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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Pub > La vogue de l'empreinte digitale

29 Novembre 2010, 16:16pm

Publié par Elisabeth Poulain

Ce ne peut être un hasard surtout quand on parle de publicité, cette méga surfeuse sur l’air du temps, qui capte les nouveaux courants sur fond de vieilles stratifications fondées sur le rêve de la beauté éternelle, la peur de mourir ou la volonté d’être autre, un autre absolument différent de ces autres qu’on ne veut surtout pas voir. Après une telle introduction, il est presque normal de parler d’empreinte, celle que l’on trouve sur votre carte d’identité et qui va vous distinguer des milliards d’autres. C’est proprement fascinant et inquiétant. Forcément.

Empreinte-Ludovic Paul-AfBlum-Index droit 

 

En ces temps de troubles identitaires, où chacun se doit d’être le plus pleinement lui-même afin de ressembler le plus à d’autres comme soi dans une vision très segmentée et markétée de notre société, l’empreinte prend presque naturellement une large place dans la publicité. Il en va des villes comme des personnes. On comprend mieux alors pourquoi l’empreinte   est choisie comme concept de visuel publicitaire pour une ville, comme Nice ou l’offre de musique Premium Deezer pour Orange. Ces deux publicités semblent être des productions « maisons », aucun nom d’agence n’apparaissant même en gris foncé sur noir.  

 

Comme toujours aussi, la publicité sait faire preuve de beaucoup d’intelligence profonde et de création de valeur. C’est le cas avec la plaquette de présentation d’une récente exposition à Lyon sur Edmond Locard (1877-1966), un des pères de l’usage des empreintes digitales « dans l’expertise judiciaire actuelle ». Il est ainsi possible  de montrer comment un pays, la République d’Afrique du Sud, est en phase directe avec la faune protégée et la biodiversité respectée.  

Voici quatre exemples qui chacune montre une facette d’usage différencié de l’empreinte.

 

Nice e-génération

Nice, pub J’ai vérifié : il y a bien des accents sur génération. Il s’agit pourtant de montrer que Nice, Ville intelligente et durable, est en phase avec son époque. C’est normal puisqu’elle est intelligente et branchée sur le développement durable. Pour preuve, une carte à droite de l’encart paru dans le Monde du 6.11.2010 détaille les différentes facettes de cette intelligente virtuelle.  

La carte

Je vous la détaille, sinon, vous auriez beaucoup de mal à lire ces preuves en parme clair sur fond noir. En remontant de droite à gauche en partant du bas, on trouve

-        Ière ville de France en auto-partage 100% électrique

-        Une communication proche de vous (NFC)

-        Se déplacer, visiter, payer, grâce au sans contact mobile

-        Innovations médicales Cyclotron 2

-        Eco-Vallée 3ème opérateur d’intérêt national

-        Monitoring urbain, Candélabres communicants 

L’empreinte

La carte de la ville est entourée d’une tresse de câbles représentant, j’imagine, les connexions Internet qui lient le territoire urbain au Net, via l’empreinte d’un gros pouce rouge orange situé dans la moitié de gauche avec en dessous le qualificatif de la ville « ville intelligente et durable » et au-dessus « Nice » écrit en gros suivi de e-génération ». Il me reste à vous donner deux autres éléments qui composent ce visuel, la signature en coin bas droit « Nice Côte d’Azur » avec son adresse mail www.nice.fr et surtout, surtout, le fond noir utilisé pour mettre le tout en valeur.            

 France, Orange, pub Empreinte

Deezer pour Orange

C’est BIBA, le magazine branché jeunes femmes, qui publie cette publicité dans son numéro de décembre 2010, en page 87, qui comme vous le savez pour les pages impaires figurent parmi les bommes pages et à ce titre « vaut » plus cher que la page 86 consacrée à la séduction des femmes qui ont des « rondeurs » comme Monica Belluci, Queen Latifah, Christina Hendricks ou Kelly Osbourne.  

 

Il s’agit cette fois-ci  de prôner Orange grâce à la possibilité d’écouter de la musique en continu même hors connexion, avec ce titre très accrocheur 7 millions de titres au bout des doigts  avec les offres mobiles et internet d’Orange. Une grosse empreinte est représentée en orange sur fond noir brillant. Plusieurs lignes de texte précise les conditions de l’offre, détaillées sur appel à l’agence france télécom 1014… 

 

La plaquette de l’expo « Empreintes d’Edmond Locard » à Lyon

Lyon, Archives municipales, EmpreinteElle est très belle. C’est une création de Yanick Baily. Elle m’a vraiment donné envie d’aller voir l’exposition quand je suis passée à Lyon à cette époque là. A défaut, j’ai gardé la plaquette, sans savoir bien sûr, si un jour, je pourrais en faire quelque chose. Ce jour est arrivé, c’est aujourd’hui. 

 

 

Edmond Locart était médecin légiste. C’est lui qui créa le premier laboratoire de la police scientifique pour résoudre les grandes affaires criminelles. La plaquette a un autre intérêt. Elle montre comment il est possible de photographier des empreintes qui ressortent en blanc sur un support transparent comme le verre.

 

  • L’affiche sud-africaine de Chas Mavyane-Davies
  • Cette fois, il s’agit, pour l’Office régional d’Afrique du Sud, Office régional, affiche Afrique du Sud,   de promouvoir la vie sauvage  en lien avec l'identité: Our identity is linked to wildlife. Le titre de l’affiche est encore plus concis Wildlife & Identity . Le client (IUCN) a fait appel en 1999 à un grand créateur originaire du Zimbabawe, maintenant professeur de graphisme au Massachussets College of Art of Boston. Son nom : Chas Maviyane-Davies, qui a réalisé cette œuvre admirable au plan graphique et symbolique. 

Au total, 1 + 2 + 3 + 4

 

1. Dans le cas de Nice, le recours à l’empreinte est franchement gênant. Il ne s’agit pas seulement de la présence des accents sur le second terme accolé à e- parce que dans cet univers là, tout se passe en anglais. C’est beaucoup plus grave, surtout que l’empreinte est toujours associée dans notre univers mental à la recherche des criminels. Nice est connue, selon Wikipedia, pour son insécurité pour ne pas dire plus. Dans le visuel, le noir et le rouge associé font penser à la nuit et au sang versé. L’exemple de la photo de Lyon montre qu’il aurait été possible de faire autrement, sans faire appel au monde de la nuit et à des connexions pas toujours aussi claires que celles montrées sur la publicité.

 

2. Pour Deezer, l’empreinte permet de mettre les différents styles de musique en lumière. Le fond noir est un peu plus justifié dans la mesure où l’écoute de la musique renvoie à un monde intérieur. Disons qu’au global, l’essai n’est pas franchement réussi. Il y a franchement trop de texte placé en plus un peu partout. Le rapport entre l’image et le texte n’est pas harmonieux. Les dates de parution très proches ne permettent pas de dire lequel des deux annonceurs a eu l’idée le premier.

 

3. La réussite de la plaquette de Lyon  est frappante. Elle est l’œuvre d’un professionnel. Ca se sent tout de suite. La plaquette est à la fois puissante en page 1, sobre et composée en pages intérieures 2 et 3, informative en page 4. Chaque espace-page a sa propre tonalité et l’ensemble est maîtrisé.

   

4. L’affiche de Chas Mavyane-Davies est admirable. Elle est à la fois incroyablement réussie graphiquement dans sa composition, l’usage des couleurs…Le concept est intellectuellement et humainement très fort. Il s’agit de partir de l’animal, grand acteur de la Wildlife  pour conférer à l’homme son identité. Il ne s’agit pas là de faire du marketing territorial comme à Nice mais de rappeler l’unicité du Vivant pour redonner au genre humain sa pleine identité. Est-ce le noir et le blanc  ou le blanc et le noir qui ressort? Il n’y a bien sûr pas de réponse. Une réponse pourrait être que cela dépend de l’œil de cEmpreinte-Seb de Warl-AFBlum.be-Auriculaire gaucheelui qui regarde. Il faut alors se souvenir que ce travail a été demandé à l’artiste par un organisme officiel sud-africain. La réponse est subtilement unitaire : c’est la faune, la vie sauvage qui confèrent l’identité.      

 

= 4 publicités, 4 styles dans des domaines très divers, des espaces différents,

= avec au final la réussite d’un jeune graphiste

= et l’autre d’un artiste, créateur de ce qu'il appelle la "creative defiance", qui donne du sens à ses créations

= avec à chaque fois un empli de la couleur différent.

 

Pour aller plus loin 

. En connaître plus sur les empreintes 

http://www.biometrie-online.net/technologies/empreintes-digitales

http://fr.wikipedia.org/wiki/Empreinte_digitale

 

. Pour vous exercer à prendre vos empreintes  http://www.afblum.be/bioafb/dermatog/dermatog.htm

. Aller à Lyon voir les Archives municipales de Lyon

 http://www.archives-lyon.fr/static/archives/edmond_locard/

. Voir un des sites de Chas Maviyane-Davies dur www.maviyane.com/

.  

 

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Les petites maisons > La valse des conteneurs > Du transport à L'habitat

24 Novembre 2010, 12:15pm

Publié par Elisabeth Poulain

Un peu de sémantique

Conteneur infoLe terme de conteneur n’est pas du plus pratique, même si on comprend ce qu’il veut dire. Visiblement c’est un …truc qui permet de contenir. On aurait pu carrément dire que c’était une boîte rectangulaire à remplir de marchandises à transporter. Cela aurait été plus simple quand même surtout quand on sait comment ça s’appelle en américain courant: c’est une « box », une boîte. Un terme compliqué avec trois syllabes, commençant par ‘con’ en plus d’un côté et de l’autre un mot tellement banal et simple d’une seule syllabe à la jolie sonorité qu’il en devient universel. Il faut dire aussi à la décharge de conteneur qu’il a été tout simplement traduit de Container que l’usage a transformé en box. Vous avez déjà compris que j’aime bien les boxes et qu’aujourd’hui je vais vous en parler de cette boîte normalisée, qui ne sert pas encore à tout, mais à beaucoup, oui, ce point là est assuré.

