Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Blog d'Elisabeth Poulain

communication & marketing

Style de Pub > Pom d’Api, le chien & l’humour

30 Avril 2015, 14:58pm

Publié par Elisabeth Poulain

Pom d’Api d’abord. Comme son nom ne l’indique pas, il s’agit d’un fabriquant de chaussures pour enfants implanté à la Gaubretière en Vendée. Ce sont les arrières petits enfants qui poursuivent la saga familiale commencée par Jean-Baptiste Rautureau en 1870.  Un siècle après, Guy et Yvon Rautureau ont créé la marque qui porte ce nom en 1973, en se spécialisant sur le créneau du luxe qui est à la fois exigeant, étroit et demandeur d’un supplément d’un je ne sais quoi » qui s’ajoute à la grande qualité, l’adaptation aux besoins des pieds d’enfant, le style, la mode… Ce « plus » est notamment apporté par une communication volontairement joyeuse, colorée, qui sur-joue sur l’humour visuel, un humour que peuvent partager les enfants et leurs parents, comme en témoigne l’exemple qui suit.

Le chien « Pomme d’Api ». Ne me demandez pas quelle est sa race. Je serais bien incapable de vous l’indiquer avec certitude. Je sais seulement qu’il est de bonne taille avec ses trois couleurs noire, blanc et fauve. Il a un grand corps, de longues pattes avec des ongles bien formés. Son poitrail s’orne d’un double triangle de poils blancs qui lui l’impression de porter un grand nœud papillon bas inversé par rapport au traditionnel noir haut porté des messieurs chic le soir. Son museau est orné d’une truffe bien noire, au-dessus de canines solides. Sa barbichette blonde fait alliance contrastée  avec ses lunettes de poils noirs qui entourent ses yeux. Et pour finir, il tire  une très longue langue rose face à la caméra, en guise de clin d’œil joyeux. Pour les oreilles, je ne peux vous dire si elles sont longues, comme je le crois, elles sont cachées sous le chapeau panthère à large bord façon broussard.  

Moi le chien heureux, Pom d'Api, avec mes chaussons-chaussettes, Cl. Elisabeth Poulain

Moi le chien heureux, Pom d'Api, avec mes chaussons-chaussettes, Cl. Elisabeth Poulain

Il trône, bien assis, tel un vainqueur sur un podium fait expressément à ses dimensions, tant il est beau. On dirait qu'il sourit. Le fond du visuel est rose, presque du même rose que sa langue, mais avec des petites étoiles en plus. Il faut bien ça pour une star, tout comme la guirlande fleurie de fleurs roses avec des feuilles vertes qui se détache en bordure de la composition. Pour honorer le héros, deux chiens-copains figurent en médaillon de chaque côté en haut de la composition. Le bas étant réservé au nom de la marque, aux noms des différentes villes de France où on peut trouver les chaussures pour enfants et à l’adresse numérique.

Oh, j’allais oublier de vous parler de ses chaussettes-chaussons à semelles. Elles sont fabuleuses à qui sait les voir. Elles ont une grosse semelle en plastique noir pour le bas et au-dessus des bouts blanc, puis en remontant une bande noire et beige, une autre rouge foncée avec du noir, une rouge pétante, une bleue moyen avec des taches noires et pour finir en haut une bande ocre roux avec de l’élastique pour bien tenir la jambe, pardon Mylord, la patte…et entre les chaussettes-chaussons, on aperçoit son slip panthère, presque assorti au chapeau, avec un petit chausson que ce brave chien porte sur son poitrail, en souvenir du temps où il était petit.  Brave parce qu'il a du faire preuve d'une patience infinie envers ces hommes un peu fous qui l'ont fait poser pendant des heures sous la chaleur des lumières, avec ces tous ces "fais-ci, fais pas ça, tire un peu plus la langue, ça y est presque...allez on recommence..."

 

Pour suivre le chemin

. Retrouver l’entreprise Pom d’Api sur http://www.pomdapi.fr/fr/content/34-fabricants-de-chaussures-depuis-1870

. Citizen K International, automne 2007

. Photo Elisabeth Poulain

Voir les commentaires

Le bestiaire de la pub > Le brochet et le pêcheur > Le Crédit Lyonnais

18 Avril 2015, 15:07pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le pêcheur et le brochet, le Crédit Lyonnais, Paris-Match 1967, Cl. Elisabeth Poulain

Le pêcheur et le brochet, le Crédit Lyonnais, Paris-Match 1967, Cl. Elisabeth Poulain

Disons le tout d’emblée, le brochet, aussi beau, talentueux et résistant qu’il puisse être, en particulier dans sa lutte contre le méchant pêcheur, n’est pas un familier de l’univers de la publicité. Ce n’est pas à lui qu’on penserait en premier, ni même en 10e position et je dis ça au hasard. Par contre, il joue un rôle certain dans la mise en valeur du pêcheur qui pourra conter sa lutte épique aux copains le soir au coin du feu l’hiver ou l’été à la terrasse d’un bistrot de village abrité sous le grand tilleul de la place.

C’est assurément le choix du Crédit Lyonnais : montrer un client heureux tenant dans ses mains un brochet dont on ne voit que la tête. L’explication du choix du pêcheur et du brochet qui semblent dialoguer tous les deux ensemble, les yeux dans les yeux, tient en ces quelques mots « nous n’y sommes pour rien ». La banque ne vous promet pas de faire d’aussi belles prises – ce serait trop simple- mais par contre de contribuer quelque peu au bonheur du pêcheur, cela oui.

Après enquête auprès de pêcheurs forcément avertis et un petit détour par wikipedia, le plaisir de la pêche au brochet tient plus dans la dimension sportive de ce type de pêche que dans le poisson lui-même. D’abord il faut relâcher le « petit » brochet, celui qui fait moins de 60 cm tout autant que le « gros » qui lui mesure plus de 90 cm. Le pauvre est farci de contaminants de toutes sortes, au point qu’il est déconseillé de manger sa chair.

Entre les deux, si vous avez de la chance, celle qui profite aux clients de la banque, vous pourrez le rapporter à la maison, après vous être fait tirer le portrait tenant fièrement le brochet dans vos mains et les yeux dans les yeux. Il sera alors temps de mettre en pratique la célèbre recette du vrai beurre blanc du pays nantais, qui n’est guère loin de la rivière Maine en Anjou pour déguster ensuite tous réunis autour de la table, un brochet des gourmets.

Les bons conseils du Crédit Lyonnais : « 6 heures du matin…le bon coin, sous les saules : pas de bruit ; la bonne cuillère (que pensez-vous des ondulantes ?) ; un, deux, trois  lancers précis ; une touche brutale… et tout l’art d’amener jusqu’à l’épuisette…Cela, le principal, nous n’y sommes pour rien. Mais ces belles vacances au paradis des prêcheurs de brochet…là, nous y sommes peut-être pour quelque chose… »

C’était une publicité très avant-gardiste, un an avant mai 1968. Ses fondements, un concept, peu de mots, juste ce qu’il faut pour placer l’argumentaire bancaire et une photo intrigante, avec un pêcheur qui ouvre un peu les lèvres, comme le poisson...  

