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Le Blog d'Elisabeth Poulain

communication & marketing

Style de Pub > Plaque > La Bière de la Grande Brasserie Ardennaise

4 Septembre 2015, 16:31pm

Publié par Elisabeth Poulain

Bière de la Grande Brasserie Ardennaise, Sedan, 1924, Salorges Enchères Catalogue, Cl. Elisabeth Poulain

Bière de la Grande Brasserie Ardennaise, Sedan, 1924, Salorges Enchères Catalogue, Cl. Elisabeth Poulain

C’est une des plaques publicitaires les plus célèbres qui puisse exister en France et qui continue à l’être. Son nom « La jeune femme au drapeau » ne rend compte pourtant ni de sa dimension en matière de communication, ni de sa très belle réussite tant chromatique que graphique, ni de la force étonnante de son pouvoir symbolique. Les raisons en sont forcément plurielles. Un point de départ est vraisemblablement la date de sa fabrication, postérieure à la fin de la première guerre mondiale, après 1921 mais sans plus de précision. Cette absence d’information précise est aussi une caractéristique de cette plaque, qui porte pourtant le nom de son créateur J. Spring. On sait aussi qu’elle est l’œuvre de l’Emaillerie alsacienne de Strasbourg qui a été très active dans le domaine des plaques publicitaires émaillées. Et c’est déjà un réel étonnement.

La Grande Brasserie Ardennaise, le GBA, comme je l’ai vu sur le net, a quand même laissé plus de traces dans l’histoire. Elle a été fondée en 1921, sur l’initiative de dix- sept brasseurs locaux qui se sont regroupés. Sa production de bière « La Sedan » a débuté en 1924, pour atteindre très vite des volumes impressionnants. Cette période qui a suivi la fin de la Ière guerre mondiale jusqu’à la crise de 1929 a été marquée par une reprise de l’activité économique et celle de l’espoir dans un avenir meilleur. Au plan local et plus largement régional, la bière était largement consommée par les ouvriers qui travaillaient au relèvement du territoire. Le département a été le seul en France à avoir été occupé par les troupes allemandes pendant toute la Grande Guerre, celle de 1914-1918. Après 1930, la production a atteint des records puis a subi la concurrence du vin et d’autres brasseries. Elle a été rachetée par son concurrent belge Stella Artois en 1968 pour s’éteindre définitivement en 1979, par décision de ses propriétaires.
 

Grande Brasserie Ardennaise, Sedan, 1924, Salorges Enchères Catalogue, Cl. Elisabeth Poulain

Grande Brasserie Ardennaise, Sedan, 1924, Salorges Enchères Catalogue, Cl. Elisabeth Poulain

La plaque. C’est un bock de bière blonde que la jeune femme au drapeau brandit –haut- de sa main gauche. Celui-ci est rempli à ras-bord avec de la mousse qu’on aperçoit par le dessus, la fameuse « Sedan » de la Grande Brasserie Ardennaise. Elle se détache avec force sur le fond noir. Outre la bière, on va retrouver cette couleur or pâle dans les cheveux, qui volent au vent, de la jeune femme. Ce même vent qui fait gonfler le drapeau bleu et rouge qu’elle tient fermement de sa main droite. Elle avance hardiment, vêtu d’une tunique blanche, qui s’enroule autour d’elle en moulant son corps.

Le drapeau bleu et rouge, à la hampe bleu, se déploie avec force derrière elle. Bleu, blanc rouge forment les couleurs du drapeau de la France, que tous les Français connaissent et reconnaissent ici même si elles se présentent ici dans un ordre dispersé, en blanc, rouge et bleu pour lui permettre de suivre le mouvement du vent. Son mouvement des bras forme le V de la Victoire et ses pieds nus, admirablement dessinés sont si légers qu’elle donne l’impression de danser tout en chantant avec une puissance étonnante le retour à la France, sans une fausse note, ni un hiatus.

Les lignes qui structurent l’espace de cette grande plaque – 157 cm sur 106 cm – sont très fortes. On distingue la médiane verticale qui passe en arrière de son corps, une oblique sur la gauche formée par la hampe du drapeau, à laquelle répond l’autre oblique qui joint le bock en haut à droite, au logo en rond de la brasserie en bas à gauche. Par-dessous ce logo difficile à décrypter figure le terme le plus important BIERE en caractères jaunes, un jaune plus fort que le blond des cheveux et que l’on retrouve tout en bas en gros caractères ARDENNAISE. Entre les deux dispositions, se trouve « DE LA GRANDE BRASSERIE » en rouge plus sombre et caractères moyens. Seules ces trois lignes alourdissent la composition, particulièrement la teinte rouge qui pose question. Quatre couleurs avec le noir du fond, peut-être était-ce difficile d’en choisir une autre ? SEDAN figure hors cadre en noir sur fond blanc au milieu de la composition. C'est par l'indication du lieu d'implantation de la Grande Brasserie Ardennaise, en cinq lettres, que se termine cette plaque. 

Et s’il faut retenir quelque chose, c’est la force qui se dégage de cette jeune femme qui chante la victoire à pleine voix, de tout son coeur, de tout son corps que l'on devine sous le voile blanc. Magnifique.

                                                                          *

Pour suivre le chemin

. Sur les brasseries, voir http://www2.cr-champagne-ardenne.fr/patrimoineindustriel08/IA08001425.html  

. Des infos sur la Grande Brasserie Ardennaise sur http://www.biere-sedan.fr/indexpc.php?idp=4  

. L’Emaillerie alsacienne de Strasbourg, voir ses productions en « Images » sur Google, mais sans indication sur la société elle-même, pour comprendre son importance dans l’art publicitaire…

. Sedan pendant la Guerre de 1914-1918 http://www.lunion.com/region/une-exposition-itinerantesur-l-occupation-du-sedanais-en-14-18-ia3b25n428067  

. Lire l’interview du dernier directeur de la Brasserie, Philippe Jean, dans http://www.houblon.net/spip.php?article1675  en 1979   

. Photo Elisabeth Poulain, à partir du catalogue « Salorges Enchères », Nantes – La Baule, Samedi 26 et Dimanche 27.10.2013, 8bis rue Chaptal, 44100 Nantes, 02 40 69 91 10, sarlkac@wanadoo.fr , avec mes remerciements.

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Style de pub Yaourt > Photo d’une poire > Velours & Chute de reins

30 Août 2015, 15:30pm

Publié par Elisabeth Poulain

Pub. Velours de fruits, Glaces Findus, 1999, Elle-Décoration, Cl1. Elisabeth Poulain

Pub. Velours de fruits, Glaces Findus, 1999, Elle-Décoration, Cl1. Elisabeth Poulain

Le titre décrypté. Il s’agit bien de la photo d’une publicité pour un yaourt de fruit, sans que le nom de la marque apparaisse, si ce n’est en très petits caractères, en bas sur le côté gauche et en verticale montante. Sans non plus qu’on puisse penser au départ qu’il s’agit d’un yaourt.

En effet seule, une poire fait l’objet de la photo. Pas n’importe laquelle bien sûr. Il a dû falloir des jours et des jours pour trouver LA  bonne poire. Signe caractéristique, elle a une fabuleuse chute de reins. Pour bien montrer sa singularité et sa ressemblance avec une vraie chute de rein – sous entendue « de femme » -  le bas du fruit est délicatement entouré d’un tissus de velours bleu nuit.

Le tout est nimbé d’une admirable lumière qui vient de la gauche, pour donner un brillant  qui souligne la double courbe du fruit et de la chute, en mettant en valeur le pédoncule du haut par lequel s’échappent en courbe les trois mots d’explication « Velours de Fruits » écrits en arrondi. Et le tout se détache sur un fond vert foncé, une couleur un peu curieuse, à laquelle on n’aurait pas pensé.

