Aires. 70 000 personnes accompagnèrent le cortège jusqu’à sa destination finale. Don José Francisco de San Martin avait enfin retrouvé son peuple et franchit l’avant-dernière frontière. Ce sont maintenant les chercheurs en histoire qui poursuivent leur travail d’approfondissement de sa vie et de son oeuvre , comme le Cercle historique San Martin, dont le siège est à la Casa San Martin, au 113 de la Grande Rue de Boulogne sur Mer.  

Sa maison en terre française

L’Etat argentin s’en fit l’acquéreur en avril San Martin, Casa, Boulogne sur mer, plaques sur le mur1926 dés lors qu’une souscription publique auprès des écoles d’Argentine permit d’en réunir les 400 000 francs demandés par le propriétaire. C’est là qu’a été érigé un musée qui s’étend désormais du rez-de-chaussée au second étage inclus.  

La casa San Martin

C’est ainsi que s’appelle cette maison devenue musée. Au fil des salles, ont été réunis ou ont été rapportés des objets ayant appartenu au Général,  l’atmosphère se faisant plus intime au fil des étages :

- au rez-de-chaussée, de part et d’autre du couloir d’entrée, la bibliothèque à gauche et une salle de réunion à droite avec des portraits du grand homme, son portrait officiel, un uniforme de son célèbre régiment des Grenadiers, une malle qui transportait ses affaires. Un grand hall en arrière permet d’attirer le soleil et au jardin et d’accéder à l’escalier d’honneur qui mène au premier étage ;       

- au premier étage face à la rue, des pièces de travail qui présentent des documents officiels, une petite pièce avec une grande carte en relief de la Cordillère des Andes, une autre très petite qui contient son lit-malle, un lit de camp qui se replie dans une malle. C’est avec elle qu’il mena toutes ses campagnes dans le sud de l’Amérique latine …

- au second, les deux chambres, l’une à gauche pour le général et la plus grande à droite pour sa fille…Des dessins des petites filles pour leur grand-père ont été remis au mur… 

Le jardin

San Martin, Casa, Boulogne sur mer, jardin

 

A l’arrière de la maison, un petit jardin conservé en l’état, entre les hauts murs des maisons voisines, abrite sur le mur mitoyen face à la porte qui permet d’entrer dans la maison des plaques d’hommage au grand homme. Le jardin se prolonge un peu en hauteur par des parterres de fleurs aux bordures repeintes en blanc qui créent une atmosphère hors du temps où le recueillement s’impose.  

La statue

Elle est érigée plus près de la mer. C’est une œuvre monumentale d’une hauteur peu commune de 8,70 mètres de haut que réalisa le sculpteur Henri Allouard en « hommage adressé par la République d’Argentine à son libérateur ». Cet été 2010 marque le 100è anniversaire de ce monument qui fut également payée par souscription publique.  

 

La frontière

Quant au nombre de frontières traversées, j’ai renoncé à les compter, tellement il y en eut. C’est peut être aussi à cause de cela qu’elles comptèrent tant pour José de San Martin, en lui offrant le goût de la quête, de l’inconnu et de la remise en question.  

Pour suivre le chemin San Martin, Casa, Boulogne sur mer, M. Marco Tapia Parra

. Le Musée est situé au n° 113 Grande Rue, Boulogne sur Mer, 03 21 31 54 65, jours et heures d’ouverture : du mardi au samedi de 10h à 12h et de 14h à 18h. Il est une halte désormais quasi-naturelle pour les Argentins qui viennent découvrir ou vivre en Europe.

 

Le livre d’or témoigne de la ferveur et de l’attachement des visiteurs au Père de leur Patrie, qui préféra renoncer au pouvoir et choisit de vivre modestement dans cette maison.       

 

. Pour plus d’informations, adressez-vous au conservateur du Musée, M. Marco Tapia Parra ci-dessus:

http://ambassadeargentine.net/museosanmartin.html

 

. Ce billet résulte d’une visite faite pendant cet été à Boulogne sur mer au dernier domicile du Général José de San Martin. L’accueil que nous fit M. M. Tapia Parra fut particulièrement chaleureux. Il éclaira par ses commentaires très éclairés cette visite émouvante de la dernière demeure d’une grande simplicité d’un grand humaniste. Nous tenons à l’en remercier, ainsi qu’à le féliciter pour la qualité de

son français.

San Martin, Casa, Boulogne sur mer, uniforme Régiment des Grenadiers

. Sur la présence à Boulogne du général, lire la plaquette très documentée dans la série « Laissez-vous conter, Le général San Martin à Boulogne » réalisé par le service  de l’architecture et du patrimoine, Villa Huguet, 115 bvd Eurvin, 62200 Boulogne sur Mer, 03 91 90 02 95, patrimoine@ville-boulogne-sur-mer.fr   

 

. Le Cercle historique San Martin peut être joint à l’adresse du musée. Il a édité une plaquette qui cite les dates les plus importantes de la vie du général.   

 

. On trouve relativement peu d’informations sur le Net, contrairement à ce qu’on pourrait attendre de la notoriété de cet homme hors du commun. Une étude assez détaillée sur la vie du général figure bien dans Wikipedia. La source semble être une biographie en espagnol. Mais en l’absence de cartes et de rappels historiques complémentaires, la partie militaire est très difficile à suivre pour des Français, peut-être aussi en raison de la complexité de la situation au XIXè siècle. http://fr.wikipedia.org/wiki/Jos%C3%A9_de_San_Mart%C3%AD

. Lire aussi un texte très court, avec des photos, sur l’histoire de San Martin  de « Colette » sur

http://www.french-chat.com/forum/viewtopic.php?p=16071&sid=5d97cb5923cf3d939ec11d01e58b03d2

 

. Une dernière remarque enfin : ce texte n’est pas autorisé par qui que ce soit ; il n’a pas non plus de légitimité historique. Il y a peut-être des erreurs historiques, ce dont je prie le lecteur de m’excuser. Que celui-ci ait la gentillesse de m'en informer. C’est d’autant plus vraisemblable que je n’ai pas pu prendre de notes au cours de la visite, moi qui ai toujours du papier et un crayon pour ce faire. Ce jour là, je n’en avais pas et j’ai choisi d’écouter M. Marco Tapia Parra, regarder le décor et m’imprégner de l’atmosphère. Ce billet est le résultat des impressions que j’ai ressenties  à la suite de cette visite en l’été 2010 et de mon intérêt très personnel pour l’Amérique latine, les frontières, les jardins…

. Photos EP lors de la visite, à voir dans l'album "Symboles".    

