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Le Blog d'Elisabeth Poulain

Pernod Ricard, créateur de convivialité, et Marcos Lopez, photographe

19 Décembre 2010, 16:01pm

Publié par Elisabeth Poulain

Pernod Ricard

Tout le monde connaît ou croit connaître le groupe. Combien de personnes savent-elles par Blog 2010.12.19 013exemple que derrière le nom de ce groupe et les deux marques éponymes des boissons anisées très connues en France,  il y a aussi Absolut Vodka, Ballantine’s, le cognac Martell, Mumm, Chivas Regal, Jacob’s Creek la plus célèbre marque australienne de vins… ?.  

Le rapport annuel d’activités 2009-2010
Chaque année à cette période, le groupe fait paraître son rapport d’activité. C’est  le terme de  la convivialité, associée à « Agility, the road to leadership » qui ont été choisis. Patrick Ricard, le président du Conseil d’Administration,  déclare même « nous sommes tous des créateurs de convivialité », parlant au nom des 18 000 collaborateurs du groupe. 

 

A chaque fois aussi, PR fait de cette parution un Blog 2010.12.19 014événement médiatique. Il faut dire aussi que cette entreprise mondiale est une formidable communicante, dans tous les domaines de la communication. Mais il n’y a pas seulement cela, la direction entend marquer sa différence par le partage de valeurs humaines et à son éthique. La responsabilité sociale de l’entreprise met en avant « la promotion active de la consommation responsable, une éthique environnementale exigeante et le développement d’initiatives culturelles ou de projets de solidarité entrepreneuriale ».  

Le mécénat culturel et la solidarité sociale

Tous deux figurent ensemble au coeur de la politique  du groupe. Ils ont pour objectifs d’ « encourager la création cBlog 2010.12.19 020ontemporaine, de favoriser l’émergence de jeunes talents, rendre l’art accessible au plus grand nombre et encourager les actions solidaires… ». A titre d’exemples, citons les dotations pour le Centre Pompidou Virtuel, le Musée du Quai Branly…et « la tribune offerte à un artiste photographe de renommée internationale pour illustrer la nouvelle signature  du Groupe ‘Créateurs de convivialité’, notamment dans le Rapport annuel 2009-2010... L’artiste Pernod Ricard de l’année est Marcos Lopez ».    

        

Dans le cadre de sa politique d’engagement responsable et éthique, Pernod Ricard Korea par exemple vient d’inaugurer, avec les autres entreprises de boissons contenant de l’alcool, une fondation pour lutter contre l’alcool au volant, grâce à la création de la plate forme « Smart Driving ». En France, la société conduit en association avec l’Education nationale une Blog 2010.12.19 015action de prévention du risque alcoolique auprès  de jeunes de la classe de 5è. 

Marcos Lopez

Cet artiste argentin, né en 1958, qui vit à Buenos Ayres, est le créateur d’un certain style expressionniste de photos qui éclatent sous la pression de la couleur et de la composition. Pour renforcer sa vision du monde et lui donner un certain caractère étrange, il met en scène des personnes dans leur univers  personnel. Pour Pernod Ricard, il a conçu 18 « portraits colorés » pour souligner l’identité multiculturelle du Groupe dont c’était la demande. Il a eu toute liberté pour choisir les personnages de sa galerie de portraits. Une seule indBlog 2010.12.19 016ication lui a été donnée avant de faire son tour du monde des unités du groupe Pernod Ricard : montrer des « créateurs de convivalité » Pernod Ricard. Pour satisfaire son goût pour la couleur, Marcos Lopez avait emporté des accessoires, comme au théâtre pour faire l’ambiance. Son guide-line à lui était de sortir ces professionnels de leur cadre et de l’ambiance du travail.      

 

Les portraits

Ils sont tous souriants. Mais pas seulement eux d’ailleurs. Patrice Ricard se marre franchement, Pierre Pringuet aussi, jusqu’aux oreilles. Certains, il est vrai, ne font que sourire et celui qui mesure le plus son sourire est le photographie lui-même, dans son auto-portrait. Ca me fait rire.

