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Le Blog d'Elisabeth Poulain

communication & marketing

La bouteille Coca-Cola, Le bonhomme de neige, Le télescopage du temps

24 Août 2016, 17:07pm

Publié par Elisabeth Poulain

* Coca Cola-Carte postale publicitaire-Bons Voeux-Prague-1996-Cl. Elisabeth Poulain* Coca Cola-Carte postale publicitaire-Bons Voeux-Prague-1996-Cl. Elisabeth Poulain* Coca Cola-Carte postale publicitaire-Bons Voeux-Prague-1996-Cl. Elisabeth Poulain

* Coca Cola-Carte postale publicitaire-Bons Voeux-Prague-1996-Cl. Elisabeth Poulain

En ces temps de forte chaleur, l’idée de boire bien frais semblerait s’imposer d’elle-même. C’est pourtant une très mauvaise idée, pour la santé. J’imagine que tout le monde le sait maintenant sauf beaucoup de dégustateurs de…bière ou de boissons visant directement les jeunes par exemple. Mais il n’y a pas que cette boisson. Il existe aussi des pratiques culturelles où boire froid s’impose comme naturellement.

En remontant aussi dans le temps, boire frais l’été était par exemple considéré comme un véritable « luxe », un terme impropre car on ne le connaissait pas, à la Cour du Roi Louis XIV et plus tard dans la noblesse en France grâce à l’existence de « glacières » creusées dans le sol, où la neige de l’hiver pouvait se conserver pendant une partie de l’été, sous de la paille qui faisait un excellent isolant supplémentaire.  C’était notamment le cas de la glacière du Parc de Lathan en Val de Loire.  

C’était, c’est certainement encore, le cas aux Etats-Unis, le pays qui a inventé en 1895 le premier  réfrigérateur familial. Sa fabrication  est passée au niveau industriel pendant que les pays européens se préparaient sans le savoir à entrer dans la première guerre mondiale. Dans les années 50-60, le réfrigérateur en France devient dans la cuisine un « meuble » d’un nouveau type, avec une fonction nouvelle fabuleuse qui était de prolonger la durée d’utilisation des aliments frais ou déjà cuits et d’avoir toujours sous la main des boissons fraîches.

Coca Cola-Carte postale publicitaire-Bons Voeux-Prague-1996-Cl. Elisabeth Poulain

Coca Cola-Carte postale publicitaire-Bons Voeux-Prague-1996-Cl. Elisabeth Poulain

Coca Cola, la boisson « importée « par les soldats nord-américains lors de leur venue en France en particulier ne pouvait pas être bue, chaude ou à température ambiante. Cala aurait été un quasi-crime de « Lèse Coca-Cola ». Je précise tout de suite que cette locution n’existe pas. Lèse-Majesté par contre oui ! Récapitulons. Il s’agit dans cette introduction de vous parler de boire frais quand il fait chaud.

Maintenant que se passe-t-il l’hiver dans des pays où le froid peut durer plus longtemps qu’en France. C’est le cas par exemple de la Tchéquie, qui ne bénéficie ni de la douceur du Gulf Stream ni de l’air chaud venant du Sud en traversant la Méditerranée. Peut-on alors en hiver boire du Coca Cola l’hiver, quand il fait froid ? Vous l’avez deviné : la réponse est forcément « oui ». !

C’est le bonhomme de neige qui va vous convaincre. Qui mieux que lui pour vous prouver que boire frais quand il fait froid est tout aussi agréable ? Assis tout en blanc sur un banc noir, revêtu de son beau costume d’hiver à trois boutons noirs, avec ses yeux noirs, son nez itou et sa bouche qui a du mal à sourire, il arrive presque à tenir une bouteille de Coca Cola, dont je ne jurerai pas qu’elle est bien ouverte. Passons, il existe bien des miracles en fin d’année…

Coca Cola-Carte postale publicitaire-Bons Voeux-Prague-1996-verso-timbre-Cl. Elisabeth Poulain Coca Cola-Carte postale publicitaire-Bons Voeux-Prague-1996-verso-timbre-Cl. Elisabeth Poulain Coca Cola-Carte postale publicitaire-Bons Voeux-Prague-1996-verso-timbre-Cl. Elisabeth Poulain

Coca Cola-Carte postale publicitaire-Bons Voeux-Prague-1996-verso-timbre-Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Voir ce blog un  bestiaire Coca Cola en abécédaire incomplet sur  http://www.elisabethpoulain.com/article-mini-cas-marketing-coca-cola-son-bestiaire-en-abecedaire-incomplet-114463001.html

. Carte postale publicitaire envoyée à titre de bons vœux pour l’année 1997 de Prague.

. Découvrir le cola local en République tchèque sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Kofola  

. Voir aussi les façons de se nourrir sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Cuisine_tch%C3%A8que  où la bière accompagne les repas.

. A découvrir sur Over-Blog http://episodes-histoire.over-blog.com/2014/06/ces-petites-choses-que-les-gi-s-nous-ont-apportes.html  

. Consulter aussi http://www.huffingtonpost.fr/2015/06/30/canicule-boissons-meilleures-boissons-pires-biere_n_7688724.html  

. Clichés Elisabeth Poulain

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La danse des souris > Du proverbe à la pub > L’Illustration 1910-07-10

2 Août 2016, 09:00am

Publié par Elisabeth Poulain

Annonce-Méring-contre les rats & co, L'Illustration-1910-07-09-Cl. Elisabeth Poulain

Annonce-Méring-contre les rats & co, L'Illustration-1910-07-09-Cl. Elisabeth Poulain

Le proverbe d’abord. Quand le chat n’est pas là, les souris dansent… Ce vieux dicton existe depuis au moins le XIIIe siècle, pas seulement en France, dans plus de vingt- deux autres pays dans leurs différentes langues et même en esperanto. Avec par exemple l’autre version anglaise cette fois-ci, when the cat  is away, the mice will play, que certains d’entre nous ont dû entendre quand ils étaient petits. La différence est qu’elles jouent au lieu de danser. Dans les pays du Nord par exemple en Norvège et plus à l’Est en Pologne, les souris en profitent pour danser en plus « sur la table », ce qui prouve à la fois leur flair et leur profonde intelligence, parce qu’il y reste presque toujours des miettes. 

C’est le genre de dicton que l’on connaissait bien et même très bien tant à la campagne qu’en ville. Des récits anciens montrent le savoir-faire des « ménagères» contre ces voleurs de nourriture, que l’on enfermait dans des garde-mangers en bois léger de peuplier muni d’une ouverture à grillage fin. Ceux-ci étaient placés dans des endroits frais, parfois aussi avec les quatre pieds du petit meuble reposant sur des cailloux dans des coupelles remplies d’eau ! Autant d’embuches pour couper la route à ces petits mammifères intelligents.    

L’attitude différenciée de la société envers les souris et les rats. Les premières ont toujours été  mieux « acceptées » que les seconds. La confusion est parfois même entretenue volontairement par des peintres, qui n’hésitent pas à représenter les premières alors que le titre nomme les secondes. Quoi qu’il en soit, les mots témoignent en ce sens : les rats continuent à faire peur, alors qu’on peut faire de l’humour avec  les souris qui dansent. C’est ce que nous allons voir avec deux visuels du même dessinateur à deux ans d’intervalles.