Tête de poisson, Rive de Maine, Cl. Elisabeth Poulain Tête de poisson, Rive de Maine, Cl. Elisabeth Poulain

Tête de poisson, Rive de Maine, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Paris-Match, n° 949 du 17 juin 1967, en double page 116-117, visuel « Publi-Service », photo Rodriguez

. Venir en Anjou particulièrement riche en brochet, figurant dans la liste 2P de la faune piscicole dans le département du Maine et Loire, tout particulièrement en Loire, mais aussi dans La Maine, dans l’Ile Saint-Aubin ainsi que dans les prairies et marais de la Baumette, à retrouver sur http://www.maine-et-loire.gouv.fr/IMG/pdf/inventaire_frayeres_49_liste_detaillee.pdf  

. Ce petit billet est une retombée de ma balade récente dans les prairies de La Baumette et de ma rencontre visuelle avec une tête de poisson bien sèche à terre. J'ai imaginé ensuite que c'était un brochet.

. Photos Elisabeth Poulain

Voir les commentaires

Styles de Pub Caravanes > Sterckeman & Fairview

24 Mars 2015, 12:24pm

Publié par Elisabeth Poulain

Ces deux visuels publicitaire, l’une d’une marque allemande et l’autre anglaise, ont en commun de parler de l’art de vivre en caravane à l’arrêt, un thème que nous avons déjà rencontré, mais cette fois-ci avec quelque chose de différent, très hédoniste, la première publicité centré sur la fraîcheur de la caravane l’été face à la chaleur du soleil extérieur et la seconde sur le plaisir de se dorer au soleil en maillot de bain… .

Publicité Sterckeman, années 60, Cl. Elisabeth Poulain

Publicité Sterckeman, années 60, Cl. Elisabeth Poulain

 

Sterckeman est une marque allemande de caravane qui signifie en français ‘l’homme fort’. Ici dans ce visuel publicitaire qui date de la fin des années 1960, c’est le soleil qui est fort, si fort, qu’il occupe les deux-tiers environ de la surface du visuel. En son cœur, brille une boule jaune clair pour renforcer sa brillance. En son pourtour, tournent autour de lui des cercles en mouvement d’un jaune orangé soutenu figurant la chaleur du soleil. L’idée est que Sterckeman maîtrise l’ensemble. La marque est si forte qu’elle domine le soleil dont certains des cercles orange passent derrière le haut de la caravane.

A ce niveau de recherche d’impact publicitaire, la difficulté pour le concepteur du visuel était de faire ressortir la caravane blanche sur le fond blanc en évitant l’écrasement de celle-ci par un soleil trop présent. Son idée a donc été de réintroduire un peu de ciel bleu foncé moyen pour entourer le haut de la caravane dont seule la silhouette extérieure haute a été dessinée. C’est alors la fenêtre bleue foncé moyen en partie basse qui joue le rôle de contrepoids à l’ensemble centré sur la partie droite du visuel. En outre ce bleu situé dans le bas de la diagonale qui part d’une toute petite mention caravane à gauche de la marque jusqu’à l’angle de la baie de la caravane offre le contraste et la fraîcheur de l’été à l’intérieur.

Remarquons que ce bleu est uniforme dedans et dehors, un message visuel pour vous dire que vous y dormirez très confortablement la nuit. C’est ainsi qu’en trois bandes superposées, l’une en haut avec les deux seuls mots écrits « caravane » et « Sterckeman », la seconde dominante avec le soleil et sa chaleur, la troisième avec le haut de la caravane blanche pour représenter l’espace du ciel bleu de la nuit et sa fraicheur bienfaisante, le message de la marque passe en direct. Pour jouir à la fois des bienfaits du soleil, de la chaleur et de la fraicheur qui repose, il n’y a que Sterckeman !

 

Style de pub Caravanes, Fairview Leisure Home, Cl. Elisabeth Poulain

Style de pub Caravanes, Fairview Leisure Home, Cl. Elisabeth Poulain

.Luxury Leisure Home Fairview 1969. Cette seconde publicité marque une rupture. En effet, il ne s’agit plus d’une caravane mais de ce qu’on appelle en France un mobil-home et dans cette publicité anglaise une maison de loisirs ( leisure home ), ce qui est plus exact car le mobil-home français n’est certes ni une maison ni une maison vraiment mobile, même si elle est transportée au départ pour y être implantée dans le terrain de camping prévu à cet effet. Le modèle est une « Fairview 1969 », un néologisme anglais facilement compréhensible dans le monde du tourisme qui pourrait signifier « belle vue » .

La vie est magnifique. Un rêve éveillé de vacances, c’est que vous offre Fairview 1969 ! Le soleil brille, tout explose dans des couleurs chatoyantes. La jeune femme en bikini blanc a la peau bronzée. Elle s’apprête à s’asseoir pour savourer son jus d’orange avec une paille. Lui, tout aussi bronzé et athlétique, sort du mobil-home en boxer short rouge. L’orangeade est encore dans un des verres. Il suffit de la boire avec une paille. Il n’y a que deux verres. Ce sont là des vacanciers glamour. Ici on ne parle ni d’enfants ni de fin de mois. La cible moyen-haut de gamme est celle visées par les magazines de mode. 

C'est la fin d’une période où l’essentiel du message publicitaire était focalisée sur les qualités propres de la caravane, cette annexe de vie accrochée à la voiture familiale, avec des enfants qui jouaient au ballon à l’arrêt. L’essentiel n’est plus centré sur la mobilité. Avec Fairview, il ne s’agit plus de se déplacer, de changer de lieu pour faire des découvertes, il s’agit de jouir d’un endroit agréable, avec tous les avantages des vacances au soleil, proches de la nature qu’on admire sous son parasol, espadrilles au pied…sans les inconvénients de devoir s’occuper d’une maison.

Styles de pub caravanes, leisure-home, Fairviews 1969, Sterckeman, Cl. Elisabeth PoulainStyles de pub caravanes, leisure-home, Fairviews 1969, Sterckeman, Cl. Elisabeth Poulain

Styles de pub caravanes, leisure-home, Fairviews 1969, Sterckeman, Cl. Elisabeth Poulain

. Pour suivre le chemin

. Retrouvez les 16 parutions antérieures sous cette dénomination « Style de pub caravanes » ou « Pub Caravanes », par exemple pour la Wawa et la Sprite http://www.elisabethpoulain.com/article-styles-de-pub-caravanes-la-wawa-la-sprite-123725693.html  

. Ainsi que l’album photos « Styles de vie caravanes » dédié sur mon blog http://www.elisabethpoulain.com/album-2168629.html  = Bon à savoir ---) Dans ce nouveau système Over-Blog, il faut attendre quelques courts instants avant que l’image se stabilise, une question de patience...

