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Le Blog d'Elisabeth Poulain

V05 comme la ville selon Bouygues

27 Juillet 2010, 17:38pm

Publié par Elisabeth Poulain

La vision de Bouygues interpelle. J’ai gardé depuis 2008 cinq visuels que j’avais trouvés dans Ouest-France, Le Monde et Les Echos, en me disant « un jour je ferai quelque chose avec ça ».

 

Aujourd'hui, c'est le moment. Mais plus je  regarde cette série qui a pour titre Bouygues, La Défense 2008« Donner »,  qui s’inscrit dans le positionnement stratégique du groupe intitulé « Construire l’avenir, c’est notre plus belle aventure »,  plus je m’interroge.

 

Voici donc la ville telle que la voit B et donc telle que l'entreprise se voit.  

 
Les visuels

 

On voit d’abord une photo du quartier de la Défense, centrée sur une autoroute urbaine avec des tours gigantesques de chaque côté. On se croirait en Asie. C’est une pub de Bouygues Construction pour Bouygues, La montagnevaloriser son grand chantier de réhabilitation de la Tour First en certification HQE. Il est question de "donner aux villes un air nouveau".  

 

Arrive ensuite le visuel pour Colas, n° 1 mondial de la route, comme c’est écrit dessus. Cette fois-ci l’autoroute serpente doucement au fond d’une vallée en montagne. Une autoroute faite d’enrobé à base de coquille d’huitres, avec le titre suivant: "donner à la nature toute l'attention qu'elle mérite."  

 

Puis c’est le visuel qui montre le siège historique de l’entreprise, avec un palais Bouygues, Le siegecentral qui s’ouvre en rotonde des deux côtés et des bâtiments construits symétriquement en perspective, pour mettre le palais en valeur, dans un parc ‘à la française’ où seuls quelques petits nuages facétieux ne sont pas parfaitement positionnés de chaque côté de l’axe médian. Cette fois-ci, il s'agit de "donner  aux salariés plus qu'un salaire. " 

 

 

On découvre après le visuel avec l’iceberg qui fond dans la main que le groupe utilise pour la promotion de l’émission Bouygues, L'iceberg« Ushuïa TV » et « Ushuïa  la terre et nous » en faveur du développement durable, pour "donner à la nature les moyens de se faire entendre".

 

Le retournement

Et puis voici une photo curieusement composée. Vous retrouvez les mains de l’homme qui tient le monde depuis le début de cette série. Les mains sont accolées en position d’offrande ou pour recevoir le don, l’une à côté de l’autre. Elles se détachent en clair sur un fond foncé souvent gris. Ce sont évidemment des mains d’homme, dans le monde de la construction. 

 

Dans ces mains, reposent des petites mains auxBouygues, Les petites mains de femme ongles vernis, un peu plus longs. On devine que ce sont des mains de femme. Si vous regardez cette composition de loin, on a l’impression de mains coupés. Le titre de ce visuel : « donner aux uns pour qu’ils donnent aux autres. » Le commentaire, qui accompagne la photo, explique que le groupe a autorisé 400 salariés à consacrer une partie de leur temps à des associations de défense de l’environnement. Du coup, vous regardez les premiers visuels autrement.

 

Le décalage

Que voyez-vous ?

-        La disproportion des mots et des photos à chaque visuel qui fait ressortir le gigantisme et/ou la puissance, que ce soit pour la ville complètement déshumanisée qui tient dans la main de l’homme, une montagne entière, le siège de l’entreprise, un iceberg…

-        La domination car à chaque fois, c’est l’entreprise qui donne, à la ville, à la nature, aux salariés, à la nature encore qui grâce à B peut se faire entendre, à la femme pour qu’elle donne aux autres…

-        En utilisant un vocabulaire qui renforce le visuel, d’une façon choquante, comme si B décidait de la vie sur terre. Alors qu’elle est une entreprise qui relève de l’ordre économique où l'on vend son savoir-faire contre bonne monnaie sonnante et trèbuchante. En aucun cas, elle ne donne à la nature toute l’attention qu’elle mérite ou les moyens de se faire entendre... 

Ce positionnement stratégique

Il interpelle d’autant plus qu’il est fondé sur une vision dominatrice de la nature et de l’environnement alors que le développement durable, au contraire, montre la nécessité d’être partenaire avec les autres composantes de notre univers, de partager, de se concerter. N’oublions pas non plus que les actions de soutien à l’environnement par les 400 salariés et le sponsoring d’émissions de télévision relèvent de la politique de relations publiques, telles que la pratiquent aussi tous les autres grands groupes. Ce n’est pas pour autant que ceux-ci utilisent un vocabulaire qui relève de l’ordre spirituel.  

  

Last but not least, une question se pose: mais alors avant, que faisait donc Bouygues?        

 

Pour suivre le chemin

. Voir Ouest-France (La Défense 04.11.2008) , Les Echos (la montagne 05.11.2008), Le Monde (le siège 05.11.2008, l’iceberg 08.11.2008 et les petites mains de femme 13.10.2008)

. Retrouver la série complète des visuels sur www.construirenotreavenir.com

 

. Lire  d'autres billets sur la ville

V04 comme Ville-Pub > L'ANPE et Le Monde

V03 comme ville-pub > Total et Les Echos

V2 comme Ville végétale > La vision d'Antoine Corbineau

Ville = Identité et image + publicité et communication

 

. Photos EP

          

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Les très petites maisons (toilettes) sèches

27 Juillet 2010, 11:48am

Publié par Elisabeth Poulain

Elles commencent à être la mode, c’est dire qu’une révolution est en train de se Petite maison, toilettes, Design In, Estuaire Loire 2009faire. On ose, en France, parler de ces besoins que l’on ne nomme pas, comme si ce n’était pas bien. Déjà, il nous a fallu attendre l’influence anglaise pour adopter le nom de Water-Closet qui désigne un cabinet fermé avec de l’eau, sans référence aucune à ce qui s’y passe.  On est vraiment loin du Japon, qui fait de ces WC un espace très intime, doté d’un confort que l’on ose plus dire moderne, sous peine de se voir taxé d’être resté scotché en 1950 ou pire encore en 1945, à l’arrivée des Américains.

 

Le Japon d’abord

On y trouve cuvette chauffante, musique à programmer, serviettes chaudes humides à disposition, traitement de surface anti-bactérien ou couvre-lunette, ventilation à ozone, fermeture anti-claquement de la lunette…La France de 1945 ensuite : dans « Le Guide pratique à l’usage des GI’s en France 1944-1945 », un chapitre est consacré à la propreté et à l’hygiène. La section 42 a pour titre « Pourquoi les maisons françaises ne sont-elles pas équipées d’une plomberie décente ? Les toilettes sont lamentables ». Cette fois-ci, il ne s’agit plus d’une question mais bien d’une affirmation.

 

L’influence du développement durable (DD) Petite maison, ancienne toilette, Ile St Aubin, Angers

Maintenant globalement en France la situation s’est améliorée. Encore faut-il nuancer parce que ce n’est pas brillant partout, soit parce que l’endroit est mal fichu, mal ou peu entretenu, soit parce que le phénomène de foule rend illusoire le maintien longtemps d’une propreté capable de répondre aux normes américaines. Il n’est que de voir la situation  dans les gares, le métro ou les stations services d’autoroute les jours de départ ou de rentrée de vacances…Aller aux toilettes relève toujours, parfois, encore en 2010 d’un parcours du combattant, surtout pour nous, les femmes. Et oui, c’est comme ça.

