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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Jouer avec la lumière et la couleur sur les quais du Rhône à Lyon

18 Juin 2010, 12:07pm

Publié par Elisabeth Poulain

Il y a tant à voir et tant à faire sur ces berges du Rhône, que certains de notre Lyon 2010.06.12 051groupe d’Angevins, se sont dit qu’ils allaient revenir ici, à Lyon, pour mieux voir, sentir et apprécier, un jour de semaine par exemple, ce qui se passe sur les quais, vus d’en haut et vus d’en face. Je sais bien qu’officiellement on parle des berges, mais ici en ce plein centre ville, sur ces anciens quais, là où se garaient des milliers de voitures, on ne peut guère parler de berges, qui n’ont à mon goût pas de caractère véritablement urbain. Les quais, oui, qui marquent la présence de l’homme et des activités humaines.

 

Ce sont des quais à plusieurs hauteurs traversés régulièrement ou presque par des ponts, qui coupent à peine la continuité, même quand on passe dessous. Ils offrent l’ombre avant la résurgence Lyon 2010.06.12 085de la lumière, à chaque fois différente, à chaque fois nouvelle, en fonction d’un changement de forme d’un nuage, de la largeur du pont, des gens que l’on voit, du bruit d’en haut que l’on entend à peine ou un peu plus…et surtout du pont lui-même. Comme si c’était le pont qui prenait le pas sur l’eau, sur sa force et ses couleurs ; comme si le pont, nous disait aussi à chaque passage « attention, sans moi, vous n’êtes que peu de choses, avec moi, tout change. On peut composer, vous et moi. L’eau arrivera toujours à passer ; vous non ».

 

Sur les quais, ces ponts offrent une halte appréciée, comme autant de jalons qui permettent aux promeneurs de savoir où ils Lyon 2010.06.12 071sont. Bien sûr un Lyonnais saura toujours se repérer grâce au paysage de le rive droite, le touriste d’un jour, non. L’étonnant dans un emploi du temps aussi chargé que l’a été le nôtre, a été de voir ou de passer sous tous les ponts à l’exception d’un seul, auquel je n’ai pas prêté attention quand nous étions en bus, le Pont Winston Churchill au nord, en début du Parc de la Tête d’Or, qui permet de joindre Caluire et Cuire. Quant à la passerelle piètons, je l’ai découverte sur le plan qui nous a été remis. A mon avis, soit j’étais à ce moment là en train de parler, soit trop occupée à faire des photos.  

 

Le Pont Poincaré a marqué pour nous au nord le début de notre balade lyonnaise. Nous l’avons aperçu, quand nous étions à l’amphithéâtre, grâce au tramway qui passe dessus. Au sud, en fin de la journée, le pont Pasteur nous a permis de franchir le Rhône pour la deuxième fois en bus, avant de repartir vers la gare. Juste avant nous avions en effet quitté la rive gauche du Rhône, emprunté le pont Gallieni, pour rejoindre la Maison de la Confluence, Cours Charlemagne, la grande dorsale qui structure la partie aval de la Confluence. Mais j’anticipe, revenons au début de la promenade.

 

La partie centrale faite à pied a débuté au Pont de Lattre de Tassigny, qui fait face à la rive droite du Rhône, à l’entrée du tunnel Lyon 2010.06.12 075de la Croix-Rousse. Là commence notre histoire fluviale de lumière et de couleur des quais du Rhône, en 7 séquences.

 

Ce séquençage est parfois peu perceptible aux yeux du marcheur et heureusement tant les transitions sont douces, adaptées à la vitesse de la marche ou quand on est arrêté, en phase avec la vitesse du courant. C’est peut être cela la vraie bonne surprise de la journée, cette sensation très forte, d’être dans le rythme quoi que l’on fasse. Il n’y a là, ni mystère, ni magie, des mots trop employés actuellement en communication territoriale pour qu’ils soient encore crédibles. Etre en phase ou dans le rythme sont pour moi, des mots justes.

 

1. Notre histoire commence à la Cité Internationale, un ensemble d’immeubles oranges très sophistiqué, près d’une rive très verte, proche de l’état de nature laissé ainsi, sous une lumière très fluide et un peu froide et un soleil pas encore chaud. C’est ce qu’on appelle ici le bretillod, un ensemble fluvial de petites îles d’alluvion. 

 

2. Après le Pont Delattre de Tassigny, nous avons rejoint la berge, dont la plantation a été enrichie de feuillus qui aiment et supportent l’eau et l’humidité, avec parfois des plantations exotiques, Lyon 2010.06.12 076comme ce magnolia à larges feuilles planté vraisemblablement par les habitants de la péniche qui jouxte la rive. C’est le seul endroit resserré où règne une atmosphère de sous-bois, avec des arbres des deux côtés du sentier piétons et de la piste pour les vélos. Les arbres offrent aussi une protection visuelle aux bateaux amarrés, qui sont mitraillés par les promeneurs. A Lyon, on appelle cet endroit la ripisylve amont, le terme technique pour  viser la végétation qui pousse près d’un cours d’eau.

 

3. Avec le passage sous le Pont Morand, arrive un espace de transition entre cette ‘forêt’ avec des arbres et la séquence à venir Lyon 2010.06.12 079ou il y aura peu d’arbres. Cette séquence paysagère a reçu un terme très tendance d’îles-jardin, qui vont être contenues entre le mur oblique de soutènement du quai en haut, et le bord de l’eau. Soudainement, il fait plus chaud, comme lorsqu’on revient en ville, la lumière est plus forte et le regard se porte à nouveau plus facilement vers l’eau. Le vert du végétal est moins présent. Des péniches d’habitations accentuent le courant de l’eau, qui frottée, prend une couleur turquoise. Une couleur que l’on retrouve sur le pont qui passe au-dessus de nous, avec du rose vieilli pour jouer l’harmonie.

 

4. Après le pont Lafayette, c’est la grande prairie de 6 000 m2 qui offre la Lyon 2010.06.12 092fraîcheur de son unité, après l’îlotage végétal. C’est ici que le bord de l’eau est mis en valeur. Jusqu’ici, il servait à la fois de cadre et d’ambiance, mais sans être un acteur à part entière. On va pouvoir maintenant monter à bord des péniches pour prendre un pot, manger un plat, pour les uns, pique-niquer sur l’herbe pour d’autres.

 

5. La Grande Prairie se termine en ponte douce vers l’eau du fleuve, après le pont Wilson.  Commencent alors le point d’orgue, considéré comme tel par les officiels de la ville mais aussi par les utilisateurs des berges, les terrasses de la Guillotière. Un endroit marqué par le minéral blanc et l’eau claire où l’on va voir pour être vu, comme sur les cartes postales, avec les ados qui font le spectacle dans l’eau du bassin.

 

6. Cet endroit aussi emblématique, en plein cœur de ville, marque aussi la rupture avec ce qui précède. Comme pour les séquences précédentes, l’aménagement minéral se poursuit après le pont de la Guillotière,Lyon 2010.06.12 097d’une autre façon, pour éviter une césure nette. L’espace près du fleuve est étroite. La partie haute, sans visibilité d’en bas, est  assez large pour loger « les bols à skate-board ». Tout annonce un changement d’importance. Pour la première fois, nous allons marcher sur du bois sur l’eau. Cet estacade est monté sur pilotis, avec pour la première fois aussi la faculté de s’accouder sur le garde-corps. De l’autre côté de ce chemin étroit revêtu de bois, derrière le mur retentissent les cris des enfants qui jouent dans l’eau de la piscine que l’on ne voit pas. 

 

7. Après le Pont de l’Université arrive le port de l’Université, une vaste esplanade  d’autant plus grande que nous venons du chemin de bois étroit au bord de l’eau. C’est là que nous empruntons un escalier pour remonter sur les quais plantés me semble-t-il de grands platanes qui offrent un ombrage dense et pour la première fois, mangent la rive d’en face.  En bas, amarrés au quai de grands bateaux de croisière rappellent la vocation maritime du port du Rhône, autrement que par ces péniches que nous avons vues, qui servent à l’habitation ou à accueillir des clients qui ont envie de se restaurer ou de prendre un pot.

 

Lyon 2010.06.12 115Sur le quai en haut, les grands platanes, nous cachent en grande partie, le bas, le Rhône et la rive droite plate à cet endroit. Nous sommes revenus en ville, nous voyons et entendons à nouveau les voitures, avant de remonter dans le bus qui nous emmènent  de l’autre côté à la maison de la Confluence.          

 

Pour suivre le chemin

. Retrouver le séquençage des berges, avec de belles photographies, sur

http://www.millenaire3.com/contenus/docs_off/plaquetteberges.pdf

. Un historique des aménagements sur

http://www.pointsdactu.org/article.php3?id_article=402&artsuite=2

. Lire les publications à télécharger

http://www.grandlyon.com/Publications-sur-les-berges-du-Rhone.1279.0.html

. Voir les photos EP dans l’album Rives de Villes sur ce blog  

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Deux abris de pêcheurs dans l’Ile de Béhuard en Loire (49), France

17 Juin 2010, 10:47am

Publié par Elisabeth Poulain

Cette fois-ci, nous sommes loin du sud-est de l’Australie  et de ses grands lacs du Gippsland. Nous sommes en Loire, dans l’Ile de Béhuard, dans la partie proche de la Loire, en rive droite, en amont de l’île coupée par la route surélevée en raison des inondations hivernales.

