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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Au Logis Ozanam à Angers, savoir dire merci pour l'accueil reçu

1 Septembre 2010, 09:22am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Angers, La Doutre, Logis Ozanam, Dames

 

Oh, cela n’a rien d’évident, tant l’accueil par les uns que le remerciement par les autres. C’est si peu évident que les témoignages de remerciement sont rares et évanescents. Le plus souvent, il n’en reste qu’un souvenir qui s’affaiblit avec le temps qui passe et qui partira avec celui ou celle qui a exprimé ce merci du fond du cœur et de celle qui a su le recevoir. Cette fois-ci, j’ai employé le féminin parce celles qui reçoivent les témoignages de gratitude sont les Dames du Logis Ozanam. Et les personnes qui disent merci et qui pour certains savent l'écrire sont des membres de la famille ou des amis de malades ou de victimes d’accident qui sont soignés dans les hôpitaux d’Angers ou des parents en maison de retraite.  

 

Le Livre d’Or du Logis Ozanam

Doutre, Logis Ozanam, Livre d'Or dessin, M. Sarrazin

 

Le Logis s’est ouvert le 15 septembre 1983. Cela fait donc maintenant 27 ans que ces gros cahiers, ces « Livres d’Or », rassemblent une partie de l’histoire du Logis, vue du côté des résidents. Au début, on ne sait qui écrit. Parfois les personnes donnent seulement le nom du ou de la malade avec seulement le nom de famille, en faisant parfois précéder leur nom de « Famille » écrit en toutes lettres   ou une signature avec un texte qui met l’accent sur l’accueil « simple et chaleureux », « l’esprit de famille » qui règne au Logis, « le réconfort » des « merci » aussi qui montre que tout est dit.

 

La première personne qui date et signe clairement sans donner toutefois son prénom écrit le 12.11.1983 : «  La création du Logis est une idée exceptionnelle aussi bien matériellement que moralement car l’ambiance et l’esprit que l’on y trouve sont rares. Je souhaite que dans toutes les grandes villes de France dotées d’un centre hospitalier s’installent un tel Logis. Merci. X. Y…...

 

La presse lors de l’inauguration

Deux articles de presse (Courrier de l’Ouest et Ouest-France) ont été découpés et collés le 26 septembre 1983. Le premier porte un dessin de M. Sarrazin, le second rappelle cette très belle citation du président national de la Société Saint-Vincent de Paul, M. Blanc «  la pauvreté, c’est parfois simplement de se retrouver seul ». A l’époque, la nuit d’hébergement au Logis coûtait 45 francs.


Doutre, Logis Ozanam, escalier interieur,

 

 

 

Le malade

Le trait commun à tous ces témoignages du début du livre porte sur la très grande retenue concernant le malade. Son prénom est parfois cité mais seulement quand il s’agit d’un enfant. On rencontre ainsi Anne-Marie, Chantal, Julien, Laetitia…Quand il s’agit de personnes âgées, c’est alors au mieux « mon père, ma mère », parfois les deux à quelques semaines de temps. Ce monsieur écrit: j'ai été « accueilli  avec tant de gentillesse et de compréhension pendant les trois semaines d’épreuves, que j’ai passées, lors de l’hospitalisation de mon épouse ». Une jeune maman : « nous vous remercions, mon bébé et moi ». 

 

La durée de l’accueil

Une dame a ainsi passé trois mois au Logis, sans lequel dit-elle « je ne sais vraiment pas où je serai allée ». On ne sait rien des raisons qui l’ont fait venir mais elle dit son émotion pour le petit cadeau de Noël qu’elle a reçu pendant son accompagnement. D’autres indiquent seulement les dates d’arrivée sans commentaires : 17 septembre-26 octobre. Ces indications sont rares. En fait, ceux qui témoignent surtout au début ne pensent pas à laisser une empreinte de temps. Quelques années après, le temps fait son entrée dans le livre, surtout sous l'influence des témoignages de personnes d'autres nationalités.   

 

Le témoignage

 

Doutre, Logis Ozanam, Livre d'Or , témoignage

 

Les mots qui sont écrits se ressemblent beaucoup ; ce qui figure déjà dans le livre inspire évidemment ceux qui les lisent ensuite, surtout pour commencer leur texte. Mais ce qui compte, c’est la sincérité et la force des remerciements, avec pour chacun ou presque un mot, une phrase ensuite qui va colorer son témoignage de façon personnelle. Cette dame par exemple, en fin de paragraphe : « je sais que je ne serai jamais plus jamais seule et cela me redonne courage ».

 

Toute une famille allemande remercie en indiquant le nom des membres de leur famille et leur adresse à Eldingen en Allemagne. Ils pensent que ce serait une bonne idée que d’avoir de telles maisons d’accueil en Allemagne.

 

L’origine géographique de ceux qui écrivent


Ils viennent de toute la région, d’Angers bien sûr, de Montsoreau, de Mayenne, du Poiré sur Vie en Vendée, d’Agen. On peut également citer Argenteuil, Saint-Léger du Morbihan, l’Ile d’Yeu  mais aussi de plus loin : d’Angleterre, d’Allemagne, du Zaïre, d’Alger, de Côte d’Ivoire, de Colombie, de Syrie, des Etats Unis ou du Laos pour un médecin hébergé à Ozanam le temps de sa formation au CHU… Chacun écrit dans sa langue, avec son écriture. C’est certainement là qu’il y a le plus de différences. On remarque des façons anciennes de former les lettres, les modes actuels, les écritures étrangères que l’on remarque très vite. On devine l’âge, l’émotion qui font trembler les lettres... 

     Doutre, Logis Ozanam, Livre d'Or , témoignage

 

 

D’autres s’essaient au français, comme ces quatre membres d’une famille américaine, une dame et ses enfants qui se sont fait du souci pour le « papa » (je pense qu’il s’agit de son mari et père des enfants)  qui ont tous été  accueillis de façon « si chaleureux et doux.. Tout le monde au Logis avait été très gentils. Il m’a assisté avec toutes mes difficultés et soucis. Les enfants avait été très heureux ici, c’est comme ‘chez nous’. C’est difficile d’écrire  ce que je veux dans une langue étrangère mais Merci, mille fois pour tout… ».  

 

Les dames bénévoles

Au début, elles sont incluses dans les remerciements puis très vite, elles sont cités en premier « un grand merci à ceux et celles qui bénévolement s’occupent de cette maison si bien organisée… ». Dans la quasi-unanimité des cas, les personnes parlent des bénévoles, sans jamais dire que ce sont uniquement des femmes.

 

Les cartes postales et les photos

 

Doutre, Logis Ozanam, Livre d'Or dessin

 

Certains préfèrent témoigner une fois rentrés chez eux. Au calme, ils prennent le temps de

choisir une carte postale et d’envoyer des mots de gratitude. C’est ce que fait une famille qui a choisi une carte de la Stfitskirche de Stuttgart. Puis les premières photos apparaissent. Ce sont les bébés qui ouvrent la porte de l’image et de la personnalisation. Le premier apparaît en 1987. Il sera ensuite suivi par beaucoup d'autres . On les voit à l’hôpital ou de retour à la maison.

 

Il existe un cas bouleversant. C’est celui d’une maman dont le fils de 17 ans est décédé à l’hôpital sur la table d’opération. Il ne lui a pas été possible, quand elle a quitté le Logis Ozanam, d’écrire quelques mots. Elle l’a fait deux ans plus tard en joignant une photo du jeune homme, dont la présence souriante reste ainsi à jamais.

 

Un seul dessin a été fait directement dans l'album. C'est une oeuvre d'une dame allemande de Stuttgart.  

Quelques témoignages en guise de non-conclusion

« Monsieur B. R. est décédé ce matin…Son ami (c’est donc celui qui écrit) est venu cette après-midi pour inscrire sur ce livre cette phrase : ‘le Logis Ozanam, c’est la maison du Bon Dieu’ et il vous remercie tous ».  

 

«  Le Logis n’est pas comme une auberge espagnole où on ne trouve que ce qu’on y apporte.

On vient avec sa détresse et on y trouve réconfort.

On vient avec ses soucis et on y trouve amitié.