Pub. Velours de fruits, Glaces Findus, 1999, Elle-Décoration, Cl.2 Elisabeth Poulain

Pub. Velours de fruits, Glaces Findus, 1999, Elle-Décoration, Cl.2 Elisabeth Poulain

Et le plus curieux est que j’avais gardé la page, non pour cette publicité, mais pour son recto intéressant d’une publicité faite par et pour une bouteille de Champagne Moet & Chardon « Esprit du Siècle », axée sur les grands millésimes en fond métal, inscrits en lignes superposées, avec une année de millésime de chaque côté de la bouteille et une étiquette rectangulaire et minimaliste en métal.

Deux visuels minimalistes conçus par des marques, l’une grand public fondée sur la rondeur complétée par un jeu visuel allusif et l’autre d'un grand nom sur le contraste entre les courbes de la bouteille de champagne et les lignes horizontales en métal argenté pour la bouteille et doré pour les millésimes… En 1999, à un moment où l’attente pour le XXIe siècle était si forte que tout devenait possible…

Pour suivre le chemin

. C’est un visuel publicitaire « fait maison » par France Glace Findus, paru dans « Elle Décoration » n° 89 en 1999

. Cliché Elisabeth Poulain

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La couleur jaune dans la ville, la vie, New York, ses taxis, Over-Blog

24 Août 2015, 14:53pm

Publié par Elisabeth Poulain

Over-Blog, Capture d'écran, modèle de blog proposé, avec taxis jaunes, Cl. OB

Over-Blog, Capture d'écran, modèle de blog proposé, avec taxis jaunes, Cl. OB

Un titre compliqué parce que concentré. En développé, il se traduit ainsi : « la couleur jaune dans la ville, à New York, avec l’exemple des taxis jaunes new yorkais, qui en sont un des symboles, et qui sont aussi maintenant présents sur la plateforme d’Over-Blog ». Vous comprenez pourquoi les titres chez Over-Blog sont limités à 70 caractères ! Ils ont (vraiment) raison.  

Revenons à nos moutons, à savoir le choix de cette couleur éclatante de vitalité, pétillante de tonus et d’adaptation à la réalité urbaine d’aujourd’hui comme symbole d’une ville qui vit à 300 kms/heure, toujours porteuse d’une façon extrêmement positive d’une culture ouverte sur toutes les autres cultures sans avoir à choisir.

New York continue à être la capitale du monde, même si savons maintenant qu’il y en a plusieurs. Et la raison n’en est pas la présence du siège de l’ONU où tous les pays sont représentés. C’est New York qui porte l’organisation mondiale et non l’inverse. On n’imagine pas l’ONU autre part. New York continue à être un symbole de l’accueil fait à des milliers de milliers d’émigrants, au cours des derniers siècles, même si les Français ont été peu nombreux.  

Les Yellow Cabs. Ils sont plus de 14000 à sillonner les rues de la ville, en attendant d’être hélé par ceux qui font appel à leurs services depuis le trottoir. Outre leur visibilité, qui se traduit par un accès plus facile pour les clients, ils offrent une garantie de sérieux, du fait de l’autorisation qui leur est fournie par l’autorité municipale compétente. Avec les Yellow Cabs, on est sûr de les voir, d’être vu et d’arriver rapidement à bon port.  

Over-Blog, photo de l'équipe, avec T'shirt et Logo OB, Cl. OB

Over-Blog, photo de l'équipe, avec T'shirt et Logo OB, Cl. OB

Over-Blog a choisi comme couleurs emblématiques de son logo et pour sa mise en page le noir comme couleur principale d’impression avec des touches jaunes orangés pour attirer l’attention sur certaines cases. Outre ce design bi-chromatique, les t’shirts de l’équipe sont aussi noirs en couleur de fond avec en surimpression des lettres en jaune orangé très visibles. New York et ses taxis jaunes forment le lien, pour preuve une photo du site OB montre 7 Yellow Cabs, dont 4 de face, qui vous regardent, lorsque vous traversez la rue ! C’est dire si les 12 membres ornés de leur t'shirts au logo d'OB, de l’équipe pourront facilement être transportés dans les 4 voitures jaunes de face, dans New York.

En matière de communication, il ne saurait y avoir de hasard. Tout ce que je viens d’écrire aurait pu être une explication très partielle concernant le passé d’une grande ville, terre ouverte, terre d’accueil, toujours en phase avec l’évolution du monde. En quelques décades seulement, le centre du monde s’est déplacé vers la Côte Ouest des Etats-Unis et l’Asie. N’y aurait-il pas alors autre chose dans le choix des couleurs du logo d’Over-Blog? Une hypothèse pourrait se trouver dans un débat de 2014, encore riche d’une actualité brulante, qui a agité le monde du New-York Times, entre l’avenir de la presse numérique et celui de la presse papier. Un choc de titan entre le Nouveau Monde ouvert du numérique et le Vieux Monde cloisonné. Pour les Européens que nous sommes, New-York pourrait être vue comme une marche d’appel, pour d’un grand saut, nous rapprocher du cœur du Numérique, des deux côtés du Pacifique, dans l’hémisphère nord…Et dans cette vision, les blogs sont des trans-frontières d’un nouveau-genre…qui ont besoin pour avancer de yellow cabs d'un nouveau genre!   

New York Cy_Taxis_Manhattan_Fifth_Av.wikipedia_Joseph_Plotz_2009

New York Cy_Taxis_Manhattan_Fifth_Av.wikipedia_Joseph_Plotz_2009

Pour suivre le chemin

. Un digest sur http://frenchmorning.com/pourquoi-les-taxis-sont-ils-jaunes-new-york/  

. Plus d’infos sur http://www.taxisjaunes.net/pages/3.saga.html  

. Toujours wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Taxis_de_New_York  

. Pour New York, terre d’immigration https://fr.wikipedia.org/wiki/Immigration_aux_%C3%89tats-Unis , ainsi que sur http://tpe-new-york.e-monsite.com/pages/presentation.html  

. Sur le jaune, voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Symbolisme_des_couleurs

 . Quelques infos sur Over-Blog sur http://staff-fr.over-blog.com/2015/07/offre-d-emploi-overblog-recrute-un-lead-developpeur-php-symfony-2-h-f.html  

. Un débat intéressant à lire, sur « MediaLand, au pays des médias », le blog de deux journalistes au Monde, Alexis Delcombe et Alexandre Piquard, avec les 7 leçons qu'ils ont dégagées, pas 8   http://medias.blog.lemonde.fr/2014/05/16/new-york-times-les-8-lecons-du-memo-severe-sur-le-numerique/

. Photos, avec mes remerciements à OB pour les deux premières et Joseph Plotz pour celle prise à NY, via wikipedia  

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Style de Pub 2009 > 500Diesel > Le télescopage pour attirer l’œil

17 Août 2015, 10:16am

Publié par Elisabeth Poulain

500Diesel-Croire en l'étrange-pub-Citizen-K-printemps-2009-Cl1-3. Elisabeth Poulain

500Diesel-Croire en l'étrange-pub-Citizen-K-printemps-2009-Cl1-3. Elisabeth Poulain

En matière de création publicitaire, que peut-on faire pour attirer le regard de consommateurs saturés, retenir leur attention un court instant et fixer dans leur mémoire la trace du visuel qu’ils viennent de voir ? La réponse est : introduire un élément de désordre incongru capable de susciter le trouble dans l’univers publicitaire où tout fait sens. C’est cette incongruité qui provoque un télescopage d’univers, entre le message publicitaire très ordonné et un élément visuel qui détonne, étonne, questionne… Naturellement chaque cas est particulier, sans règle globale valable dans toutes les situations.

