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Le Blog d'Elisabeth Poulain

communication & marketing

Sam et l'Export, moi et la simplicité

8 Juin 2007, 15:58pm

Publié par Elisabeth Poulain

 Sam et l'export, moi et la simplicité

Sam, vous le connaissez, est vigneron. L'export concerne ses vins et moi parce que je suis moi , spécialiste export. En ce moment et ça fait un temps que ça dure, je ne suis pas contente, pas contente du tout. Mais vraiment pas. Pourquoi ? A cause d'une banque dont j'ai oublié le nom, oubli freudien sans doute, qui commence sa pub à la radio par ces mots « oui, c'est vrai, c'est dur l'export ». dit la voix masculine qui vous comprend si bien, vous responsable de PME, confrontée à l'obligation d'exporter. En vrac, mes réflexions pendant que j'écoute. On s'adresse à des responsables qui gèrent une entreprise. C'est simple ça? A mon avis non. Connaître son métier, s'adapter, mettre au point la stratégie, gérer le personnel, décider des investissements, mettre au point la distribution, c'est simple, oui peut être. Je ne pense pas. Tout d'un coup, être obligé de penser à se développer à l'export, entendre ça me rend proche de l'exaspération. L'export est une chance, pas un pensum. Entre nous, ce n'est pas plus difficile que de vendre en France. C'est à dire que c'est un métier difficile, comme le reste. Le mot simple me hérisse le poil. Rien n 'est simple, ni en France, ni à l'étranger. Penser même que vivre est simple relève du fantasme, comme de développer son entreprise.

Ce sont les mêmes arguments qui servent encore depuis 60 ans, écoutez bien, soixante ans: pour aider l'entreprise à exporter, il faut l'aider. Depuis 1946 exactement, toutes les mesures d'aide ont été inventées, appliquées et développées. La France a été leader dans le monde en matière d'aide à l'export, au point qu'elle a été copiée partout. Pendant ce temps, on a aboli les frontières commerciales et créé un grand marché unifié. L'information commerciale s'est développée au point qu'il y a pléthore, les salons se sont multipliées, les réseaux de distribution se sont diversifiés, tout comme les autres modes de prospection et on ose encore nous dire que c'est compliqué. Toutes les donnes ont changé mais pas cet argument, selon lequel une entreprise aurait comme un droit naturel à ne vendre que dans son pays. Chacun restant chez soi. Ce ne serait que lorsque les choses deviennent difficiles ici qu'il faudrait commencer à se pencher sur ce qui se passe là-bas, au-delà de nos frontières.

Je connais des entreprises depuis plus de 20 ans qui n'ont tâté de l'export que du bout des doitgs, sans vraiment y aller, ni y croire. Ce sont celles-là qui connaissaient mieux le système d'aide que le marché sur lequel elles voulaient aller. 20 ans après, elles n'ont toujours pas acquis la mentalité export. Et ce sont parmi celles-là qu'il y a le plus de fantasme export, en décidant par exemple, de prospecter la Chine. Ca me fait mal au coeur. La Chine est le marché le plus difficile au monde, au point de savoir faire plier Coca Cola, au point d'obliger Danone à courber l'échine. Commencez donc à vendre près de chez vous. Savez-vous par exemple que la Belgique est plus proche d'une grande partie d'entre vous que Marseille. Au fait à Marseille ou Toulouse, on connaît mal les vins de Loire. A 100 kms au dessus de Paris, on vend en grande surface 4 à 5 fois plus de vins d'Alsace que de vins de Loire. On trouve plus facilement des vins de Loire à Bruxelles qu'en Picardie. Pour reprendre un formule que j'ai souvent utilisée, l'export commence à la porte du chai. Encore faut-il mettre en place un réseau de distribution pour élargir l'espace disponible devant soi.