. Le prochain et dernier billet de la série « Styles de Pub Caravanes » sera dédié au « Départ en Vacances »

Voir les commentaires

Culture & Pub > L'Ile de Pâques & EDF > La fin de la frontière ?

26 Janvier 2015, 17:06pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

Le titre. Il s’agit de voir comment la pub sait faire feu de tout bois, une formule très parlante, qui montre très bien combien la publicité sait franchir toutes les frontières à son profit. Elle est capable de supprimer la distinction entre ce qui relève de la Culture et du Patrimoine  et ce qui relève de la publicité pour vendre de l’électricité. Rappelons d’emblée que les statues monumentales de l’Ile de Pâques et leur environnement sont inscrits au Patrimoine mondial de l’Unesco.  

Pub EDF-Marianne- Voeux-Nouvelle Année 2007

Le visuel d’EDF. Il montre un couple de statues gigantesques qui ressemblent fortement à celles de l’Ile de Pâques, sans que le mot même ne soit jamais prononcé bien sûr. Le visuel a été conçu pour porter les vœux de la grande société française, leader européen des énergies de demain pour l’année 2007, avec ce texte « En 2007, nous continuerons de développer les énergies de demain. Pour préparer l’avenir, nous mettrons en service dès 2012 la nouvelle génération de centrale nucléaire, l’EPR ».

L’adéquation entre cette visualisation de l’avenir et le positionnement de l’entreprise n’est pas franchement perceptible au premier abord. Il pourrait être que l’énergie de demain sera renouvelable et aussi durable que les 887 statues de l’Ile de Pâques, les Moaïs, dont la plus haute atteint 4 m de haut, qui défient les millénaires. Ce temps qui passe sans laisser la moindre ride ou presque à ces magiques créations humaines, tout aussi bien que celui du climat très dur et venteux qui n’a rien  d’enviable surtout face à la mer dans cette partie de l’hémisphère sud. 

Plus vraisemblablement, c’est le ventre de la statue-femme au premier plan qui donne la clé d’interprétation. Il témoigne qu’elle donnera bientôt la vie, qui permettra aux générations de perdurer dans l’avenir. C’est ainsi que l’humanité peut continuer à poursuivre son avancée.   

 Pub EDF-Marianne- Voeux-Nouvelle Année 2007           

Certes la ressemblance avec les vraies statues est très approximative. Les dimensions ne sont guère respectées, au vu de ce que les photos trouvées sur le Net nous montrent. Les statues sont situées trop près de l’océan ; surtout elles devraient être érigées dos à la mer. De plus, s’il existe des statues de Moaï seul, ou en série, on n’en connait pas  en couple. Le paysage n’est surement pas d’origine. L’herbe est trop verte, trop abondante… Ce  paysage idyllique de montagnes plongeant dans l’océan ressemblerait plus à des côtes de Nouvelle-Zélande au climat moins dur.

Deux caractéristiques importantes ont été conservées pour le montage photographique. Ce sont, le couvre- chef légèrement rouge de l’homme, c’est le « pukao » - le chapeau, dont la pierre  vraiment rouge est extraite d’une  carrière sur l’Ile et la position des mains pour l’homme et la femme surtout qui donne ainsi l’impression de soutenir son ventre et de parler à son futur bébé. Par contre la forme pointue des seins et d’une façon générale toutes les arêtes des visages et des autres parties du corps sont beaucoup trop aiguisées pour les deux. Le temps ici aussi a fait son œuvre d’usure…Pour une fois, je ne vous conseille pas d'y aller, sauf à des fins de recherche, tant le tourisme de masse peut causer de nuisances de toutes sortes surtout dans ces îles,  quelque soit l'endroit  dans le monde.     

Pour suivre le chemin

. Sur l’Ile de Pâques, un site complet avec de belles photos d’ensemble qui permettent d’avoir une idée des paysages, à découvrir  sur  http://www.rapanui.fr/

. Toujours wikipedia qui donne beaucoup d’infos et quelques pistes de livres de chercheurs http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%8Ele_de_P%C3%A2ques

. Photo Elisabeth Poulain à partir de la publicité d’EDF parue dans Marianne du 5.05.2007, un numéro spécial sur les « produits symboles de la France ».

Voir les commentaires

Styles de Pub Caravanes > La Paladin & La Bailey

12 Décembre 2014, 15:53pm

Publié par Elisabeth Poulain

Voici deux caravanes anglaises telles qu’elles ont été présentées dans des publicités conçues pour le salon européen de la caravane qui s’est tenu à Villepinte au nord de  Paris en 1966.  

Pub caravan Paladin- 

La caravane Paladin. Le visuel a choisi le jeu du noir et de la couleur pour faire ressortir la stylisation graphique de l’arrière de la caravane.  En 1966, ce choix était franchement audacieux. C’est une application d’un principe romain datant de l’Antiquité connu mondialement grâce aux trois mots que sont « pars pro toto » qui signifie « la partie pour le tout ». Ce n’est en aucun cas un détail puisque le choix a porté  sur la partie à vivre, avec ses quatre fenêtres dotées chacune de ses rideaux « bonne femme » attachés par un ruban. C’est là que se trouve le cœur vivant de la caravane, celui qui va décider de l’achat pour le bien-être de la famille réunie.

La visualisation de cette partie à vivre, vraisemblablement l’avant, se présente en un contre-effet en profondeur intéressant. Seules ressortent des amorces de lignes en courbes avec quelques droites en couleur.  Le rose prononcé et le bleu des lignes inachevées font ressortir le slogan écrit en blanc sur fond noir « Life’s a pleasure with a Paladin », avec en dessous la marque inscrite dans un ovale rose.  Un paladin est un chevalier qui suivit Charlemagne à la guerre. Plus tard, on utilisa ce mot pour désigner un chevalier errant. On peut aussi penser que ce terme désigne un petit palais, à la sonorité italienne, que l’on imagine itinérant dès lors qu’on a une caravane. C’est la magie de la publicité. Retenons que  le slogan est très contemporain. Il est axé sur le plaisir. Il n’est plus nécessaire de parler de la vitesse, de la voiture qui tracte, du goût des vacances ou de la joie de se retrouver en famille au plein-air. C’est la vie toute entière qui est un plaisir à consommer en caravane, preuve en est que ce rose associé intimement au bleu sur fond noir a fait disparaître tout le reste. Au plan visuel, c’est une franche réussite, où le noir agrémenté de rose pour la nuit et de bleu pour le jour valorise la caravane et la marque.