 

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Le premier est dans un état qui marque son vieil âge  au vu de l’arbre qui pousse dedans. Il n’a plus de paroi pour se protéger le dos mais il est toujours debout  avec sa toiture en tôle. Le second, de l’autre côté du chemin, plus grand et plus confortable, doit servir aux pique-niques quand il fait trop chaud l’été ou au printemps quand il bruine, dans un grand terrain où doit vraisemblablement se trouver une caravane l’été. Dans les deux cas, il est hors de question de pêcher assis calmement dessous. La rive est un peu trop lointaine.  

 

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Ces deux abris ont en commun quelque chose de touchant. Ils témoignent d’une volonté de faire corps avec la nature. Ils s’insèrent parfaitement dans le paysage. Si ce n'est le banc du second abri. A voir aussi par contraste, le jeu des lignes du pont en fer qui joint l'île avec la rive gauche de la Loire.   

  

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Pour suivre le chemin

. Venir à Béhuard, en Maine et Loire, au sud d’Angers, en passant le pont métallique qui franchit la Loire.

. Photos EP, à retrouver dans l'album "Paysages" sur ce blog.

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Dynamiser la relation à l'eau sur les berges de Lyon

15 Juin 2010, 16:06pm

Publié par Elisabeth Poulain

Cette fois-ci, on va plonger carrément dans le Rhône ou presque, juste à côté,

 

Lyon 2010.06.12 100

 

naviguer avec la péniche Varka, passer sous les ponts, marcher au milieu des graminées, s’arrêter pour prendre un pot ou donner à manger aux cygnes toujours affamés, glisser dans l’eau du bras d’eau courante, comme si on avait 10 ans…Euh, ça ce  n’est pas tout à fait vrai pour les membres de notre groupe de travail. Vous savez bien, nous les Angevins qui planchons sur les Rives de la Maine à Angers.

D'un côté, il y a..., de l'autre... 

Le rapprochement est amusant : d’un côté des Lyonnais, il y en a plus de 3 millions quand même, sans compter les touristes,  de l’autre des Angevins représentant une agglomération de presque 300 000 habitants. Et nous qui sommes une soixantaine. Le Rhône, un fleuve puissant au débit impressionnant avec de l’autre une très petite rivière de 11kms de long barrée par un seuil en aval d’Angers, ce qui fait ressembler la Maine à un lac. D’un côté le courant d’une eau vigoureuse qui ne laisse aucune ambiguïté sur son sens, de l’autre une eau dont on ne perçoit plus le sens du courant… 

 

Aujourd’hui nous sommes à Lyon, marcheurs  d’un jour, à la découverte du lien qui unit les passants au fleuve. Il y a donc deux grands acteurs à ce billet, l’eau du fleuve et les gens et vice et versa. Vous allez donc voir beaucoup de gens marcher, filer, flirter, manger, jouer, descendre en toboggan, pédaler, descendre, monter, humer, vibrer, boire… On y va. 

 

La segmentation des passants des Berges

Elle se doit d’être fine pour éviter de tomber dans la banalité. Je vais donc la faire selon la position debout, penchée, assise, allongée. On verra bien ensuite s’il manque des fonctions et lesquelles.

 

Les « Debout »

Lyon 2010.06.12 080Ils sont le plus souvent en mouvement. Ils marchent le plus souvent en descendant le fleuve, à se demander comment ils reviennent à leur point de départ. Seul le temps pourrait nous sonner une réponse ; en fin d’après-midi, le sens de la marche est peut être inversé, en remontant le courant.  Le plus souvent, ils sont en petit groupe, à deux, trois, quatre…Notre groupe d’ailleurs s’est morcelé pour pouvoir s’insérer dans le courant ambiant. Il y a de petits îlots flottants dont parfois d’ailleurs on découvre après-coup lors d’une halte qu’ils sont angevins aussi. Ah bon, vous aussi…

 

Les « Assis »

Disons le tout net, ils sont très nombreux, plus certainement que les Debout. Il faut dire là aussi, que l’heure joue un rôle certain. C’est la fin de la matinée, un samedi matin du mois de juin. Il fait doux, le soleil joue un peu à cache-cache. Tout est bien. Les Assis offrent une grande variété de situation sociologique. Il y a les amoureux de la nature, posés sur l’herbe. Certains se la jouent décontractés, avec seulement un sandwich à la main et une bouteille d’eau de l’autre ; d’autres ont prévu une nappe pour s’asseoir dessus, le plus souvent quand il y a  de jeunes enfants, ou pour une jeune fille avec une jambe dans le plâtre. 

 

D’autres préfèrent le minéral, plus pratique pour Lyon 2010.06.12 082s’asseoir, à qui j'ai demandé leur accord avant de les prendre en photo. Il y a enfin une catégorie qui recherche un vrai confort. Ce sont ceux qui vont déjeuner sur les berges et/ou les péniches amarrées dans les restaurants. Il y a du monde, sans le côté stressant de la foule. C’est la bonne dimension d’être ensemble. 

Outre ces Assis sur l’herbe, il y a  une catégorie particulière que sont les Assis sur des marches disposées comme dans un amphithéâtre  grec de l’Antiquité. Pour ceux-là, il faut créer une catégorie spéciale.

 

Les Assis comme au théâtre

Lyon 2010.06.12 096Ils sont les véritables héros de la journée, ceux que l’ont montrent tout le temps en photo dés lors qu’on évoque cette grande opération des berges du Rhône, au point que certains dont moi, pensaient que ces marches en gradin étaient l’élément dominant écrasant un peu, beaucoup le reste des aménagements. En fait, il n’en est rien et heureusement, tant la diversité des situations paysagères est grande le long de cette portion très centrale du Rhône.

 

C’est aussi là que nous avons déjeuné, en recherchant l’ombrage des arbres du haut du boulevard, au moment où les marchands forains commençaient à remballer leur étal et ce qui était dessus. J’ai vu comme un joli hasard le fait que nous étions très proches d’un fleuriste. Il faisait beau à ce moment là, lourd même au point que des Lyonnais prés de nous prédisaient un orage dans la soirée. Devant nous, des ados jouaient à la glisse dans l’eau, avec un énorme plaisir quand l’un deux tombait et en ressortait tout mouillé.

 

Les Penchés

Ils courent, pédalent, patinent, glissent, lancent, descendent…Traduction, ceux là sont des sportifs ou des enfants qui jouent. Leur corps est en mouvement en recherche de la bonne pénétration dans l’air.

. Les coureurs à dire vrai devaient déjà être sous la douche après leur jogging plus tôt dans la matinée, avant l’arrivée des touristes, comme nous ou des familles.

 

Lyon 2010.06.12 030

 

. Les cyclistes étaient plus nombreux. L’éventail était grand, des vrais pros habillés de rouge qui ont accepté de poser le temps d'une photo, à la famille tous à vélo ou aux jeunes filles en ballade plus au nord, près de la Cité internationale.

 

. Les patineurs, il semble me souvenir que j’en ai vu un, faisant de grands gestes des bras pour accompagner et dynamiser sa glisse.

. La glisse, justement parlons-en. Elle est à prendre dans deux sens, avec des glisseurs de deux types, tous des enfants d’ailleurs. Il y a ceux qui glissent dans les toboggans en acier brillant riveté accolés contre le mur de soutènement des quais au-dessus des jardins sur les berges. Et les ados qui ont mis à profit les algues du bassin d’eau courante pour faire de grandes glissades transversales, parfois ponctués de belles chutes quand ils tombent en riant.

 

Les Allongés

Ils profitent des chaises longues de bois verni, inspirés des transatlantiques, adossés, comme les toboggans au quai incliné. Ceux-là sont forcément peu nombreux, puisqu’il n’y a que quelques transats, mais suffisamment pour donner une ambiance un peu décalée, propre à rêver aux grands voyages maritimes inter-continentaux. Je n’ai vu qu’une seule personne faire sa sieste en plein soleil, allongée sur un bloc de granit clair dans la partie minérale des berges, proche de l’eau. Je n’ai pas osé la prendre en photo, elle dormait et je me noyais la réveiller pour lui demander si je pouvais la photographier en train de dormir.

 

A ce stade de ma description, je m’aperçois qu’il manque plusieurs catégories. Tous ceux que j’ai décrit appartiennent à la grande catégorie des passants des berges. Ce sont tous des Terriens. Il manque deux autres catégories, qui ont en commun de n'être pas visibles, ce sont les Invisibles qui échappent à cette logique de la terre.       

 

Les Invisibles

Ils doivent se cacher le week-end ou quand il fait beau. Se cacher est peut être un Lyon 2010.06.12 069grand mot ; en tout cas, nous ne les avons pas vus, au contraire de ceux qui vont dans les péniches-restaurants pour y prendre un verre ou un repas. Ce sont ceux qui possèdent une péniche d’habitation. Difficile de vivre sur une péniche amarrée, quand les passants les photographient comme s’ils n’en avaient jamais vues avant. Certains ont développé de véritables murs végétaux pour fermer la vue et garder un peu d’intimité au moins face à la rive gauche. La  rive droite est moins passante et plus lointaine.