 

Une question de normalisation du transport Conteneurs en partance sur un porte-conteneurde marchandises

Et oui, c’est ça l’intelligence de la logistique. Il est plus facile et beaucoup moins coûteux de transporter les marchandises par voie maritime en les calant dans une boite qu’en les transportant une par une, chacune dans son emballage. Il y a des bateaux spécialisés pour ça, les portes-conteneurs, des grues géantes dans les grands ports, les pinces à conteneur, qui se chargent de transborder les conteneurs du quai au bateau et vice et versa en quelques minutes par conteneur.

 

La baisse des exportations chinoises

La grande époque du transport maritime par conteneur est actuellement stoppée par le ralentissement du commerce mondial qui part de Chine pour irriguer le monde en marchandises produites à des coûts imbattables tellement ils sont bas. Le trafic a chuté de plus 22% en un an (début 2009 par rapport à 2008). Le parc mondial de conteneurs s’élèverait à plus de 12 millions d’unités, sans garantie aucune de certitude quant au nombre, puisque ne sont comptabilisés que ceux qui sont neufs ou à peu près en bon état.

 

Les conséquences sur les conteneurs

Quant aux boîtes qui ne sont plus bonnes à être gerbées, c’est à dire empilées les uContainer forkliftnes sur les autres, leur nombre est proprement impossible à connaître pour plusieurs raisons liées l’une à l’autre: la Chine en est le plus gros fournisseur et utilisateur. La baisse des exportations au départ de Chine du fait de la chute de la demande en provenance du reste du monde fait que  le retour vers la Chine d’un conteneur à vide à partir de l’Occident, d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique ne présente aucun intérêt pour les grandes compagnies chinoises, si ce n’est un coût sans aucune contrepartie. Sur place, la seule solution serait la récupération des matériaux, ce qui se fait déjà. Il n’est donc pas étonnant dans ces conditions que tout à coup les conteneurs sortent du bois en particulier en Europe. On les voit, on se demande ce qu’ils font là ou plutôt ce qu’on peut faire de ces montagnes de boîtes qui forment de véritables murs puisqu’on peut les entasser les uns sur les autres si la structure acier a conservé sa solidité. 

 

La puissance de la boîte

Un conteneur n’est qu’un gros parallélépipède Conteneurs en stock, Port du Havrerectangle de 20 ou 40 pieds. Plusieurs posés l’un à coté de l’autre, ça impressionne, surtout quand ils sont empilés les uns contre les autres à 3 hauteurs sur les ponts des gros porte-conteneurs sachant qu’il y a en cale 8 étages de conteneurs les uns sur les autres. Leur langage non verbal est impressionnant surtout quand ils jouent de la couleur. Leur message : la puissance. La combinaison entre un énorme bateau et cet empilement  parle directement à l’œil et à l’esprit. C’est une des raisons pour laquelle j’aime les grands ports, là où on voit ces énormes volumes de conteneurs avant de les voir sur les ponts des navires et de les imaginer en cale.  

 

Le conteneur en publicité

CVille-Pub, Zurich-Les Echos 1908-2008omptez toujours sur la publicité pour repérer les éléments porteurs de messages nouveaux. Le conteneur est perçu comme un signe de la vitalité et de la capacité de la Chine à créer une nouvelle configuration du monde. En fait c’est une publicité d’une multinationale d’assurances au nom suisse présente dans 170 pays, « Zurich » qui a pour slogan « Because Change happenz ». C’est elle qui a sélectionné pour ses polices d’assurance dommages et d’assurance des risques, une photo d’une rue de grande ville chinoise avec un bloc de conteneurs sur la gauche ou qui y ressemblent fort.

 

Du bloc à l’immeuble

Quand on se désigne la porte d’entrée en Europe Conteneurs residence pour étudiants sur un bateau,ZwolleGateway to Europe comme le fait Amsterdam qui est un des grands ports du monde, le conteneur on connaît, et ça bien avant la crise. Aux Pays-Bas, la pression foncière est très forte, les étudiants ne savent pas où se loger, et il y a des tas de conteneurs inutilisés en particulier dans les zones portuaires ou proches. Si vous additionnez le tout, vous concevez des bateaux flottants portant un immeuble fait de conteneurs transformés en chambre d’étudiants. Ce sont les plus belles réalisations mais bien sûr avec des conteneurs neufs pour garantir une durée de vie suffisante.

 

Sur le même principe d’assemblage, il y a aussi maintenant des immeubles de 2 oConteneur en résidence-Amsterdamu 3 étages recouverts de parements colorés qui deviennent des cités universitaires proches des facs et à des coûts imbattables. Les Anglais avaient déjà testé la formule dés 2001 avec « Container City I »  une unité de vie pour étudiants rassemblant 12 studios montés en 4 jours. Qui dit mieux ? Depuis les choses ont bien bougé dans le monde anglo-saxon toujours plus innovant en matière d’urbanisme, de logement et de vivre ensemble, particulièrement en Australie, au Canada, et plus près de nous, en Allemagne.

 

Les réactions en France

Elles avaient été clairement négatives et moqueuses. Comment pouvait-on envisager d’habiter dans un conteneur ? En oubliant bien vite que les chambres universitaires font un peu plus de 9 m2 et que ça c’est franchement riquiqui, surtout que la conception et les aménagements sont parfois vétustes. Désormais, les besoins de logement pour les étudiants devenant plus pressants, certaines municipalités ont sauté le pas.   

 

La France portuaire se lance à son tour dans l’aventure. Un hasard ? Certainement pas. Dans les ports, on est habitué à voir tous les jours passer ou rester des conteneurs. Le Havre est désormais devenu la référence dans ce domaine, avec une résidence de 100 logements répartis en plusieurs immeubles qui se font face dans un espace de 1000 d’espaces verts près du campus universitaire. La surface habitable est passé à 25 m2 avec tout le confort pour un coût unitaire de 36 000E.  

 

La résidence écologique

C’est un nouvel avatar très séduisant et presque certainement irréalisable en Conteneurs-ShippingFrance où la réglementation est beaucoup trop restrictive pour autoriser ce genre de fantaisie. La recette, vous prenez un bon vieux conteneur encore solide d’occasion et surtout pas un « tout neuf » qui serait trop cher et caserait le plaisir de la récupération et du bricolage. Vous l’implantez dans une forêt en pleine nature et vous lâchez court à votre fantaisie, en laissant surtout visible les marques extérieures peintes au tampon sur les parois. Le jeu, car c’en est un, est de montrer que « votre » conteneur a vécu et va grâce à vous, à vos talents et à votre fantaisie, va continuer à vivre, d’une vie douce, sans choc lors des transbordements. Il va vieillir en douceur à vos côtés. C’est brave, un conteneur. 

 

Pour suivre la route du conteneur 

. Retrouver la compagnie d’assurance sur  www.zurich.com

. Sur la baisse du transport mondial maritime de marchandises, voir 

http://salades-nicoises.net/spip.php?article271

. Sur les expériences à l’étranger

http://www.containercity.com/container-city-one.html

http://www.flickr.com/photos/roludsgn/sets/72157600288437836/

. A voir au Havre http://www.letudiant.fr/loisirsvie-pratique/logement/logement-une-chambre-en-ville-10351/logement-etudiant-je-te-fais-visiter-mon-conteneur-16390.html Angers-Soclova-résidence étudiante

. Angers vient de construire une résidence universitaire à ossature bois en modules préfabriqués par Bénéteau, le leader vendéen du mobile home. Ce ne sont pas des vrais conteneurs mais des cellules de vie toutes équipées. On voit bien la similarité du concept, la magie du conteneur et du transport maritime en moins, celle de l’histoire du camping en plus. A une différence d’importance près, c’est qu’il est interdit de vivre à l’année dans un mobile-home !       

. Pour acheter votre conteneur que vous pouvez faire repeindre à vos couleurs  http://www.containerinfo.net/container-marine.htm

. Photos de récupération sur le net, avec mes remerciements aux différents contributeurs.  

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Michel Tolmer au Bistrot Paul Bert

23 Novembre 2010, 09:48am

Publié par Elisabeth Poulain

                                                       Michel Tolmer, Bistrot Paul Bert, nov. déc. 2010                                                       

 

Pour la symétrie, il me manque soit une séparation entre Tol et mer soir un lien entre Paul et Bert. Ca pourrait donner deux titres différents :

 

 

 Michel Tolmer, Bistrot Paul Bert, nov. déc. 2010                        . Michel Tol Mer au Bistrot Paul Bert 

ou, à votre choix,

. Michel Tolmer au Bistrot Paulbert

  

et bientôt

. Michel Tolmer au Bistrot Polber, pour que ça rime à l’oreille avec Tolmer.

Michel Tolmer, Bistrot Paul Bert, nov. déc. 2010  

 Ce serait pas mal. Mais pas fameux pour trouver où c'est et aller voir la dernière exposition de Michel Tolmer. C’est au 18 de la rue Paul Bert, dans le 11è à Paris. Le vernissage est fixé au 26 novembre prochain de 18h à 21h.

 

Pour découvrir les nouvelles oeuvres de Michel Tolmer et  suivre la barrique

 

. Prévenez le bistrot au 01 43 72 24 01 si voulez rester dîner.

. Voir la "vraie" invitation dans l'album photo Art2 sur ce blog.  