Savez-vous par exemple que jamais aucune entreprise n'a demandé à un étudiant ou l'inverse, aucun étudiant n'a jamais proposé à une entreprise, de prospecter la Belgique. Elles sont deux pourtant. Tout le monde va en Belgique wallonne et personne en Flandres, disons très peu, ce sera plus juste. Il y a pourtant des connaisseurs et une demande réelle.

Et Sam dans l'histoire, je ne l'ai pas oublié. Il va bien. Il a décidé de partir passer une partie de son temps d'été à se balader dans les Ardennes belges et près de la mer, pour commencer à sentir le marché. Aller dans les grandes surfaces pour voir l'offre, éviter les cavistes du Centre de Bruxelles qui sont hyper-sollicités et nouer des contacts auprès des restaurateurs.

En réponse à des questions qui m'ont été posées:

1.pourquoi votre vigneron s'appelle-t-il Sam? Parce que ça claque, c'est court et que ça m'amuse. Avec un M, il devient Man, avec un F, femme; je sais, je sais mais c'est comme ça.

2. Certains ne sont pas d'accord du tout sur les 5 métiers de Sam et s'en tiennent surtout à la vinification qui est leur domaine d'élection. Je ne vois pas comment on peut tout et bien faire, tout en restant indépendant. Il faut donc faire des choix. Le premier étant de rester petit, small is beautiful, disait-on dans les années 70. C'est toujours vrai. Ce qui est intéressant, c'est de voir les évolutions actuelles.

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Sam, Le vigneron de demain

4 Avril 2007, 19:06pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le vigneron de demain

 

Il sait tout faire. Pour preuve, il lui faut exercer à lui tout seul 5 métiers qui demandent chacun des compétences quasi exclusives avec des profils psychologiques parfois difficilement compatibles. A vous de voir:

1. Il est viti-culteur, sait choisir les bonnes parcelles en fonction des bons cépages et vice et versa, travailler sa vigne dans une optique de respect de la nature, faire les nombreux travaux de taille et d'entretien, vendanger à bonne date dans les conditions de respect du raisin, à parfaite maturité.

2. Il est vigneron et fait son vin avec les bons choix, il l'élève dans de bonnes conditions, parfois pendant des années. 

3. Il est distributeur de ses vins et sait utiliser son réseau de distribution, en vente directe au chai pour l'ancrage dans sa région, en CHR pour se faire connaitre des clients des restaurateurs et cavistes en France et surtout à Paris, à l'étranter pour la renommée.

4. Il est entrepreneur et gère son entreprise sans laquelle tout le travail  déjà fait ne sert à rien, il connait et assure le travail administratif, à commencer par l'administration des ventes, les relations avec les services de l'administration, traite la compta...

5. Il est l'ambassadeur de ses vins, c'est lui qui les porte et sait le mieux en parler. Il est le meilleur communicateur de ses vins

= Comptez bien, 5 métiers avec des journées qui ne comptent "que" 12 heures sur des semaines de 6 jours sur 7, et encore, en enlevant les dimanches pendant lesquels il faut soit être sur les salons soit préparer les salons. C'est vrai que faire du vin est un plaisir; pour certains c'est un privilège. C'est aussi un tel travail qu'on se demande comment  on peut y arriver et qu'il faut surtout se poser de savoir 1. quel est son coeur de métier et 2 ce qu'on aime le plus. 

 

- Quand on est seul, allonger les journées étant exclu, il faut inventer d'autres façons de travailler, sans nuire à la qualité. Surtout que la seule prévision qu'il est possible de faire dans le domaine du vin est que ce sera par la qualité d'expression que se fera la différence.

- Quand on s'associe et/ou travaille en groupe, il faut apprendre à manager et se spécialiser dans l'une ou l'autre tâches. Et ce n'est facile. La aussi il faut courage, endurance, compétence et innovation par la qualité d'expression.     