 

Par ordre d’apparition dans le rapport et par choix Blog 2010.12.19 017personnel, voici ma sélection :

  

. Björn Von Matèrn, Dr Brand Education-The Absolut Company, Suède, avec ce commentaire de Marcos : Björn est un pur Absolut tropical ; toutes les photos de lui sont réussies, son sourire est parfait. C’est lui qui ouvre la série.

. Ger Buckley, Tonnelier, Iris Distillers, Irlande: Ger était si fier de faire ces gestes et de montrer ses outils qu’on sent une émotion dans le commentaire. Il a offert au photographe un maillot de foot pour son fils.

. Jessie Lu, Chargée de Communication, Pernod Ricard China, Chine : la photo a été prise en Australie ; par chance c’est à l’hôtel que Marcos « trouvé » le décor et même l’arrosoir. 

 

.Pernod Ricard, Rapport annuel, 2009-10, Marcos Lopez Bernard Hickin, Maître de Chai, Orlando Wines, Australie : « c’est la rock star des années 50 », la voiture et la guitare appartiennent à Bernard.

 

. Olga Dobrotina, Chef comptable, Pernod Ricard Rouss, Russie : c’est une version selon Marcos de Paris-Plage, les parasols sont à Marcos.

 

. Mélina Py, Directrice de l’usine Pernod à Marseille, France : Mélina est la seule à parler d’elle dans le commentaire. Elle a été élevée en Argentine au milieu des grandes cuves d’acier d’usines du lait. Elle rayonne, selon Marcos, de « simplicité, de sérénité et de délicatesse ».

 

. Paul Mann, Directeur, Finances Marketing, Pernod Ricard USA, Etats-Unis. C’est celui avec lequel Marcos à le plus fusionner, Paul l’Anglais avec ses références punk et lui Marcos son humour anglais. Et c’est Marcos qui l’a emmené manger un bon repas dans un pub irlandais  du Lower East Side à New York.  

Mes trois photos préférées Pernod Ricard, Rapport annuel, 2009-10, Marcos Lopez

Ce sont Bernard avec ses airs canaille à la Harrison Ford, sa voiture, son look, la maison derrière dans un camaïeu fantastique de rouge-rose-violet, Mélina pour son naturel, sa fraîcheur et son équilibre sur son lieu de travail, dans un décor que le photographe n’a pas façonné et Paul avec son blouson de cuir, son sourire glorieux, son T’Shirt à la reine avec sa couronne et son hamburger.

 

Une bonne année pour Pernod Ricard, un bon cru vraiment.  

Pour suivre le chemin

. Retrouver tous les rapports annuels depuis 1975 de Pernod Ricard sur

http://www.pernod-ricard.com/fr/pages/321/pernod/Finance/AnnualReports.html

Voir le site de Marcos Lopez

http://www.marcoslopez.com/marcosnews.htm

. Lire son interview sur

http://revistanuestramirada.org/en/galleries/marcos-lopez-pop-latino

. Photos EP, d’après le rapport, avec mes remerciements

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L'homme en pub comme un coq en pâte

17 Décembre 2010, 18:05pm

Publié par Elisabeth Poulain

Les cartes postales publicitaires

J’ai sélectionné 8 cartes publicitaires, sans lien entre elles. Le jeu consiste à voir quelle est l’image qui va rester dans la rétine. 

 

Homme entre pub Reebock et image1. Benjamin, la nouvelle star du Rally Classic People,  est assis en équilibre très instable sur une chaise pour vous montrer ses ERS Reebok faites pour Courir. 

 

Homme entre pub France Télécoms et image2. Cet étudiant, assis lui aussi, pose ses pieds en hauteur sur des cartons de France Télécoms. Il est content, il n’y a rien dans son studio, une chaise et le téléphone.  

 

Homme entre centre Jean Carmet et image3. Le troisième vous la joue ‘j’ai un beau torse, je rentre mes abdos et je le sais’ pour le Centre culturel Jean Carmet à Mûrs Erigné. 

 

4. Il s’appelle Hugo ; il vient des Pays-Bas et a des yeux qui vous magnétisent, pour vous parler de son parfum « it’s just a fragrance, the rest is up to you ».