. Lisez sur le net   http://www.glougueule.fr/

. Voyez aussi sur ce blog     V01 de Verre > Elise Brignot vue par Tolmer Michel Tolmer, Bistrot Paul Bert, nov. déc. 2010

 

 

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Planter les premiers mini-jardins de rue avec les habitants > Angers

21 Novembre 2010, 12:10pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

Ce sont les tous premiers à être mis en terre sur les trottoirs par les habitants, avec l’aide très bienveillante et très active de Frédéric Beatse, l'élu en charge des Quartiers, Gilles Mahé, l’élu en charge de l’Environnement,  et de Christian Griffon, le responsable des services technique des Parcs et Jardins d’Angers. Les habitants sont à l’initiative de ce projet mené à bien tambour battant ou plutôt pelle à la main dans le cadre du Conseil consultatif du quartier Doutre, Saint-Lazare, Saint-Jacques, situé en rive droite de la Maine, la rivière qui traverse Angers.

  Blog 2010.11.19 015

2010.11.21 009Deux sites ont été choisis, conjointement entre les habitants et les services techniques.

-        Le premier est situé de chaque côté de l’entrée technique qui jouxte le cimetière de l‘Ouest, rue de la Meignanne. 

-        Le second sur la belle avenue Yolande d’Aragon se trouve près de la fontaine Aqua Familia, de chaque côté de l’entrée de la rue Chauviré aux pieds des arbres, plantés il y a quelques années.

 

Les situations des deux endroits sont très différentes l’une de l’autre.

. Rue de la Meignanne, le mini-jardin est constitué par deux plates-bandes qui se font face de chaque côté de l’entrée des services techniques qui jouxte le cimetière de l’Ouest.   Celle de gauche en tournant le dos à la rue est déjà suffisamment large et longue pour créer un vrai jardin, dans de la bonne terre. La plate-bande de droite est plus étroite, le sous-sol contient des soubassements de béton. Il a donc fallu prévoir des végétaux adaptés dans cette partie. Le développement des plantes ne doit pas non plus déborder sur la voie qu’empruntent les camions de la ville.Des pieds de vigne vierge sont prévus pour habiller les deux murs qui appartienent à la ville. 

  

Blog 2010.11.19 012L’entrée se trouve perpendiculairement au trottoir. Le jardin ne devrait donc pas être gêné par les marcheurs, ni réciproquement. La rue de la Meignanne est en effet très passante, en terme de personnes qui se rendent à pied dans le Doutre, le centre historique de cette partie de la Maine. Les automobilistes encore plus nombreux peuvent voir le jardin en passant. 

 

. Avenue Yolande d’Aragon, les trottoirs de très belle facture sont plantés de tilleuls espacés tous les 10 mètres. Au centre de l’avenue, entre les deux larges trottoirs, c’est un parking paysager qui donne le ton. L’espace central est richement doté d’arbres et de végétaux. Un groupe d’habitants a suggéré de planter ce qu’on appelle « les pieds d’arbres », ces carrés de 0,8 m qui entourent les arbres plantés dans les fosses situés en dessous. L’idée est que chaque carré soit « adopté » par une à deux personnes, des marraines et des parrains, qui les protègent dés à présent et en assureront l’entretien et l’arrosage au retour du printemps. 2010.11.21 019

 

Le site est prestigieux. En rive gauche de la Maine, juste en face se trouve le Château. Sur la rive de droite, Le Quai est très proche. C’est le grand musée contemporain d’Angers. On le voit très bien. Les mini-jardins de  pied d’arbre devraient, si tel est le plaisir des habitants, coloniser tous les arbres de l’avenue. Je ne les ai pas comptés. Mais je vais le faire. Il pourrait y avoir ainsi de véritables petits paysages de rue, à voir de haut, différents à chaque fois.  

L’aide la municipalité

Elle est la bienvenue. Elle est aussi très réelle. Les habitants, locataires ou propriétaires, vivant près de ces deux sites, ont maintenant l’opportunité de jardiner les trottoirs, sur l’espace public, au pied des murs des immeubles, des clôtures, des poteaux. Semer une graine de rose trémière, de souci, de myosotis entre des graminées… est maintenant encouragé. On peut aussi aller plus loin en mettant en terre des arbustes à petit développement, des topiaires par exemple, entouré de plantes couvre-sol pour limiter  l’évaporation de l’humidité du sol en été et la prolifération des mauvaises herbes. Les services techniques défoncent le bitume si nécessaire, fournissent de la terre s’il y a lieu  et donnent quelques plants.  

L’engagement des habitants

Ceux-ci s’engagent à les mettre en terre, les arroser, en un mot à en prendre soin, comme s’ils étaient dans un jardin, après avoir reçu l’accord des services techniques qu’ils ont sollicités auparavant pour savoir s’il est techniquement possible de planter. C’est toujours le site qui commande, avec ses contraintes en matière de réseaux souterrains, de gêne pour les passants, les voitures… 

 

Blog 2010.11.19 0642010.11.21 005 

Les Premiers coups de pelle

Ils ont été donnés à des jours et des heures qui diffèrent dans les deux cas :

-        en fin de matinée et sous une pluie fine (et un petit vent transperçant) appréciée des jardiniers pour la rue de la Meignanne,

-        en soirée dans une franche gaîté  et dans une grande obscurité tant il y avait de têtes penchées et de monde à planter avenue Yolande d’Aragon. 

  

L’équipe de planteurs

Elle a été très fournie : entre les habitants, des enfants, des curieux, les élus, des administratifs de la collectivité et les jardiniers de la ville qui avaient pris soin d’apporter gants, pelles et plantes…C’était à qui aurait une pelle à la main pour pouvoir mettre « sa » plante en terre. Les jardiniers de la ville ont pu voir une franche avancée qualitative  de l’équipe dans sa capacité à travailler efficacement  entre les deux plantations distantes de quelques jours seulement. Ce soir là, on aurait bien continué à jardiner. On a du cesser faute de munitions, comprenez de plantes à mettre en terre. Il n’a pas été nécessaire d’arroser tant la pluie est quotidienne en ce moment.  Blog 2010.11.19 006

 

Pour suivre le chemin

. Les élus et/ou conseillers présents :

 

Frédéric Béatse (Quartiers), Christian Mahé (Environnement), SBlog 2010.11.19 058olange Thomazeau (Personnes âgées), Catherine Besse (Quartier Doutre, Saint Jacques, Saint Lazare).

 

. Contactez Marc Faugères, le responsable du Pôle territorial des Hauts de Saint-Aubin qui s’occupe de renseigner les personnes qui désirent implanter des mini-jardins de rue et de gérer leurs demandes faites directement. Il n’est pas besoin de passer par une association d’habitants du quartier: Marc Faugères, marc.faugeres@ville.angers.fr 02 41 35 10 61. 

 

. Rendez-vous sur les deux sites et appréciez la signalétique mise en place par l’équipe du service de la Communication de l’Agglomération d’Angers, avec des bambous "très développement durable".Et ayez un peu de patience pour connaître les noms des plantes.

. Photos EP, à voir aussi dans l'album "Mini-Jardins de rue" sur ce blog avec des exemples dans plusieurs villes.

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La mode du mur végétal > Le besoin de nature > La ville dense

19 Novembre 2010, 11:53am

Publié par Elisabeth Poulain

C’est à qui a ou aura son mur végétal, ce concept mis au point par Patrick Blanc, Paris, Quai Bramy; Muséebotaniste au CNRS et ambassadeur de cette nouvelle présence végétale dans la ville dense d’aujourd’hui. Outre son aspect esthétique, le mur offre une alternative verte et vivante au ravalement de façade et une aide à la dépollution de l’air. C’est au moins ainsi que sont présentées les variations actuelles autour d’un végétal qui s’affranchit du sol pour conquérir les parois verticales, Aujourd’hui fortement en plus, le mur végétal répond à un besoin de nature dans un espace urbain de plus en plus restreint et contraint.

 

La force spontanée du végétal

Le pouvoir germinatif de graines ou de spores de plantes transportées par l’air et l’eau est tel que la nature sait profiter de toutes les anfractuosités d’un mur de pierre pour faire naître et se développer lichens, mousses, fougères naines ou… des giroflées. Le remarquable est que le végétal se plante directement dans le mur, sans lien avec le sol. C’est ainsi que l’on peut voir particulièrement dans Mur naturellement végétalles vieux quartiers des villes des plantes, souvent des mousses, conquérir tous les supports quelle que soit leur inclinaison.    L’idée d’associer la plante avec un mur n’a donc rien de particulièrement innovant. 

 

La plante en pot accrochée au mur

De la mousse souvent indésirable au pot de géranium accroché au mur de la maison, il n’y a qu’un pas qu’on franchit depuis longtemps les habitants de villages touristiques en Alsace, en Bretagne, mais aussi en Europe centrale.    

 

L’habillage des murs

Bien avant cette innovation présentée au Festival dAngers, Glycine sur ruee Chaumont sur Loire par le chercheur, les jardiniers ont toujours su utiliser les murs pour servir de tuteur, porteur à des plantes qui nécessitent un maintien pour se tenir érigées - comme le rosier, l’hortensia grimpant  par exemple - ou qui sont munies de crampons pour adhérer d’elles-mêmes, comme la vigne vierge ou le lierre. Dans les deux cas, la plante part du sol pour s’agripper ou se coller au mur. 

 

L’innovation végétale

Elle porte cette fois-ci sur un concept différent qui consiste à créer un mur de métal rempli de mousse synthétique, dotée de tubes d’alimentation en eau nutritive qui vont garder humide le substrat dans lequel sont fichés des végétaux adaptés à ce type de plantation à angle droit, soit vers le haut comme toute plante qui se dresse droite en recherche de lumière, soit vers le bas, comme les plantes retombantes, un lierre par exemple. Le Musée des arts PrMur naturellement végétalemiers, Quai Branly à Paris, est couvert d’une fourrure impressionnante des 15 000 plantes, en provenance du Japon, de la Chine, des Etats-Unis et d’Europe centrale, qui ont été insérées dans un maillage de 800 m2. L’eau en excès est récupérée et réinjectée dans le circuit.  

