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Le Blog d'Elisabeth Poulain

communication & marketing

Style de Pub > La Clôture de Bois et Fil de Fer barbelé, la Fascination

2 Décembre 2013, 12:59pm

Publié par Elisabeth Poulain

Quelques mots sur la clôture et le fil de fer barbelé. A priori, l’ensemble n’a rien de fascinant ni d’attirant, tant ce mode de fermeture d’un espace privatif est banal en France, à la campagne bien sûr mais aussi en ville dès lors qu’il reste des endroits un peu oubliés avec des vieux jardins ou des potagers. Dire pour autant qu’on en trouve en plein centre des villes serait erroné, sauf exception puisque la réglementation française est franchement  souple. C’est le contraire de ce qui se passe en Suisse où ce type de clôture est interdit, sauf exception. En France, cela ne l’est pas, par contre le propriétaire peut être obligé de reculer sa clôture de 50 cm sur son terrain s’il y a danger.   

Pub-ERDF-Le Taureau-2013

La publicité d’ERDF. Tout un chacun ou presque sait traduire ce sigle comme étant celui d’Electricité, Réseau, Distribution, France. Le concept de la campagne  est fondé sur l’idée de montrer en photo que les camionnettes bleues à bandes rayées rouges et blanches passent partout pour apporter l’électricité sur le 1,3 million de kilomètres du réseau, quelles que soient les conditions climatiques, naturelles, humaines ou… animales. C’est justement le cas ici.  

Le gros taureau face à la petite camionnette.  C’est surtout lui qu’on voit d’abord, cet  énorme taureau à pelage roux foncé qui « regarde » une camionnette bleue. Il doit être en train d’avancer car sa patte droite avant est en l’air ; la voiture est, elle, arrêtée. C’est à ce moment que vous regardez l’arrière-plan du cliché où on devine un imposant de plusieurs dizaines de vaches & co en train de brouter la délicieuse herbe de la prairie ouverte de l’autre côté du chemin de terre emprunté par la camionnette d’ERDF. Le paysage de moyenne montagne est fabuleux. On l’imagine dans le Massif central. On voit un village blotti en arrière-plan à gauche, à mi-hauteur du bord de la photo.

Le lieu de la rencontre entre la technologie et l’animal.  C’est le moment où le temps s’arrête et c’est aussi à ce moment précis que vous repensez à la clôture, avec cette question, de quel côté est donc la clôture ? Elle est de l’autre côté du taureau et de la voiture. On comprend alors plusieurs choses. Le taureau est chez lui. Pour preuve, la clôture est de l’autre côté, vers nous qui regardons la scène avec intérêt. Si non, il aurait fallu une autre clôture  de l’autre côté du chemin. S’il ne devait y en avoir une seule, elle aurait dû empêcher le taureau d’aller sur le chemin, qui est donc privé.

Pub-ERDF-Le Taureau-2013

Les poteaux de bois. Ils ont déjà un certain âge. Ils datent d’une époque qui ne connaissait pas la normalisation ni le calibrage qui standardise tout, à commencer par la dimension et la forme des poteaux. Ici on voit des branches d’arbres écorcées, taillées et parfois coupées en deux comme c’est le cas pour le premier poteau à droite. Le 3ème vers la gauche est tordu et incliné, quant à celui qui est entre deux, il est resté aussi maigrelet que lorsqu’il a été fiché en terre !  

Le fil de fer aligné sur quatre rangs. Il n’y a pas eu non plus de respect des écarts  entre les hauteurs de fixation. Il a été posé à l’œil. L’important visiblement était d’empêcher des petits animaux de passer, près du sol, or une vache ne peut être qualifié de petit animal. A cette première dissonance, s’en ajoute une seconde, c’est le côté où est fixé le fil. En principe, il ne peut être posé qu’à l’intérieur de la parcelle. Si donc, il s’agit d’empêcher des bêtes du troupeau de s’échapper, il aurait fallu que le sens de pose soit inversé. Il est plus « facile » de décrocher un fil en poussant de l’intérieur vers l’extérieur si le fil est accroché au bois à l’extérieur, ce qui est le cas ici. 

Pourquoi trois poteaux et pourquoi sont-ils inclinés ? Celui de gauche, le plus incliné, conduit le regard vers le village avec ses habitants qui ont besoin de l’électricité  ans le fond à gauche. Le petit poteau du milieu fait le lien avec la voiture bleue d’ERDF et le troisième conduit au taureau, au troupeau en ouvrant le regard sur un grand paysage de moyenne montagne. Il n’était pas nécessaire d’en faire plus.

Le commentaire du visuel. « Vous comprenez maintenant pourquoi nos voitures ne sont pas rouges» Il ajoute la note d’humour qui distingue les bons visuels qui ont un petit quelque chose en plus en s’adressant à vous directement, tout en vous faisant un petit clin d’œil.

Pub-ERDF-La Neige-2013

Juste pour faire la différence, voici le second visuel paru dans le Monde avec ce texte « cette fois encore, la neige s’arrêtera avant nous. » On y voit une camionnette l’hiver en montagne  quand la neige tombe, entre chien et loup, quand il est difficile de voir la petite route déneigée,  où il n’y a de place que pour une seule voiture. Là aussi, le lien est fait avec l’usager dont on ne voit que le toit de la petite maison, à gauche, au bord du cliché, presque à la hauteur de la camionnette.

La structuration en commun entre les deux visuels. Ce sont les deux axes partant du bas et qui passent par la camionnette, le taureau pour le Ier visuel et le toit du chalet dans le second cas. Cette construction qui part du bas amène le regard directement sur l’argumentaire qui prouve que la camionnette arrivera à bon port pour que le service de l’électricité soit assuré sans rupture. Le cliché de la neige est excellent mais il manque un élément important, qui est la clôture de poteaux de bois avec du fil de fer barbelé...    

 Pour suivre le chemin

. Visuels parus dans le Monde du 12.03. 2013 pour le taureau, 19.03.2013 pour la neige en montagne…    

. L’annonceur est www.erdfdistribution.fr

.  L'agence de communication,   HavasWorldWideParis est à voir sur  http://www.havasworldwideparis.com/ où vous trouverez seulement le nom du client cité sans cliché. Voir  plutôt la page Facebook, pour voir, non les visuels, mais des vraies photos d’intervention d’ERDF en situation  https://www.facebook.com/erdf.officiel/photos_stream

.Photos Elisabeth Poulain, à voir dans l'album "Paysages" sous l'intitulé "Pub ERDF"  

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Design par Nature > La Rose rose & La Lampe Roza, Design by Dan Pirsc

29 Novembre 2013, 17:46pm

Publié par Elisabeth Poulain

Design par Nature, c’est le bon titre choisi par les professionnels du végétal pour la campagne 2012 d’« Arbres Plantes Fleurs » pour changer le regard sur le végétal en l’associant au cœur de la maison, une façon branchée d’élargir l’espace dédié au végétal. Les fleurs, les plantes et les arbres sont le meilleur moyen de mettre du design chez soi. Grâce aux fleurs en particulier, il est possible d’embellir son espace,  de renouveler son style et d’exprimer ses émotions.  Je paraphrase le texte qui accompagne les visuels qui exprime très clairement ce nouveau positionnement du végétal en y associant la conquête d’un nouvel espace.  

Design par Nature, La rose et la lampe

La campagne de Valhor 2012. Son originalité est de décliner le concept du design en l’associant au végétal qui occupe la place dominante (13 cm  de largeur pour la fleur) dans le visuel pour ensuite  en montrer une déclinaison en mobilier ou objet de la maison, placée en petit (3,5 cm de large) en haut à gauche.

Le choix de ne pas citer la dénomination professionnelle. L’organisme Valhor a préféré choisir la plus large des références pour incarner l’ordre végétal. « Arbres Plantes Fleurs», qui le désigne, est  représentée par trois petits rectangles de couleurs rose, vert et brun placés juste au-dessus de la signature à droite en bas du visuel. Une des explications pourrait être qu’il s’agit d’attirer au-delà de la profession.

C’est une communication grand public de l’Agence Venise qui s’adresse à des femmes, lectrices d’Elle Décoration ou de TGV Magazine, une excellente publication de la SNCF distribuée dans le Thalys Paris-Bruxelles conçue pour des lectrices et lecteurs exigeant-e-s. Il s’agit de plaire en montrant de très belles photos de fleurs d’ y associer la création d’un designer pour un commanditaire qui en assurera la commercialisation. Il s’agit d’utiliser le design du meuble pour renouveler le regard sur les plantes.