Annonce Maison Méring, Attila pour lutter contre les rats, Illustration 9.07.1910, Cl. Elisabeth Poulain

Annonce Maison Méring, Attila pour lutter contre les rats, Illustration 9.07.1910, Cl. Elisabeth Poulain

. L’Illustration. Nous sommes en 1910, le 10 juillet plus précisément. Vous ouvrez votre hebdomadaire et commencez comme à chaque fois par les « Annonces », le journal se terminant de même, avec 8 pages en introduction et autant pour conclure. On ne parlait pas de publicité en ces temps-là. Ce numéro contient par exemple en partie Annonces , la page 3, la meilleure, consacrée aux vêtements Homme et Femme de la Belle Jardinière ainsi qu’à une photo d’une Daimler décapotable avec des roues à rayons, en page 2 des pilules « Galegine de Nubie » pour avoir une belle poitrine pour les femmes, en page 4 une demi-page de belles vaches dans les alpages – des Ferrandaises peut être ? – pour la farine Lactée Nestlé et … en bas de la page 4, le dessin du dessinateur GASSE pour la publicité qui parle des rats, des souris…

Le visuel de 19,8cm de long sur 9,5cm de haut aux coins arrondis. Il montre des souris danser gaiment dans la nuit autour d’une lumière qui pourrait provenir d’un feu de camp, comme il en était d’usage à la Saint-Jean en Bretagne, en Normandie... La source lumineuse blanche a pourtant la forme d’une petite maison. Les petites souris se tiennent debout sur leurs pattes arrière en se donnant « la main » grâce à leurs pattes avant. L’atmosphère est joyeuse. Deux d’entre elles gisent pourtant à terre, avec trois cafards sur leurs pattes, eux. Ceci grâce à « ATTILA, les procédés » qui garantissent la « Destruction infaillible des RATS, SOURIS, CAFARDS…etc. » grâce au chimiste-inventeur « MERING » situé au 84 boulevard St Honoré (en face le palais de l’Elysée), Paris, avec le n° de téléphone 246.28. »

Dans ce Ier encart publicitaire de GASSE, je retiens les éléments suivants : d’abord le mot de RATS écrit en gros caractères, en montrant des petites souris qui dansent, un adjectif tel qu’infaillible, le nom du procédé Attila, l’adresse cotée en face le Palais de l’Elysée, la précision du métier de Méring, Chimiste-Inventeur, sans que l’on sache s’il s’agit d’une personne encore vivante –il y aurait alors son prénom-, alors ou bien si c’est le procédé appelé ainsi sans qu’on parle d’un brevet. Le résultat est surprenant, dans la mesure où les souris en train de danser – sauf pour celles qui sont par terre - ont l’air sympathique, alors que le dessinateur a choisi d’attiser la crainte par le terme de rat en gros caractères pour être assuré de fixer l’attention des lecteurs de l’Illustration.

Annonce Maison Méring, Attila pour lutter contre les rats, Illustration 0.03.1912, Cl. Elisabeth Poulain

Annonce Maison Méring, Attila pour lutter contre les rats, Illustration 0.03.1912, Cl. Elisabeth Poulain

. Deux ans le nouveau visuel de GASSE sur Méring Chimiste-Inventeur a changé. Parue en avant dernière page de l’hebdomadaire en date du 9 mars 1912, le visuel occupe maintenant tout en bas un bandeau de la largeur de 27,6cm du journal sur une hauteur de 3cm. En conséquence le dessinateur a dû modifier son visuel. La page entière est imprimée en bleu marine foncé. C’est déjà une recherche de couleur pour valoriser la publicité.

Les souris ont perdu de leur importance. Ce sont maintenant quatre rats qui attirent l’attention. Ils ne forment plus une joyeuse équipe dansant la nuit autour d’un feu de joie. Deux d’entre eux tiennent ce qui ressemble à une lanterne de chaque côté. Cette lumière tisse un écran long et étroit sur lequel s’imprime la formule qui n’a que légèrement changée : Destruction Infaillible des / RATS, SOURIS, CAFARDS. ETC./ par les procédés Attila/ MERING, Chimiste-inventeur (tel 246-28) / 84, Faubourg Saint-Honoré, En face le Palais de l’Elysée, Paris./

Outre les deux rats de devant et les deux de derrière, il y a maintenant de chaque côté quatre souris blanches et trois grises, dont l’une nous regarde de face. En plus il se trouve aussi un espèce ( ?) de raton de chaque côté dont le museau empiète sur ce losange étiré et parfaitement symétrique. L'autre différence - minime - est que GASSE a réussi a placé sa signature en haut à droite et non plus en bas.

                                                                          *

Le bilan. Le premier visuel est plus attirant au regard du concept du dessin montrant des petites souris en train de danser gaiement le soir autour d’un feu. Le second n’a plus grand atout pour attirer et retenir l’attention. Les rats sont devenus les maîtres de la lumière, les cafards ont leur nom inscrit en aussi gros caractères tout en disparaissant du dessin…Quant à la suite de la Maison Méring, je n’en ai pas retrouvé trace après dans les quelques exemplaires que j’ai pu me procurer sur la Grande Guerre…Après 1918…c’est un autre monde qui est né…Beaucoup de choses avaient changé, à commencer par les annonces, cette publicité qui est un des  parfaits miroirs de notre société maintenant mondialisée.

                                                                         *

Pour suivre le chemin

. Visuel paru dans L’Illustration, n°3515, 68me année, 9 juillet 1910, Annonces en page 4

. Visuel en bleu marine dans L’illustration, n° 3602, 70 me année, 9 mars 1912, Annonces en suite de la page 24, qui et le verso de la page 4 de couverture, Annonces aussi, non paginée également.

. Le même visuel en encre noir a été utilisé sans modification dans l’Illustration du 4.01.1913, cette fois-ci en bas de page 16 des Annonces, en face du verso de la 4 de couverture.

. Sur ce blog, voir l’article http://www.elisabethpoulain.com/article-le-rat-en-n-4-dans-la-hierarchie-des-viandes-en-periodes-de-famine-116307249.html  

. Lire aussi un autre article http://www.elisabethpoulain.com/article-de-l-importance-du-chat-et-du-rat-dans-l-apprentissage-de-la-lecture-107095282.html

. Un troisième article, que j'ai failli oublié sur "Le petit chalet à foin posé sur des pierres plates, les Alpes, le rat" sur ce blog  https://my.over-blog.com/write/60234884  

. La souris sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Souris  

. Le rat sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Rat  

. Essayer de lire l'étude passionnante et d'un compliqué incroyable sur « Attila le Hun » sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Attila   

. Clichés Elisabeth Poulain

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Rouge, Je suis belle, J’ai de l’humour, Je suis « La vache qui rit »

25 Juillet 2016, 16:02pm

Publié par Elisabeth Poulain

Publicité la Vache qui rit, années 2000 ou avant, Cl. Elisabeth Poulain

Publicité la Vache qui rit, années 2000 ou avant, Cl. Elisabeth Poulain

Disons-le  tout net. Il n’y a pas beaucoup de visuels publicitaires qui me montrent faisant de l’humour, du vrai de vrai, de l’humour humain, j’insiste bien, de l’humour pour les gens, pas pour les vaches. Parce que nous les vaches, on est plus fine que ça ;  on n’a pas besoin de faire de l’humour, avec HUMOUR marqué en gros sur notre large front. Ca, c’est bon pour les gens. Des fois mes copines et moi, on les trouve lourd de lourd. Qui ? Mais les gens bien sûr.

Nous les vaches, on se comprend d’un coup d’œil  et les hommes et les femmes qui nous entourent n’y voient goutte, Goutte de lait !  Bien sûr ! Quand je vous dis que vous êtes un tantinet lourd. Bon, ne nous égarons pas, si non  on y est encore demain matin sans avoir  dit un mot du sujet du jour, l’humour vache, mais attention, avec une précision tout de suite, l’Humour Vache qui Rit, fondé sur l’humour visuel, celui qui se passe – presque – de mots. Il suffit seulement d’un titre écrit en gros.

Publicités La vache qui rit, Années 2000, ou avant, Cl. Elisabeth PoulainPublicités La vache qui rit, Années 2000, ou avant, Cl. Elisabeth Poulain

Publicités La vache qui rit, Années 2000, ou avant, Cl. Elisabeth Poulain

. 1 « Ne me faites par rire, j’ai les lèvres gercées ». C’est le premier visuel qui nous présente. On y voit la tête d’une bonne vache, curieuse certainement, inquiète peut être pas, qui regarde en haut sur le côté, pour comprendre. Elle est prise d’en bas de façon à mieux voir le bas de sa bouche bien fermée, et sans qu’on puisse voir ses lèvres. Sa tête est très expressive. Elle se demande visiblement ce qui se passe. Ce doit être une Holstein, avec ces taches noires sur fond blanc ou l’inverse, taches blanches sur fond noir. Tout dépend de l’emplacement sur le corps et la tête et de la vache.

