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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Les petites maisons > Van Lieshout > La méduse jaune-bleue > Nantes

27 Septembre 2010, 17:27pm

Publié par Elisabeth Poulain

 AVL Joep Van Lieshout, Rotterdam, architecte L'Absence

Dire que tout le monde connaît l’Atelier Van Lieshout, AVL pour les initiés, serait vraiment exagéré. Peu d’entre nous ont eu la chance et de voir ce que j’appelle moi "la méduse bleue" des quais de Nantes et de d’avoir pris un bain dans un de ses blocs-cabine de bain-toilette placées au cœur d’un grand espace à vivre dans un hôtel qui ne ressemble à aucun autre. Il s’agit de l’Hôtel Llyod et Culturele Ambassade à Amsterdam sur un des quais nord qui ont été réhabilités avec succès par la municipalité.  

L’eau et le port

Petites maisons-AVL-L'Absence-Nantes Estuaire 2009L’eau semble tenir une grande place chez Joep Van Lishout. Son atelier, qui forme le A d’AVL, est situé à Rotterdam dans un ancien hangar portuaire aux dimensions à faire rêver bien des artistes qui aiment comme lui les grandes dimensions tout en sachant faire aussi petit. L’eau est certainement une de ses thématiques, avec les ports, ces endroits un peu oubliés et négligés, qui ont tenu une si grande place dans la montée en puissance de l’Europe. C’est vrai à Rotterdam, à Amsterdam, c’est vrai aussi à Nantes, qui hier, il y a plusieurs siècles connaissait une forte activité dans les relations entre la France et les Antilles.  

   

Les ectoplasmes et flux

Ces deux fils rouges se trouvent aussi en lien quasiment naturel avec les fluides, la sève et toutes leurs expressions aussi diverse s que des animaux, des conduits, des organes, des ovules, des bulles sans nom. Chaque chose qui peut contenir sans s’appartenir. Citons ces animaux invertébrés comme les méduses qui ont à la fois une forme et sont sans forme une fois sorties de l’eau ; pour les conduits, tous les tuyaux sont bons ; en matière d’organe, le nez, le scrotum, le phallus, le vagin sont tous investis ou visés par ses œuvres, de préférence, habitées. Cette bulle verte simplement  posée dans les bois, comme un OVNI, "Workskull" est certainement propice à la réflexion, pour retrouver ses réactiver ses neurones végétaux, loin de l’agitation urbaine.  

    Petites maisons-L'Absence-AVL-Nantes

La méduse jaune 

Cette méduse bleue a d’abord été jaune. C’est au moins ainsi que je l’ai découverte dans le catalogue d’Estuaire 2009 en pages 024-025. Son titre « L’Absence » interpelle. Son sens est à trouver en chacun. Ce qui est sûr, c‘est qu’une fois posée, on ne peut pas dire ancrée quand on n’a pas de forme et qu’on est un ectoplasme, cette méduse du nom d’Absence a tout de suite trouvé sa place, sur le pavé portuaire, dans une île, celle de Nantes, en terre étudiante, entre l’Ecole d’architecture et la Loire qui coule devant. Des grandes baies vitrées de la première, qui s’ouvrent directement sur le quai, il n’y a que quelques mètres à faire, pas dur quand on est étudiant en archi, pour arriver au bar qui est dans l’ectoplasme. Une jolie façon de rejoindre l’ovule née de la fécondation.

 

Le retour à la matrice

Et c’est ça aussi qui est intéressant. Comment des futurs archi, qui vont travailler sur cette troisième peau que constitue la maison, le logement, vont, sans même se poser la question, retrouver une bulle bleue de résine synthétique pour se désaltérer et se ré-humidifier  de l’intérieur en revenant dans la matrice originelle, cette fois-ci de couleur bleue assortie à la couleur du ciel ligérien si ce n’est à la couleur de la Loire par beau temps.

 

L’unité de vie "Nettoyage-Vidage"

Petites maisons, AVL, salle de bain, Llyod HotelDu bleu au jeune ocre en passant par la couleur caca d’oie, il faut virer l’oie et retenir la couleur jaune caca clair. Un mot que l’on est autorisé en France à prononcer seulement quand on est petit et qu’on ne connaît pas encore les codes du vivre en commun. Bizarre vous dites-vous, j’en suis certaine. Oh non pas quand il s’agit de Joep Van Lieshout. Lui qui est attiré par l’eau ne peut se désintéresser de la conception d’une Petites maisons, AVL, salle de bain, Llyod Hotelsalle de bain, avec des toilettes intégrées, en résine de polyester couleur caca jaune. C’est ce concept d’unité de vie que j’ai pu tester au Llyod Hôtel à Amsterdam. L’unité est placée au centre de la grande chambre au 4è étage et vous dormez à coté.  

Tout dans tout et réciproquement

Heureusement la literie est excellente. Pour l’unité de vie, rien ne vaut une belle et bonne baignoire en faïence, avec des water-closets munis d’une vraie porte et de vrais murs, bien séparés de la chambre. Il ne manquerait plus pour que ce soit une vraie unité de vie, avec régression intra-utérine assurée, que Joep et son équipe de l'atelier arrivent à caser deux lits jumeaux entre baignoire, lavabos et WC dans une double méduse jaune assortie et un bruit lancinant de vagues avec des trompes de brume de temps en temps! Pour rappeler le coeur maternel et la vie portuaire.  

 

En attendant, vous pouvez toujours aller à l'Absence, c'est maintenant un café très sympa.                          

Pour suivre le chemin

. Voir de belles photos des productions d’AVL sur www.ateliervanlieshout.com

Aller à L'Absence Café, en visitant avant son site sur

http://www.absence-nantes.fr/programmation/

 

. Par contre, il n’y a pas de photos des chambres dotées des salles de bain-toilettes d’AVL. Chacune des 117 chambres, que contient ce grand entrepôt maintenant devenu hôtel et aussi Centre Culturel, est différente des autres. Une expérience vraiment à tenter en allant sur http://www.ebookers.fr/hotel/Pays_Bas/Amsterdam/Lloyd_Hotel_and_Cultural_Embassy_Amsterdam/#/

. Lire sur ce blog un précédent écrit avec des photos de l’Hôtel Llyod

A Amsterdam, voguez avec le Llyod Hotel

. Des infos plus sur « Estuaire-Petites Maisons-AVL-Workskull 9-1 Nantes-Saint-Nazaire 2009 » sur http://www.estuaire.info/009/

. Photos, n° 1, JVL, n° 2 de L’Absence ---) AVL, n° 3 ---) L'Absence Café , n° 4---) Estuaire 2009, n° 5 et 6 Amsterdam EP, n°7 Workshull que j'appelle le champignon vert, avec mes remerciements à l'Estuaire et AVL.   

. Voir les trois autres billets dédiés au thème des petites maisons sur mon blog: 

Les très petites maisons (toilettes) sèches 

Les petites maisons > Hundertwasser > La Picaudière 

Les petites maisons > La station service seule dans la nuit  

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Les passe-partout en étiquette de vin

26 Septembre 2010, 09:12am

Publié par Elisabeth Poulain

 

A défaut d’avoir un nom un peu valorisant, les passe-partout présentent plusieurs Passe-Partout Etiquette de vin d' Anjou, annees 1970avantages. Elles ne coûtent pas chères, peuvent servir à tout ou presque et à tous et se démodent peu. Je trouve quand même que les imprimeurs qui les produisent et les vignerons qui s’en servent sont bien ingrats. On sait qu’en France, tout commence, non pas par une chanson - les temps ont changé – mais par un nom. Un truc sans nom n’est même pas un truc. Pendant la révolution française, un sans-culotte ne se baladait pas les fesses à l’air, non, ‘simplement’ le fait de ne pas porter la culotte moulante des aristocrates mais le pantalon de l’ouvrier, du manœuvre ou du paysan le désignait comme un hors-classe, un hors caste pourrais-je dire. En un mot, un pauvre non-fréquentable.

 

On retrouve quelques-uns de ces éléments dans l’étiquette passe-partout. Elle est datée historiquement, d’avant l’ère de l’explosion de la grande consommation. Elle ne coûte chère ni à faire ni à acheter, ni à se conserver. Elle ne permet pas la personnalisation du vin puisque chaque vigneron va avoir la même étiquette si non une très proche. Seul le nom apposé dessus au tampon puis à la machine permettait de les distinguer. Et pourtant elle a un certain charme car elle va à l’essentiel et continue à exercer une certaine influence dans le monde du vin, car ceux-là m^me qui rejettent la séduction par l’étiquette s’en inspirent actuellement. 

L’essentiel en étiquette Passe-Partout Etiquette de vin Gamay, années 1970

La passe-partout représente déjà une avancée par rapport au  rectangle de papier écrit à la plume ou tapé à la machine. Ses dimensions sont petites.  Son format rectangulaire est déjà contemporain. La volonté de séduire déjà présente. Les quatre, que j’ai sous les yeux, m’ont été données par un imprimeur maintenant à la retraite ; elles datent des années 1960-70 vraisemblablement. Elles n’ont que la feuille de vigne en commun.  

La rectangulaire bistre avec deux grappes et une feuille

C’est l’ancêtre car elle ne porte même pas de nom de vin. Elle peut donc servir à tous ce qui est vin rouge, car les baies du raisin dont foncées. Le dessin, qui occupe la partie gauche de l’étiquette, ne cherche en aucune façon à reproduire des grappes et des feuilles de cépages existants en Anjou. Toute la partie droite est réservée aux mentions obligatoires concernant le vin et le vigneron. 