Pub caravan-Bailey-Bristol    

La Bailey Caravan 1966. Cette affiche annonce la participation de l’entreprise de caravanes anglaise Bailey à ce salon du caravaning de 1966. Ce doit être la seule publicité où la date de l’évènement figure sur le visuel. C’est dire son importance pour le caravanier anglais, qui vient présenter sa gamme (range).  Le choix de cette entreprise s’est porté sur une caravane blanche en train de rouler tractée par une voiture noire dont on n’aperçoit que l’arrière. Seule l’affiche collée sur la paroi gauche est en couleur. Celle-ci est placée à un endroit stratégique de façon à être vue si la voiture roulait vraiment. Elle a aussi comme intérêt à mettre l’accent sur les fenêtres, d’abord celle placée sur le côté et surtout aussi sur la grande baie panoramique placée à l’avant. Notons que toutes ces fenêtres ont des rideaux.     

L’impression ressentie de vitesse est nouvelle. Il s’agit d’inspirer confiance grâce à la saturation du noir pour faire ressortir le blanc de la carrosserie de la caravane Bailey et la large fenêtre placée à l’avant. C’est une preuve de la solidité de la marque, capable de supporter la vitesse. De la voiture placée à l’avant, on ne voit que quelques lignes plutôt horizontales – avec un effet ligne de fuite qu’on retrouve au sol- et deux verticales à la hauteur du feu arrière, pour bien montrer la rupture avec la voiture qui tracte. Outre l’arrière de la voiture, le sol et l’avant de la  caravane, il reste à citer le ciel qui est moucheté de noir sur fond blanc, avec des lignes de fuite du sol et du ciel qui se rejoignent en avant  hors du visuel et de notre champ visuel. Entre les bras de cette pince se trouve l’annonce du fabricant « 1966, RANGE OF BAILEY CARAVANS » écrites en jaune et rose fuchsia. Le résultat n’est pas forcément beau, par contre il est vraiment efficace du fait du concept global.

Les deux visuels ensemble se parlent de façon étonnante.

Pub caravane PaladinPub caravane Bailey, 1966

Pour suivre le chemin . Retrouver  la série de ces styles de pub –caravanes des années 1960 sur ce blog. Cette série est directement fondée sur une sélection de France Poulain, parue sous le titre « L’Objet caravane, Mémoire graphique des années 1960 » dans « Les Editions de la Direction départementale de l’Equipement et de l’Agriculture de l’Oise ».  

Une série qui va bientôt se terminer; il reste encore deux billets à faire, après celui-là. 

. Pour la Paladin, voir une publicité de 1955 parue dans le magazine « The Autocar », dans un site très riche en photos et informations sur les vieilles  caravanes dont certaines sont offertes gratuitement, à condition de venir les chercher  http://vintagecaravansetcie.blogspot.fr/2012_07_01_archive.html  . Pour la Bailey of Bristol, une marque, et l’entreprise qui existe toujours http://www.baileyofbristol.co.uk/caravans/caravan-archive/

. Photos Elisabeth Poulain

Voir les commentaires

3 Cartes publicitaires réunies, improbables, venant de Belgique

1 Novembre 2014, 18:34pm

Publié par Elisabeth Poulain

     

Elles sont toutes les trois un peu ou franchement bizarres. Leur visuel détonne, étonne... Les trois rapprochées font  sourire au point que je les ai gardées en me disant qu’un jour, j’en ferai quelque chose. Elles ont aussi en commun d’avoir été trouvées à Bruxelles. Elles sont belges d’origine pour deux d’entre elles alors que la dernière doit venir de France. Elles ont toutes « un je ne sais quoi » qui fait leur différence.

The White Hotel-Selection-Design Bruxelles

. “The White Hotel Selection-Design we”. Imaginez, vous faites partie du service communication du « The White Hotel » et vous voulez faire connaître le « design belge online », avec le blanc et le design qui sont  au cœur  du concept même du célèbre hôtel blanc situé avenue Louise à Bruxelles. Que choisissez-vous comme visuel ? Une carte postale grise, avec des gros titres en gris plus ou moins foncé et…un cœur rouge au bas de la carte entre WE et NOW AVAILABLE ON LINE.

Le mystère ne s’éclaircit guère avec l’explication au verso “ If you love Belgian design as much as we do, you will  obviously want to take some home with you. An old Belgian saying”. Ca, c’est pour l’humour, comme si c’était un dicton. L’adresse figure en bas en rouge www.thewhitehotelselection.com avec l’argument suivant « Our selection of Belgian design delivered worldwide. » Et vous dites “Oh yes, great”.    

Belgo Burger, L'oignon fait da force, Mc Do

. « L’oignon fait sa force, Belgo burger, Un gout surréaliste ». Voilà une de mes cartes publicitaires préférées. L’explication du visuel ressort sur une nappe marron et beige comme on pouvait en trouver en 1950. On dirait une toile cirée.Le verso de la carte vous donne la clé de ce mystère. C’est un « Belgo burger. Nouveau chez McDo », une carte gratuite éditée par « boomerangjack.be». Imaginez emmenez votre petit ami en lui disant « il faut absolument que tu goûtes le belgo burger à l’oignon. Pourquoi. Parce qu’il est surréaliste ! ». Il ne reste  qu’à définir un McDo surréaliste. C’est possible puisque les Belges l’ont fait.   

Je l’ai trouvée à Gand un dimanche de temps gris, mouillé et froid, en déjeunant sur la Grand Place prestigieuse où ce fast food offrait la seule alternative à des restaurants certainement de grande qualité aux tarifs impressionnants, à comprendre dans le sens de très chers. Ce devait être du haut de gamme.   

Léon le caméléon-Ni vu ni connu

. Léon le caméléon de Kris di Giacomo qui jette son slip dans le buisson par derrière lui d’un geste ample et déterminé. Il est très sérieux. Lui est vert, l’herbe aussi, le buisson également, le ciel est bleu ciel et le slip est orange. Ce dessin est une création du dessinateur cité extrait de l’ouvrage pour enfants « Ni vu, ni connu » sur un texte de Mickaël Escoffier. Après enquête sur le Net, l’ouvrage est très apprécié des petits enfants et de leur maman qui leur font la lecture. Ce petit caméléon vert n’a pas de papier pour s’essuyer les fesses, après avoir fait "son gros besoin". Il utilise donc une vieille culotte trouée…ce qui lui fait connaître des tas d’aventures qui réjouissent les petits auditeurs. La carte au recto ne comporte que le dessin et le verso donne les quelques informations citées avec la source qui est l’association des Libraires spécialisés Jeunesse.

Trois cartes, avec le blanc qui choisit le gris sur gris pour s’exprimer, avec juste un coeur rouge en bas pour convaincre, la toile plastique marron et beige en passant par le goût de l’oignon pour vanter son burger surréaliste et le petit monstre vert qui jette calmement sa culotte, sans dire qui il est au recto comme au verso. Ma préférée est bien sûr la seconde à la toile cirée marron et beige. Pour convaincre les jeunes, je suis sûre ou presque que cela a suffi pour lancer le burger à l'oignon surréaliste...Il faut le faire quand même.    