 

Le  développement durable là aussi est en train de modifier la situation, que ce soit en ville ou dans la nature. On n’imagine plus donner l’autorisation d’ouvrir un café, un restaurant ou un lieu d’accueil du public sans toilette. Mais que faire quand il n’y a ni eau, ni canalisation adaptée ?

 

Les toilettes sèches

Petite maison, toilette seche, Ile St Aubin, AngersLa solution s’appelle les toilettes sèches. C’est marrant, du coup, l’usage laisse tomber l’appellation anglaise un peu snob qui nous sert fidèlement depuis plus d’une centaine d’années. On récupère le terme plus vague encore de « toilettes », comme dans la phrase « je vais aux toilettes » qui a un sens bien précis, qui n’a rien à voir avec faire sa toilette dans le cabinet de toilette ou toiletter le chien. Bizarre quand même.

 

Mais cette fois-ci, le vocable est adoubé par l’adjonction de l’adjectif  sec ou plutôt « sèches » au féminin pluriel. Il y a bien sûr plusieurs modèles. Comme toujours dans ce domaine, Hundertwasser a beaucoup contribué à élargir la palette des possibilités. Il en avait installé une en Normandie, près de sa maison de paysan, qui fonctionnait avec des feuilles d’arbres. Il en avait prévu aussi dans l’immeuble de Vienne (Autriche) qui est le monument le plus visité du pays.  

L’arrivée du design de la très petite maison (à toilettPetites maisons-Kazuba-Toilettes secheses) sèche

Une autre avancée, presque normale à notre époque, porte sur l’allure extérieure de cette maisonnette-toilettes. Le design apporte là aussi sa contribution. Les étudiants de deux écoles de Nantes, celle du Bois et celle de l’Architecture, ont réuni leurs compétences pour assurer un design extérieur adapté (photo du haut). Pour la fonctionnalité elle-même à l’intérieur,  ils recommandent de s’adresser à une petite entreprise sud-africaine qui a mis au point une formule d’évaporation-déshydratation, sans obligation d’utiliser de la sciure de bois ou des copeaux de bois. Il suffit d’un peu de vent et de soleil. Ca, c’est la version High Tech, en positionnement luxe, qui nécessite que soit creusée une cuve enterrée. Avec quand même une interrogation d'importance: on fait quoi, avec toute une paroi vitrée à côté de soi?   

Les formules angevines

On trouve en situation concrète de fonctionnement des toilettes publiques à l’Ile Saint-Aubin d'Angers, près de la ferme, au centre surélevé de cette île inondée l’hiver (photo d'intérieur). Egalement maintenant au port d’Angers, sur la Maine, Petite maison, toilette seche, Cale de la Savatte , Angersà la Cale de la Savatte, près de la Guiguette ouverte l’été de 11 à 22 heures. En dehors de cette plage horaire, on est prié de s’abstenir, car la clé est à la guinguette ! Les deux modèles fonctionnent classiquement, pourrait-on déjà presque dire avec sciure et copeaux de bois, avec l’inconvénient majeur qui est que quelqu’un doit passer tous les jours. Avec l’avantage, qu’il n’est nul besoin (quel humour !) de creuser le sol.  

Pour suivre le chemin

. Voir le modèle utilisé par l’Ecole supérieure du bois et l’Ecole d’Architecture de Nantes, http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:0JTkxoS7EqwJ:www.estuaire.info/newsletter/news2.html+Toilettes+%C3%A9colos+Ecole+d'architecture+de+nantes&cd=3&hl=fr&ct=clnk&gl=fr

avec ce commentaire que j’ai trouvé sur  http://www.estuaire.info/newsletter/news1.html

 

Les apprentis architectes ont travaillé en étroite collaboration avec les élèves ingénieurs de l’Ecole supérieure du bois de Nantes à la conception puis à la réalisation des 2 prototypes de toilettes. Après avoir comparé de nombreux systèmes de toilettes écologiques, le système breveté Enviro Loo de la société Kazuba a finalement été retenu.

 

Ce système composé d’une grande cuve enterrée et d’une cheminée utilise le soleil et le vent pour sécher les déchets humains par un procédé naturel d’évaporation et de déshydratation. Ces toilettes écolos dites « toilettes sèches » transforment ainsi nos déchets en une sorte de compost sec, inodore et sain. Pour en apprendre davantage et mieux comprendre le fonctionnement du système Enviro Loo : www.kasuba.eu

 

. Les modèles design sud-africain en vente aussi en France sur www.kasuba.eu

. Les modèles d’Angers sur    http://www.labelverte.org/labelv_plaquette150.pdf      

 

. Lire l’article très documenté de Wikipedia sur les toilettes au Japon (grand merci aux contributeurs !) sur   http://fr.wikipedia.org/wiki/Toilettes_japonaises

 

. Revoir Hundertwasser, précurseur là aussi dans ce domaine, dans un blog très riche et très fouillé sur      http://jardinons.wordpress.com/2009/01/18/hundertwasser/#comments

 

. Photos EP des sites angevins. 

 

 

 

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Le bestiaire du vin > The Flying Pig ou le cochon volant

26 Juillet 2010, 13:44pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

La traduction et l’univers culturel de référence

Il faut savoir parler clair. Si je parle d’un cochon volant, je sens que personne ne va me comprendre. Par contre, si je garde le titre original en anglais, je suis sûre que tout ira mieux. C’est toujours comme ça, à trop vous faciliter la vie, on risque toujours l’incompréhension culturelle, surtout avec une traduction littérale, sans référence culturelle d’origine.

 

Flying Pig 

En langue anglaise, parler de Flying Pig vise quelque chose d’impossible. En France, on dirait plutôt « quand les poules auront des dents ». Chaque pays a son bestiaire propre, outre la poule, que la France partage avec le Portugal :

-        pour les Anglais, c’est le cochon à qui ils vouent une grande sympathie, comme les Allemands,

-       en Italie, ce sont les ânes que l’on voit dans le ciel « quando gli asini voleranno » ;

-        il y a aussi  des chats avec des cornes (Malaisie), une vache qui marche sur ses cornes dans le Golfe persique, la langouste en Russie, des poissons qui parlent en Ukraine…

 

Le vin et The Flying Pig.

Maintenant changeons d’univers. Imaginez que vous êtes un professionnel italien du vin et que vous voulez vendre du vin en Grande-Bretagne. Il ne vous a certainement pas échappé qu’il vaut mieux s’insérer dans l’univers culturel anglais pour vendre votre vin italien. Alors vous avez une idée de génie, votre âne devient un cochon qui devenir l’ambassadeur amusant de votre vin, que vous allez vendre en plus à un petit prix.

 

 Flying Pig, partie reglementaire

 

Last, but not least, vous avez pris soin en plus de donner un petit commentaire en partie droite (sur 2,8 cm de large) de l’étiquette  de très grande taille (17,6 x 9,3cm) : We think you stand more chance of seeing a flying pig than a better wine at this price. This cherry ripe, rich red from Sicily is great with pasta, cheese, meat or its own…anytime ». Ce qui donne en traduction mot à mot :  “ Nous pensons que vous avez plus de chance de voir un cochon volant que d’avoir un meilleur vin à ce prix. Ce vin au goût de cerise, au rouge riche de Sicile est grand avec des pâtes, du fromage, de la viande, ou seul…à chaque moment ».