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Au Logis Ozanam à Angers, savoir dire merci pour l'accueil reçu

1 Septembre 2010, 09:22am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Angers, La Doutre, Logis Ozanam, Dames

 

Oh, cela n’a rien d’évident, tant l’accueil par les uns que le remerciement par les autres. C’est si peu évident que les témoignages de remerciement sont rares et évanescents. Le plus souvent, il n’en reste qu’un souvenir qui s’affaiblit avec le temps qui passe et qui partira avec celui ou celle qui a exprimé ce merci du fond du cœur et de celle qui a su le recevoir. Cette fois-ci, j’ai employé le féminin parce celles qui reçoivent les témoignages de gratitude sont les Dames du Logis Ozanam. Et les personnes qui disent merci et qui pour certains savent l'écrire sont des membres de la famille ou des amis de malades ou de victimes d’accident qui sont soignés dans les hôpitaux d’Angers ou des parents en maison de retraite.  

 

Le Livre d’Or du Logis Ozanam

Doutre, Logis Ozanam, Livre d'Or dessin, M. Sarrazin

 

Le Logis s’est ouvert le 15 septembre 1983. Cela fait donc maintenant 27 ans que ces gros cahiers, ces « Livres d’Or », rassemblent une partie de l’histoire du Logis, vue du côté des résidents. Au début, on ne sait qui écrit. Parfois les personnes donnent seulement le nom du ou de la malade avec seulement le nom de famille, en faisant parfois précéder leur nom de « Famille » écrit en toutes lettres   ou une signature avec un texte qui met l’accent sur l’accueil « simple et chaleureux », « l’esprit de famille » qui règne au Logis, « le réconfort » des « merci » aussi qui montre que tout est dit.

 

La première personne qui date et signe clairement sans donner toutefois son prénom écrit le 12.11.1983 : «  La création du Logis est une idée exceptionnelle aussi bien matériellement que moralement car l’ambiance et l’esprit que l’on y trouve sont rares. Je souhaite que dans toutes les grandes villes de France dotées d’un centre hospitalier s’installent un tel Logis. Merci. X. Y…...

 

La presse lors de l’inauguration

Deux articles de presse (Courrier de l’Ouest et Ouest-France) ont été découpés et collés le 26 septembre 1983. Le premier porte un dessin de M. Sarrazin, le second rappelle cette très belle citation du président national de la Société Saint-Vincent de Paul, M. Blanc «  la pauvreté, c’est parfois simplement de se retrouver seul ». A l’époque, la nuit d’hébergement au Logis coûtait 45 francs.


Doutre, Logis Ozanam, escalier interieur,

 

 

 

Le malade

Le trait commun à tous ces témoignages du début du livre porte sur la très grande retenue concernant le malade. Son prénom est parfois cité mais seulement quand il s’agit d’un enfant. On rencontre ainsi Anne-Marie, Chantal, Julien, Laetitia…Quand il s’agit de personnes âgées, c’est alors au mieux « mon père, ma mère », parfois les deux à quelques semaines de temps. Ce monsieur écrit: j'ai été « accueilli  avec tant de gentillesse et de compréhension pendant les trois semaines d’épreuves, que j’ai passées, lors de l’hospitalisation de mon épouse ». Une jeune maman : « nous vous remercions, mon bébé et moi ». 

 

La durée de l’accueil

Une dame a ainsi passé trois mois au Logis, sans lequel dit-elle « je ne sais vraiment pas où je serai allée ». On ne sait rien des raisons qui l’ont fait venir mais elle dit son émotion pour le petit cadeau de Noël qu’elle a reçu pendant son accompagnement. D’autres indiquent seulement les dates d’arrivée sans commentaires : 17 septembre-26 octobre. Ces indications sont rares. En fait, ceux qui témoignent surtout au début ne pensent pas à laisser une empreinte de temps. Quelques années après, le temps fait son entrée dans le livre, surtout sous l'influence des témoignages de personnes d'autres nationalités.   

 

Le témoignage

 

Doutre, Logis Ozanam, Livre d'Or , témoignage

 

Les mots qui sont écrits se ressemblent beaucoup ; ce qui figure déjà dans le livre inspire évidemment ceux qui les lisent ensuite, surtout pour commencer leur texte. Mais ce qui compte, c’est la sincérité et la force des remerciements, avec pour chacun ou presque un mot, une phrase ensuite qui va colorer son témoignage de façon personnelle. Cette dame par exemple, en fin de paragraphe : « je sais que je ne serai jamais plus jamais seule et cela me redonne courage ».

 

Toute une famille allemande remercie en indiquant le nom des membres de leur famille et leur adresse à Eldingen en Allemagne. Ils pensent que ce serait une bonne idée que d’avoir de telles maisons d’accueil en Allemagne.

 

L’origine géographique de ceux qui écrivent


Ils viennent de toute la région, d’Angers bien sûr, de Montsoreau, de Mayenne, du Poiré sur Vie en Vendée, d’Agen. On peut également citer Argenteuil, Saint-Léger du Morbihan, l’Ile d’Yeu  mais aussi de plus loin : d’Angleterre, d’Allemagne, du Zaïre, d’Alger, de Côte d’Ivoire, de Colombie, de Syrie, des Etats Unis ou du Laos pour un médecin hébergé à Ozanam le temps de sa formation au CHU… Chacun écrit dans sa langue, avec son écriture. C’est certainement là qu’il y a le plus de différences. On remarque des façons anciennes de former les lettres, les modes actuels, les écritures étrangères que l’on remarque très vite. On devine l’âge, l’émotion qui font trembler les lettres... 

     Doutre, Logis Ozanam, Livre d'Or , témoignage

 

 

D’autres s’essaient au français, comme ces quatre membres d’une famille américaine, une dame et ses enfants qui se sont fait du souci pour le « papa » (je pense qu’il s’agit de son mari et père des enfants)  qui ont tous été  accueillis de façon « si chaleureux et doux.. Tout le monde au Logis avait été très gentils. Il m’a assisté avec toutes mes difficultés et soucis. Les enfants avait été très heureux ici, c’est comme ‘chez nous’. C’est difficile d’écrire  ce que je veux dans une langue étrangère mais Merci, mille fois pour tout… ».  

 

Les dames bénévoles

Au début, elles sont incluses dans les remerciements puis très vite, elles sont cités en premier « un grand merci à ceux et celles qui bénévolement s’occupent de cette maison si bien organisée… ». Dans la quasi-unanimité des cas, les personnes parlent des bénévoles, sans jamais dire que ce sont uniquement des femmes.