 

La dépollution

Le système de Patrick Blanc n’a pas pour vocation première d’œuvrer à la dépollution de l’air. C’est pourquoi des essais sont en cours au CSTB ainsi qu’au Centre d’Echanges de Lyon Perrache. Le système est complété par l’air pulsé qui aspire les particules polluantes et les gaz à effet de serre et les fixer dans la terre humide où ils sont dégradés par desAngers, Terra Botanica, Mur végétal micro-organismes. Les effets analysés à Lyon sont extrêmement prometteurs. En outre, les murs végétaux sont d’excellents climatiseurs de l’air de la ville et de très bons régulateurs thermiques. Il faut compter quelques 40 plantes au m2.

         

Faire respirer la ville

C’est le slogan adopté par l’Interprofession du végétal « Val’hor », pour mettre l’accent sur les bienfaits de la nature en ville, grâce à la « Cité verte », un centre de recherche sur le modèle de ce qui existe déjà à l’étranger, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Catalogne et en Grande-Bretagne.  Les arguments en faveur du végétal sont tous tirés du développement durable, avec des arguments quantitatifs (baisse de la température, baisse du CO2, de l’ozone du dioxyde d’azote…) et des bienfaits pour la santé dans la lutte contre la dépression, l’anxiété et les maladies respiratoires.

 

L’absence de référence au plaisir de celui qui regarde

Bruxelles-Ixelles- Mur de lierreOn ne peut pas dire qu’on sente vraiment chez ceux qui parlent tant du mur végétal le plaisir que vont avoir ceux qui regardent le mur. Font bien sûr exception les nombreuses entreprises qui vendent maintenant à des particuliers des murs végétalisés d’extérieur de maison, de balcon ou d’intérieur sur le net. Une nouvelle mode pour ceux qui ont déjà beaucoup mais jamais tout.

 

L’entretien

Il se dit qu’il est lourd et pourtant pour tous ceux qui vendent ces parois végétales, l’entretien serait minimal. Il me souvient pourtant d’un grand hôtel parisien qui a fait ainsi aménager le mur du fond de sa cour : un jardinier passait toutes les semaines pour enlever les plantes défraîchies, tailler et rectifier pour que tout soit parfait toujours. Comme ces bouquets de fleurs qui sont changés tous les jours. Selon Patrick Blanc toujours, le coût est faible. Il n'y a au Musée déjà cité que deux jardiniers permanents. Pour un particulier, certains professionnels proposent des murs de 2,5 m2 pour 2500 E, sans que soit comptabilisé l'entretien ensuite.

 

La fragilité

Mur végétal Gare de Perrache-Lyon-Ekopedia 0564Elle tient à plusieurs facteurs, dont la principale est que la plante est complètement dépendante de son alimentation en eau, de la récupération de l’eau et de sa ré-injection dans le circuit. Une coupure d’électricité, une panne technique suffisent à causer des dégâts irréversibles. C’est ce qui est arrivé au Musée des Arts premiers au Quai Branly, à la suite de travaux dans la chaussée.

 

Il est aussi d’autres facteurs qui parfois ne sont pas pris en compte, comme le vent marin desséchant  sur des panneaux portant des végétaux en lieu et place de panneaux publicitaires sur un parking d’une grande surface en Vendée. Il y avait en plus des panneaux végétalisés pour doubler le mur d’entrée de la grande surface.  C’était vraiment une belle idée, qui n’a malheureusement pas supporté le choc de la réalité. Le fait que les panneaux aient été laissés en l’état en pleine saison estivale laisse à penser qu’il y avait un différend juridique non tranché avec le paysagiste-concepteur.

 

Demain et plus

Une des voies retenues par des précurseurs, comme Luc SchuiSchuiten, apercu_livre_arbriarbeten, est de parier sur un rapport inversé entre le végétal et la ville. Devenues dominantes, les arbres et les plantes nous fourniront abri, travail et vie en commun, dans des bâtiments aux allures d’arbres, survolés par des grosses chenilles blanches à ailes portées par le vent…          

 

Pour suivre le chemin du végétal

. Lire la bonne interview de Patrick Blanc qui rappelle que son invention est protégée par brevet sur

http://www.biotope-city.net/artikelen%20editie1/francais/Interview.P.B.fr.htm

 

. Trouver des exemples de coût sur

http://www.cotemaison.fr/conseil-shopping/jardin-terrasse/diaporama/le-mur-vegetal-ecolo-et-so-deco_3177.html?p=2

. Quand ce sera à nouveau la saison de l’ouverture, aller repérer des essais de poteaux végétalisés avec des Heuchera à Terra Botanica à Angers sur http://www.terrabotanica.fr/

. Voir des sites branchés, qui vous présentent les plantes tête en bas ou en tableau vivant à accrocher au mur http://www.greenforlife.fr/mur-vegetal/

 

. Retrouvez Luc Schuiten en particulier sur ce blog

. Photos EP, sauf la n°1 Wikipedia, la n° 7 Ekopedia et la n° 8 et dernière de Luc Schuiten, avec mes remerciements.   

 

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Mini-Cas Pub > Air France > Le Ciel et le Vent

15 Novembre 2010, 10:00am

Publié par Elisabeth Poulain

Blog 2010.11.12 024 

Chez Air France, la publicité a toujours tenu une grande place.

Très tôt, l’entreprise a compris l’intérêt de demander à des artistes peintres ou graphistes de projeter leur vision d’Air France en sur-impression à la réalité de l’image de l’avion, moyen « moderne » de transport des hommes. On peut ainsi suivre cette vision sociétale avec les fameuses affiches de la marque « Air France », un des grands du transport aérien. Citons, parmi les créateurs, Matthieu, le plus connu, alors une véritable star des médias. Les affiches de Mathieu rencontrèrent un très grand succès qu’on a peine à imaginer maintenant, tant il a été copié et son style banalisé, galvaudé. Outre leur réussite graphique, ses affiches faisaient preuve du dynamisme d’une société ouverte vers l’avenir.  

La confiance

Cette confiance en l’avenir et la technologie que traduisaient les créations publicitaires d’Air France était en effet le trait d’union entre toutes ces représentations. Certaines connurent aussi une célébrité dont la compagnie se serait bien passée. Il y eut ainsi une superbe bévue en matière de pub, qui fit un tabac en école de commerce lors des cours de communication. On y voyait des valises et des sacs voler en l’air avec un commentaire du genre ‘avec Air-France, éclatez-vous en l’air’. Ce fut un vrai désastre : ce que comprenaient  ceux qui la regardaient, était que l’avion venait d’exploser en vol et que les bagages s’échappaient des soutes.

 

L’époque actuelle

 Blog 2010.11.12 025

 

La communication d’Air France continue à décliner le nom de la marque en jouant sur les deux termes de l’air et de la France. Elle ne fait plus  recours à des artistes tant le voyage aérien s’est banalisé, ni à des affiches que l’on garde chez soi sur les murs. L’espace publicitaire est devenu plus coûteux, la fréquence de lecture de la presse quotidienne plus restreinte et les concurrents plus nombreux. En un mot, tout a changé et la publicité aussi. 

 

Il n’en demeure pas moins qu’il faut à AF rappeler son existence périodiquement à ses clients présents ou futurs, en particulier dans la presse quotidienne, comme  le Monde, Les Echos … lus par ceux qu’on appelle les hommes d’affaires, ceux qui prennent souvent l’avion. Leur niveau d’exigence en matière de qualité de transport est directement proportionnel à la fréquence et à la longue durée de leurs voyages en avion.  A ceux-là, Air France promet de « faire du ciel le plus bel endroit de la terre. »   

 

Le concept

Blog 2010.11.12 026

Mais comment montrer que le ciel est le plus bel endroit au monde ? C’est très délicat, comme le montre l’échec de la pub citée. Air France d’aujourd’hui a choisi de parler du ciel à la place de l’air et le vent pour montrer le ciel. L’articulation entre ces trois relations forme le concept actuel.

    

Il se traduit par la déclinaison entre un format de format variable, la couleur bleu ciel, une photographie d’une jeune femme et la présence du vent, qui fait voler à l’horizontal un ruban ou autre chose de léger. L’assemblage donne quelque chose d’aérien comme le vol des ailes d’un papillon. Air France est visiblement si contente de ce concept, issu de ses propres services, sans faire appel à une agence extérieure, qu’elle le décline maintenant depuis près de deux ans en deux séries.

 

Les deux campagnes Blog 2010.11.12 027

. La première de 2008 et + est l’œuvre  d’Air France-Skyteam, un groupement de compagnies aériennes qui s’engagent  toutes à « faire du ciel le plus bel endroit de la terre ».

. La seconde campagne de 2010,  faite par et pour Air France seule,  a pour particularité de chevaucher la première campagne. Les deux campagnes parfois paraissent en même temps en cette fin d’année 2010. Il y a forcément une raison. De subtiles différences apparaissent.  

Les grands formats de la première série depuis 2008

Elles paraissent en grand format dans Les Echos :

.  les jambes et chevilles de femme sur hauts talons (10.2008),

. le corset qui se dénoue (idem),

. 4 sushis présentés sur un plateau (id),

. des pieds cambrés de femme en ballerine rose de Repetto (10.2009)

. et un jeune homme les yeux fermés qui enlève ses lunettes (10.2010).