 

Pour suivre le chemin

. The White Hotel a maintenant changé de nom. Il s’appelle dorénavant le Ibis Styles Brussels Louise, parce qu’il est situé avenue Louise au n°212, 1050 Bruxelles, à voir sur  http://www.ibis.com/gb/hotel-8915-ibis-styles-brussels-louise/index.shtml

. Quant au White Hotel Selection, il n’existe plus en tant que tel, sous ce nom-là du moins. Le design belge est toujours bien vivant. J’ai choisi de vous donner l’adresse de créateurs en auto-production http://www.mybelgiumdesign.be/

.  Belgo burger, Nouveau chez Mc Do, boomerang, une agence belge de cartes publicitaires gratuites qui ne donne que son n° de téléphone. L’agence vient de fusionner maintenant avec Field & Concept, à retrouver sur  http://www.boomerang.be/assets/press/boomerang-field-press.pdf

. « Ni vu, ni connu », Frimouse, novembre 2009 sur http://www.babelio.com/livres/Escoffier-Ni-vu-ni-connu/178527, Association des libraires spécialisés jeunesse sur www.citrouille.net  

Cet ouvrage est recommandé pour l’apprentissage de la lecture sur    http://materalbum.free.fr/nivuniconnu/fichier.htm

. Photos Elisabeth Poulain, d’après les cartes postales.   

Voir les commentaires

La plage, le sable, la mer > Ce nouvel espace déjà conquis par la pub

27 Octobre 2014, 17:36pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

Une logique de conquête spatiale d’un nouveau type. C’est le ressort fondamental de la dynamique de la publicité. Après la conquête des esprits, des âges, des territoires urbanisés, des cultures quelque qu’en soit le type et l’endroit dans le monde, il reste toujours quelque chose de nouveau à exploiter, comme on en a fait hier avec le pétrole, maintenant avec le gaz de schiste…

La plage, Renault, LM20030618

Le regard intéressé porté sur la plage.C’est un espace par définition non construit, appartenant à tous, apparemment sans voiture du moins en France et où vont les gens pour s’asseoir, marcher, se délasser, nager, se mouiller… Ils sont vraiment au repos ou font bien semblant. Quelques-uns arrivent à lire, mais ils sont rares. Beaucoup de personnes arrêtées sans bouger à un endroit en train de regarder la mer, quelle aubaine pour les publicitaires! Voilà une cible intéressante qui profite des retombées interculturelles de la mondialisation sur les usages et pratiques différenciées de la plage au fil du temps. Le sable n’a pourtant pas été au commencement de notre histoire. C’est par l’eau qu’elle a débuté. L’usage de la plage a suivi, surtout là où le temps n’est pas forcément chaud.

La conquête spatiale en photo. Les premières cartes postales montraient la plage des estivants le plus souvent vue d’en haut, à l’instar de ce que faisaient les peintres comme Raoul Dufy. Il y avait une idée de surplomb pour bien voir et d’une certaine domination en matière  de relations à la nature et de positionnement social. On montrait la plage dans sa pratique balnéaire, de nouveaux styles de vie des lanceurs européens de la mode. Pour évoquer les vacances, rien de mieux que d’envoyer une carte postale avec des vacanciers en train de jouer au ballon, de prendre le soleil, de barboter dans l’eau. On est alors dans une cohérence de vacances, qui évoquent le vide, ne l’oublions pas. Comme ces personnes, qui vous disent qu’elles font le vide en vacances. Ce vide, où l’on ne pense à rien, est un véritable appel d’air pour les publicitaires. 

La plage, Renault, Le Monde 20030618

La nouvelle vision de la plage pour les publicitaires. Cette fois-ci, il s’agit de lier l’univers de la plage à l’univers des marques grand public telles que Renault en 2003 ou des grandes marques telles que Dior (2012) et récemment Emporio Armani en 2014. L’intéressant est de voir l’évolution en un peu plus qu’une décade. La plage devient un paysage de pub, pour des objets hors-plage, qui n’appartiennent pas à cet univers qui n’est jamais simple, avec quelques exemples. 

. Pour Renault New Deal, il s’agit de vendre un véhicule particulier neuf, Contrat Losange de 5 ans  ou 100 000 kms au barème d’avril 2003, du 1er juillet au 30 août. C’est la période de temps de validité de l’offre qui inspire Publicis, l’agence de com, en charge de la campagne, avec le slogan suivant « L’été, tout n’est pas garanti comme une Renault. ». Elle a demandé à F. Lelong de concevoir le dessin. Celui-ci existe en deux modèles, l’un en format horizontal de la largeur du quotidien « Ouest-France » et l’autre en portrait vertical pour des magazines, tel qu’une revue de programme de télévision. 

« L’été, tout n’est pas garanti comme une Renault » évidemment. Dans ce premier visuel, on y voit deux vacanciers prévoyants assis sur leur drap de plage, bien tirée sur le sable tout près de l’eau. La mer est lisse, avec une toute petite vague de bordure ; l’eau bleue ciel est d’huile, le ciel est rose. Et, un énorme avion volant très bas passe au-dessus des deux plagistes. Mais ceux-ci sont prévoyants. Ils ont pensé à tout et ont des gros bouchons d’oreille anti-bruit. Quant à la plage, elle est plate de plate et est surtout vide de tout occupant. C’est l’avion qui mange tout l’espace, au- dessus de l’eau et de la plage. Tout ça pour dire qu’il vaut mieux aller acheter une Renault, qui va occuper toutes vos pensées plutôt que de vouloir rêver avec un bombardier lourd qui vous écrase sous son bruit. 

   La plage, Renault       

. L’homme jambes nues et gros blouson orange regarde fixement la mer alors qu’il pleut à verse. Ce second visuel de F. Lelong paru dans la même série de 2003 est plus parlant encore. On ne voit le vacancier que de dos  mais on devine pourtant son fort désappointement. La mer est franchement mauvaise, il y a des moutons, le ciel bas est gris, avec un gros nuage qui envoie des cordées obliques d’eau. Dans le ciel, on ne retrouve plus le gros avion qui vole trop bas, le gros nuage suffit à meubler le vide. Le sable légèrement vert n’attire plus personne. L’idée de s’y asseoir serait absurde. Ce dessin montre toute la désespérance d’un aoûtien les pieds mouillés sur le sable l’été quand il pleut au bord de la mer.  Et l’homme de rêver à une Renault où il serait bien au chaud sous la pluie. C'est le meilleur visuel de F. Lelong.

La plage, Dior, LM20121210

. Dior a également utilisé la plage (2012), mais cette fois-ci sans que l’on voit la mer, un peu moins de 10 ans plus tard. Il fait vraiment très beau, le sable, la dune dans le lointain et l’énorme ciel composent le paysage qui sert d’écrin à la jeune femme qui sert d’égérie à la marque. Elle porte une robe Dior, avec un gilet deux tons beige rose + une bande jaune vert au bas des manches, un sac à main matelassé rouge qui détonne franchement sur une plage et …des chaussures compensées si hautes qu’il doit lui être impossible de marcher surtout dans du sable. Elle regarde la mer en souriant pendant qu’un petit avion bleu à l’allure d’une grosse libellule s’apprête à la survoler. Elle devrait alors se tourner vers l’avion qui va passer juste au-dessus d’elle ou plutôt se poser à côté d’elle. Mais non, elle sourit. C'est la seule de tous les visuels.  