 

Les cartes postales et les photos

 

Doutre, Logis Ozanam, Livre d'Or dessin

 

Certains préfèrent témoigner une fois rentrés chez eux. Au calme, ils prennent le temps de

choisir une carte postale et d’envoyer des mots de gratitude. C’est ce que fait une famille qui a choisi une carte de la Stfitskirche de Stuttgart. Puis les premières photos apparaissent. Ce sont les bébés qui ouvrent la porte de l’image et de la personnalisation. Le premier apparaît en 1987. Il sera ensuite suivi par beaucoup d'autres . On les voit à l’hôpital ou de retour à la maison.

 

Il existe un cas bouleversant. C’est celui d’une maman dont le fils de 17 ans est décédé à l’hôpital sur la table d’opération. Il ne lui a pas été possible, quand elle a quitté le Logis Ozanam, d’écrire quelques mots. Elle l’a fait deux ans plus tard en joignant une photo du jeune homme, dont la présence souriante reste ainsi à jamais.

 

Un seul dessin a été fait directement dans l'album. C'est une oeuvre d'une dame allemande de Stuttgart.  

Quelques témoignages en guise de non-conclusion

« Monsieur B. R. est décédé ce matin…Son ami (c’est donc celui qui écrit) est venu cette après-midi pour inscrire sur ce livre cette phrase : ‘le Logis Ozanam, c’est la maison du Bon Dieu’ et il vous remercie tous ».  

 

«  Le Logis n’est pas comme une auberge espagnole où on ne trouve que ce qu’on y apporte.

On vient avec sa détresse et on y trouve réconfort.

On vient avec ses soucis et on y trouve amitié.

On vient avec sa peine et on y trouve chaleur humaine. 24-2.85 F. C…de Lassay, Mayenne »

 

      Doutre, Logis Ozanam, escalier interieur,

           

«  Cette maison,  c’est comme un grand protecteurqui nous entoure, nous sécurise  et nous écoute.  

  Ce protecteur est beau, sincère et nous sourit.  

  Félicitations à tous les bénévoles pour votre  extraordinaire travail. Merci de tout coeur   

                                                A… C…

                                                Québec, Canada »

 

«  3 Sept 96

            Whether your stay here is for happy or unhappy reasons, be assured you are among friends. We have been treated to the almost kindness, consideration and sympathy by all and for our time here, we had not some where to stay but a home.

            Merci mille fois à tous. S…, K… and D...C...”

 

Pour suivre le chemin

Ce billet n’est pas une analyse de tous les témoignages de remerciements qui s’expriment depuis 1983. Des quatre Livres d’Or, il n'en reste que trois qui sont si riches, si divers et d’une telle amplitude de sentiments qu’ils mériteraint une véritable recherche dans le domaine des sciences humaines. Ce n’est pas mon propos.

 

Mon but est seulement de mettre en lumière un court instant quelques aspects seulement des émotions ressenties par les résidents du Logis Ozanam lors de leur départ ou de leur retour chez eux, en me limitant au début et à la fin du premier livre.  

 

. Voir le billet précédent sur ce même blog

Le Logis Ozanam, une maison si charmante à Angers, Doutre (49)

. Photos Elisabeth Poulain, n° 1, 

- de gauche à droite, Isabelle Gireaux et Liliane Lecourt, les deux dames en charge de l'entretien du Logis et  deux des dames en charge de la gestion de l'association, avec Christiane Schwartz trésorière, qui est debout,  et Simone Cravignac qui en est la présidente , photos de l'escalier avant et après restauration coll. du Logis et entre les deux, des photos de témoignages tirés du premier album.             

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La saturation visuelle par la publicité > Un jeu culturel pour réagir

30 Août 2010, 09:44am

Publié par Elisabeth Poulain

Constater la saturation visuelle par la publicité

Avant le passage à l’an 2000, des chercheurs avaient calculé l’impact visuel Effet de lainage blancpublicitaire en ville, c’est à dire la rencontre entre une publicité et la personne qui passe, quel que soit son mode de locomotion, à plus de 700 expositions/jour et +. Ce genre de calcul ‘ à l’américaine’ où toute information doit être chiffrée,  est forcément tout à fait contestable en raison de son mode trop aléatoire de calcul en situation. Voyons les trois composantes.

. Tout dépend bien sûr de savoir dans quel pays, quelle ville, dans quel quartier, dans quelle rue, à quel endroit, à quel moment… Ca, ce sont des critères applicables au territoire.

. Du côté de celui qui est supposé voir, entendre, sentir cette publicité, les critères sont aussi nombreux, dans le sens où ils sont infinis puisque tout dépend de la personne et de sa perméabilité à la pub.

. Quant à la rencontre elle-même, la connaissance de la mentalisation de la publicité a fait certes de grands progrès mais n’en est qu’à ses débuts. Il ne suffit pas de voir une publicité pour qu’elle fonctionne. Pourtant c’est bien sur cette possibilité de « rencontre » que se vend la pub auprès des annonceurs. On est capable de dire après-coup pourquoi une pub a marché, mais pas encore de prédire qu’elle va marcher. Ouf, heureusement !  

 

Apprécier les différents degrés d'imprégnation publicitaire

Quoiqu’il en soit de ce nombre d’expositions, Ecailles de cuir, sac à mainle fait est qu’il y en a tant et plus qu’il n’est possible de dénombrer consciemment les présences publicitaires dans l’espace public. Outre celle qui est qualifiée comme telle, la publicité a mangé tout notre espace avec la pub pour la presse visible sur les panneaux, des hauts-parleurs que l’on entend dans la rue, des écrans de télévision désormais installés en ville sur les grandes places et la simple vue d’une enseigne qui fait de la pub, sans même parler des marques sur le dos, les sacs, les chaussures…. Elle atteint des sommets puisque de nombreuses d’informations classées officiellement comme telles sont en fait de la publicité envoyée par les entreprises et qualifiées souvent sans transformation ni valeur ajoutée propre par la presse en info.  On a déjà franchi la cap de ne plus savoir distinguer ce qui est pub et ce qui est info ‘pure’.

 

Retrouver une certaine fraîcheur mentale et visuelle

La question se pose désormais de savoir comment il est possible de garder ou de Encre noir et blancrecouvrer  un peu de fraîcheur pour choisir – soi – ce qu’on a envie de voir plutôt que de subir, sans réactions possibles, celles que d’autres veulent nous imposer, toujours pour notre bien. Vous l’avez bien remarqué. Un des jeux en réaction à votre disposition est de transformer votre sortie dans l’espace public hors de votre appartement en traque animalière murale.  Il n’y a là rien de bien singulier. Le thème seul change un peu. Quand vous faites des tours de découverte d’une ville, un guide à la main, vous faites bien la même chose.