On vient avec sa peine et on y trouve chaleur humaine. 24-2.85 F. C…de Lassay, Mayenne »

 

      Doutre, Logis Ozanam, escalier interieur,

           

«  Cette maison,  c’est comme un grand protecteurqui nous entoure, nous sécurise  et nous écoute.  

  Ce protecteur est beau, sincère et nous sourit.  

  Félicitations à tous les bénévoles pour votre  extraordinaire travail. Merci de tout coeur   

                                                A… C…

                                                Québec, Canada »

 

«  3 Sept 96

            Whether your stay here is for happy or unhappy reasons, be assured you are among friends. We have been treated to the almost kindness, consideration and sympathy by all and for our time here, we had not some where to stay but a home.

            Merci mille fois à tous. S…, K… and D...C...”

 

Pour suivre le chemin

Ce billet n’est pas une analyse de tous les témoignages de remerciements qui s’expriment depuis 1983. Des quatre Livres d’Or, il n'en reste que trois qui sont si riches, si divers et d’une telle amplitude de sentiments qu’ils mériteraint une véritable recherche dans le domaine des sciences humaines. Ce n’est pas mon propos.

 

Mon but est seulement de mettre en lumière un court instant quelques aspects seulement des émotions ressenties par les résidents du Logis Ozanam lors de leur départ ou de leur retour chez eux, en me limitant au début et à la fin du premier livre.  

 

. Voir le billet précédent sur ce même blog

Le Logis Ozanam, une maison si charmante à Angers, Doutre (49)

. Photos Elisabeth Poulain, n° 1, 

- de gauche à droite, Isabelle Gireaux et Liliane Lecourt, les deux dames en charge de l'entretien du Logis et  deux des dames en charge de la gestion de l'association, avec Christiane Schwartz trésorière, qui est debout,  et Simone Cravignac qui en est la présidente , photos de l'escalier avant et après restauration coll. du Logis et entre les deux, des photos de témoignages tirés du premier album.             

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N comme Nana comme l'étranglement par le corset

31 Août 2010, 10:18am

Publié par Elisabeth Poulain

N = Nana = Corset 

Je sais bien que rien ne colle dans mon titre. C’est la raison pour laquelle je vous l’indique aussi en équation. Il est quand même fou de voir ce qu’on peut infliger au corps des femmes. Après avoir découvert le plaisir de faire du sport, après avoir acquis difficilement le droit de cacher leurs jambes en portant le pantalon, voici qu’en cette fin de première décade du 3ème millénaire, voici le retour du corset. Les lèvres sont pleines, les seins sont pigeonnants à souhait - de qui, on se le demande -, la ‘bimbolisation’ continue. Et le corset revient.

 

La dentelle ou l'éternel féminin 

Non pas de façon frontale, certes pas. Ce sBroderies-04641.jpgerait un peu dur quand même mais de façon détournée, comme toujours. Le moyen utilisé est la dentelle ; oui celle là-même qui obligeait des femmes pauvres à travailler près de la lumière du jour à réaliser des ouvrages d’une si grande finesse qu’elles s’en usaient littéralement les yeux. C’est bien pourquoi je hais la dentelle et que jamais, je n’irais dans un musée de la dentelle, fusse celui  d’Alençon très bien par ailleurs, de Calais qui a fait de la dentelle une Cité internationale ou de Caudry qui a nommé la place où est situé le musée, Place des Mantilles.  

 

Trois corsets du XX siècle

Ce que je sais, c’est qu’entre les trois, il y en a un qui choisit de mettre le corset à Corset, Calaisl’honneur sur sa plaquette publicitaire. J’ai sous les yeux trois modèles de corset, présentés toujours au nom de la finesse du travail des dentellières, un modèle ‘light’ qui va du dessous des seins à la taille de façon à avoir la taille fine. C’est un modèle rose et noir de Marcel Rochas de 1952. C’est bien l’objectif souhaité, faire ressortir les seins et arrondir les hanches à la façon d’un pichet pour une meilleure prise en main ! Le modèle n° 2 va du dessus des seins jusqu’à la culotte bien couvrante comprise. Cette fois-ci, c’est Christian Dior qui signe cet ensemble ‘Star’ (1996). Le troisième est le plus enveloppant : il maintient  les seins et couvre les hanches, au-dessus de la culotte. Raffinement : on peut y fixer les bas, sans lesquels une femme bien née ne pouvait sortir. De la même façon qu’elle devait attacher ses cheveux, mettre un chapeau dessus et enfiler ses gants. Ouf, y avait-il encore un peu de peau nue ?. Oui, le visage sous le maquillage. On sait ce qu’il en est pour certaines femmes en 2010 dans certaines régions du monde.

 

Un autre corset pour aujourd'hui

Mais il y plus, mieux, je ne saurais dire. C’est le Corset, Delhaize, Bruxelles, Papier toilettedernier corset que j’ai à vous présenter. Il est violet sur fond blanc. Il présente très peu de dentelle, si ce n’est aux bords du corset. Il se présente comme une véritable armature de guerre, avec des tiges rigides pour accentuer une cambrure qui ne saurait sans elles exister au-dessus et au-dessous. Une véritable horreur, qui me fait frémir. C’est du papier toilette que l’on trouve en vente actuellement chez Delhaize à Bruxelles. Quel humour ravageur !

 

Ca donne vraiment envie d’aller aux toilettes ! Mais si vous n’aimez pas ça, petite nature que vous êtes, vous avez le choix. Il y a aussi du papier avec des araignées dessus. Pourquoi pas ? 

 

Pour suivre le chemin

. Voir la différenciation des corsets pour femme au fil des âges, pour tenir le dos droit ou faire ressortir les fesses vers l'arrière, avec beaucoup de modèles, sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Corset

. A Alençon, voir  http://www.ville-alencon.fr/alencon.asp?idpage=10703&id=25691&tp=

. A Calais, la Cité internationale de la dentelle et de la mode, 25 rue Richelieu, 62100 Calais, www.musee.calais.fr

. A Caudry, le Musée Dentelles et Broderies, Place des Mantilles, 59540 Caudry

www.museedentelle-caudry@wanadoo.fr

.  Photos n° 1 et 2 Cité internationale de la dentelle et de la mode, EP pour la n° 3 de Delhaize.    

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La saturation visuelle par la publicité > Un jeu culturel pour réagir

30 Août 2010, 09:44am

Publié par Elisabeth Poulain

Constater la saturation visuelle par la publicité

Avant le passage à l’an 2000, des chercheurs avaient calculé l’impact visuel Effet de lainage blancpublicitaire en ville, c’est à dire la rencontre entre une publicité et la personne qui passe, quel que soit son mode de locomotion, à plus de 700 expositions/jour et +. Ce genre de calcul ‘ à l’américaine’ où toute information doit être chiffrée,  est forcément tout à fait contestable en raison de son mode trop aléatoire de calcul en situation. Voyons les trois composantes.

. Tout dépend bien sûr de savoir dans quel pays, quelle ville, dans quel quartier, dans quelle rue, à quel endroit, à quel moment… Ca, ce sont des critères applicables au territoire.

. Du côté de celui qui est supposé voir, entendre, sentir cette publicité, les critères sont aussi nombreux, dans le sens où ils sont infinis puisque tout dépend de la personne et de sa perméabilité à la pub.

. Quant à la rencontre elle-même, la connaissance de la mentalisation de la publicité a fait certes de grands progrès mais n’en est qu’à ses débuts. Il ne suffit pas de voir une publicité pour qu’elle fonctionne. Pourtant c’est bien sur cette possibilité de « rencontre » que se vend la pub auprès des annonceurs. On est capable de dire après-coup pourquoi une pub a marché, mais pas encore de prédire qu’elle va marcher. Ouf, heureusement !  