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Le salon des Vins de Loire 2007

10 Février 2007, 09:41am

Publié par Elisabeth Poulain

Le salon des vins de Loire 2007

Il vient de fermer ses portes ce mercredi dernier 7.02.07. A la demande de nombreux exposants, il s'était décalé d'une semaine en février pour laisser au vin une semaine de plus et aux vignerons du temps supplémentaire pour préparer le salon. Comme à chaque fois, il a eu ses temps pleins et ses temps creux mais sans reproduire les autres années. Forcément. Chaque salon a sa typicité. L'année dernière avait un goût de renouveau pour son 20ème anniversaire; cette année est peut être moins flashy mais plus en profondeur. L'ambiance était studieuse et douce, avec toujours cette qualité un peu intimiste qui est reconnue par les acheteurs professionnels. Le Salon (600 exposants) garde taille humaine.

L'Etude d'"Opinion d'Opinionway" sur les motivations d'achat des acheteurs étrangers de vins de Loire, fait ressortir * la qualité des vins en 2ème position après Bordeaux, *le savoir faire des vignerons loin devant les autres régions françaises, *le bon ratio qualité prix à égalité avec L'Espagne et L'Argentine et le meilleur en France, *le fort potentiel de vente en 2 position ex aequo avec le Languedoc et juste derrière Bordeaux...

L'étude fait ressortir aussi la nécessité d'être mieux perçue et par les acheteurs professionnels et par les consommateurs en les aidant à s'y retrouver dans notre foissonnante vitalité. Donner des "fils rouges", des repères en travaillant en particulier l'habillage de la bouteille qui fasse ressortir l'identité et la différenciation de chacun.

C'est ce à quoi je me suis attelée depuis plus de 18 mois maintenant, depuis que j'ai lancée une grande étude sur l'habillage de la bouteille de vin en m'attachant à ce que veut dire celui ou celle qui pousse la bouteille vers l'acheteur/consommateur. Que veut-il ou elle dire et comment le dire? C'est la double question de l'identité et du sens qui se pose et qui est à la source de l'image qui en résulte.  

Deux livres achetés sur le Salon: lisez la partie Loire que Jacqueline Friedrich consacre à la Loire dans "The wines of France" (Ten Speed Press). Ca ressource! et pour vous détendre avec un bouquin d'un producteur d'oliviers qui s'y connait aussi en vin et qui est l'Anglais préféré des Français, Peter Mayle  avec "Un bon cru" sorti chez Points.

    

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A quoi sert une étude de marché

20 Janvier 2007, 18:05pm

Publié par Elisabeth Poulain

Actuellement les marchés à la mode sont la Chine, la Russie, la Pologne ou le Canada. Point commun à ces quatre marchés, la demande de vin en hausse. C’est le critère qui est mis en avant pour inciter les exportateurs français de vins à sélectionner ces marchés et commencer la prospection. Mais ces quatre marchés présentent également de grandes difficultés d’accès et ou de fonctionnement. La sélection d’un seul élément d’une étude de marché revient à fausser complètement l’intérêt de celle-ci. Une information ponctuelle n’a de sens que resituée dans un contexte plus large en y incluant toujours la concurrence.

Mais cela ne suffit pas parce que l’EDM que tout le monde a en tête est une étude documentaire (desk research) dont l’âge du recueil de l’information pose problème. Il y a toujours un différé de temps variable entre la date de recueil de l’information et  celle de sa publication. Pendant ce délai qui se compte en mois ou en année, la situation change chaque jour. Il est donc nécessaire de croiser ces informations documentaires pour les accepter comme hypothèse de départ.

Puis pour valider au moins partiellement celles-ci, il faut se rendre sur le terrain pour rencontrer les acteurs et metteurs en marché. C’est la « field research ». Une fois sur place, la recherche des informations pertinentes n’est réellement fructueuse qu’à la condition d’avoir préalablement déterminé les objectifs de la stratégie de l’entreprise. Parce qu’on ne voit que ce l’on cherche.  En effet le traitement des informations recueillies dépend des objectifs et des moyens de l’entreprise. Des marchés peu intéressant pour certains opérateurs peuvent l’être pour d’autres. Etre référencé au Québec est une des meilleures preuves  du savoir-faire d’une entreprise, même si la rentabilité finale est très faible, voire nulle.