 

Un jeu vous permet de retrouver une part de liberté et ce faisant un plus grand espace personnel de vie dans l’espace public : vous fixer vous vos propres objectifs de ce que vous cherchez à voir. Les thèmes sont là aussi infinis puisque tout dépend de vos goûts, de vos désirs, du lieu et du moment. Avec un premier résultat absolument étonnant, c‘est que bien souvent  vous trouvez ce que vous cherchez, en application de l’adage ‘on voit ce qu’on cherche’. Dans le même sens, vous vous surprenez à découvrir des choses devant lesquelles vous êtes souvent passé sans les avoir jamais repérées précédemment.

 

Choisir ses thèmes de jeu

Bien sûr, vous pouvez aussi, et il est recommandé Impression noir au tampon sur papierpar des connaisseurs de la pensée, de vous laisser flotter, immerger dans le lieu où vous êtes, comme dans un bain interculturel, un bain de jouvence pour repousser trop de clichés ou d’images reçues. Ceci n’est pas contradictoire. Vous n’êtes pas dans un choix ‘fromage ou dessert ?’ Là, c’est ‘les deux et + encore’. A votre choix, la possibilité de parler aux gens dans la rue, les jardinets, le végétal en ville, à commencer par les mini-jardins de rue que plantent les habitants devant chez eux, les devantures de certains magasins vintage, les soldeurs de bouquins, le street art, la différence – un vaste sujet à décliner – la couleur, les façons de marcher en ville, la cohabitation dans le tram, les façons de faire ses courses, la présence d’un animal au bout d’une laisse, les terrasses de café, les  vêtements hors mode, la perception des nationalités, les façons de conduire et de se conduire, la relation à la pub…

 

Prendre l’exemple du photographe Christophe Louergli

C’est un jeune artiste belge pour qui « photographier, c’est respirer ». Son Lumiere, papier, bambou et ficelledomaine de sélection porte sur le détail d’une extrême banalité, devant lequel on passe tous les jours et qui un jour va lui parler. L’ensemble crée un monde qui prend sens par ses yeux et qui, grâce à lui, va porter sens pour d’autres que lui. Il est un transmetteur d’émotion, d’une émotion d’autant plus forte qu’elle est subtile, aérée, évanescente, impalpable et pourtant si présente. Elle est transmissible. Son travail est fondé sur un regard qui accepte la lenteur de l’instant.

 

C’est à cela que  je pensais en voyant la belle exposition consacrée à Raoul Ubac par la ville de Trélazé (49). Ses lithographies sont accompagnées par des photographies de Christophe Louergli qui jouent  « en résonance » avec l’œuvre de Raoul Ubac. Et ces résonances trouvent un écho singulier chez celui qui regarde. Un jeu à trois singulier, qui ouvre l’œil, avec une qualité de profondeur impressionnante. J’ai rarement vu un lien d’une telle densité entre une œuvre imprimée, une photographie et la  personne qui fait le lien  entre chacune d’elles d’abord et elle-même ensuite. Avec des découvertes remarquables, dans le jeu d’étincelles entre l’artiste Raoul Ubac (I910-1985) et le photographe né en 1976, il y a enrichissement pour celui qui regarde.              

 

Pour suivre le chemin

. Voir le catalogue de l’exposition du centenaire de Raoul Ubac à Trélazé, Anjou 2010.  

. Raoul Ubac à retrouver sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Raoul_Ubac

. Retrouver Christophe Louergli sur son blog http://louerglichristophe.artblog.fr

Il est aussi présent sur Facebook : on y voit une photo de mur en ardoise. Comme il le dit dans le catalogue du salon, il préfère s'exprimer par la photographie. 

. Photos 'noir et blanc' EP   

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Les petites maisons > La station service seule dans la nuit

23 Juin 2010, 11:14am

Publié par Elisabeth Poulain

Une photo de Philippe Moussa

C’est une photo qui m’a tapée dans l’œil. Je l’ai découverte sur le blog du photographe Philippe Moussa, qui m’a autorisée à la reproduire. Il a une forte sensibilité à la photographie de nuit, expressionniste et minimaliste, qui se recentre sur l’essentiel. Celle-là est à mon sens très particulière.

 

Station service Philmous-sur-la-route1

 

La théâtralisation

Avec cette représentation d’une station service, comme si on était au théâtre, l’auteur a réussi a capté une véritable magie un peu glacée. La composition est à la fois très symétrique et à la fois décalée. Nulle fantaisie ne ressort de cette architecture réduite à une dalle et un toit porté par 6 poteaux, placés deux par deux au tiers de part et d’autre du toit. On retrouve la volonté de symétrie avec les bornes de distribution d’essence et de fuel.  

La lumière et la couleur

Sa blancheur éclairée de l’intérieur forme un halo qui fait ressortir la ligne des formes et le rouge de Total. La partie droite de la photo, prise comme si on sortait de station, met en valeur les lampadaires d’éclairage, la lune en haut dans le ciel noir et la rondeur de la réserve de gaz. La partie gauche de la photo  est à peine esquissée : on devine que c'est l'entrée à voir l'arrière dles panneaux d’accès et les rails de protection pour accéder à la station.  

L’ordre et la netteté

Il faut que tout soit ordonné pour que l’automobiliste puisse prendre de l’essence dans les conditions optimales de délivrance. L’étonnant est la solitude qui se dégage, une solitude assortie de politesse et de netteté. Nulle  fantaisie n’est visiblement admise, ni recommandée. Nulle zone d’ombre ne peut s’infiltrer quelque part. Tout doit visible pour ce qui est à voir ou caché pour ce doit l’être. Il s’agit des réservoirs, des tuyaux… et de la présence humaine du service.  

L’automatisation

Elle est au cœur de ce concept de station service, tourné vers le client. Elle a pour conséquence de chasser toute influence humaine lors du remplissage du réservoir. Il y a certainement un autre bâtiment proche où se tient l’équipe en charge de la station. Mais on ne la voit pas et son importance est quand même seconde par rapport à la distribution d’essence.  