Design par Nature, La rose et la lampe 

C’est Rose Design by Nature, associée à la Lampe Roza du designer Dan Pirsc que j’ai découverte en premier. Il est impossible de ne pas la voir tant sa présence en page 19 de TGV Magazine est d’une délicatesse parfaite, aussi bien par ses couleurs roses saumonées, son épanouissement optimal, à la fois ouvert et encore fermé au cœur et sa présentation légèrement inclinée vers vous.    

La perfection de la fleur. Tout conduit le regard à plonger dans le cœur de la rose tendre au cœur légèrement épanouie pour la saisir en photo au moment où elle était à son apogée, pendant un instant très court. Il a certainement fallu des dizaines de bouquets tenus au froid d’abord et sortis ensuite à la température ambiante pour obtenir  un cliché de cette qualité, avec cette fleur parfaite. A ce point-là de maîtrise, la nature seule ne saurait assurer cette qualité. Gageons qu’un grand spécialiste de la retouche photo a beaucoup travaillé dessus.  

Design par Nature, L'anémone et le siège

La composition du visuel. Elle s’articule sur une diagonale gauche en haut ---droite en bas de façon à attirer l’œil sur la rose,  puis à faire monter le regard vers la lampe Roza de Dan Pirsc pour Lasvit  pour redescendre ensuite vers le logo de l’annonceur  Arbres Plantes Fleurs. Le second mouvement part du bas droit pour continuer le tour en passant par le texte en bas à gauche et remonter par le côté gauche jusqu’en haut. C’est alors qu’on découvre le titre de la campagne Rose, Design par Nature  et qu’on retrouve Roza la Lampe tout en haut, les deux dénominations sont écrites en caractères droits sur des lignes inclinées vers le haut pour bien montrer qu’il s’agit de citer les mots du design.

Les deux autres visuels « fleurs. C’est l’anémone a été choisie pour être associée à la  chaise So Shun du désigner Masanori Umeda. La tulipe orange accompagne le fauteuil orange de Marcel Wanders intitulé Wanders’ Tulip pour Cappellini.  

La question du design. C’est bien celle que je me pose après avoir regardé les visuels. Les lecteurs vont-ils  être vraiment sensibles à cette campagne institutionnelle ? Leur regard sur les fleurs va-t-il changer parce qu’on parle du design de la nature en se référant au design de sièges et de lampe dont les modèles  s’inspirent directement de ce que produit la nature en l’adaptant plus ou moins à la fonctionnalité? On peut comprendre avec le fauteuil orange enveloppant (la tulipe), également avec le siège bas aux pétales de fleur (l’anémone). Par contre le choix de la lampe me paraît plus discutable et le lien ne me paraît pas aussi évident.

Design par Nature, La tulipe et le fauteuil 

Le design résulte, on le sait, de l’osmose existant entre la fonctionnalité d’un objet, ses caractéristiques et sa forme. Peut-être aurait-il fallu, pour Roza, prendre la photo de la lampe allumée vue du dessus comme cela a été le cas pour la rose. Ce qui ressort finalement de ces trois visuels, c'est la force de la présence de la fleur au point d'ailleurs qu'elles trois éclipsent un peu, beaucoup selon les cas, les exemples de mobilier choisis pour leur nom de fleur et présentés en si petit tout en haut.     

Pour suivre le chemin

. Se rendre sur http://www.designparnature.fr/ pour retrouver l’émetteur de la campagne institutionnelle http://www.valhor.fr/  

. Consulter pour la campagne 2013 le dossier de presse très complet de Valhor fait pour le Salon Maison et Objet à Villepinte  http://www.valhor.fr/fileadmin/A-Valhor/Valhor_Communiques/2013-09-13_D_Valhor_Design_par_Nature.pdf

.Venise (sans que le terme d’agence de communication soit utilisé),  7/13, bd Paul-Emile Victor, 92200 Neuilly-sur Seine, +33 (0)1 7008 7008, contact@venise.com,  http://www.venise.com/portfolio/valhor/

. La rose est issue de TGV Magazine de juillet-août 2012. L’anémone est parue dans Elle-Décoration d’avril 2013.  La tulipe figure dans Elle-Décoration de mai 2013. 

. Le créateur de la Lampe Roza est Dan Pirsc ; il est un designer tchèque, spécialiste de la porcelaine,  à découvrir sur http://pirsc.cz/fr/ . La Chaise So Shun est une création du designer Masanori Umeda pour Edra. Enfin le Fauteuil Wander’s Tulip a comme auteur Marcel Wanders pour Cappellini.

. Photos Elisabeth Poulain

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Force & Atrait du Mur > La Toile tendue dedans > B&B Italia

21 Novembre 2013, 12:10pm

Publié par Elisabeth Poulain

L’importance du mur. Elle est si forte dans la vision de l’habitat et plus largement de la ville, que l’esprit a du mal à spontanément penser que le mur peut disparaitre. Il est vrai aussi que le mur est toujours au premier abord vu dans sa capacité à séparer le dedans du dehors et à matérialiser physiquement cette distinction par de la pierre,  du métal, du bois et du verre. Ce sont là les principaux matériaux utilisés dans nos contrées. Outre cette dimension de séparation d’espace, le mur a aussi une capacité de portage et de superposition des espaces, cela en alliance avec des poutres porteuses en béton, métal et bois…Ca, c’est pour la vision du dehors.

A l’intérieur, le mur joue des rôles différenciés selon les espaces qu’il partage, en établissant une hiérarchie entre les espaces intimes à la vie familiale et ceux qui sont plus ouverts au monde extérieur, comme le séjour. Une importance particulière porte alors sur les murs des espaces concernés par les meubles statutaires qui font l’objet des visuels publicitaires.  

Mur-Toile-B&B Italia-Design Portrait 038 

Une approche du meuble statutaire. Cette caractéristique est si profondément associé au meuble depuis toujours dans l’histoire de l’humanité qu’on aurait du mal à distinguer un meuble comme un fauteuil, plus tard un canapé par exemple, comme de simples objets fonctionnels. Ils ont toujours joué un rôle emblématique dans la société en tant que prolongement direct de la personne qui s’assoit dedans. « Dis-moi quel est ton canapé et je te dirai qui tu es, quelle place tu occupes, si non dans la société, du moins à tes yeux. » 

Vers la disparition du mur. C’est un phénomène qui existe depuis quelques années maintenant, devenu perceptible tout particulièrement dans le domaine de la publicité en faveur de mobiliers et d’objets d’ameublement et de décoration haut de gamme de l’habitation indoor et outdoor mais pas seulement.  La photo de mode se prend de plus en plus sur un fond indifférencié, plat, où ne se reconnaissent plus ni mur, ni sol, ni plafond ou la perspective n’existe plus. La raison est toujours la même ; il s’agit de gommer tout ce qui pourrait distraire l’œil et le regard du mannequin ou de l’objet qui est la raison d’être de la prise du cliché.

Il existe plusieurs autres raisons à cette réelle tendance. Ce sont tout particulièrement les dimensions importantes  des meubles tels que des canapés, des lits … qui sont photographiés seuls dans de grands espaces qui ressemblent de fort loin aux dimensions réelles des logements de la très grande majorité des clients. Un joli paradoxe s’ensuit qui est de voir aller en sens contraire deux éléments de la vie d’aujourd’hui. La surface des logements tend à diminuer sous la pression de  la densification de la ville, la hausse du coût de la construction et des loyers… alors que la taille des meubles « statutaires » augmente. Cette contradiction qui pourrait nuire à la vente de grands canapés est évidemment connue des marques de fabricants de mobilier haut de gamme et de leurs concepteurs publicitaires. Ceux-ci vont s’attacher à transformer ce qui pourrait être en handicap en un atout qui va devenir une des caractéristiques des marques et/ou du photographe. Mais alors comment montrer le  « Grand » ?