 

L’argumentaire précise le sens des visuels 2008-2009-2010:

. les talons hauts pour « La Première » qui signe le luxe avec chauffeur, porteur, service ++++, cabine ++++, cuisine de chef étoilé, lit moelleux,

. le corset pour L’Espace Affaires, avec un lit de 2 mètres, un fauteuil massant, de la cuisine gastronomique, de l’espace et du calme pour se détendre,

. les sushis sans référence à un espace particulier précise que le personnel est attentionné, la cuisine gastronomique, le service raffiné en long courrier,

. les ballerines sont pour la nouvelle carte Premium Voyageur, 40% d’espace en plus , entrer classe Voyageur et classe Affaires, fauteuil coque, prise PC, grande tablette et repose-jambes sur les vols long-courrier,

. les lunettes visent la classe Affaires, avec fauteuil-lit, cuisine gastronomique, service attentionné, confort, espace et calme.

 

La seconde série mixte depuis 2010

CBlog 2010.11.12 029ette fois-ci, Air France travaille avec KLM, sans référence à Skyteam. Elle présente des offres promotionnelles à ses clients. Le format a changé. On passe à la quart de page en quittant la demi-page en position basse, toujours dans la feuille, en page impaire, au début du journal.

 

 

Vient ensuite, une nouvelle présentation des visuels, qui ressemblent à des piqûres de rappel en un très petit format toujours rectangulaire (12,4 sur 4cm), placés cette fois-ci en pages paires près des cartes météo dans le Monde en fin de journal.  Dans cette série très abondante, Air France joue la déclinaison féminine sous des titres qui indiquent le type de promotion :

-        Les cheveux longs à la capeline pour « Un air d’été by AIRFRANCE » pour Abu Dhabi à 574E,

-        La sac à dos, vue de dos pour « La rentrée des promos by … »  pour Mumbai 628E

-        La balançoire pour « Prix légers by … », Le Caire 439E

-        La bracelet à rubans pour « Plus souvent by …, Pointe à Pitre, 2 vols par jour

-        Les chaussures à talon compensé qui se nouent à la cheville pour « Plus souvent by … », Vienne, 7 vols par jour      

-        La queue de cheval à ruban pour « L’espace en Premium Voyageur by … », Washington, 3 vols/jour,

 

Il reste à citer dans ce format « Les offres tribu » quand on voyage en France avec un enfant de moins de 12 ans, pour une fois sans jeune femme, mais avec un père et son fils qui tient un moulin à vent à ruban bien sûr, ainsi que « Voyages groupés », deux jeunes filles et un jeune homme.

 

Et maintenant

Comme si tout cela ne suffisait pas, la société continue Blog 2010.11.12 031à communiquer sur la base des premiers visuels (que j’appelle les 2008 et +), avec les ballerines roses sur le fond bleu du début et non celui qui a été utilisé pour la seconde série (depuis 2010). Avec la petite marque rouge qui depuis 2009 termine AIRFRANCE écrit en un seul mot.     

 

Questions

. 1 Analysez  la composition de l’espace des grands formats, de Talons hauts et de Corset. 

. 2 Portez votre attention sur la tonalité des bleus et dites pourquoi il y a des changements.

. 3 Qu’en est-il des personnages dans les Grands Formats qui représentent la marque, en lien avec les textes ?

4. Que pensez-vous des sushis en terme d’efficacité ?

5. Que signifie la venue d’un très jeune homme qui porte des lunettes ?

6. Récapitulez les différences entre les deux séries.   

7. Quelles différences voyez-vous  sur les petits visuels ‘Promo’, ‘Pointe à Pitre’ par rapport ‘ Dubaï’ par exemple?

8. Pourquoi le changement du logo de la marque ?

9. Quels liens faites vous entre l’air, le ciel et le vent ? Ou comment représenter l’air en ayant recours au ciel ou au vent ?  

10. Quel nom pouvez-vous donner à ce type de pub. Etes vous convaincu ? Quelle note sur 20 mettriez-vous ?

 

     Réponses

1. La composition de l’espace des grands formats (32,2 x 23,3cm), Talons hauts et Corset.

Il y a trois éléments, la partie humaine dans l’espace de gauche, un texte en partie droite qui occupe l’espace en fonction du ruban. Pour les talons hauts, c’est en bas, en dessous  de la marque alors encore écrite AIR FRANCE soulignée en hachuré pour indiquer la vitesse.

 

Corset reprend cette disposition avec deux différences : le texte est en haut et AIR FRANCE toujours indiqué de la même façon mais en arrondi léger vers le haut pour suggérer l’envol et apporter la douceur.

 

2. La tonalité des bleus

Le premier bleu est un peu foncé tout en restant léger. Il a une dose de gris et un peu de violet. Il possède une dimension spirituelle.  Le second est bien différent. Il évoque le bleu turquoise des lagons des Tropiques et suggère les vacances et le far niente.

 

3. Les personnages des Grands formats en lien avec les textes 

Toutes des jeunes femmes à deux exceptions notables, le serveur des sushis et le jeune homme aux lunettes, sans lien particulier avec les textes pour ces derniers. Il n’en va pas toujours de même quand Air France utilise des photos de jeunes femmes, en particulier pour Corset. Le texte est particulièrement parlant, à part la cuisine qui est toujours gastronomique. Le lit a 2 mètres, le fauteuil est massant, l’espace et le calme permettent de se détendre et le corset est ouvert dans le dos. Les ballerines roses ne sont pas justifiées par le texte.  

 

4. L’efficacité des Sushis et des Lunettes

Ce sont des visuels qui entrent dans une série construite et qui offrent, à mon avis, peu de résonance chez celui qui les regarde. Ils me semblent peu efficaces.Dans les deux cas d'ailleurs, il n'y a pas de ruban, avec une différence entre eux, chez Sushis, tout est rigide.

 

5. La venue d’un très jeune homme qui porte des lunettes ?

Blog 2010.11.12 030C’est le signe que la série commence une nouvelle déclinaison. De nouveaux personnages entrent dans la danse, qui prend des couleurs masculines, avec un décalage  certain entre l’âge du héros, ses lunettes de vue et le fait d’être dans une classe « Affaires ».  Tout comme Corset d’ailleurs. Ce n’est peut être pas elle qui voyage en Espace Affaires. Mais dans l’imaginaire de ceux qui achètent leur billet, pourquoi pas ? Surtout avec la réputation des Françaises à l’étranger.    

 

6. Les différences entre les deux catégories

 Outre le format, le positionnement dans le journal, il y a deux différences majeures. La première porte sur la couleur utilisée pour les personnages dans la série des Grands Formats par rapport au noir et blanc pour les personnes des petits formats. La raison tient en la volonté de l’entreprise de faire des premiers les éléments phare qui portent la qualité du transport pour les adhérents à Skyteam. Les petits formats offrent un avantage promotionnel qui s’inscrit dans la démarche qualitative initialisée par les Grands Formats. Ils ne s’opposent pas ; ils complètent l’offre.

 

7. Les différences entre les visuels ‘Promo, ‘Pointe à Pitre’ par rapport à ‘Dubaï’ par exemple?

 Les deux visuels ont pour objectif de représenter Blog 2010.11.12 032la faculté avec AIRFRANCE-KLM de voyager « plus souvent ».

-        Pointe à Pitre représente une jeune femme aux cheveux bruns courts  qui réfléchit, en portant sa main gauche au visage. Elle a quatre rubans au poignet dont les bouts volent au vent, en direction de la marque.

-        Dubaï a quatre pieds, dont les chaussures se terminent par des rubans de dimensions variables qui sont tournés vers la marque.

=   Quatre rubans, et 2 vols par jour pour Point à Pitre et 12 vols par semaine pour Dubaï. Le

      résultat visuel embrouillé présente peu d’intérêt.    

 

8. Le changement du logo de la marque

Il s’agissait de montrer une confiance accrue dans la marque, sans faille entre l’Air et la France. Il fallait aussi re-dynamiser le logo. L’effet vitesse était devenu obsolète. La décision a donc été prise de lier les deux composantes de la marque, d’effacer tout portage par-dessous et de dynamiser le tout par le signe oblique de couleur rouge pour faire ressortir le bleu du fond, le blanc d’AIRFRANCE et le rouge du tiret oblique, aux couleurs de la France. Rares sont les marques qui communiquent sur cette identité tricolore.

 

9. L’air, le ciel ou le vent, associées à la femme en publicité

 Tous les trois ont en commun d’être extrêmement difficiles à être représentés visuellement en publicité.

-        L’air d’abord à cause du nom de la compagnie de transport. C’est un élément gazeux, dont on parle beaucoup sous forme de qualité de l’air. Pour cela on montre des végétaux et un ciel bleu sans nuage.

-        Le ciel est un vaste espace visible au-dessus de nos têtes, qui est sans fin, sauf en cas de nuages bas, qui ne sont pas particulièrement appréciés en transport aérien car ils freinent la visibilité.

-        Le vent est un déplacement d’air plus ou moins fort. Le vent violent est un risque pour le transport aérien.

 

La publicité utilise le ciel  bleu d’azur pour montrer la sûreté du transport aérien, recourt à l’air comme élément porteur de l’avion mais sans visualisation possible et cette fois-ci utilise le vent fripon léger pour soulever les rubans qui ornent le cou, le dos, le poignet, la cheville, la natte, le sac … de la jolie dame. Cet aspect là est plutôt bien rendu, avec finesse. 

  Blog 2010.11.12 028

10. Le nom, l'appréciation et la note 

C'est de la publicité au mètre, déclinable autant que le désire AF, avec le risque d'affadissement du sens, ce qui est bien le cas ici.  Il y a un véritable travail de réflexion et une stratégie de présentation. Une fois l’œil accroché par la forme, la couleur, la personne et la marque, on repère vite le petit encart publicitaire. En ce sens, on peut dire que la campagne est un succès. La déclinaison du ruban est également  réussie. Par contre, j’apprécie peu l’histoire du corset associé au texte. C’est franchement lourd alors que la photo par contre est belle. Ma note : 13/20 mais pas plus. 