La rectangulaire bleue ciel Gamay 1976

Passe-Partout Etiquette de vin Saint-Aubin, 1976Toujours rectangulaire, elle n’a pas les mêmes dimensions que la première. Le même dessin de grappes avec la feuille est repris en partie gauche mais en plus petit. Apparaît en partie droite, la dénomination du vin et le millésime. C’est un Gamay 1976 qui se détache sur fond bleu, étonnant pour l’époque.

La disposition de la partie de droite, qui est réservée aux mentions, est un peu curieuse car elle  laisse peu de place disponible.  

La rectangulaire bleue ciel Saint-Aubin, moelleux, 1976
Voici à  nouveau une feuille et une grappe de baies blanches. C’est normal, il s’agit d’un vin blanc moelleux de Saint Aubin. Le dessin est moins réussi graphiquement et ce qui étonne, c’est d’abord comme précédemment la difficulté que va avoir le vigneron à caser son non et celui de son vin. La seconde  remarque porte l’absence de référence à l’appellation Coteaux du Layon. En 1976, on connaissait pourtant. La reconnaissance de l’appellation date de 1950.
La rectangulaire ivoire Anjou Coteaux du Layon avec blason

C’est la plus grande des quatre. Elle est ivoire comme laPasse-Partout Etiquette de vin, Coteaux du Layon, 1976 première. Son grammage est encore plus léger que les trois autres. Par contre elle est très légèrement tramée, ce qui lui donne un  un peu de chic. Sa composition pyramidale fait ressortir le blason de l’Anjou aux trois fleurs de lys au dessin simplifié ; un large pourtour rouge renforce la présence du blason qui est épaulé par deux feuilles de vigne au dessin maladroit.

 

L’étage intermédiaire est occupé  par la mention « Anjou » en lettres légèrement gothiques pour donner un caractère ancien, en accord certainement pour l’imprimeur, avec le blason médiéval. Arrive en bas enfin la  désignation du vin. Il s’agit d’un Coteaux de l’Anjou, sans autre indication. Pour rester dans la gamme chromatique, l’imprimeur a choisi un rouge, peut être identique à celui du haut, mais sans certitude. Il paraît plus clair.

 

La première remarque porte sur la question de savoir où et comment le vigneron va positionner les mentions légales concernant le vin. La deuxième concerne le choix des couleurs : écrire Coteaux du Layon en rouge quand il s’agit d’un vin blanc, qui était déjà une appellation en 1950, c’est quand même un peu dur. 

Le désordre général des couleurs

Le vin rouge de l’étiquette n° 1 est figuré par une grappe marron sur fond beige ; l’autre vin rouge, celui du gamay, est bleu foncé sur fond bleu ciel.

Pour les deux Coteaux du Layon, l’un a une grappe bleu ciel sur fond de feuille bleu moyen, l’autre ne porte que quelques grains en décoration de soutien au blason. Dans l’étiquette n° 3, le vin est écrit en bleu moyen et dans la n°4 en rouge.  

Pour suivre le chemin

. Il existe de nombreux sites commerciaux qui vantent et vendent leurs modèles de passe-partout. A vous de choisir celui qui vous convient.

. Voir le blason de l’Anjou sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Blason_d'Anjou

. Découvrir et compléter le site de Wikipedia sur les vins de Loire sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Vignoble_du_Val_de_Loire

 

 

       

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L'ordre public selon le règlement de police de 1807 à Avrillé (49)

24 Septembre 2010, 10:50am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Nul n’est censé ignorer la loi. C’est un principe de droit que chacun est supposé connaître par un joli raisonnement juridique qui fait reposer la connaissance de la loi sur celui, qui justement, n’a pas obligatoirement la possibilité de la connaître. C’est d'ailleurs toujours vrai maintenant. Mais comme c’est la loi qui le dit. Imaginez ce que c’était en 1804…A cette époque très troublée de l’histoire, il a paru utile à un tout nouveau maire de rappeler cette loi aux habitants de ce qui était alors un petit village pauvre, celui d’Avrillé, situé à au nord-ouest d’Angers en Maine et Loire.  

La situation

En 1804, l’Empire venait de naître, la commune aussi. Son maire se prénommait Joseph Bachelier de Bercy. A sa prise de fonctions, ce dernier entendit rappeler et/ou faire connaître les règles du vivre ensemble en ces temps de grands bouleversements. A cette fin le maire fit paraître un règlement de police, qui reprenait, sinon l’essentiel de lois ou de règlements pris pendant la période révolutionnaire, du moins les textes qui lui paraissaient importants dans sa commune.  

L’ouvrage de recherche La mort et la jeune épousée, Robert de Gohier, 1616

Ce document se trouve dans l’ouvrage très documenté de Jacques Thomé « Douceur angevine ? Naître, vivre et mourir à Avrillé (1532-1980) » en seconde partie donnant des « Compléments sur l’histoire d’Avrillé ». 

 

Vivre, comme le dit Jacques Maillard qui a rédigé la préface, « c’était d’abord lutter pour survivre. La population est régulièrement frappée par les crises aiguës de mortalité, provoquées par les famines et les épidémies, parfois par les violences de la guerre…L’auteur Jacques Thomé précise que « la grande majorité de la population est composée de closiers (ce sont des paysans pauvres qui louent une parcelle de terre closes de murs) , de journaliers dont les ressources sont très faibles. Les veuves démunies sont nombreuses… ». Les jeunes épousées mourant en couches aussi.  

La vigne et le vin

Comme dans quasiment tous les villages en France à cette époque, sauf impossibilité climatique ou physique, il existait encore un vignoble, qui n’avait pas, aux dires de l’historien, une grande notoriété à l’exception du Clos de Panloup, situé sur le coteau en pente douce vers la Mayenne, dont le cépage « le rayon d’or » donnait un vin blanc doux. Si les nobles et les bourgeois pouvaient s’approvisionner chez de bons vignerons, les vins locaux étaient bus d’abord sur place à la maison. Le reste de la production était vendu aux nombreux aubergistes et cabaretiers. On ne parlait pas alors de cafetiers.  

Le règlement de police

Daté du 26 novembre 1807 et signé par « De Bercy, Maire », il comporte seulement 15 articles, ce qui, à notre époque, peut sembler court. Le plus intéressant est de voir les thèmes sur lesquels porte chacun de ces articles. Cette répartition donne une bonne représentation des préoccupations d’alors et la vision de l’ordre public de ce tout début du XIXè siècle.  

Les premiers et derniers articles

Ces articles 1, 3 puis 11 à 15 compris  traitent de problématiques distinctes :

-        l’article 1 rappelle l’obligation de ramonage des cheminées à tous les habitants tant la crainte des incendies était forte, selon une loi du 24 août 1790 et une du 28 septembre 1791;

-        l’article 3 enjoint à tous ceux qui sont concernés d’écheniller leurs haies (loi du 26 ventôse an 4, soit le 16 mars 1796);

-        l’article 11 cite l’interdiction de laisser vaguer les animaux « chevaux, vaches, cochons, chèvres, moutons », selon l’ordonnance de police du 22 mai 1790 ;

-        l’article 12 porte sur l’obligation à tous de prêter main forte en cas de trouble et de ne pas insulter le maire, selon une loi du 22 juillet 1791 ;

-        l’article 13 précise qu’il n’est pas possible de faire école sans autorisation municipale (par décision propre du maire);

-        l’article 14 vise les chiens qui doivent être gardés à l’attache, sous peine d’être abattus en raison de la fréquence du risque de la rage (idem);

-        L’article 15 et dernier stipule que la petite porte près du maître autel dans la chapelle sera fermée pendant la messe pour éviter que des individus y entrent ou en sortent, troublant ainsi le service divin (idem). 

Les articles consacrés aux cabaretiers et aubergistes Avrillé-Blason-création Jacques Thomé, 1981

Les 8 autres, soit la moitié, étaient  destinées directement ou indirectement aux cabaretiers et aux aubergistes. La raison de cette sur-représentation était essentiellement que ces professionnels recevaient des étrangers qui n’habitaient pas la commune. Il fallait surveiller leurs déplacements pour que soit respecté l’ordre public.  

-        L’article 2 défendait aux voituriers, aubergistes… d’entrer dans les greniers et écuries  avec des lumières non renfermées dans des lanternes ou d’y fumer, selon une ordonnance de police de Paris du 10 février 1755 et une loi du 24 août 1792, toujours par crainte des incendies. On retrouve la protection contre l’incendie.

 

-        L’article 4 interdisait d’accueillir et de donner à boire après 8 heures du soir du 22 septembre au 21 mars inclus et après 9 heures du soir du 22 mars au 22 septembre, décision prise par arrêté du Conseil d’Etat le 4 janvier 1724 et la loi du 24 août 1790 déjà citée.  L’explication qui vient à l’esprit que cette mesure permettait d’arrêter ou de freiner les déplacements la nuit puisqu’il n’y avait plus d’hébergement possible.

 

-        L’article 5 interdit aux dits cabaretiers et aubergistes d’accueillir «  aucune femme prostituée, aucuns vagabonds, mendiants, gens sans aveu sous peine d’être civilement responsables des délits » des susnommés, toujours selon la loi du 24 août 1790.

 

-        L’article 6 les enjoint de tenir « un registre timbré, coté et paraphé par le maire » où ils doivent noter les noms et dresses de tous ceux qui passent une nuit en précisant bien les dates et heures d’arrivée et de départ, selon une loi du 22 juillet 1791.

 

-        L’article 7 leur ordonne  d’ouvrir leur établissement aux fins de contrôle des registres de jour et de nuit et de constatation des manquements (idem).