Chaque marché publicitaire a également encore en partie sa culture propre. On ne communique pas exactement pareil dans tous les pays, bien que les choses changent vite. Le jeu publicitaire peut introduire un élément de désordre dans un visuel. Il peut aussi, et c’est le cas que j’ai choisi, fonder toute sa création sur « l’étrange » qui devrait être écrit au pluriel, tant il y en a « d’étrange-s » dans cet étrange.

Le visuel « Croire en l’étrange. 500 Diesel ». Pour être étrange, c’est étrange. On y voit un flic new-yorkais assis, à la ramasse, sur la seconde marche d’un petit escalier qui mène à un petit quai dans une vieille usine. Visiblement, il ne va pas bien. A son poignet droit, est encore attachée une paire de menottes dont l’autre est franchement ouverte. Son prisonnier s’est échappé. D’où son air effondré, la bouche ouverte en recherche d’air. La scène se passe dans une usine lépreuse, avec en arrière fond un mur de brique blanc sale, avec une porte intérieure de bois fermée. Tout suinte le temps qui passe, le vieux qui pue... Pour bien faire ressortir cette dimension, on y voit même une poubelle jaune plastique, dont la présence est toute à fait incongrue, sous les quelques marches revêtues de serpillère verte qui mènent au quai. C'est une façon de dire que l'entrepôt est habité.  
 

500Diesel-Croire en l'étrange-pub-Citizen-K-printemps-2009-Cl3-3. Elisabeth Poulain

500Diesel-Croire en l'étrange-pub-Citizen-K-printemps-2009-Cl3-3. Elisabeth Poulain

Et l’étrange arrive, dans ce décor minable faite pour un looser de première, qui visiblement vient de s’échapper. C’est une Fiat Diesel 500 brillante d’un vert-gris très doux, qui étonne franchement dans un tel décor où tout suinte la saleté. D’elle, on ne voit que l’arrière, sans autre information. Il faut lire la dernière ligne du visuel écrit en blanc pour apprendre que c’est une « Série spéciale Fiat 500 by Diesel. Conso. mixtes (L/100km) et CO2 (g/km) mini-maxi : 4,2/6,3 et 110/149. www.500bydiesel.fr »

Le télescopage visuel provient d’une mise en scène très élaborée. L’ambiance oppressante est rendue par le grand mur de briques blanches structurée en vertical par des colonnes saillantes verticales de briques rouges et en horizontal par les tuyaux noirs en hauteur, le rang de deux briques rouges à la hauteur du rebord de la fenêtre et le quai aillant. La porte elle-même est une composition à elle seule. Elle devait être dotée dans sa partie haute d’une baie cintrée dont on voit encore l’arc et d’une sorte de store blanc (?) au-dessus d’une partie en bois et enfin en dessous de la porte elle-même qui s’ouvre sur l’extérieur, pour fermer vraisemblablement un entrepôt (?).

C’est un décor de cinéma d’un entrepôt des bas-fonds new-yorkais (Ier élément), avec un « cops », un flic fatigué en plan intermédiaire sur la gauche (l’élément humain en n°2), pour mettre en valeur une petite voiture de femme bien propre, bien nette. La voiture bien sûr, qui est au cœur de ce visuel construit autour d’un triple télescopage, l’univers des séries noires, le flic pour une voiture « diesel », la propreté et la brillance pour la femme, en jouant aussi sa partition entre le vieux et le sale. L'amusant est aussi de constater qu'il faut pour vendre une petite italienne (voiture), aller à New-York (l"homme et l'entrepôt) pour rendre plus attractive une marque allemande (vêtements).  Résultat de cette double complexité réussie, vous n’oubliez pas ce visuel. Et moi, ce qui m’avait intéressé, c’est le mur de briques blanches !

500Diesel-Croire en l'étrange-pub-Citizen-K-printemps-2009-Cl-2-3. Elisabeth Poulain

500Diesel-Croire en l'étrange-pub-Citizen-K-printemps-2009-Cl-2-3. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Le visuel est une création d’Independant ideas, une agence qui joue beaucoup avec les lignes et les couleurs pour impacter la force au cœur de ses créations, et qui est toujours l’annonceur de Fiat 500 en Italie sur http://www.independentideas.it/it/  

. Il est paru dans le numéro de Printemps 2009 de Citizen K International, en page 69. L’adresse citée au bas de la publicité n’est plus active.

. Des précisions sur cette série limitée, présentée au Mondial 2008 et qui n’existe plus. Il est encore possible d’en acheter d’occasion, à voir sur http://aebergon.perso.neuf.fr/Fiat/page_Fiat_500_by_Diesel_08.htm  

. Lire aussi une appréciation très détaillée d’un utilisateur, fan de la voiture, où l’on apprend que le « Diesel » qui fait partie de la marque est celui de la célèbre marque de jeans, sur http://www.forum-auto.com/marques/fiat/sujet6106.htm  

. Retrouver Diesel, la marque allemande, sur http://www.stylight.fr/Diesel/Vetements/Femme/  

. Voir des vêtements de marque Diesel pour femmes sur http://www.stylight.fr/Diesel/Vetements/Femme/  

. Photos Elisabeth Poulain, avec la partie basse du visuel en haut de ce billet, la partie haute en bas de l'article et le visuel entier au milieu...!   

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M comme Man > L’Homme vu par Boss > La Ligne selon Hugo Boss

22 Juillet 2015, 14:36pm

Publié par Elisabeth Poulain

Pub Homme, Hugo Boss, L'Express 26.11.2013, Cl. Elisabeth Poulain

Pub Homme, Hugo Boss, L'Express 26.11.2013, Cl. Elisabeth Poulain

Le titre d’abord. Il s’agit dans ce billet de mettre en lumière un très beau cliché d’homme fait par Hugo Boss, la Maison  Hugo Boss, en essayant de montrer la construction du visuel, pour en faire ressortir les lignes. Ces lignes font apparaître la structure de la photographie, aussi et autant composée que peut l’être un tableau de maître hollandais de la Grande Epoque classique, comme a pu l’être Samuel van Hoogarten, au milieu du XVIIe siècle aux Provinces-Unies des Pays-Bas.

Mais avant tout quelques mots sur la Maison Hugo Boss. Promis, je ne vous assommerai   pas avec de chiffres. Je ne vous en donnerai que 2 + 1 +. La Maison, créée en 1924 en Allemagne, a toujours son siège à Metzingen en Bade-Wutemberg, situé en rive droite du Rhin, face à l’Alsace en rive gauche. Elle vend actuellement 1 costume d’homme sur 6 dans le Monde. On va retrouver aussi ce chiffre 6 cette fois-ci présenté par 2, donc 66 assorti d’un %, pour viser la part de l’actionnaire principal de nationalité britannique.  Soit une double dimension européenne et mondiale.

Le + 1 + désigne la date du visuel  que je vous présente. Il s’agit d’une publicité parue dans l’Express en date du 20 au 26 novembre 2013. Pour ceux que la numérologie intéresse, il s’agit du 5ème visuel placé en tout début du n° 3255 du magazine, très orienté « Homme », avec un visuel double pour le Scotch Whisky Singleton à ambiance minérale, un autre double rouge avec Cartier et sa montre Tank MC, un 3è double rouge pour une Renault Captur, un Cross-Over urbain rouge, Azzaro pour Homme en noir et blanc avec le flacon de parfum or en page paire  et…en page impaire enfin l’Homme selon Hugo Boss en tonalités bleues.  