 

5. Lavazza vous offre 9 tasses à café posées comme des ventouses sur Homme entre pub Lavazza et imagela tête et le dos de cet Indien iroquois au torse bronzé bien huilé qui vous conseille « Express yourself ».  

 

6. Il est homme montré au travail : c’est un peintre qui repeint en jaune vif la carte de l’Europe en visant l’Allemagne pour célébrer le traité d’Amsterdam.

 

Homme entre pub Kennisfestival et image7. Cet homme là pense. On voit son cerveau labyrinthique coupé en deux en pleine activité. Ca lui donne un air un peu chagrin. C’est une œuvre d’une artiste, Sylvia Weve, pour un festival d’art. 

 

Homme entre pub Carte Sésame et image8. Un autre sourit et ferme les yeux. Sa tête est une pub de la Réunion des Musées nationaux pour le Grand Palais pour la carte Sésame.  

 

Récapitulons

L’homme en pub a toujours une tête entière, enfin presque. Il y en a quand même une à qui il manque le haut. Celui-là a en compensation un gros cerveau. Quand il a sa tête, il n’a pas toujours de corps. Quand il en a un, on n’en voit souvent que le haut pour admirer leurs magnifiques muscles en « tablettes ». En ce cas, il porte un chapeau  ou des tasses renversées collées à même la peau. Il aime bien montrer sa peau bronzée. Quand on le voit en entier, il est habillé normalement avec pantalon, t’shirt ou chemise et chaussures. Très importantes les chaussures ; elles sont faites pour courir et se sentir bien. Ne pas oublier les jeans, qui vont bien avec les chaussures. Un seul homme travaille ; il est alors  tout de blanc vêtu, avec une casquette, mais sans aucune tâche de peinture. Pourtant c’est un peintre grimpé sur une échelle. L’échelle aussi est importante ; elle est présente par deux fois contre trois pour le couvre-chef, autant que pour les chaussures et les jeans.

 

Presque tous sont jeunes, avec un air intelligent et sympathique. Trois sont souriants, avec des variantes. Le regard de braise est à remarquer. Un est sans âge, celui qui ressemble à un bouddha de pierre et l’homme au labyrinthe dans la tête, a l’air quand même plutôt âgé et pas marrant. Je ne sais pour quelle raison, il a des pommettes rouges. Le fait de penser ferait-il monter le sang au cerveau ?       

 

L’homme en pub est habillé en jeans plutôt cool. Il est souriant et sympa. Il s’occupe de son corps, aime montrer sa peau et ne dédaigne pas un peu de fantaisie. Il affectionne les chapeaux et les échelles. Il aime bien être assis, en buvant un café après avoir décollé une tasse quand même. L’embêtant est qu’il doit avoir la tête coupée pour penser que les autres aient une échelle pour le voir penser. Diablement compliqué tout ça, parce qu’après il va falloir prêter l’échelle au peintre européen pour qu’il aille bosser. En attendant, l’étudiant va attendre en vain son coup de fil. ‘J’ai un beau torse’ se sera lassé de danser et Benjamin aura des abdominaux d’enfer à rester dans cette position très dure en faux équilibre sur sa chaise. C’est pas une vie tout ça, n’est-ce pas l’homme en pub !    

 

Ma sélection

Homme entre pub Kennisfestival et imageCes publicités sont datées. Avec un peu de recul, on peut essayer de voir celles qui ont encore un peu de sens, comme un café qui n’aurait pas perdu tous ses arômes. Ce n’est pas un hasard, si je parle de café. Lavazza a gardé la force de son concept, même si je ne l’imagine plus pouvoir sortir aujourd’hui, au contraire d’Hugo, la plus travaillée en séduction et la plus actuelle. Le dessin de l’homme-labyrinthe du Kennisfestival est le visuel le plus fort à mon goût. Il n’est pas daté : c’est une création d’art.

 

Dans l’autre catégorie, celles qui ne présentent peu, pas ou plus d’intérêt, je place Reebock, le Centre culturel Jean Carmet, le peintre européen et le Grand Palais. Quant à France Télécoms, outre le fait qu’on ne comprend plus à notre époque l’importance d’un téléphone fixe, elle est si légère au niveau du concept et/ou de la photo, qu’elle est ‘vide. Pourtant le garçon qui a été choisi est certainement le seul de tous qui devait être ce qu’il devait incarner en pub. C’est le plus sympa et le plus naturel.