 

Les autres invisibles sont tous ceux qui travaillent pendant que les autres se promènent, vagabondent, se dépensent ou méditent. On ne les voit pas par définition et pourtant dans eux, rien ne serait possible. C’est grâce à eux, que l’on peut se restaurer près du fleuve ou sur l’eau. C’est grâce à eux, que l’ensemble est tenu dans un réel état de propreté. Au point que certains ont trouvé formidable que les installations, les végétaux et l’ensemble soient gardés aussi propres et entretenues. Comme si c’était naturel !

 

Et les représentants du Grand Lyon

Une catégorie ponctuelle de Fluviaux a dérogé à cette invibilité. Il s'agit de notre groupe. Nous avons en effet embarqué sur la péniche Varka, après avoir prix un café avec des petits gâteaux (macarons, mini-clafoutis à 3 cerises...), pour écouter et interroger plusieurs intervenants-acteurs de cette grande opération urbaine: Lyon 2010.06.12 112 

.  Gilles Buna (Vice-Président du Grand Lyon en charge de l'Urbanisme,

. Gérard Claisse (Vice-Président du Grand Lyon en charge de la Concertation et du Développement),

. et Annie Tardivon (Architecte-Paysagiste DPLG, co-associée de l'Agence In Situ de Lyon).   

 

Il manque encore une autre catégorie d’acteurs de ces paysages aussi bien fluviaux qu’urbains. Ce sont les salariés qui travaillent au Grand Lyon. Ils se sont réparti la journée pour nous accompagner tout au long de notre périple à Lyon. Nous les retrouverons dans d’autres billets à venir. D’ici là, nous pouvons déjà les remercier de leur accueil, du retour d’expériences qu’ils ont su partager avec nous, pendant une journée citoyenne bien dense, qui s’est terminée, dans notre groupe par une grande crise de fou rire dans le train en revenant vers Angers, tellement nous étions en forme. Merci le service de restauration de la SNCF.

 

Pour suivre le chemin en attendant la suite

. Retrouver l’aventure des Berges du Rhône sur  

www.grandlyon.com

www.in-situ.fr/agence.html

. Voyez le billet précédent sur Lyon

Sentir à Lyon la force vive du Rhône à la Cité internationale  

. Ainsi que la série des six billets sur Bordeaux

Des hardis Angevins à Bordeaux sur les berges de la Garonne

Bouger à Bordeaux sur les quais de la Garonne

Déjeuner à Bordeaux à l'Hôtel de Rohan, avec des Viallat aux murs

Ré-aménager à Bordeaux les quais de la Garonne

Jardiner à Bordeaux sur les Quais de la Garonne

Se mirer dans l'eau de la Garonne sur les quais de Bordeaux

. Photos EP

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Sentir à Lyon la force vive du Rhône à la Cité internationale

14 Juin 2010, 17:40pm

Publié par Elisabeth Poulain

A Bordeaux, on parle des berges de la Garonne, un mot Lyon 2010.06.12 055d’origine gauloise qui désigne un bord d’eau. Et quelle eau ! C’est celle du Rhône, un fleuve d’une puissance inégalée en France. Il est aussi celui dont la source se situe en Suisse. C’est certainement la raison pour laquelle, M. Lensel, urbaniste du Grand Lyon, qui nous a accompagné le matin, a comparé la ville avec Zurich en terme d’habitants (3 millions d'habitants). La force du fleuve est redoutable, tant en volume, qu’en débit. Il est sujet aussi à des inondations d’une grande amplitude, d’autant plus redoutable que son cours est contraint en centre ville par des quais hauts et des rives rapprochées dans une ville comme Lyon.

  

Un tempo très rapide

Une journée seulement pour découvrir trois séquences de la rive gauche du Rhône,  ce qui a été fait en amont, la Cité internationale,  au milieu sur plusieurs kilomètres et enfin en franchissant l’eau de l’autre côté, celui de la Confluence. Vraiment il ne fallait pas flâner. C’est la première impression que je retiens de cette visite faite pour découvrir les berges. Lyon est une si grande et vraie ville, pas un décor de théâtre, qu’il faut plusieurs jours à un rythme adapté aux choix de chacun peut être pour sentir le fleuve et quelques-unes de ses résonances avec la ville.

 Lyon 2010.06.12 010

Cette fois-ci, il ne s’agissait pas d’un transport en car, prêt à nous attendre si nous étions en retard, mais en train. Et de train, il n’y en avait pas d’autres après 18h26 ; il n’y en avait pas non plus partant de Lyon Perrache où nous nous trouvions justement à l’heure où il fallait cesser la visite. Il a donc fallu tracer pour respecter le planning chargé, conçu par Agnès Faudon du cabinet du Président-Grand Lyon, en charge de la participation citoyenne.  

La traversée de la ville

Elle s’est faite dans un bus que le Grand Lyon a mis à notre disposition pour nous emmener à la découverte de la Cité Internationale. Cela nous a permis de voir et revoir cette belle ville bourgeoise qui sent l’opulence et la réussite, avec au tout début de notre traversée vers le nord, quelques bâtiments contemporains ou anciens propres à éveiller notre pupille. Ce qu’on peut retenir de la circulation en ce samedi de beau temps du mois de juin, c’est la fluidité et la rapidité de la circulation. 

La Cité internationale

Lyon 2010.06.12 016C’est un grand ensemble urbain situé entre le Parc de la Tête d’Or et le Rhône, avec de l’autre côté du fleuve, la colline pentue  de Caluire et Cuire. Le principe est celui qui est cher à l’architecte Renzo Piano : édifier des immeubles longs, denses, hauts, en couleur –ici l’ocre orangée - , avec un grand travail sur la lumière et le soleil. La forte originalité tient dans le travail du haut de l’immeuble qui se termine en arrondi ouvert, débordant de végétal pour certains appartements.  

La mixité fonctionnelle

Entre logements, bureaux et commerces au rez-de-chaussée, elle varie de façon décroissante selon que l’on se trouve près du Musée d’Art contemporain ou le Centre des Congrès. C'est aussi une autre œuvre de l’architecte renzo Piano, situé au bout de la grande parcelle qui se termine par un pont en hauteur doublé d’une voie pour le tramway, juste à la hauteur d’une des grandes ouvertures du Parc de la Tête d’Or. Ce lieu est d’autant plus stratégique que cette double voie marque la fin du parc et la frontière avec Villeurbanne. Lyon 2010.06.12 035 

La place du végétal

Elle est une des composantes de ce site qui clôt le haut de ce grand triangle formé par le Parc de la Tête d’Or. Le choix de Michel Corajoud  s’est porté sur une sobriété géométrique de nature à répondre à la géométrie architecturale répétitive, sans volonté aucune de la part de l’architecte ou du paysagiste de la casser par quelques éléments de désordre. L’effet est réussi, en total contraste avec le bâti qui couvre la rive droite en face, à un endroit relativement peu large : des petites maisons en bas et sur la colline, avec en haut quelques grandes tours qui chapeaute la colline de la Croix Rousse.  

L’auditorium

Il termine la longue barre d’immeubles de Renzo Piano avec beaucoup de finesse. C’est l’architecte qui l’a aussi conçu. Il eLyon 2010.06.12 066st un des éléments forts de l’ensemble, d’autant que ses barres de soutènement sont fixées dans un bassin d’eau qui joue avec le reflet. Une des très belle idée est la forme arrondie de marches d’escalier saillantes vers l’extérieur, qui reproduit l’arrondi intérieur de l’auditorium.  

Le différentiel d’ambiance végétale

Entre les deux rives, passe le Rhône impétueux, dont on sent la force ; la berge gauche est protégée par un quai en hauteur et en oblique de nature à résister à la pression de l’eau. La végétalisation au bord de l’eau est spontanée, avec des saules, des petits peupliers, des plantes d’eau… Par rapport à la partie proche des immeubles très codifiée au niveau architectural et végétal,  cette dimension non apprêtée du bord de l’eau est intéressante. Elle témoigne de la réalité de la prise en compte des inondations.

 

Le Quai Charles de Gaulle, la grande voie d’accès au site, entre les immeubles et le Rhône, est un bon exemple  de ce que sera certainement une des constantes du végétal en ville de demain: la non-plantation et/ou le non-entretien de certaines parties de la voirie, autour des arbres, de poteaux, de triangles d’attente à des feux, en alternance avec le choix de dédier un des deux trottoirs au lierre afin de limiter l’entretien global. Un procédé déjà mis en application à Bordeaux par Michel Corajoud. 

Le sentier du bord de l’eau Lyon 2010.06.12 050

Il est accessible aux cyclistes, aux coureurs et aux marcheurs. Un escalier pentu permet d’accéder à l’eau en sortant de la Cité internationale. Juste avant de remonter prendre le bus et repartir vers le centre ville, toujours sur la rive gauche ...            