 

L’inquiétant

Oui l’inquiétant est que vous ne donnez pas votre nom sur l’étiquette, ni aucune information concernant la région de provenance du vin. La seule information porte sur la mise en bouteille qui est faite par CPS à Marzeno, imprimé en une typographie qui rend difficile la lecture. Quant au vin, la seule indication donnée est que c’est un rouge de Sicile, à indication géographique typique, la traduction littérale de « Rosso Sicilia Indicazione Geographica Tipica ».

 

Flying Pig
Mon interprétation

Si le dessin est amusant, le recours au cochant volant me paraît bien compliqué. Surtout, je suis très inquiète quant à la ‘qualité’ de ce vin dont les seuls atouts sont le prix bas pour un vin rouge d’Italie au moment des vacances. Je n’aime pas qu’on me fasse prendre des vessies pour des lanternes. L’humour c’est bien, quand le reste suit. Et dans ce cas-là, on peut se poser la question.

   

Pour suivre le chemin

. Retrouver plus d’infos sur les exemples culturels d’adynaton (le vrai nom d’un exemple impossible par nature), avec un cochon ailé sur

http://en.wikipedia.org/wiki/Flying_pig

. Voir l’inquiétant cochon volant choisi par Pink Floyd pour son album « Animals » sur

http://www.flickr.com/photos/watt_dabney/2337381762/

http://en.wikipedia.org/wiki/File:PinkFloydPig_Animals.jpg

 

 

  

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Jean-Jacques Dutrieux, tailleur de silex, conservateur de musée

24 Juillet 2010, 10:02am

Publié par Elisabeth Poulain

Meusnes

Encore un titre long ! Je sais et encore je n’ai pas réussi à tout dire dans ce titre : il manque le nom de la ville qui accueille ce musée. Il s’agit de Meusnes. Je préfère vous le dire tout de suite, vous connaissant, vous qui êtes du genre à vous impatienter. C’est un petit village de 1000 habitants environ, en pleine Touraine, au sud de la vallée du Cher, à droite de Noyers sur Cher, quand on regarde la carte. 

Capitale de la pierre à fusil

Jean-Jacques Dutrieux, Carte postale, Tailleur de Silex,

Cette petite ville a le privilège rare d’être la capitale mondiale de la pierre à fusil, celle dont l’étincelle produite par le choc du percuteur du pistolet enflammait la poudre qui jaillissait alors du fusil ou du pistolet. En d’autres mots, vous avez un pistolet, vous mettez de la poudre dedans dans la réserve, vous introduisez la pierre à fusil là où il faut bien sûr et vous produisez une étincelle en faisant taper une partie métallique sur la pierre. L’étincelle enflamme la poudre bien sèche et vous avez alors intérêt à savoir ce que vous visez et où. Attention aussi à ce que le pistolet ne s’embrasse pas dans votre main. 

 

Le Musée de la pierre à fusil

 

 Jean-Jacques Dutrieux, Salon des Vins 2007

 

Jean-Jacques Dutrieux a d’ailleurs créé le musée, dont il est le conservateur. A mon avis, ce doit être un des seuls musées dont le prix commence à 0 EUR et finit à 10 EUR. Au-delà, vous devenez peut-être membre bienfaiteur. A 0 E, vous êtes un passionné de la pierre à fusil et ça, c’est un brevet d’entrée. Quand on est un "sans le sou", "sans passion pour la pierre à fusil", faut voir. A mon avis, les échanges avec Jean-Jacques Dutrieux doivent valoir le déplacement. C’est un "pince sans rire", qui rit beaucoup. Revenons au musée ; il est ouvert toute l’année, à la condition de prendre rendez-vous avant bien sûr. Jean-Jacques Dutrieux ne saurait résister à un petit cours sur la transmission de l’art de tailler la pierre depuis la préhistoire. C’est un fin pédagogue, qui adore transmettre. 

 

La taille du silex

Ce spécialiste ne se contente pas d’ouvrir le musée quand vous venez ; il y travaille pour faire… des pierres à fusil bien sûr.   Pour bien faire du "bel ouvrage" , il lui faut :

      -     se placer près de la lumière pour bien voir le silex qu’il a en main,           

-        s’asseoir sur un petit tabouret fait spécialement pour lui, qui est grand,

-        sentir une peau entière de vache sous ses pieds pour recueillir les éclats,

-        enfiler un tablier du cuir d’une autre vache qui le protège d’éclats qui pourraient être coupant,

-        tenir sa sacoche de cuir noir à sa droite, avec tous ses outils, dedans ou juste à coté quand il travaille

-        disposer un petit tas de silex à sa gauche, juste comme il faut, pour ce qu’il a à faire

-     bien caler son tronc d'arbre qui lui sert d'établi

-     et commencer à entailler un silex, juste comme il faut, là où il faut...

 

Jean-Jacques Dutrieux, Salon des Vins 2010

Attention, pas n’importe quel silex, mais de la « Blonde du Berry ». Ce n’est ni une variété de vache, ni de la bière  qui existe d'ailleurs, mais un type de silex fin de couleur claire qui lui a donné son nom. Un gros gisement se situe à Couffy, une petite localité proche, qui était déjà connu en Europe continentale depuis le XVIè siècle.  

Le chant de la pierre

Pour le son, je ne sais pas si Jean-Jacques Dutrieux a besoin de musique pour travailler. Il faut le lui demander. Peut-être l’éclat acoustique de la pierre qu’il entaille lui suffit-il à charmer son imaginaire. Ce son est si particulier  qu'il provoque immédiatement  un questionnement de la part de ceux qui le perçoivent.

 

Jean-Jacques Dutrieux, Silex, taille et dechets

 

Certains n’entendent rien. D’autres au contraire, des hommes dans 99% des cas, s’arrêtent et commencent à rechercher d’où vient ce bruit si particulier, qu’est le chant de la pierre, qui dégage cette odeur singulière.

 

Quelques mots sur la technique

Inutile de vous le dire, mais je le dis quand même, que je ne fais que retranscrire,  au mieux de mes possibilités ce que m’a dit Jean-Jacques Dutrieux, Le Grand Tailleur de Pierre.

 

0. « Chaque bloc de silex est différent d’un autre. Il faut sentir la matière – la pierre - pour bien tenir l’outil qui va la percuter ». C’est au tailleur d’adapter son art pour obtenir les lamelles qu’il désire, sachant que le « rendement » (un mot honni par le conservateur) est toujours faible. « Il y a 95% de déchets ». Sur la photo, je vous  présente, au pourtour de la petite pierre taillée au centre, trois éclats ramassés sur la peau de vache et qui ne seront pas gardés.      

 

1. L’art de l’éclatement repose d’abord sur le choix Jean-Jacques Dutrieux, Salon des Vins 2010du bon angle entre l’outil qui frappe et la pierre : entre 90 et 78°. Pas question, bien sûr, de prendre un outil pour mesurer. Tout est affaire d’œil, de poids dans la main et de précision du geste de l’autre main.       

 

2. « L’angle d’attaque détermine la forme de la lamelle. Il y a plus de 30 modèles différents ». C’est pourquoi il existe une amplitude de 12°, ce qui est énorme.