 

Un mauvais point à ces fausses cartes postales qu’il est impossible d’envoyer parce qu’elles sont aussi imprimées au dos. C’est le cas pour le Centre culturel Jean Carmet et pour le Grand Palais. 

 

Pour suivre le chemin 

Photos EP

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N de Nana = B de Bouteille = Le corset

16 Décembre 2010, 12:31pm

Publié par Elisabeth Poulain

Décryptage 

Vous prenez une femme dont vous enfermez le corps dans un corset serré de façon à obtenir une taille fine et faire ressortir les seins. Vous choisissez une bouteille de Champagne, bien ventrue que vous habillez d’un corset rouge lacé serré d’un ruban noir. Pour bien faire ressortir les courbes, le corset que vous avez retenu est d’une taille au moins trop petite. Malgré tous vos efforts, vous comprimez sans succès pour obtenir un joli galbe sur les côtés de la bouteille. Entre les deux ressort une grosse fente noire mystérieuse brillante sous les lumières, entrecroisée de liens noirs qui passent dans les œillets.    

  Corset dentelle Charlise Theron, Dior J'adore

Corset, Piper Heidsick, Champagne, Jean-Paul GaultierCharlise Theron est la femme de Dior J’adore dans cette publicité parue dans le Monde du 27.11.2010. En partie droite, elle est saisie de biais, la bouche ouverte, tournée vers vous ; sur son bras gauche repose la bretelle de son corset en dentelle noire. A gauche du visuel, le flacon à peine phallique du célèbre parfum à la couleur or en fusion.

 

La bouteille est celle d’un champagne Piper Heidsick habillé par Jean-Paul Gautier parue dans Les Echos du 1.12.1999 pour fêter l’avènement tant attendu du passage en l’an 2000.  

Rapprochement

LCorset, Piper Heidsick, Champagne, Jean-Paul Gaultiera campagne de Dior J’adore a commencé en 1999. Celle de Piper Heidsick par Jean-Paul Gautier la même année. Toutes les deux sont très connues. L’aventure de Dior J’adore continue avec toujours le même succès. La bouteille rouge au corset est maintenant un collector qui contiCorset dentelle Charlise Theron, Dior J'adorenue à fasciner. De toutes les créations du célèbre couturier, elle est certainement la plus transgressive et la plus célèbre. Elle écrase par exemple Absolut Vodka à fourreau à paillettes rouges qui ne dégage aucune vibration. C’est juste marrant.

 

Une tribune libre parue en 2006 d’un aubergiste-sommelier faisait sur le net l’amalgame entre la femme et le vin - pas la bouteille - pour dénoncer la dure condition faite au vin français à qui on demande d’être « plus flatteur, plus simpliste, mieux compris » pour mieux se vendre. Il comparait la première au second en expliquant que « si une femme veut plaire, il lui faut une bonne dose de maquillage, une mini-jupe, pas trop d’intelligence et un discours basique ». Il va y avoir du travail pour faire évoluer les mentalités !  

Pour suivre le chemin

. Voir Dior J’adore sur écran. La qualité de l’image est très bonne et l’actrice sud-africaine ravissante: http://www.dior.com/beauty/fra/fr/minisite/fragrance/jadore2010/tf12-2.html?gclid=CLiW-rbJ8KUCFYYKfAodc0_orA

. Voir le brillant site de Piper Heidsick

http://www.piperheidsieck.fr/ 

. Retrouver des habillages de JP Gaultier sur

http://www.01men.com/editorial/399679/gastronomie/?di=12&play=0#debutDiaporama

 

. Lire les autres billets sur les Nanas et les Bouteilles sur ce blog:

B comme Bouteille > Le Champagne Louis Roederer > La puissance du fil  

N comme Nana comme l'étranglement par le corset

N comme les Super-Nanas de La Tranche sur Mer

B de Bouteille + V de Verre = Einstein = Perrier

N comme Nana > La Nana bottée d'Aigle

B03 > comme Bouteille > comme Bouchon > Les 5

B02 comme Bouteille > Le Scotch Whisky Label 5, la Ville, le Monde

N comme Nana > Mc Do > La Pin-Up > L'Equipière du futur

B01 > comme Bouteille > comme Bougie

 . Photos EP

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Zao Wou-Ki et Chu Teh-Chun > entre Ombres & Lumières > Angers