L’absence de dimension culturelle territoriale

Où sommes-nous ? La photo de la station service ne le dit pas. On pourrait être dans une quelconque des 21 régions de France ou de l’Union européenne. Le bâtiment serait le même.  C’est une des conséquences de cette automatisation de notre société toujours fascinée par la liberté et la puissance que donne la voiture. Ce type d’architecture où tout est conçu par la société dirigeante au profit de la marque, Total en l’occurrence, est implantable tel quel dans n’importe quel pays du monde.   

La culture Total

L’architecture et  le design Total ont chassé toute référence à l’ancrage territorial par l'homme pour y substituer l’ancrage de la marque.  

Pour suivre le chemin

. La station service se trouve quelque part entre Nantes (44) et Angers (49) France.  

. Retrouver les photos de Philippe Moussa dans un de ses blogs

http://angersblog.net/

. Lire sur ce thème des 'petites maisons' quelques billets déjà parus sur ce blog

Deux abris de pêcheurs dans l’Ile de Béhuard en Loire (49), France

En Australie, une petite maison de pêcheur sur le lac

Le Bull rue Chef de Ville à Angers

Une île en Loire, bleu sur bleu sur vert, loin de la ville

 

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V04 comme Ville-Pub > L'ANPE et Le Monde

21 Mai 2010, 15:13pm

Publié par Elisabeth Poulain

Après la vision de la ville qui a servi de publicité à Total, une des grosses sociétés encore françaises, voici celle de l’ANPE dont je vais développer le sigle pour nos amis étrangers. Il s’agit de l’Agence nationale pour l’Emploi, l’office gouvernemental chargé d’aider les personnes sans travail à retrouver un emploi.

 

Ville-Pub ANPE Le Monde 04.09.2008 

Il s’agit d’une pub tout à fait spéciale. Si vous enlevez le macaron qui se trouve au milieu de l’affichette parue dans Le Monde du 4 septembre 2008, il vous est impossible de savoir quel organisme ou quel produit est porté par cette pub. Il s’agit du centre d’une ville très animée. Il y a plein de gens sur la place et dans les rues qui y conduisent.

 

Aucun monument, ni repère ne vous permet d’identifier le lieu ou la source d’inspiration de l’auteur du dessin.  Il n’y a aucune référence de source. On y voit des gens parler, jouer, admirer... Très peu sont pressés d’aller ou de quitter la place. Certains ont sorti tables et chaises sur les trottoirs. Ils ont envahi tout l’espace public, sans souci des voitures. Et pour cause, il n’y en a qu’une seule à l’arrêt, un enfant assis sur le capot. Par contre deux d’entre elles ont le capot ouvert, avec des hommes en bleus en train de se pencher. Il y a des camionnettes garées en forme de U ouvert, pour vendre du poisson, des saucisses, des fleurs,  des soins…Deux boutiques, Optique et Labo, sont ouvertes. On voit des gens qui travaillent dans des bureaux à mur de verre. La seule certitude est qu’ils sont tous blancs, à l’exception de 6 noirs chevelus. Ne me demandez pas combien ils sont au total, je n’ai pasq le courage de les compter.

 

Il y a du vert aussi, mais ce n’est pas celui du végétal. Il n’y en a pas. C’est le vert du sport. Seules trois mouettes volent dans l’air à gauche.  Ce qui frappe, c’est l’absence de sens ou de mouvement de  cette place ville ouverte sur le jeu. Les enfants courent, jouent, font du vélo, du sport. C’est intriguant parce que cela ne représente rien de ce que nous connaissons.

 

C’est l’ANPE qui a choisi cette représentation d’une société qui se réjouit d’être dehors pendant que très peu sont enfermés dans des bureaux au travail derrière des murs. On ne doit pas être loin d’une proportion 20/80, où seuls 20% travaillent pendant que les autres sont au plein air. C’est une pub pour trouver son collaborateur parmi les 700 000 CV du site emploi « le plus consulté notamment pour les cadres ». Doit-on féliciter l’organisme d’avoir un carnet d’adresses aussi fourni avec tant de personnes dehors qui proposent leurs forces de travail ? Sont-ils ceux que l’on voit dehors à jouer avec leurs enfants aussi gaiement ? 

 

Ca interpelle. Vraiment.

       

Pour suivre le chemin

. Voir le site du n° 1 de l’emploi en ligne sur anpe.fr.

. Sur ce blog, lire  V03 comme ville-pub > Total et Les Echos

 

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Le Bull rue Chef de Ville à Angers

16 Mai 2010, 09:50am

Publié par Elisabeth Poulain

C’est une petite rue en sens unique, où seuls les bus peuvent passer sur la voie descendante. Petite, elle ne l’est pas trop en longueur, mais en largeur.

 

Chef de Ville, la menuiserie avant le bull

 

A un certain endroit situé prés de son point de départ boulevard Descazeaux implanté sur l'ancienne ligne des remparts d’Angers, il n’y a pas assez de place pour que les bus puissent se croiser ou que les piétons puissent marcher sur les trottoirs.

 

C’est à l’endroit si passant, à prendre au sens premier où tous passent sur la voie, que vient de disparaître une vieille maison en falun à étage et le hangar qui lui faisait face. Ces très vieux bâtiments n’avaient pas d’ouverture sur la rue. Ils se faisaient face, séparés par leur propre petite ruelle privée, à l’abri de la rue Chef de Ville par une très haute porte qui empêchait toute vue à l’intérieur. Un peu comme une résurgence de l’ancienne ligne d’autres

 

  Chef de Ville, la menuiserie, la charpente

 

remparts établis cette fois ci de l’autre côté de la rue, en perpendiculaires à ceux de Descazeaux.

 

L’ensemble était frappé d’alignement depuis des années. Pour des raisons qui ne sont certainement connues que par le fils de l’ancien propriétaire qui avait établi là une petite entreprise de menuiserie, les deux bâtiments sont restés vacants et inutilisés depuis plusieurs dizaines d’années.

 

Des panonceaux avaient alerté les veilleurs de la rue. Vous savez ceux qui marchent beaucoup dans la rue et sont au courant de tout. Ils sont de formidables transmetteurs. La maison rue Chef de Ville allait disparaître le mercredi suivant. La veille, la grande porte largement ouverte, pour la première fois depuis si longtemps, laissait passer des hommes en bleus qui enlevaient tout ce qui pouvait se récupérer, en particulier les longues tôles qui protégeaient l’intérieur de l’atelier de la pluie.

 

Chef de Ville, la menuiserie, l'interieur

 

Passant à vélo, j’ai pu demander  au propriétaire l' autorisation de faire des photos. Voici la moisson. Le lendemain de la venue du bull, passant en voiture cette fois-ci, tout était parti, recouvert de sable et …déjà occupé par des voitures, comme des poux de mer sur le sable dés que la vague se retire.