 

Pour suivre le chemin de la Cité internationale, son auditorium et la berge

---) Ce billet s’inscrit dans une démarche ouverte par la Ville d’Angers à un groupe d’Angevins qui constitue le Groupe de Travail qui planche sur le projet d’aménagement des Rives de la Maine. Un premier déplacement (05.06.2010) a permis au groupe de voir in situ la réhabilitation des quais de la Garonne à Bordeaux. Voir la série des billets sur Bordeaux sur ce blog.

 

---) Pour Lyon  

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Se mirer dans l'eau de la Garonne sur les quais de Bordeaux

11 Juin 2010, 12:00pm

Publié par Elisabeth Poulain

Le déjà très célèbre miroir d’eau

Vous avez tous bien sûr compris qu’avec ce titre, je fais ainsi référence au miroir d’eau que j’ai à peine pu photographier tellement je regardais ceux qui étaient là à le regarder pour voir leurs réactions. Disons le tout net. Il a vraiment plu, tellement attiré que tous se sont arrêtés.

 

Bordeaux-Michel Corajoud-Miroir d'eau-IMG 6863nue%20fond

La fascination

Les gens étaient fascinés par la magie dégagée par ce lieu. Au point qu’il est impossible de ne pas s’interroger : comment des grands (= des adultes) qui ont vu beaucoup de belles choses, de beaux paysages de par le monde, sont-ils à ce point attiré par cette liberté incroyable qui consiste à se déchausser, comme si on entrait à l’église, pour marcher dans l’eau, comme si c’était sur l’eau.

 

La liberté

Elle est au cœur du concept : pouvoir donner à ceux qui passent la possibilité, pour ceux qui le désirent, de sentir l’eau froide sur leurs pieds, tout en marchant dans un univers insolite, de la pierre noire, sans aspérité, dans un grand espace plat sans rien pour arrêter le regard. Ce n’est pas une obligation. Personne ne vous y oblige. Regarder ses pieds non plus. On peut voir loin quand il y a peu de monde. Pas seulement l’autre rive si lointaine, mais en soi pour méditer sur cette résurgence de l’enfance qu’est la découverte du monde pour apprendre à se connaître soi.

 

La découverte

Elle surgit à chaque moment. Se voir soi marcher dans l’eau, comme un môme c’est à dire très sérieusement, sans blaguer, concentré, c’est fascinant. Fascinant de constater que la semaine passée, quand nous y étions, il n’y avait qu’un jeune enfant à qui son père tenait la main pendant toute sa traversée. De retour du grand tour, arrivés au bord, le père a lâché la menotte du petit et celui est tombé. C’était un petit garçon, sa maman prudente lui avait enlevé son pantalon et son slip.

 

Le respect

Tous les autres acteurs du Miroir d’eau étaient Bordeaux-Trivago-Matthieu034-5803634 ldes ados +, des jeunes, avec quelques ‘plus grands’ pour rester dans cette part d’enfance que nous conservons tous, qui que nous soyons. Aucun n’a fait de blague, du genre shooter dans une boîte boisson remplie d’eau, jeter des cailloux ou envoyer de l’eau aux autres, comme à la plage… Je gage, bien sûr, qu’il existe un service dédié à la conservation de l’état optimal du Miroir d’eau. Ceci n’enlève rien à la magie.

 

L’ordre et la propreté

Il faut toujours une attention très forte à la propreté pour que tout ait l’air normal dans un lieu aussi passant, avec tant de gens autour. Cette propreté a l’air si normale, si naturelle qu’elle est toujours vue comme faisant parti de la nature des choses. Or c’est le contraire qui se passe. Cette propreté est un long travail d’aboutissement en amont, absolument nécessaire afin que l’ordre social soit respecté. Mais il y a encore plus.

 

La réussite ‘populaire’

C’est au moins autant que la beauté des lieux, d’un site par essence unique au monde, que réside la réussite du Miroir d’eau pensé et réalisé par Michel Corajoup, le grand paysagiste qui a travaillé aussi à Lyon. Cette insertion d’un concept hyper-contemporain dans un lieu hyper-emblématique d’une ville au riche passé maritime, qui a été anglaise, qui a été aussi la capitale de la France libre dans des temps troublés, est déjà maintenant qualifié de ‘populaire’, selon les termes utilisés par l’élu de Bordeaux en charge de l’urbanisme, M. Duchêne.  Bordeaux-2010.05.29 166

Le toucher de l’eau

C’est désormais une  de ces expressions à la mode. Elle est apparue très récemment. Il ne suffit plus seulement de savoir que l’eau est là à deux pas, on veut la voir, la sentir bouger, la toucher, toujours par la main, alors qu’il me semble que le pied convient mieux. A Bordeaux, comme à Nantes, l’eau du fleuve attire si peu que l’esprit y substitue aussitôt une eau de rêve, légère, limpide, couleur du ciel quand il est bleu, si douce au toucher, comme une caresse pour la peau.

 

L'eau de la Garonne 

Dans ces grandes villes d’estuaire, l’eau est chargée de vase, elle est lourde de sédiments. La masse turbide est très présente ; le bouchon vaseux arrive jusque là. Il est hors de question de toucher Bordeaux-2010.05.29 167l’eau avec la main, tant la rive est vaseuse, avec souvent d’ailleurs une odeur lourde de vase. Quant au pied, il s’enfonce profondément dans cette couche molle. 

L’eau du miroir

C’est elle qui va devenir la ‘vraie’ eau, celle qui est choisie comme emblème de la ville, face à la ‘vraie’ eau vive de la Garonne. Les opposer n’a pas grand sens, car toutes deux sont absolument nécessaires  pour donner naissance à leur œuvre commune, le passant d’eau, qui se mire dans le miroir, le miroir d’eau sur les quais de la Garonne.  

Les passants d’eau

Ils sont très nombreux par jour de beau temps, moins quand il fait doux. Mais peu importe puisque la liberté est là. Michel Corajoud a mis en fond d’écran sur son site, ces passants d’eau qui visiblement lui font si plaisir et à nous aussi, passants d’eau l’espace d’un instant, vrai ou rêvé.  

Pour suivre le chemin

Sur Michel Corajoup

http://corajoudmichel.nerim.net/

http://corajoudmichel.nerim.net/Realisations/Bordeauxlesquais/Bordpresgen1.html

 

Sur le Miroir d’eau, quelques sites de photos d’amateur

http://www.trivago.fr/bordeaux-35213/promenaderue/miroir-d-eau-193801,

avec mes remerciements à Matthieu pour l’usage de sa photo du miroir d’eau, avec des passants d’eau qui se reflètent dans l’eau

 

http://www.33-bordeaux.com/bourse-miroir-eau.htm

http://www.photoamateur.net/miroir-bourse.htm

 

Sur le bouchon vaseux à Bordeaux, Nantes

http://svt.ac-bordeaux.fr/Res-Peda/Prog-Lyc/Seconde/Laterre/Space/gironde/girsat2.htm

http://www.loire-estuaire.org/documents/pdf/lettre8.pdf

 

. Lire les autres billets sur Bordeaux et ses quais sur ce blog

. Photos, n° 1 Michel Corajoud à qui j'adresse mes remerciements, n° 2 Matthieu04 sur le site Trivago.fr/Bordeaux que je remercie également,  n° 3 et 4 EP "Maman veille, Papa à l'aventure avec le petit lapin à la main"

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Gestion d'Image > Le Festival d'Arts > Europalia China > Bruxelles

10 Juin 2010, 10:37am

Publié par Elisabeth Poulain

La vision globale, un enjeu stratégique

Au départ, j’avais en tête de parler d’une ‘formidable exposition’ mais comment faire quand il y en a plusieurs en même temps pour rendre compte pendant plusieurs mois d’un véritable panorama de l’art chinois présenté en Europe. La démarche est tellement ambitieuse, étonnante eFeu de la lumièret réussie qu’il me semble vraiment important d’en parler, de façon forcément trop succincte bien sûr mais d’en parler quand même. Le thème très actuel que je retiens est celui du management d’un projet global visant à mettre en scène l’image d’une Chine triomphante forte de sa légitimité passée pour encore mieux fonder l’avenir. On n’est pas actuellement le n° 2 mondial sans avoir des aspirations clairement affichées.

 

La stratégie du Temps

Le moment est forcément choisi avec soin. C’est un élément stratégique d’un projet de si grande ampleur. Il ne saurait donc être laissé au hasard. Le festival a eu lieu après la fermeture des Jeux olympiques et avant l’ouverture  de l’Exposition universelle, de façon à capter l’attention sur une durée longue. Il ne s’agissait pas pour les responsables chinois de faire un coup médiatique mais de montrer la légitimité, la richesse, la diversité et l’amplitude des arts sélectionnées pour représenter dignement et avec fierté la Chine. Après l’organisation des Jeux olympiques, inscrits au cœur de notre héritage gréco-romain et avant l’Exposition universelle chère au cœur des Français qui citent toujours avec plaisir le Baron Coubertin « l’important est de participer ».

 

La durée du déroulement des différents évènements composant ce festival est impressionnante. Elle court sur 4 mois et 1 semaine, du 8 octobre 2009 au 14 février 2010.  Cette dernière date nEuropalia China-Superstar-A mobile Chinatown’a rien d’un hasard : c’est en effet le Nouvel An chinois fêté partout dans le monde par les Chinois de Chine et la Diaspora belge à Bruxelles. Au niveau symbolique et familial, c’est la fête la plus forte de l’année, un moment d’hommage aux disparus, un moment de rassemblement au sein de la famille, le moment où on prend plein de bonnes résolutions et mange de bonnes choses… A cette occasion, les Chinois de Chine se voient attribuer une semaine de vacances.