11 Décembre 2010, 15:52pm

Publié par Elisabeth Poulain

 

C’est toujours un exercice difficile que de faire un double accrochage d'oeuvres de peintres vivants à la carrière longue. Surtout quand on a affaire à une véritable star de la peinture, à dimension très humaine qui transcende les frontières et les continents, face à un compatriote par la culture, de la même génération, moins connu. Quand j’évoque la notoriété, je parle bien sûr de celle qui est perceptible par ceux qui n’y connaissent pas grand chose en matière d’art contemporain, ou disons-le de façon plus douce, qui s’y connaissent moins que d’autres.

 

  Zao Wou-Ki, choix d'affiche Jean-Pierre ArnaudChu Teh-Chun huile, choix d'affiche Jean-Pierre Arnaud

 

Ces deux peintres, nés tous les deux en 1920, ont fait leurs études dans la même Ecole des Beaux Arts, celle de Hangzhou en Chine. Ils ont connu la France à des dates différentes après des débuts dans la peinture différents. Zao Wou-Ki est parti très vite en 1948 à Paris où il intègre un groupe d’artistes qui deviendront des amis. Chu Teh-Chun part  en 1955, après déjà une double carrière dans la peinture, comme enseignant à l’Ecole qui l’avait formé et en tant que peintre poursuivant ses proches recherches.

 

Laissons là le parallèle car, en réalité et chacun le sait, les chemins solitaires qu’empruntent les artistes sont toujours et pourtant peuplés de rencontres. Rien ne dit que les deux se sont rencontrés, après leur formation à Hangzhou. Le contraire aurait été bien surprenant. Le monde de la peinture est si petit, les réseaux si actifs, la connexion quasi-instantanée…

 

Le choix du Commissaire de l’exposition, Jean-Pierre Arnaud, a été de rester au plus près des œuvres pour les laisser s’exprimer, tant elles ont à dire, dans unZao Wou-Ki, Jean-Pierre Arnaud espace intime, accueillant, comme le serait la maison de quelqu’un qui aime bien les gens. Cette proximité avec les œuvres est certainement ce qui ressort en premier. Il est vrai que les gouaches, les aquarelles, les eaux-fortes, les lithographies et sérigraphies présentées ont en point commun de porter la légèreté du papier (à quelques exceptions) et de faire ressortir, si telle est la volonté du peintre, la couleur, le trait en spontanéité. Au point de plénitude érigée en cohérence, qu’on se surprend à se demander ce qu’il y avait sur les murs de l’Institut Confucius avant l’exposition.

 

La seule certitude qu’il est possible d’avoir est Zao Wou-Ki & Chu Teh-Chun, Ombres & Lumières

qu’Ombres & Lumières, le nom de l’exposition choisi par Jean-Pierre Arnaud, va manquer sur les murs de l’Institut Confucius dés la fermeture en cette fin de journée du 11 décembre 2010. Un second accrochage va avoir lieu en janvier cette fois-ci à l’Espace culturel de l’Université, avec le plaisir de re-découvrir ces créations dans un autre lieu, plus vaste, différent, dans une autre ambiance. Avant de repartir cette fois-là chez leurs propriétaires respectifs, des amateurs d’art et des galliéristes qui ont accepté de s’en séparer quelques semaines, le temps pour nous de pouvoir les découvrir grâce à eux.

 

Chu Teh-Chun, livre et portrait

Il y en a des bonnes fées qui veillent sur le berceau de cette expo ! En nombre et qualité, au point que je choisis tout à fait volontairement de ne citer que ceux qui ont directement rendu possible cette exposition : les deux artistes bien sûr, les propriétaires des œuvres, des anonymes ou Bernard Jagot, collectionneur et  ancien galliériste d’art à Saint-Nazaire qui a exposé par deux fois des œuvres de Chu Teh-Chun, la Galerie Raymond Dreyfus de Paris pour des œuvres de Zao Wou-Ki…  

 

Pour suivre le chemin

. A lire absolument, le remarquable livret de l’exposition réalisé par Jean-Pierre Arnaud, co-préfacé par Olivia Tambou, la présidente de l’Institut Confucius, adjointe aux Relations Internationale d’Angers. Vous y trouverez une présentation sensible et une biographie très précise des deux créateurs.