 

Apprécier les différents degrés d'imprégnation publicitaire

Quoiqu’il en soit de ce nombre d’expositions, Ecailles de cuir, sac à mainle fait est qu’il y en a tant et plus qu’il n’est possible de dénombrer consciemment les présences publicitaires dans l’espace public. Outre celle qui est qualifiée comme telle, la publicité a mangé tout notre espace avec la pub pour la presse visible sur les panneaux, des hauts-parleurs que l’on entend dans la rue, des écrans de télévision désormais installés en ville sur les grandes places et la simple vue d’une enseigne qui fait de la pub, sans même parler des marques sur le dos, les sacs, les chaussures…. Elle atteint des sommets puisque de nombreuses d’informations classées officiellement comme telles sont en fait de la publicité envoyée par les entreprises et qualifiées souvent sans transformation ni valeur ajoutée propre par la presse en info.  On a déjà franchi la cap de ne plus savoir distinguer ce qui est pub et ce qui est info ‘pure’.

 

Retrouver une certaine fraîcheur mentale et visuelle

La question se pose désormais de savoir comment il est possible de garder ou de Encre noir et blancrecouvrer  un peu de fraîcheur pour choisir – soi – ce qu’on a envie de voir plutôt que de subir, sans réactions possibles, celles que d’autres veulent nous imposer, toujours pour notre bien. Vous l’avez bien remarqué. Un des jeux en réaction à votre disposition est de transformer votre sortie dans l’espace public hors de votre appartement en traque animalière murale.  Il n’y a là rien de bien singulier. Le thème seul change un peu. Quand vous faites des tours de découverte d’une ville, un guide à la main, vous faites bien la même chose.

 

Un jeu vous permet de retrouver une part de liberté et ce faisant un plus grand espace personnel de vie dans l’espace public : vous fixer vous vos propres objectifs de ce que vous cherchez à voir. Les thèmes sont là aussi infinis puisque tout dépend de vos goûts, de vos désirs, du lieu et du moment. Avec un premier résultat absolument étonnant, c‘est que bien souvent  vous trouvez ce que vous cherchez, en application de l’adage ‘on voit ce qu’on cherche’. Dans le même sens, vous vous surprenez à découvrir des choses devant lesquelles vous êtes souvent passé sans les avoir jamais repérées précédemment.

 

Choisir ses thèmes de jeu

Bien sûr, vous pouvez aussi, et il est recommandé Impression noir au tampon sur papierpar des connaisseurs de la pensée, de vous laisser flotter, immerger dans le lieu où vous êtes, comme dans un bain interculturel, un bain de jouvence pour repousser trop de clichés ou d’images reçues. Ceci n’est pas contradictoire. Vous n’êtes pas dans un choix ‘fromage ou dessert ?’ Là, c’est ‘les deux et + encore’. A votre choix, la possibilité de parler aux gens dans la rue, les jardinets, le végétal en ville, à commencer par les mini-jardins de rue que plantent les habitants devant chez eux, les devantures de certains magasins vintage, les soldeurs de bouquins, le street art, la différence – un vaste sujet à décliner – la couleur, les façons de marcher en ville, la cohabitation dans le tram, les façons de faire ses courses, la présence d’un animal au bout d’une laisse, les terrasses de café, les  vêtements hors mode, la perception des nationalités, les façons de conduire et de se conduire, la relation à la pub…

 

Prendre l’exemple du photographe Christophe Louergli

C’est un jeune artiste belge pour qui « photographier, c’est respirer ». Son Lumiere, papier, bambou et ficelledomaine de sélection porte sur le détail d’une extrême banalité, devant lequel on passe tous les jours et qui un jour va lui parler. L’ensemble crée un monde qui prend sens par ses yeux et qui, grâce à lui, va porter sens pour d’autres que lui. Il est un transmetteur d’émotion, d’une émotion d’autant plus forte qu’elle est subtile, aérée, évanescente, impalpable et pourtant si présente. Elle est transmissible. Son travail est fondé sur un regard qui accepte la lenteur de l’instant.

 

C’est à cela que  je pensais en voyant la belle exposition consacrée à Raoul Ubac par la ville de Trélazé (49). Ses lithographies sont accompagnées par des photographies de Christophe Louergli qui jouent  « en résonance » avec l’œuvre de Raoul Ubac. Et ces résonances trouvent un écho singulier chez celui qui regarde. Un jeu à trois singulier, qui ouvre l’œil, avec une qualité de profondeur impressionnante. J’ai rarement vu un lien d’une telle densité entre une œuvre imprimée, une photographie et la  personne qui fait le lien  entre chacune d’elles d’abord et elle-même ensuite. Avec des découvertes remarquables, dans le jeu d’étincelles entre l’artiste Raoul Ubac (I910-1985) et le photographe né en 1976, il y a enrichissement pour celui qui regarde.              

 

Pour suivre le chemin

. Voir le catalogue de l’exposition du centenaire de Raoul Ubac à Trélazé, Anjou 2010.  

. Raoul Ubac à retrouver sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Raoul_Ubac

. Retrouver Christophe Louergli sur son blog http://louerglichristophe.artblog.fr

Il est aussi présent sur Facebook : on y voit une photo de mur en ardoise. Comme il le dit dans le catalogue du salon, il préfère s'exprimer par la photographie. 

. Photos 'noir et blanc' EP   

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Qui porte la parole du vin? Qui dit le vin?

26 Août 2010, 15:40pm

Publié par Elisabeth Poulain

Quelques mots sur le titre

Rameau de vigne triomphant en AnjouJe ne sais pas de trop si ce double titre est compréhensible alors je vais le traduire tout de suite. La question que je me pose est de savoir qui a la légitimité pour vanter les charmes d'une région en parlant du vin, dans une vision très touristique bien sûr. Elle m’est venue à l’idée dans le train en allant à Bruxelles après avoir lu un supplément du TGV magazine intitulé « Parcours divins en Val de Loire », conçu conjointement par Interloire pour les vins de Loire et les Caves touristiques -Vignoble de Loire.  

Le livret Vitibreak

Il s’adresse à ceux qui prennent le Thalys pour aller de Paris à Bruxelles. Il est très bien conçu avec tous les codes d’une présentation qualitative codifiée actuelle. Malgré le petit format, il commence par une introduction sous le titre « Il était une fois un val divin » signé par Anne-Marie Jelonek. Cette journaliste de TGV magazine annonce la couleur : il s’agit de « vendre » le charme de la Vallée de Loire en reprenant tous les « poncifs » que véhiculent la communication sur le Val de Loire depuis plusieurs décades maintenant, tout en faisant semblant de dénoncer ces dits poncifs pour mieux les entériner.  

Les 15 éléments clés de l’oeno-tourisme en Val de LoireChâteau de Saumur

Citons dans l’ordre d’arrivée dans le texte : la douceur de vivre, la lumière, les châteaux et jardins, leur prestige, l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco, la 3ème région de France au plan du nombre d’appellations, la plus longue route des vignobles avec le nombre de kilomètres (800), le caractère exceptionnel du patrimoine touristique, un accueil privilégié, aux visiteurs « gourmands », les bonnes adresses, les panoramas fétiches, les rendez-vous festifs, le vin en porte d’entrée sur l’art de vivre et les paysages. En 22, 5 lignes, on ne peut guère faire plus ou mieux. Vous trouvez là tous les éléments de langage que doit véhiculer la communication sur les vins de Loire.

 

Une double page d’entrée porte la carte chromatique et oenologique du Val de Loire : bleu pour le fleuve et son influence, rouge pour les feuilles de vigne et les cépages, vert et rose orangé pour un coucher de soleil pour montrer l’équilibre entre terroir et fruit, rose tendre et vert jeune pour désigner la fraîcheur et la vivacité des vins. 

Le choix éditorial

Moulins a vent, Rablay sur LayonIl a été de concevoir un véritable magazine avec une « vraie » journaliste de Touraine spécialisée dans la nature et l’écologie, Catherine Levesque. C’est elle qui est en charge des ballades de la page de gauche qui donnent le ton. La page de droite offre une palette diversifiée de cinq activités, avec trois photos. Des reportages entrecoupent les ballades de façon à rompre le rythme, avec un séquençage 2-2-1, avec le pays du Muscadet et l’Anjou d’une part,  les bulles de Saumur à Vouvray + les 6 châteaux et les 7 vins d’autre part et enfin la Vallée du Loir. 