 

-        L’article 8 ne leur permet pas de servir à boire pendant le service divin. Le maire précise que cette mesure est prise eu égard à la position de l’église par rapport aux cabarets et auberges. C’était déjà un arrêté du Préfet du 5 nivôse 1804, c’est à dire le 26 décembre 1804.

-        L’article 9 regroupe deux séries de mesure. La première, qui ne semble pas concerner directement les cabaretiers et aubergistes, concerne une interdiction de donner les noms des domestiques. Cette mesure est peut être à lier au dernier paragraphe du document qui précise que les enfants, ouvriers et domestiques relèvent de la responsabilité directe des parents et chefs de maison.

 

La seconde leur interdit très clairement de permettre la danse, sauf en cas de noce, et les représentations théâtrales ((idem).

 

-        L’article 10 vise les poids et mesures, que l’adjoint municipal en charge du contrôle  doit pouvoir effectuer, chez tous les débitants et marchands, les cabaretiers et aubergistes également (idem). 

Pour conclure

Je vais laisser le dernier mot à M. le Maire De Bercy qui déclare :

«  Quiconque ne se conformera pas au présent règlement et qui contreviendra à ses dispositions sera poursuivi et puni. Les pères, mères sont, ainsi que les chefs de maison, personnellement et civilement responsables de leurs enfants, ouvriers et domestiques ». 

Pour suivre le chemin

Jacques Thomé-historien, Avrillé 49. Lire l’ouvrage très intéressant de Jacques Thomé « Douceur angevine ? Naître, vivre et mourir à Avrillé (1532-1980) » paru aux Hérault-Editions, 1986. L’auteur y décrit la dureté de vie des jeunes mères dont beaucoup mourraient en couche et des nourrissons  dont peu atteignaient l’âge adulte. Jacques Thomé est un ancien inspecteur de l’Education nationale, passionné d’histoire locale. Il a été également adjoint aux affaires culturelles et scolaires d’Avrillé dans les années 1980.

 

. L'année du réglement est 1807 et non pas 1804, comme me l'a signalée Jacques Thomé. . La date du règement

 

. Trouver quelques informations sur l’histoire d’Avrillé sur

http://fr.wikipedia.org/wiki/Avrill%C3%A9_(Maine-et-Loire)#Sous_l.E2.80.99Ancien_R.C3.A9gime

 

L’histoire d’Avrillé commence réellement quand la paroisse d’Auvrillé fut créée. Jusque là, le territoire de l’actuelle commune appartenait au Comte d’Anjou. Plus tard l’Abbesse du Ronceray, qui hérita d’une partie des terres, y créa un bourg.

Pour la première fois en Anjou, les gisements d’ardoise commencèrent à y être exploitées. Tout au cours de l’Ancien Régime, les trois ressources économiques furent les ardoisières, les activités viti-vinicoles et le « nourrissage », mise en nourrice d’enfants, un phénomène de grande ampleur que Jacques Thomé a contribué à mettre en lumière.

 

Ce petit village rural pauvre a gardé ses limites territoriales depuis le XVIIè siècle. La commune proprement dite fut créée en 1791. Pendant les guerres de Vendée, entre avril et janvier 1794, 2 000 hommes, femmes et enfants furent fusillées en un lieu qui s’appellera très vite le Champ des Martyrs. Une chapelle y a été édifiée au XIXè siècle. Le pape Jean-Paul II a béatifié 99 des 2 000 massacrés.

 

. Comprendre le blason d’Avrillé (toujours sur Wikipedia) « qui fut créé en 1981, à l’occasion du jumelage avec la ville allemande Schwalbach, par Jacques Thomé, alors adjoint de Guy Pasquier Maire de l’époque. Il représente les éléments de la vie d’autrefois :

« Ecartelé, Au premier d’azur, à trois fleurs de lis d’or

 Au deuxième de gueules, au maillet & burin d’argent Mis en pal 

Au troisième de gueules, au moulin à vent d’argent 

Au quatrième d’azur, à la grappe de raisin d’or »

« Les fleurs de lys sont celles des armes de l’Anjou ; les outils des fendeurs d’ardoises évoquent les carrières exploitées jusqu’à la fin du XIXe siècle ; le moulin symbolise les caviers dont deux subsistent de nos jours et la grappe de raisin rappelle que la vigne fut cultivée sur les coteaux de la Mayenne jusqu’à la fin du siècle dernier ».

 

. Le lien entre la mobilité et l’insécurité ressort très nettement de ce règlement de police. C’est une problématique qui reste pleinement d’actualité. Lire sur le sujet des polices urbaines, l’étude de Vincent Milliot « Réformer les polices urbaines au siècle des Lumières : le révélateur de la mobilité » sur  http://chs.revues.org/index195.html

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Papa, Mama, Coca-Cola et Moa

22 Septembre 2010, 08:45am

Publié par Elisabeth Poulain

Evidemment tout cela vous fait penser au célèbre film de Robert Lamoureux sorti en 1954 dans lequel le Coca-Cola était remplacé par la bonne. Vous avez déjà compris que mon titre n’a rien à voir avec le cinéma mais avec la publicité de la Le couple CCC, Coca Cola Companymarque de boisson la plus connue au monde. Le groupe est présent dans tous les pays, dans tous les circuits de distribution à des prix qui rend accessible la célèbre bouteille désormais d’ailleurs plus vendue en bouteille familiale et en boîte, quelle que soit la concurrence.

 

Cette capacité à s’adapter à tous les marchés et cette longévité a forcément des causes et des conséquences. L’une des raisons a pour nom la capacité du groupe Coca Cola à concevoir des  publicités qui témoignent de l’origine américaine de la boisson et à viser tous les publics. L’objet de ce billet est de reconstituer une famille Coca Cola à partir de quelques publicités glanées ici et là.  

Le Papa

J’en ai plusieurs à vous présenter. Il y a le très classique jeune homme en veste de costume beige foncé sur pantalon plus clair qui boit un verre assis dans un bar avec une jeune femme resplendissante de santé, tout comme lui d’ailleurs. J’en ai découvert un autre il y a quelques années sur un mur d’un immeuble à Bruxelles. Il était seul et avait des cheveux bruns foncés.  C’était un homme, plus âgé. Il a maintenant disparu. Un immeuble a été construit sur la paroi sur laquelle la publicité avait été peinte. Celui-là devait avoir des adolescents comme enfants alors que le premier n’en avait pas encore.  

La Mama Pub Coca Cola, Etats-Unis

Celles que je connais en pub n’ont franchement rien d’une mama à l’italienne ; celle qui fait cuire des tonnes de pâtes et préparent tant d’anti-pasti qu’on se demande parfois pourquoi il est encore nécessaire d’attendre la venue des pasti, ou s’il est possible d’avoir encore un peu faim pour en manger. Ce sont des jeunes femmes  ou des jeunes filles croquées par la pub au moment où elles vont devenir femme. Elles ont plusieurs points en commun : elles sont chaleureuses, rieuses, épanouies, bien dans leur corps et dans leur tête. Elles débordent d’énergie et de santé.

 

Je pense que ces femmes Coca-Cola  ont plus fait pour l’image des Etats-Unis que bien des campagnes de communication ou des films qui ont pourtant joué un grand rôle. Les premières apparues avaient des cheveux mi-longs le plus souvent châtains, sagement coiffées de façon à dégager le visage. Les cheveux trop blonds ou très noirs étaient dévolus aux vamps, pas aux sages jeunes filles symboliques d’un Middle West idéalisé à l’instar d’une middle-class qui a aussi certainement existé. 

La jolie baigneuse, affichette vue à la Tranche sur mer 

Elles portent des robes qui mettent leur poitrine, leur taille et leurs jambes en valeur. Elles n’hésitent pas à relever leur jupe pour montrer leurs jambes quand elles sont assises. Parfois aussi, on les voit en maillot de bain une pièce assises les jambes repliées. Et toujours, elles éclatent de vie. On les découvre aussi écoutant avec plaisir le futur homme de leur vie et le père de leurs enfants leur faire la cour. 

 

Coca-Cola

C’est la petite bouteille qu’ils et qu’elles tiennent en main. On ne les voit pas boire à la bouteille, alors même qu’il n’y a pas de verre sur la table ou proche de leur main. Boire à la bouteille pour une femme n’est pas inconvenant aux Etats-Unis. En France, cela ne se conçoit même pas. Quoi qu’il en soit du mode de conditionnement de la boisson, cette petite bouteille est au cœur du logo de la marque « Always Coca-Cola ».     

 

Moa Cola Cola décaféiné, affichette 1980 et +

Bien sûr, ce n’est pas moi. C’est le fiston de PapMa, un composite que je viens d’inventer, qui vise le papa et la maman, valable aussi dans les familles recomposées dans lesquelles parfois on s’y perd. Pas grave, eux s’y retrouvent.

 

 

« Je me présente : à voir ma taille, je ne suis pas grand, mes jambes sont fluettes, j’ai des grands pieds par contre, mon père dit que ça me vient de son frère Henry, celui qui va à la pêche tout le temps, ma mère dit que j’ai ses cheveux, je ne suis pas d’accord, elle adore aller chez le coiffeur, pas moi, j’ai horreur de ça, j’aime bien les laisser pousser et même les avoir un peu sales, ça me donne un look plus viril, je ne sais pas de trop ce que ça veut dire, par contre je sais qu’avec ma casquette de base-ball bleu marine mise de travers sur l’oreille, ma chemise jaune à col vert, j’ai tout d’un grand.