. 2 « Je ne suis pas chatouilleuse. Je ne suis pas chatouilleuse ». Le second visuel est plus classique. On voit une vache qu’une fermière assise sur son petit tabouret « spécial traite » à quatre pieds –il y en a aussi à trois - est en train de traire. On devine le seau entre les jambes de la dame et les pattes écartées de la bête. Cette (vache) Ferrandaise est très calme et très intéressée par la caméra et/ou le, la photographe. C’est d’autant plus étonnant, qu’à l’époque vraisemblable de la prise de vue, un peu avant ou après le passage à l’an 2000, les vaches n’étaient déjà plus traites dans les prairies. C’est mon premier étonnement et le second porte sur le fait qu’on ne voit pas d’autres vaches.

Sancy, Puy de Sancy, Vaches Ferrandaises, Jean-Pol Grandmont 2005, wikipedia

Sancy, Puy de Sancy, Vaches Ferrandaises, Jean-Pol Grandmont 2005, wikipedia

Quelques mots pour finir. Ces deux visuels m’avaient été adressés par Bel au début des années 2000 pour montrer à des étudiants B+5 comment une grande entreprise française communiquait à l’export sur ses productions. La démarche était intéressante surtout quand on sait que, si les cibles principales à l’époque étaient bien les enfants, ce n’étaient pas eux qui achetaient ces fromages de marque française connue en France et à l’export, mais sans savoir sur quels marchés étrangers ces visuels ont été utilisés ou non.

De mémoire, c’est le premier visuel qui a amusés les étudiants et la proximité visuelle entre la vache rouge de la publicité et des vraies vaches « sérieuses ». Quant au soi-disant chatouillis, en réalité la vache est soulagée d’être traite, tant ses pis gonflés de lait peuvent devenir douloureux, si par hasard la traite avait lieu plus tardivement. Ce billet fait suite à l’étonnement teinté de regret de ne plus voir guère de vaches dans les prés. C'est la raison pour laquelle, je vous présente un très beau cliché de Jean-Pol Grandmont, un grand contributeur de belles photos sur wikipedia. Le troupeau a été photographié au Puy de Sancy en 2005.  

Vache Holstein-Ellywa-Weiland-bij-Gorssel, 2005, Vache Ferrandaise41-Jean-Colas, wikipedia  Vache Holstein-Ellywa-Weiland-bij-Gorssel, 2005, Vache Ferrandaise41-Jean-Colas, wikipedia

Vache Holstein-Ellywa-Weiland-bij-Gorssel, 2005, Vache Ferrandaise41-Jean-Colas, wikipedia

Pour suivre le chemin

. Voir les races de vaches bovines en France sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_races_bovines_de_France  

. Voir la Holstein, originaire de la Frise aux Pays-Bas, sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Holstein_(race_bovine)  

. Découvrir la Ferrandaise sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Ferrandaise  

. Retrouver la Vache qui Rit, fondée en 1921, sur son site du Groupe Bel sur http://www.groupe-bel.com/fr/marques/les-marques/la-vache-qui-rit/  et sur https://fr.wikipedia.org/wiki/La_vache_qui_rit  

. Découvrir la Vache sérieuse, 1926-1959, la concurrente de la VQR et qui a perdu le procès en contrefaçon intenté par la première en 1959 justement. Depuis elle a pris le nom de Vache Grosjean sur http://vache-grosjean.blogspot.fr/  

. Parcourir avec beaucoup d’intérêt, une étude très documentée sur http://heraldie.blogspot.fr/2013/05/la-guerre-des-vaches.html  

. Photos des visuels Vache qui rit, Elisabeth Poulain, avec mes remerciements au Groupe pour son envoi il y a quelques années et, sur wikipedia, à Jean-Pol Grandmont pour le troupeau de Ferrandaises, Ellywa pour la Hollstein et Jean Colas pour la Ferrandaise... 

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Pub Voiture, Renault Megane - 0% de Mat.Gr - entre pur steak & graisse

3 Juillet 2016, 16:24pm

Publié par Elisabeth Poulain

* Pub Renault Megane Estate, Géo-2004-01-page 3, Cl. Elisabeth Poulain

* Pub Renault Megane Estate, Géo-2004-01-page 3, Cl. Elisabeth Poulain

Un titre abscons et pourtant vrai, au sens où, comme vous allez le voir, il emprunte les mots même de ce que montre et dit le visuel, en particulier la mention bizarre « 0% de matières grasses ».

La  voiture d’abord. C’est une Renault Megane Estate dont la publicité est parue au tout début de 2004, dans Géo. Je reproduis le texte qui annonce ce que vous voyez : « Avec sa ligne à la fois fuselée et compacte et sa motorisation 1,9dCl, la Nouvelle Mégane Estate allie dynamisme et plaisir de conduire, 0% de mollesse, 0% de place perdue. ». Je reproduis en rouge les deux dernières affirmations car, ce sont elles qui fondent le visuel qui occupe la double page juste après la page 1 de couverture qui porte une très belle photo d’un lac canadien avec en premier plan des canoës rouges et jaunes.  

 Pub Renault Megane Estate, Géo-2004-01-page 3, Cl. Elisabeth Poulain

Pub Renault Megane Estate, Géo-2004-01-page 3, Cl. Elisabeth Poulain

La page 3. C’est par elle que je commence, car le regard se porte d’abord sur la page située dans la même position que la couverture. Une des conséquences est que les pages impaires sont plus chères en terme d’achat publicitaire du fait de l’impact plus grand d’une publicité placée à cet endroit. Les pages impaires ne reçoivent le regard qu’en second lieu. Que voit-on d’abord ? Une Renault Megane Estate de profil. Grise claire, elle se détache sur un fond très structuré de façon à faire ressortir les lignes parfaites de la voiture.

Les lignes horizontales du visuel. En commençant par le bas, ce ne sont pourtant pas les trois bandes de bitume qui attirent notre attention, dont celle du milieu offre la particularité d’être un peu usée. En fond se trouve un mur gris de métal doté d’un grand panneau central encadré de deux panneaux latéraux eux-mêmes composés de deux panneaux horizontaux. L’ensemble est renforcé par une poutre qui donne la ligne et la force horizontales au bénéfice de la silhouette de la voiture.

Le nom de la marque de la voiture en haut ressort en noir sur un fond de ciel bleu ; chacune de ses trois composantes a une typographie particulière, RENAULT en caractères noir épais, MEGANE est écrit en caractères fins et A n’a pas de barre médiane, quant à ESTATE, il figure en majuscules avec un E bien plus grand que le reste.

Pub Renault Megane Estate, Géo-2004-01- double page 2-3 , Cl. Elisabeth Poulain

Pub Renault Megane Estate, Géo-2004-01- double page 2-3 , Cl. Elisabeth Poulain

La forme extérieure de ce rumsteck en forme de Megane vient d’être découpée au couteau tout métal hyper affûté, preuve en est les morceaux de gras qui renforcent les courbes de ce drôle de steak. Il fait franchement et tellement peur que sa pointe est tournée vers l’extérieur, vers la gauche. Notez qu’il a été lavé pour la prise du cliché. La composition repose sur une planchette dure blanche en plastique, la pointe du couteau vers la gauche, près de de la forme évidée pour la saisir par la main et laisser filer le regard un peu en dessous, vers l'extérieur.

Le fond de cette partie du visuel en page 2 reproduit un tissu plastique gris, qui répond par son homogénéité à l’hétérogénéité de la page 3. Seul le célèbre losange métal ressort sur son rectangle jaune en haut tout à gauche. Le nom de la marque n’y figure pas, seul slogan s’y trouve « Créateur d’automobiles ».

Photo, Le végétalisme en couleurs, NCI Washington 2003, wikipedia

Photo, Le végétalisme en couleurs, NCI Washington 2003, wikipedia

En guise de conclusion, je voudrais citer les quelques réactions que j’ai pu obtenir de la part de personnes à qui j’ai montré ce visuel. Cela allait de plusieurs « je ne comprends pas », à « pourquoi de la viande ? », à des commentaires tels que « je sais pourquoi maintenant je ne veux pas de housses de siège rouges dans ma voiture », à une pro-viande « la viande de rumsteck mérite mieux » et des non-réponses de végétariens ou flexitariens choqués, qui ont préféré s’abstenir… La dernière réaction très mesurée résume bien l'idée générale « S’asseoir sur de la viande est quand même une curieuse idée ». Ces mots termineront ce billet, avec une belle photo montrant des fruits, des légumes... de l'Institut américain contre le Cancer.