 

Il y avait là un menuisier qui y avait sa maison et son atelier. Déjà un peu gêné par l’impossibilité d’y disposer un atelier plus pratique, il l’avait déménagé rue Saint-Jacques de l’autre côté de l’îlot des maisons. Les deux rues Chef de Ville et Saint-Jacques se rejoignant place Monprofit, là où était érigée une des tours circulaires qui ponctuaient les remparts de la Doutre.   

 

Et puis à l’endroit désormais libéré, comme la nature a horreur du vide, un mur a commencé à s’ériger en limite de propriété entre le vieil atelier et ces maisons, qui auparavant étaient restés unis, sans frontière entre eux. Une mur, oui mais avec une porte à double vantail dans la ligne exacte de l’autre porte.

 

, Chef de Ville, la menuiserie, lla petite maison

 

. Qui pourra dire, dans quelques années pourquoi cette porte est placée à cet endroit précis et pas 1, 2 ou 3 mètres à droite ou à gauche? Personne et pourtant il y a forcément une explication.

 

. Peut être aussi, faut-il trouver dans le bois de la menuiserie un lien avec le tout nouveau collectif de 20 logements d’Angers Habitat qui est en cours de finition actuellement? Une partie des bâtiments est recouverte de bois.

 

. Quelqu’un  se posera aussi certainement un jour la question de savoir quelle a été la source d’inspiration qui a poussé le peintre Michel Hénocq, qui travaille non loin de là, dans une rue très ancienne, à avoir choisi cette toile pour annoncer sa dernière exposition de 2010 dans la rue du Champ de Bataille? 

 

Michel Hénocq, Les petites Filles
Pour suivre le chemin     

. Chercher des informations sur la rue Chef de Ville, dont la dénomination remonte au Moyen-Age. Vraisemblablement, un responsable de la garde de la ville y demeurait. La seule certitude, c’est Google qui nous la donne. On sait de source sûre qu’un peintre y habitait en 1322 ! Je trouve cette information admirable. A quel numéro svp ?  

. Photos Elisabeth Poulain, avec mes remerciements à Michel Hénocq pour ses  petites filles.   

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De l'art de la guerre à l'art marketing, il y a le pas du changement

10 Mai 2010, 17:29pm

Publié par Elisabeth Poulain

Et ce pas, tout est fait pour l’occulter, en le rendant invisible. Pourquoi ? Parce que le changement dérange l’ordre établi.  

Le mécanisme mental

Encre noir et blanc

 

Parler de guerre dans notre société de consensus apparent est carrément grossier. Prononcer le mot au cours d’un repas chic, une véritable incongruité malsonnante. Citer celles qui ont lieu actuellement ou rappeler celles qui ont complètement remodelé nos paysages politiques est considéré comme une faute de goût. C’est carrément mal-élevé, comme on disait aux enfants d’après-guerre et surtout d’avant. Ce trouble évoque la violence et le désordre.

 

Parler de marketing, c’est comme si vous invitiez quelqu’un de vulgaire et de pas propre à s’asseoir à côté de vos hôtes à table. On évite généralement tant le mot est « bas de gamme » et est associé aux grandes surfaces. Du marketing de luxe, seul le mot de luxe est retenu ; celui de marketing est zappé. Le Luxe se présente alors comme un univers feutré où tout n’est que calme et volupté, servi par des mains invisibles, où surtout il n’est jamais question d’argent, sauf à se vanter des « bonnes affaires » que votre voisine ou voisin vient de faire, comme un jeu.

 

Quant à l’art, il en est tout le temps question, justement pour cacher le côté marchand et payant de toute activité humaine. Comme si l’art et la création se faisaient sans aucun lien ni avec l’argent, ni avec le marketing, ni avec la guerre. Or le marketing de l’art est si abouti qu’il a créé un marché mondial de l’art, dont le centre est maintenant en Chine qu’on ne dit jamais plus populaire, du coup. Il a suffi de quelques années pour que le centre se déplace des Etats-Unis vers son puissant voisin, maintenant seconde puissance mondiale.  

 

Le phénomène de l’invisibilité

 

Lumiere, papier, bambou et ficelle

 

Ce triple phénomène de dénégation conduit directement à l’invisibilité et au ‘faire comme si’. Comme si, il n’y avait pas de guerre ou de conflit, comme si les entreprises ne devaient pas lutter pour leur survie et continuer à exister. Comme si, il n’était pas nécessaire de payer ce qu’on achète pour que celui qui le crée, celui qui le produit, celui qui le distribue soit rémunéré. Et cela dans tous les domaines et pour tous les acteurs de la société. Ne nous y trompons pas, la dimension payante n’empêche pas la solidarité sociale de jouer ; elle déplace seulement les frontières internes. 

 

Beaucoup de Français expatriés à l’étranger sont étonnés de constater qu’est payant ce qui en France est considéré comme relevant comme de l’univers du gratuit. Est gratuit ce que d’autres paient et c’est vrai en particulier dans le domaine des services, comme le transport, l’accès à la formation, l’accès à l’art, l’accès à l’information…Du coup, on s’aperçoit avec étonnement qu’avec le changement du gratuit au payant, on change de style de vie et que, si d’autres font de même en même temps, que cela commence à se voir dans la société.  

 

Le changement souhaité en renforçateur de l’invisibilité

Mohair ecru

 

Le phénomène de l’invisibilité est renforcé par le postulat selon lequel qu’il y aurait plusieurs sortes de changement,

. celui qui est bénéfique sans dérangement de l’ordre établi, du gagnant-gagnant total,

. et l’autre celui qui par définition va changer sans certitude aucune quant à l’ère affectée par le changement et/ou son intensité,

. sans surtout envisager qu’il puisse être des changements à risques.

 

Comme l’imbrication est au cœur de la dimension sociétale, il paraît pourtant difficile d’ignorer le changement et de penser qu’on puisse prôner ou vendre du changement mais uniquement celui qui avantage, tout en conservant les avantages de la situation antérieure. Cela ressemble à ces prévisions de chiffre d’affaires d’entreprises faites sur plusieurs années à venir, « toutes choses étant égales par ailleurs ».  

 

Les différents types de changement

La guerre et le marketing savent faire puisque par définition, ils sont greffés sur le changement. Maintenant qui peut dire à quels types va appartenir le changement souhaité? Personne. Cela paraît énorme et pourtant c’est bien le cas.