Ce qui frappe en premier dans le cliché, c’est la façon dont le photographe a voulu exprimer l’essence de l’Homme, sa  nature profonde en représentation visuelle, sans aucun mot autre que BOSS, HUGO BOSS en caractères droits et forts.  Ici pas de chichi, ni de décoration, ni de pose pensive ou réflexive dans un fauteuil…pas de bibliothèque, ni de tableau en arrière  fond.

On perçoit seulement des lignes, avec un très beau travail de rencontres maîtrisées entre des plans coupés. On voit d’abord le mur de pierre bleue - du Hainault belge me semble-t-il, mais sans certitude - assemblée telles des briques, sur le côté droite, à sa gauche donc. Sous ses pieds,  s’exprime la chaleur d’un parquet à lames alternées, une claire, une plus foncée, avec un jeu de lumière qui est accentué par le troisième plan, à savoir les lames larges d’un store vertical par lequel passe la lumière bleutée. C’est sur ce fond clair que se détache le nom du visuel et celui de la marque. La structure ainsi définie, comme une rencontre entre trois plans de nature, de texture et de couleurs différentes, sert de cadre très valorisant pour celui qui incarne la marque.

C’est l’Homme BOSS HUGO BOSS qui est adossé contre le mur de pierre bleue par son épaule gauche, ainsi que sa jambe gauche, tandis que la droite est repliée en partie en arrière pour donner de la souplesse, en évitant la rigidité des jambes écartées. C’est aussi une façon de créer une oblique à partir du bas de la jambe gauche vers le haut. L’axe du corps est ainsi décentré de façon à lancer le regard vers le haut. Le jeune homme a les mains dans les poches, pour le rendre plus humain, en créant une ligne légèrement oblique entre la position des mains de chaque côté, un truc qui a pour effet de tirer sur sa veste à hauteur du bouton. C’est aussi une façon subtile de donner une impression renforcée d’arrondis qui se joignent en remontant vers le visage, avec les revers, puis le gilet.

La rupture vient du col blanc qui se détache sur la chemise rayée, renforcée par la cravate bleue foncée à petites impressions blanches qui surprend comme un lien entre le col si blanc qui forme le 3è étage de cette superposition entre veste, gilet et chemise. La cravate forte à points apporte de la dissonance mesurée dans cet ensemble. A noter le discret rappel de la pochette blanche très enfoncée qui ne déborde guère de la poche haute gauche pour renforcer l’asymétrie entre les deux parties de la veste, ce liseré blanc donc qui renvoie en diagonale au revers de la petite poche à rabat situé au-dessus de la poche de droite.

Le regard se porte alors sur le visage très classique de ce jeune homme. Il ne sourit pas. Il est très présent, il regarde mais sans avoir l’air d’attendre. Il occupe vraiment tout l’espace. Vous venez de voir une photo très construite qui reste dans la rétine. Du bel ouvrage vraiment…

 

Pour suivre le chemin

. Le visuel est à voir dans L’Express, n° 3255 du 20 au 26 novembre 2013, page 13

. Hugo Boss à retrouver sur http://www.hugoboss.com/fr/home  

. L’histoire du groupe https://fr.wikipedia.org/wiki/Hugo_Boss  

. La newsletter du Groupe pour la France et la boutique en ligne sur http://www.hugoboss.com/fr/hommes-2/  

. Voir surtout son e-magazine très tendance, avec beaucoup de superbes clichés sur http://www.hugoboss.com/fr/magazine/  avec en particulier le cahier Boss Bottled Celebrates Men of Today http://www.hugoboss.com/fr/magazine/boss-bottled/50973.html?fdid=emag&csortb1=published&csortd1=2  

. Le Bade-Wurtemberg sur la rive droite du Rhin, la région voisine de l’Alsace située en rive gauche

. Voir sur ce blog « Quand la porte s’ouvre, Samuel van Hoogarten est là » http://www.elisabethpoulain.com/article-symbole-quand-la-porte-s-ouvre-samuel-van-hoogarten-est-la-115127901.html  

. Ainsi que le billet sur la pierre bleue du Hainaut de Belgique http://www.elisabethpoulain.com/article-la-pierre-bleue-du-hainaut-de-belgique-un-symbole-de-longevite-125321632.html  

. Photo Elisabeth Poulain

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Des murs de briques rouges peints d’une publicité > Coca-Cola, Mc Do

30 Juin 2015, 16:42pm

Publié par Elisabeth Poulain

Visuel Coca Cola peint sur un mur de briques rouges, CCC Welcome to the XXIst century, Cl. Elisabeth poulain

Visuel Coca Cola peint sur un mur de briques rouges, CCC Welcome to the XXIst century, Cl. Elisabeth poulain

Ce sont de grands et hauts murs de briques rouges qui ont foncées avec le temps. Ne me demandez où ils étaient situés, je l’ignore. Ces murs devaient être situés dans une grande ville, là où passait beaucoup de monde à la fin du XXe siècle, vraisemblablement aux Etats-Unis pour les deux grandes marques mondiales que sont Coca Cola et Mac Do. On peut aussi émettre l’hypothèse que de tels grands murs étaient situés dans des quartiers excentrés où il y avait de grands entrepôts, peut- être même ceux des marques. Les publicités peintes. Elles sont en format « paysages » de très grandes dimensions, en longueur surtout et en hauteur.

C’est une certitude pour le visuel Coca Cola, avec un effet visuel fort, d’autant plus qu’il est placé très bas sur le mur, de façon à accroître son impact sur les passants. La présence du jeune homme souriant à cheveux longs et qui marche vite,  ne peut être un hasard. Du coup l’impact de la bouteille est encore plus fort, surtout que la brique a été repeinte en couleurs Coca Cola hors des dimensions du visuel de façon à faire ressortir le galbe blanc de la bouteille avec des tracés noir et jaune. Avec les traits rouges qui font briller la bouteille de haut en bas, on retrouve toutes les couleurs de la marque.

Visuels Mc Do sur mur de briques rouges p.3 de couv, Coca Cola p.12-13, Cl. Elisabeth Poulain Visuels Mc Do sur mur de briques rouges p.3 de couv, Coca Cola p.12-13, Cl. Elisabeth Poulain

Visuels Mc Do sur mur de briques rouges p.3 de couv, Coca Cola p.12-13, Cl. Elisabeth Poulain

Le visuel McDo est issu d’un document grand format et de très belle facture célébrant la présence de « Mc Donald’s en France ». Aucune date ne figure, mais il semblerait que ce grand album ait été conçu pour célébrer le passage à l’an 2000. La dernière page -la 78- et la page 3 de couverture porte une photo signée Catherine Fuff, mais sans certitude malgré tous mes efforts. Ce sont les deux arches en or jaune du M de Mc Do qui figure au centre du cliché ; en arrière derrière, un grand rectangle rouge peint sur la brique rouge clair fait ressortir HAMB en grandes lettres blanches. On peut légitimement supposer que le visuel devait développer le mot de Hamburger en entier. Par différence avec le visuel précédent, il n’y a pas d’encadré extérieur, mais un cadre en rouge plus vif par-dessous les deux arches qui permet de faire ressortir les lettres blanches de Hamburger en grand.