 

3. « La taille du silex se fait avec quelque chose de moins dur que le silex. Moi, j’utilise un tronçon de corne de cerf qui me convient bien. A chaque fois, il faut se repositionner. Je fais une petite encoche d’abord et ensuite il faut percuter du bras ». Le travail du tailleur consiste à dégrossir la pierre de départ  par une série de lamelles qui vont devenir de plus en plus petites en surface et fines en épaisseur.

 

4. Bien sûr, une mauvaise entaille est difficilement rattrapable. « Rien n’est acquis jusqu'au bout. "

 

Jean-Jacques Dutrieux, Salon des Vins 2007 

C’est ça aussi la beauté du geste et de cet art que Jean-Jacques Dutrieux possède et revendique avec fierté comme un antidote à la standardisation des modes de vie et au formatage de notre société.      

 

Le silex et le vin

Chaque année, je retrouve ce conservateur de musée franchement atypique et vraiment très sympathique au Salon des Vins de Loire à Angers sur le stand de Jacky Preys, qui est le vigneron bien connu de MeusnesC’est lui qui le premier a pensé à associer la pierre de la terre où elle est extraite et le vin de la vigne qui pousse dessus. Depuis plusieurs années maintenant, les visiteurs du Salon des Vins ont le plaisir de goûter « Silex », un AOC Sauvignon de Jacky Preys, tout en écoutant Jean-Jacques Dutrieux faire chanter la pierre et tailler ses silex en sentant une légère odeur de poudre.

 

   Jacky Preys, vigneron de Meusnes, Salon des Vins de Loire

Pour suivre le chemin

. Musée de la Pierre à fusil, 41130 Meusnes, Jean-Jacques Dutrieux, accès tout public, ouvert toute l’année, sur RDV, Tél. 02 54 71 33 74

. Domaine Preys, 536 rue Claude Debussy, le Bois Pontoy, 41130 Meusnes, Tél 02 54 71 00 34

. Photos Elisabeth Poulain, sauf la première qui est une carte postale du Musée, que m'a offerte Jean-Jacques Dutrieux.      

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Deux carottes s'aimaient d'amour tendre

22 Juillet 2010, 11:07am

Publié par Elisabeth Poulain

Elles sont si mignonnes que j’ai attendu avant de les manger avec beaucoup de douceur, sans en donner à personne. Il faut dire aussi que j’ai été la seule à les voir, ces deux charmantes carottes dont l’une tient l’autre par le cou.

  Carottes, qui s'aiment d'amour tendre

 

-        Une carotte n’a pas de cou.

-        Ah bon ? Et bien celle-ci, si. Regardez bien.

 

Chacune a gardé son individualité. J’ai pu les séparer, après les avoir photographiées, ces si charmantes carottes, qui s’aimaient d’amour tendre...

 

Pour suivre le chemin

. Voir l’article de Wikipedia sur la daucus carota, vous apprendrez des tas de Carottes, qui s'aiment d'amour tendrechoses sur la carotte : son origine ---) elle vient d’Afghanistan, le plus gros producteur ---) la Chine avec 1/3 de la production mondiale, les diverses variétés, le classement par l’Union européenne de la carotte dans les fruits et non pas dans les légumes.

La réglementation européenne interdit en effet que soit associé le terme de confiture à un légume. Comme il existe une confiture de carottes qui se fait au Portugal (selon moi, c’est en Grande-Bretagne), l’UE a donc modifié le classement de la carotte. Un bel exemple de raisonnement juridique, comme je les aime ! 

. Toujours lire Valnet et son manuel de « traitement des maladies par les légumes, les fruits et les céréales », la carotte est un légume tellement intéressant (et peu onéreux) que le célèbre docteur lui consacre 7 pages, c’est vous dire. Parmi ses qualités : la carotte est un anti-anémique, un régulateur intestinal, un cicatrisant gastrique, un vermifuge, un rajeunissant tissulaire…

 

. Pour vous surprendre, vous qui avez une vaste culture culinaire, voici deux recettes indiennes de déguster la carotte. Une pour chaque carotte. C’est équitable, sauf que celles dont je viens de vous parler sont toutes petites. Prenez-en des plus grosses mais pas de trop, juste bien, Carottes, qui s'aiment d'amour tendre, Oranginacomme toujours.

 

-        Et pourquoi cette discrimination contre les grosses carottes ? Je vous le demande.

-        Parce qu’elles présentent plus de risques d’être filandreuses, boiseuses (dit Wikipedia), avec un souci supplémentaire c’est qu’elles ont aussi moins de chair proportionnellement. Elles vous demandent plus de travail d’épluchage, car il faut enlever la tige centrale de couleur blanche.     

 

Recette indienne estivale de Gajar katchoumbare (salade de carottes)

Comptez 4 carottes, avec quelques grains de raisins secs, le jus d’un orange et un peu de sel.

= En principe la recette s’arrête là. C’est un peu court, surtout que c’est pour 6 personnes. Même pas une carotte par personne. Ces carottes doivent être gigantesques. A mon avis, prenez autant de carottes que vous voulez et adaptez vous à la situation : gros mangeurs de carottes, petits, les carottes constituent-elles le plat unique…Ou bien faites-vous un repas tout-carotte ???

 

. Carottes, qui s'aiment d'amour tendre, de dessusUne variante de l’auteur prévoit que vous coupez les carottes en petites frites, vous ajoutez le jus d’un citron (je précise mûr) avec deux piments coupés fin. Ca se corse. Des forts, les piments ? En l’absence de précisions,  commencez donc par des doux. On discutera après.

 

= Variante cette fois-ci personnelle : ajoutez un ou deux abricots frais ou secs + une petite pomme + 1 gros cornichon au sel + deux cuillerées  à café de graines de sésame. Si vous voulez innover, faites des copeaux de carottes avec un épluche-légume. En effet la forme modifie la perception de la saveur.    

 

Recette indienne hivernale de GAJAR VARIALI (carottes au fenouil)

Cette fois-ci, l’auteur prévoit 6 à 8 carottes, parce que ce plat constitue un des trois plats principaux (avec du blé et des courgettes par exemple à côté). Les carottes coupées en rondelles sont introduit dans le vaghar préalablement chauffé (et non brûlé). Ce vaghar est constitué de deux cuillerées à soupe d’huile de sésame ou d’olive auquel vous ajoutez deux étoiles de badianes (anis étoilé). Vous remuez bien et vous ajoutez une cuillerée à café de coriandre et une de graines de fenouil, avant de couvrir et de laisser cuire à feu doux.

  Carottes, qui s'aiment d'amour tendre, separees

L’auteur s’arrête là. A Sassetôt, lors d’un stage de cuisine indienne, la dame, qui faisait la recette, a ajouté de l’eau chaude jusqu’à hauteur des carottes avant de couvrir. Ca me semble effectivement plus prudent. Inutile à mon avis d’ajouter sel ou poivre, tellement la badiane, le coriandre et le fenouil donnent du goût. De même me paraît tout à fait superflu, l’ajout de crème fraîche à la fin.

 

Source : « Recettes végétariennes de l’Inde, selon l’Ayurveda », Kiran Vyas, Recettes végétariennes du monde, La Plage éditeur.