 

Le changement pour l’entreprise

Voyez cette entreprise qui a mis au point un nouveau Cuirasse de guerrier, papier, sens

procédé de télé-communication. Elle demande à une agence de communication de communiquer sur cette innovation pour faire connaître son et inciter des clients à l’acheter. Ce faisant, elle va pouvoir empêcher une entreprise concurrente d’avancer. Imaginez maintenant que cette entreprise ait parié le téléphone portable, avant ses concurrentes. Le téléphone mobile existe soudain dans des pays qui n’ont pas encore et n’auront vraisemblablement jamais le téléphone fixe. En quelques années, l’entreprise a modifié les rapports entre les personnes, les entreprises et les Etats dans le monde entier.

 

Qui aurait pu prévoir qu’un (simple) changement technologique puisse avoir la capacité de bouleverser l’ordre mondial ? Personne et certainement pas les entreprises travaillant exclusivement dans le téléphone fixe, qui ont vu leur univers se déliter en quelques années seulement. Quant aux entreprises travaillant dans ce secteur, elles vivent dans un univers concurrentiel impitoyable. En outil commun, elles utilisent les stratégies marketing les plus audacieuses, faisant régner entre elles des règles de co-existence féroces directement tirées de l’art de la guerre.  

 

Le changement par la guerre

Un extra-ordinaire ouvrage de recherche appliquée à la guerre a été écrit par un grand penseur chinois au V siècle av JC. Son titre « L’art de la guerre » de Sun Tzu. Cette recherche est toujours présentée comme la méthode globale la plus accomplie de fonder une stratégie basée sur la tactique adaptée pour parvenir aux objectifs fixés à l’origine. La démarche est tellement actuelle et exemplaire qu’elle a été à la base du marketing qui, ne l’oublions jamais, a commencé sa vie aux Etats-Unis après la première guerre mondiale, s’est développé juste avant la déclaration de la seconde et connut en France un véritable décollage à la fin de l’après-guerre.  

 

Le changement par le marketing 

Noir sur blanc, changement de sens

La fascination du marketing pour la démarche militaire demeure. Il n’est que de voir comment le vocabulaire du marketing emprunte à l’art militaire. Connaître son ennemi/concurrent, étudier le terrain/marché, choisir le moment, organiser et gérer le long terme sont au cœur de la démarche marketing. Plus encore il est remarquable de voir comment le changement est au cœur des deux démarches. L’art du stratège est de gagner la bataille du temps aussi bien que celle sur le terrain en utilisant la psychologie et la logistique au service des objectifs du changement attendu.  

 

Le pas à franchir ou pas par le client.

Cette méthodologie, le marketing sait se l’approprier et la mettre en musique. C’est en cela qu’elle fascine autant, d’autant plus qu’elle sait inclure dans ses propositions à ses clients une grande part de véritable création, confiée parfois à de véritables créateurs d’art. 

 

Le pas à franchir porte sur la capacité du client à supporter le risque de la part de la création, de l’inconnu et du nouveau. En langue française, le terme de "pas" a plusieurs sens principaux:

-        le pas militaire cadencé quand les soldats font vibrer le pont,

-        celui du pas que fait le passant en allant d’un endroit qu’il connaît vers autre part, ou celui de l’entreprise qui lance un nouveau produit, veut accroître ses parts de marché ou changer d’image,

-        le pas, en négation, à prendre dans le sens « je ne veux pas du changement qui induit un risque », tout en disant « faites-moi du différent pour que je puisse me démarquer du voisin ».  

 

Demain et le changement

Même si le client demandait à ce que l’agence fasse du copier-coller pour lui éviter toute prise de risque, toute prise de risque, il serait tout à fait impossible de lui garantir un succès sans risque. En effet la situation a changé entre le moment où l’entreprise concurrente a lancé sa campagne et le moment où l’entreprise cliente demande à son agence de « s’inspirer de ce qu’a fait X ou Y pour telle ou telle ».

 

       Terre malaxee par les sabots des vaches jpg

 

La seule certitude qu’il est possible d’avoir porte sur l’impossibilité de garder les avantages de sa vie d’aujourd’hui pour demain. Et pourtant, c’est ce que la publicité dans le monde entier arrive à faire tous les jours, mais personne n’est obligée de la croire. Aux Etats-Unis, les grands comptes - les gros clients par l’importance de leurs budgets de communication - depuis plusieurs années ont réussi à imposer à leurs agences une rémunération fixe et une  partie proportionnelle  aux résultats...

Pour suivre le chemin

Quelques règles et citations passées en maximes à ne pas oublier

. « Tout change partout, tout le temps, dans le monde, pour tous, mais pas de la même façon et sans que nous sachions où le changement nous conduit.» Dixit Elisabeth Poulain.

. « Les promesses n’engagent que ceux qui y croient » Henri Queuille (1884-1970), qui a fait les deux guerres. Il était à Verdun et reçut la croix de guerre. Il fut plusieurs fois ministre, de l’Agriculture en particulier, et trois fois président du Conseil sous le IVè République. Voir son parcours politique et sa prise de risques dans 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Queuille  

. « Toute guerre est fondée sur la tromperie » Sun Tzu dans « L’Art de la guerre ». http://fr.wikipedia.org/wiki/L’Art_de_la_guerre

Photos Elisabeth Poulain
   

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Ah qu'il est beau le borobo!

5 Mai 2010, 15:54pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le titre

Vous avez bien sûr traduit ce titre qui me fait rire. Le borobo, c’est évidemment un beau robot. Japon-Infos-logojaponJ’aurais du dire « Ah qu’ils sont beaux les borobos » mais je trouve qu’au singulier, ça sonne mieux. L’idée m’est venue quand j’ai cité les Bambaras dans un billet récent consacré à une pub de Vuitton. Des Bambaras aux Borobos, rien de plus naturel. Si je parlais sérieusement, vous me croyeriez, j’en suis sûre et moi la première.  

La fascination pour le robot

Ce point acquis, les Borobos existent bel et bien mais pas comme vous l’imaginez. Ils sont partout dans la presse, la pub, les bijoux, les jouets bien sûr... J’ai déjà fait un billet sur cette fascination soudaine que notre époque éprouve pour les robots. Au delà de la mode qui pousse à sur-exploiter un thème qui marche quitte à l’user en très peu de temps, je trouve cela bien inquiétant.  Je m’interroge sur les raisons de cet engouement qui pourrait traduire un penchant vers une certaine vision de la condition humaine. Les robots, eux, n’ont pas d ‘état d’âme et font tout ce qu’on leur dit. La nouvelle moisson est riche.  