La connaissance d’un marché ou plutôt du marché dans lequel l’entreprise cherche à creuser sa place se fait à tout moment grâce à la veille commerciale (salons, Internet, presse…) et l’EDM n’en est que l’un des outils. Que l’EDM documentaire soit gratuite (Onivins…) ou payante (UbiFrance…),  elle ne vous dit pas quoi faire ; elle vous donne des indications utiles sur les marchés et les concurrents. Gallo-France vient de l’apprendre à ses dépens. L’utilisation de tous les outils de connaissance des marchés et en particulier des EDM ne lui a pas suffi à réaliser ses prévisions de vente.

La carte n’est pas le territoire et l’EDM est toujours moins riche que la réalité. C’est un bel outil de réduction de l’incertitude, un atout lors de la prospection et un faciliteur lors de la négociation parce que la détention de l’information vous met à égalité d’abord avec les concurrents et ensuite avec les acheteurs qui eux aussi ont l’information. Et c’est toujours l’entreprise qui garde la main. C’est bien pour cela que certaines préfèrent passer directement à la prospection et faire leur EDM en même temps. S’il y a de la demande, c’est qu’il existe un marché !  

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A quoi sert l'export

20 Janvier 2007, 17:59pm

Publié par Elisabeth Poulain

"Froh wie Gott in Frankreich », Heureux comme Dieu en France, c’est ce que déclare un célèbre dicton allemand pour vanter la douceur de vivre en France. C’est  particulièrement vrai en Val de Loire qui s’appelle lui-même le Jardin de la France, quand il n’évoque pas la Loire des châteaux. Il y fait si bon vivre que l’ouverture des frontières en 1993 a provoqué la réaction inverse à celle qui était escomptée de la part des petites entreprises, le repli sur la vente directe et la baisse des efforts à l’exportation.

Un article de Capital (octobre 2005) pointe du doigt les mauvais chiffres à l’export en commençant, noblesse oblige, par la baisse de moins 20% des ventes de vins à l’étranger en 7 ans. Au delà des chiffres, la journaliste conclut par le déficit de culture de l’exportation existant dans les entreprises françaises par rapport à leurs concurrentes espagnoles et allemandes. En soulignant que celles-ci reçoivent plus de subventions que leurs homologues françaises comme si les aides  sont de nature à inciter à l’export. Or rien n’est plus faux.

En effet, presque 60 ans de politique de soutien à l’export montre qu’il faut d’abord ressentir une ardente obligation pour se lancer à l’export. Pour les petites exploitations,  la démarche d’exportation ne se fait que si c’est absolument nécessaire.   Au fur et à mesure que la pratique se  développe et que l’entreprise prend confiance, les bienfaits de la vente à l’étranger commencent à apparaître.  Citons :

- le développement du chiffre d’affaires et la possibilité, si le marché le permet, d’augmenter ses prix, ce qui est appréciable, à l’heure où les entreprises françaises ont du mal à stabiliser leur CA;

- la meilleure perception des modes de consommation de par le monde, qui permet de comprendre nos nouvelles façons de déguster le vin, particulièrement celles des jeunes et des femmes. Les études de marché montrent qu’il existe de nombreux pays où la demande augmente;

- la répartition du risque sur plusieurs marchés, au lieu de la dépendance à l’égard d’un seul –la France-, avec les contraintes qui découlent notamment de la réglementation restrictive de la publicité et de l’étiquetage;

- la capacité à s’adapter à de nouvelles cultures, tout en renforçant sa propre identité culturelle. On est encore plus français et ligérien  quand on vend en dehors de nos frontières ;

- et surtout la force de contrer la concurrence pour limiter sa puissance d’expansion. Apprendre à vivre avec la concurrence de collègues d’Europe ou d’ailleurs, c’est d’abord vouloir l’affronter de façon directe sur leur propre territoire mais aussi sur les marchés d’exportation qui sont aussi les nôtres. L’objectif est de leur barrer la route.