 

Pour suivre AIRFRANCE dans le ciel

. Voir des anciennes publicités sur http://www.airfrancelasaga-lasagapub.com/

. Retrouvez AIRFRANCE SKYTEAM sur le site dédié     http://fr.skyteam.com/about/carriers/airfrance.html

. Pour réserver votre billet sur http://www.airfrance.com/indexCOM.html

. L’histoire de la compagnie sur  http://fr.wikipedia.org/wiki/Air_France

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Le genre du vin

14 Novembre 2010, 12:26pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

Oh la la, encore un titre qui sent le souffre. J’en ris doublement. Qu’est-ce que ce truc, le genre du vin ? Personne ne va rien y comprendre, sauf quelques-unes et quelques uns bien sûr. D’abord le genre, pour arriver ensuite au vin. 

064.jpg

Le genre

La langue anglaise possède un mot superbe, gender, qui est rattaché directement du latin genus, generis, comme notre genre à nous, Français. Il est alors véritablement délicieux de ré-ouvrir nos dictionnaires de base, le Harraps de Poche et Le Petit Larousse, pour y lire les deux définitions suivantes :

-        en anglais, gender se définit comme le genre en grammaire  pour un nom masculin par exemple, comme le genre d’ailleurs, et comme le sexe d’une personne ;

-        en français  le genre, mot masculin, est la «  division fondée sur un ou plusieurs caractères communs », avec cet exemple, « le genre humain : l’ensemble des hommes. »  

Les conséquences sémantiques

013.jpgDans le monde anglo-saxon, il y aura alors des femmes et des hommes, chacune et chacun appartenant à une catégorie distincte, pour former à eux deux le genre humain. Pour parler de la toujours délicate question des rapports entre eux, l’appellation officielle et la langue courante parleront de question de genre. Ce qui me semble être une approche naturelle  et non discriminante, dans le sens ou aucun des deux n’est obligé de se référer à l’autre pour se définir. En ce début de troisième millénaire, c’est la moindre des choses, me semble-t-il.

 

Par contre il faudra en France, pour distinguer la femme de l’homme, parler de son sexe, ce qui est incroyablement réducteur. Avec aussi cette incroyable conséquence que, depuis la révolution française, de 1789 et +, la femme est un homme comme un autre, puisqu’elle n’est pas nommée dans la Déclaration des droits de l’homme, qui aurait du ajouter « et de la femme », comme cela a été proposé et tout aussitôt rejeté. La femme n’a donc pas besoin pour définir ses droits fondamentaux d’un terme qui lui est propre. C’est idiot quand même. Avec cette conséquence aussi, qu’on continue à parler du sexe des femmes, pour se référer à leur identité. Aux uns la globalité du tout, le genre humain, et aux autres, leur sexe par différence aux hommes pour les rattacher au genre humain.  

 

Les autres conséquences bien réelles

Les conséquences ne sont pas seulement 02gg.jpgsémantiques, mais aussi statistiques, juridiques, professionnelles et patrimoniales. Puisque la femme est un homme comme un autre, il ne peut pas y avoir de statistiques officielles fondées sur le genre féminin. Au niveau  juridique, les femmes sont toujours moins bien protégées. Professionnellement, elles sont moins bien payées, sans accès aux postes au-dessus du plafond de verre, « distraites » de leur engagement professionnel au delà de l’horaire légal par des questions d’intendance, comme la garde des enfants par exemple (!). Il est alors « normal » que ces hommes comme les autres assument la différence de leur sexe. Normal, ce ne sont pas des hommes.  

C’était mon quart d’heure sur l’hyper-importance des mots dans les modes de raisonnement. Les mots ne sont jamais innocents.  On en arrive au vin, un mot au masculin puisque le neutre n’existe pas en langue française. 

Le vin, en commençant par la vigne

Entre le vin et la vigne, il y a bien filiation qui part de la vigne, la plante au féminin, qui vient du latin « vitis vinifera » pour aller au vin « vinum ». Jusque là, les choses semblent claires.

 

Voyons ce qu’en dit notre petit Larousse :

- 004.jpgau viticulteur, trice le soin de cultiver la vigne et de s’en occuper comme le cultivateur le fait pour d’autres plantes, le blé, l’orge, le maïs… Le dictionnaire précise « personne qui cultive la vigne, en particulier pour la production de vin ;

 

- le-la vigneron, onne est la personne qui cultive la vigne, fait le vin ; l’adjectif est relatif à la vigne, au vigneron, mais pas la vigneronne, non citée. C’est pourtant bien la vigne seule qui est mentionnée. Au sens littéral, on pourrait définir le vigne-ron comme un tâcheron de la vigne, qui prend en charge toutes les interventions sur la vigne. Le Harraps est encore plus succinct : que vous soyez vigneron-ne ou viticulteur (pas de trice, cette fois-ci), vous êtes un wine-grower, celui qui cultive le vin,  et celui qui « fait » le vin, c’est un wine-maker. Dans les deux cas, la vigne n’est pas citée, seul le vin l’est, ce qui est très révélateur d’un état d’esprit et d’un mode de raisonnement.  

Quelques remarques sur ce flou sémantique

. 1.  En français, les deux genres sont déclinés pour vigneron et viticulteur, ce qui est tout à fait remarquables, quand on constate la si faible présence de l’entrée viticultrice et vigneronne sur Google.

 

. 2. La seconde est que ces termes français ne sont dsc09916.jpgabsolument pas clairs. Les deux professionnels que sont le-a viticulteur-trice et le-a vigneron-ne cultivent la vigne ; seul le vigneron-ne « fait » le vin.

 

. 3. Mais alors pourquoi n’y a t-il pas un terme qui porte sur la vinification, ce processus si sensible qui permet de suivre, contrôler et intervenir au minimum pour aider le processus naturel qu’est l’accompagnement de la mutation du jus de raisin en vin par le processus de la transformation des sucres du raisin en alcool ? N’aurait-on pas pu au fil du temps trouver un terme un peu plus précis : « faire » est décidément peu valorisant? Mais peut être son atout est-il d’être justement très peu précis.

 

. 4. Comment appelle-t-on tous les autres qui travaillent étroitement au contact de la vigne et du vin et qui sont partie constituantes de la filière du vin?

 

. 5. En anglais, la vigne se désigne par « vine », la plantation de vigne « vineyard », le vignoble itou  et la région aussi. Ce manque de terme spécifique est impressionnant, alors qu’il y avait bien un vignoble dans le sud de l’Angleterre. On y connaissait bien le vin, surtout à la Cour de Richard Cœur de Lion qui faisait venir son vin directement de l’Abbaye de Femmes de Fontevraud sur la Loire, en arrière de Saumur.  

 

Le genre des métiers du vin

Ce rapide  tour d’horizon des métiers du vin, entre dsc09930.50.38.point22.11..jpgla personne qui cultive la vigne et la personne qui fait le vin, amène à se poser la question de la féminisation des métiers du vin. Dit-on viticultrice,  vigneronne quand on est une femme? C’est là où la situation se complique. A voir la réaction à la suite de mon dernier billet sur ce thème, les femmes ont féminisé le nom du métier. Viticulteur est devenu viticultrice, vigneron s’est transformé en vigneronne.

 

Vigneronne au sens de faire le vin: Même si leur nombre augmente, il y a toujours relativement peu de vigneronnes, qui assument et/ou surveillent tout ce qui se passe du plant de vigne jusqu’au vin dans la cuve et au-delà, en assumant le risque de rater la vinification d’une cuvaison ainsi que le risque commercial et financier qui s’y attache.

 

Viticultrice au sens de cultivatrice de la vigne : Il y a encore moins de cultivatrices de la vigne que de vigneronnes. C’est un métier dur, fatiguant, basé sur des gestes répétitifs, ce que fait en réalité un ouvrier agricole, un poste quasiment inaccessible aux femmes, sauf à des fonctions particulières, comme la vendange en vert, l’effeuillage de la vigne ou lors des vendanges, à la table de tri ou lors des tries successives. Parle-t-on pour autant de « vendangeuse » ? Non. C’était pourtant un terme usuel que n’a pas retenu notre époque.  

 

Viticultrice pour les autres fonctions en aval

Les femmes, qui travaillent au domaine en couple dsc02163.jpget/ou en famille, en étant associées à toutes les grandes décisions, tout en ayant des fonctions administratives, fiscales et commerciales, ont choisi le terme de viticultrice, qui dans la hiérarchie des métiers arrive juste en dessous de celui de vigneron. Viticultrice est suffisamment vague, à leurs yeux, pour englober tout ce qui touche à la gestion d’un domaine et à la gestion de l’entreprise, des fonctions qui se situent en aval du vin une fois celui-ci fait en cuve.  

Les métiers techniques

La situation est différente. Les termes plus récents. L’œnologue ne se décline pas. Pour ce métier,  la technicité, associée à l’usage de matériel et/ou d’adjuvants chimiques et/ou naturels, l’emporte sur le genre de celle qui fait le vin et/ou cultive la vigne. Il en va de même pour le sommelier qu’on ne féminisera pas du tout. On ne dira pas LA sommelier, mais LE  sommelier, pour la bonne raison aussi qu’il existe le terme de « sommelière » qui désigne autre chose. C’est la femme en charge du linge, de la vaisselle, du pain, du vin, des liqueurs dans une maison bourgeoise. Par contre, il n’y a pas de souci avec le terme de caviste qui peut se décliner : je vais choisir mon vin chez la caviste.  