 

En plus maintenant, qu’il y a du Coca sans caféine, j’ai le droit d’en avoir. C’est même ‘mon premier Coca Cola’. C’est vrai, c’est la pub qui le dit. Et du coup, je peux le boire avec une paille rouge et blanche. En plus, j’ai maintenant gagné le droit de m’asseoir, façon de parler, m’avachir dans le fauteuil rouge assorti à ma paille, ma voiture devant moi avec le boîtierà coté de moi. M’avachir, c’est ce que dit ma grande sœur, la casse-pied, qui me donne des ordres sous prétexte que je suis petit. J’suis plus petit, je vous le dis ; je bois du CC Coke comme les grands ».  

MaintenantBouteille-Coca-light-Lagerfeld     

Evidemment, tout a changé. En France, en 2010, c’est Karl Lagerfeld qui conçoit la bouteille et la femme Coca-Cola. Lui, le tout maigre, est gros comme un fil de fer. Heureusement les femmes qu’il dessine ou choisit pour la pub CC ne lui ressemblent pas. Elles ont l’air sympa et sont souriantes. Ce sont toutes des brunes. Les hommes ont disparu, à part Karl bien sûr qui ne supporterait pas qu’un autre que lui figure à sa place sur la bouteille. Il se trouve tellement beau qu’il s’y est dessiné. Comme dirait Moa, moi aussi "ça me gêne de boire un corps d’homme", surtout dans une forme comme ça.Mais ça, Moa n'y aurait pas pensé. Karl lui surement.  

 

Quant à Moa, on ne le voit plus dans les pubs. Dommage, il a du grandir. La pub que j’ai sous les yeux pour le Coca décaféïné doit dater des années 80 et plus pour la France. Je ne sais pas exactement quand. La compagnie ne fait plus de pub avec des enfants, à cause en particulier de le lutte menée en Europe contre le sucre.  

Pour suivre le chemin

. Voir le site français sur http://www.coca-cola-entreprise.fr/

. Lire l’histoire de la boisson sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Coca-Cola

. Photos EP, avec mes remerciements à la Compagnie Coca Cola pour l'envoi de documentation.  

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B comme Bouteille > Le Champagne Louis Roederer > La puissance du fil

21 Septembre 2010, 10:51am

Publié par Elisabeth Poulain

C’est une superbe réussite graphique que cette publicité. Elle a été faite pour mettre en valeur les lignes de la bouteille de Champagne grâce à un maillage en fil pour la maison Louis Roederer. 

 

Champagne Louis Roederer, pub 2010
Le concept

Il s’agit pour cette célèbre maison de Champagne de mettre en valeur le logo constitué par les lettres  L et le R entrelacées en rappelant ce qu’elles signifient grâce à l’étiquette positionnée très en bas de la bouteille.  

La simplicité chic

C’est la typicité de cette marque faite de sobriété qui va à l’essentiel. La bouteille est présente, sans être oppressante. Champagne figure en petit sous le nom du fondateur de la maison Louis Roederer. Parler de marque, bien que ce soit le cas, est quasiment inconvenant tant la notoriété de cette maison fondée en 1776 est grande.  

Le fil du filet

C’est lui qui constitue la grande originalité de ce visuel qui figure en page 4 de couverture du Hors-Série de Marianne de juillet-août 2010. Ce fil constitue l’élément dynamique de cet ensemble qui sans lui pourrait être et banal et un peu lourd. Elément essentiel du filet, il est à la fois très strictement encadré dans cette forme faite d’autant de petits losanges tracés en blanc sur fond noir et très indiscipliné face à la bouteille. C’est elle clairement qui marque sa puissance. Face à elle, le fil du filet est obligé de modifier son apparence et de tirer des lignes qui se coupent de façon non pas aléatoire, puisqu’il résulte du travail d’un logiciel de graphisme, mais de façon qui perturbe l’œil et l’attire.  

La présence de la bouteille

Elle ne résulte plus du tracé extérieur comme ce qu’on a pu voir avec le Champagne Heidsieck avec un fil de fer orange ou avec des rubans, comme cela a été la mode dans la Haute-Couture, chez Dior notamment, il y a quelques années. Chez Louis Roederer, la bouteille est suggérée par le désordre qu’elle induit dans le maillage. Elle crée la vie, comme les bulles le font dans un verre. 

 

Champagne Louis Roederer-eapp full proxy

La ligne, le mouvement et le jeu

Avec ce visuel, la bouteille devient vivante. La consultation du site renforce le sentiment qu’il ne  s’agit pas d’un hasard. L’ouverture se fait sur un développement de jeux visuels de lignes blanches sur fond noir d’un graphisme léger et parfaitement maîtrisé, qui peuvent se multiplier, se déformer, se reconfigurer à l’infini, en envahissant tout l’espace, si tel était le jeu qui a pour nom l’art.  

Pour suivre le chemin

. Admirez l’ouverture du site de la Maison Louis Roederer sur www.louis-roederer.com

. Regardez aussi la bouteille figurant sur  http://www.facebook.com/notes.php?subj=65192436014   

 

 

 

        

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Manger dans l'armée française > Les RCIR ou rations de combat...

15 Septembre 2010, 14:09pm

Publié par Elisabeth Poulain

Deux exemples de ration

 

RCIR 98 ration de combat individuelle réchauffable

 

Ces RCIR sont des « rations de combat individuelle réchauffable » que fournit l'armée à ses soldats en opération. Elles se présentent sous forme de boite en carton marron, que je citais comme de l’anti-packaging dans mes cours consacrés à la mise en valeur du produit. En fait ce n’est qu’à moitié juste : dedans c’est formidablement bien conçu, c’est donc du très bon packaging vu sous l’aspect de la praticité et dehors par contre, le look est peu appétissant. Disons le clairement, aucun effort n’a été fait pour rendre le carton joli.  

 

La présentation

L’ensemble forme une boîte en carton dans laquelle les différents composants vont être calés et s’emboîter les uns dans les autres de façon à ne laisser aucune place vide et mieux protéger les ingrédients des chocs. Sous les yeux, j’ai deux modèles. Des petites différences apparaissent entre les deux versions, l’une que je désignerai sous le n° 94 qui n’est écrite qu’en français et la n°98 en français et en anglais. La 98 est constitué d’un seul carton dont le couvercle doit être découpé selon le pointillé pour s’ouvrir, afin d’offrir une véritable sécurité à l’emploi. La 94 est constitué de deux cartons simplement emboîtables l’un dans l’autre, sans colle, de sorte qu’il est possible d’enlever des constituants.    

 

L’aspect réglementaire

 RCIR 98 ration de combat individuelle réchauffable

 

La 94 et la 98 parce que les boites sont à utiliser pour la première avant le 14-05-94 et pour la seconde avant le 06 JAN 1998. A droite de cette indication en haut de la face avant de la boite, une mention manuscrite indique qu’il s’agit d’ « une date limite d’utilisation optimale indicative conforme au décret n° 04.1147 du 07.12.84. Au de-là les produits pourraient être néanmoins consommés en toute innocuité ». Sur un des côtés repliables du couvercle, on trouve aussi « ARMEE FRANCAISE - Approuvé OTAN » (94) et la double mention française et anglaise dans la version 98 « FRENCH ARMY – NATO APPROVED».

 

Le contenu de la boîte 98

C’est incroyable ce qu’on peut mettre dans une si petite boîte qui pourrait être une boîte à

cigares.  La 98 donne une liste thématique des différents constituants :   

-        un repas complet avec plats cuisinés, hors d’œuvres, potage, fromage fondu, biscuits de campagne

-        un sachet « petit déjeuner et condiments », avec café, thé, lait écrémé, boisson cacaoté, sucre en poudre, dosette de sel et de poivre »

-        sucres de morceaux

-        confiseries : nougat, pâte de fruit, barre de chocolat, chewing-gum, bonbons et caramels

-        mouchoirs-serviettes

-        ensemble de réchauffage : réchaud jetable, combustible, allumettes, pinces de préhension

+    comprimés de purification d’ea

 

Les 14 menus

Ils figurent au dos du socle de dessous. Ils sont constitués d’un hors d’oeuvre pour le déjeuner et de deux plats cuisinés, comme plat principal pour le déjeuner et pour le dîner, au choix de l’utilisateur, le dîner en France commençant traditionnellement par un potage.

 

Les 14 hors d’œuvre

RCIR 98 ration de combat individuelle réchauffable

 

On y trouve volaille en gelée (1), mousseline de saumon (2), maquereau moutarde (3), bœuf sauce moutarde (4), thon à l’escabèche (5), sardines à l’huile (6), mousse de canard (7), maquereau à l’escabèche (8), mousse de canard (9), pâté de foie pur porc (10), terrine forestière (11), pâté de jambon (12), pâté de campagne (13), thon à l’huile (14). A chaque fois, la préparation en boite de conserve privilégie les protéines –viande ou poisson – en sauce ou en charcuterie, qui sont des basiques de la façon française de se nourrir.    

 
Les 14 x 2 plats cuisinés

On retrouve cette logique dans les plats traditionnels qui constituent le cœur du repas avec le plat cité en premier pour le déjeuner et le second pour le dîner, en principe parce que rien n’interdit de faire autrement:  

 

-        (1) bœuf en salade + thon aux pommes de terre

-        (2) maquereau pommes de terre + hachis parmentier

-        (3) bœuf aux légumes + poulet riz à l’indienne

-        (4) mousseline de saumon – pâtes + chili con carne

-        (5) canard aux navets + veau marengo

-        (6) agneau aux flageolets + pâtes ‘Bolognese’

-        (7) navarin d’agneau + poulet au riz et ratatouille

-        (8) colin aux pâtes + porc aux lentilles

-        (9) cassoulet + cannelloni

-        (10) porc aux légumes + bœuf aux carottes

-        (11) porc aux pommes de terre + émincé de volailles avec des pâtes

-        (12) porc en salade + merlu au riz

-        (13) volaille à la parisienne + gratin dauphinois

-        (14) saucisses aux lentilles + moussaka

 

Au total, la viande occupe une place impressionnante dans l’alimentaire du soldat en  campagne, avec du porc et du bœuf, presque en pôle position, la volaille n’est pas oubliée, ni des viandes plus rares comme l’agneau. Le poisson est cité 5 fois. Ainsi le menu n° 3 contenu dans la ration est « Sans Porc » comme il est écrit en diagonale sur la boite : il offre du maquereau + du bœuf + du poulet.