                                                                         *

Pour suivre le chemin

. Géo, n° 299, janvier 2004, page 2 de couverture et page 3 ; l’agence qui a conçu ce visuel est Publicis Conseil.

. Le rumsteck sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Rumsteck  

. Sa teneur faible en lipides sur http://www.les-calories.com/calorie-18017-calories-rumsteck.html  . Le végétarisme sur https://fr.wikipedia.org/wiki/V%C3%A9g%C3%A9tarisme  et le flexitarisme sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Flexitarisme  

. Photos Elisabeth Poulain,  la photo des fruits, des légumes et des graines ID2396 provient du National Cancer Institute, EUAN, sous le n° 2396…wikipedia, entrée « végétalisme »

. Et merci à la personne qui m'a très aimablement prêté ce vieux magazine...

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La bouteille de Bière Heineken en pub, le temps, le verre, l’humour & co !

25 Juin 2016, 16:37pm

Publié par Elisabeth Poulain

* Publicité 2010-Bière Heineken-Publicis-France-Cl. Elisabeth Poulain* Publicité 2010-Bière Heineken-Publicis-France-Cl. Elisabeth Poulain

* Publicité 2010-Bière Heineken-Publicis-France-Cl. Elisabeth Poulain

Je serai bien incapable de vous parler de la bière en tant que tel.  Lors de ma visite à la brasserie Heineken à Amsterdam, que je vous recommande tant c’est intéressant, j’ai dû être la seule à goûter une gorgée de bière, comme on déguste un vin, en  demandant ensuite où se trouvait le crachoir, au grand étonnement de la charmante jeune femme qui nous faisait déguster au bar. Elle a franchement du penser qu’il fallait être française pour être aussi snob!

Parler de la pub pour la bière, oui, j’aime bien. Surtout quand il s’agit d’une « vraiment bonne pub », celle qui permet de dire quelque chose. Là, il s’agit vraiment de créativité matinée d’humour. Imaginez-vous faire sourire, avec une bouteille ? Vide ou quasiment. Avec Heineken et Publicis, son agence de communication en France, c’est le pari franchement réussi. Les deux partenaires se connaissent bien, se comprennent et peuvent continuer à surfer avec bonheur dans le registre choisi qui est l’humour. Un art difficile à décliner qu’ils savent  décliner, parce que le temps est à la fois un ami qui vous aide dans la progression de la notoriété de la marque déjà connue.  Tout autant qu’un frein qui oblige à se poser la question de savoir si on peut encore faire du nouveau sans porter tort aux fondamentaux de la marque.

Pub Heineken-Le Moulin-Travels the world with-you- Cl. Elisabeth Poulain

Pub Heineken-Le Moulin-Travels the world with-you- Cl. Elisabeth Poulain

Le temps d’abord avec le premier visuel, celui dit « Au Moulin ». Des trois visuels dont je vais vous parler, c’est celui qui est assurément le plus ancien. Il date vraisemblablement d’avant le début des années 2000, quand l’entreprise néerlandaise a décidé de se faire connaître au niveau mondial. Jouer avec le temps est toujours intéressant pour montrer l’évolution des choses et l’adaptation du regard, sachant qu’en surcroit en ce qui me concerne, je m’interdis de choisir des visuels actifs, pour des raisons évidentes.

Commençons donc avec le temps que j’ai cité en premier dans le titre, qui commence avec la bière et se termine apparemment par le temps qui défile pourtant tout le temps ! Ceci permettra d’affirmer l'identité de la Bière Heineken, non pas avec des mots, mais avec une couleur, le vert jaune, décliné dans de multiples variations ainsi qu’avec un symbole fort de l’identité paysagère des Pays-Bas qui est le moulin. Les deux sont associés au temps dans son lien avec la bière, cette bière Heineken, qui en réalité n’est pas du tout de couleur verte, mais d’un jaune d’or très bien assorti à ce vert si spécial qui se décline en plus en multiples variations. Et, oui, ces verts ont pour fonction de servir de faire valoir au jaune lumineux de ce divin breuvage si apprécié des hommes. Il a aussi, nec plus ultra, pour avantage de rappeler la couleur verte du verre de la bouteille. Le jeu est lancé, tout commence à tourner et à entrer en connexion, avant même d’avoir goûté cette bière.

La référence aux Pays-Bas avec le vent qui fait tourner les ailes du moulin. Le vert fait aussi le lien entre la bière et ces publicités pour Heineken. Une grande palette de ces verts jaunes se décline au fil des campagnes. C’est déjà le cas avec le visuel du moulin qui annonce avec bonheur l’Univers vert d’Heineken à ses débuts, sans que soient présentes du tout la bouteille, la couleur de la bière, celle de la mousse, la finesse des petites bulles...qui viendront après. Par contre et c’est évidemment l’objectif de ce visuel très réussi, l’identité néerlandaise ressort avec force, dans son lien avec la terre sur lequel est posé le moulin, l’eau qui sillonne dans le marais, le vent qui fait tourner les ailes du moulin, qui permet de broyer les grains de céréales et de houblon qui, après fermentation en cuve, permettront de produire cette bière-là et pas une autre.

Le slogan à dimension mondiale est clairement porté par la marque Heineken projetée sur le corps du moulin, avec le texte en bas « Travels the world with you ». Retenez qu’il fallait lancer cette marque néerlandaise, associée à la forte spécificité d’un moulin hollandais, en faisant ressortir les éléments identitaires du paysage de façon à vous accompagner dans votre traversée du monde, pendant votre voyage. « Travels the world », avec sa dimension d’appropriation directe, est autrement plus fort que de « voyager dans le monde avec vous » avec sa dimension de balade. C’est la bière qui « trave(-l-)rse le monde avec vous », pourrait-on presque dire pour garder l’idée d’action tonique.  C’est visiblement un visuel des débuts d’internationalisation de la marque, en particulier dans les pays francophones.

Pub Heineken-Le verre-La bouteille-L'humour-du- saucisson-2010-Cl. Elisabeth Poulain-

Pub Heineken-Le verre-La bouteille-L'humour-du- saucisson-2010-Cl. Elisabeth Poulain-

Voyons maintenant le second visuel de juin 2010, celui dit « L'humour du saucisson ». C’est maintenant « Be Fresh » qui est le slogan de la marque qui joue toujours avec les mots. Qui doit être fresh, la bière bien sûr et/où soi-même pour être bien à l’aise, avec cette bière qui demande à être déguster fraiche à 3°C ? Les deux bien sûr ! L’étoile rouge entourée de blanc, entourée de « marque » d’un côté et de « déposé » de l’autre chapeaute la marque Heineken écrits en blanc avec en dessous « Be Fresh » qui remplace maintenant le précédent slogan. Cette fois-ci il figure en vert qui ressort sur du blanc, avec deux points blancs hors cadre blanc un à gauche en bas, un droite en haut, avec en plus un arrondi percé d’un point vert et le tout est tellement travaillé que l’ensemble soulève le cadre aux coins arrondis vert plus foncé que les différents verts composant l’ensemble.

Cette signature à 6 niveaux est très sophistiquée. Retenez l’étoile rouge toujours, le blanc sur fond vert et tous ces huit arrondis, dont deux bulles pleines et le copyright, l’arrondi de l’angle du cadre et celui qui fait l’angle du visuel qui se détache en vert foncé sur un composite vert très sophistiqué. Ce ne peut être un hasard. C’est une volonté d’apporter de la douceur, en gardant les codes fondamentaux...avec maintenant de l’humour et une vision active de la structure de l'’espace du visuel. C'est ce que nous allons voir maintenant. 

                                                                   

1. "L’humour du saucisson" découpé en rondelles, forme la Ière ligne de la structure. C’est franchement nouveau et réussi. La bouteille est présentée en rondelles, comme le serait un saucisson qui rimerait avec citron. Les rondelles coupées portent la couleur du fruit, de la bière à l’intérieur, presque de l’or liquide, à boire frais. En guise de peau de citron, c’est du verre vert qui ressemblerait presque à de peau de concombre, si c’en était bien un. La bouteille posée à plat et découpée trace une Ière ligne de structure légèrement en oblique, qui surgit de l’arrière du verre. Et c’est là que la réussite est grande, car la star, ce n’est pas elle ou plus elle –la bouteille -, c’est maintenant le verre de bière à l’admirable couleur jaune. C'est la bière devenue une véritable star d'or. On voit bien la mousse et la rondelle de bière d’un jaune lumineux composé de bulles fines comme posée sur le bord dans la mousse crémeuse de cette bière Heineken.