. Lire le billet sur Le charme infini du radis beurre

. Photos EP, à retrouver dans l'album-photo "Manger" 

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Le charme infini du radis beurre

20 Juillet 2010, 16:56pm

Publié par Elisabeth Poulain

Oui, je sais. Parfois je fais fort. Pour comprendre, il vous faut un petit radis rond, à la belle rondeur, ni trop petit, ni trop grand, d’une subtile couleur rose-rouge au corps, atténuée de blanc à la racine, avec quatre petites - toujours petites les feuilles, comme le radis d’ailleurs – feuilles vertes bien sûr. Trois feuilles, ça va aussi. Deux, non, on commence à suspecter un radis pas épanoui qui a eu des difficultés à la croissance. Une feuille, ça craint vraiment. Pas de feuille, ce n’est plus un radis. A fuir absolument. Oh, j’allais oublier, il doit toujours être jeune, pour garder son croquant.

 

-    De quelle marque, ce radis ?

-      Eh Patate, les radis n’ont pas de marque. Ils sont classés dans des variétés, il y a des longs, des ronds, des blancs, des noirs, des français, des alsaciens, des japonais…Oranges, plus larges près des feuilles qu’à la racine, ce sont des carottes, des CAROTTES, pas des radis.

-        Et pourquoi alors, vous me traitez de PATATE ? C’est bête, une patate ?

-       Mais non, patate est un terme affectueux. Et puis arrête, je parle des radis !

-        Ah bon.

  Radis rose, Wikipedia

La position du radis

Au départ, le radis est enfoui dans la terre. Il faut d’abord l’arracher délicatement, pour éviter de l’abîmer. Ensuite on le pose à plat pour le mettre en botte. Jusque là, ça va. C’est maintenant que ça se complique. Vous allez comprendre seulement à ce moment pourquoi il lui faut 4 ou 3 pieds au minimum. Il faut le retourner délicatement de façon à le faire tenir droit, debout, sur ses feuilles, sans assistance et sans béquille(s). Pas facile l’exercice. J’ai essayé. Il faut avoir la main.

 

-        Mais pourquoi tout ça ?

-        Parce qu’une fois en l’air… Ah oui, j’ai oublié de vous dire qu’il faut d’abord lui couper sa petite racine  et l’avoir incisé légèrement en quatre.. . il faut poser dessus un petit roulotté de beurre.

-        Un quoi ? Diablement compliqué, tout ça. On pouvait pas faire ça avant ?

-        Non, parce que ça se mange comme ça, le beurre d’abord, puis le radis dans sa partie rose charnue et ensuite pour les plus téméraires, les fanes à la fin.

 Radis beurre, pub Fooding 2008, Zoe Laugier

 

La beauté du geste

Certains incisent le bas du radis et introduisent le beurre dans l’entaille cruciforme ainsi formée. Ce sont clairement des TRICHEURS. Seuls ceux qui sont capables de faire la triple opération de préparation-incision-pose du beurre sur le radis reposant lui-même sur ses feuilles, sont à même d’apprécier la beauté et précision du geste qui consiste à saisir un radis à l’envers pour l’introduire horizontalement dans le palais, sans avoir perdu le roulotté de beurre, en cours de route, ni avoir abîmé les feuilles.

 

Le dessin

Evidemment c’est plus facile à dessiner qu’à réaliser. Encore fallait-il avoir l’idée de cette architecture à étages pour mettre en valeur le radis. Non, le BEURRE, qui est qualifié de « provocateur de goût ». Le dessin est superbe. Il a été conçu par Zoe Laugier pour la semaine du Fooding du Ier au 8 décembre 2008, avec ce sous-titre :

« Seul le beurre peut Magnifier le plus simple des Aliments et le rendre Exceptionnel. LE BEURRE, VITAMINE A DE LA SEMAINE DU FOODING 2008 DU 1ER AU 8 DECEMBRE » Signé, LE BEURRE PROVOCATEUR DU GOÛT    

 

Pour suivre le chemin

. Publicité parue dans le Monde du 30.11.2008

. Retrouver Zoe Laugier sur facebook      http://www.facebook.com/zoe.laugier

. Lire l’article sur les radis dans Wikipedia sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Radis

. Même Ginette Mathiot (Livre de poche 1955 « La cuisine pour tous ») est particulièrement peu prolixe sur le radis, qui visiblement ne l’inspire pas. Au moins elle cite les radis roses en page 66 dans la recette 63:

«  Les choisir fermes. Couper une partie des feuilles vertes, enlever la racine, les laver à l’eau froide ». C’est une des « recettes » les plus courtes ; seules les olives font plus forts dans la concision : « Les faire dessaler pendant 2 heures. Les servir sans eau dans un ravier ».

Quel est le rapport entre le radis et l’olive ? Réponse: aucun, mais ça me fait rire.

 

. Aller plutôt feuilleter Jean Valnet dans son ouvrage de référence « Traitement des maladies par les légumes, les fruits et les céréales » (Maloine éditeur), qui cite le radis noir puis le radis rose. Tous les deux sont très bénéfiques pour la santé, en particulier dans les maladies de la vésicule biliaire, contre le scorbut, comme stimulant hépatique, tonique respiratoire, stimulant hépatique, diurétique, anti-allergique, sédatif nerveux…

. Les 4 recettes de Jean Valnet, toujours dans le même ouvrage : à manger cru en salade, en extraire le suc et le boire tout de suite, à boire en extrait aqueux en ampoule acheté en pharmacie et enfin faire un sirop contre la toux et contre l’anémie des enfants à préparer la veille (alterner des couches de radis noir avec du sucre candi). Le lendemain, boire le sirop qui a dégorgé à raison de 4 à 6 cuillerées à soupe par jour. Selon l’auteur, c’est un remède magnifique.

. Son dernier conseil : toujours manger les jeunes feuilles qui vous aident à digérer le radis.

 

. Et avec tout ça, vous voudriez que je vous parle du beurre. Non, non, trop, c’est de trop. Une autre fois !              

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N comme les Super-Nanas de La Tranche sur Mer

19 Juillet 2010, 15:58pm

Publié par Elisabeth Poulain

Pour bien les admirer, je vous conseille d’arriver un La Tranche s-Mer, Hotel de l'Atlantiquesamedi vers midi en fin de marché. En juillet, ce ne doit pas être mal non plus. A mon avis, ce doit être tous les jours la foule.

 

En juin, ça vaut déjà le coup. Il y a un monde fou. Vous arrivez quand même à rejoindre l’Hôtel de l’Atlantique situé avenue de la plage, tout près de l’église, du marché et de l’office du tourisme.  

L’Hôtel de l’Atlantique

La Tranche s-Mer, Hotel de l'AtlantiqueC’est un vieil hôtel du début du siècle dernier,  comme les aime le Guide du Routard et le P’tit Fûté, avec une patronne sympa, des vues sur les toits, un décor qui est resté dans son jus et des chambres toutes différentes les unes des autres, avec balcon et terrasse. Vous êtes très gentiment accueillis par la patronne qui a l’œil à tout. Levée avant tout le monde, couchée en dernier, c’est elle qui distribue le travail, rappelleLa Tranche s-Mer, Hotel de l'Atlantique à chacun ce qu’il a à faire de particulier. Elle  a réponse à toutes vos questions.

 

Avec elle, nous avons parlé de la mosaïque du bar, d’accueil du client, de Wifi et d’ordinateur qui est en  libre usage dans le bar. A vos pieds, un gentil toutou de couleur sable, attend sans impatience que tombent des miettes du croissant délicieux que vous prenez au petit déjeuner. C’est elle, Myriam Chéné, la première Super-Nana de la Tranche, qui assume avec son mari et leur équipe réduite, une masse de travail impressionnante.  