Les cinq ballades ligériennes

A l’aide d’une carte placée à la fin, vous découvrez les choix des promenades. On y trouve

-        une ville pour le pays du Muscadet, Clisson, mais sans que le mot de Muscadet soit écrit, avec Nantes TGV écrit en gros sur la carte,

-        une province aux 30 appellations pour l’Anjou, avec Angers TGV sur la carte, 

-        les bulles pour Saumur, complètement dissociée de l’Anjou mais  associée à la Touraine, avec Tours en grande ville et Saint-Pierre des Corps pour le TGV,

-        un titre sibyllin pour six châteaux (Amboise, Chenonceau, Montrichard, Chaumont, Chambord et Cheverny) et sept vins plus loin, sans autre mention, avec Blois en grande ville mais sans TGV,

-        un poète, Ronsard, pour la Vallée du Loir, qui n’a pas de grande ville, le Mans et Vendôme sont cités pour le TGV. Pour la première fois un vigneron, Benoît Jardin apparaît, avec le nom de son domaine ‘Les maisons rouges’, son numéro de téléphone et son mail.  

La rencontre avec les vignerons

Outre le zoom en page gauche, que je viens Maison de vigne branlante en Saumur Champignyd’indiquer, il y a en page de droite une diversité de thèmes au menu, avec un seul vigneron au mieux.

-        Pour le pays nantais, le seul domaine nommément recommandé est celui des Génaudières, avec ses différents vins, mais sans localisation.

-        Pour l’Anjou, ce sont le Château de La Mulonnière et le Domaine Saint-Pierre, sans références aux vins.

-        En Saumurois et à Vouvray, c’est le Château de l’Aulée à Azay le Rideau.

-        Pour les 5 châteaux et les 7 vins, le choix s’est porté sur la cave de Paul Buisse à Montrichard, maintenant propriété du Groupe Chaînier d’Amboise.

-        Pour la Vallée du Loir, il n’y a pas d’autres vignerons. 

Le trouble

L'axe du pressoir de MontlouisImaginez que vous ne connaissiez rien à la géographie ligérienne. Vous aurez le plus grand mal à comprendre ce qu’on vous raconte, surtout si à chaque fois, il vous faut vous référer à la carte  à la fin qui ne comporte aucune indication des localisations des quelques vignerons cités. Les vignobles sont amputés d’une bonne partie de leur implantation territoriale, ne sont plus désignés ou disparaissent complètement. Le Saumur-Champigny, effacé de la visite,  apparaît avec une interview de Pierre Arditi, tout comme les vins de Montlouis dans l’interview de David Bireau, chef sommelier du Crillon. Chinon est cité comme situé sur une route d’accès ! Saint-Nicolas de Bourgueil et Bourgueuil au moins figurent sur la route du vignoble… La vision est tellement faussée : un parcours d’initiation vaut plus qu’un vignoble où surgissent des jeunes et toujours jeunes vignerons de talent qui sont à l’honneur d’un métier difficile.  

 

Les vignerons, leurs vins et la personnalisation de leur accueil non standardisé n’ont quasiment plus la parole. A la place, la plaquette recommande d’aller dans les maisons du vins sélectionnées à chaque fois pour chaque ballade. Comme si déguster en maisons des vins équivalait à déguster chez les vignerons ! 

 

Bien sûr on vous recommande dans la présentation de vous référer au guide et à la carte téléchargeable sur vinsdeloire.fr. Bien sûr il s’agit d’une sélection mais il y a là un déséquilibre profondément gênant. A la question ‘qui porte la parole du vin’ et ‘qui dit le vin’, la réponse est que c’est celui ou celle qui le fait, l’incarne et/ou le porte. C’est celui ou celle qui prend le risque à chaque fois pour chaque millésime. C’est lui ou elle qui tire par son seul travail, oh combien multiple, dans les vignes, dans les chais et les caves de dégustation - tous les autres métiers du vin. Il ne faudrait pas l’oublier.

 

Comme on dit en langue enfantine,  c’est celui qRosier en bout de ligne, vignoble de Sancerreui fait qui dit. 

Le risque

Il est réel. Le risque est d’affadir la langue du vin, en reprenant les mots de la communication, qui s’usent d’autant plus vite qu’ils sont utilisés et qui usent la parole des vins qu’ils ont pour objectif de promouvoir. Ils banalisent le langage et font perdre aux vins leurs spécificités, leur profonde humanité. 

Pour suivre le chemin

. Sur ce sujet, lire aussi sur mon blog

Des dangers de l'oeno-tourisme pour le petit vigneron (1)

. Chercher l’information sur les vins de Loire, en lisant les blogs vignerons.

. En blog généraliste portant sur les vins de Loire, je vous recommande le blog de Jim Budd sur jimsloire.blogspot.com

. Photos EP

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La vraie recette des tomates farcies d'Alice de Montpellier

25 Août 2010, 10:49am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Ne cherchez pas une Alice de Montpellier comme on a un Henri de France ou un Laurent Tomates, variété de Crimée devantBeauvais de Beauvais. La première était cuisinière dans une grande maison dans le sud de la France, près de Montpellier. Le second était un des rois de France et le dernier cité est charcutier actuellement à Beauvais.

 

-        Pourquoi commencer ainsi ? Vous pourriez faire plus simple, non ?

 

-        Oui, mais ce serait moins drôle. Là, il s’agit de vous montrer le pouvoir des mots, même et surtout en matière de cuisine. Sans le rêve, il n’est pas de cuisine, simplement de l’alimentation et ça, c’est encore autre chose. Quelque chose de plus qu’utile, de carrément vitale même. Ici, en matière de recette, il s’agit plutôt d’entrer dans un univers de la fascination, rien qu’à l’énoncé de ce qu’il faut avoir sous le coude et faire.

 

La recette d’Isabelle

-        Ah voilà déjà que ça se complique. On commence par Alice et on découvre Isabelle.

 

-        Isabelle est la petite fille d’Alice. Elle est aussi une fine cuisinière, comme sa grand mère. Elle a gardé de ses vacances d’enfance dans le Vaucluze dans sa famille maternelle, le goût des recettes pleines de saveur, de chaleur et de tendresse, avec des cuissons longues et des étapes qui commencent parfois la veille, comme celle-ci.

 

La recette 

L’histoire commence effectivement la veille, quand il Tomates, variétés diversesfaut aller au marché pour réunir tous les ingrédients nécessaires et dans le potager pour cueillir les ‘bonnes’ tomates. Des grosses à farcir et d’autres pour entrer dans la farce. Ce qui est bien avec cette recette des vraies tomates farcies, dit Isabelle, « c’est qu’elle est simple, peu coûteuse et facile à réussir ».

 

-        Je me méfie dés lors qu’on dit que c’est pas compliqué, pas cher et pas dur.

   

- Tout est évidemment relatif  car il vous faut quand même 15 composants, sans compter les ustensiles, la poêle, le plat qui va au four et le fait que vous commencez la cuisson des légumes la veille pour être plus tranquille. Quant au coût, comme il y a peu de viande (200 gr. environ pour 4),  et que c’est fait avec des légumes de saison dans la région de production, c’est un plat familial qui revient moins cher que d’autres. 

La ratatouille

Pour faire cette ratatouille, il vous faut, des petites et des grosses tomates (1 et 2), des courgettes (3), des poivrons (4), des aubergines (5) que vous découpez en cube, à l’exception des grosses tomates (1) que vous gardez pour les farcir.

 

-        Petits ou gros, les cubes ?

 

-        Ah la question traître, j’étais sûre d’y avoir droit. Tout dépend de vos habitudes, de la finesse de vos doigts, du coupant de votre couteau et du légume. Les courgettes et aubergines en cubes d’I cm à 1, 5 cm de façon à être encore visibles une fois cuits. Les autres en lanières un peu plus longues et moins larges. Inutile de vous dire – mais je le dis quand même – que les tomates à cuire pour la farce seront épépinées par vos soins, avant la cuisson.     

 

Vous placez le tout à la poêle avec un fond d’huile d’olive (6), avec de l’ail coupé (7) en tout petits morceaux. Vous ajoutez du thym (8) et froissez quelles feuilles de laurier (9).  Et vous laissez mijoter tranquillement à feu doux, pour obtenir un joli fondu, mais pas de la purée quand même. On voit bien la différence à l’œil.

 

-        A quel moment mettre le persil, avant la cuisson ou après ?