 

La durée s’entend également du temps de préparation du projet. A partir du moment où l’accord s’est fait entre les autorités chinoises et son partenaire européen belge, Europalia, il a fallu en effet deux ans pour mobiliser tous les acteurs afin de faire aboutir ce vaste panorama d’arts en Europe. Quant à la durée entre le moment où l’idée est devenue projet et le moment où il a été mis en route, nulle information n’a filtré. Gageons qu’il a fallu plusieurs années, surtout quand on connaît la capacité chinoise à voir loin et à savoir mettre en œuvre des stratégies  complétées avec les tactiques appropriées en intégrant toutes les techniques les plus avancées du management de projet. 

 

La stratégie des chiffres

Les 4 lignes de force ressemblent aux quatre points cardinaux qui structurent l’espace, le nord, le sud, l’est et l’ouest. Dans le monde de l’art, ces lignes de force aboutissent aux quatre thèmes sélectionnés suivants que sont la Chine éternelle, la Chine contemporaine, la Chine en couleurs et la Chine et le monde, avec toujours au centre de ce quadrilatère, la Chine, centre du monde.  

Les 8 thèmes sont les concepts dont se sont imprégnés les créateurs du festival lors de conception du panorama et de la préparation pour restituer le plus exactement et le plus librement une réalité si riche, si foisonnante et si vivante. Ce sont dans l’ordre :
le ciel, la terre, l’être humain, l’harmonie, la montagne, l’énergie, le chemin, l’écriture 

 

L’ordre de la présentation est bien sûr important. Il faut l’assortir Europalia-China-Zao Wou Ki, Entrer Ciel et Terredes connexions qui se nouent naturellement entre les items, avec au centre ce qui constitue l’essence même de la spiritualité chinoise, la permanence de la Chine entre intemporalité et changement.     

 

Les chiffres sont un des éléments forts de l’ambition du festival : montrer la capacité de la Chine et de son partenaire européen choisi, Europalia International, de réaliser un panorama actif fort de « 48 expositions, 519 évènements dans 75 villes et 5 pays », comme l’écrit l’entreprise culturelle en charge de l’organisation, de la logistique et de la communication sur cette immersion dans la culture chinoise telle qu’elle est re-créée pour des regards européens.

 

En Chine, c’est le Ministère de la Culture de la République populaire de Chine qui a monté le projet avec un réseau étoffé d’experts répartis sur tout le territoire. Pour l’Europe, Europalia International a travaillé avec un comité de d’experts complété par plus de 210 partenaires culturels et 1 000 artistes.  

 

1 101 175 visiteurs ont été enregistrés. Mais ce total n’inclut pas par exemple les plus de 100 000  voyageurs par jour attendant leur train à la gare de Bruxelles Midi dont le grand hall était orné de grands panneaux aux couleurs de la Chine. Une fois de plus, on comprend l’importance des grandes gares et des aéroports internationaux en matière de communication par voie d’affichage. 

 

La stratégie d’image

C’est un jeu mental très utilisé de par le monde que d’évoquer la puissance passée pour renforcer son image d’aujourd’hui et fonder celle de demain. Parmi toutes les manifestations, et elles sont si nombreuses que je pourrais pas vous les citer, j’en ai choisi quatre dans l’abondante documentation publicitaire qui a fait connaître les évènements et attiré les visiteurs européens.  

 
Europalia China-Chi-Peng-Sprinting ForwardLa vitalité urbaine

Elle est au cœur de la réalité d’aujourd’hui. Le centre du monde est maintenant en Asie et en Asie, en Chine. Elle se traduit par des immeubles à l’architecture très innovante, comme on peut le voir à Shanghai actuellement. Elle se traduit aussi par des projets tels que Superstar, a mobile Chinatown, qui a été présenté à la 11è Biennale de Venise, par l’architecte Ma Yansong/MAD. C’est une ville nouvelle, autonome en matière d’énergie, d’eau, de recyclage des déchets, de santé, de sports et qui dispose même d’un cimetière virtuel. 

 
La troisième voie culturelle

Elle vise la démarche d’un très grand artiste connu dans le monde entier qui est si chinois à nos yeux qu’il en atteint l’universalité. Il s’agit de Zao Wou Ki dont l’exposition à la Fondation Folon couvre plus de 50 ans d’encre de Chine et lavis d’encre ainsi que des aquarelles en couleur. Le nom de son exposition « Entre ciel et terre » montre bien sa volonté d’aller à la rencontre avec la Chine qu’il avait quitté à 28 ans pour se rendre à Paris.  

 
L’homme en mouvement

Cette fois-ci, il s’agit d’une photo  dont le titre explicite la volonté de l’artiste Chi Peng :

« Sprinting Forwards 2, 2004 ». Des hommes jeunes et nus vus de dos courent dans la rue. Ils croisent un autobus rouge qui vient en sens inverse, en s’engageant sous un pont, au milieu de petits avions rouges. Chi Peng a 28 ans. Il s’est photographié courant ainsi dans une rue qu’il qualifie de banal. 

Shanghai Modern. Site Namoc-W020091104523631978753La dame de Shanghai

Elle est une des stars de l’exposition consacrée au Shanghai des années 1900-1949, la période où l’influence occidentale fut forte. On créa même de nouveaux mots tels que « modeng », un assemblage de ‘modern’ et de ‘mode’ appliqués « aux films, au café, au golf et aux soirées dansantes ». La publicité en particulier connut un essor considérable dans plusieurs domaines, la ville, l’agencement de la maison, le vêtement …        

 

Pour suivre le chemin

. Superstar, a mobile Chinatown, une création de Ma Yansong/MAD, à découvrir sur

http://www.archicentral.com/superstar-a-mobile-chinatown-by-mad-11887/

 

. Entre Ciel et Terre, Zao Wou Ki à la Fondation Folon*, La Hulpe, à 20 mn au sud de Bruxelles, dans le Parc Solway.

http://www.fondationfolon.be/index_news_detail_fr.php?date_excl=2009

  

. Sprinting Forwards 2, 2004, découvrez le dossier pédagogique qu’Europalia China a conçu sur l’œuvre de ce photographe à l’intention des enfants. 

 http://www.europalia.be/IMG/pdf/dossier_pedagogique_The_State_of_Things.pdf

 

. Shanghai Modern 1900-1949, au centre d’Art de Rouge Cloître à Bruxelles, à retrouver sur le site belge du lieu d’exposition et sur le site du NAMOC (National Art Museum of China)

http://www.rouge-cloitre.be/agenda/agenda_detail.php?id=30

http://www.namoc.org/news/gnxw/2009/200911/t20091104_118490.html

 

. Voir Bozart Magazine du Palais des Beaux Arts de Bruxelles, de novembre 2009, un magazine bourré d’informations sur la manifestation

http://www.bozar.be/activity.php?id=9356&lng=en

 

. Photos de plaquettes Europalia   

* = Une info de dernière minute, la Fondation recherche des étudiants pour assurer l’accueil cet été, téléphonez en Belgique à Stéphanie Delmotte, 02 653 34 56

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Jardiner à Bordeaux sur les Quais de la Garonne

8 Juin 2010, 19:15pm

Publié par Elisabeth Poulain

Un titre trompeur

Bordeaux-2010.05.29 136En fait, je devrais écrire ‘Jardiner’ entre guillemets pour souligner le jeu de mots. On ne jardine pas sur les quais de la Garonne, sauf quand on s’appelle Michel Corajoup et qu’on est le paysagiste chargé de concevoir la mise en lumière d’un paysage remarquable, les Quais de la Garonne. Jardiner est le terme qu’il a employé. Le paysagiste se moquait ainsi de la propension actuellement à la mode de traduire un plan de communication en verbe actif pour mieux en souligner ses aspects dynamiques.

 

Des verbes d’action pour communiquer

C’est bien pourquoi, pour jouer le jeu du Bordeaux-2010.05.29 129marketing, j’ai titré à votre intention cette chronique bordelaise qui va bientôt prendre fin, avec des verbes tels bouger, déjeuner,  mettre en œuvre…à l’exception du premier billet dont j’ai gardé le titre initial, plus ponctuel : « Des hardis Angevins à Bordeaux à la découverte des Berges de la Garonne ».

 

Un tempo très rapide

C’est certainement le billet pour lequel je vais avoir le moins d’informations, faute d’avoir eu le temps d’abord de marcher le long des 4,5 kms, faute aussi de zig-zaguer carnet de notes à la main et appareil photo prêt à fonctionner toujours avec cette même main droite, faute surtout d’avoir eu le temps de respirer, humer, percevoir, ressentir les vibrations ressenties au cours de la marche et des nombreux arrêts d’interrogation. Peu importe d’ailleurs, le résultat aurait été différent. Celui dont je vais vous parler est celui d’un moment court, c’est tout.