La plage serait alors un petit aérodrome et la jeune femme celle que vient chercher l’aquaplane. Il n’y a plus de lien entre la plage et la mer et l’objet de la publicité, ni vraiment entre la plage et celle qui aurait beaucoup de mal à vraiment marcher dans le sable. La plage est devenue une scène de théâtre non adaptée, justement pour retenir l’attention. C’est une publicité qui appartient au genre « télescopage ». C’est la seule explication que j’ai pu trouver à cette création maison Dior.

La plage, Emporio Armani, Le Monde 20140914

. Emporio Armani a également signé son propre visuel (2014) situé cette fois-ci carrément sur la plage mouillée, là où les vagues terminent leur avancée sur le sable. C’est l’endroit choisi par le concepteur du visuel. Tout est gris et noir, grise la tenue haute avec chemisier, veste et long manteau de tissu fluide. La jupe pantalon large et souple est noire, tout comme les chaussures à bride et haut talon aiguille. On voit clairement l’empreinte sur le sable mouillé de la chaussure du pied droit et le léger enfoncement du talon de la chaussure du pied gauche. Une très grande attention est portée aux lignes qui strient le sable humide, l’eau et le ciel, ainsi qu'aux variations de gris. Outre les chaussures à talon totalement incongrues pour marcher, le chapeau est impressionnant, tant ses dimensions paraissent démesurées par rapport à la silhouette de la jeune femme qui cache ainsi ses traits. La dimension « télescopage » est encore plus accentuée que dans le visuel précédent. Une telle promenade les pieds dans l’eau abîme définitivement les chaussures. Il y a là un air d’Ancien Régime, dans une photo superbe.

En 10 ans, on est passé d’une vision encore classique du séjour à la plage avec une grande serviette pour s’y placer à deux pour ensemble  rêver à une voiture Renault, à une jeune femme alerte qui attend l’avion qui va se poser sur l’eau pour venir la chercher sans qu’elle mouille sa tenue Dior ou ses pieds itou, à une autre enfin qui joue à cache-cache avec nous tout en mouillant ses souliers à très hauts talons pointues Emporio Armani. La plage, on y vient aussi toujours faire des cures de solitude propres à s’aérer l’esprit. Cette solitude est vraiment la distinction à faire entre la voiture Renault conçue par la famille et les vêtements et chaussures Dior et Armani. Dans le second cas, on est seule au monde, une solitude revendiquée comme une forme d’élitisme assurée.  

Reste la nouvelle dimension choisie par la publicité en 2014, qui est de montrer la voiture seule sur la plage. Elle occupe tout l'espace. Il n'est plus besoin de meubler le ciel avec un gros avion, un petit aquaplane ou un gros nuage noir menaçant, ni même d'avoir des personnes. La voiture a tout conquis. C'est un très beau cliché qui montre à voir une Volvo XC60 blanche la nuit seule sur une plage, au bord de l'eau qui se détache sur un ciel où règne seul un petit nuage posé au dessus de la voiture, comme une auréole. Il n'y a plus personne, à l'exception de celui qui regarde. Tout est bleu nuit grisé qui fait ressortir le blanc de la voiture, le petit nuage et le texte. 

Pour suivre le chemin menant à la plage

. Renault, 5 ans de garantie du 1 juillet au 30 août, une création de Publicis, Le Monde 18.06.2003, Ouest-France du 04.08.2003

. Dior, une création maison, parue dans Le Monde 9.12.2012

. Emporio Armani, un visuel auto-conçu, paru dans le Monde 18 septembre 2014

. "Volvo XC60 de l'audace" est un visuel produit par Fuel France pour la marque, à voir dans le Monde 15.10.2014. Attendre un peu pour voir le visuel sur le Net.  

 . Photos Elisabeth Poulain, à voir dans l'album "Mer2" à l'intérieur de l'album mère "Mer-Eau"!

Voir les commentaires

N comme Nana > La femme pensive, la femme lascive en transport aérien

20 Juin 2014, 10:49am

Publié par Elisabeth Poulain

Toutes les deux sont au cœur de deux visuels de publicité qui datent de 2007. Ceux-ci figurent dans le volume II de la revue Hermès. Curieusement la première ouvre en double page 2 et 3  la belle revue, après il est vrai une danseuse du Moyen-Orient qui danse sur du sable dur en page 2 de couverture.  Et la seconde forme l’avant-dernière page 129 de l’opus. 

Pub Air-France-Hermès-2007-Le ciel, le plus bel endroit...

. La femme pensive, celle qui ouvre la revue, juste après celle qui danse et qui lance la dynamique "Hermès". On l’imagine au petit matin quand il fait encore un peu frais à la montagne l’été. Alors que les autres dorment, elle est venue ici rêver, enveloppée dans son grand châle souple de laine rouge qui la réchauffe. Elle rend hommage au soleil qui se lève dans une nature inchangée, sans maison, sans voiture, sans bruit intempestif de la ville. Elle songe et goûte la caresse du soleil sur sa peau. Elle ferme les yeux sous la douceur de la caresse de la chaleur et sourit, se longs cheveux dénoués autour du visage. Elle respire et inspire le calme dans cette pause assise sur le ponton de bois, entre l’eau et l’air, avec les montagnes pour seules témoins. 

Pub Kuoni-Hermés-2007- La Paresse

..La femme lascive. Elle incarne « La paresse » selon son annonceur qui a choisi ou le photographe ou parmi les clichés de ce dernier. Elle est très souplement allongée sur le dos, d’une façon un peu décentrée pour arrondir la courbe de la hanche saillante à la hauteur du maillot. Cela donne à l’ensemble une ligne très fluide et douce d’une longue liane avec de très longues jambes, son maillot noir très étiré, la tête bien arrière et les bras en arrondi au-dessus de la tête. Un corps de sirène aux yeux fermés et au menton saillant de façon à dynamiser la ligne pour le haut du corps. Pour le bas, la rupture se fait au genou droit pour donner de la tonicité à l'ensemble.        

. La femme songeuse est pour Air France dans une de ses représentations de sa grande campagne  « Faire du ciel le plus bel endroit de la terre ». La façon complémentaire de le prouver est de  citer sur le ciel au-dessus de la ligne des montagnes avec cet argument  « Espace privée – Lit avec couette en duvet – Gastronomie française – L’Espace première, le luxe d’être bien ». Ces derniers mots expliquent à coup sûr le choix de cette composition en couleurs et en double page, dans laquelle le ciel doit occuper plus de la moitié du cliché grâce non seulement au ciel lui-même mais aussi à son reflet dans l’eau  La jeune femme n’a qu’un bout de pied qui déborde sur l’autre page. C’est amplement suffisamment du fait de la très forte présence de son châle rouge qui l’enveloppe si doucement.