Ce qui est intéressant, dans les deux cas, porte sur la volonté de longévité de ces visuels peints. A l’époque pas si lointaine de la fin du XXe siècle, Il s’agissait de continuer à communiquer sur la marque, l’un en l’associant à sa bouteille et l’autre à son logo graphique, les deux arches d’or, comme s’il fallait encore et encore continuer à communiquer de cette façon. 15 ans après beaucoup de choses ont changé dans l’univers de la publicité, à commencer par les grands visuels photographiés sur textile accrochés sur les murs et surtout pas peints. C’est une façon de pouvoir les changer le plus rapidement possible sans toucher au mur, en multipliant les accroches de façon à ancrer encore plus fortement la marque dans le changement continu, en occupant la place pour chasser le concurrent. Autres temps, autres mœurs…

Pour suivre le chemin

. Coca Cola Cy, Rapport annuel, fin du XXe siècle, commençant par ces mots « Welcome to the Coca-Cola Company of the 21st century. », photo en double page 12 et 13, www.thecoca-colacompany.com  

. Mc Donald’s en France, un album de McDonald’s France, 1 rue Gustave-Eiffel, 78045 Guyancourt France, www.mcdonalds.com  

. Voir des exemples en France sur un site intéressant http://lesmurspeints.blogspot.fr/  

. Photos Elisabeth Poulain à partir des documents propres à chacune des deux entreprises, avec mes remerciements.

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Style de Pub > Beaux Arts > La force de la présence du chien

6 Juin 2015, 17:20pm

Publié par Elisabeth Poulain

Beaux-Arts, n0 173, Oct. 1998, Pub. Elle-Décoration, Chien dans le fauteuil, Cl. Elisabeth Poulain

Beaux-Arts, n0 173, Oct. 1998, Pub. Elle-Décoration, Chien dans le fauteuil, Cl. Elisabeth Poulain

Beaux Arts Magazine fait partie de ces revues qui ne vieillissent pas, tant la sélection des articles est grande, le contenu qualitatif et l’analyse toujours fine et documentée. Ce numéro n° 173 de 1998 portait en particulier sur « Spécial Fiac, La French Touch, Buren, L’entretien polémique, Les créateurs japonais à Paris, Moreau au Grand Palais".

Pourtant ce n’est pas de cela dont je veux vous parler. Mais d’une publicité pour le n° 81 d’ « Elle Décoration, Spécial Décoration, Petits Prix très chics ! » C’est en page 42 de Beaux Arts, le magazine de l’actualité, que se trouve le visuel pleine page qui m’intéresse. C’est une publicité pour un numéro d’Elle Décoration, Spécial, Petits Prix, Très Chic. Une création maison du magazine car aucune mention d’une entreprise de publicité n’y figure.

La composition en partant du haut. ELLE apparait en gros caractères rouges, DECORATION est en tracé fin en dessous pour rester dans le cadre des 4 lettres d’Elle. En dessous en guise de tableaux, le code barre EAN du journal en jaune, c’est du moins ce qu’il possible de supposer. Ensuite un fauteuil blanc qui ressort sur le fond bleu, avec inscrit sur le côté SPECIAL en noir, PETITS PRIX en rouge, TRES CHIC ! en noir.

Pour ajouter un peu de piquant, quand même, un lampadaire est placé sur le côté gauche. Sa barre oblique permet d’éclairer le fauteuil en cassant la ligne des barres obliques du grand code barre horizontal, qui renvoie à celui du journal placé en vertical au pied du lampadaire, derrière le fauteuil sur la gauche. Le côté droit est réservé au contenu des articles

Beaux-Arts, n0 173, Oct. 1998, Pub. Elle-Décoration, Chien dans le fauteuil, Cl. Elisabeth Poulain

Beaux-Arts, n0 173, Oct. 1998, Pub. Elle-Décoration, Chien dans le fauteuil, Cl. Elisabeth Poulain

Mais quelle est donc la star qui est placée dans le fauteuil ? C’est vraisemblablement un Parson Russell, le cousin plus grand format du Jack Russell. On dirait qu’il a des pattes assez hautes. Celui-ci a pour caractéristique d’avoir une jolie tache rousse sur l’œil droit. Son air penché le rend attendrissant. Une couverture bien pliée lui permet de positionner son corps dans la même ligne oblique que la barre haute du lampadaire. Quel raffinement !

Et maintenant, faites l’essai. Enlevez le chien du fauteuil, que reste-t-il ? Pas grand-chose ! Le visuel devient vide ; il n’a plus grand sens. Et le-la concepteur-trice le sait bien. Rien de tel qu’un chien sympa, avec une bonne tête, pour donner et du sens et de la chaleur « humaine » à une composition.

Pour suivre le chemin

. Beaux Arts, le magazine de l’actualité, n° 173, octobre 1998, qui est toujours en vente d’occasion sur le net.

. Le chien à retrouver sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Parson_Russell_terrier  

. Pour en apprendre plus voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Jack_Russell_terrier  

. Ainsi que sur http://wamiz.com/chiens/jack-russell-terrier-210  

. Clichés Elisabeth Poulain

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Style de Pub > B de Bête > C de Chameau, D de Dromadaire

1 Juin 2015, 14:44pm

Publié par Elisabeth Poulain

Dessin de "Camel", le chameau des cigarettes, Cl. Elisabeth PoulainDessin de "Camel", le chameau des cigarettes, Cl. Elisabeth Poulain

Dessin de "Camel", le chameau des cigarettes, Cl. Elisabeth Poulain

Ah ce chameau, il nous complique vraiment la vie, avec ses une ou deux bosses, la question piège étant toujours la même, « notre » chameau en français est en fait un dromadaire car il n’a qu’une seule bosse, sauf qu’on préfère vraiment parler d’un chameau que de prendre la peine de citer le dromadaire. La dimension perverse de la langue latine est que celle-ci attribue à cette noble bête un nom qui porte les deux dénominations. C’est un tantinet compliqué. Voici donc le Camelus dromedarius, le dromadaire ou chameau d’Australie, à ne pas confondre avec le Camelus bactrianus qui est le chameau domestique.

Clairement, c’est Camel qu’il nous faut. Celui qui nous intéresse est ce brave dromadaire à une bosse, que l’on retrouve sur les paquets de cigarette « Camel ». Cette fois-ci nul besoin de parler latin, l’anglais ou plutôt l’américain suffira. Le packaging est celui d’un paquet de Camel Light fabriqué en Allemagne sous licence américaine que j’avais dû acheter sur place uniquement pour le paquet, en virant les cigarettes. Curieusement le paquet, plus de 15 ans après, a conservé une odeur sucré, mais ce n’est pas cela qui nous intéresse.

Le chameau a diminué de taille par rapport à des paquets anciens. C’est plus sa silhouette prise de loin, encadrée d’une pyramide dans le lointain à droite et d’un bouquet de trois palmiers à gauche qui nous intéresse. On peut l’admirer au centre d’un halo jaune à plusieurs variantes qui se détache sur un fond bleu clair à légères strates plus claires ou plus foncées sur les quatre faces, Les faces du haut et du bas du paquet sont uniformes chacune, avec sa spécificité, plus foncé en haut, plus claire en bas. Tout ça pour souligner combien le packaging a été travaillé. De surcroit le dessin de Camel, le chameau, ressort en relief sur le fond plat bleuté, avec de très légères touches de jaune. Le halo jaune, chameau compris, mesure 4,4 cm sur 2,8 cm de haut.

Camel-cigarettes, à droite, aumilieu et à gauche, Cl. Elisabeth Poulain Camel-cigarettes, à droite, aumilieu et à gauche, Cl. Elisabeth Poulain Camel-cigarettes, à droite, aumilieu et à gauche, Cl. Elisabeth Poulain

Camel-cigarettes, à droite, aumilieu et à gauche, Cl. Elisabeth Poulain

Camel regarde vers la gauche du cliché. Et certainement pas vers le bas du paquet où figure les mentions « SMOOTH AMERICAN BLEND » et puis en très petits caractères « Selon la loi 91 – 32 », avec en dessous en caractères gras plus grand « Nuit gravement à la santé ». Ceci sur la face avant par laquelle s’ouvre le paquet. Le facing arrière est quasiment identique, la composition est la même, la disposition aussi, seule la mention est différente. Cette fois-ci, c’est « Pour être en bonne santé, ne fumez pas ». Une évidence qui interpelle franchement. Elle ferait presque rire, si ce n’était aussi grave. Elle est en effet posée sur un paquet de cigarettes qui justement a été acheté pour fumer.