 

Le genre du vin 

dsc01778.jpgLa conclusion est forcément ouverte. Le fait que le vin soit toujours masculin au niveau grammatical, n’empêche nullement une femme, quelque soit son origine, ses compétences et son âge de « faire » du vin. Le vin est suffisamment brave, fort et intelligent pour savoir détecter ceux et celles qui l’aiment, le respectent en cherchant toujours à le rendre meilleur dans une quête sans fin de l’épanouissement de ce qu’il pourra exprimer au fil du temps.

 

Le rapport au temps

C’est là que se situe vraisemblablement la grande différence entre une femme et un homme, tous deux vignerons. Au fil de mes recherches et mes ballades en Loire, j’ai vu beaucoup de femmes en fonction dans leurs domaines. Je n’en ai jamais vu faire pour leur propre plaisir, comme un cadeau qu’elles s’offrent à elles-mêmes, ces verticales qui sont à l’âme des vignerons, comme un baume absolument indispensable à la vie, parfois si dure et toujours solitaire dans les petits domaines. Comme un ressourcement qui permet aussi de prendre du recul. Comme celle à laquelle j’ai assisté chez André-Michel Brégéon avec un client de son âge à Gorges ou celle dont m’avait parlé Didier Dagueneau avec Nady Foucault venu spécialement de Saumur  et un autre vigneron de Pouilly. 

 

Ces échanges profondément amicaux, entre professionnels, en dehors même du champ de la vente, se placent au cœur de la vie du vigneron. Elles sont autant de moments propices à la réflexion sur ce que « fait » le vigneron de son vin, de ses rapports aux autres, de sa vie. A ce niveau là d’échanges, on est franchement beaucoup plus loin qu’une simple dégustation. Il s’agit d’un nouveau rapport au temps afin de ne plus être compartimenté dans de multiples vies segmentées par des horaires contraignants.

  076.jpg

 

Pour suivre le chemin

. Suivez la piste du vin dans lequel le vigneron, quel que soit son genre, s’engage. On les repère vite en Loire. Fuyez tous ceux qui vous disent qu’il y a de bons vins de femme. Il y a du bon vin. Point.

. A lire aussi « Le vin aussi est affaire de femmes »,  que j’ai écrit sur les 75 dames de la Vigne et du Vin,  qui incarnent le filière vins de Loire au féminin  (Cheminement éditeur). Et je réponds tout de suite à une question (d’homme) :

-        Y-a-t-il des hommes dans votre bouquin ?

-        Bien sûr, comme dans la vie !

. Voyez aussi sur ce blog quelques articles qui traitent de la question

 Vigneronnes, Viticultrices ou on garde tout au masculin? 

Qui porte la parole du vin? Qui dit le vin?  

 

. Photos EP et FP pour celles qui ont été retravaillées et re-colorisées.  

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Se concerter autour des Berges de la Garonne et du Rhône

9 Novembre 2010, 18:10pm

Publié par Elisabeth Poulain

On pourrait dire aussi « Concerter l’aménagement des berges de la Garonne à Bordeaux Bordeaux-2010.05.29 131et du Rhône à Lyon. » La définition de la concertation (concertare, mot latin) selon le Petit Larousse est double:  

. concerter, préparer une action en commun, comme dans « concerter un projet »

. se concerter, s’entendre pour agir ensemble, « la concertation (est) une action, le fait de se concerter, en particulier dans le domaine politique et social. » Je préfère la seconde formule car elle met l’accent sur le fait qu’il faut aux deux parties se mettre d’accord - et j’ajoute - tout en restant chacune dans son rôle.  

 

 L’importance des mots

Quand il a fallu sélectionner un mot pour montrer que les citoyens allaient pouvoir désormais travailler conjointement avec les autorités territoriales sur les projets qui les concernent très directement, c’est le terme de participation qui s’est imposée en France. Tous, à commencer par la presse, alors ont repris le terme de démocratie participative sans que cet oxymore choque quiconque. Les Français, pourtant amoureux des mots et exigeants en matière de la précision du langage, ont suivi sans souci. La démocratie, reposant par définition sur l’élection par les citoyens de leurs représentants territoriaux, est beaucoup plus qu’une simple participation. Avec ce terme de démocratie participative, il y aurait deux démocraties, la vraie celle qui fonde la société avec au cœur du système comme seul mode d’expression, l’élection par le citoyen et une autre dans laquelle le citoyen désormais qualifié d’habitant, serait invité à participer aux débats portant sur une ou plusieurs étapes d’un projet public collectif à enjeux.  

La concertation

Comme il ne saurait y avoir de hasard dans ces affaires Bordeaux-2010.05.29 144de pouvoir, cette participation est en fait de la concertation  désormais intégrée au cœur de « nos » grands et petits projets collectifs du vivre ensemble. La concertation est un mot qu’on ne pratiquait guère en pays latins très centralisés et qu’on commence seulement à re-découvrir maintenant lors de ces grands projets urbains  que sont les aménagements des berges de fleuve ou de rivière à allure de fleuve dans les métropoles et les villes de plus petites dimensions.  C’est le sujet de ce billet qui finalise la série qui a commencé à Bordeaux et s’est poursuivie à Lyon pour l’aménagement des Berges des deux grands fleuves que sont la Garonne et le Rhône en cœur de ville.  

 

-        Pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour clore la série ?

-        Parce que la concertation est un thème délicat qu’il faut avoir un peu de pratique pour comprendre comment elle s’exerce sur le terrain.  

 

Au vu de l’importance de l’influence de ce concept de concertation sur nos vies, ce billet marque aussi le début d’une nouvelle série plus large qui sera consacrée à la concertation. Pour garder ce double regard, sur Bordeaux et Lyon, je vais dans ce billet  restituer ce que nous en ont dit  Thierry Guichard , le responsable du projet à la CUB (Communauté urbaine) de Bordeaux et Gérard Claisse, l’élu en charge de la concertation et du développement à Lyon.  

La concertation à Bordeaux

Bordeaux-2010.05.29 176Thierry Guichard a certes parlé de la concertation pour mettre l’accent sur la présence du maire de Bordeaux à chacune des 9 ou 10 grandes réunions plénières qui ont accueilli beaucoup de monde et pas seulement ceux qui habitaient sur les berges ou tout près. C’est en effet une des caractéristiques communes aux grandes villes que sont Bordeaux et Lyon que leur cœur de centre est revendiqué comme un capital commun. Deux autres données renforcent cette réalité, liées toutes les deux au transport, à savoir le stationnement des voitures de ceux qui habitent et de ceux qui viennent dans le centre pour leur travail, leurs loisirs ou des courses.  

 

La question de la voiture est certainement celle qui a fait l’objet des échanges les plus vifs, puisque tout l’aménagement de la Rive gauche repose sur la volonté de garder une présence limitée de la voiture, avec une double allée gardée pour le stationnement  et une deux fois deux voies – auparavant il y avait jusqu’à 18 voies ! – conservée pour une circulation ralentie grâce à des feux. La circulation n’est certes pas interdite mais elle est devenue suffisamment dissuasive pour qu’il ne soit plus intéressant de passer par les berges en voiture en terme de temps.

 

Ce point très sensible au regard de la concertatiBordeaux-2010.05.29 189on n’a pas été volontairement développé par Thierry Guichard. Sa présentation, éclairée par la réussite finale, a été axée sur sa volonté de mettre en lumière l’implication dans ce grand projet du maire de Bordeaux, Alain Juppé. A l’exception d’une seule grande réunion, le premier magistrat de Bordeaux a en effet participé activement aux débats avec les habitants de Bordeaux et n’a pas hésité à « mouiller sa chemise », une locution qui n’a certes pas été employée par Thierry Guichard.  De la même façon, c’est au détour d’une question sur le coût des aménagements posée par un des membres de la délégation angevine, que nous avons appris qu’un grand parking était situé sous le fameux miroir d’eau qui fait face au Palais de la Bourse. Notons en passant que le seul élément vraiment coûteux de cette opération urbaine d’envergure a été justement ce miroir d’eau conçu par le paysagiste Michel Corajoux. Le chantier a du être prolongé pour consolider l’étanchéité du miroir : lors des essais en effet, des fuites d’eau avaient été détectées.  

 

La question des arbres a fait également l’objet de débats approfondis. Un aménagement aussi minéral que le miroir d’eau nécessitait en effet un lien végétal fort avec le fleuve, comme autant de traits d’union dans des mots composés. Ce sont des arbres à haute tige et à développement moyen qui ont été choisis. J’ai bien sûr cherché à savoir quelle était l’essence retenue. Mais c’est une question que je devrai poser à Michel Corajoup, Thierry Guichard n’ayant pu me répondre. De mémoire, les lampadaires ont également suscité un débat.  

La concertation à Lyon

Lyon 2010.06.12 031L’ampleur et l’ambition de la concertation éclatent. Une recherche sur le Net confirme l’impression qu’en France, c’est Lyon qui mène la danse de la concertation. L’existence d’un élu, Gérard Claisse, en est aussi la preuve. Les dénominations de ses attributions varient au fil du temps. Elles portent sur « la concertation et le développement », « la participation citoyenne et la concertation ». L’essentiel à retenir est qu’il y a là une vraie volonté de faire de la concertation un outil majeur de la conduite des affaires de la cité.  

 

Quoi qu’il en soit de l’intérêt de toutes les séquences que nous avons pu vivre en marchant, particulièrement celle du matin à la Cité Internationale devant les immeubles de Renzo Piano et malgré un timing très-trop serré, la rencontre avec l’élu a été le moment fort de la journée :

-      pas seulement parce que la réunion s’est tenue à bord de la péniche Varta achetée par l’Agglomération pour les réunions de concertation,

 

-      pas seulement parce qu’une bonne partie des acteurs à forte responsabilité étaient venus à notre rencontre en ce samedi après-midi de juin, sous un beau soleil. Outre Gérard Claisse, il y avait Gilles Buna, adjoint au maire de Lyon, vice-président de GrandLyon qui a ouvert les débats ainsi que Anne Tardivon co-associée de In Situ, l’équipe de paysagistes et d’architectes qui a remporté le contrat de définition,

 

-        pas seulement parce que réellement c’est Lyon 2010.06.12 051de la concertation dont il a été question tout au long de cette journée qui s’est révélé franchement trop courte pour apprécier aussi le grand chantier de la question du nouveau quartier de la Confluence sur la rive droite avec la Saône,  

 

-      mais parce qu’on a commencé à comprendre la dimension vivante et concrète d’un aménagement d’importance comme la nouvelle conception des Berges du Rhône après le choix sur appel d’offres de l’agence In Situ.                    