 

  RCIR 94, version antérieure

La boîte 94

Légèrement plus petite que la précédente, son carton est plus pâle et l’encre est verte. Son intérêt pour nous est d’être plus précise encore quant au contenu de la boîte. Elle offre par contre l’inconvénient de ne pas indiquer tous les menus qui sont portés au verso dans la 98.  

 

Son menu n°6

C’est le nom du contenu de la ration journalière, l’alimentaire et le non-alimentaire. Les quantités sont indiquées très précisément. C’est très intéressant de voir tout ce qu’on peut manger par jour, sans parler de l’eau et des autres boissons qui sont fournies à part. Voici son contenu dans l’ordre :  

 

Bœuf pommes de terre-barquette 300g

Saucisse lentilles       - barquette 300g

Pâté de jambon           - boîte 1/10

Fromage fondu            - boîte de 42g

Biscuit de campagne  - paquet de 280g

Café soluble               - sachet de 4 g

Lait sec écrémé          - sachet de 19g

Thé soluble                - dose de 1/2l

Boisson cacaotée instantanée

                                    - sachet 20g

4 Sucres enveloppés   - paquet de 11g

Sel Poivre                  - sachet 

Nougat                            - barre de 40g

Pâte de fruit                    - barre de 30g

Chocolat à croquer         - barre de 25g

Chewing gum                 - paquet de 7g

Bonbons                          - 6g x 4

Caramels                         - 10g x 4

Comprimés purificateurs d’eau  x 6

Mouchoirs-Serviettes     - paquet de 10

Allumettes                   - pochette de 20

Combustible               - équivalent 40g

Sac plastique                    - x 1

 

Les différences

Elles portent essentiellement sur la présence d’un réchaud jetable avec des pinces de préhension   dans le modèle 98 par différence avec le 94. Au niveau des menus, l’armée a modifié ses menus puisque ce menu n° 6 de 94 avec bœuf pommes de terre, saucisses lentilles  et pâté de jambon n’existe plus en tant que tel dans le 98. Le pâté de jambon a été remplacé par du pâté de foie pur porc (en 9), le bœuf pommes de terre  a disparu. Par contre les saucisses lentilles, un des piliers de la cuisine collective pour des estomacs affamés, est conservé au menu 14. 

 

Aux dires de quelques personnes qui ont pu goûter le contenu en situation internationale, les rations françaises sont connues pour leur qualité et le bon goût des plats cuisinés et ceci encore actuellement, en particulier en Afghanistan et en Afrique. 

 

Pour suivre le chemin

. Cette comparaison ne porte que sur deux emballages rations individuelles de combat de

 

RCIR 98 ration de combat individuelle réchauffable

 

l'armée française. Elle ne saurait prétendre à une quelconque exhaustivité d’autant plus que  l’évolution des façons de se nourrir et des techniques d’emballage et de conditionnement se poursuit sans cesse.

 

. La RCIR, la ration de combat individuelle de combat, est conditionnée au Centre de conditionnement des rations de combat aux Ponts de Cé qui travaille « au profit des trois armées et de la gendarmerie » ; le site a été inauguré le 17 septembre 1993.

 

. La première version de la RCIR date de 1984. En plus de la RCIR, il existe maintenant des rations particulières telles que les rations d’urgence, de survie, des rations individuelles lyophilisées commando (RILC) ainsi que des rations individuelles d’exercice (RIE), depuis 2003 pour cette dernière variante. 

. A voir sur www.interarmees.fr/garnison.php?site=2&garnison=article=121

. Photos EP des conditionnements     

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Jose de San Martin ou l'art de concevoir la nouvelle frontière

13 Septembre 2010, 10:13am

Publié par Elisabeth Poulain

San Martin, Portrait, Casa, Boulogne sur mer, livre d'or

Ah encore un titre difficile ! Une des raisons en est que le thème de la frontière est particulièrement sensible en ce début du 3è millénaire. Une autre raison provient certainement de la notoriété si grande de cet homme  qui toute sa vie s’est joué des frontières tout en contribuant à en créer de nouvelles et en cherchant à pousser les siennes propres.  Ce que je vais tenter d’exprimer c’est la capacité d’un homme à vivre sans être arrêté par les frontières si nombreuses, fussent-elles physiques, politiques, linguistiques, culturelles ou personnelles…Des frontières qui ont été en leur temps symboles de libéralisation et d’indépendance face à un pouvoir central colonisateur éloigné appartenant à un autre système culturel.

 

  San Martin, Casa, Boulogne sur mer, petit escalier

Aperçu de la vie de José de San Martin

La vie de ce héros de la première moitié du XIXè siècle  s’est déroulée en un temps où, paradoxalement,  il était plus « facile » de choisir son pays de vie que maintenant. Un temps où les frontières, quand il y en avait, n’étaient pas aussi difficiles à traverser qu’à notre époque réputée pourtant pour une certaine liberté d’aller et de venir offerte pour la première fois à des millions d’hommes et de femmes dans l’histoire de l’humanité.  

L’emploi de la frontière au singulier.  

Je pourrais employer le pluriel pour désigner ces nombreuses frontières, sans compter celle qui individualise chacun d’entre nous de l’autre enfermé lui-même dans sa propre sphère. Je préfère pourtant employer le singulier pour bien marquer son importance et son actualité dans la longue vie de José de San Martin, que ses contemporains ont appelé « El Libertador » et qui  devenu le symbole de l’Argentine.  

Son enfance

José de San Martin est né dans le nord de l’Argentine,

 

San Martin, Casa, Boulogne sur mer, petit escalier

 

près du Paraguay, à Yapeyù, en 1778, 5è et dernier enfant d’une famille noble espagnole. Son père  était militaire. Trois ans après sa naissance, la famille déménagea à Buenos-Aires et quatre ans ensuite en Espagne. Agé de 7 ans, José faisait alors connaissance avec son troisième lieu  de vie et sa mère patrie. L’Espagne à cette époque était le pays de ses parents. C’était elle aussi qui dirigeait son empire américain à partir de Madrid. Mais le choc culturel dut être quand même rude, car cette même année, 1785, marqua aussi son entrée au Séminaire des Nobles. A la  fin de sa scolarité, à l’âge de 11 ans - il entra à l’armée.

 

Cette enfance, où on devient homme à onze ans, ne peut être neutre dans une vie. Elle explique peut être en partie l’importance que la vie de famille eut pour lui plus tard et ses liens si forts,  au décès de sa jeune épouse, avec leur fille et les petites filles de celle-ci. Son lieu de naissance, en terre guarani de missions des Jésuites, loin de la capitale et de son élite espagnole, eut également une incidence sur sa destinée. Lors de son ascension dans l’armée, ceux qu’il commençait à déranger l’affublèrent d’appellations négatives à leurs yeux, tels que el tape (Indien guarani), el indio, el paraguayo, el cholo (Indien Kolla), el mulato alors qu’il était créole, c’est à dire né dans les colonies.  

 

San Martin, Casa, Boulogne sur mer, malle du général
Sa carrière militaire en Europe 

En Espagne, il intégra l’armée et lutta contre les Français, les Anglais, les Portuguais, puis contre à nouveau les Français, avec Napoléon à leur tête. L’Espagne une fois devenue napoléonienne, le jeune militaire rejoignit l’armée britannique d’où il combattit à nouveau les Français. Il revint pour la première fois dans les Provinces Unies en 1812, dans une frégate anglaise, avec le grade de colonel. Cette même année, il décida également de se marier et de leur union naquit plus tard Merceditas. 

De retour dans le sud de l’Amérique latine

José de San Martin prit ensuite une part très active à la libération de l’Argentine qui devint indépendante en 1813 à la suite de la victoire de San Lorenzo. Il fut nommé général de l’Armée des Andes qu’il contribua à organiser. Les Provinces Unies du Sud acquirent leur indépendance en 1816. Deux ans furent nécessaires pour libérer le Chili qui prit son indépendance en 1818 à la suite de la victoire de Maipù. Trois ans après, avec son armée, à la suite de plusieurs tentatives manquées pSan Martin, Casa, Boulogne sur mer, lit de campour traverser à pied la Cordillère des Andes, il décida à rejoindre le port de Pisco  au Pérou par la mer. Ce fut l’élément décisif qui permit une  année plus tard en 1821 à José de San Martin de libérer Lima. Le général devient « Protecteur du Pérou ».

 

1822 marqua une rupture brutale dans son ascension militaire et politique après la rencontre avec Simon Bolivar. Les deux armées firent jonction en Equateur. Lors de leurs entretiens,  les deux libérateurs ne surent, ne purent aller au delà d’une profonde différenciation de la vision politique de l’avenir du continent latino-américain, entre le républicain Bolivar et le partisan d’une monarchie constitutionnelle que fut José de San Martin. 

Son second départ pour l’Europe

Il a alors 45 ans ; sa femme est décédée peu de temps auparavant. A ce moment de sa vie, il est Général des Provinces Unies du Rio de la Plata, Capitaine général de la République du Chili et Généralissime du Pérou. Il renonce à ses toutes ses fonctions militaires et civiles et décide de repartir en Europe. En 1824, il s’embarque pour Le Havre, avec sa fille Merceditas, avec très peu d’affaires personnelles. Il avait en effet donné son importante bibliothèque personnelle à la Bibliothèque nationale du Pérou qu’il créa  en 1821 lors de sa présidence du Pérou.