 Bordeaux-2010.05.29 153

Disons-le tout net. Autant la promenade m’a plu surtout avec ce temps gris et léger, percé par des trouées de lumière, avec une eau lourde d’argile, avec très peu de personnes, ce qui a facilité notre marche, autant les jardins en eux-même m’ont surpris par manque de surprise. Je n’ai pas étonné et c’est certainement le trait qui me titille, quelques jours après.

 

Un différentiel dans la perception

Peut être est-ce aussi la sensation très réelle et durable encore maintenant, d’un certain déficit de force d’émission, perçue au cours de la présentation par Thierry Guichard (DGA des Services techniques de Bordeaux),  entre la parole portant sur les bâtiments, ceux sur les jardins et sur le végétal. Il a beaucoup été question du bâti existant (les façades du XVIIIè, les Hangars en aval), de la voirie, des installations sportives et ludiques qui ont été enchâssées sur les quais, du fameux miroir sur lequel je vais revenir, et finalement très peu des jardins. Quant au végétal, le seul élément que j’ai vraiment perçu a été la difficulté à jouer la partition de l’arbre.

 

La problématique de l’arbre

Des arbres, il en a été question à plusieurs Bordeaux-2010.05.29 155reprises ; le nombre par exemple, 2000 et 3000 à un autre moment, leur hauteur qui ne devait ‘faire de l’ombre’ aux façades, afin que celles-ci puissent être admirées par tous, de partout, sans être cachées par le feuillage des arbres. Des essences, il n’en pas été question. Michel Corajoup ajoute que cette question de la vue lui a été posée au cours d’une réunion avec les habitants, de la part de dames, se souvient-il. Il leur a répondu que les arbres apportent de l’ombre et de la fraîcheur. Thierry Guichard précise que les arbres plantés ont un développement moyen pour éviter ce problème.      

 

Le concept de mise en paysage de ce  site

Il a été très bien expliqué. Je cite pour mémoire, les objectifs transmis à Michel Corajoud le paysagiste en charge de l’opération : il s’agissait d’harmoniser, d’urbaniser, de rendre hospitalier ce vaste espace, contenu entre voirie et fleuve. La trame a été conçue sur la base de lanières transversales qui prennent en compte les différents paliers entre le bâti et le niveau de l’eau ; quant au longitudinal, il garde un lien fort avec le quartier dont le jardin est l’aboutissement, chaque rue d’importance se  prolongeant par une allée ou une ouverture visuel. L’accès à l’eau se fait assurément de plusieurs façons

 

Les mots de la segmentation

Une segmentation fine se fait par quartier avec Bordeaux-2010.05.29 168à chaque fois un concept de paysage différent et en conséquence des mots très choisis adaptées à chaque âge, situation, fonction… et surtout porteurs d’une réalité à traduire sur le terrain :

 

. Au Quai Sainte-Croix, le Parc Saint-Michel

Les mots : parc de 5 ha, nombreux arbres, vaste pelouse, s’étendre, déjeuner, jeux pour les tout-petits, basket, haltes vertes, famille, amis, pêcher, pique-niquer, ponton, péniches, buvette, point d’information, touristes…

 

. Au Quai de la Douane, le Miroir d’eau

Les mots : parking de 700 places, miroir d’eau, Palais Gabriel, splendeur du temps, Garonne = Miroir, spectacles, évènements festifs, été, jet d’eau irisée, canaux, fraîcheur, tribunes, joutes nautiques, concert, marathon, grand jardins, arc de cercle, ponton, accostage bateaux de tourisme…

 

. Au Quai Louis XVIII, la Prairie des Girondins

Les mots : panorama, ouvrir, vue d’ensemble, prairie naturelle, 1 500m2, pelouse 3 400m2, pente douce, bord de l’eau, halte bienfaisante, œuvres contemporaines, Musée d’Art Contemporain… 

 

. Au Quai des Chartrons, la Promenade avec garde-corps

Bordeaux-2010.05.29 178Les mots : marchés du Colbert, restaurants, guinguettes, jeux, skatepark, jardins d’enfants, restaurants, terrasses, arbres, promenade, garde-corps, s’y accouder, bouquiniste, étal, pêcheur, canne, paquebots de croisière, accostent, tradition maritime bordelaise…

 

. Au Quai Bacalan, les Hangars

Les mots : hangars, conservés, vestiges, activité industrielle, port de Bordeaux, parkings, commerces, jardinerie, produits du terroir, Cap Sciences, pont levant, franchissement, rive gauche, rive droite.  

 

La parole à Michel Corajoud

J’ai trouvé dans le dossier de presse des paroles très intéressantes de Michel Corajoud:

«  Je me reproche parfois de n’être pas allé voir autour du site du projet, notamment sur la rive droite. Je ne voulais pas donner l’impression de vouloir tout m’approprier mais je le regrette. Moi qui conseille toujours à mes étudiants de ne pas se limiter à la zone qui leur est confiée, car ils trouvent forcément des éléments complémentaires pour comprendre le lieu à aménager. Du coup, la scène d’en face de la Bourse est un peu discordante. Heureusement la courbe aiguë du fleuve fait que la plupart du temps, la vue que l’on voit d’en face n’est autre que la même rive gauche.»

 

A lire cette impression du paysagiste, Bordeaux-2010.05.29 179qui a été Grand Prix du Paysage et Grand prix de l’Architecture, j’ai alors seulement à ce moment là compris ce qui m’avait interpellé, ce n’est pas tant la question de la présence du végétal mais l’impression d’être dans une île, avec un double phénomène de miroir, celui que nous avons vu posé à terre et celui qui s’ordonne à partir de la place de la Bourse, en raison de la courbure du fleuve, beaucoup plus étendu, à perte de vue…

                            

Pour suivre le chemin

. Découvrir le site de Michel Corajoud, avec une superbe photo du Miroir d’eau un jour d’été

http://corajoudmichel.nerim.net/

. Voir le dossier de presse de la Ville de Bordeaux que j’ai déjà cité dans un billet précédent qui apporte une information d’importance.

. Lire si l’envie vous en prend la série des billets consacrés à Bordeaux sur ce blog.

. Photos EP

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Samedi matin à Angers, un jeu de pistes avec Mithra et Saint-Louis

7 Juin 2010, 15:18pm

Publié par Elisabeth Poulain

Quartier Gare, Fouilles Inrap/MithraOui, je sais, encore un titre bizarre. C’est volontaire ; j’aime les télescopages  de mots, de temps et de territoires. Rapprocher des époques de temps, comme dans un patchwork de couleurs et de matières, sur un territoire exigu en apparence et profond de différences, est pour moi un vrai régal. J’étais donc là, ce samedi matin à Angers, près de la Maine, rive gauche, en hauteur, entre le château et la gare.  Que d’indications, je vous donne là pour ce jeu de pistes! Une expérience ludique magnifique.

 

La piste, le temps et la terre.

. La piste, il s’agit de traquer Mithra et son mithraeum à Angers. Yes, Sir. Je sais que ça interpelle et demande une traduction. Un peu de patience que diable ! Je vous donne d’autres indices avant.

. Le temps s’entend de trois façons. C’est aussi bien l’heure à laquelle j’ai visité le site, que le moment où la découverte a été faite et le temps que l’installation humaine a duré et que le site a été fouillé. Que de trésors  d’informations vous avez là.

. La terre désigne le territoire ; il s’agit d’une parcelle de 10 000m2 dont 5 000 portent des traces significatives d’occupation humaine en termes archéologiques. Elle est située en plein centre d’Angers, mais non pas dans la Cité historique, mais de l’autre côté du boulevard du Général de Gaule, qui est perpendiculaire à la Maine, la plus petite rivière de France (11km de long).   

Mithra, le héros du jour

Quartier Gare, Fouilles Inrap/Mithra, TempleOn le connaît peu ou pas du tout, comme moi avant la visite du site. C’est la première fois qu’est découvert aussi loin dans l’Ouest un site comportant notamment un mithraeum, le temple dédié à Mithra, un îlot d’habitat comportant trois demeures, des galeries, une cave, deux voies  qui se croisent en perpendiculaire, des céramiques de la période de l’Oise, tablettes et divers objets, datant du Ier au IV siècle et plus tardivement de l’époque médiévale.

On sait que le site a attiré des gens venus de loin. Son rayonnement était certain. 

 

Les visites

Des visites étaient organisées à l’intention des Angevins et des touristes ce week-end avec un départ toutes les 15 minutes. Comme il ne pouvait y avoir plus de trois groupes en même temps, l’attente a été un peu plus longue tant les visiteurs avaient de questions à poser à leur guide et le sentiment de voir quelque chose d’unique. Il faisait une chaleur d’enfer (29° à l’ombre à 11h du matin). Le sol d’argile réverbérait la chaleur. Et pourtant, on était tous contents tant il y avait dans l’air, un air presque palpable de mystère. Et c’est vrai qu’il y a mystère.  