La Cave des Chouans

De l’autre côté de la ruelle qui fait l’angle avec l’avenue de la Plage où est situé l’Hôtel, rue de la Bastille, voici la Cave des Chouans, qui est une petite maison largement ouverte sur l’avenue. Cette cave La Tranche s-Mer, Cave des Chouans, Marie Siktancoffre une palette qualitative des vins de Vendée et aussi de France. On y trouve également des alcools de qualité comme un whisky japonais qui a été élu meilleur whisky au monde.  Cette cave est tenue par une dame très enjouée qui a pour nom Marie Siktank.

 

Cette Super-Nana là est originaire de Tchéquie, ce qui explique son léger accent chantant d’Europe centrale. Avec elle, nous avons parlé des vins de Vendée, de Loire, de wkisky… et de la force d’initiatives des Tchèques et en particulier de ses étudiants, La Tranche s-Mer, Cave des Chouans, Marie Siktancqui partent à l’étranger, notamment en France et aux Etats-Unis pour se former en développement à l’international.  Mais il n’y a pas qu’eux, la preuve, Marie est là: « Je vais là, où il y a du travail, dit-elle et celui-là me plait ».  

Le magasin de confection féminine

Il est situé toujours sur ce côté droit pair en descendant l’avenue de la Plage, tout prés de la plage. Aux commandes, une autre Super Nana qui sait tout de ce qui se vend en matière de confection féminine. Isabelle a du faire des marchés. Elle en a le La Tranche s-Mer, Doc Mertensbagout et l’œil vif pour repérer ses clientes dans les femmes qui se pressent devant son étal qui prolonge le magasin sur le trottoir. Elle a un tonus étonnant qui éclate dans les couleurs qu’elle porte.

 

Elle y va franchement et adore, littéralement, assortir ses Doc Martens à la couleur de son T’Shirt et/ou du long foulard qu’elle porte avec des colliers autour du cou. Elle en a 17 ou 19 paires, qu’elle entretient précieusement. Chaque matin, elle se pose la question rituelle « Et aujourd’hui, c’est un temps ou La Tranche s-Mer, Doc Mertens, bas de l'avenue de la plageune humeur à mettre quelle couleur ? » De Doc Martens bien sûr. Elle m’a autorisé à photographier ses pieds, mais pas le reste.

 

Avec elle, vous l'avez deviné, nous avons parlé Doc Martens. Eh oui, c’est comme ça et puis voilà.  

Pour suivre le chemin

. La Tranche sur mer, se renseigner à l’Office de Tourisme, Place de la Liberté, 85360 La Tranche sur Mer, contact@ot-latranchesurmer.fr   www.ot-latranchesurmer.fr  02 51 30 33 95 La Tranche s-Mer, Hotel de l'Atlantique

 

. L’Hôtel de l’Atlantique, avenue de la Plage, www.hoteldelatlantique.fr  02 51 30 30 15

. La Cave des Chouans, 12 avenue de la Plage, cavedeschouans@yahoo.fr, 02 51 27 26 56

 

. Les Doc Martens, les vraies, à 8 trous, même en plein été, à voir sur le site officiel

http://www.cloggs.eu/fr/icat/mrqchssdocmartens&source=cloggsfr?gclid=CMDy_4nq96ICFY8A4wodvlI0hw

. A retrouver aussi sur Wikipedia la folle aventure de ces grolles orthopédiques au départ, devenues maintenant un must pour la gente féminine

http://fr.wikipedia.org/wiki/Dr._Martens

. Photos EP, à voir dans l'album photo Blog, les deux photos, celle qui commence l'article et celle qui le finit, sont toutes deux prises de l'hôtel, la Ière de jour, vers l'arrière rue de la Bastille, et la seconde de nuit vers l'avant de l'hôtel vers l'Eglise.

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Savourer la Loire à la Guinguette des Tourbillons, La Possonnière (49)

16 Juillet 2010, 09:54am

Publié par Elisabeth Poulain

S’arrêter au bord de Loire, pour se restaurer de façon simple, chaleureuse et bonne, sans se ruiner, face à des paysages d’une très grande beauté, au soleil du début de l’été, quand la Loire a encore beaucoup d’eau, est un vrai plaisir, plus rare qu’on ne le pense. Chacun sait combien il est difficile de trouver « LE » bon endroit réunissant toutes ces conditions d’apparente simplicité, au moment où on le veut, proche de l’eau pour une fois accessible, sans souci pour garer sa voiture. Pour l’ombre, il y a déjà des places sous les arbres, mais pas toutes. Soyez un peu patient. 

La guinguette ‘Les Tourbillons’ 

La Possonniere, le port, la guinguette Aux Tourbillons

 

Il doit bien sûr y avoir un jeu de mots. Chacun sait que la Loire n’est jamais sage, sous ses aspects de grande beauté. L’eau y est toujours vivante, allante, tourbillonnante, avec un fort courant dans le chenal  et des effets de contre-courant sur les bords. Ces fameux tourbillons s’appellent alors des « marmites » qui n’ont rien de particulièrement sympathiques pour les kayakistes. Ce peuvent être aussi les tourbillons de la vie et plus sûrement ceux de la danse, qu’on y pratique les vendredis et samedis soirs à la Possonnière. Les Tourbillons est le nom de la guinguette qui se trouve là depuis 1998, sept ans avant l’aménagement du port.

 

Encore une preuve que rien ne vaut un restaurant pour tester du pouvoir d’attractivité d’un endroit. Certains penseraient plutôt à d’abord tracer le cadre et ensuite implanter la guinguette. La municipalité de La Possonnière a choisi avec raison de faire l’inverse.    

 

Une histoire, un rêve, une rencontre

 La Possonniere, le port, la guinguette Aux Tourbillons

Il est vrai que cette guinguette est l’histoire d’une rencontre et d’un rêve d’enfance. La rencontre s’est faite avec la municipalité, quand Elisabeth Kret, dite Babé, restauratrice, a trouvé l’endroit, avec sa cousine, Hélène Grimault. Toutes deux ont cherché pendant un an, un endroit près de la Loire,  qui corresponde à leurs rêves d’enfant, pour y créer une guinguette, avec l'aide de la mairie et de leur équipe. 

 

Cela fait 13 ans déjà que Babé Kret et Hélène Grimault ont ouvert ce restaurant qui fait une cuisine « bistrot » avec des produits locaux et des vins de Loire bien sûr, ceux de cette Loire si proche. « En 13 ans, me dit Babé, les gens qui viennent n’ont pas changé. Ils sont sympas, détendus.  Ce sont des couples, des gens seuls, des familles, de tous les âges… Tout est fait pour les accueillir de la façon la plus naturelle, afin qu’ils se sentent bien, tout simplement. Il n’y a, chez nous, ni congélateur, ni micro-onde. Ce qui explique, et c’est écrit sur les menus qui font office de set de table, qu’ils vont devoir un peu attendre que le plat se fasse, sous leurs yeux» dans la toute petite cuisine très fonctionnelle, ouverte, forcément, sur la terrasse et la Loire.

   

L’équipe

Les Tourbillons sont une double affaire d’équipe, entre les deux cousines d’abord, et avec l’équipe des cinq personnes qui chaque jour font tourner la guinguette. Outre Babé qui veille à tout, il y a Perrine à la cuisine, Delphine, Emilie et Anthony en terrasse, car on ne peut pas dire en salle. Il n'y en a pas. Le choix d’une cuisine élaborée avec des produits frais fait aussi que Babé a tissé autour d’elle un double réseau de producteurs locaux et de vignerons proches. La cuisine reflète cLa Possonniere, le port, la guinguette Aux Tourbillonset ancrage local.  