2. Une autre diagonale part en oblique de la marque sur le verre, passe par l’étoile située juste à la jonction entre le liquide et la mousse, continue à travers la rondelle à bulles et rejoint l’étoile du bloc marque situé en haut à droite.

3. Pour encore renforcer cette première structure constituée par ces deux lignes qui se croisent à la hauteur de la marque sur le verre, une autre en arrière va permettre de dynamiser le bas du visuel. Dans le coin gauche en bas, le verre se reflète sur l’assise verte, comme si la lumière venait de l’intérieur du verre, de la bière elle-même. Cette lumière, qui part de la bière contenue dans le verre, pour se refléter en dehors du verre en bas, permet aussi d’éclairer de l’intérieur la rondelle jaune à bulles en passant par l’étoile rouge en haut.

4. Il reste à vous parler de la dernière structure qui relie les trois étoiles rouges entre elles. Elles forment cette fois-ci un triangle dont le sommet est placé en haut à droite du nouveau logo d’Heineken, relie le verre et la bouteille qui portent chacun également l’étoile rouge.

5. Et pour encore densifier le visuel, cette fois-ci ce sont les différents verts du fond, avec en particulier la ligne oblique entre le vert plus foncé du haut et le vert lumineux du bas éclairé par la triple source lumineuse formée par le jaune d’or de la bière du verre, de la rondelle et de la bouteille qui vont servir de faire-valoir pour accentuer la profondeur du visuel, encadré par un vert uniforme de bordure pour bien montrer la maîtrise globale de l'ensemble.

Pub Heineken-Le verre-La bouteille-Humour dernière goutte-2010-Cl. Elisabeth Poulain

Pub Heineken-Le verre-La bouteille-Humour dernière goutte-2010-Cl. Elisabeth Poulain

Synthèse : Avoir réussi à mettre la marque en valeur, assurément. Utiliser les couleurs dans un jeu dynamique oui ; créer une structure à la fois fine et efficace pour donner une réelle dynamique de marque qui fait constamment le lien entre la bière en verre que l’amateur de bière a presque la sensation de tenir en main, avec ses 3° C, triple oui, avec beaucoup d’humour et de finesse, sans prononcer de mot autre que « Be Fresh », dans un jeu visuel étonnamment sophistiqué… Le tout est une franche réussite pour montrer que la marque et l’entreprise qui la porte ne sont là que pour la satisfaction de l’amateur éclairé…dans un jeu fabuleux de stratégie de captation de l'espace visuel par le regard de façon à obliger l'oeil à parcourir la composition mise en scène par l'équipe de publicitaires pour imprégner l'esprit du message publicitaire. Pour preuve, regardez la position de la signature de Publicis: elle est placée sur le côté gauche externe, au milieu du visuel, à hauteur du galbe vert du verre, au début de la ligne médiane principale de la bouteille-saucisson.   

                                                                          *

Juste un autre visuel avant de finir, pour vous montrer l’importance du verre dans l’appropriation de la boisson par l’amateur. C’est le visuel que j’appelle « La dernière goutte » d’or qui ressort sur un fond vert avec certaines des composantes du visuel n° 1. A vous de juger. Et j’arrête là… sinon vous allez vous plaindre que le billet est trop long. Ce qui est déjà le cas !

 

                                                                     *

Pour suivre le chemin

. Heineken, telle que la marque se présente sur http://www.heinekenfrance.fr/avertissement/  et voir les campagnes actuelles sur http://www.heinekenfrance.fr/media/communiques-de-presse/

 . Retrouver l’historique sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Heineken  

. Voir aussi l’album de quelques photos Heineken sur ce blog http://www.elisabethpoulain.com/album-1352309.html  

. Clichés Elisabeth Poulain, le premier visuel m’avait été adressé en son temps directement par l’entreprise que je remercie, le second –l’humour du saucisson- forme la 4 de couv. du Monde Magazine du 26 juin 2010, et le troisième forme la 4 de couv. d’un magazine de publicité en date du 5 juin 2010.

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Une belle boîte de chocolat Poulain, Lacta Poulain, début du XX siècle

25 Avril 2016, 17:56pm

Publié par Elisabeth Poulain

*Chocolat Poulain-Lacta-Poulain-24-tablettes-Boîte-carton-début XXe siècle,Cl. Elisabeth Poulain

*Chocolat Poulain-Lacta-Poulain-24-tablettes-Boîte-carton-début XXe siècle,Cl. Elisabeth Poulain

C’est une de ces petites trouvailles que l’on peut découvrir quand on s’apprête à quitter une maison de location qui avait été occupée pendant des années par les anciens propriétaires ainsi que par une locataire d’été. Il s’agissait d’une dame d’un âge certain vivant sur la Côte d’Azur et qui revenait chaque été dans sa région d’origine en Val de Loire pour bénéficier du bon air ligérien et de sa relative fraîcheur estivale. Une fraîcheur bien réelle pour elle qui ne supportait pas en outre la foule se pressant l’été au bord de la Méditerranée. Elle occupait la majeure partie aménagée du Ier étage et les combles à titre de grenier. C’est là que se trouvait en particulier cette boîte, sous une poutre qui soutenait la toiture, coincée tout près du mur. 

La boîte de carton. Ses dimensions. Le couvercle  mesure 20,4 cm de long et 11,2cm de large, la partie inférieure est donc quelque peu plus petite, 20 x 10,5. Seule la partie supérieure externe du boitier comporte des indications, au contraire de la partie inférieure qui fait socle. La partie supérieure comporte une face avant très travaillée ; ses quatre faces latérales comportent par deux fois les mêmes mentions, en longueur « CHOCOLAT POULAIN » en longueur er « Boite de 24 Tablettes » en largeur.

Chocolat Poulain-Lacta-Poulain-24-tablettes-Boîte-carton-début XXe siècle,Cl. Elisabeth Poulain

Chocolat Poulain-Lacta-Poulain-24-tablettes-Boîte-carton-début XXe siècle,Cl. Elisabeth Poulain

Les couleurs du boitier sont au nombre de trois, avec un traitement différencié pour chacune d’entre elles. . La couleur la plus couvrante est le vert, une teinte qui de nos jours ne viendrait pas  à l’esprit pour du chocolat. En fait il faudrait parler des verts tant il y a de subtilité.

. Commençons par la couleur du fond, c’est un vert léger, jauni, un peu passé. La partie figurant dans le rectangle dans lequel s’inscrit le dessin, est d’une tonalité un brin plus soutenue. Ensuite on trouvera un vert foncé plus consistant, très présent d’autant qu’il est associé au noir.

. Le noir est intimement associé à l’ensemble de plusieurs façons, d’abord parce qu’il sert à structurer le décor rectangulaire à grille, qui lui-même comporte un rectangle noir en bas, du dessin, sur lequel se détache le nom de la marque en négatif, vert clair jauni sur fond noir. Au-dessus figure un panonceau richement orné de forme globalement rectangulaire, avec deux décrochés dans le bas, comme des amorces de pilier, qui semblent reposer sur le long ruban noir. C’est la fenêtre du haut, celle qui porte le prestige. La partie haute est adoucie de deux courbes qui se rejoignent presque au centre, pour enserrer un médaillon en forme de coquillage ou de fleur de lotus, pétales en haut et des langues racinaires vers le bas. .

. La troisième couleur est le rouge qui se décline en rose clair, en commençant par la plus claire des deux couleurs. Une volute de feuillage et de fleurs orne toute la bordure de de ce rectangle ornée d’une bordure rose, elle-même entrelacée d’un ruban vert. C’est une façon douce d’annoncer le lien avec les médaillons rouges entourés de vert. L’important est en effet d’accrocher des deux côtés de l’ovale les deux médaillons rouges contenant le petit poulain emblème de la marque, qui figure en gros caractères au milieu. Plus tard la silhouette d’un seul poulain toujours associé à la marque sera placée au-dessus des lettres, en oblique, comme s’il s’apprêtait à sauter l’obstacle.