 

La dimension stratégique de la concertation

C’est vraiment l’élément qui m’a frappé, le caractère constamment modulable du chantier qui doit s’adapter à la réalité du terrain, en fonction des choix faits et de l’écoulement du temps, puisque chaque phase de réalisation modifie non seulement le lieu précis mais la zone délimitée, la ville et l’agglomération. Trois facteurs ressortent.

-        La ville change tout le temps et Lyon a l’habitude des grands projets.

-        Le Rhône est le fleuve le plus puissant de France et sa force de nuisance lors de ses crues est proportionnelle à sa puissance. C’est à Lyon, une caractéristique de la plus haute importance, à équivalence avec le changement.

-        Le projet d’aménagement des Berges de la rive gauche du fleuve s’insère dans une vision stratégique large à l’échelon européen. L’aménagement des berges en plus fait le lien entre la Cité internationale au nord et le grand parc Gerland au sud où l’on retrouve Michel Corajoup.

 

Lyon 2010.06.12 079La perception très forte de cette volonté stratégique de changer la ville de l’équipe de l’agglomération de Lyon est le premier élément fondateur de la concertation. Devant tant d’inconnu face aux besoins de la ville de demain, devant l’impossibilité de déterminer ce qui sera nécessaire à notre vie, ce qui sera indispensable à la ville, il n’y a en démocratie pas d’autre réassurance possible pour avancer que celle qui consiste  à travailler de concert avec les citoyens, pour acquérir, malgré la difficulté à travailler en équipe, une réelle caution démocratique.  C’est aussi une façon de donner la parole aux citoyens, qui n’ont de pouvoir d’action que les jours d’élection.  

 

Dans ces conditions, la transparence des enjeux et des choix à faire pour le bien de tous doit être la plus forte possible. C’est ce qu’a fait GrandLyon en organisant à l’intention du public une exposition des différentes propositions reçues après le lancement de l’appel d’offres. De multiples moyens de communication ont diffusé l’information. Un autre élément juridique celui-là entre alors en jeu : c’est la nature du contrat conclu entre l’agglomération et l’équipe qui a présenté le meilleur projet, celui qui « colle » le mieux avec ce que souhaitent les élus. Le contrat de définition, qui a été conclu avec l’Agence In Situ qui a remporté le projet, a permis son évolution par rapport a ce qui était prévu au début. Et c’est la large concertation qui a permis cet ajustement à la réalité du terrain dans le cadre du vivre ensemble.

 

Lyon 2010.06.12 112Lors de notre venue à Lyon, sur la Varta, aux côtés de Gilles Buna  et de Gérard Claisse, la paysagiste d’In Situ a présenté l’aménagement tel qu’il avait été défini au départ. Elle a mentionné, sans la développé, la concertation et a cité en exemple la volonté des citoyens de bénéficier d’un accès ouvert le plus largement possible au fleuve. Elle a mentionné aussi le fait que « les belvédères », ces constructions de bois posées en avancée sur le muret du quai du haut, n’ont finalement pas édifiés, par manque de sponsor pour les louer. Le  coût a paru également dissuasif en réunion publique.  

 

Pour suivre le chemin

. Lire les 10 précédents billets que j’ai consacrés à Bordeaux et à Lyon sur ce blog :

Des hardis Angevins à Bordeaux sur les berges de la Garonne

Bouger à Bordeaux sur les quais de la Garonne

Ré-aménager à Bordeaux les quais de la Garonne

Jardiner à Bordeaux sur les Quais de la Garonne

Se mirer dans l'eau de la Garonne sur les quais de Bordeaux

 

Sentir à Lyon la force vive du Rhône à la Cité internationale

Dynamiser la relation à l'eau sur les berges de Lyon

Jouer avec la lumière et la couleur sur les quais du Rhône à Lyon

Parler de l'aménagement des berges de Lyon à bord de la péniche Varta

Garantir la propreté des berges du Rhône à Lyon

  

. Faire connaissance avec le nouveau pont qui franchira la Garonne. Il sera opérationnel en 2012, le Bacalan Bastide, et reliera la rive gauche à la rive droite, 4 pages très intéressantes dans

  http://www.lacub.com/sites/default/files/PDF/publications/journal/lejournal_10.pdf

 

. Retrouver les principales sources sur Lyon sur

http://www.grandlyon.com/Publications-sur-les-berges-du-Rhone.1279.0.html

. Lire le rapport très complet sur les effets de la concertation sur les aménagements de la ville sur

http://www.gip-epau.archi.fr/POPSU/valorisation/IMG/pdf/Lyon%20-%20Les%20effets%20de%20la%20concertation%20sur%20les%20choix%20techniques%20de%20l%20amenagement%20urbain.pdf

 

. Photos EP

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Photo > Un vélo de rêve qui file dans la nuit

7 Novembre 2010, 10:00am

Publié par Elisabeth Poulain

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C'est la nuit, quand on s'apprête à s'endormir et que se libèrent des images qui vont vous accompagner dans votre sommeil. Le miracle est que vous retrouvez le matin venu cette image d'un vélo de rêve qui file dans la nuit.

 

Pour suivre le chemin

. Il suffit de rêver.

. Photo EP

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A Amsterdam > Allo Maman > Vélo Bobo

5 Novembre 2010, 11:35am

Publié par Elisabeth Poulain

Le bobo-à-vélo BXL-ADM 187

Oh, c’est une triste histoire que je vais vous conter. Une qui vous serre le cœur devant tant d’ingratitude  de la part de ces propriétaires cyclistes. Oui, je l’affirme avec force : ce sont vraiment des ingrats, ceux qui n’entretiennent jamais leur vélo, le laissent rouiller sous le pluie, ne savent même plus où ils l’ont posé, l’abandonnent  à son sort et en ‘prennent’ un autre qui lui ressemble tant qu’on dirait que c’est le leur, quitte à l’abandonner à son tour un peu plus loin. Qui à son tour…

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La mer-à-vélo

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Il faut dire aussi qu’il y en a beaucoup, des vélos. Des fois vous arrivez à voir le vôtre de loin, si loin, ce vélo qui est à vous, mais qu’il vous est impossible d’atteindre. Il est coincé contre le mur. Entre vous et lui, il y a des mètres de vélos enchevêtrés les uns avec les autres, sans passage entre eux. Il faudrait poser des planches à l’horizontale sur ces vélos et ramper sur cette mer de guidons et de selles pour accéder à celui qui justement est tout au fond. Je ne vois littéralement pas d’autres solutions. C’est un nouveau sport-jeu à inventer. Mais au moins vous pouvez toujours rêver à ce vélo immobilisé devenu inaccessible par le fol amour que les Amsterdamois ont pour lui.

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Le spot-à-vélo

Quant à penser le rentrer chez vous quand vous ne vous servez pas, c’est bon quand vous habitez en dehors du centre de la ville, quand votre logement possède quelque espace - privatif ou non - près de chez vous. Pour venir au boulot dans le centre, c’est mission impossible, la seule solution étant de le laisser là où vous arrêtez, où que ce soit, sur les ponts, prés des arbres, à côté d’autres vélos ou en créant un nouveau spot à bicyclettes, devant des immeubles en laissant aux gens une allée pour entrer et sortir…C’est le plus grand pragmatisme et la plus grande liberté imaginable. Une vraie pagaille pour les Français toujours critiques. Une réalité que vivent sans problème les habitants d’Amsterdam. Ils arrivent sans aucun souci à slalomer entre les vélos pour courir attraper leur bus, leur tram ou leur train de banlieue. Ils doivent avoir un œil bionique à détecteur de vélo.

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L’art vivant ‘vélo’

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C’est un bon truc à faire savoir. Si vous, les urbanistes et autres valeureux aménageurs de notre vivre ensemble dans la ville, ne savez comment rendre une place chaleureuse, vivante, une rue attractive, pensez vélo. Voyez comment avec ces centaines, ces milliers de carcasses de métal avec des roues devant et derrière, vous pourriez créer des îlots de dynamisme de vie sympa qui attirent les jeunes aussi bien qu’une vieille carcasse de navire où un tank rouillé forcément au fond de la mer pour les petits et gros poissons. Devant un îlot à préservation de vélos, il vous suffirait de planter quelques bistrots à terrasses et le tour est joué. La danse du vélo peut commencer. Une bonne façon de préserver la bio-diversité. Oh pardon, la vélo-diversité !  

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Pour suivre le chemin de la vélo-diversité

. Enfourchez votre vélo et regardez bien de chaque côté pour éviter ceux qui ne vous voient pas. Scrutez  bien aussi devant vous, pour voir en particulier si vous ne passez pas lorsque le vert passe subrepticement à l’orange, voir au rouge. Ca peut vous coûter cher : 160 E à Bruxelles par exemple, en paiement immédiat. Aih!

. Pour Amsterdam, je ne sais pas. Je lance un appel trans-européen. Il doit bien y avoir une réglementation applicable mais ce que je vois, à chaque fois que j’y vais, c’est une franche tolérance plus que bienveillante. Ca va même plus loin que ça, c'est la priorité absolue.

. Photos EP à Amsterdam; d'autres vélos à voir dans l'album photos 'Vélos'                 

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