Camel doit s’interroger sur notre bon sens. Cette présentation du dromadaire avec ce regard tourné vers la gauche du visuel, nous allons la retrouver dans deux autres supports de pub, qui sont indéniablement de la publicité, avec une forte particularité commune qui est qu’on en sait pas pour qui, pour quelle marque. Cette fois-ci, Camel nous la joue « secreto, c’est moi, la star mystère ».

. Voici un sous-verre en plastique, à poser - j’imagine - sous un bock de bière, sans aucune identification d’aucune sorte,

. ainsi qu’une pochette d’allumettes produite par Seita qui devait être distribuée en boîte de nuit. La face intérieure du rabat permet d’inscrire le prénom et le n° de téléphone de la personne intéressée. On voit sur la face arrière de la pochette, la tête d’un chameau couvert de traces de rouge à lèvres en forme de baiser. Le pauvre a des grands yeux bigleux. II a l’air réellement sonné, son cœur visiblement vient de chavirer sous ces assauts amoureux…En face avant cette interrogation « Qui est aussi l’idole des filles ? » et à l’intérieur du rabat, cette question « Qui raffole des nouvelles rencontres ? » Et ma question suit « pourquoi avoir choisi un chameau »? Son mauvais caractère, sa résistance à la sécheresse… ? On peut suggérer plutôt une certaine communication transgressive dans les deux cas. Une agence publicitaire en charge du budget de la marque avait choisi par exemple de montrer combien Old Joe était un vrai séducteur, sous la chaleur du soleil ou des sunlights…

Chameau sur sous-bock,  pochette d'allumettes-prise de rendez-vous, Cl. Elisabeth PoulainChameau sur sous-bock,  pochette d'allumettes-prise de rendez-vous, Cl. Elisabeth Poulain

Chameau sur sous-bock, pochette d'allumettes-prise de rendez-vous, Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Lire sur ce blog, « Ce chameau de Camel », un précédent billet que j’avais publié sur ce blog le 25 août 2009 sur Over-Blog http://www.elisabethpoulain.com/article-35252412.html  

. Pour avoir les idées claires, voir les sites que wikipédia consacre au chameau (domestiqué) de Bactriane dans les steppes d’Asie centrale, depuis 4 000 ans, le camelus bactrianus, sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Chameau_de_Bactriane  

. Compléter, en découvrant son cousin, le chameau sauvage de Tartarie, le Camelus ferus, à deux bosses sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Chameau_sauvage_de_Tartarie  

. Par différence, voir le dromadaire, le chameau d’Arabie ou Camelus dromedarius http://fr.wikipedia.org/wiki/Dromadaire  

. Consulter ensuite le site scientifique pour avoir une bonne vue d’ensemble http://camelides.cirad.fr/  

. Voir aussi l’article de wikipedia sur Camel, la marque de cigarettes, http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Camel_cigarettes.JPG  

. La loi 91 – 32 est la française Loi Evin, célèbre pour avoir été la première à lutter contre le tabagisme et l’alcoolisme sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_%C3%89vin  

. Photos Elisabeth Poulain

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La forme, le rouge du fauteuil > Pumpkin > Pierre Paulin, Ligne Roset

16 Mai 2015, 15:49pm

Publié par Elisabeth Poulain

La forme, le rouge du fauteuil > Pumpkin > Pierre Paulin, Ligne Roset

Le titre  pour commencer. Ce billet  entre la catégorie de « Style de Pub ». Il  a pour objectif de montrer l’adéquation d’une couleur et d’une forme d’un fauteuil dessiné et choisi par Pierre Paulin et édité par Ligne Roset, la  marque design de Roset. Il n’y a pas deux éléments séparés – la couleur et la forme – pour identifier un fauteuil très innovant, mais un concept nouveau, comme si la forme appelait cette couleur.

La forme préexistante à la couleur ou le contraire ? Au vu du visuel publicitaire paru dans Citizen K daté du printemps 2009, il me semble que c’est bien la forme qui domine.  La tentation a pourtant été grande de commencer ce billet en vous parlant de la couleur, un rouge très particulier, si singulier qu’il fait intégralement corps avec la couleur. Au point de ne plus pouvoir poser une prééminence entre les deux, bien qu’il existe semble-t-il d’autres variantes. Quoi qu’il en soit c’est ce rouge-là qui m’avait scotché l’œil depuis la sortie du magazine et depuis il était resté dans un petit coin de ma mémoire. Et pourtant, je vais quand même commencer par la forme.

Ligne Roset présente Pumpkin en  canapé qui avait été créé en 1971 pour le Président Georges Pompidou pour le Palais de l’Elysée comme « une citrouille géante, une coquille protectrice et voluptueuse pour l’utilisateur ». Ces quelques mots suffisent à expliquer mon choix. Le designer Pierre Paulin a d’abord travaillé la forme qui s’ouvre comme une fleur en corolle mais sans pistil. Le travail d’assemblage des pétales par piqure souligne la forme évidée en son centre. La forme basse de l’ensemble, les lignes qui partent du cœur du fauteuil et non pas le contraire,  l’épurement et l’absence de tout détail qui serait vraiment incongru font de ce fauteuil une profonde réussite, tellement forte qu’elle n’a pu être copiée depuis.  Une autre bonne raison est que la série Pumpkin, fauteuils, pouf et canapés, n’a été « enfin éditée »  par Ligne Roset qu’en 2009, en s’inspirant du modèle dessiné en 1971 pour l’Elysée, comme le précise le visuel publicitaire.

La forme, le rouge du fauteuil > Pumpkin > Pierre Paulin, Ligne Roset

Et c’est ce rouge tout spécialement qui a été choisi par Ligne Roset pour attirer l’attention et retenir le regard du lecteur, de la lectrice de Citizen K sur ce fauteuil placé en bonne logique à la meilleure des deux pages du magazine, en page impaire. Le fauteuil a été saisi par le photographe comme en lévitation dans un espace vert sans sol. Une partie du fauteuil échappe au cadre de la photo. Cette bizarrerie a évidemment une explication. Elle est tout à fait volontaire. Il faut préciser aussi tout de suite que la page paire, celle qui est située à votre main gauche, est occupée par la photo d’un chignon d’une femme aux cheveux rouges de rouge, qui offre la particularité de reproduire un creux en son milieu. Comme le fauteuil d’à côté, avec en plus une brillance étonnante. Voilà pour la coquille protectrice et voluptueuse.

Impossible dans ces conditions de ne pas se souvenir d’un article que j’avais écrit il y a quelques années. Son titre « N comme Nana > Ce que les Femmes portent sur la tête > Un Canapé Roset ». C’était le 26.09.2013 et c’était aussi une création de la même agence de com, Callegary Berville Grey…Il n’y a franchement pas de hasard dans la vie. La différence entre les deux visuels est que dans l’un la Nana porte carrément le canapé sur sa tête, et offre dans le second cas une protection voluptueuse au « popotin » de celui qui va s’y asseoir, le popotin désignant en langage populaire le derrière, les fesses d’une personne…

Pour suivre le chemin

. Sur ce blog, retrouver le billet cité sur http://www.elisabethpoulain.com/article-n-comme-nana-ce-que-les-femmes-portent-sur-la-tete-un-canape-roset-120265236.html  

. Ligne Roset, Pumpkin, où seul le canapé en gris clair est à retrouver sur http://www.ligneroset.fr/Collection/vivre/canapes/Pumpkin_1509.aspx

. On peut voir sur le net des fauteuils d’occasion Pumpkin . Voir le rouge du fauteuil par exemple sur http://www.elle.fr/Deco/Guide-shopping/Tous-les-guides-shopping/Des-pieces-cultes-pour-les-25-ans-de-ELLE-Decoration/Fauteuil-Pumpkin-design-Pierre-Paulin  

. Découvrir le nuancier des couleurs Dulux sur www.dulux.co.uk  . Mon exemplaire carton, qui mesure 4 cm de haut, tant il y a de fiches chacune présentant six couleurs appartenant à la même série, ne comporte pas ce rouge si fort.