 

La breloque bijou androïde  

C’est Thomas Sabo qui ouvre le bal, avec ses 450 breloques Robot bijouxassorties  aux montres qui portent son nom. Cet Autrichien, qui a créé son entreprise en 1984, a confié la création des pièces de ses collections à une Allemande Suzanne Kölbi. La seule figure androïde qui figure au milieu des fleurs, des étoiles, des croix, papillons, serpents et tous les autres symboles… est un robot qui ressemble fort au Capitaine Haddock revêtu de son armure de scaphandrier. Pour être bien sûr qu’on ne puisse le confondre avec d’autres, ce robot s’appelle « HOM » marqué en toutes lettres, à moins que ce soit « THOM » avec un T décalé vers la gauche.  

 

Comme la collection est unisexe, il n’y a aucun souci à se faire pour la vente. Cet HOM a un gilet turquoise du plus bel effet, assorti au bracelet de la montre assortie. Autres points communs, les ‘diamants’ qui font briller ses bottes et son ceinturon. Il est chiquissime, avec un seul bémol, c’est la longueur de ses bras trop longs et ses jambes trop courtes. Il y a une boule en trop pour les premières qui auraient été les bienvenues sur les secondes, pour harmoniser.  Son avantage, on peut l’avoir 24h sur 24 à ses côtés, toujours serviable, toujours présent. Une merveille d’homme en somme. 

La serre-volante ou le robot végétal et maraîcher

Robot, Serre Volante, Metropole de NantesElle est super chouette. Elle a tout d’une grande car elle est vraiment grande, à hauteur de plusieurs étages d’un immeuble qui serait consacré à  la production végétale et à la préservation de la bio-diversité, rien que cela. La nuit, l’objet presque volant non identifié a de quoi inquiéter. La nature n’est pas toujours paisible et gentille. En guise de tête, ce robot maraîcher a un gros ballon gonflable et d’autres ballons de petite taille en guise de main. Son corps est fait de deux plateaux portes-plantes violemment éclairés  afin que les plantes  poussent plus vite, comme dans les serres de forçage. Un gros bémol, il faut grimper une grande échelle de la hauteur des 4 pattes de métal. C’est dur à la tâche les robots, vous moins. Mais que ne feriez-vous pas pour la semaine du développement durable de Nantes Métropole du 1er au 7 avril 2010. 

 

Les robots-soldats

Robot-Samurai par Felice Beato photographe-WikipediaEn réalité ils sont au moins deux. Pour l’hémisphère occidental, on peut citer le chevalier en armure et en Orient, le samouraï. Je ne vais pas vous en parler mais seulement vous  montrer les deux styles. Les deux ont perdu leur qualité de personne humaine ; le premier est devenu un blindage qui a forme d’homme. Quant au second, il est si terrifiant que sa vue provoque l’effroi.  C’est d’autant plus vrai et plus fort qu’il ne s’agit plus là ni de jeu, ni d’un dessin ou d’une reproduction, il s’agit d’une photo prise en 1860 par un photographe aventurier qui a un nom extraordinaire. Il s’appelle Felice Beato, ce qui signifie ‘né heureux’. C’est magnifique et sa photo l’est aussi.  

 
Les aides-robots
Il en est qui relèvent du domaine de la recherche et d’autres du domaine du possible, si proche de ce qui existe déjà que je m’inquiète vraiment, quitte à me faire qualifier de passéiste.

 

. Le robot-‘jardinier’ est un monstre genre Sumo Robot de Planete Sciences Sarthenon dénué de charme, proche d’un scarabée protégé par sa cuirasse mais qui aurait un brin d’humour. C’est lui qui a été choisi au titre  des Trophées de robotique 2010 organisés par Planète Sciences Sarthe à Angers le 20 mars dernier. Il fait peur et en même temps c’est un poète jardinier qui ne craint pas la nature bucolique. La preuve : cinq papillons volètent autour de lui et sa main-pince de gauche tient une petite tige avec des feuilles.  

 

. Le robot-journaliste lui est déjà en action. Pour l’instant des programmes d’intelligence artificielle, comme Stats Monkey qui signe « The Machine », permettent déjà de couvrir des matchs sportifs. Infolab, la société qui dirige l’expérimentation, travaille déjà sur des versions commerciales applicables aux informations financières d’entreprises, petits reportages télévisés, critiques de film…Un centre d’innovation en technologie, médias et journalisme a déjà été créé par Infolab et Medill en 2009 pour développer les applications pratiques. L’objectif : fournir aux groupes de presse des outils faciles d’emploi et tout à fait performants pour le travail répétitif afin de laisser « les missions nobles » du métier aux ‘vrais’ journalistes. C’est moi qui ajoute l’adjectif.  
 
PoRobot-Rocco-Le Mondeur illustrer le remarquable article de l’envoyé spécial du Monde à Evanston aux Etats-Unis, Yves Eudes, Le Monde a fait appel au dessinateur Rocco qui adore les robots. Il en a fait un de remarquable, avec grosse tête, petit chapeau, un œil qui voit à 360°, une bouche à clavier, 4 paires de bras, capable en même temps de parler dans un micro, commenter des statistiques, écrire des articles papier et faire les news à l’écran. Il s’appelle WOW !!!. Oh yes, Ouah en français. C’est déjà opérationnel aujourd’hui.
 
 
Pour suivre le chemin des robots et tout savoir sur

. la folie des robots sur ce blog Pour 2010, l'homme robot sur un air de nostalgie

. les robots >    http://www.androidworld.com/ 

. Thomas Sabo et son entreprise > http://www.thomassabo.com/fr/about/company 

. la Serre volante de Nantes >   http://www.nantesmetropole.fr 

. l’homme en armure  

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Armure_(%C3%A9quipement

. la photo du samouraï en 1860   http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Samurai.jpg 

. le photographe Felice Beato > http://en.wikipedia.org/wiki/Felice_Beato 

. le robot Planète Sciences Sarthe, 02 43 93 87 58, www.planete-sciences.org 

. le robot Sumo > http://robot.sumo.free.fr/clubrobotique_lestrophees_2009.htm 

en cours de construction sur le site 

. le dessinateur Rocco > http://www.artsfactory.net/expos/vertige/index.html 

. l’article du Monde, 10.03.2010, « L’ère des robots-journalistes » par Yves Eudes

 

. le code couleurs : en orange, le titre, en rouge, le nom des robots, et en rose leur auteur  

. Photos EP pour quelques unes et mes remerciements pour toutes.

  

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