 

-        Les deux écoles existent. Isabelle préfère à la fin, parce que du persil mijoté, c’est quand même un peu bizarre !  

La viande

Tomates, variétés diverses, petites jaunes et rougesC’est là que se trouve la révélation du mystère des VRAIES tomates farcies de Montpellier. Vous n’allez pas prendre de la chair à saucisses faites avec de la viande de porc, non pas du tout. Mais de l’agneau (10), du bœuf déjà haché (11) ou un mélange des deux.

 

-        Moi, j’aime bien qu’on me dise exactement ce qu’il faut faire dans une recette.

 

-        Bon d’accord, mais aujourd’hui, c’est un autre jeu que vous propose Isabelle. Elle vote pour l’agneau que vous coupez menu-menu ou que vous passez au mixer. Mais là aussi, le couteau semble préférable. Vous placez à feu doux avec un peu d’huile d’olive dans une poêle. Là encore, il s’agit d’y aller en douceur. L’objectif est d’attendrir la viande, pas de la saisir comme une kamikaze.  

Le mijotage viande + ratatouille

Il se fait le lendemain dés que vous avez fait légèrement cuire la viande d’agneau (ou de bœuf). Vous ajoutez la ratatouille de la veille et vérifiez l’assaisonnement en thym-laurier-ail et persil, avec un peu de chapelure (12) qui va éponger le jus et un peu de parmesan (13) pour lier le tout.

 

-        Et le sel et le poivre ? Vous n’en parlez pas, c’est bizarre.

 

-        Je vous reconnais bien là, œil de lynx. Elle n’en parle pas parce que parce qu’il y a déjà du sel dans le parmesan. Si vous n’envisagez même pas de vous passez de sel, mettez en mais peu, tellement il y a déjà tellement de saveurs. Par contre, une pointe de poivre peut être appréciée (14). A vous de décider. 

 

Le remplissage des grosses tomates (1)

Pendant que le feu mijote doucement, vous évidez les grosses tomates que vous avez réservées et vous les placez, renversées, sur du papier ménager  pour les laisser rendre le trop plein de jus pendant que le mélange mijote. Il s’agit seulement de finir de cuire la viande avec les légumes.

 

Ensuite dans le fond de ces tomates, vous mettez de la biscotte ou de chapelure écrasée au fond et vous remplissez la tomate avec le mélange agneau-légumes méditerranéens. Le tout est placé au four, après avoir pris soin de remettre le chapeau de la tomate avec cette fois-ci, non pas du parmesan, mais du gruyère rapé (16), car il a plus de tenu à la cuisson que le parmesan. Grâce au gratin, les grosses tomates ne s’affaissent pas.

 

-        Combien de temps de cuisson ?

 

-        Ca dépend de la taille des grosses tomates. Comptez une vingtaine de minutes, vous n’oubliez pas que la farce est déjà cuite et qu’il s’agit seulement de cuire la paroi des grosses tomates et de gratiner les couvercles. Le plat se sert chaud et comme dit Isabelle Bigé, qui est l’auteur de cette recette, «   c’est un plat plus tu le cuis, mieux c’est ».    

 

-        Vous n’avez pas donné les proportions précises ? 

 

-        C’est volontaire, cher-chère lecteur-lectrice. De cette façon, vous utiliserez ce que vous aurez sous la main, avec plus de courgettes et moins de tomates, peu ou pas de poivrons. La recette date d’une époque où on faisait avec ce qu’on avait sous la main. A vous de choisir ; vous aurez ainsi le plaisir de créer votre propre recette de tomates farcies ! Un vrai délice pour la créatrice née que vous êtes. Vive la liberté en cuisine!

     

Pour suivre le chemin

. Plus d’infos sur la tomate sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Tomate

. Photos EP    

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La traque animalière > Sur les murs de la ville > Le street art

12 Août 2010, 16:49pm

Publié par Elisabeth Poulain

Blog-Bruxelles-2010.08.03-093.JPGAprès l’appartement dans lequel nous avons rencontré trois vaches, un chien, un cygne, un loup et un cygne – et tous ceux que j’ai laissés volontairement dans les placards -, voici quelques exemples de présence animale singulière. Ces animaux sont le plus souvent de grande taille pour être vues de loin de tout un chacun, même à ceux qui ne voient rien quand ils courent pour attraper leur bus ou leur train de banlieue. Le jeu peut consister aussi à chercher des petites représentations, comme le chien de Mimi the Clown ou les chats de l’Abbaye de la Ronceray à Angers dans la Doutre. Il faut là un œil plus aiguisé et un peu plus de temps disponible, mais vous le savez bien, « à cœur vaillant, il n’est rien d’impossible ».  

La traque animalière

Elle consiste à lever les yeux au ciel de façon à voir les murs en hauteur. Elle ne présente pas de difficultés particulières. Elle demande toutefois une certaine mobilité du cou, surtout si vous êtes dans un bus et que vous devez vous tordre le cou pour apercevoir un « Bonom » que vous ne connaissiez pas à Bruxelles. Il faut surtout de la part de ceux qui vous accompagnent une grande patience pour votre hobby du moment. Ils doivent vous attendre le temps que vous preniez une photo, puis une seconde pour être sûre d’en avoir une meilleure que l’autre...  

Sur les murs Bonom Bruxelles

Il faut faire abstraction de ce que vous voyez au sol, ce qui vous demande une certaine décontraction surtout quand vous voyez l’état de la chaussée à Bruxelles, même en centre ville. On est asse décontracté là-bas sur ce plan. Donc, vous avez des radars au bout de vos pataugas pour détecter les trous, les pierres, les saletés qui décorent le trottoir et votre objectif du jour est de trouver ces fameuses représentations animalières.  

La pêche

Elle n’est pas très abondante. Il faut l’avouer. Il faut savoir dire ce qui est. Au bout de l’objectif, un dinosaure, plusieurs poissons, un éléphant, un gros escargot et des coccinelles. Le rageant est qu’il existe une carte à acheter avec les œuvres de Bonom le plus grand des Street-Artistes de Belgique et de France. Mais depuis que j’ai l’info, je n’ai jamais eu le temps d’aller à Bozart qui la propose.  

Les peintures en noir sur blanc de Bonom

Bonom-Chaussée de Wavre-BruxellesIl aime le noir sur blanc. Un noir toujours étiré qui laisse passer la couleur du mur, de la paroi sur lequel il travaille dans l’urgence. C’est cette urgence qui explique qu’il tire le pinceau au maximum de la charge de peinture. Bonom n’a pas le temps de lécher son boulot.  C’est un peintre de l’action. Il travaille la nuit sur une échelle, le corps en extension, à bout de bras. Il doit aller vite sous peine de ne pas pouvoir faire. Comme si peindre un poisson entier ou un poisson mangé dont il ne reste que la tête et l’arrête centrale était à ce point dangereux pour l’ordre social qu’il fallait en empêcher la présence pour cause de subversion.Parfois aussi il sait prendre son temps comme sur ce squellete qui monte les marches.  

 

Le blanc est celui de la paroi sur lequel il imprime son empreinte qu’il ne signe pas. Un blanc qui prend toutes les couleurs de la vie, avec du gris au fil du temps, un peu d’ocre qui ressort du mur de briques, des traînées de fumée…Un blanc qu’on oublie tant la présence animalière est forte. Un blanc qu’on remercie parce qu’il offre la meilleure surface possible, compte tenu de tout ce que la paroi exprime. Sauf exception, Bonom choisit les murs latéraux des immeubles, ceux qui seraient normalement cachés, s’il y avait une construction jointe. L’idéal semble être pour lui d’avoir à côté un immeuble moins haut, qui permet d’accéder à celui qui servira de fond pour l’animal, comme une toile pour un peintre classique.               