L’objectif premier de cet encadrement très valorisant a été de mettre en valeur un médaillon de forme ovale lui-même entouré de fin liseré de feuilles, qui contient le nom de la marque. CHOCOLAT POULAIN figure en rouge en lettres d’imprimerie composées de rayures horizontales alternées de points et ou de traits de couleurs rouges, avec un des bords de la lettrine renforcé d’un trait rouge continu. L'ensemble montre l’importance de la présentation raffinée de ce chocolat à une époque très ouverte non seulement sur l’Art nouveau et sur la publicité, qui associés ont su défier le temps.

Chocolat Poulain-Lacta-Poulain-24-tablettes-Boîte-carton-début XXe siècle,Cl. Elisabeth Poulain

Chocolat Poulain-Lacta-Poulain-24-tablettes-Boîte-carton-début XXe siècle,Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. L’histoire de la marque Chocolat Poulain dont le siège était à Blois https://fr.wikipedia.org/wiki/Chocolat_Poulain   

. Voir le site actuel de la marque sur http://www.chocolatpoulain.fr/#/home  

. Photos Elisabeth Poulain, * l'étoile signifie que la photo est un extrait pour tenir compte des contraintes du système.  

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Le bestiaire de la pub > Le Pingouin > La peinture Pingouinlack > 1948

22 Mars 2016, 18:53pm

Publié par Elisabeth Poulain

Pingouinlack-le pingouin peintre-plaque émaillée-1948-partie-haute-Cl.1/2 Elisabeth Poulain

Pingouinlack-le pingouin peintre-plaque émaillée-1948-partie-haute-Cl.1/2 Elisabeth Poulain

L’objet du billet. Il s’agit de vous parler, vous l’avez compris, d’un pingouin tout heureux d’avoir été choisi pour vanter les mérites d’une peinture « moderne », comme on disait à l’époque. Son slogan est « Pingouinlack peint tout et partout » comme il est marqué à la droite de l’échelle sur laquelle se tient notre animal. Tout en bas figure un slogan qui résume ce qui visiblement ne se discute pas : c’est « la meilleure peinture émailée. »

Ce pingouin est clairement « humanisé » de façon à pouvoir tenir de sa "main" gauche un pinceau tout en s’accrochant fermement de sa "main" droite à une échelle qui n’est guère plus grande que sa hauteur à lui. L’objectif n’était pas de mettre en valeur ses capacités de peintre, mais bien plutôt de mettre en lumière le grand pot de peinture sur lequel il a posé sa patte gauche et les pots blancs et bleutés qui l’entourent. C'est une façon souvent utilisée dans la publicité pour capter l'attention des lecteurs. En 1948, c'était aussi franchement nouveau.
 

Pingouinlack-le pingouin peintre-plaque émaillée-1948-Cl.2/2 Elisabeth Poulain

Pingouinlack-le pingouin peintre-plaque émaillée-1948-Cl.2/2 Elisabeth Poulain

La comparaison entre ce pingouin de publicité et un vrai pingouin montre plusieurs différences, qui portent essentiellement sur les bras, qui dans le dessin sont beaucoup plus longs et articulés de façon humaine. Ce n’est pas le cas dans la réalité pour l’animal qui s’en sert essentiellement pour nager, comme avec des palmes. Dans le dessin, il s’agit de lui permettre de sa main droite de tenir l’échelle et de la gauche son pinceau vers le haut. Par ailleurs son bec a été allongé pour rendre la tête plus visible , tandis le dessus du bec supérieur a été redessiné de façon à rendre la courbure moins prononcée. Ce pingouin a l’air de sourire, tant il est content et fier de peindre avec cette peinture Pingouinlack écrite en lettres rouges.

Aucune indication n’est donnée sur l’auteur de la peinture émaillée, ni sur le nom ou la localisation de l’émaillerie belge. Seule l’année est indiquée, précédée de deux lettres « Ca 1948 ». Et c'est donc ainsi que se termine cette petite histoire d'un pingouin-peintre professionnel  heureux...

 

                                                                            *

Pour suivre le chemin

. Cette plaque émaillée figure dans le catalogue « Salorges Enchères », du 18 décembre 2010, 8 bis, rue Chaptal, BP 98804, 44188 Nantes cedex 4, Tél 02 40 69 91 10, kac@interencheres.com  en page 4

. Le grand pingouin https://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_Pingouin  

. Le manchot, qui a pour signe distinctif d’avoir deux tâches jaunes de part et d’autre à la base du cou https://fr.wikipedia.org/wiki/Manchot_empereur  

. Lire un autre billet sur le pingouin sur ce blog http://www.elisabethpoulain.com/2015/11/le-bestiaire-de-la-pub-le-pingouin.html  en date du 5 novembre 2015 pour une publicité Dun & Bradstreet France en provenance de l’Essentiel du Management juillet 1999.

. Cliché Elisabeth Poulain

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Style de Pub > La voiture et l’animal > La Land-Rover & les éléphants

1 Mars 2016, 16:39pm

Publié par Elisabeth Poulain

Publicité Land Rover, Discovery Td5 138 ch., Management-avril-2004, Cl1. Elisabeth Poulain

Publicité Land Rover, Discovery Td5 138 ch., Management-avril-2004, Cl1. Elisabeth Poulain

Le titre. Cette fois-ci, il ne s’agit plus du Bestiaire de la Pub qui montre comment les publicitaires font de l’animal le héros principal d’un visuel publicitaire. C’est souvent une bonne façon de valoriser le produit qu’ils ont à mettre en valeur. L’intéressant alors est de savoir comment ils vont procéder, pour apporter du nouveau. C’est toujours le cas dans cette nouvelle série, avec une différence d’importance, qui est qu’il s’agit de publicités pour la voiture. C’est la raison pour laquelle la voiture est citée en première position, alors que dans le Bestiaire, l’animal arrive en premier. Une différence d’éclairage  qui change la donne.

Le choix du premier visuel que je vous présente est une publicité  parue en avril 2000 sur deux pages dans la revue Management. L’époque est importante au plan du marché publicitaire qui avait connu avant même le passage du millénaire un bel envol de créativité. Il y a eu un vrai dynamisme reposant sur l’espoir d’une vie meilleure, dont a témoigné la novation de  la publicité de cette période. C’est particulièrement remarquable en comparaison avec l’atmosphère d’aujourd’hui où la publicité fait preuve semble-t-il  de tellement de retenue qu’on est en droit de sa capacité à se renouveler …Une façon diplomatique pour dire que parfois on se surprend à se plaindre de l’envahissement du copier-coller, qui a cours aujourd’hui. Passons…    

La voiture est une 4 x 4 Land-Rover qui a pour slogan THE BEST 4 X 4 FAR. C’est dit, c’est le meilleur des 4 x 4. Pour vous en convaincre, la photo portée par le visuel vous le prouve sans discussion possible sur une double page. Vous êtes dans la brousse en Afrique, quelque part dans un pays anglophone. C’est du moins ce que j’imagine.  Cette  Land Rover appartient la gamme « Discovery » de première génération (1989-1999), qui a été élu 4 x 4 de l’année 2000 comme le stipule le texte qui figure  en bas de la photo en large vision.

Publicité Land Rover, Discovery Td5 138 ch., Management-avril-2004, Ph2. Elisabeth Poulain

Publicité Land Rover, Discovery Td5 138 ch., Management-avril-2004, Ph2. Elisabeth Poulain

La publicité occupe en en effet deux pages du magazine « Management » associant la robustesse de la Land Rover qui dépasse de très près une horde d’éléphants bien aimables de marché sur le côté de la piste à droite, en ligne les uns derrière les autres. D’un côté, on s’imagine presque être dans la jeep en train de doubler les éléphants et de l’autre, on sait bien que cela n’est pas possible. L’éléphant sauvage reste sauvage, même s’il s’est habitué au fil du temps à voir des drôles de bêtes à quatre pattes qui sentent tout ce qu’on veut mais pas l’animal. Ce qu’il sait, qu’il a appris au fil du temps, c’est que parfois dedans, il y a des « longs bâtons qui crachent le feu » qui le prennent en chasse.