  Mur-Toile-B&B Italia-Design Portrait 039

Flatter l’ego des clients est quand même le premier ressort de la publicité. Il faut du « Grand » pour ceux qui conçoivent la vie en grand. Il faut donc montrer la beauté singulière du « Grand ». Une façon première d’attirer l’attention et plus en incitant les personnes intéressées à se rapprocher de la marque, par le Net et pour certains  le voir en vrai en magasin. Un des premiers  procédés est de rechercher des espaces de grandes dimensions comme en offrent des bâtiments industriels à l’intérieur. C’est aussi une mode profondément urbaine venue de la transformation de bâtiments industriels désaffectés en lofts hyper-chics à l’usage de jeunes couples citadins à deux revenus et sans enfants en application directe de la formule américaine « yuppies with double income & no kids. »

C’est à cette mise en scène que B&B ITALIA, une grande marque italienne, a demandé à Tomazo Sartori, son photographe depuis plusieurs années. Elle a sélectionné un grand mur noir, avec au premier plan un sol noir usé. A la rencontre entre les deux espaces, le vertical et l’horizontal, est placé un écran métallique de grandes dimensions sur lequel est pincé une toile de la couleur adaptée au canapé. Celui-ci est posé à l’intersection des deux, de telle sorte qu’on ne la voit pas ou très peu. Le canapé rouge dans le premier exemple est décalé de façon à orienter le regard vers la droite du cliché, là où se situe dans une colonne verticale le nom du revendeur, Civel, Mobilier contemporain à Nantes. C’est également dans cette espace qu’on trouve le nom de la série « Design Portrait » au milieu du visuel avec le nom de B&B ITALIA en gros caractères en bas, quand celle-ci  signe seule le visuel.  

. Le canapé rouge sur fond Bordeaux foncé.Il est composé de trois modules qui s’alignent les uns aux autres, celui du milieu de disposant pas d’accoudoirs pour pouvoir s’insérer entre les deux autres. Devant celui de droite un gros pouf du même style permet d’allonger les jambes. C’est à cet endroit stratégique que se place l’axe horizontal à sa rencontre avec la verticale, ce qui explique la ligne parallèle légèrement décalée  vers la droite qui porte le nom de la marque dans le visuel. Du coup, le module de gauche pourrait paraître un peu démuni en matière de rayonnement. C’est là qu’on voit combien la composition est fine et précise. Un liseré blanc finit chacun des côtés verticaux de la toile fixée par des pinces. Ces deux lignes blanches ont un formidable pouvoir de structuration de l’espace en hauteur et d’élévation en quasi-lévitation du canapé, comme une approche de la figuration de l’image mentale qu’est la publicité.  

La jeune femme en noir est assise à droite, les genoux légèrement repliés sous elle. Elle nous regarde aussi naturellement que si elle était vraiment chez elle, comme si tout était normal, hors de l’univers publicitaire, naturel hors de l’univers industriel, chez elle, le corps tourné vers nous, sans s’être adossée aux neuf coussins disposés comme des pétales de fleur, trois par trois. Elle n’est pas une cover-girl. Les visuels de la marque indique même son nom. Le seul élément ajouté en guise de décor est un ensemble de six échelles noires sur fond noir que j’ai découvert avec surprise dans le fond à gauche.

. Le second canapé rouge  de cette série « Design Portrait » sur fond vert. Il est visiblement plus moelleux, avec des dosserets plus épais. La composition est légèrement différente, avec sept coussins de plus grandes dimensions. Le canapé  s’appelle « Michel » de son nom officiel dans la gamme Design Portrait. Cette fois-ci le panneau du fond est vert avec toujours ses lignes blanches hautes latérales  et cette fois-ci un éclairage venant par derrière en partie gauche haute. Ce vert moyen est un peu dérangeant, à mon goût. C’est un effet évidemment volontaire pour retenir l’attention.

La jeune femme en noir tient un bébé habillé en blanc dans ses bras. Elle nous regarde avec un léger sourire, un pied posé sur un coussin du canapé. Elle s’appelle « Anne » ; elle est directrice artistique et son enfant, le premier amour  de sa vie a pour prénom « Jacob », Michel ne venant qu’en second. Sa présence attire l’attention sur le mur résiduel du fond à gauche où se trouvent des lettres de grandes dimensions posées les unes sur les autres. On distingue le A, le H, le O et le M.

Mur-Toile-B&B Italia-Design Portrait 

. le 3ème canapé et dernier de la série éclate de couleur jaune. Celle-ci est si puissante que le photographe a choisi un gris foncé mat pour le panneau arrière en tissus. Une des conséquences importantes est que l’équilibre de l’ensemble s’en trouve bouleversé. Il n’y a plus de dialogue entre les deux murs. Un jeune homme se tient assis tout au bord. Il semble contracté et n’est pas très à l’aise, malgré un tout début de sourire. En arrière une jeune femme nous regarde avec attention. Ce sont deux musiciens « Kate » et « Davide » qui incarnent Bend-Sofa, du nom du canapé.

Le panneau noir sur fond noir porte toujours ses lignes verticales blanches, mais celles-ci ne fonctionnent guère dans ce jeu chromatique. Des hauts parleurs et un micro attendent en silence à hauteur du panneau, dans le fond à gauche. Ils n’arrivent pas à personnaliser le lieu.  

Mur-Toile-B&B Italia-Design Portrait 038 

En guise de résumé, l’idée du panneau s’impose quasiment dans un univers industriel quand les dimensions des espaces au sol, des hauteurs sans plafond et des murs porteurs modifient le rapport à l’espace et l’attente à l’égard du mur. Celui-ci ne doit pas écraser ; une bonne technique est donc de recréer des espaces qui donnent la sensation du cocoon protecteur. Un bon point pour l’accrochage, qui donne un rendu intéressant avec le tissu tendu grâce aux pinces. On voit des plis légers dans le haut des trois visuels qui du coup prennent une dimension vivante. 

La toile a l’avantage de pouvoir faire écran devant le mur de pierre ou de béton en renvoyant la chaleur vers le centre. C’était la technique utilisée dès le Moyen-Âge pour garder la chaleur grâce aux tapisseries de laine que la haute noblesse emportait avec elle à chaque fois qu’elle se déplaçait dans le royaume.

La couleur joue aussi un rôle actif. Un rouge Bordeaux donne de la profondeur au premier canapé rouge; le vert est peu porteur pour le second canapé qui évoque le moelleux. Quant au noir mat, ou gris très foncé, il étonne au point qu’on se pose la question du pourquoi de tant de « sombritude » (un mot qui n’existe pas), l’univers de la nuit ne justifiant pas ce choix. Imaginez maintenant le premier canapé sur fond rose fuchsia, le second qui joue avec du violet et le troisième qui chante en orange chatoyant…

L’idée de placer un tissu simplement tendu en guise d’écran derrière le canapé, comme un autre mur, pour renvoyer le regard sur celui-ci, est tellement bonne qu’elle a été notamment utilisée deux ans auparavant par l’équipe d’Elle Décoration de novembre 2010, soit deux ans avant. Les treize clichés de Marie-Pierre Morel, un par canapé, montrent  une ambiance différente pour chacun des tissus bruts ou peints. Grâce aux pinces attachées en haut seulement, le tissus garde vraiment son tomber, avec ses plis, sa lourdeur qui lui est propre, sa ou ses teintes quand il est peint, dans des pièces ou des salles à haut plafond.  

Il y a de beaux jours pour les murs en panneaux de tissus pincés qu’on imagine montés sur roulettes, dedans, à l’intérieur, derrière un canapé par exemple ou devant la fenêtre  

Pour suivre le chemin

. B&B Italia, T. +39  031 795 213, info@bebitalia.com, www.bebitalia.com, pour la France, B&B Italia Store Paris: 35, rue du Bac, 01 55 35 14 35, bebitalia@silvera.fr

Photos Tommaso Sartori pour les trois visuels. A retrouver avec leurs vrais  couleurs, moins foncés en particulier pour le noir sur le site du photographe sur  http://www.tommasosartori.com/gallery-item/bb-2010-2012

. Le visuel du 1er canapé rouge de B&B Italia est une publicité extraite de « Kostar » n°28, décembre 2011-Janvier 2012, www.kostar.fr. Le plus petit format et le fait que le visuel est porté par le revendeur de Nantes expliquent qu’aucune mention de soit faite du nom de la jeune femme ni de celui du concepteur du canapé. On peut supposer que le photographe . Le canapé rouge/mur vert en toile (dont je ne connais pas le nom) est une création Antonio Citterio, le second « Michel » aussi. Le canapé jaune « Bend Sofa » au mur noir est une création de Patricia Urquiola.   est le même que pour le premier visuel, Tommaso Sartori.  

.Le second canapé rouge provient d’ « Elle Décoration, 61 canapés pour trouver le vôtre », novembre 2012 en page 28

. Le 3ème, un canapé jaune, est issu d’Elle Décoration, design 2012 de juin 2012.      