Ce mystérieux quartier antique

Quartier Gare, Fouilles Inrap/Mithra, en bas à gaucheIl devait être plus grand. Les constructions des maisons bordant la parcelle et de la Clinique Saint-Louis (1881-2006) interdisent de savoir quelle surface exacte était concernée.   C’est d’autant plus difficile à estimer que ces installations de peuplement et de culte se sont faites du Ier au IVè siècle parfois aussi sur d’autres peuplements. Comme le Château d’Angers, proche, a été édifié sur des occupations datant de 40-30 ans av JC. On voit que la ville est la résultante d’une stratification perpétuelle, chaque couche représentant une époque longue ou courte, comme c’est le cas ici, sans qu’il y ait encore possibilité de savoir pourquoi et comment sont nés et mort ce culte pour certains et ce réseau d’initiés pour d’autres.

 

Des canalisations d’eau approvisionnaient l’emplacement par le haut du terrain en dénivellation, sans qu’on puisse dire d’où elle venait et comment. Il n’y avait pas de puits, ni liens avec La Maine pourtant proche. On a retrouvé par contre de nombreux os de poulet, à la base de l’alimentation des occupants du lieu.   

 

Le mithraeum

Quartier Gare, Fouilles Inrap/Mithra, deux InrapC’est un bâtiment carré de petite taille, aveugle, dans lequel il y avait des bancs ; aux murs, on pouvait accrocher des torches et des lampes à huile, avec une vasque sur le côté droit, en partant du centre du terrain. On y a retrouvé des plaques d’inscription funéraire avec des caractères grecs. On y pratiquait des immolations de taureaux, symbole du mal. Le sang jouait un grand rôle dans la fertilisation de la terre. Selon, Maxime Mortreau, céramonologue à l’Inrap, ce site « constitue une découverte majeure pour la ville (d’Angers) ».  

La destruction, objet de la renaissance dans le cycle du temps

C’est ce qui m’a fasciné au cours de la visite, l’étendue de ce qu'on ignore et le hasard qui a fait qu’une opération de densification de la ville-centre va se dérouler à cet endroit. A cet emplacement ont vécus des gens d’un autre âge, à une époque drôlement symbolique, le tout début du premier millénaire selon notre datation qui donne l’impression que l’humanité est née avec Jésus-Christ. Quatre siècles est un temps extrêmement court pour unQuartier Gare, Fouilles Inrap/Mithra, decouvertee ville. Ce temps court l’est encore plus  si on se rapporte au calendrier de la découverte  qui a été faite lors de la destruction de la Clinique Saint-Louis par le Groupe Eiffage propriétaire du site aux fins de construction d’un grand ensemble immobilier à haute densité, sans voiture à l’intérieur et aux toitures végétalisées.  Le must en matière de développement durable en 2010.  

Le rôle de l’Inrap

Comme la loi en fait l’obligation, la découverte de vestiges archéologiques par les entreprises du bâtiment ou des travaux publics doit être signalé à l’autorité compétente, l’Inrap, afin que celle-ci puisse établir un diagnostic. Ce qui fut fait en 2007. Les fouilles de 8 mois vont se terminer bientôt, fin août 2010. 25 archéologues travaillent sur le site. Ce sont eux qui nous ont accueilli, reconnaissables à leur gilet rouge marqué au dos « INRAP ». Il leur aurait bien fallu une casquette assortie.  

Le sort des fouilles

Le mithraeum ne sera ni conservé ni remonté autre part. Quant aux objets répertoriés et considérés comme suffisamment importants, ils seront partagés entre le propriétaire du site et l’aménageur qui a découvert le « trésor » en terme juridique. Ce dernier est ce qu’on appelle l’inventeur, qui est la Société Eiffage. Il partage avec le propriétaire les objets découverts par moitié. Il peut alors en faire ce qu’il veut. S’il advenait qu’il en était fait don à une collectivité publique, celle-ci serait alors tenu de conserver les objets donnés.  

Le site de l’ancienne clinique Saint-Louis

J’Quartier Gare, Fouilles Inrap/Mithra, bac à enfantsai bien regardé dans les noms de saints qui désignent des rues à Angers. Il n’y en a pas au nom de Saint-Louis. Et pourtant la palette est large. Par contre il reste un bel arbre que les travaux d’arasement pour dégager les bâtiments ont épargné. Il se situe à droite en entrant par le haut.  Sous son ombrage, l’Inrap a monté pour ces deux jours de visites deux bacs à sable d’un nouveau type à l’intention des enfants. En utilisant petite pelle et pinceau, ces inventeurs enfantins peuvent mettre à jour des « trésors ».  

L’arbre de Saint-Louis

J’ai l’espace d’un instant rebaptisé l’arbre du nom de Louis IX ou l’arbre aux enfants en hommage à Saint-Louis qui n’a pas Quartier Gare, Fouilles Inrap/Mithra, l'arbre aux enfantsété évoqué pourtant. Roi de France, il a régné de 1226 à 1270. Il est né à Poissy en 1214 et est mort à Tunis en 1270. Il était le frère de Charles Ier de Sicile (1227-1285), comte d’Anjou qui fonda la seconde dynastie capétienne. Excusez du peu. Et il n’a même pas le droit à un nom de rue ! Rassurez-vous, il aura au moins un square à son nom: c'est en effet le nom de cette opération d'envergure: Square Saint-Louis!  

 

Et dans 2 000 ans, des visiteurs s'interrogeront gravement lors de visites-découvertes sur ce grand roi de France dont on ne retrouve nulle trace autre que des objets datant de l'an 1000 et plus. 

Poursuivre la piste

. Allez poursuivre la quête sur Wikipedia et retrouver en particulier Mithra http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Fresque_Mithraeum_Marino.jpg où vous Quartier Gare, Fouilles Inrap/Mithra, la tente d'accueilapprenez qu’on a découvert aussi un lieu de culte dédié à Mithra à Bordeaux. Tiens donc ! Et aussi à Strasbourg, Biesheim (l’Alsace est présente deux fois dans le palmarès) et Septeuil…

 

. Lisez la note bibliographique de Juliette Papadopoulos de 8 pages sur

www.notesdevoyage.com/.../Archeologie%20de%20la%20Gaule%20romaine%20

. Inrap, Institut national de recherches archéologiques préventives, Grand Ouest ; 37 rue du Bignon, 35577 Cesson-Sévigné cedex, 02 23 36 00 40, www.inra.fr

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_IX_de_France

http://fr.wikipedia.org/wiki/Seconde_dynastie_angevine

 

. Voir le site d'Eiffage pour avoir des infos sur le "Square Saint-Louis" sur wwww.eiffage-immobilier.fr 

. Photos EP, 1 le site vu du haut, 2, le mithreum, 3 une stratification, 4 Maxime Mortreau et "notre"guide, 5 tête de Mithra découverte ici, 6 le bac à fouilles, 7 l'arbre de saint-louis et 8 la tente mixte d'accueil Inrap-Eiffage

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En Australie, une petite maison de pêcheur sur le lac

4 Juin 2010, 10:04am

Publié par Elisabeth Poulain

Je sais, je sais, je l’avoue, je n’ai pas terminé ma série sur Bordeaux, non pas faute d’aliments,  de sujets sur lesquels écrire. J’en ai deux en tête. Mais pour faire une petite pause au milieu de cette grandeur bordelaise  et ses dimensions qui nous étonnent tant. L’idée que je garde en tête, c’est celle de l’eau.

 

A quoi, vous fait penser l’eau, Madame Poulain ? C’est la question qui m’a été posée hier en groupe de réflexion sur cette thématique associée aux rives de ville. J’avais droit comme les autres à trois éléments de réponse. La mienne a été de voir en même temps la vigne pousser et de  boire du bon vin, assise à une terrasse de café,  près de l’eau, avec plein de gens autour, tous différents, parlant aussi d'autres langues que le français...

 

C’est bien pourquoi la petite maison de pêcheur m’est revenue en tête pendant la nuit. Je l’avais découverte le matin même sur le site du Figaro « 24 heures photos ». Il  y a souvent des photos superbes.

 

                                                          Le Fig-Australe-lac de Gippsland, Etat de Victoria-20100601

   

La scène se passe sur un des lacs du Gippsland dans l’Etat de Victoria (tout en bas à droite). Le matin, face au soleil levant, un pêcheur est assis les pieds pendants, avec son chien à ses côtés, une canne à la main. Visiblement il pêche à partir d’une barge flottante revêtue de bois en partie horizontale. Derrière lui, une maison revêtue de tôles ondulées, pour les murs et le toit.

 

On ne voit pas le bateau qui l’a conduit à bord et pourtant un renfoncement dans le plancher est prévu pour. Autre raffinement à noter, le mur de ce qui peut s’appeler la façade se soulève pour former un auvent qui abrite le pêcheur du soleil. En position fermée, cet auvent tient lieu du 4è mur.

 

Une dernière chose. L’état de la toiture me soucie. Le pêcheur aurait bien besoin que quelqu’un monte sur le toit pour remettre des tôles neuves. Vous n’avez pas un voisin pêcheur ? Moi si, je vais lui en parler.  