 

Sa vie en Europe

Commença alors pour lui, une vie d’errance entre Londres, Bruxelles puis Paris, avec sa fille, son gendre Mariano Balcarce et les deux petites filles du couple. Malgré son désir de prendre part à nouveau à la vie politique de son pays, l’Argentine et une tentative manquée en 1828, il ne fut jamais rappelé au gouvernement en raison de profondes rivalités sur place. Il décida alors de quitter Paris et s’installa à la campagne proche puis à Evry dans le quartier de Grand-Bourg pour rejoindre enfin la maison de Boulogne sur mer en mars 1848.  Il y décéda le 17 août 1850 entouré de sa fille, de son gendre et de ses petites filles qu’il aimait tendrement.  

Son dernier retour au pays natal

Malgré sa notoriété, malgré les services rendus, malgré sa demande expresse dans son testament que son cœur repose à Buenos Aires, il fallut à sa famille attendre presque 30 ans avant que ses cendres reviennent à la capitale argentine qu’il avait quittée en 1813 pour défendre les côtes du Parana. De 1850, date de son décès au 28 mai 1880, c’est d’abord la crypte de l’église Saint-Nicolas de Boulogne pendant onze ans qui accueillit ses cendres puis le caveau de la famille de son gendre Gonzales Balcarce à Brunoy dans la banlieue parisienne.    

 

Son mausolée est érigé dans une chapelle de la cathédrale du XVIIIè siècle de Buenos Aires. 70 000 personnes accompagnèrent le cortège jusqu’à sa destination finale. Don José Francisco de San Martin avait enfin retrouvé son peuple et franchit l’avant-dernière frontière. Ce sont maintenant les chercheurs en histoire qui poursuivent leur travail d’approfondissement de sa vie et de son oeuvre , comme le Cercle historique San Martin, dont le siège est à la Casa San Martin, au 113 de la Grande Rue de Boulogne sur Mer.  

Sa maison en terre française

L’Etat argentin s’en fit l’acquéreur en avril San Martin, Casa, Boulogne sur mer, plaques sur le mur1926 dés lors qu’une souscription publique auprès des écoles d’Argentine permit d’en réunir les 400 000 francs demandés par le propriétaire. C’est là qu’a été érigé un musée qui s’étend désormais du rez-de-chaussée au second étage inclus.  

La casa San Martin

C’est ainsi que s’appelle cette maison devenue musée. Au fil des salles, ont été réunis ou ont été rapportés des objets ayant appartenu au Général,  l’atmosphère se faisant plus intime au fil des étages :

- au rez-de-chaussée, de part et d’autre du couloir d’entrée, la bibliothèque à gauche et une salle de réunion à droite avec des portraits du grand homme, son portrait officiel, un uniforme de son célèbre régiment des Grenadiers, une malle qui transportait ses affaires. Un grand hall en arrière permet d’attirer le soleil et au jardin et d’accéder à l’escalier d’honneur qui mène au premier étage ;       

- au premier étage face à la rue, des pièces de travail qui présentent des documents officiels, une petite pièce avec une grande carte en relief de la Cordillère des Andes, une autre très petite qui contient son lit-malle, un lit de camp qui se replie dans une malle. C’est avec elle qu’il mena toutes ses campagnes dans le sud de l’Amérique latine …

- au second, les deux chambres, l’une à gauche pour le général et la plus grande à droite pour sa fille…Des dessins des petites filles pour leur grand-père ont été remis au mur… 

Le jardin

San Martin, Casa, Boulogne sur mer, jardin

 

A l’arrière de la maison, un petit jardin conservé en l’état, entre les hauts murs des maisons voisines, abrite sur le mur mitoyen face à la porte qui permet d’entrer dans la maison des plaques d’hommage au grand homme. Le jardin se prolonge un peu en hauteur par des parterres de fleurs aux bordures repeintes en blanc qui créent une atmosphère hors du temps où le recueillement s’impose.  

La statue

Elle est érigée plus près de la mer. C’est une œuvre monumentale d’une hauteur peu commune de 8,70 mètres de haut que réalisa le sculpteur Henri Allouard en « hommage adressé par la République d’Argentine à son libérateur ». Cet été 2010 marque le 100è anniversaire de ce monument qui fut également payée par souscription publique.  

 

La frontière

Quant au nombre de frontières traversées, j’ai renoncé à les compter, tellement il y en eut. C’est peut être aussi à cause de cela qu’elles comptèrent tant pour José de San Martin, en lui offrant le goût de la quête, de l’inconnu et de la remise en question.  

Pour suivre le chemin San Martin, Casa, Boulogne sur mer, M. Marco Tapia Parra

. Le Musée est situé au n° 113 Grande Rue, Boulogne sur Mer, 03 21 31 54 65, jours et heures d’ouverture : du mardi au samedi de 10h à 12h et de 14h à 18h. Il est une halte désormais quasi-naturelle pour les Argentins qui viennent découvrir ou vivre en Europe.

 

Le livre d’or témoigne de la ferveur et de l’attachement des visiteurs au Père de leur Patrie, qui préféra renoncer au pouvoir et choisit de vivre modestement dans cette maison.       

 

. Pour plus d’informations, adressez-vous au conservateur du Musée, M. Marco Tapia Parra ci-dessus:

http://ambassadeargentine.net/museosanmartin.html

 

. Ce billet résulte d’une visite faite pendant cet été à Boulogne sur mer au dernier domicile du Général José de San Martin. L’accueil que nous fit M. M. Tapia Parra fut particulièrement chaleureux. Il éclaira par ses commentaires très éclairés cette visite émouvante de la dernière demeure d’une grande simplicité d’un grand humaniste. Nous tenons à l’en remercier, ainsi qu’à le féliciter pour la qualité de

son français.

San Martin, Casa, Boulogne sur mer, uniforme Régiment des Grenadiers

. Sur la présence à Boulogne du général, lire la plaquette très documentée dans la série « Laissez-vous conter, Le général San Martin à Boulogne » réalisé par le service  de l’architecture et du patrimoine, Villa Huguet, 115 bvd Eurvin, 62200 Boulogne sur Mer, 03 91 90 02 95, patrimoine@ville-boulogne-sur-mer.fr   

 

. Le Cercle historique San Martin peut être joint à l’adresse du musée. Il a édité une plaquette qui cite les dates les plus importantes de la vie du général.   

 

. On trouve relativement peu d’informations sur le Net, contrairement à ce qu’on pourrait attendre de la notoriété de cet homme hors du commun. Une étude assez détaillée sur la vie du général figure bien dans Wikipedia. La source semble être une biographie en espagnol. Mais en l’absence de cartes et de rappels historiques complémentaires, la partie militaire est très difficile à suivre pour des Français, peut-être aussi en raison de la complexité de la situation au XIXè siècle. http://fr.wikipedia.org/wiki/Jos%C3%A9_de_San_Mart%C3%AD

. Lire aussi un texte très court, avec des photos, sur l’histoire de San Martin  de « Colette » sur

http://www.french-chat.com/forum/viewtopic.php?p=16071&sid=5d97cb5923cf3d939ec11d01e58b03d2

 

. Une dernière remarque enfin : ce texte n’est pas autorisé par qui que ce soit ; il n’a pas non plus de légitimité historique. Il y a peut-être des erreurs historiques, ce dont je prie le lecteur de m’excuser. Que celui-ci ait la gentillesse de m'en informer. C’est d’autant plus vraisemblable que je n’ai pas pu prendre de notes au cours de la visite, moi qui ai toujours du papier et un crayon pour ce faire. Ce jour là, je n’en avais pas et j’ai choisi d’écouter M. Marco Tapia Parra, regarder le décor et m’imprégner de l’atmosphère. Ce billet est le résultat des impressions que j’ai ressenties  à la suite de cette visite en l’été 2010 et de mon intérêt très personnel pour l’Amérique latine, les frontières, les jardins…

. Photos EP lors de la visite, à voir dans l'album "Symboles".    

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PM comme les petites maisons de vigne (04)

10 Septembre 2010, 17:21pm

Publié par Elisabeth Poulain

Ce mystérieux 04 indique que c’est le 4ème billet que je consacre aux petites maisons de toutes sortes. Le jeu étant de montrer la plus grande diversité possible, puisque le Ier article parle d’une station service en grande solitude la nuit, le second  décrit les petites maisons de Hundertwasser, le 3è des toilettes sèches. Et maintenant, c’est le tour des maisons de vigne, de quelques-unes d’entre elles, bien sûr. Mon propos n’est pas d’en faire une étude large, même en me limitant à la Loire ou à une partie de celle-ci.

 

L’importance du langage

Petite maison de vigne blanche, BourgueilLa maison de vigne a plusieurs caractéristiques que tout un chacun peut découvrir : c’est une vraie maison avec des murs, une porte et un toit. Ce n’est pas une cabane, ni a fortiori un cabanon, tous deux étant des « constructions rudimentaires faites avec des matériaux grossiers » selon la définition du Petit Larousse. C’est un peu rude pour les nouvelles cabanes qu’on achète toutes faites. Passons, nous ce sont les petites maisons qui nous intéressent.