. Christophe Delcourt, www.chritophedelcourt.com       

. Photos Elisabeth Poulain prises à partir des visuels

. Sur le thème du mur en tissus, cette fois-ci en plein nature, voir un billet précédent sur ce blog   The Running Fence > Le Mur de Tissus d'Aviation > Christo & Jeanne-Claude

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Style de Pub > Mains et Regard de l'Homme > Buveur de Bière

21 Octobre 2013, 16:50pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le titre. Il s’agit dans ce billet d’analyser les choix des créateurs publicitaires dans leur stratégie de mise en valeur de la bière qui fait l’objet de la publicité, à partir de trois critères seulement, les mains et la position des yeux. Seuls les hommes sont visés par mon analyse qui n’a rien d’exhaustive. C’est un choix volontaire. Il n’y a pas de féminin à « buveur », même s’il y a bien des femmes qui apprécient la bière et/ou qui sont choisies  pour vanter des marques de bière pour hommes. Je ne vous parlerai pas non plus des nombreux animaux qui se dévouent pour promouvoir cette noble boisson qui est née en 6000 avant Jésus-Christ en Mésopotamie.

Les  mains s’écrivent au pluriel même si parfois on n’en voit qu’une seule et encore  ne perçoit-on parfois que les quatre doigts de celle qui a été choisie. Ne chipotons pas, il est très rare de ne pas voir de mains mais pas impossible, comme on va le voir. Voici une sélection qui présente quelques réponses différenciées  à la question stratégique du choix du positionnement de la marque « Que présentez-vous, la bouteille, le verre, l’homme et quel style d’homme, sa main, son regard… ? Quelle hiérarchie faites-vous entre tous ces éléments? »

 Bière Adelshoffen

. La bière Adelshoffen. C’est une belle plaque émaillée (32,5 x 49,3cm) qui présente un buveur de bière souriant, qui a la pêche, qui vous regarde droit dans les yeux, dans un style très « Congés payés sympa", avec sa casquette à rayures jaune et rouge, sa chemise blanche et sa ceinture haute de travailleur de force. Il tient la bouteille ouverte à la main droite et fait le signe de la bonne visée avec son index reposant sur son pouce de la main gauche. Une très efficace composition en V inversée structure la composition sur le fond jaune éclatant de l’été en lien avec le bleu du fond  de la marque. On le surprend au moment où il s’apprête à goûter sa bière.

Bière Champigneulles-César au Lion   

. Bière Champigneulles nous emmène dans un autre monde, à Rome, au temps des gladiateurs. Disons-le tout net, cette plaque émaillée de grandes dimensions (95 sur 145 cm) possède un nom prestigieux; elle est dite du « César au Lion ». Le fauve est situé sur la droite du César, qui a posé sa main droite au sommet de la tête du lion, tandis que la gauche dans un geste de pleine amplitude vers le ciel lève un verre, qui (me semble) vide. L’air furieux du lion, la couleur fauve ou feu de son pelage  d’un côté, la blancheur de la peau du héros m’interpellent ; quant au verre vide, il me trouble. Est-ce l’effet bière qui s’exerce déjà ? La puissance de la composition est pourtant indéniable. Le guerrier porte son regard au loin vers l’horizon, la bouche grande ouverte. C’est la seule fois où on voit un buveur de bière pieds nus, mais cette remarque est complètement hors sujet !       

Bière Gangloff-Jean d'Ylen-Besançon

. Gangloff joue d’un minimalisme stylisé. Cette plaque de 45 x 64 cm offre une très belle composition graphique et une sélection chromatique époustouflante. En l’absence de date, c’est son caractère très contemporain qui frappe l’œil de celui qui regarde. Son créateur Jean d’Ylen (1887-1938), un affichiste originaire de Besançon, a réalisé plusieurs affiches pour des marques locales de bière en 1924, 1925 et 1926. On peut donc supposer que l’affiche date de cette décade ou de la suivante. Tout est réussi, la couleur, la composition avec ce verre haut plein décalé vers la droite en position haute. C’est le plateau rouge qui occupe l’espace central, avec une utilisation d’une grande finesse de l’ombre qui structure la composition en biais. On sait où se trouve le soleil, en haut, à droite. Le tout est comme saisi sur un fond gris qui permet de faire ressortir le blanc terni de la marque Gangloff. Ici, il n’y pas de main pour distraire l’attention et l’oeil est celui de qui admire la composition.     

Bière Gruber Strasbourg   

. Gruber en comparaison est un apaisement pour l’œil de celui qui regarde. On est projeté clairement et directement dans le verre prêt à boire, sans intermédiaire autre  que la main droite tenant le verre par en bas pour réchauffer au minimum la bière fraîche. On voit la buée sur le verre. La couleur bleu moyen du fond fait ressortir l’or de la bière et le blanc de la mousse, les cinq doigts de la main droite et le renforcement de l’ombre de l’ensemble pour  renforcer l’impact de l’ensemble verre + main + gruber. Strasbourg est indiqué à la place de « Bière » qu’on se serait attendu à voir.  Mais c’était tellement rendu évident par le dessin que l’origine par la ville apportait une légitimité supplémentaire, surtout utile pour contrer la concurrence. S’il y a un regard ici, c’est celui du futur buveur de bière qui est alléché par ce visuel publicitaire.

Bière du Lion

. La bière du Lion. C’est une affiche de 60 sur 80 cm datant de 1905. Imaginez que vous l’ayez dans votre cuisine devant les yeux. Elle fait un effet "bœuf" ! Elle est surtout connue pour son (monstrueux) « personnage au canotier » d’Eugène Ogé (1861-1936). Oublions les grimaces du bonhomme et regardons ses mains. Elles tiennent fermement une grosse chope portant l’inscription « BIERE DU LION » aux armes du lion. La main gauche saisit fermement l’anse et la droite conforte la prise en évitant soigneusement la mousse qui déborde. Quant au regard, disons-le clairement, il bigle : l’œil gauche se focalise sur le centre de la mousse et le droit se hausse de plaisir anticipé, en soulevant très haut le sourcil. A voir sa côte élevée, l’ensemble est apprécié par les collectionneurs d’art publicitaire.   

Bières (Les) Maxéville-Le Gaulois   

. Les Bières Maxéville ou « Le Gaulois a la Chope ». Cette plaque de 48cm sur 88 est étonnante. Elle joue du contraste entre la sobriété des couleurs avec un tracé bleu pour le guerrier au casque ailé qui a une certaine ressemblance avec celui des « gauloises » (les cigarettes), l’ovale du médaillon sur fond noir et l’écriture italique un peu vieillotte de la marque au pluriel. Du Gaulois, on ne voit que son bras droit qui tient la chope de sa main glissée dans l’anse. L’homme  à la belle chevelure blonde qui file au vent, tout comme se longues moustaches, m’étonne un peu : il nous regarde en nous faisant quasiment de l’œil.  

  Bière Velten 

. Bière Velten présente un buveur de bière occupant une place stratégique, il est directement assis sur un tonneau, pour raccourcir au maximum le chemin du fût au gosier. Il est particulièrement content. C’est "un jovial" qui est saisi juste avant de commencer sa dégustation de sa main droite. Le verre dorée et blanc illumine quasiment la cave, en commençant par le visage du jeune homme aux joues bien rondes. La main gauche donne l’appui du corps. L’encadrement en rouge met l’accent sur la jouissance annoncée du plaisir.

Bière La Perle

Hors sélection, tout en répondant aux critères du regard et de la main, voici le dernier exemple que j’ai choisi pour ce billet. Cette fois-ci, il ne s’agit pas vraiment d’un homme ; c’est un adolescent, un futur buveur de bière, qui s’apprête à commettre un acte interdit, si ce n’est déjà fait. On le surprend se haussant à la table grâce à ses mains qui s’y agrippent ; il lèche de sa langue la mousse qui coule de la bouteille au bouchon de porcelaine. C’est l’attrait de l’interdit, un ressort toujours intéressant de la publicité.           

Pour suivre le chemin

. Cette sélection a été faite à partir de plusieurs catalogues Salorges Enchères.  

. Pour de plus amples informations, consulter « Salorges Enchères, Nantes - La Baule, qui organisent des ventes samedi 26 et dimanche 27 octobre 2013, 8 bis rue Chaptal, 44100 Nantes, 02 40 69 91 10, sarlkac@wanadoo.fr, avec des photographies nombreuses sur www.interencheres.com/44001 »

. Photos Elisabeth Poulain

. Sur le thème de la main, voir sur ce blog Style de Pub > La Main de l'Homme > Ce qui se boit, se goûte, se pétrit   Champagne G. H. Mumm > Les gestes pour le savourer > L'Homme Mumm

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Les Paysages des Vins de Loire vus à travers les Verres à Vin

1 Octobre 2013, 14:51pm

Publié par Elisabeth Poulain

Deux fois le mot de vin dans le titre ne sauraient être un hasard. Ce billet a en effet pour objectif de montrer les paysages de Loire en lien direct avec le vin, comme s'il n’y avait pas que l’eau des fleuves et des rivières pour dessiner les paysages. Il y a aussi le vin mais c’est plus difficile à montrer puisqu’il faut passer par la vigne qui ne donne du vin que si l’homme contribue activement à la transformation du jus de raisin en vin. Montrer des paysages de vigne est toujours un passage obligé dans les séquences visuelles qui s'accrochent à l'image d' un vin. Dans cet exemple, il y a plus. Il s’agit de faire passer directement le paysage qui entoure l’eau du fleuve dans le verre qui contient le vin pour que par magie il se transforme en vin bon à déguster.