. Juste pour information, les biographies Zao Wou-Ki, livre et portraitprésentées sur Wikipedia sont vraiment à compléter, avec 3,5 pages pour Zao Wou-Ki et 1,5 pages pour Chu Teh-Chun. On reste sur sa faim, surtout quand on vient de lire le livret!  

 

. L’Institut Confucius fêtait son premier anniversaire avec cette exposition, une idée d'Aude Hazard, la responsable de l'Institut qui vient de démissionner.

 

. Les partenaires de l’exposition sont la municipalité d’Angers, la Maison de l’Europe, le Conseil régional des Pays de Loire, HANBAN à Pékin, la Municipalité de Yantai, Angers Loire Métropole, le Conseil général du Maine et Loire, la CCI de Maine et Loire, l’Université d’Angers, l’Université catholique de l’Ouest, l’Université de Ludong, l’Université de Yantai, Paristech Arts et Métiers d’Angers, l’ESSCA et les Bibliothèques d’Angers, qui ont prêté les nombreux ouvrages  consacrés à ces deux peintres et surtout à Zao Wou-Ki.

. Photos EP pour celles prises à l’Institut et celles des affiches, avec mes remerciements  à Jean-Pierre Arnaud.                

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Photo > Le pêcheur accroupi sur une planche en bois

10 Décembre 2010, 11:40am

Publié par Elisabeth Poulain

 

C’est une photo de Gaëtan Chevrier du Collectif Bellavieza qui m’a tapée dans l’œil au point d’y rester imprimée, au point aussi où j’ai joint son auteur pour lui demander son autorisation de la faire paraître ici.

Hanoï, Delta Mekong, Pêcheur sur une planche

Le pêcheur

Il est saisi de dos, assis accroupi sur un rectangle de bois de petite taille au milieu  d’une grande étendue d’eau, un jour de beau temps, un peu brumeux, sans vent. De cette personne, on n’aperçoit que le chapeau bien large. Asiatique au premier abord, avec une canne à pêche à l’horizontal devant lui, un sac posé par derrière et quelque chose de rose devant. 

L’eau

C’est une version revisitée de l’homme et la mer de Charles Baudelaire qui vient à l’esprit, sans la dimension ténébreuse ni la profondeur des abîmes. On ne voit que l’extérieur des choses, une silhouette, une surface, une gamme de bleus légers éteints. La seule vraie tâche de couleur  vient du chapeau de paille qui éclaire la photo comme la flamme d’une bougie. 

La ville lointaine

C’est la troisième composante de la scène. Au bord de l’eau, en arrière-plan  figure un lien horizontal bleu grisé un peu plus foncé avec le ciel bleu très clait. La découpe d’une tour  indique une grande ville.  

Et le mystère

Depuis que je regarde cette photo, je me pose la question de savoir comment cette « simple planche en bois » pour reprendre les mots du photographe peut-elle tenir sur l’eau en portant un homme accroupi ? C’est la plus petite empreinte dans l’eau que l’on puisse imaginer, comme si ce pêcheur était lui-même une île.  

Pour suivre le chemin

. Voir d’autres photos de cette série intitulée « Entre les bruits » que Gaëtan Chevrier a réalisée lors d’un voyage au Vietnam, à Hanoï, dans le Delta du Mékong,  sur www.bellavieza.com,

. Le collectif de photographes Bellavieza est constitué, outre Gaëtan Chevrier, par Jérôme Blin et Benoît Arridiaux.    

. Cette photo a été choisie par Pannonica comme couverture pour leur numéro de septembre à décembre 2010      www.pannonica.com/

. Relire la troisième strophe de « l’homme et la mer » de Charles Baudelaire :

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets;
Homme, nul n'a sondé le fond de tes abîmes;
O mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets

. Voir aussi sur ce blog En Australie, une petite maison de pêcheur sur le lac

.