               

La carte

Elle est tri-partite, avec à gauche, ce qui est « à manger », au milieu les vins « à déguster » et à droite, les autres boissons « à boire ».

 

. Petite faim, visez les tartines au fromage, avec une tartine gabarre, une salade, une soupette froide (courgettes + crème crue + curry), des rillettes Angèle au maquereau fumé…  

. Adeptes de l’assiette, vous choisirez la Morice (avec andouillettes + frites + salade + tomate…), l’Angevine (avec rillauds + sauce cyriloise + frites + salade + tomate), la Chalonnaise avec des filets de canard marinées aux épices ++…

. Si la saison et l’arrivage vous sont favorables, une friture d’anguilles sauvages avec l’accompagnement. 

 

Tous les producteurs sont cités sur la carte avec Plumejeau de La Pommeray, L’Anguille argentée de Montjean sur Loire, La Boulangerie Bressin de La Possonnière, le Gaec de La Thau à Montjean sur Loire, la Charcuterie Bertaud de Chalonnes, les Légumes Fièvre de Saint-Georges et le Gaec de la Blanchetière de Belligné.

   

A déguster les vins des vignerons du coin

La Possonniere, le port, la guinguette Aux Tourbillons

On y retrouve, au verre pour certains, en demi-bouteille et à la bouteille, des vins de vignerons bien connus. Citons en rouge David Lecomte de Passavant, Les copains d’abord avec le Groslot des Ménard (Rablay sur Layon), Alain Boré du Fresche  à la Pommeraye, les Frères Richou de Mozé sur Louet pour un Anjou-Village Brissac et un vin un peu ‘rare’ en Anjou le Cheverny rouge de Philippe Tessier.

 

En blanc,  un Pinot gris de Alain Boré, un Muscadet Sèvre et Maine sur Lie de Chistophe Maillard du Pallet, des Anjou blancs secs de David Lecomte et Patrick Baudoin, un Saumur blanc de Guillaume Reynouard et deux Savennières, celui de Sylvie Termeau (Moulin de Chauvigné situé sur la rive gauche, au dessus de Chalonnes) et Madame Laroche (Domaine aux Moines).

 La Possonniere, le port, la guinguette Aux Tourbillons

En rosé, deux Rosé de Loire  de Sylvie Termeau et de Jean-Marc Renaud (Château de la Franchaie, le seul vigneron de La Possonnière) et le Cabernet d’Anjou de David Lecomte.

 

Bien sûr, la carte ne saurait oublier, en moelleux, le Coteaux du Layon de Sylvie Termeau et l’Anjou Côteaux de la Loire d’Alain Boré, en Crémant et Crémant rosé, ceux du Château de Passavant.

   
Un paysage global

Récapitulons : devant vous, autour de vous, la Loire, dans un endroit à la fois intime et d’une très grand amplitude, entouré de personnes aimables, avec des vacanciers détendus, en train de manger non pas du pain banal, mais du pain de la Possonnière juste derrière vous dans le village, avec un rosé de la Loire de Sylvie Termeau, dont la vigne est en face sur l’autre rive sur le coteau, près de son moulin, mangeant de l’anguille de Montjean, un peu plus loin sur la rive gauche…Un véritable tour de Loire, assis-e sur chaise et tout ça, rien qu’en allant à la guinguette de Babé, Hélène et leur équipe…Vous pouvez tout aussi bien choisir de rester sur cette rive droite, en mangeant du fromage de chèvre et un Savennières.

 

Pour suivre le chemin

. Lire le précédent billet qui porte sur le cadre tout à fait exceptionnel du petit port de la Possonnière, dont le nom n’a rien à voir avec le poisson, mais avec le posson, une mesure de vin  qui contenait 180 litres de vin. On retrouve ce terme en amont dans la Vallée de la Loire ; on parle de poinçon à Blois (228 litres), en Touraine (230 à 250 litres)…

 

La Possonniere, le port, coté Loire, avec bateau et kayak 

Admirer la Loire au port de La Possonnière (49), France      

 

. A La Possonnière, prendre le chemin du camping, garer  la voiture au parking en face et faire les quelques mètres restant à pied, vous y serez : 02 41 72 66 66

. Les coordonnées de tous les producteurs sont portées sur la carte qui sert de set de table.

. La Guinguette est référencée dans divers ouvrages et sites, à voir dans le Guide du Routard, Géoguide, le Petit Fûté… sur Facebook aussi

http://www.facebook.com/group.php?gid=95866065097

. Photos Elisabeth Poulain

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Admirer la Loire au port de La Possonnière (49), France

15 Juillet 2010, 11:03am

Publié par Elisabeth Poulain

C’est plus une certitude qu’une idée comme ça, jetée en l’air. Si vous deviez conseiller à des amis étrangers de découvrir ce qu’est la Loire, c’est à La Possonnière qu’il faut venir. Bien sûr, il y a des endroits proches magnifiques ou prestigieux, connus depuis plus de 1 000 ans pour leurs vins, comme le village voisin de Savennières. Mais pour la Loire, celle dont on rêve comme d’un ailleurs, le petit port est vraiment exceptionnel.

 La Possonniere, le port

Le port

Il est tout petit, niché au coin d’un creux du grand fleuve en été, au sein d’un paysage d’une très grande amplitude, surtout si on se place dans cet axe décalé pour rejoindre l’eau, par rapport au chemin ancien perpendiculaire à la rive. La jetée en béton s’inscrit dans une oblique qui regarde vers la tête de l’Ile de Béhuard proche, avec tout à votre gauche le Bras de la Guillemette, puis la Loire à droite de l’île, en face la Loire bien sûr d’une bonne largeur, à votre gauche, la Loire descendante, sans qu’on puisse distinguer le début de l’Ile de Chalonnes, à cause du pont ferroviaire de l’Alleud.  

Le lien direct avec l’eau, le sable et le végétal

Cet endroit est à la fois une création récente qui date de 2005 et une résurgence car il y avait ici bien un port où les plates et gabarres étaient attachées à la rive plate, c’est le cas de le dire. Ici, il n’y a pas de quai pour dominer l’eau ; ici, on ne se pose pas la question de savoir si on peut toucher l’eau de la main, du pied  ou je ne sais quoi encore. Chacune de ces questions ayant été prononcée lors des visites des quais, berges et rives de la Maine, la Garonne ou le Rhône, faites récemment par le groupe de travail d’Angevins sur les Berges de Maine, un affluent de la Loire, en amont.

 

La Possonniere, le port, au bout de la jetee, vers la rive

 

Un paysage d’eau

Tout fait eau ici pour la nature et le regard. On ne peut imaginer paysage d’eau plus concentré que celui-là. L’eau en signe toutes les caractéristiques. Le site d’abord, il est inondable et inaccessible l’hiver, apaisée et à portée de main l’été. En conséquence, tout a été re-fait en ce sens. La jetée sera submergée, le chemin d’accès aussi, le la grande prairie, le camping, le parking aussi. La base des bâtiments de la Guinguette, installée là en 1998 aussi.