Grands Vins de Loire, Calendrier 2009 

Le verre comme paysage du vin. C’est déjà une réalité « vraie » puisqu’on le regarde avec une attention et une acuité toutes particulières quand on déguste un vin. La vue joue un rôle complémentaire à celui des autres sens. On y cherche la couleur, la limpidité, le reflet, les larmes sur la paroi intérieure du verre, on y scrute les bulles…De là à mettre le paysage dans le verre, il n’y a qu’un pas que l’esprit fait très facilement et… les concepteurs publicitaires aussi. C’est aussi une façon très simple d’identifier un vin à un paysage et une façon de rendre ce lien direct visible d’un seul coup d’œil. Vous ne buvez pas n’importe quel vin, vous buvez un vin de Loire, un vin  global qui intègre toutes les composantes d’un paysage ou presque.  Le titre de cette campagne conçue par Vins de Loire « les vins qui ont un fleuve pour terroir. »

Grands Blancs de Loire, Calendrier 2009 

Les Grands Blancs de Loire ouvrent l’année au mois de mars  dans  le calendrier des Vins de Loire. On y voit une plate, une barque traditionnelle des pêcheurs de Loire, accrochée à un pieu planté au bord de la rive. Des arbres se reflètent dans l’eau en arrière du bateau; le soleil couchant occupe tout le fond en partie gauche. Le verre est couleur jaune pâle avec des irisations vertes pâles et des lueurs blanches.

Grands Moelleux de Loire, Calendrier 2009 

Les Grands Moelleux de Loire annoncent Mai et Juin. Leurs couleurs ont pris du corps ; elles vont du jaune d’or au jaune bronze. Cette fois-ci, le paysage terrestre est représenté par un coteau entier de la vallée du Layon  avec des bancs de sable qui se découvrent dans le fleuve aux beaux jours.

Grands Rosés de Loire, Calendrier 2009 

Les Grands Rosés de Loire représentent Juillet et Août. Cette fois-ci, c’est une gabarre qui nous emmène sur l’eau au petit matin quand la rosée commence à se lever sur une Loire couleur rose cuivré entre une berge boisée sur le côté gauche et des poteaux qui meublent le centre le lit du fleuve en son milieu.

Grands Rouges de Loire, Calendrier 2009 

Les Grands Rouges de Loire occupent Septembre et Octobre. Pour la première fois, la surface du fleuve est  légèrement ridée. Une estacade occupe la partie droite du fleuve. Un paysage de bord  d’eau se situe en continuité de la construction en bois, avec une ville dominée par une église importante. Deux oies sauvages s’apprêtent à rejoindre le lit du fleuve.

Fines Bulles de Loire, Calendrier 2009 

Fines Bulles de Loire terminent les deux derniers mois de l’année. Le choix du verre s’impose alors ; c’est une flûte qui est représentée cette fois-ci plus classiquement devant le paysage qui n’est plus dedans. La vigne semble littéralement couler vers le fleuve, comme on peut l’admirer à Savennières ou plus en aval un peu avant Le Cellier.  

Restent janvier et février qui n’ont pas de vin attitré. L’idée a été de jouer avec les couleurs de façon verticale dans un verre à vin composite quelques soient les mois concernés. En allant de droit vers la gauche, on peut ainsi trouver dans son verre des bulles, des liquoreux, des rouges, des rosés et des blancs de Loire. Seule la barge de mars-avril est restée en place près de son poteau et avec ses arbres dans le fond, avec une différence qui est que tous les éléments ont changé de côté. Ils sont maintenant sur la gauche. 

Grands Vins de Loire, Calendrier 2009 

Ces paysages d’eau se transforment en vin au seul contact proche avec la Loire, mais pas n’importe laquelle, celle qui coule à la campagne loin des hommes et des femmes qui y vivent et y travaillent en particulier dans les vignobles,  les chais et  dans toutes les entreprises qui composent la filière. La ville a disparu, resteb le village au loin avec son église. Toute vie, tout mouvement ont déserté le miroir du verre, à l'exception des oiseaux par deux fois. Plus surprenant encore est que sur la série des cinq clichés, seuls deux intègrent des rangées de vigne dans les paysages viti-vinicoles ligériens, ceux des liquoreux et des bulles. La présence humaine n’est suggérée que par la barque, la gabarre, le ponton…qui appartiennent à l’univers des pêcheurs.

La forme du verre suffit-elle à faire accepter le concept de cette eau d’un fleuve qui se transforme en vin? "Les vins qui ont un fleuve pour terroir" est une bonne idée si on remet la Loire à sa bonne et due place et sans enlever toute présence humaine directe. Les vins qui ont la Loire pour terroir, ce n’est pas mal non plus et ça rime. Reste l'usage un peu rapide du mot même de terroir, qui est quand même au coeur du système des appellations, un concept  fédérateur si cher à René Renou, originaire de l'Anjou.      

Ce billet ouvre une nouvelle série sur les paysages institutionnels véhiculés par toutes les formes de communication.  

 

Pour suivre le chemin

. Ces paysages sont issus du calendrier Millésime 2009, Vins de Loire, Les Vins qui ont un fleuve pour terroir, vinsdeloire.fr

. Photos Elisabeth Poulain

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N comme Nana > Ce que les Femmes portent sur la Tête > Un Canapé Roset

26 Septembre 2013, 15:37pm

Publié par Elisabeth Poulain

 C’est vraiment compliqué. On pourrait penser que non et bien si. Vous allez voir. Imaginez que vous êtes un concepteur publicitaire. Vous devez trouver, vous, La Bonne Idée (que les autres collègues, concurrents et amis n’ont pas encore eue) pour une publicité pour un canapé Ligne Roset.    

Les choix que vous éliminez. Vous montrez le canapé ---) C’est d’un banal ! Vous  vantez son confort ---) Pareil. Ses choix de couleurs, de tissus, son design …---) Bof. Vous le montrez dans un salon… dans un hall d’usine… devant un mur de briques…, tout seul flottant sur l'eau...Ca ne va toujours pas. Vous mettez un homme en train d’y lire son journal, la télé, avec son chien à côté ou son fils …Votre boss vous fait comprendre que vous et la créativité, cela fait deux ! Il commence à regarder la porte pour vous, tout  en vous regardant vous. Un exploit que lui seul arrive à faire.

Alors vous mettez une femme sur le canapé. C’est votre dernière carte. L’œil de votre directeur commence à reprendre vie, mais attention, le sabre à couper les têtes qu’il tient derrière son dos n’est jamais loin. Une femme, d’accord mais en faisant du neuf, pas ce que font les autres, les mauvais. Et vous vous dites « OK Boss

Canapé Roset, page de droite, Pub L'Express,2001 

L’idée du siècle. Facile, il suffit de mettre le canapé sur sa tête. A qui ? Mais à elle, bien sûr. Elles, les femmes, ont beau avoir une petite tête, ça n’empêche, en pub, on peut tout faire et tout leur faire. Après rejet de toutes les idées qui vous viennent en image à l’esprit, il vous en vient une lumineuse, d’idée. Vous allez ne montrez ni l’une, ni l’autre tout en faisant le lien entre les deux.  

. Le canapé d’abord en page de droite: il a un revêtement bien particulier. On dirait de la corde collée et tissée cinq par cinq brins, couleur corde naturelle. L’effet est très curieux, surtout que vos instructions au photographe étaient de ne prendre qu’un angle du canapé avec un petit bout de coussin.  

Canapé Roset, Femme, page de gauche, Pub L'Express,2001                                                                                                   
. La Nana en page de gauche. On ne voit d’elle que l’arrière de sa tête qui est revêtu d’un un casque qui ressemble beaucoup à celui du canapé. On dirait plutôt de la paille que de la corde. La couleur et le tressage concordent, avec chez elle quelques mèches blondes qui s’échappent de son casque. Comme si le canapé était aussi moelleux que les cheveux d’une blonde…Ouh, ouh, oui, moi je veux bien.   