Pour suivre le chemin

. C’est une photo du Figaro Magazine

http://www.lefigaro.fr/photos/2010/06/01/01013-20100601DIMWWW00375-24-heures-photo.php

. Les lacs du Gippland doivent être un paradis pour les pêcheurs, d’après les infos que j’ai trouvées sur Wikipedia où vous trouverez une vue panoramique à rêver.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Gippsland_lakes_pano.jpg

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Ré-aménager à Bordeaux les quais de la Garonne

3 Juin 2010, 16:32pm

Publié par Elisabeth Poulain

Cette fois-ci, la parole est aux Bordelais et à ceux qui ont œuvré avec eux à Bordeaux-2010.05.29 048l’importante opération de réhabilitation des quais de la Garonne. Je vais donc m’appuyer sur les notes que j’ai prises lors des interventions de MM Duchêne et Guichard, élu en charge de l’urbanisme à Bordeaux et directeur général adjoint des Services techniques, la documentation qui nous a été remise ainsi que sur le dossier de presse réalisé par la ville. Devant l’ampleur des thèmes abordés, j’ai choisi de mettre l’accent sur la méthodologie et ‘la numérologie’ utilisées plus que sur le projet bordelais en lui-même. 

 

Le cadrage général

Le concours a été lancé en 1998 sur la base de cinq objectifs : 1. réhabiliter les quais, 2. redonner aux Bordelais l’accès au fleuve, 3. dynamiser et mettre en œuvre les façades du XVIIIè siècle, 4. accompagner l’implantation du tramway, 5. protéger la ville des inondations.

L’opération a ensuite été découpée et planifiée en projets distincts confiés à des architectes différents, tout au long des 10 ans de durées des travaux.  

Les cinq axes  + 1

Dés le départ, cinq choix préalables ont cadré le projet, grâce à:

. l’axe des Intangibles liés à la promotion du Bordeaux-2010.05.29 062tramway et la diminution de la présence de la voiture,

. la pose d’Interdits  porte sur la décision de ne pas construire de nouveaux bâtiments (ce qui explique la décision ultérieure de conservers les anciens hangars portuaires en aval), qui se traduit par la volonté de faire « avec »,  

. l’acceptation d’Interrogations sans réponses toutes faites au départ et donc sans certitude quant aux résultats, sur  notamment la capacité de la Communauté urbaine de conduire un cahier des charges aussi important, la question restée ouverte d’ailleurs sur le type de végétal, la question du franchissement du fleuve qui a donné lieu à des discussions animées, l’interrogation sur les liens avec la ville, son histoire, son image, le questionnement sur la relation entre la ville et son fleuve avec une présence portuaire qui évolue au fil des siècles,

. la volonté affichée et appliquée d’obtenir le prix le plus bas au m2, de faire au mieux-au plus juste : il n’y a eu selon Michel Duchêne et Thierry Guichard « aucune folie, à l’exception du miroir d’eau dont le coût a été élevé du fait de l’existence en dessous d’un parking souterrain »,   

. la question de l’évidence de la nécessaire concertation avec la population, à laquelle tenait beaucoup Alain Juppé ; il a participé à 7 des grandes réunions sur les 8 qui se sont tenues.

 

L’axe qui n’a pas été cité porte sur la décision très ‘politique’ de la Ville de Bordeaux de confier la gestion du projet à la CUB, la Communauté urbaine de Bordeaux, qui a tenu dés lors à y associer Bordeaux. Le jeu est devenu collectif et les jardiniers de Bordeaux en particulier sont devenus des acteurs à part entière Bordeaux, carte des cinq séquencesdes projets, ce qui a contribué  aussi à leur succès.

 

  • Le découpage du projet en lanières et séquences
  • Il a été tramé sur le terrain en lanières et séquences. Les lanières sont transversales au fleuve par différences avec les séquences qui courent sur chaque rive du fleuve. Les deux interagissent avec le fleuve. 

Les 4 lanières

Ce sont les composantes physiques de la rive qui s’étagent de la partie la plus haute et la plus distante du fleuve vers celui-ci par paliers successifs en descendant jusqu’au niveau de l’eau. On distingue l’espace à vivre, le boulevard, le plateau et les berges proprement dites, où se fait la rencontre avec l’eau : 
-        l’espace à vivre entre l’immeuble et la voirie était « mangé » par la voiture, avec parfois une largeur qui n’excédait pas 1 mètre ---) la volonté a été de redonner plus d’espace aux gens,
-        le boulevard, la partie dévolue à la voiture, a été réduit pour ne laisser à la voiture que 2 fois 2 voies, avec contre-allées, l’accès au tramway et un stationnement longitudinal pour ralentir la circulation, ---) la circulation a baissé de 40% ; on peut continuer à aller dans le centre mais c’est plus compliqué. L’avantage est de conserver l’animation du centre-ville où la circulation est réservée aux résidents grâce à des bornes d’accès,   
-        le plateau s’étend sur des surfaces variables entre la 4 voies et les berges,
-        les berges peuvent prendre d’autres appellations quand elles sont bordées de constructions, ce sont des quais, de rambardes, de murets ou de barrières en bois afin d’en sécuriser l’accès.  

Les lanières sont aussi d’une grande importance dans l’optique de la relation pas toujours paisible avec le fleuve et de la lutte contre les inondations. Il y a en outre à Bordeaux une forte amplitude du niveau de l’eau. L’étiage est de 7 mètres ! 

Les 5 séquences
Elles vont à leur tour découper l’espace de façon longitudinale d’une autre façon :
-        côté ville, elles vont prolonger le quartier dont elles sont l’aboutissement à l’eau,
 -        côté rive, elles vont prendre chacune une identité distincte de façon à la fois à structurer différemment l’espace et éviter la monotonie et à jouer de la polyphonie des activités.

 

Pour les voir, il faut vous référer à la carte « Cinq séquences ». En partant de l’amont vers l’aval sur la rive gauche, il y a d’abord,

-        le Quai Sainte-Croix avec le Parc Saint-Michel de 5 ha,

-        le Quai de la Douane, avec la Place de la Bourse Bordeaux-2010.05.29 166et le fameux miroir d’eau

-        le Quai Louis XVIII avec la Prairie des Girondins de 1500m2

-        le Quai des Chartrons, bien connu des amateurs de vins, qui garde une empreinte portuaire

-        le Quai de Bacalan où demeurent les Hangars, « vestiges de l’activité industrielle du port de Bordeaux ».   

 

Par différence avec les lanières aux lourdes contraintes, les séquences sont plus ouvertes aux projets innovants et différents. C’est là que le jeu sociétal de la relation à l’autre va pouvoir s’exprimer pleinement. Dans les lanières, la pensée va d’abord à la délicate place de la voiture et à la capacité du tramway d’offrir une alternative satisfaisante.
L’espace et le temps
Axes, lanières et  séquences ont tous en commun de structurer l’espace qui à Bordeaux  offre une richesse de potentialités que peu de grandes villes ont en France : Paris, Lyon…Ils ont aussi en commun leur rapport au temps. Les Bordeaux, Place de la Bourse, en 1970Bordeaux Place de la Bourse et miroir d'eaupremiers mots de Thierry Guichard ont porté sur la durée de mise en œuvre du projet, 10 ans, 1999-2009. Le fait que l’opération ait été lancée en 1998, en pleine excitation sociétale d’attente de l’an 2000 n’est pas anodine. (Nous étions tous dans une euphorie dont nous avons peine à nous souvenir. C’est moi qui le souligne).  Il a ensuite expressément rappelé que « la notion du temps est à intégrer. La ville existe depuis 1000 ans. 10 ans à côté, ce n’est rien. La ville évolue tout le temps. »

 

Dans ce temps long de la ville, cette continuité au fil du temps, « le choix d’un lampadaire n’est pas un problème, les arbres oui, le tramway aussi ». Le politique est obligé d’en tenir compte en  hiérarchisant l’aménagement de la ville en fonction de ces contraintes de temps.  

La liberté des gens

 Il est une autre donne, qui est un des éléments clés d’une opération urbaine de grande envergure, non citée au départ. Bordeaux-2010.05.29 159Il s’agit de la liberté. Si le pari est gagné, ajoute Thierry Guichard, c’est bien parce que « rien n’est imposé ; la population peut faire ce qu’elle veut. Sur ces 100 mètres sur 4,5kms de long, on peut aller à la fête du fleuve, se reposer sur un banc… C’est un lac plus qu’un fleuve, un espace reposant par rapport à la ville. Notre objectif a été de créer une ambiance nouvelle, en pleine ville. On est bien ». 

 

L’attraction des berges

Elle en est sortie renforcée, au point que certains se demandent comment on pouvait faire avant. Michel Duchêne a confirmé que cette opération, évidemment lourde sur le plan financier mais raisonnable au regard des enjeux et du temps long, est un succès au plan touristique. Des  personnes viennent maintenant spécialement pour se promener le long de la Garonne. Le fait d’avoir accès au tramway dans cette partie est un atout. Depuis, le prix des logements a augmenté, les commerces ont vu leur chiffre d’affaires aussi…La question qui se pose maintenant est que les trois lignes de tramway sont déjà quasiment saturées.                                                               Bordeaux, trajet Rives de Garonne
Pour suivre le chemin
. Voir les cartes remises pour faciliter la découverte
des berges à pied.
. Se renseigner à Bordeaux et en particulier lire le dossier de presse  très complet qui retrace toute
l’histoire de la réhabilitation des quais sur

http://www.bordeaux-metropole.com/presse/dp/urba/quais_mai2009.pdf

 

. Lire les articles précédents 

. Photos EP, sauf les cartes et les photos vues d'avion 

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