Le mouvement Bonom-Bruxelles-Le renard roux

C’est d’abord ce que celui que Bonom fait pour accéder à « son » mur, celui qui réunit un maximum de conditions pour que ce sportif puisse laisser un nouveau témoignage de la présence animalière. C’est aussi celui que va faire l’animal. Il est toujours représenté en mouvement, pour montrer qu’il ne fait que passer. Avant, il n’y avait qu’un mur vide plus ou moins propre ou peint. Après, il aura disparu, sous l’usure du temps, un nouveau badigeon du propriétaire de l’immeuble ou la construction d’un autre immeuble à côté. Entre ces deux phases, l’animal sera là, jamais posé, ni en représentation traditionnelle. Le poisson vole, l’éléphanteau saute du haut d’un grand mur en fronçant le sourcil sous l’effort, le tyrannosaure grimpe l’escalier en courant, en faisant la course avec celui de l’autre côté pour savoir qui va arriver en premier. Pendant un temps non déterminé.  

L’amplitude du sujet

Dans tous les cas, l’artiste aime pouvoir s’exprimer en grandes dimensions. Ses grandes bêtes sont toujours magnifiées. Parfois aussi Bonom se lance sur des sujets en façade, avec de la couleur alors. Le renard me fait rire. Il est  vrai qu’il a eu peut être alors moins de difficulté à atteindre la surface et encore. J’attends le moment favorable pour le voir ‘en vrai’. Par contre j’aime moins, peu ou pas les monstres. C’est là pour moi, une des limites du Street Art. J’aimerais peu, si j’étais concernée par un bâtiment, qu’on le transforme en un symbole d’horreur qui fait peur, sans m’en demander l’autorisation. C’est là un vaste débat entre le pouvoir de la création en confrontation avec celui de la propriété pour lequel il n’existe évidemment pas de réponse simple, le dernier mot appartenant quand même en final au propriétaire qui peut décider de faire repeindre, à ses frais !  

Le pochoir, une autre forme de street art

Il s’agit là d’une autre démarche dont j’ai déjà parlé avec Mimi the Clown de Bambi BruxellesLille qui se définit comme un pochoiriste, un terme nouveau que j’ai découvert avec lui. L’artiste dans ce cas là appose toujours ses œuvres sur un mur ; mais cette fois-ci celles-ci sont préalablement faites chez lui au pochoir sur un papier fin. Le collage se fait aussi nuitamment ou à une heure de très faible passage au petit matin par exemple sur des murs choisis pour leur facilité d’accès à hauteur de main ou d’échelle. Le temps de la présence de cet art mural sur papier est évidemment beaucoup plus court qu’avec de la peinture acrylique faite directement sur le mur. C’est de l’art évanescent qui va durer le temps que dure le papier à condition que personne ne l’arrache. 

 

En allant vers le port de Bruxelles, j’ai ainsi découvert deux séries de Bambi qui signe ses œuvres : un escargot qui file devant, suivi par des coccinelles sages qui le laissent volontiers ouvrir la route. Les deux collages ont été faits il y a déjà un certain temps à l’abri de la pluie sous un auvent à hauteur du premier étage d’un immeuble.  

Pour suivre le chemin

. Lire sur ce blog le Ier billet sur La présence animale > Un bestiaire d'appartement  

. Lire les deux billets sur ce blog sur Bonom et Mimi the Clown

Levez les yeux au ciel et admirez le dernier Bonom

Ouf heureusement que Mimi the clown est passé par là 

  

. Voir  Bonom sur  http://www.bxlblog.be/tag/street-art/

. Photos EP à Bruxelles

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La présence animale > Un bestiaire d'appartement

11 Août 2010, 10:35am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Nous sommes cernés. A croire que les animaux sont encore plus nécessaires à notre vie que nous ne le pensons, même quand nous n’avons ni ne voulons d’animaux de compagnie. C’est réellement, une question qui m’interroge : pourquoi avons-nous tant besoin des animaux ? Et je ne parle pas de ceux qui font partie intégrale de notre vie consciente ou inconsciente, comme les monstres qui hantent nos cauchemars, ni de ceux que nous mangeons, mais d’animaux que nous considérons comme bienveillants, drôles, exotiques ou qui deviennent à la mode pour un temps.  

 Vache, peinture acrylique, coll CP 

Des exemples. Parmi les plus basiques, citons les innombrables représentations de chat, de chien, d’oiseaux…Les poissons dans la salle de bain, les coccinelles à l’entrée, le hérisson imprimé sur le tapis brosse, la vache dans la cuisine, le canard sur l’assiette d’enfant, l’ourson dans la chambre, la grenouille qui coasse à l’entrée extérieure de la porte d’entrée. J’arrête là. Il y en a de trop. 

C’est pour montrer cette extra-ordinaire présence animale aussi bien mentale que physique que je continue cette chronique sur l’invasion animale en prenant l’exemple d’un appartement. Suivront un billet sur l’animal vu par des artistes de Street Art et des exemples de ce qu’on peut voir dans et de la rue, autres que les peintures murales. 

 L’appartement

. Vache, Street Art, Montmartre, escalier Paris

Résolument contemporain, iI est situé en plein cœur de Bruxelles, il bannit les meubles ‘meublants’ et les bibelots et privilégie les livres et la peinture. Il constitue à ce titre un bon exemple, justement parce qu’il n’est pas centré sur l’objet en tant que tel. La jeune femme qui y vit n’a nulle envie d’avoir un animal de compagnie. Le jeu consiste à relever ce que l’on voit sans ouvrir les livres ou fouiller dans des tiroirs. Que voit-on sur les murs ?

D’abord des vaches

Flying cow, Face d'un packaging de lait américain, avec une v. D’abord une vache rouge de belles dimensions sur un fond blanc sali, qui a une présence inégalable et inexplicable. C’est la vache dite ‘Internet’ parce qu’elle n’est pas signée et qu’elle a été achetée sur le Net ;

. ensuite une petite vache en noir sur fond gris, sur une photo qui a été faite à Paris près de Montmartre dans un escalier public qui monte à la Butte, à une époque où on ne connaissait même pas le terme de Street Art,

. enfin une vache volante rouge, la Flying Cow, sur un emballage de petite dimension d’une boîte de lait vendue à New York. Le graphisme est fort et la vache a un tonus inouï. Elle saute au-dessus des gratte-ciel. Normal, elle boit du lait ‘Flying Cow’. On trouve un restaurant de ce nom. 

 

 Ensuite un chien Chien triste, publicité rue Lesbroussard, Bruxelles 2010.08.03 336

Il est si triste qu’il en est émouvant. Il a une telle force de communication que je ne manque jamais de regarder s’il est toujours là. Il a toujours eu de la peine. Encore maintenant, alors que pour la première fois de sa vie de chien de dessin, il est encadré. Dans un cadre si grand pour lui, qu’il ne lui est pas possible d’y trouver sa place. Résultat, il est de traviole, comme le cadre lui-même, mais l’un ne compense pas l’autre. Au contraire. C’est toute petite pub, dont seul le dessin a été conservé, découpé dans un magazine de pub branchée trouvée rue Lesbroussard dans un magasin de vêtements pour hommes à Ixelles.  

Les autres animaux

Gravure ancienne, La belle dame et le cygne. Un cygne sur une grande gravure sepia achetée chez Emmaüs en France. On y voit une belle dame, accompagnée d’une enfant, qui se penche avec grâce vers cet animal flottant qui ne la regarde pas non moins gracieusement, en plongeant son long cou vers le bord.                

. Un loup noir, en symbole du camping sauvage sur un T’Shirt blanc qui sort du sèche-linge.

. Le dragon blanc, sur un blouson anglais de laine bleue marine, qui doit être rangé pour l’été. 

 

Score final

La palme revient indiscutablement à la vache, rouge par deux fois sur trois. Le chien est positivement admirable de tristesse délicate. Il est un très bon exemple d’anthropomorphisme. On s’attend à voir son maître caché derrière lui, le chien l’attend. Quant au cygne, je le trouve un peu inquiétant, avec son long bec. Il est très révélateur de la symbolique qui existait au début du 20è siècle, une époque où il était difficile de parler de sensualité féminine. Montrer un cygne, porteur d’une symbolique solaire et mâle le jour, était une jolie façon de dire des choses.

 Loup sur T'Shirt

Quant aux deux autres animaux, loup et dragon, ils sont le symbole de forces qui nous dépassent, le loup comme maître de la forêt dense et le dragon comme maître des ténèbres. Ils ont en plus en commun d’être porteurs d’une force de communication compréhensible dans le monde entier.