A mon grand étonnement, ça a marché. Le boss a prononcé  sa phrase célèbre dans l'équipe « tu vois, quand tu veux t’y mettre ! ». C’est le compliment maximum qu’on puisse obtenir de sa part. Et le plus formidable est que le visuel n’a absolument pas vieilli. Il est toujours aussi étrange sans être choquant. 

Canapé Roset, Femme, double page, Pub L'Express,2001  

Pour suivre le chemin . Cette publicité est un visuel double page signé « Meubles, objets, textiles, délires pour la maison, Ligne Roset », Agence Callegari Berville Grey, inséré dans L’Express Le magazine, Spécial Vins, n° 2618, 6 au 12.09.2001.    

Sèche-Cheveux solaire, Carelman, Objets introuvables, Détail   

. Le plus drôle est qu’il y a autre chose. Un hasard peut-être ou pas. J’ai sous les yeux "un sèche-cheveux solaire" à la mode de Léonard de Vinci dessiné par Carelman dans son « Catalogue d’Objets Introuvables », Balland éditeur, édition 1980. Le casque du sèche-cheveux, qui possède un capteur solaire intégré, est fait de cheveux tressés bordés par une grosse natte pour la finition. C’est impossible de ne pas faire le lien entre les deux. Il manque seulement la grosse natte.

. Photos Elisabeth Poulain

 

 

 

 

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Style de Pub > Porc ou Cochon > Entre Mots & Représentations

25 Septembre 2013, 11:06am

Publié par Elisabeth Poulain

En publicité tout a toujours sens, les mots, les façons de les assembler, de les mettre en valeur ou de les dissimuler en mettant en avant leurs représentation en photo rarement, le plus souvent en dessin, en jouant sur la pluralité du  sens des mots et de leur ambiguïté quand on passe en particulier du règne animal à celui de l’humain.

Cochons joyeux_Bonne-annee-en-norvegien1.jpg 

Le porc est doté de  la puissance que lui confère sa lourdeur  alors que le cochon est plus familier. Le premier est plus grand, plus massif, plus lourd. Cette caractéristique d’ailleurs n’est pas seulement une vue de l’esprit. Les races de porc sélectionnées pour l’industrie ont en commun des gènes spécifiques qui les rendent plus grands, plus lourds et qui grossissent plus vite.

Cochons-foire-aux-cochons-champigny-2013 

Quant au cochon, il semble toujours plus petit, avec un côté mignon. Vous ne direz jamais que vous vous voyez un petit porc quand vous en voyez un devant vous, par contre pour le même  en petit cochon, cela se fera sans difficulté. Dans votre tête, vous compterez les porcs par milliers ou centaines dans une exploitation industrielle, à quelques dizaines d’unités dans une exploitation familiale et à quelques unités dans une petite ferme pour sa consommation personnelle.

Le nombre, la proximité et la familiarité vont jouer de concert. Moins il y a de bêtes, plus elles sont proches des membres de la ferme et plus elles font partie du cercle élargi qui gravitent autour des fermiers et de leur personnel. Il y a un tel lien avec le cochon que certains ont franchi le pas. Il est déjà devenu un de ces nouveaux animaux de compagnie, un NAC, avec tous les problèmes que cause sa transformation inéluctable de mignon petit cochon (mpc)  en vrai cochon adulte (vca) !

Cochon-Les-Trois-Petits-Cochons-font-du-camping-Couvertute-Mini-Li 

La proximité avec l’homme est renforcée par le dessin, surtout quand les petits cochons sont faits pour plaire aux enfants. Les trois petits cochons dessinés dans les ateliers de Dysney en 1933 sont restés incroyablement célèbres, surtout quand ils font du camping. C’est la dimension ludique du petit cochon. Bien avant le XXe siècle, posséder un cochon était perçu comme une richesse et une assurance de survivre au froid de l’hiver. Il était un symbole de prospérité. En pays nordiques et anglo-saxons, à la nouvelle année, on s’envoyait des cartes de vœux avec des mignons petits cochons roses entourés de fleurs. Une variante paysanne du « dites-le avec des fleurs, avec un cochon bien rose et bien dodu au milieu du bouquet !

Cochon-Pornocrates-Félicien-Rops-Musée-1898-Namur - Copie Le cochon dans l’art. Malgré toutes ses qualités, il est rarement présent dans l’art au premier degré, en tant que tel. Il existe une exception notable, qui est le célèbre tableau de Félicien Rops, Pornocratès, appelé aussi moins délicatement  « la femme au cochon » où l’on voit marchant la tête haute et les yeux bandés une femme au corps nu, avec talons hauts et  bas, ruban bleu sous les seins, chapeau et fleurs dans les cheveux, tenir de ses mains couverts de longs gants noirs un cochon de taille moyenne, rose, bien propre, ni trop gros, ni trop petit au bout d’une laisse. Les anges qui volètent au-dessus du cochon sont quasiment du même rose pâle qui se détache admirablement du fond bleu ciel passé, comme celle que l’on pourrait voir sur une fresque.   

Quant au porc, le terme n’est utilisé vraiment que lorsqu’on évoque sa viande ou qu’on en parle en tant que symbole. Il recueille sur sa tête toutes les saletés du monde, la luxure, l’ignorance, l’égoïsme, la gourmandise, à manger si goulument et en faisant du bruit… Le langage populaire joue pleinement de cette différence. Traiter quelqu’un de vraiment vilain de « Gros Cochon » n’est certes pas un compliment. Mais le traiter de « Sale Porc » est franchement et profondément injurieux. Dans notre environnement culturel français, forcément compliqué, on comprend la difficulté de rendre attractive la  publicité pour la viande de porc, alors que dans le même temps et le même environnement « les foires au cochon » attirent beaucoup de monde.

Cochon-Inaporc-Laurent-Fabricant-Aliments-Pub 

C’est INAPORC qui rassemble les professionnels de la filière porcine française, qui  a demandé à Publicis Activ  de concevoir les trois visuels très didactiques que je vous présente. Le concept de cette campagne consiste à demander à un professionnel de la filière de témoigner de son métier avec une mise en avant de la qualité. On voit successivement Laurent, fabricant d’aliments, avec un joli petit cochon bien rose à ses pieds qui est très intrigué par l’objectif du photographe,

Cochon-Inaporc-Nathalie-Responsable-Atelier-Découpe-VPF-Pub

Nathalie responsable d’un atelier de découpe et Frédéric, charcutier engagés la première  dans la démarche Viande de Porc Française, comme Laurent, et le second dans le Savoir-Faire Charcutier Français. 

Cochon-Inaporc-Charcutier-Savoir-Faire-Charcutier-Français-Pub 

Je ne peux juger de l’efficacité de cette campagne institutionnelle pour la viande de porc présentée par des professionnels de la filière à l’intention des (vrais) professionnels. Je veux juste faire une remarque concernant le choix de l’emploi des termes de cochon/porc sur le site « leporc.com ».  Les concepteurs de ces publicités en faveur de la viande de porc ont ressenti le besoin d’attirer avec le cochon. Ils ont placé une rubrique qui paraphrase un des dictons français les plus connus « dans le cochon, tout est bon » qui devient maintenant « tout est bon dans le cochon. »

Cochons-Trois-Petits-Cochons. Schwepps-Pub 

Voici une très bonne publicité pour Schweppes   pour finir par une note ludique.  Après tant de sérieux avec le porc, malgré les bonnes têtes de Laurent, Nathalie et Frédéric, on va retrouver trois petits cochons admirablement dessinés et sympathiques dans un visuel qui donne envie de s’éclater. Les trois petits cochons attirés par la bouteille sont surpris quand elle s’ouvre. Les bulles les décoiffent et le plus peureux se cache la tête dans ses petites pattes de devant, une bonne occasion de voir ses petites fesses toutes rondes avec sa petite queue en tire-bouchon. De la bouteille, on ne voit que le nom et les seules lettres présentes « Schhh… ! » qui évoquent le bruit de la capsule.  Il n’y a rien d’autre sur le visuel.

Ni le cochon ni le porc n'ont malheureusement inspiré Claude Duneton qui ne consacre aucune ligne à ce bien utile animal dans " La puce à l'oreille, Anthologie des expressions populaires avec leur origine" (Stock 1979). C'est bien dommage et un peu curieux  de sa part, lui qui a intitulé un de ses ouvrages précédents "Je suis comme une truie qui doute" publié  au Seuil en 1976. Grâce à lui, je m'aperçois que je ne vous ai pas parlé de la truie. Zut, ce sera pour une prochaine fois, sans vous promettre toutefois que ce sera pour bientôt.