L’explication de la composition figure sur la photo « Il y a tant de poids lourds à dépasser. Discovery Td5 138ch. » Cette publicité est une franche réussite. Après l’avoir vue, on ne l’oublie pas. Elle reste dans la tête, cette image de la découverte d’un monde d’immensité, où le quadrupède le plus puissant du monde est un voisin que l’on peut doubler, sans souci, bien à l’abri, dans sa jeep Land-Rover…Retenez de l’époque cette ouverture sur le monde, avec tout le confort et la certitude d’arriver à bon port, dans des paysages grandioses, qu’on n’oublie pas une fois qu’on y a été, en étant seul au monde, sans gêneurs ou d’autres visiteurs, comme le roi de l’univers, comme ceux que vous venez de croiser.

Remarquez aussi deux autres éléments, à savoir l’absence de toute trace humaine dans cette savane sauvage, l’occultation étonnante par l’esprit de celui qui regarde du fait qu’il a fallu d’une façon ou d’une autre un ou plusieurs photographes d’éléphants différents les uns des autres, d’autres pour les assembler et faire une photo impossible…Avec en plus la magie de la publicité pour les voitures, qui est que la photo les saisit du dehors pour que vous vous sentiez immédiatement dedans, sans autre présence humaine...La photo est plus forte mentalement que la réalité, nous le savons et pourtant nous y adhérons. Cela ne nous gêne pas. C'est le pouvoir de la publicité.  

Publicité Land Rover, Discovery Td5 138 ch., Management-avril-2004, Cl3. Elisabeth Poulain

Publicité Land Rover, Discovery Td5 138 ch., Management-avril-2004, Cl3. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. L’agence de communication, Jean & Montmarin, qui a créé ce visuel, s’est vue décernée en 1996 le prix de la meilleure campagne Presse pour « Land-Rover-Eléphant »

. Publicité parue dans Management, avril 2000, en pages 36 et 37

. Pour la Land Rover Discovery (1989-1999), voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Land_Rover_Discovery  

. Le visuel concentré sur une seule page est même en vente sur e’bay http://www.ebay.ca/sch/sis.html?_nkw=Publicite%20ad%201997%20JEAN%20MONTMARIN%20LAND%20ROVER%20DISCOVERY&_itemId=150996121803  

. Une bonne synthèse sur l’éléphant d’Afrique aux grandes oreilles sur https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89l%C3%A9phant  

. Voir au titre de synthèse succincte de « paysages africains » au Kenya , sans certitude aucune de ma part sur le pays du visuel, http://www.lemondedukenya.com/Geographie-parcs-reserves.html  

. Photos Elisabeth Poulain, à partir du magazine, le Ier cliché représente la partie haute du visuel avec les éléphants, le 2 le visuel complet et le 3 la partie basse dédiée à la voiture... 

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Style de Pub > Géo > Le cochon rose ou le Gourmet gourmand

21 Février 2016, 18:44pm

Publié par Elisabeth Poulain

Affiche-partie haute-Géo-le Cochon Géant-surplombant les Etablissements Géo-Cl. Elisabeth Poulain

Affiche-partie haute-Géo-le Cochon Géant-surplombant les Etablissements Géo-Cl. Elisabeth Poulain

Le titre d’abord. Il est tellement simple que vous devez vous demandez ce que je peux ajouter de plus. En réalité, il y a quelque audace de ma part, dont il faut bien que je vous parle. Ce cochon n’a jamais  porté le prénom de Géo. C’est un raccourci. Le dirigeant s’appelait Georges Foucault. Il était le principal associé  de l’entreprise dont l’autre  associé  portait le nom de Schweitzer. La construction de l’entreprise, qui commença en 1913,  repris après la guerre de 1914-18.  

D’abord revenons à "notre"cochon. Il il est grand. D’aucuns l’appelaient même  le Cochon Géant quand on avait oublié son petit nom de Géo, pourtant facile à retenir. Géant au point de de se tenir accoudé dans une attitude très dominante sur les rebords de sa gigantesque usine. Celle-ci  forme un ou plusieurs parallélépipèdes rectangles  de grandes longueurs avec en plus des bâtiments annexes bas  en pleine ville. Il semblerait plutôt que c’est l’usine qui soit la ville, qui fait la ville. C’est même franchement le cas quand on découvre la forte dimension sociale des deux dirigeants.

Il y avait plus de 1 500 personnes à travailler sur ce site industriel. Celui-ci à son apogée comportait une crèche pour les bébés, une garderie pour les petits enfants, des lavabos et des douches pour le personnel, une infirmerie, une assistante sociale…, des espaces de loisirs, des pavillons d’habitation ainsi que des espaces verts.  Ce concept global connut son apogée vers 1936. La seconde guerre puis l’industrialisation de la conserverie et de la charcuterie mirent un terme à sa croissance. Une refonte complète eut lieu à partir des années 60. 300 personnes travaillaient alors au site. Le progrès n’est pas toujours linéaire.

Parallèlement, l’entreprise mena d’intenses campagnes de publicité pour faire connaître sa marque, malheureusement sans possibilité de connaître les dates de parution, même approximatives.

Affiche-Géo-le Cochon Géant-surplombant les Etablissements Géo-d'après-Joe-Bridge-Cl. Elisabeth Poulain

Affiche-Géo-le Cochon Géant-surplombant les Etablissements Géo-d'après-Joe-Bridge-Cl. Elisabeth Poulain

Le premier visuel est un panneau lithographié d’un « Cochon Géant » de couleur franchement rose qui domine le quadrilatère principal de l’usine. Sa taille perceptible de l’extérieur –du haut de sa tête jusqu’à ses bras accoudés – est visiblement plus élevé que les quatre hauteurs de fenêtres. Quant à sa largeur, bras écartés, il occupe toute la longueur du bâtiment. Il n’est pas spécialement souriant mais pas désagréable pour autant. Il attentif et sérieux. C’est plutôt sa masse rose importante qui actuellement nous étonne; à l’époque cela devait rassurer.

Ce panonceau mesure 59,5 cm de largeur sur 72, 5 cm de hauteur. Sa composition ressort en trois bandes superposées, tels des étages dans un immeuble moderne. La composition est travaillée de façon à faire ressortir la marque ‘GEO’ tout en haut en lettres noires et or. Ces trois lettres forment comme une couronne au-dessus et autour de la tête du héros grâce à deux mots importants Jambons à gauche et Conserves à droite. Le cochon, comme on ne dit plus, est centré en rose au milieu du visuel comme un phare sur la mer, ici c’est l’usine et –grâce à la pub – c’est la ville.

Au milieu, en dessous on voit très bien représentée l’usine telle une ville claire, de belles couleurs jaunes avec même des voitures en signe de modernité et de prospérité. Le troisième bandeau en dessous montre à voir l’abondance, avec des conserves, du saucisson, du jambon, des boîtes et des bocaux et.., ressortant au milieu un macaron or ressortant sur un fond noir entouré de rouge, avec cette inscription « LA MARQUE GEO, GARANTIE, QUALITE », en lettres majuscules de différentes hauteurs. Et puis la société changeant,  le cochon rose en train de s'admirer dans le décor de son usine a disparu. 

Affiche-Géo-Je t'aime-Le-Gourmand-gourmet-Cl. Elisabeth Poulain

Affiche-Géo-Je t'aime-Le-Gourmand-gourmet-Cl. Elisabeth Poulain

Le second visuel est si différent dans sa conception qu’il ne peut être, à mon sens, que postérieur, parce qu’il est marqué par une avancée marketing certaine. Cette fois-ci le cochon est parti, l’usine aussi. Les conserves sont présentes pour attester de l’abondance du choix. Désormais c’est la marque qui est mise en avant pour du jambon, le produit le plus qualitatif de la gamme, avec le consommateur et le lien qui l’unit à la marque. Maintenant, c’est « GEO, je t’aime » - en franc vert que je n’arrive pas à reproduire  sur un fond brun-rouge qui s’assombrit derrière le gourmet à l’embonpoint qui marquait la réussite dans la première moitié du siècle dernier.