Ouvrez les yeux

La présence animale ne se réduit surtout pas à ceux que nous voyons en jardinerie. Dans ce jeu-test, j’ai volontairement enlevé d’autres animaux qui ne font que passer dans l’appartement, comme

. le cochon en laisse tenue par une femme nue – Pornocratés - sur la couverture d’une plaquette du Musée Félicien Rops (né en 1833 et décédé en 1898),

. le museau très humide d’une jeune vache très curieuse et pas peureuse, dans une documentation gouvernementale belge sur la qualité de la viande

. le gorille noir, le faucon blanc, la girafe et le tout petit singe déguisé en officier de marine…sur une plaquette pour les ateliers Claus à Ostende au Club Terminus. 

Pour suivre le chemin

. Attendre bientôt deux autres billets, le premier sur quelques témoignages de la présence animale d’art street à Bruxelles et le second sur la présence  animale vue dans et de la rue.

. Photos EP

 

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Samedi matin, sur les bords de la Mayenne, à Montreuil-Juigné (49)

7 Août 2010, 19:52pm

Publié par Elisabeth Poulain

La découverte des berges de la Mayenne

 

La Mayenne, Montreuil Juigné, le chemin de halage

 

Nous sommes sur le chemin de halage, pataugas aux pieds  et carte de la ville de l’Agglomération d’Angers à la main, pour découvrir les berges de la Mayenne, en partant du camping Léon Delanoue juste avant le pont qui permet de rejoindre Cantenay-Epinard sur la Sarthe. Il fait beau, avec un temps léger, un peu frais, avec la fameuse lumière de Loire, qui n’est qu’à une dizaine de kilomètres au sud.

 

Au camping, les vacanciers sont encore dans leur tente ou leur caravane. Nous nous dirigeons en direction de l’écluse qui permet d’ajuster le niveau des deux rivières, la Mayenne et la Maine, dans laquelle elle se jette avec la Sarthe. Mayenne et Sarthe perdent en effet leur nom pour former la Maine, la plus petite rivière de France. A cause de l’eau toujours présente, la géographie est un peu compliquée dans le coin.

 

La Mayenne, Montreuil Juigné, le chemin de halage

 

La complémentarité

On peut marcher en rive droite de la Mayenne, grâce au chemin de halage bien entretenu.  Bien sûr, il n’y a plus de chevaux pour tirer les gabarres et toues qui descendaient la rivière vers Angers ou la remontaient vers Montreuil-Juigné et plus haut. C’est là aussi que viennent les pêcheurs, qui attendant si paisiblement la lente venue des poissons.

 

En rive gauche, il n’y a que de l’herbe et des arbres en bordure de la rivière. Aucune vie visible, même pas de vaches qui seraient pourtant les bienvenues. Sans elles, les prairies semblent vides. La géographie empêche l’accès de l’autre côté, avec un presque île et deux îles. L’hiver, ces herbages sont sous l’eau, tout comme l’Ile Saint-Aubin, située un peu plus bas à la confluence entre la Mayenne et la Sarthe.  

 La Mayenne, Montreuil Juigné, l'écluse

 

L’ambiance si paisible

Montreuil-Juigné s’est développée, dans un coude de la rivière, en haut du coteau très pentu et boisé, qui forme le parc. municipal François Mitterand Toutes ces composantes - la différence entre les deux rives, l’absence de bruit, les arbres de la forêt sur la pente, la prairie en face, la ville en haut et les pêcheurs qui ont l’air de dormir assis dans leurs plates accrochées au bord - donnent une ambiance hors du temps. A l’exception d’un couple d’octogénaires aimables et rieurs, avec canne de marche à la main, nous n’avons rencontré personne à l’aller.

 

La vie à l’écluse

La Mayenne, Montreuil Juigné, la dame de l'écluseIl a fallu atteindre l’écluse, pour voir le paysage s’animer. Fini le coteau et la forêt, voici de belles demeures, des voitures, un parking pour les accueillir, des jogueurs et surtout voici l’écluse, l’éclusière si charmante, sa maison et ses fleurs.

 

Voici aussi la seconde pénichette que nous voyons. Celle-ci est en train de franchir l’écluse. Une épreuve  brillamment franchie par le papa d’une adolescente qui a aidé à la manœuvre – elle devait veiller à ce que le bateau ne touche pas le mur, ce qu'elle a fait en bougonnant - La Mayenne, après le passage, remontée de la rivièreet d’une enfant plus jeune.    

Le retour par le coteau

La montée est raide. Elle offre de très jolies vues sur la vallée de la Mayenne et de la Sarthe, proche. C’est pour nous le plaisir de passer devant la mairie très fleurie et de traverser le parc que nous avons vu d'en bas pour rejoindre le chemin de halage, grâce à des sentiers très pentus. C’est à ce moment que nous avons apprécié encore plus la densité du bois. Une forte averse  d’orage nous a surpris, sans trop nous mouiller. Il était temps de rentrer.

 

Pour suivre le chemin jusqu’à Montreuil-Juigné

. http://www.ville-montreuil-juigne.fr/media/randonnees__088620200_1352_21062010.pdf

. Photos EP, voir d'autres photos dans l'album "Paysages".

 

      

   

 

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Des nouvelles des mini-jardins de rue d'Ixelles-Bruxelles

5 Août 2010, 11:11am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Les mini-jardins, vous connaissez. Ce sont ces plantations que vous faîtes devant chez vous sur le trottoir pour embellir les abords de votre logement ou vous faire plaisir tout simplement. Je les photographie, non pas systématiquement, ce qui tuerait le plaisir de la découverte, mais au hasard de mes ballades. Je fais toujours de belles découvertes, parfois végétales, parfois créatives, parfois humaines, les trois en même temps ou plus. Il n’y a pas de limite…  

    Bruxelles-Ixelles; Plant de renoué 

L’imagination des jardiniers, qui ne connaît pas de limite en effet, m’enchante. Le jardinage, chacun à sa façon, est un acte de liberté, profondément  engagé dans la revendication sociale du mieux vivre ensemble, au cœur du développement durable (DD) ou soutenable (SD), un vocable que je préfère. Je suis frappée de la disproportion de la faible importance accordée à ce troisième volet du DD. On parle beaucoup de la nature et à juste titre, beaucoup de l’économique bien souvent sans lien avec la première composante (voir l’exemple de Bouyghes) et quant au vivre ensemble, il n’est évoqué qu’en cas de trouble dans des territoires à problèmes. Comme s’il n’y avait pas de lien avec le reste du territoire... Un vivre ensemble aux allures de rustine ou de sparadrap, à vous de choisir. C’est le jeu de l’été, vous êtes vélo ou peau ?  

    Ixelles-Bruxelles, Plants de tomates en MJR 

Revenons à nos mini-jardins de rue. L’année dernière à Ixelles, rue Lesbroussard, qui joint l’avenue Louise à la place Flagey, les petits carrés au pieds des arbres étaient plantés de tournesols arrivés à des degrés divers de floraison. Cette année, il y a toujours des tournesols à certains pieds d’arbres, mais d’autres innovent. C’est le cas de la dame de la laverie qui s’est lancée dans les pieds de mini-tomates. La terre argileuse à souhait convient très bien. Il y a plusieurs mini-tomates sur pied et par terre. Il faut dire que les jardiniers municipaux avaient bien fait les choses au printemps. Ils avaient nettoyé et rechargé les carrés en terre.

 

Le caviste, à l’angle de la seconde rue en descendant à gauche vers Flagey, arrose et entretient toujours aussi bien « ses » trois carrés d’arbre. Ses tournesols ressemblent à des vrais ; certains font presque un mètre de haut, ce qui est un véritable exploit en ville. Visiblement, il les arrose tous les jours et il a pris soin de les attacher par un lien au tronc d’arbre. Un accident est si vite arrivé.

 Ixelles-Bruxelles, Place Flagey, marché aux fleurs

Toujours sur ce trottoir de gauche, le plus fleuri, le plus soigné des deux, côtés la renouée a complètement caché la grande fenêtre du Ier étage, sans que visiblement cela n’inquiète ou n’agace les personnes du premier (photo n° 1). Comme quoi la liberté des uns appelle la tolérance des autres et réciproquement.    