Pub Air-France-Hermès-2007-Le ciel, le plus bel endroit...

.. La femme « Paresse par Kuoni ». Elle est plutôt un corps qui fait ligne, grâce – j’imagine - à un travail très fin du creusement et du modelage du sable mouillé par en dessous afin que la partie émergente du corps, tête comprise, soit exactement celle que voulait obtenir le photographe Dirk Lambrechts pour que « sa » ligne soit parfaite. Quant à savoir si cette naïade échouée  sur le sable mouillé à la marée descendante - on le voit aux petites crêtes qu’ont creusées les vagues – est paresseuse, c’est la bonne question. C’est pourtant le visuel choisi par l’annonceur pour incarner le voyage aérien, avec ce slogan « Voyages Kuoni. Une histoire particulière entre vous et nous »

. La femme pensive, je la vois plutôt rêveuse au petit matin, s’éveillant doucement au soleil. Comme elle le fera plus tard dans un long courrier Air France en Première classe. Le visuel cible la cliente Air France elle-même.

Pub Kuoni-Hermés-2007- La Paresse

.. La femme lascive, je la vois plutôt offerte.  Il est vrai que cette jeune femme s’offre  comme le ferait une très jolie sirène au corps de jeune femme, justement le sien d’ailleurs, échouée sur la plage à la vue de promeneurs forcément masculins du petit matin. Je ne peux pas dire que cela soit ma conception de la paresse, avec en plus cette idée lancinante « la paresse pour qui ? ». Certainement pas pour elle ! L’annonceur cible visiblement un passager masculin à qui il suffirait de se baisser pour recueillir sur la plage un coquillage très spécial et particulièrement joli. Comme les enfants qui cueillent les jolies fleurs sans se poser de question. Ca interpelle. Une explication pourrait être de faire le lien avec la sirène du lac Léman qui accueille en souriant les navigateurs et touristes passant au plus près.

Reste une vraie belle photo qui est assurée de ne pas vieillir, grâce en particulier au très joli mouvement créé par les ondulations de sable. Tout comme celle d'Air France, avec sa dimension "cocoon" très réussie.    

Deux visions du transport aérien, incarnées par de belles jeunes femmes, telles que les voyaient deux agences connues de publicité en 2007. Actuellement les campagnes ont naturellement changé, d'autant plus que le temps de la com est toujours plus rapide que les années qui passent. Une affaire  à suivre…    

Pour suivre le chemin

. Hermès, Le Monde d’Hermès, Automne-Hiver 2007, n°51

. Le visuel Air-France (http://fr.wikipedia.org/wiki/Air_France ) est une création BETC EuroRSCG  (http://www.betc-life.com/fr/#/fr/made-in/ )

. Voir la nouvelle campagne d’Air France 2014, une franche réussite sur http://www.air-journal.fr/2014-03-27-nouvelle-campagne-de-pub-pour-air-france-5102689.html

. Le visuel Kuoni (www.kuoni.fr) celle de Venise (http://www.venise.com/) , sur une photo de Dirk Lambrechts

. D’autres clichés du photographe d’Anvers (Belgique) Dirk Lambrechts sont à voir sur son site http://www.dirklambrechts.com/  Il travaille essentiellement dans le domaine de la Beauté, de la Mode et la Publicité.  

. Voir la nouvelle campagne Kuoni par Venise sur http://www.venise.com/portfolio/kuoni/

. Photos Elisabeth Poulain

Voir les commentaires

N de Nana > La Femme-Serpent du dentifrice Gibbs > L'Illustration 1915

9 Juin 2014, 08:43am

Publié par Elisabeth Poulain

Le décryptage du titre. Il s’agit dans ce billet sur la femme-serpent Gibbs de vous montrer ce que des publicitaires, avec l’accord de l’annonceur, étaient capables de faire en pleine guerre européenne pour faire connaître et vendre leur dentifrice-savon.  Pour être sûr de frapper les esprits, ils avaient choisi le visage d’une jeune et jolie femme pour incarner leur dentifrice spécial.

Ce numéro 3788 de l’Illustration en sa 73e année est daté du 9 octobre 1915. Un des articles importants porte en particulier sur la bataille de Champagne le 25 septembre  que l’on peut suivre  en reportage-photos d’une très grande force effectué par la Section photographique de l’Armée. L’article court de la page 368 à 379.  On y voit de nombreux cadavres ou ce qu’il reste d’hommes exposés directement ou indirectement à des tirs d’obus qui visent les tranchées allemandes reprises par « nos troupes ». 

 Gibbs dentifrice, femme-serpent1, L'Illustration 1915.10.09 

Le moment de parution. On était en 1915, alors que la guerre frappait une grande partie de l’Europe. La bataille de Champagne venait de se dérouler le 25 septembre. La bataille en Artois avait aussi été lancée ce même jour. La Russie connaissait sa deuxième année de guerre. Le front italien était très actif dans les Alpes carniques et le Haut-Isonzo. L’Extermination des Arméniens  s’était poursuivie. Déjà « 450 000 personnes auraient été massacrées, 500 000 autres réduites à la plus cruelle extrémité, traquées, menacées de mourir de faim… Notre escadre (française)…en recueillit 5000 environ ». La  guerre terrestre incluait aussi la Serbie, la Mésopotamie, le Congo belge ; les Opérations du Levant incluait la guerre navale (pages 382 à 392)...   

La distinction des pages d’ « annonces » d’avec les articles de fond. Elle est au cœur de l’organisation du magazine. Leur pagination est distincte, avec deux modes d’annonces d’ailleurs. Citons d’abord le verso de la page de la couverture et le recto de la page qui termine l’hebdomadaire. Ces deux pages n’ont pas de numéros. Elles portent uniquement des petites annonces publicitaires. La page 2 de couverture accueille par exemple les annonces de, du Vin Dubonnet, du Sel Cérébos, de l’aspirine usine du Rhône ; la page 3 de couv.  Marie Brizard  & Roger, le chocolat Vinay lacté en plus d’une bande dessinée. Suivent ensuite les pages d’Annonces numérotés de 1 à 4 pour le début et de 5 à 8 pour la fin.

Le visuel Gibbs occupe une pleine page, la n° 3. Il est très compliqué dans sa composition centré –c’est une façon de parler- sur le visage d’une femme aux cheveux courts très souriante qui regarde vers la droite. Elle a une bonne tête. Ses cheveux frisés sont blonds ; ils deviennent bruns dans le reflet du visage dans l’eau. L’eau d’une mare qui semble constituée par des gouttes qui s’échappent de la chevelure. On voit même des roseaux fins surgir de l’eau.