Face à une demande en évolution constante et hyper-rapide sur des marchés sans visibilité, la seule façon d’arriver à survivre et à se développer est de repartir à l’attaque pour conquérir ou reconquérir des parts de marché. Avec un avantage en retour intéressant : la présence à l’étranger devient une preuve supplémentaire de son savoir-faire.

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A quoi sert le prix de vente

20 Janvier 2007, 17:53pm

Publié par Elisabeth Poulain

A quoi sert le prix de vente 

Question stupide ou iconoclaste ? On peut hésiter entre les deux qualificatifs car chacun sait que l’entreprise tire sa marge bénéficiaire du prix de vente. Le prix sert d’abord à gagner de l’argent et à couvrir les dépenses. Or la réalité montre que les choses sont plus complexes. Le prix devrait d’abord servir à ne pas perdre d’argent : un prix mal calculé ou qui n’inclut volontairement qu’une partie des coûts constitutifs provoque une situation inconfortable à laquelle l’entreprise peut être confrontée, qui est de voir ses pertes augmenter au fur et à mesure que croissent ses ventes.

 

Est-il nécessaire d’inclure tous les frais pour pouvoir vendre ? En principe oui ; en réalité les choses sont plus nuancées. Pour pouvoir passer sur un marché à forte concurrence,  bien souvent le metteur en marché aura tendance à minimiser certains postes de frais, tout en restant dans la légalité, pour ne pas dépasser le seuil fatidique  au delà duquel l’offre n’est même plus examinée.

Par contre il en va différemment à l’export puisque la réglementation française ne s’applique pas. Il est non seulement possible de vendre en dessous du prix de revient mais il est conseillé de le faire en particulier pour certains vins  au prix trop élevé en reportant la quote-part des frais généraux qui leur incombe sur une autre gamme de produits qui est capable de porter cette double charge (marge sur coût variable). On peut aussi faire de même pour des petites commandes marginales qui ne nécessitent pas de nouveaux équipements (coût marginal). Ce sont là des stratégies de prix différenciées pour le même vin  selon l’objectif à atteindre.

Le danger est alors différent. Le prix peut ne pas être assez cher. C’est le grand reproche fait aux vins français par les acheteurs anglais de la grande distribution par exemple. Le prix de vente n’intègre ni PLV (publicité sur le lieu de vente) ni rabais promotionnels qui « animent » le rayon. Le consommateur anglais achète en effet sur promotion  et le responsable du linéaire préfère un vin plus cher qui tourne vite en rayon et qui lui procure une marge quantitativement plus élevée et plus fréquente. La qualité du vin n’est pas en cause, le prix trop bas oui, parce que la marge du distributeur n’est pas assez élevé.  

Là où le problème se complique, c’est que le prix est aussi le point de rencontre avec le consommateur. Celui-ci attend du prix qu’il le renseigne sur le type de vin qu’il achète. Le prix est en effet la caractéristique principale de la perception de la qualité du vin dans l’esprit des consommateurs.

Et le trouble s’installe durablement quand le prix n’est pas « juste » : voir des AOC moins chers que des vins de table est trop troublant pour être crédible et nuit gravement au marché. L’entreprise se doit de pouvoir justifier son prix de vente qui inclut non seulement le vin mais aussi les services rendus au distributeur, tout en répondant à l’attente des consommateurs. Parce qu’on ne vend pas un bien mais un bouquet de services construits autour du vin.

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A quoi sert la publicité

20 Janvier 2007, 17:44pm

Publié par Elisabeth Poulain

A quoi sert la publicité ?  