Trottoir de droite, outre la dame de la laverie, il convient de citer aussi la pharmacienne qui est en bas de la rue. Elle a conçu et  installé devant sa vitrine deux superbes bacs à plantes qu’elle arrose tous les jours et qu’elle rentre tous les soirs. Son voisin, le vendeur de fleurs est en vacances. Son absence se fait sentir, même s’il n’est pas forcément un adepte des mini-jardins. Il faut dire aussi que les fleurs qu’il offre à la vente embellissent grandement cette portion usée du trottoir et que le carré autour de l'arbre près de son étal est particulièrement sensible.Il attire tous les chiens du coin et les jeteurs de papier.

 

Il est vrai que l’usure des trottoirs est souvent peu favorable aux mini-jardins de rue mais rien n’est vraiment arrêté dans ce domaine. Parfois cette vétusté ajoute au charme dégagé par une ou quelques plantes qui arrivent à s’épanouir dans un univers apparemment peu favorable. La largeur du trottoir compte certainement aussi mais cette condition non plus n’est pas si contraignante.

 

Ixelles-Bruxelles, le jardinier de MJR

     

Je suis frappée de voir combien les passants instinctivement passent entre les plantes sans les abîmer. En fluidité et pas en force. C’est peut être ça aussi un des secrets du vivre ensemble. Il est vrai que Bruxelles sait faire dans ce domaine aussi. On y compte quelques 80 nationalités  d’origine différente, « des gens d’ici venus d’ailleurs », comme on dit si joliment là-bas. 

 

J’ai déjà cité le fleuriste de la rue Lesbroussart qui embellit le trottoir tous les jours. Je voudrais aussi saluer ces commerçants qui viennent le samedi et le dimanche matin fleurir le bas de la Place Flagey . Le choix des fleurs et des plantes est impressionnant. Tout à côté des fleurs, on peut aussi s’arrêter et s’asseoir pour déguster des vins tout en mangeant des huîtres.

 

Bruxelles, en allant vers le canal, plant de vigne

 

Pour finir ce rapide tour des mini-jardins, un hommage aussi à ce  magnifique jardinier, enchanté de parler jardinage avec un copain de rue. Je lui ai demandé l’autorisation de le prendre en photo près de « son » carré d’arbre. Il est particulièrement méritant car il a  choisi un des carrés le plus difficile à entretenir :  celui-ci accueille presque  chaque soir des sacs poubelle qui seraient bien mieux ailleurs.

 

Et enfin en guise de clin d’oeil, une photo prise en allant vers le Canal de Bruxelles pour découvrir l’opération de Bruxelles les Bains. J’ai eu le plaisir de découvrir la façon qu’a eue un fleuriste de se signaler aux automobilistes qui s’arrêtent au feu : poser deux gros plants de vignes en bordure de trottoir !  

Pour suivre le chemin
. Consultez le site d’un comité de quartier à Ixelles pour savoir ce que vous pouvez planter sur  http://sites.google.com/site/abeillesbxl/que-planter

. Lire les autres billets sur la rue Lesbroussard, les mini-jardins de rue et le végétal en ville sur ce blog

La bouteille et la rue > Le vin dans la ville > Le bar à Ixelles > BE

Impasse du Sauvage, les premiers mini-jardins de rue de la Doutre, Angers

www.elisabethpoulain.com/article-ville-identite-coherence-societale-et-lien-vegetal-40037040.html

. Découvrir l’opération Bruxelles les Bains sur   http://www.bruxelles.be/artdet.cfm?id=5497

. En attendant de que j’ai le temps de faire un billet dessus. Il faut savoir être patient dans la vie ! 

. Photos EP

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Les vins de Brem-sur-Mer, un terroir littoral à apprécier en Vendée

4 Août 2010, 14:32pm

Publié par Elisabeth Poulain

La Vendée n’est certes pas à découvrir. Elle fait partie, avec le sud méditerranéen, des deux régions françaises les plus fréquentées par les vacanciers de l’été. A l’Ouest, elle ne connaît pas de concurrence. Malgré cette notoriété ou peut être à cause d’elle, son terroir est méconnu. On pourrait presque dire que la dimension vacancière fait de l’ombre à la dimension viti-vinicole tout à fait réelle pourtant.

 

Thierry Michon, Brem sur Mer

Le vignoble a pourtant toujours été présent. On découvre au fil des promenades parfois des anciens pieds de vigne redevenus sauvages qui survivent entre les chemins pour aller à la plage ou entre les constructions nouvelles qui fleurissent plus vite que le vignoble s’enracine. Pourtant, ils sont une poignée de vignerons qui ont décidé de s’allier pour faire connaître le terroir de Brem, dans le cadre général des Fiefs vendéens.

 

Leur originalité tient en la diversité des vignerons et du caviste qui ont formé l’Union des Grands Fiefs de Brem. Quatre sont ont leur adresse à Brem même ; deux y ont des parcelles. Cinq sont vignerons ; le président de l’union est le caviste à l’origine de l’union.

 

 Aloha, Samuel Megnan, Salon des Vins de Loire 2010

L’un des six est très connu. On le voit sur la photo prise au Grenier Saint-Jean à Angers cette année. Il est aussi le seul à travailler en biodynamie. Un autre, œnologue de métier, a sauté le pas. Il a maintenant son domaine, à qui il a donné un nom polynésien. Chacun des deux a son stand au Salon des Vins de Loire, qui se tient à Angers en février. Leurs vins sont aussi présents sur le stand commun de l’Union.

 

Quatre sur cinq communiquent sur leur appartenance aux Fiefs vendéens Brem. Le seul à ne pas le faire est celui qui pratique la viticulture en biodynamie. Il s’agit de Thierry Michon du Domaine Saint-Nicolas. Trois autres domaines sont à l’honneur : le Domaine de la Rose Saint-Martin avec Denis Roux vigneron, le Domaine de la Borderie avec Laure et Olivier Paupion et le Domaine Aloha avec Samuel Megnan. Un seul se présente sous son nom propre,  Jean-Pierre Richard, sans donner le nom de son domaine du Lux en Roc. Pour finir ce sextuplé, citons La Cave des Vignerons avec Patrick Grenson aux commandes.

 

Union des Grands fiefs de Brem

 

L’Union va célébrer le 9 août prochain sa première année d’existence, lors de la 2è Fête des Vignerons, à Brem sur Mer bien entendu. Bon anniversaire et bons vins blancs, rouges et rosés de Brem-sur-Mer!         

 

Pour suivre le chemin jusqu’à Brem sur Mer

Voici quelques infos par ordre alphabétique

. Patrick et Lydie GRENSON, La Cave des Vignerons, rue de l’Océan, 85470 Brem sur Mer,

06 14 21 79 16 www.terroirs-vignerons-dexception.com

. Samuel MEGNAN, Domaine Aloha, Le Poiré, 85150 Vairé, 06 31 29 55 05 et son site www.domaine-aloha.com  
. Thierry et Anne-Marie MICHON, Domaine Saint-Nicolas, Route de Challans, Ile d'Olonne,

02 51 33 13 04  et magasin 11, rue des Vallées, 85470 Brem sur mer, 02 51 90 55 74, contact@domainesaintnichola.com   www.domainesaintnicolas.com 
. Olivier et Laure PAUPION, Domaine de la Borderie, 12 rue du Clocher, 85470 Brétignolles sur Mer, 06 08 48 06 93
. Jean-Pierre et Bérengère RICHARD, Domaine du Lux en Roc, 5 Impasse Richelieu, 85470 Brem sur Mer, 02 51 90 56 84 et 06 25 70 47 62
. Denis et Sandrine ROUX, Domaine La Rose Saint Martin, La Mignotière, 85470 Brem sur Mer,

02 51 90 57 31, 06 81 72 09 13

 

. Quelques généralités sur les vins de Brem-sur-Mer

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fiefs-vend%C3%A9ens_(AOVDQS)

. Et sur la localisation de Brem sur Mer  http://www.bremsurmer.com/

 

. Photos EP prises au Grenier Saint-Jean et au salon des Vins de Loire à Angers cette année.

 


 

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