. Photos Elisabeth Poulain

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La Culture du Numérique > L’art du télescopage Espace-Temps « live »

14 Mai 2015, 10:33am

Publié par Elisabeth Poulain

Le soleil, l'ombre, l'homme et le temps, Bruxelles-Ixelles, Cl. Elisabeth Poulain

Le soleil, l'ombre, l'homme et le temps, Bruxelles-Ixelles, Cl. Elisabeth Poulain

En majuscules ressortent les mots importants de ce titre qui sont le numérique à qui sont associés le terme de culture et d’un rapport espace-temps modifié. Reste le mot de télescopage, "qui se produit en même temps », qui  inclut déjà le temps dans sa composition et sa définition, selon Larousse. D’autres sites voient plutôt dans le télescopage l’action « d’entrer en contact, de se heurter et de s’interpénétrer… ». Et ce qui est bien avec le numérique est que tout cela - et plus - est vrai, à commencer par la culture et le « live » qui indique que c’est un temps vivant, celui d’aujourd’hui, un temps anglo-saxon.  

Le numérique et la culture. Le lien entre eux deux est très fort. Le numérique entre dans le grand espace de la culture tout en générant une nouvelle culture, sa culture. A la différence en principe du numérique « qui concerne les nombres », la culture est un mot qui couvre tout, les nombres y compris. Après vérification sur le net, il semblerait qu’il conviendrait plutôt de vous parler de la culture du digital (doigt) et non pas du numérique (nombres). Tout le monde est d’accord par contre sur la portée globale de cette culture du numérique. Il s’agit bien d’une vision d’ensemble qui tend à montrer le changement impacté par le numérique au sens plus que large, au sens mondial, dans tous les aspects de la pensée et donc sur la culture en général.

Le temps sous nos pieds, cl. Elisabeth Poulain

Le temps sous nos pieds, cl. Elisabeth Poulain

Les raisons d’être du télescopage. Imaginez qu’à un moment de l’histoire, de notre histoire, nous puissions vivre à un instant « t » un grand nombre de séquences temps du passé du monde sans quitter son espace personnel. Enoncé de cette façon, ceci serait proprement inconcevable pour des esprits cartésiens puisque le temps ne revient jamais en arrière. Le déroulé du temps va toujours d’hier à demain, en passant par aujourd’hui, certes avec des vitesses différentes. Des accélérations à certains moments sont qualifiées de « crise » après coup, pour bien montrer le chambardement du changement, qui est attaché à un lieu nommé. On pourrait ainsi parler du Temps des Pyramides au Moyen-Orient, du Temps des Grandes Découvertes européennes, des conquêtes coloniales par ces mêmes nations européennes, de la Grande Muraille de Chine…

Cette vision de l’histoire du monde reste tout à fait valable, à ceci près que s’y superpose maintenant une autre dimension, celle du numérique. Le temps d’hier, celui d’une région du monde, avait pour caractéristique d’appartenir à la catégorie des temps longs. Depuis la naissance de l’humanité, des civilisations ont existé qui ont duré des milliers d’années pour certaines, sans contact apparemment avec d’autres cultures, le plus souvent sans que cela bouleverse nos propres visions de l’histoire, que l’on continue à découvrir, avec un étonnement mêlé d’admiration. Ces séquences longues ont cohabité plus ou moins paisiblement avec des accélérations étonnantes de l’histoire.

C’est le cas actuellement, du moins est-ce le début d’une période dense de changement accéléré dans toutes les parties du monde, qui renforce les relations entre les différents pays, avec en conséquence des impacts notables sur les liens de toute sorte à tous les niveaux financiers, économiques, styles de vie, touristiques, échanges de savoirs, recherche…

L'arbre coupé, les effets du temps, Cl. Elisabeth PoulainL'arbre coupé, les effets du temps, Cl. Elisabeth PoulainL'arbre coupé, les effets du temps, Cl. Elisabeth Poulain

L'arbre coupé, les effets du temps, Cl. Elisabeth Poulain

La compétition exacerbée entre les différents acteurs économiques au sens large au niveau mondial à tous les niveaux explique cela. Je me souviens ainsi d’un politique d’une grande ville promettant à ses administrés d'interdire le travail de nuit, alors que ce travail de nuit est absolument indispensable au bon déroulé du jour - approvisionnement de toutes sortes - sans oublier les questions fondamentales de la sécurité, de la santé et des … connexions. Quand certains dorment, les autres travaillent. Et si les premiers ne répondent pas ou avec retard à des demandes économiques, des propositions commerciales venant d’ailleurs… d’autres le feront à leur place. Vous êtes là ou non, simple isnt’it ! C’est du pur et bon système binaire.

Pour les 24 h de nos journées et de nos nuits, notre monde est partagé en autant de fuseaux horaires, une façon de donner du corps au temps, une façon de le localiser. Une façon imparfaite aussi puisqu’il faut la compléter par la nécessite de nommer différemment les heures du jour par différence avec celles du soir pour connaître le moment où on se situe. Une façon de penser le temps qui n’est pas forcément dépassée, mais qui n’est plus la seule dans une grande part des secteurs de la vie en société, l’économie, la culture et la formation comprises, au niveau mondial.

Actuellement, le temps du numérique s’envisage plutôt dans l’instantanéité, que l’on se place à l’émission, la transmission ou à la réception des messages pour des raisons cumulatives. En effet, nous sommes tout autant acteurs, transmetteurs et récepteurs de ces échanges. Les mails agaçants que l’on reçoit des autres sont aussi ceux que nous envoyons à des moments qui n’agréent pas forcément aux autres. Le temps des autres et les nôtres sont par définition différents. Les raisons sont très diverses et cumulatives. Nommons l’incapacité ou le manque d’intérêt de se focaliser sur l’heure ou le lieu d’émission ou d’envoi du message, la non-concordance des temps entre les nôtres en France et ceux d’autres émetteurs et/ou récepteurs, quel qu’en soit l’ordre, la distinction entre les différents temps qui par le passé ont rythmé nos vies, le moment de l’envoi et celui du message. Le fait d’envoyer un message ne signifie pas qu’il sera lu. Le fait aussi qu’un certain respect des heures d’arrivée aux destinataires ne sera pas observé par d’autres, qui prennent alors un temps d’avance dans la course au temps.

Frontières sur pelouse, en forêt, Cl. Elisabeth PoulainFrontières sur pelouse, en forêt, Cl. Elisabeth PoulainFrontières sur pelouse, en forêt, Cl. Elisabeth Poulain

Frontières sur pelouse, en forêt, Cl. Elisabeth Poulain

A ces évidences, il faut ajouter les visions culturelles des temps qui diffèrent selon les pays et les… cultures. Le temps par définition se savoure à l’aune de la culture propre à chaque zone géographique et /ou culturelle. La civilisation du temps des Latins est encore pour une petite partie basée sur le « carpe diem », la jouissance de chaque jour. Celle des Anglo-Saxons est plus tonique, plus active, avec des horaires de travail plus ouverts que les nôtres. D’autres cultures actuellement sont en cours de façonnage d’un modèle encore plus ancré dans l’action au regard de l’urgence vitale du développement, qui pourrait rappeler le grand bond en avant du XVIIIe et XIXe siècle européen. Rappelez-vous « Germinal », un des romans les plus connus de Zola.