 

L’implantation

Elles ne sont placées n’importe où. Parfois on Rochefort Maison de Vigne 2009.03.22 114les voit au milieu de la parcelle lorsque sa dimension le justifie, parfois alignées au bord du chemin bien souvent maintenant devenu route.  Elles se protègent du vent du nord, pour s’ouvrir au sud, ou contre le vent d’ouest synonyme de pluie, pour regarder l’ouest. Il y a toujours un sens à leur disposition dans le paysage en fonction des vents, comme on vient de le voir, mais aussi de la déclivité du terrain, de la position du chemin et de la vue. Mais sans souci de ce que faisait le collègue voisin. C’est ainsi que deux vignerons choisissant d’ériger leur maison de chaque côté du chemin ne chercheront pas à s’aligner face à face, au contraire puisqu’ils pourraient se gêner avec la carriole.      

 

La porte et l’usage

Petite maison de vigne blanche, BourgueilLa plus grande partie d’entre elles  ne possèdent qu’une porte. Ce sont les plus petites. Ce qui compte, c’est leur fonctionnalité. Elles avaient pour usage de permettre à l’ouvrier agricole ou au vigneron d’y stocker tout ou presque tout ce qui était utile à la taille et à l’entretien de la vigne :  outils, matériaux, comme des échalas, du fil de fer, pierres pour caler ceux-ci…Eventuellement elles servaient aussi d’abri en cas de forte averse ou pour y  casser la croûte. En des temps pas si anciens que cela, certains y dormaient à la dur  pour éviter de faire le chemin pour revenir le lendemain matin.

 

La forme

Les formes extérieures dépendaient des matériaux Petite maison, Cabane de vigne, Saumur-Champignydisponibles sur place. En Saumur-Champigny, à Bourgueil les plus belles utilisaient la pierre blanche tendre à extraire sur place et à tailler. En pays sancerrois, certaines maisons de vigne ont conservé leurs aspects extérieurs, avec une alliance très réussie entre la pierre blanche pour les coins et les encadrements de la porte et de la fenêtre, avec une toiture à double pente et la pierre noire ou foncée pour les murs. Seul le mur d’accès est ainsi travaillé. Les trois autres murs sont aveugles et souvent montés avec des pierres moins belles.

 

Il fallait le plus souvent faire au plus simple et privilégier l’aspect fonctionnel plus que la beauté extérieure, ce qui explique des toitures à une seule pente, sans charpente compliquée en dessous. C’est la raison aussi pour laquelle toutes les petites maisons de vignes ne sont pas belles. Certaines sont rudes d’aspect et/ou de protection. 

 

L’entraide

Petite maison de vigne blanche, BourgueilLa petite maison de vigne ne devait pas coûter cher. Elle était érigée souvent en été quand le vigneron a un peu de temps disponible, surtout avec l’allongement des jours. C’est en ces périodes aussi que les hommes s’entraidaient les uns les autres pour les opérations lourdes telles que la pose des pièces de la charpente. Toutes ces occasions donnant lieu également à des dégustations des vins de l’année précédente en attendant le vin nouveau.  

 

L’importance

Leurs dimensions sont extrêmement variables, vraiment très petites comme cette maison au toit de pierre en Saumur-Champigny, avec une surface intérieure qui doit avoisiner le mètre carré, à quatre mètres carrés environ pour la petite maison de Bourgueil ou celle qui porte le panonceau « Les vignes », ou beaucoup plus avec plusieurs étages comme cette maison implantée en terrain pentu qui possède un rez-de-chaussée mi-enterré, un premier étage accessible avec un escalier extérieur plein en pierres et un demi-grenier dans la partie la plus haute du toit. Remarquons que cette maison possède aussi une cheminée.

 

La fenêtre

Outre la dimension et la noblesse des matériaux, Petite maison de vigne rose, Sancerrela fenêtre est un élément important de distinction entre les petites maisons. Elle permet d’indiquer la volonté du vigneron de montrer à ses collègues et aux autres villageois sa fierté et sa réussite. Elle est une médaille que l’on s’offre à soi-même quand on estime que tant le travail fait que le vignoble méritent reconnaissance. La petite maison de vigne sait qu’elle exprime beaucoup plus que sa fonctionnalité ou sa beauté. Autant qu’une vigne bien tenue, elle est un langage non verbal que chacun est à même de comprendre.

 

Le charme

Petite maison de vigne, Anjou, serrureLa petite maison de Bourgueil, que j’ai en dessin sous les yeux, possède deux fenêtres, la seconde à l’étage avec un linteau ouvragé peu fréquent dans le vignoble. L’ensemble met en valeur l’avancée du toit et le pignon qui le termine. Sur ce coteau qui descend en pente douce vers la Loire, le vigneron propriétaire entendait bien montrer et sa réussite et son goût pour le raffinement. L’autre petite maison que l’on devine à droite sur le dessin  est moins  travaillée.

 

La protection

Ces petites maisons sont désormais répertoriées et protégées dans le cadre de la protection des paysages, tout particulièrement au titre du patrimoine mondial de l’Unesco. L’ouverture de circuit de découverte des petites maisons de vigne contribue aussi à leur mise en valeur.  Elles n’en demeurent pas moins fragiles, tant l’état de certaines d’entre elles est préoccupant. Mais cela fait partie de leur charme évanescent. Elles sont un puissant diffuseur de rêves, tout autant que le cabanon de pêcheur à l’Ile de Ré ou la maison à marée dans le Golfe du Morbihan.

 

Le passage d'une fonctionnalité à une autre

Certaines d’entre elles connaissent un nouvel Petite maison de vigne, Sancerroisusage, d’une  façon  jamais imaginée par leurs constructeurs. Elles servent de décor pour des pièces de théâtre. C’est ce qu’ont réalisé certains vignerons dans le vignoble de Saumur-Champigny pendant plusieurs années l’été à la tombée de la nuit. Imaginez une belle nuit d’été au Clos Cristal propriété de l’Hôpital de Saumur, entourés d’amis, au milieu des vignes où grésillent des petits bruits, à écouter des acteurs chanter et célébrer la vie…  La petite maison du travail de la vigne est devenue une petite fabrique à rêve. Mais parfois aussi elle garde sa fonctionnalité d’abri en hébergeant les enfants qui attendent le car scolaire. C’est le cas à Rochefort sur Loire en Anjou. 

 

 Pour suivre le chemin

. Référez-vous au « Vin aussi est affaire de femmes » dont je suis l'auteur (Cheminements éditeur), qui montre un certain nombre de petites maisons de vigne en dessin à la plume de France Poulain.

. Cherchez sur le net et vous trouverez par exemple :

http://veaugues.over-blog.com/article-autour-de-sancerre-54194210-comments.html

http://www.clos-cristal.com/

. Retrouvez les photos dans l'album "le Vin dans tous ses états".  

 

 

  

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V03 comme Verre > Le Verre d'alliance du Pineau des Charentes

7 Septembre 2010, 14:48pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

Pineau des Charentes, pub 2001, verre, CarreletsLe verre du Pineau des Charentes

Ce qui frappe en premier, c’est la hauteur de remplissage du verre. Rien de comparable avec du vin, dont le verre ne doit jamais être rempli au-delà du tiers de façon à garder un volume important d’aération pour sentir les arômes du vin. C’est la partie du verre que l’on appelle la cheminée. Ici, dans le cas du verre du Pineau des Charentes, on voit bien la différence avec le vin, on voit aussi que ce n’est pas du cognac dont le verre est très reconnaissable. 

 

Le verre et le visuel 

Tant de Pineau dans le verre ne saurait Pineau des Charentes, pub 2001? Carreletsêtre un hasard. Pour preuve, les trois publicités que j’ai sous les yeux, la première  au bord de la mer un jour de tempête intitulé « carrelets au nord de Royan », la seconde la nuit devant le port de « la Rochelle » et la toute dernière très récente avec des verres toujours autant remplis. C’est une façon de faire ressortir le P de Pineau entouré d’un nœud fait avec une corde de marin qui identifie le verre en signe de logo. La nouveauté entre les deux premières pubs qui datent du début du siècle qui sont marquées  par la référence à la terre et à l’eau de la mer alors que la dernière privilégie la mise en avant du Pineau rouge devant le Pineau blanc sur fond de feuilles de vignes. Il ne reste que le nœud marin, avec des mots qui sentent bon la com et un slogan qui indique un nouveau positionnement pour ce vin de liqueur « Du grand art pour l’apéritif ».          

 

L’usage de la corde et du nœud de marine

Pineau des Charentes, pub 2001, La Rochelle, verreC’est vraiment la trouvaille des deux premières publicités. Juste au-dessus de l’endroit le plus ventru du verre, ce qu’on appelle l’épaule, un glaçon est attaché par une corde sur la paroi extérieure du verre et, raffinement, le tout tient grâce à un noeud joliment fait de l’autre côté du verre.

 

Si vous ajoutez par derrière les vagues qui déferlent sur les cabanes à carrelets, vous sentez presque la mer. Avec La Rochelle la nuit, l’alliance est aussi réussie même si ma préférence va à la mer en colère. Les couleurs  de la pierre des tours d’entrée du port répondent à celle du Pineau. C'est également une jolie façon de montrer que vous pouvez déguster un Pineau en soirée. En point commun aux deux visuels, la signature du Pineau des Charentes, avec le slogan ‘De Terre et d’Océan’ inscrit en blanc sur fond bleu moyen intense qui ressort aussi bien sur le blanc ou le noir utilisés en fond pour le Ier et le second visuel.

 

Le texte d’accompagnement Pineau des Charentes, pub 2001, La Rochelle

Il est franchement long, très long, trop long, même si la version 2 (La Rochelle) l’a déjà rétréci. Le Ier texte a pour titre « En Charentes, le Pineau puise son caractère dans l’Océan » avec quatre lignes sur deux pages pour que vous compreniez bien. J’ai renoncé à lire. Le visuel n° 2 ne garde que 3,5 lignes sur une page pour vous détailler le positionnement « En Charentes, chaque jour qui passe donne plus de saveur au Pineau ».   