Le mystère du passage du blond au brun en phase avec l’eau. Il ne peut s’expliquer que par ce qui se passe au-dessus de la tête blonde et qui est le vrai centre du visuel. On découvre alors une forme rectangulaire plus foncée sur laquelle se détache le tube dentifrice en métal brillant en position horizontale. La marque Gibbs s’y détache de façon très visible. Tout comme la marque en ombrelle et gros caractères juste au-dessus. C’est le chapeau du visuel.

Gibbs dentifrice, femme-serpent2, L'Illustration 1915.10.09

Entre la marque, le tube et la jeune femme, il y le dentifrice qui s’échappe du tube en forme de serpent blanc. C’est la raison pour laquelle le rectangle intérieur est d’un gris plus foncé. Et voici l’extraordinaire de cette publicité d’il y a presque 100 ans à 1 an près. Le dentifrice blanc se transforme peu à peu en cheveux puis en visage de la jeune femme. On le voit aux ondulations  du « serpent blanc » qui s’accroissent au fur et à mesure qu’on s’approche de la transformation d’une pâte dentifrice en une personne humaine charmante bien sûr.

L’éclaircissement du mystère, la modification de la couleur de cheveux. Il s’explique par les mots qui définissent le positionnement de Gibbs:                                                                                           

. Gibbs est la source du plus ravissant  des souriresLavez vos dents comme vos mains car en tube  comme en boîte, son dentifrice est du savon.

On  comprend alors « la subtilité » de l’argumentaire. Quand on se lave, on chasse la saleté et du coup on est plus propre, le blanc étant l’incarnation de la propreté. Une preuve en est aussi la couleur sale de l'eau en bas dans la mare avec ces roseaux qui poussent dans les marigots fétides. Utiliser le dentifrice Gibbs  a donc un double avantage. Non seulement il rend les dents plus blanches mais aussi il permet de se laver les mains. Le dessin ne fait qu’aller un peu plus loin en suggérant que du coup on peut aussi se lever le visage et pourquoi pas les cheveux, en retrouvant sa blondeur naturelle… Cette publicité devait être destinée à des femmes. Juste à côté sur la page 2 en effet, figure un encart d’un quart de page qui les interpelle directement, « Mesdames, participez à l’œuvre de la Lettre au Front »,   en les invitant à envoyer 20 000 lettres au Front par l’intermédiaire du magazine  « Fantasio».                                                                                       

Imaginez l’effet de cette publicité sur les soldats au front, du moins les gradés qui pouvaient peut-être à y avoir accès pendant  leurs rares permissions. Ils ont dû éprouver un véritable choc de cultures et de temporalités, sans compter la référence directe au serpent de la tentation. Heureusement que n’existait pas encore le dentifrice au goût de pomme !    

Et je pense aux mains. Où ont-elles disparues? Quelle horreur!    

Pour suivre le chemin

. Gibbs, une marque américaine très connue, a maintenant disparu. Elle a pris le nom de Mentadent. Malgré quelques recherches, je n'ai pu trouver de publicités anciennes de la marque qui faisait pourtant beaucoup de publicité en France.

. Retrouver l’Illustration citée. Il est mis en ligne.

. Lisez, si cela vous tente, tout ou partie de la série  « N de Nana, … » et  « N comme Nana, …) sur ce blog.

. Photos Elisabeth Poulain. La première a été retouchée pour faire ressortir le dessin et la couleur du papier, qui a été jaunie de façon à plus ressembler au vrai numéro de l'hebdomadaire. Le dessin de la femme doit être une création de w.fef (?) qui a signé son oeuvre.  

Voir les commentaires

Styles de Pub Caravanes > La Wawa & la Sprite

25 Mai 2014, 15:24pm

Publié par Elisabeth Poulain

Voici deux visuels publicitaires qui avaient fait le buzz comme on ne disait pas encore en ces années 60 qui marquèrent un des pics de renommée de la caravane en France. Ils ont aussi en commun d’être franchement avant-gardistes au point qu’ils n’ont absolument pas vieilli. Aujourd’hui encore, ils auraient autant de force d’impact. Ils sont toujours aussi bons. Ils ont en commun d’être minimalistes et d’avoir choisi le jaune, un jaune différent dans les deux marques,  comme premier message de bonnes vacances au soleil.

Pub caravane Sprite

La  Sprite. Oui, il s’agit bien de la publicité pour une caravane anglaise. Pourtant vous ne voyez qu’un chameau ou un dromadaire hilare. Il vous tire la langue et vous fait un gros clin d’œil malicieux pour que vous ne sentiez pas offensé. N’y voyez donc nulle malice, bien plutôt un gag visuel qui a été jusqu’ici bien peu présent. La caravane était une chose beaucoup trop sérieuse et importante pour qu’on puisse en rire. 1966 marquait le vrai  début de l’essor du marché de la caravane en France. La concurrence entre les marques s’est faite plus rude. Sprite, une marque anglaise construite sous licence en France, était déjà bien connue des estivants français.

La marque franchit alors le pas. Il n’est plus nécessaire pour elle de montrer une caravane. L’essentiel est  ailleurs. Il s’agissait de faire rire en jouant cette fois-ci avec le concept de la caravane qui traverse le désert comme vous le signale un chameau hilare, avec des trâces de pas devant lui:  « Vous cherchez une caravane ? Et bien vous l’avez trouvée ! C’est certainement une Sprite ». Je ne suis pas sûre que cet humour anglo-saxon qui n’utilise que deux couleurs, le jaune et le noir, ait fait tilt en France, mais l’intéressant est que la marque l’ait jugé convenir au marché français.   

Pub caravane Waha 

La WAWA. Cette petite caravane belge à la forme ovoïde file tellement vite sur la route grâce à son aéromodélisme que le nom de sa marque WAWA est reproduit à l’instar du son que ferait une voiture de course. Il n’apparaît pas entièrement sur le visuel, preuve qu'il va vite. C’est un modèle au toit repliable sur l’arrière pendant la marche de façon à diminuer la prise au vent.

L’effet est remarquable : seules deux couleurs douces ont été choisies de façon à accentuer l’effet de fluidité. C’est du design graphique et sonique à l’état pur. Et c'est remarquable. Le design de la forme suscite un design visuel qui résulte du design phonique, les deux dans la même couleur beige enrichi de jaune et d'une pointe de vert sur un fond uniforme plus foncé...Seul reste alors WaWa dans l'espace et le monde!   

Pour suivre le chemin

. Voir  la série des billets « Styles de Pub Caravanes » parus sur ce blog. Les clichés sont à retrouver dans l’album « Petites Maisons.

. Pour la Sprite 2014, voir http://www.spritecaravans.com/2014_Sprite_export_brochure_French.pdf

. Pour la WaWa qui garde ses inconditionnels au fil du temps, voir plus spécialement http://auto-union.over-blog.org/article-les-caravanes-wa-wa-53461146.html 

. Photos Elisabeth Poulain

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>