 

C’est cette caractéristique qui explique que le village de la Possonnière soit éloigné de quelques centaines de mètres du bord de l’eau, protégé par la levée du chemin de fer. C’est grâce à cela aussi que le village a pu mener avec succès cette nouvelle extension d’un village qui « retrouve son fleuve » pour reprendre les mots actuellement utilisés en marketing territorial. La municipalité a crée un lieu d’accueil très hospitalier, sans chercher à faire ressortir des qualités ou des caractéristiques que le site n’a pas. Il s’agit de rester « petit » sans chercher par exemple à accueillir de gros bateaux au port.  

 

La Possonniere, le port, vers l'aval

 

La nature

Au bord de la Loire, au raz de l’eau, on ne voit que de l’eau, du sable et du vert sous toutes ses formes et ses nuances, dans l’eau, prés de l’eau, plus loin, plus haut. On ne distingue aucune habitation qui évoquerait, ne serait-ce que de loin, une activité humaine, l’obligation de vivre là ou le travail. Il n’y a là que des pêcheurs, des pagayeurs, des navigateurs, une dame qui passe la journée dans une gabarre aménagée et qui toilette son chien sur le sable près de l’eau, le passeur qui ramène les passagers après un petit tour de Loire, des kayakistes revenir d'une virée sur la Loire, d’autres qui hésitent à revenir et qui repartent… tellement il fait beau.

 

Et puis il y a les pique-niqueurs qui arrivent, après avoir sagement garé leur voiture au parking, avant d’arriver sur la rive. Ceux qui viennent se renseigner sur les horaires et le coût du « passage en Loire ». Et toux ceux qui vont déjeuner à la guinguette « Aux Tourbillons », ouverte préalablement à la fin de l’aménagement du port,  dans un terrain légèrement sur-élevé.

 

La Possonniere, le port, coté Loire, vers Behuard

 

Un paysage global

Le tout donne immédiatement un air très hospitalier au site, à voir un jour de franc soleil quand la lumière est encore un peu froide. Elle fait ressortir les mille et unes nuances de la limpidité du ciel, de l’évanescence de l'air avec ça et là quelques petits nuages ronds, de l’irisation de l’eau, en écrin au végétal qui explose en vert. A boire aussi, un verre de vin de Loire à la main, mais ça c’est pour le prochain billet, sur la Guinguette « Aux Tourbillons ».   

Pour suivre le chemin

. Lire la suite sur le prochain billet « Savourer la Loire à la Guinguette des Tourbillons, La Possonnière 49 »

. Trouver les informations indispensables sur le village sur http://www.la-possonniere.fr/

 

Passer la Loire avec le Passeur de Loire, avec lequel aller au marché de Chalonnes sur Loire le mardi de juillet et d'août, avec "Coureur de Grèves" (c'est le nom du bateau), faire une ballade sur l'eau, prendre l'apéro et même, pourquoi pas, bivouaquer sur une île en Loire, 02 41 74 99 29, ou 06 30 05 55 40, terreetloire@orange.fr, www.terreetloire.com 

 

. Une suggestion : trouver une « plume de bonne volonté » parmi les 2336 habitants du village qui pourrait tracer un portrait sympathique de la commune dans Wikipedia. L’avertissement de Wikipedia, qui a supprimé le texte qui décrivait la commune pour cause de trop forte ressemblance avec le site de la mairie, est certainement fondé. Il en résulte qu’il faut un autre texte qui apporte sa propre valeur ajoutée. Si non, c’est un peu dur, au niveau de la communication.      

. Photos EP, à retrouver dans l'album "Rives de Villes", où La Possonnière  voisine avec Bordeaux et Lyon. Ces trois villes abordent chacune à sa manière la relation avec l'eau de son fleuve.  

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Street Art > Ouf heureusement que Mimi the Clown est passé par là

12 Juillet 2010, 11:22am

Publié par Elisabeth Poulain

Oui, parce qu’il a été le seul, à prendre ce coin de ruelle, Passage de la Censerie, qui mène à la Place de la Laiterie, devant l’Abbaye du Ronceray à Angers, pour en faire l’élément principal de sa composition. L’artiste y a apposé sa double création son signe, sa signature rouge, à la typographie remarquable, à un endroit, que seuls des yeux comme les siens peuvent voir. Des yeux un peu tristes, qui vont bien avec son pif rouge, le seul élément de couleur, avec sa signature en rouge. Si non, c’est toujours du noir-pochoir (encore plus noir, du coup) sur du papier blanc.    

 

Blog 2010.07.10 019

Le mur de la ruelle                       

Il y a là, un très vieux mur, une porte qui n’a plus de Blog 2010.07.10 026porte que le nom, avec une couleur verte fondue dans le gris vieux d’un mur qui n’a pas vu ni maçon ni peintre depuis des décades. La magie de l’endroit tient en son caractère non-visible et pourtant totalement accessible. Seuls ceux qui se rendent à l’exposition qui se tient à l’Abbaye de la Ronceray peuvent le voir, en sortant de l’exposition et à condition bien sûr de continuer à garder les yeux ouverts pour continuer à voir.  

Mimi et son chien

Blog 2010.07.10 023Il y a là Mimi qui vous regarde en attendant que vous le voyez, enfin. Son corps est caché par la porte fermée. Il est patient, Mimi, et son chien qui le connaît bien, en attendant s’occupe à vider ses intestins. Ce n’est pas parce qu’on est un chien d’artiste, vraiment moche et pas beau, qu’on n’a pas des besoins pressants, comme un autre.  

La réaction

Quand en sortant vous avez vu Mimi, grâce aux conseils des deux personnes qui vous ont accueilli à l’entrée, vous vous demandez si vous avez bien regardé les panneaux dans le cloître. Vous faites alors marcheBlog 2010.07.10 006 arrière, repartez vers le cloître exceptionnellement ouvert par décision de l’Ecole des Arts et Métiers, en traversant le fond de l’Abbaye et vous recherchez  les autres Mimi. Il y en a trois en tout.  

Mimi l’homme si triste

C’est son regard avant tout qui vous interpelle, un regard comme lavé par la profondeur d’une souffrance qu’il cache derrière le nez rouge. Il faut dire que j’ai toujours été très sensible à la tristesse infinie des clowns qui m’ont toujours plus donné envie de pleurer que de rire. Devant vous se tient un homme d’une profonde humanité que l’idée d’être exposé dans un cloître généralement fermé au public amuse. Il en profite pour jouer la provocation, ce qu’il n’a pas fait dans la rue.  

Son tryptique pour Angers 

Mimi The Clown MMX 1Mimi The Clown MMX 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 Mimi The Clown MMX 3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a  "Mimi aux Stigmates", puis "Liberté, Egalité, Fraternité" et ma préférée "La Madonne à l’enfant". Une autre couleur apparaît alors, le jaune du halo doré en symbole de sainteté. Visez aussi la longueur du panard droit de MIMI en mère qui donne le biberon.  

 

Pour suivre le chemin

. Mimi The Clown est le nom d’artiste de  Miguel Donvez qui se définit comme un artiste de rue, peintre pochoiriste 

http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Lille/actualite/Secteur_Lille/2009/08/31/article_mimi-the-clown-alias-miguel-donvez-un-mi.shtml

.  Exposition Arttaq Angers

. L'Abbaye du Ronceray et l'Eglise de la Trinité, La Doutre, Angers, voir la plaquette des Munuments historiques.

. Photos EP, à retrouver avec d'autres sur Art and Co sur ce blog.  

 

 

  

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