 

Le visuel 2010 « Alliance de Nature et Talent »

Pineau des Charentes, pub 2010Exit la corde, le glaçon, la mer, les vagues ou les tours de la Rochelle la nuit. Parti le logo en rectangle bleu, le long texte qui s’était déjà rétréci qui expliquait ce que voulait dire l’image. Voilà le nouveau visuel, plus économe en espace. Il tient maintenant sur une page et non plus deux, avec toujours au centre le verre Pineau qui est toujours gravé de son P avec sa corde.

 

Mais cette fois-ci, ils sont deux. Qui ? Les verres ! Un pour le Pineau blanc classique en retrait et un avec le Pineau rouge en avant. Comme le glaçon a aussi disparu, on voit maintenant de la buée sur la paroi extérieure du verre. Le texte ne fait plus que 3 lignes sur une seule page; il apparaît en blanc sur fond bleu marine. C’est ce qui reste de la mer. A la place, une nouvelle composition avec en bas les verres sur fond de feuilles bien vertes et au-dessus une grande partie bleu-marine avec une bague en bois ornée d’un grain de raisin en guise de diamant !  

La question subtile

En fait ce n’est pas la question qui l’est, c’est le concept sur lequel repose cette publicité. Je me demande combien de personnes vont comprendre ce visuel et associer en un clin d’œil, l’alliance (celle du mariage) avec ce rond en bois percé avec un grain de raisin en équilibre instable. C'est certainement une façon de valoriser le vieillissement en tonneau, pour rapprocher le Pineau du Cognac, au moment où les vignerons sont mieux rémunérés en vendant directement leurs vins au chai. Mais pour cela il faut lire le texte, ce que je fais rarement je l’avoue, sauf quand j’écris un billet  sur la pub à votre intention. Les verres trop remplis sont toujours là et maintenant on en voit deux. Quel encouragement!

 

Le slogan est maintenant devenu « Du grand art pour l’apéritif ». Je doute de son efficacité, surtout au moment où l’Alsace communique aussi avec son Crémant en apéritif, en se référant aussi à l’art. Mais ça, c’est un syndrome qu’on connaît bien dans le vin. On a déjà vu tant de verres qui dansaient, valsaient, tournaient ... en même temps dans les pubs des interprofessions qu’on ne savait réellement plus laquelle d’entre elles avaient lancé l’idée et qu'on saturait avec ces verres pas droits. 

 

Retenez l'idée de l'anneau de bois. On devrait la voir ressurgir, tout comme je l'avais déjà trouvée dans une pub Heineken (encore) avec en thème principal, une petite bouteille dans un écrin de bague de fiançailles et en arrière des ronds de lumière qui éclairent la scène.      

 

Pour suivre le chemin du Pineau des Charentes

. Voir les recettes faites avec du Pineau des Charentes sur  http://www.pineau.fr/ 

. Avoir les bases : C’est un vin de liqueur (ou vin muté) que tout le monde connaît au moins de nom en France. Situé comme son nom l’indique en Charente, entre deux grandes régions d’appellation, le Bordelais au sud et la  Loire au nord, il se présente comme un vin de liqueur issu de l’alliance entre la Terre et l’Océan. Il offre aussi une alternative aux vignerons de l’aire d’appellation : produire leurs propres vins, ce qui constitue la nouvelle tendance,  livrer leurs raisins aux producteurs de cognac pour faire du cognac ou faire un savant mélange entre ces deux produits de la vigne que sont le vin et le cognac. L’alliance des deux selon des conditions bien définies forme le Pineau des Charentes qui, comme le vin, peut être blanc, rosé ou rouge.

 

Longtemps réservé à la consommation familiale en fin de repas lors des anniversaires ou des mariages, il titre 16,5°. Deux raisons pour lesquelles, son image reste un peu vieillissante et sa consommation limitée. Son caractère dual joue peut être aussi en sa défaveur : ce n’est ni un vin de Charentes comme il en existe maintenant de plus en plus, ni du cognac peu goûté en France et qui se préfère à l’export. C’est la raison pour laquelle le Comité national du Pineau des Charentes fait de la publicité générique en faveur de l’appellation. Sa principale autre activité est de diffuser des recettes qui ont un grand succès. Qui ne connaît le melon des Charentes au Pineau forcément des Charentes !

 

. Goûter la sélection de Château Loisel en vin de pays des Charentes et Pineau sur http://www.chateauloisel.com/degustation/charentes.htm et tout particulièrement un vieux Pineau rosé «  de la race d’un grand cognac » au Domaine François Voyez, qui produit du cognac et des pineaux dans une triple gamme, classique, vieux (5ans en tonneau) et très vieux (10 ans).  

http://www.cognac-voyer.fr/grande-champagne/pineau-des-charentes.html

. Lire les précédents billets consacrés au verre sur ce blog

V01 de Verre > Elise Brignot vue par Tolmer

B de Bouteille + V de Verre = Einstein = Perrier  

 

. Photos EP à partir des publicités.  

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Dimanche matin d'été à Montjean sur Loire, face à l'Ile de Chalonnes

5 Septembre 2010, 18:09pm

Publié par Elisabeth Poulain

Une France si paisible

Elle se découvre à qui la regarde, quel que soit le sens dans lequel vous faites

 Montjean, vue de l'église sur la vallée

 

vos tours et détours à Montjean face à l’Ile de Chalonnes qui porte le nom de la ville qui se situe en amont de sur la Loire. Vous allez voir une France faite de pêcheurs qui viennent là chaque dimanche comme d’autres vont à l’église, une France du matin quand les cyclistes sont les seuls que l’on rencontre sur la levée de la Loire en rive droite, celle d’où  l’on a la plus belle vue sur la Loire et sur l’autre rive sans qu’il soit possible de dire si l’on voit une île ou l’autre rive du grand fleuve  tant il y a d’espace.

 

Une France si rurale

Une France où des hommes papotent, pêchent, pédalent, passent au PMU pour La Loire, rive gauche, Montjeanprendre un ticket et un pot au comptoir tant qu’à faire au café près du pont, tandis que les femmes sont à la maison, en train de préparer, c’est au moins ce qu’on imagine, le repas de midi. C’est cette France que j’ai rencontrée ce dimanche matin là d’un été qui en était alors à ses débuts, quand tout est encore frais, clair et léger, avec quelques touristes en auto, à vélo et des bateaux sur l’eau.

 

Une France où le matin on va voir comment le potager a passé sa nuit, si les haricots n’ont pas besoin d’eau, où le grand-père va tailler son lierre qui déborde dans la rue de la Grenouillère, une dame qui suspend son linge alors que  des touristes belges et allemands se reposent qui dans la voiture, qui sur un banc à Montjean en haut près de l’Eglise, pendant que d’autres  cherchent en vain un café où prendre une limonade.  Il faudra redescendre près du pont près du port pour retrouver un peu plus de vie autour des petits commerces. 

 

Toujours La Loire, l’eau, la terre

Et toujours la Loire qui a modelé ces paMontjean, quartier du port, jardin enclos de murysages d’eau, de terre, d’îles qui portent des noms et d’autres pas, ces îles avec nom dans des îles sans nom, ces bancs de sable sans nom et pourtant bien réels  auquel le promeneur peut accéder grâce aux duits, ces levées de pierre enchâssées autour de poteaux qui permettent de briser et de diriger le courant de l’eau, ces bras de Loire qui figurent bien en bleu sur la carte IGN 1422E alors que souvent en été toute l’eau s’est retirée. Les noms ici ont une saveur particulière, où « le grand et le petit » tiennent une place particulière, le nom des personnes aussi ou qui vient de particularités locales.  …Ici parfois les îles prennent le nom de Buisson accompagné du nom du propriétaire : Buisson Marion, Buisson Chauveau juste en face du port de Montjean.

 

La présence portuaire

Montjean, quartier du port, mini-jardin de ruelleOn en revient toujours au fleuve, comme si l’attirance était si forte qu’on en oublie un peu le reste. Ce sont dans les anciens quartiers proches du port que l’on trouve en particulier à Montjean, qui connaissent un véritable renouveau grâce à l’arrivée de nouveaux habitants qui réhabilitent des logements anciens, grâce aussi au travail réalisé par ceux qui habitent depuis des années et qui ont su créer et entretenir des jardins touchants ou magnifiques.  

 

C'est là aussi que vous rencontrez une dame âgée qui vous emmène voir les points de vue, un monsieur qui taille son lierre et qui a bien envie de faire un brin de causette, un groupe de randonneuses qui vous invitent à vous joindre à elles pour continuer leur ballade de 13 kms qu'elles venaient de commencer...     

 

La vue sur la Vallée

Elle est un plaisir pour les yeux. Il est vrai qu'elle se mérite. Il faut  pour cela prendre le sentier pentu qui  mène à l'église et à la mairie. On a peine à croire ici que la nature subit les atteintes que dénonce le développement durable tant elle est luxuriante, paisible et travaillée. Le paysage d’une grande amplitude aussi bien latéralement que devant soi est très représentatif de la Loire, avec ses peupliers, le lit du fleuve, les anciennes maisons nichées au pied de la falaise .   

 

Pour suivre le chemin

. Allez à Montjean sur Loire. Vous pouvez même trouver la ballade sur le net.

. Lisez la plaquette "Vivre les paysages inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco"    réalisée par la Mission Val de Loire installée à Tours, 02 47 66 94 49 et www.valdeloire.org 

Photos EP

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