Ce « panonceau illustré d’un Gourmand devant un étal » mesure 70 cm en longueur par 53,5 cm en hauteur. Maintenant, la scène se passe dans une demeure bourgeoise où la femme n’a pas de présence. On dirait que ce monsieur est déjà à table, et non pas devant un étal. Il a sa fourchette à la main et pas d’assiette visible. Seul reste l’essentiel, à savoir du « Jambon Géo » qui se découpe si facilement en belles tranches, Il y en a quatre rien que pour lui qui subit en plus la souffrance de la tentation de devoir choisir entre du jambon déjà tranché et les 7, 8 ou 9 boîtes qu’il pourrait ouvrir uniquement pour lui. Le résultat est franchement contemporain dans le lien fait visuellement entre le produit, le jambon... et le consommateur, avec la marque pour compléter ce trio. La seule différence avec aujourd’hui est que maintenant on mettrait une jolie jeune femme, très mince surtout, déguster des yeux ce jambon savoureux, sans prendre un gramme de plus surtout. Ce gourmet n'a plus besoin d'une cuisinière puisque tout est prêt!  

Aucune information n’est disponible sur l’auteur du dessin et sur la date. La seule certitude est que le dessin du Gourmand  a été fait par un professionnel. C’est sûr mais sans nom d’auteur, contrairement à la première affiche. En effet celle au cochon rose a été faite « d’après Joe Bridge ». Il n’est pas dit que cet artiste l’ait réalisée, au contraire. Après consultation du net, il y a bien eu un dessinateur nommé Joe Bridge…Et depuis, les choses se sont compliquées. La marque semblerait toujours exister pour du chorizo. Mais nous ne sommes plus dans l’art publicitaire…

Nous sommes entrés dans une époque où on appelle un gentil cochon un porc. Le porc relève clairement de l'indutrie de la viande. C'est un autre univers. Contrairement au porc, ce "Cochon Géant" bienveillant reste dans la mémoire visuelle de façon très positive. Il est le protecteur de sa ville-usine, contrairement au second personnage qui clairement veut tout pour lui, sans partage. C'est l'évidence de la force de cette composition publicitaire: c'est tellement bon que cet hédoniste bourgeois des temps passés veut tout lui, comme un enfant face à des bonbons. Pas de partage, quand c'est bon et comme Géo l'est....!.    

Affiche-partie basse-Géo-le Cochon Géant-surplombant les Etablissements Géo-Cl. Elisabeth Poulain

Affiche-partie basse-Géo-le Cochon Géant-surplombant les Etablissements Géo-Cl. Elisabeth Poulain

Pour suivre le chemin

. Visuel – n° 377 - issu du catalogue de Salorges Enchères, Kaczorowski, Derigny & Associés, 16 avril 2011, 8 rue Chaptal, 44188 Nantes cedex 4, tél. 02 40 69 91 10 et kac@interencheres.com  

. Visuel n° 184 –du catalogue du 9 juin 2012, voir source et adresse ci-dessus

. Lire la passionnante histoire résumée de l’entreprise sur le site des Archives du Val de Marne sur http://archives.cg94.fr/ http://archives.valdemarne.fr/archives-en-ligne/functions/ead/attached/FRAD094_000357/FRAD094_000357_e0000023.pdf  

. Sur la ville du Kremlin-Bicêtre http://www.kremlinbicetre.fr/  où sont situées les Archives départementales à qui l’entreprise a donné les archives de Géo.

. Une affiche de Géo à retrouver sur http://www.ebay.fr/sch/sis.html?_nkw=RARE%20Carton%20publicitaire%20jambon%20et%20conserves%20GEO%20dapres%20Joe%20Bridge%20usine%20cochon&_itemId=231705033532  

. Le dessinateur Joe Bridge sur http://www.camembert-museum.com/pages/illustrateurs-publicitaires/joe-bridge-1886-1967.html  

. Photos Elisabeth Poulain d’après les visuels, avec mes remerciements à Salorges Enchères.

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Style de Pub noir & blanc > L’Homme en marche > France Info/Géo 2013-04

12 Février 2016, 17:13pm

Publié par Elisabeth Poulain

Pub France-Info-L'Homme en marche-Géo-2013.04-page3 de couv. Cl. Elisabeth Poulain

Pub France-Info-L'Homme en marche-Géo-2013.04-page3 de couv. Cl. Elisabeth Poulain

La chance est avec moi. En ouvrant un Courrier International un peu ancien, j’avais retrouvé un visuel de France-Info en petit format rectangulaire, au bas d’une page paire, me semble-t-il. J’avais gardé le souvenir de cette publicité en noir et blanc avec seulement le nom de france info en noir sur fond jaune. Je voulais vous présenter celle en grand format que j’ai retrouvé dans un numéro de Géo d’avril 2013.

Cette fois-ci  la photo est nettement plus impactante du fait de son format pleine page, avec l’avantage aussi de pouvoir lire le texte en caractères blancs sur fond noir qui est le suivant :

« Depuis la tempête, plus aucun train ne dessert la zone et beaucoup de routes sont fermées. Dix kilomètres pour réfléchir. Il va y avoir tant de chose à observer, tant d’informations à vérifier puis à relater. Tout le monde attend de savoir. Il le sait, alors il va faire son métier. L’INFORMATION EST UNE VOCATION (en jaune sur fond noir)franceinfo.fr  France info, l’info à vif"  

Comme je l’ai déjà dit, le cliché est excellent. On voit très bien tous les détails, avec surtout le poteau électrique penché vers la route, deux fils qui trainent par terre dans le champ, lequel est bordé côté route par des poteaux en bois, section carrée, qui soutiennent  des fils de fer barbelés. Le revêtement de la route est parfait, les côtés ont même été fauchés, avant la tempête bien sûr. Des cumulo-nimbus attendent bien sagement dans le ciel que le temps change. Et l’Homme de l’info de France-Info porte tout son matériel sur la côté gauche, du coup sa tête penche aussi à gauche ; il tient sa veste de la main droite. Il fait chaud. Preuve en est qu’il a remonté son bras de chemise. Et il marche, marche…

Le fascinant est que notre regard s’attarde à décrypter chacun des éléments de la composition, comme si son dos, le poteau ou la forme des nuages allaient nous donner des informations supplémentaires pour essayer de comprendre la nature de cette catastrophe. Quelle a donc été la puissance de cette tempête, ses conséquences pour qu’il n’y ait plus de train ? C’est toujours possible. Mais les voitures, peut-être en reste-t-il certaines qui marchent ? Je n’évoque même pas les vélos moteurs. Les vélos certainement fonctionnent. Ne reste-t-il vraiment que la marche ?  

Et à chaque fois, je pense au bush  australien. Si vous n’avez plus accès aux trains, aux voitures ou camions…, vous risquez d’être vraiment mal. Il y a de nombreux reportages ou romans qui utilisent ce thème quand plus rien ne fonctionne dans le désert…C’est aussi une démonstration qui perdure de la puissance du visuel sur le raisonnement et celle de la radio pour garder le lien à condition que des journalistes puissent avoir accès  à l’information. Alors même que toute la technologie de l’information  a complètement changé…le cliché de l’Homme en marche conserve pourtant toute sa force. Depuis longtemps je cherche à faire un bon cliché d'un bord de route qui exprime autant de force, sans l'Homme en marche bien sûr, et le résultat est négatif. Rien, rien ne ressort. Il n'y a pas cette magie qui jaillit de ce cliché, qui a tendance à devenir de plus en plus petit au fil du temps qui passe....

Pour suivre le chemin

. Photo Gregory Philipps par Marc Gouby. EURO RSCG C&O

. Retrouver la photo en belle définition et la série à laquelle elle appartient dans un site très intérressant, qui retrace la déclinaison de la campagne  sur http://lareclame.fr/havasworldwideparis/realisations/linformation-est-une-vocation-2  

. Géo, La France du patrimoine mondial, n°410 avril 2013, page 3 de la couverture.

. Voir l’article précédent, axé sur l'importance du poteau en tant que symbole et élément de structure de la photo parue le 11.01.2016  sur ce blog http://www.elisabethpoulain.com/2016/01/styles-de-pub-paysage-de-poteau-electrique-france-info.html

. Photo à partir du magazine Géo, dans sa partie haute, Cl. Elisabeth Poulain

 

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