Du coup  j'ai trouvé 13 citations sur le cochon ou le porc en alsacien avec une traduction en français dans "Proverbes, Dictons et Poésie populaire d'Alsace récoltés, présentés, traduits par Illberg, édités par Robert Morel, Le Jas du Revest-St-Martin, Forcalquier, Haute-Provence. 7 citations utilisent le terme de cochon et 7 celui de porc, une citation emploie les deux termes en utilisant "cochon" et "porcherie" mais la traduction est incompréhensible. J'en retiens deux, une pour chaque dénomination, sachant qu'il n'y a rien de gentil ni sur l'un ni sur l'autre: 

 "Tu auras beau mettre redingote à un porc, Il restera toujours un porc = Kansch en're Soij lang e Frack anlege. si blibt doc eSoij . C'est comme si on mettait un collier à un cochon  =   Das isch grad wie wenn essoij e Halsbandan het."    C'est bien vrai, ça!                              

Pour suivre le chemin

. Voir le site du Musée de Namur (Belgique) qui détient l’œuvre de Félicien Rops, avec une analyse de Véronique Leblanc en 1997 http://www.museerops.be/oeuvre/2006042001/

. Les trois visuels d’INAPORC à retrouver en plein page du Monde le 16.10.2012, le 18.10.2012 et le 19.10.2012 et voir http://www.leporc.com/

. Schweppes est en page 33 d’un Géo ancien, d’août 1995. C’est toujours un très bon visuel, de ceux qui défient le temps. Je n’arrive pas à voir quelle agence l’a conçue. 

 . Photo des trois vrais mignons petits cochons de Champigny, à retrouver sur http://monchampigny.blogencommun.fr/2011-10-foire-aux-cochons-5-et-6-novembre-a-champigny/

. Pour avoir plus d’informations, si le cochon vous intéresse ; vous y apprendrez qu’aucune réglementation particulière ne s’applique, dès lors que vous ne voulez avoir qu’un seul cochon à la maison, http://groingroin.org/lecoinjuridique.htm  

. Photos Elisabeth Poulain, merci aux contributeurs pour les trois petits cochons mignons, à retrouver dans l'album "Bestiaire".     

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Faire chic, Le fauteuil Louis XV dans l'eau, l'herbe, sur le tracteur

1 Septembre 2013, 15:37pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le titre. C’est une quasi-obsession de notre société et depuis un  grand « bout de temps » que de toujours vouloir  « faire chic » une expression qui n’est pas française. On aurait dit plutôt il y a quelques décades « être chic » ; quant au mot chic, il n’est plus utilisé du tout, pour bien montrer qu’on est au-dessus de ça, alors qu’on est en loin.  Une façon de faire du double degré chic est d’associer visuellement des univers qui ne vont pas ensemble. Pour montrer l’incongruité de la rencontre entre ces univers, mieux faut évidemment un décor de rêve. Ce n’est pas toujours le cas.

Fauteuil Louis XV au Lac, avec du champagne C’est le cas pour une bouteille de Champagne Mumm Cordon rouge. Voici deux fauteuils Louis XV cannés, les pieds dans l’eau bleutée du soir  et une bouteille de Champagne avec ses deux flûtes. Les fauteuils sont disposés au bord, avec la bouteille posée dans l’eau, juste entre les deux fauteuils, avec un verre à ses côtés et l’autre sur le fauteuil de droite. De grosses bulles roses envahissent le ciel du soir.  Curieusement, elles ne s’échappent que du fauteuil posé à droite, celui aux grosses bulles roses,  et pas de l’autre verre qui est dans l'eau. C’est un mystère d’autant plus grand que la bouteille n'a pas été ouverte.Peut être la magie du champagne a-t-elle déjà opéré.     

Fauteuil Louis XV au champ, pour du théâtre 

. Voici un fauteuil Louis XV doré revêtu d’une soierie rouge posé dans un champ fleuri de petites pâquerettes, avec en décor un château dans le fond et une lumière vive qui irradie derrière le fauteuil. Cette publicité pour le Festival d’Anjou est une illustration du théâtre à la campagne, avec le château proche en explication. Le fauteuil est là visiblement pour faire rêver, seul dans cette prairie. Le second cliché situé en page 3 du livret est plus réussi, avec les numéros des pages qui s'impriment sur toute la hauteur du demi-fauteuil. Il reste à citer un troisième fauteuil, toujours le même, cette fois-ci dans une plaquette déstinée aux seniors pour les inciter à venir au Festival. Le visuel est franchement troublant; le fauteuil ne repose qu'à deux pieds sur un ruban marron qui lui-même flotte dans un espace qui pourrait être le ciel. Cette fois-ci c'est peut être la magie du théatre qui opère cette quasi-lévitation.    

Fauteuil Louis XV au champ, avec un tracteur

. Je vous ai gardé le meilleur pour la fin. C’est une publicité parue dans « Elle » pour un journal de décoration qui s’appelle « Campagne Décoration ». Le positionnement de ce magazine est de montrer qu’on peut avoir du style à la campagne. Rien de mieux que de faire du premier degré, avec ce fauteuil Louis XV doré, revêtu d’un tissu rouge brillant, avec un lampadaire à ses côtés et le tout posé sur un tracteur rouge peint de petites fleurs. Le titre de ce visuel « La campagne n’a jamais été aussi déco » avec juste en dessous l'homme qui conduit une énorme machine agricole en train - lui- de vraiment travailler la terre. On imagine Madame, bien chic, arrivant avec ses talons pour guider avec maestria ce drôle de fauteuil transformé en petite machine à fleurs avec des gros pneus. La passion de la mécanique est vraiment magique. Cela aurait été plus drôle si cela avait été elle à  conduire  une grosse machine déguisée en fleur.   

Saltair-Pavilion-1900-Bibliothèque-EUAN-Wikipedia   

Le visuel le plus réussi est sans conteste celui de Mumm. Il faut dire que l'endroit est cité. Il est indiqué en bas en petits caractères blancs «  Au bar du Saltair Pavilion, Great Lake, Utah, USA », une mention que l’on peut comprendre de deux façons,  la photo a été prise au Lac salé où on peut déguster ce champagne au Saltair Pavilion juste à côté. Ce formidable cliché est une vraie surprise totalement inattendue. Comme quoi, il faut toujours lire jusqu'aux plus petits caractères dans une publicité, parce que tout aussi tôt arrive une autre question: pourquoi se référer, dans une publicité pour du Champagne à Salt Lake City, une ville qui a été édifiée par les Mormons?

En guise de conclusion sur ce rapprochement de trois visuels, dont l'un se décline en trois, qui n'ont que le fauteuil en commun, chacun pose des questions, à commencer par le recours au fauteuil, mais pas n'importe lequel, c'est un fauteuil Louis XV, un fauteuil symbole de pouvoir et qui porte en plus le nom d'un roi.   

 

Pour suivre le chemin.

. Mumm Cordon rouge a été publié  dans le Monde du 21.06.2012

. Le fauteuil pour le Festival d’Anjou est en page 1 de couverture d’un livret pour le festival 2013, le demi-fauteuil en page 3. Quant au fauteuil pour les seniors, il est en page 1 du livret spécial pour les personnes âgées.   

. Le fauteuil sur le tracteur est paru dans « Elle » 21 novembre 2005.

. Photos: Saltair Pavilion, Bibliothèque du Congrès des EUAN, Wikipedia, Elisabeth Poulain pour les autres.     

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N comme Nana > Les 5 plus Belles Blondes du Monde du Vin

14 Août 2013, 17:01pm

Publié par Elisabeth Poulain

Elles sont françaises au moins pour trois d'entre elles , il faut le dire clairement et fort, d’abord parce que c’est « vrai » autant qu’une chose puisse être vraie en publicité. L’autre raison est plus solide, me semble-t-il. Ce sont des publicités françaises, en faveur de vin français, faites aussi pour 3 d'entre elles pour le marché français. D'eux d'entre elles ont dû être conçues pour le marché anglo-saxon et plus.

La Blonde. Elle a un statut tout à fait à part dans l’histoire d’abord et la publicité maintenant. La blondeur de ses cheveux associée à la finesse de sa peau blanche vont de pair avec la rareté du phénomène. La couleur naturellement pâle de ses cheveux et de sa carnation vient en effet d’un  gène récessif originaire des pays nordiques.