Au plus fort de la tempête récente portant sur la réglementation française de la publicité sur le vin, on a pu entendre des affirmations surprenantes. Certains ont ainsi cité l’exemple d’une célèbre boisson à base de cola pour montrer la puissance de la publicité en disant qu’il fallait « faire pareil ». Il est vrai que cette entreprise, qui est un des premiers investisseurs en matière publicitaire au plan mondial, voit ses ventes confortées ou majorées grâce à sa démarche globale incluant la publicité.

En effet la publicité n’est qu’un des éléments de la stratégie centrée autour d’un élément fort d’individualisation comme une marque, avec un positionnement adapté face à la concurrence, la présence dans le ou les réseaux de distribution choisi(s) et un « juste » prix incluant la publicité. C’est dire que la publicité est comparable à la pointe d’un iceberg dont la partie visible ne représente  qu’un dixième de l’ensemble.

La publicité ne peut se comprendre que dans le cadre de la concurrence et de la liberté de choix du consommateur, avec toujours deux cibles principales, le consommateur bien sûr mais aussi et surtout le distributeur qui va offrir le produit à la vente. Pour chacune des cibles, l’entreprise a  un argumentaire différent, qu’on appelle le bénéfice-consommateur et le bénéfice-distributeur. Ces deux bénéfices ont pour objectif de donner envie au premier d’acheter pour consommer et au second d’acheter pour vendre. Les deux démarchent doivent aller de pair, l’une soutenant l’autre et réciproquement, afin de déclencher l’acte d’achat chez le consommateur.    

Qu’en est-il pour le vin français ? Il n’existe qu’un faible pourcentage d’entreprises communiquant sur et par leurs marques pour attirer et fidéliser les consommateurs. Pour celles-ci, l’impact de la publicité sur les ventes dépend d’abord de leur positionnement clairement perceptible par le consommateur face à la concurrence et ensuite des modalités de la publicité qui doit se faire au bon endroit, au bon moment, en quantité suffisante, de façon coordonnée avec les autres moyens de communication que sont la promotion et les relations publiques.

Dans un marché rendu plus concurrentiel par suite de la baisse  de la consommation de vin, la publicité est clairement un atout pour les entreprises qui investissent dans ce domaine, surtout si celles-ci communiquent sur la tendance contemporaine de leurs vins. Le marché est toujours en demande de nouveauté et la publicité qui surfe sur l’innovation a un très fort impact.

C’est dire qu’avant de se lancer dans l’aventure de la publicité, l’entreprise doit  rechercher les nouvelles pistes de valorisation de ses vins pour attirer le consommateur, sans oublier de le rassurer.  Attirance et réassurance sont les ressorts principaux  de la publicité, avec la continuité aussi, car une fois qu’on a commencé à faire de la publicité, on continue. C’est pour l’entreprise un gage de vitalité et une marque de confiance.    

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Précisions sur la segmentation

8 Janvier 2007, 09:36am

Publié par Elisabeth Poulain

Précisions sur  la segmentation ?

Dans un monde où il n’existerait qu’un seul produit, un seul vin, il ne serait pas nécessaire de recourir à la segmentation. Mais nous vivons une époque marquée en matière de consommation par deux principes, la multiplicité de l’offre et la liberté de choix du consommateur, les deux allant croissant d’ailleurs. Qui dit multiplicité de l’offre évoque la surabondance des produits (du coté du producteur) et qui pense liberté de choix fait référence à la difficulté de décision de l’acheteur qu’il soit professionnel de l’achat ou consommateur final (du coté du marché).

Pour concilier les deux principes dans une dynamique de fonctionnement entre les producteurs et les acteurs du marché, il a été nécessaire  de créer un double mécanisme d’action, à savoir le positionnement et la segmentation. Le positionnement décidé par l’entreprise permet au consommateur de repérer les produits de l’entreprise par rapport à ceux de la concurrence: c’est donc un outil de repérage. D’où les « marques repère » d’un certain grand distributeur. Pour fixer son positionnement, l’entreprise dispose de la segmentation ou plutôt des deux segmentations. Quand on parle de segmentation, on vise d’abord la segmentation du marché et ensuite de la segmentation de l’offre qui est une conséquences de la segmentation du marché. 