La culture du temps est, selon les cas et la force de l’urgence, plus extensible, souple, plus interprétable selon les pays. Elle découle aussi bien sûr de la structure de la société, des rapports entre les différentes classes sociales entre elles et des frontières existant entre les différentes activités des différents acteurs de la société. Cette variabilité extrême se cumule avec le brouillage des frontières entre les fonctionnalités des temps. La vieille distinction entre le temps du travail et celui du repos, auquel s’ajoute le temps du transport, a déjà volé en éclat même si nous continuons à nous baser sur les deux premiers fondamentaux qui ont modelé notre vision de la société. Les raisons viennent de la notion même de travail, de sa rémunération ou non, des acteurs –on pense travail pour certains quand ça ne l’est pas pour d’autres -, de la quasi-impossibilité de distinguer le travail pour soi du travail rémunéré, l’information de la communication… et de la gravissime question du phénomène du « sans-emploi ».

La superposition des temps –hier-aujourd’hui-demain- a toujours existé grâce au pouvoir de l’esprit, de la réflexion, de la connaissance, du rêve, de la création...en même temps et sans ordre dominant. Le phénomène s’est accru avec une pression étonnante provenant maintenant du télescopage des espaces. Et cela en grande partie du fait de l’emprise numérique.

Télescopage de temps, 14 juillet, le vin aussi est affaire de femmes, 40e anniv. alunissage, Cl. Elisabeth PoulainTélescopage de temps, 14 juillet, le vin aussi est affaire de femmes, 40e anniv. alunissage, Cl. Elisabeth PoulainTélescopage de temps, 14 juillet, le vin aussi est affaire de femmes, 40e anniv. alunissage, Cl. Elisabeth Poulain

Télescopage de temps, 14 juillet, le vin aussi est affaire de femmes, 40e anniv. alunissage, Cl. Elisabeth Poulain

L’espace. La « conquête » de la Lune avait fait rêver en son temps. On préfère maintenant d’ailleurs avec raison parler d’exploration spatiale, sans volonté hégémonique, en application du principe de prudence. Conquiert-t-on jamais un espace ? C’est une vraie question dont la réponse est probablement négative ; on ne domine jamais l’espace, à l’instar du temps qu’on ne peut jamais forcer. Christophe Colomb a pu découvrir l’Amérique, même si cette vision de l’histoire est fallacieuse. D’autres que lui sont arrivés pour la première fois sur le continent nord-américain, par le détroit de Behring. Attribuer la découverte à un valeureux Européen a satisfait les nations européennes, les esprits de l’époque.

Retenons que nos structures mentales fonctionnent et s’en trouvent bien, en pouvant attribuer une cause à un effet, même pluriel-les-s de façon à pouvoir visualiser une traçabilité, avec en fond de raisonnement cette idée que chacun est à sa place dans un monde ordonné. Le navigateur navigue, le roi décide, le sujet obéit, le menuisier façonne…chacun dans son espace dédié, même si le tourisme né au XVIIIe siècle ne s’est vraiment développé qu’au XIX en particulier en France. Les explorateurs par contre ont toujours voulu, su ou du partir à l’aventure.

L’espace d’aujourd’hui est encore modelé sur ces visions figées, même si on ne peut plus guère ignorer qu’il n’existe plus vraiment de frontières ou d’une autre sorte. Les affaires couplées au tourisme ainsi qu’aux autres échanges, ceux qui sont en particulier liés au transfert de connaissances, ont profondément modifiés les relations entre les Etats et les peuples. Etudiant, on va – presque - très naturellement terminer ses études en suivant un Summer Program ou un semestre de fin d’études dans une grande université étrangère, par exemple en Australie. Aller en Allemagne ou en Grande-Bretagne est devenu commun, reproduisant à notre façon actuelle le tour d’Europe que faisait la jeunesse dorée anglaise, avant de commencer à travailler. Pourtant on n’a pas encore acquis le réflexe de penser européen, sauf dans ces domaines de la formation et du tourisme…On retrouve la distinction entre le travail et le loisir que nous avons rencontré avec le temps.

Le temps américain est encore celui qui façonne et inspire notre monde. L’informatique s’écrit en américain et sa culture aussi. C’est encore aussi celui que nous nommons « Le Nouveau Monde » marqué par sa culture pluriethnique, qui a permis à des peuples de cultures différentes d’échanger, de se comprendre et de former une nation, celle qui justement a inventé, mis en route et développé la connaissance et la pratique du numérique. Un domaine de connaissances si prodigieux, si porteur, si emblématique que toutes les nations, la Chine en tête, favorisent la recherche et l’applicabilité des avancées dans tous les domaines de la connaissance, à tous les niveaux de la société. Et nous n’en sommes qu’au début.

Dolmens Ouest France, Gennes, St Lyphard, Saumur, wikipedia, avec remerciements Elisabeth Poulain Dolmens Ouest France, Gennes, St Lyphard, Saumur, wikipedia, avec remerciements Elisabeth Poulain Dolmens Ouest France, Gennes, St Lyphard, Saumur, wikipedia, avec remerciements Elisabeth Poulain

Dolmens Ouest France, Gennes, St Lyphard, Saumur, wikipedia, avec remerciements Elisabeth Poulain

Au plan de la personne physique, les bouleversements sont impressionnants, à commencer par de nouvelles façons de penser le monde, d’apprendre, d’échanger avec une infinité d’autres personnes, de façon directe, en allant à l’essentiel du moment, pour établir un contact d’affaires, partager une information, une émotion, une photo, en se présentant sous son meilleur jour, comme un vendeur de soi, de sa propre image, sous l’influence de l’appartenance à des réseaux.

Une nouvelle culture, la première culture mondiale, se met en place dont nous sommes tous les acteurs plus ou moins actifs, plus ou moins volontaires, plus ou moins enthousiastes, avec des compagnons de route qui ont pour nom « P comme Plaisir de parler de soi », « I comme Inconnu » et « T comme Télescopage ». L’inconnu est partout et le télescopage aussi, qui par différence avec le premier, devient franchement visible. Comme ces touristes occidentaux, très informés grâce à la culture du numérique, qui partent à l’autre bout du monde pour connaître d’autres cultures et d’autres paysages en exigeant les mêmes services de leur ambassade que dans leur pays d’origine.

Avec un tel sujet, il ne peut y avoir de conclusion, seulement une remarque qui porte sur le titre. J’ai parlé de l’espace-temps, un mot double où chacun des composants influence l’autre, l’espace influençant le temps et vice-versa. Ce billet a porté sur la seconde relation, qui est celle du « temps-espace, » comme on ne dit pas en français contrairement à la première. Une façon de montrer que le temps est aussi maintenant un espace en soi et un espace qui couvre le monde. C’est quand même incroyable.

Pour suivre le chemin

. Télescoper, voir le Larousse, le centre national de ressources textuelles et lexicales sur http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/t%C3%A9lescopage/77140  http://www.cnrtl.fr/lexicographie/t%C3%A9lescopage

. La condition ouvrière au XIXe siècle, En France, https://fr.vikidia.org/wiki/Ouvriers_de_l'industrie_au_XIXe_si%C3%A8cle  

. Relire Germinal, ce grand roman de Zola http://fr.wikipedia.org/wiki/Germinal_(roman)  

. En Belgique, plus d’informations sur la condition ouvrière http://www.histoire-des-belges.be/au-fil-du-temps/epoque-contemporaine/evolution-sociale-de-la-belgique/la-classe-ouvriere  

. Photos Elisabeth Poulain & wikipedia

 

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