Symbole de la féminité pour certains, qui attribuent la naissance du monde à l’apparition d’Eve sur terre, la femme blonde peut aussi et surtout en publicité   porter les valeurs de Grâce Kelly, qui a su allier sa beauté naturelle  à la distinction aristocratique du fait de son appartenance à la haute société et au monde du cinéma. C’est plutôt dans cet esprit qu’ont été choisies les cinq égéries blondes du Monde du Vin, à savoir Médoc Bordeaux, Bordeaux, Bordeaux Modern Classics, Bordeaux L’Ecole du Vin  et l’inconnue du « Monde des Saveurs. »

Femme-du-vin-1- Marianne-Bordeaux-Médoc-2003     

. La première, vous la connaissez déjà, avec ses cheveux courts et son petit pull ras nus qui laisse voir des bras fins. C’est la plus célèbre. Marianne, Maître de Chai a été superbement photographiée par Jean-Marie Perrier pour l’agence Créhallet Pouget Poulssiegues. Elle incarne avec une grande justesse « tout un monde de finesse. »

Femme-du-vin-2-Oriane-B-Bordeaux-   

. La seconde s’appelle Oriane M. Cette propriétaire sans nom « constate la réussite de son assemblage », avec ses cheveux longs décoiffés et son regard qui hésite entre la caméra et le vin qu’elle tient dans son verre. Le photographe a capté l’éclat du sourire mais n’est pas JM Perrier qui veut. Elle représente « le  goût en héritage ». Elle est serait donc une fille de …, ce qui parait peu vraisemblable.

Femme-du-vin-La queue-de-cheval-Bordeaux-3-Modern-Classics-Decanter 

. La troisième a aussi les cheveux longs mais cette fois-ci, ils sont sagement retenus dans une queue de cheval lâche par une grosse barrette rouge signée du B de Bordeaux. Cette blonde se présente à nous dos nu. Elle n’a ni nom, ni vêtement ; elle est simplement vêtu de sa seule barrette. Elle illustre la campagne « Bordeaux Modern Classics » à l’intention des marchés anglo-saxons. Elle a été sélectionnée par Decanter en association avec le CIVB, pour figurer sur la page 1 de couverture d’un encart de Decanter. La photo fait partie d’un fonds d’images.

Femme-du-vin-4-Bordeaux-Ecole du Vin- 

. La quatrième est une blonde à cheveux courts, habillée d’une robe blanche doublée d’une gaze fine qui laisse deviner son sein gauche et voir son dos.  Elle a le regard franchement coquin, dirigée droit dans le regard d’un homme en costume blanc avec une chemise ouverte heureusement sans cravate. Le titre du visuel de ce supplément fait pour les marchés anglo-saxons ne manque pas d’interpeller « Be seduced par the Bordeaux Wine School », avec cette question « qui séduit qui ».  

Femme-du-vin-5-Tire-Bouchon-Elis 

. Arrive enfin la cinquième et dernière. Celle-là a les cheveux courts et les dents solides. Elle les a bien belles et bien blanches. Grâce à elles, elle croque les bouchons à pleines dents. C’est elle qui aura le dernier mot. Elle permet de répondre à la question « qui séduit qui? ». Visiblement c’est elle, qui appartient aux « saveurs de vin », avec ce slogan « plus loin dans le monde des saveurs ». C'est la plus joyeuse et la plus "punchy" du lot. C’est un visuel publicitaire pour un tire-bouchon électrique Elis, une production de Peugeot-Saveurs, paru dans Le Point Spécial Vins du 3 septembre 2009.        

Pour suivre le chemin

. Lire sur « le mythe de la femme blonde », un article qui cite Marilyn Monroë  http://www.psychologies.com/Beaute/Cheveux/Couleurs/Articles-et-Dossiers/La-blondeur-un-mythe-sans-cesse-recree

. Lire sur ce blog des billets sur les femmes vus par les publicitaires: N comme Nana > La Parisienne selon Kiraz & Co   , N de Nana > La Femme couchée dans l'herbe > Une image de détente et +   

. Une remarque concernant les visuels 3 et 4, Bordeaux-Modern Classics & Bordeaux Wine School » : ils n’ont pas été conçus pour le marché français qui interdit aux publicitaires d’associer directement l’image de la jolie jeune femme séductrice à la publicité pour le vin, ce qui n’est pas le cas au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis…    

 . Photos Elisabeth Poulain

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Rouge de rouge... comme l'étiquette de vin Joli Grain de la Coop

31 Juillet 2013, 15:39pm

Publié par Elisabeth Poulain

C’est une étiquette qui a forcément une histoire. Non collée, elle n’a pas eu à subir le destin difficile qui fait de l’étiquette de vin une simple porte d’entrée sur le vin enfermé dans la bouteille. Elle a donc conservé son état d’origine. Une des conséquences aussi est qu’elle n’est accompagnée d’aucune information d’aucune sorte, à commencer par sa date approximative. Aucune mention n’y figure concernant le type de vin. Seul le titre alcoolique est indiqué. C’est un 12°.

Rouge de Joli Grain, Vin de la Coop

Amoureux des grands vins, à l’étiquette prestigieuse, vous  pouvez être assuré qu’elle ne vous intéressera pas. Les collectionneurs peut-être. Les transmetteurs de la mémoire de Coop assurément. Un tel site existe. Il retrace le fil de la mémoire de Coop, qui était à ma connaissance très présente par exemple en Loire-Atlantique    dans les années d’après la seconde guerre mondiale. On y voit une bouteille vide avec une étiquette portant le logo de Coop bien reconnaissable qui date semble-t-il de 1967, mais avec une grosse différence.

L’étiquette que je vous présente est –elle- d’un rouge franc et massif, ce qui me permet de dire d’abord que c’est un rouge de rouge à vous emporter la vue. L’absence d’indication quelconque d’origine m’amène à penser que c’est un vin de coupage obtenu par le mélange de plusieurs types de vin de façon à garantir le type de vin, le titre alcoolique et le petit prix accessible aux adhérents de la coopérative fondée en 1905.

D’où mon titre de « Rouge de Rouge », synonyme d’un vin facile à boire vite, en quantité et qui ne coûte pas cher, mais sans être du "gros rouge" pour autant, ce qui aurait été dévalorisant. Joli Grain devai têtre un vin à forte couleur rouge car il comportait des vins obtenus avec des cépages « teinturiers » qui n’étaient pas renommé pour leurs qualités mais pour donner une belle couleur rouge attirante au vin. C’était en particulier celui qui était vendu à Paris à la fin de la semaine dans les faubourgs ouvriers. A la fin du XIXe siècle, la couleur rouge allait de pair avec le vin bon marché et l’alcool qui garantissait un lourd sommeil.

 

Rouge de Joli Grain, Vin de la Coop 

Mais l’étiquette donne aussi des autres indications, à commencer par son style qui a un vrai côté "art déco" avec ses colonnades à trois bandes sur les côtés, placées  en dessous d’une arche  dans laquelle s’inscrit d’une façon involontairement comique « Joli Grain ». Il y avait vraisemblablement une volonté de montrer que le vin n’était justement pas du gros rouge. Pour justifier ce joli grain, le dessin placé au centre est étonnant. On voit un vendangeur âgé –un signe de qualité dans le monde du vin – la hotte plein d’un raisin qui ressemblerait à des cerises débordé de la lourde hotte. L’homme tient en plus du raisin de la même couleur que ceux de la hotte. Pour éviter un conflit entre les couleurs rouges, celle du raisin est rose, au contraire du fond qui rouge profond et dense.   

Il reste le visage du vendangeur qui montre que le dessinateur a un réel talent. Il a dû travailler d’après une photo. On y voit un homme souriant aux lèvres brillantes rouges, aux pommettes qui scintillent au soleil, les yeux plissés de plaisir. Sa casquette, en position été, laisse passer des touffes de cheveux abondants au-dessus des oreilles. Le logo de Coop placé dans l’encart en bas du dessin ne coupe pas sa main, même s’il empiète légèrement sur la grappe tenue de la main droite. Regardez la bien, on dirait presque que chaque grain reflète le soleil, à l’instar des pommettes de ce vendangeur au regard intelligent et qui vous regarde dans les yeux. En guise de signature de l’artiste (je blague) se trouve la mention G. 145. R à gauche. 

Voici un commentaire de Chantal Tefy qui vient de m'arriver (en date du 10.12.2013) et que je joins au texte concernant  "l' image  représentant un vieux monsieur vendangeur sur les bouteilles coop joli grain ainsi que la même le représentant vraiment et bien,  en fait c'est mon grand père qui vivait dans le Limousin à Campnétery.Il est décédé en 1975. Ça me fait chaud au cœur quand je vois ces images, je les ai chez moi en souvenir."

Un grand merci pour ce témoignage.      

Pour suivre le chemin

. Merci au collectionneur qui m’a fait parvenir cette étiquette, il y a plusieurs années. 

. Voir http://www.deja-hier.com/histoiredesmarques/coop.asp

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