Segmenter s’entend dans le sens de segmenter le marché c'est-à-dire d’identifier des sous-ensembles de consommateurs ayant des comportements proches et suffisamment importants en nombre pour justifier une offre ciblée. L’âge des consommateurs (seniors, jeunes…), le genre (H ou F), la localisation de l’habitation ou les revenus sont les principaux critères de segmentation utilisés, en sachant que ces critères varient selon les pays, les époques…Les études de marché justifient leur place à ce stade. 

L’entreprise va alors analyser ces segments et voir leur pertinence pour elle. L’importance du segment ou sa vitesse accéléré de croissance ne sont pas forcément pas intéressants en raison de l’accroissement de la concurrence. Si tous les producteurs en même temps font la même analyse et se reportent tous vers les mêmes marchés, la situation va très vite devenir intenable. 

A partir du moment où l’entreprise a identifié les segments qu’elle estime être porteur pour elle en fonction de son positionnement, elle va dans la mesure du possible essayer de satisfaire cette demande, tout en tenant compte de la position adoptée par les concurrents. On voit qu'on est loin de la vision de la segmentation de l'offre selon les Pouvoirs publics: il s'agit là d'une segmentation réglementaire qui constitue la troisième notion de la segmentation. Elle qui préoccupe beaucoup la profession depuis plusieurs années.

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Benchmarking

6 Janvier 2007, 12:16pm

Publié par Elisabeth Poulain

Benchmarking

C'est certainement la technique de marketing la plus utilisée et la plus méconnue. Comme M. Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir. le benchmarking est une retombée de la veille documentaire qui permet de repérer des procédés, des usages, dans des pratiques d'entreprises qui n'appartiennent pas forcément à la même catégorie que la votre, applicables avec profit dans votre entreprise ou système.

 

Les frontières sont de plus floues entre l'agro-alimentaire, le vin, les spiritueux, les produits de beauté et le parfum. Une des causes et des conséquences tient dans le benchmarking. Par exemple, les noms des parfums peuvent être utilisés tels quels pour le vin, le chocolat...comme "Intense" ou "Passion". Quant au terme de plaisir, il a tellement servi qu'il commence à être usé. il faut trouver autre chose. Le  benchmarking peut vous y aider; il sert à affiner votre capacités à voir dans le monde qui vous entoure et votre sens de l'analyse en vous obligeant sans cesse à vous remettre en question.  

 

Un exemple pratique. "Le vin aussi est affaire de femmes" montre le parcours professionnel de 75 Dames de la Vigne et du Vin. Vous retenez 2 éléments intéressants par portrait, chacune de ces professionnelles du vin explicant comment elle voit son travail dans la filière du Vin en Loire, l'entreprise...Cela fait 150 idées dont certaines vont se neutraliser. Pour garder un score raisonnable, ces 150 passent à 75 qui ne vont pas toutes pouvoir être porteuses, vous amener à avancer. Par une série de sélection, il va vous rester entre 5 et 10 idées ou début de pistes qui vont être facteur de déclenchement d'un quelquechose qui peut vous amener à trouver des idées applicables dans votre entreprise. Le benchmarking est un moteur personnalisé pour trouver des innovations. personnalisé parce que c'est vous qui définissez vos propres centres d'intérêt.  

 

Cet excercise devient vite une façon de faire, d'analyser l'air du temps. le plus rapide consiste à prendre des magazines  des cibles qui vous intéressent ou la presse professionnelle en voyant comment procèdent vos concurrents. Un exemple d'une publicité de "Maison de la France" (www.franceguide.com) un organisme qui fait la promotion touristique de la France: une de ses dernières publicités montre une vision  de Paris en rose. C'est du benchmarking cette fois ci en partant de la vogue du vin rosé!

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