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Aménager les rives de La Maine > Les 3 équipes sélectionnées > Angers

7 Décembre 2010, 16:21pm

Publié par Elisabeth Poulain

Au départ

Blog-2010-06-05 001Nous, nous étions 300 habitants à vouloir faire partie du groupe « Projet » portant sur l’aménagement des rives de la Maine, la plus petite rivière de France, qui traverse Angers avec des allures de vrai fleuve ou presque. Nous avons été 90 à avoir été tiré au sort. 45 étaient  prévus au départ mais devant l’engouement des gens, la municipalité a doublé la quantité.   

 

Eux, les équipes d’architectes et de paysagistes ont été 40 à répondre à l’appel à projet lancé par Angers en octobre 2009. 8 ont été pré-sélectionnées en comité restreint pour aller plus avant et présenter un projet plus développé en juillet 2010. Fin novembre de cette année, après que toutes les 8 équipes aient présenté leur vision d’aménagement des berges de la Maine, il en reste 3 composées à chaque fois d’un architecte-urbaniste et d’un paysagiste. On connaît les noms des trois architectes-urbanistes et des trois paysagistes, tous européens, 5 Français et 1 Allemand; c'est le seul à ne pas avoir un prénom français:

 

-        l’urbaniste François Grether + les deux paysagistes nantais de Phytolab

-        l’urbaniste  Finn Geispel, avec Michel Desvignes paysagiste

-        l’urbaniste Bernard Reichen, associé à la paysagiste Jacqueline Osty 

 

L’ordre de présentation des architectes-urbanistes et quelques références

. En premier est cité François Grether, qui a crée à Blog-2010-06-05 002Lyon le nouveau quartier « Confluence » avec le paysagiste Michel Desvignes d’ailleurs. Il a directement inspiré le projet d’Angers. Ce n’est pas un hasard si le Groupe-Projet, avec l'urbaniste d'Angers, Christophe Lesort, s’est rendu à Lyon pour voir Confluence. François Grether a une grande expérience du métier et une grande connaissance du territoire. Il est aussi un spécialiste de la concertation, qui travaille en expert sur des territoires abîmés par le temps. Dans une interview donnée à Archicool, l’architecte-urbaniste met l’accent sur « l’opportunité … de créer une convergence des territoires qui furent longtemps séparés, l’eau en est l’élément central », en parlant du projet Clichy-Brétignolles, et plus loin dans le texte « d’une zone dévaluée dans l’imaginaire collectif ». On se croirait dans certains coins de la rive gauche de la Maine à Angers.    

 

. En second, Finn Geispel fait partie de ceux qui travaillent sur le projet du Grand Paris. Son laboratoire Lin avec Giulia Andi associée, implanté à Berlin et à Paris, met en musique une approche particulière et sensible des développements et des mutations culturelles, sociales et techniques. Il connaît bien l’Ouest, comme architecte en particulier de  L’Ecole d’Architecture sur l’Ile de Nantes. En tant qu’urbaniste, il travaille sur « des projets singuliers à l’échette architecturale, urbanistique et territoriale. Ses maîtres mots : « la flexibilité urbaine entre cadre précis et certains champs d’ouverture, la programmation ouverte, la construction en contexte bâti, l’utilisation minimalisé des ressources, l’approche intégrative, l’urbanisation progressive… » Il préconise par exemple d’implanter des constructions posées sur pilotis perpendiculairement à la Seine sur ses rives en zone inondable. Ces différents aspects n’ont pas du laisser insensible le comité angevin de pré-sélection. C’est le plus interculturel des trois.

  

. Quant à Bernard Reichen, il s’est vu décerné le Grand Prix de l’Architecture en 2005 Blog-2010-06-05 003par un jury international, qui a salué en lui une vision large de l’urbanisme, « l’urbanisme territorial » dans une vision sociale, innovante et inventive, placée dans l’axe du développement durable. Il a travaillé à Lyon sur la rénovation de la halle Tony Garnier…la Chocolatrie Menier à Noisiel.  Sa vision large d’un territoire en mouvement durable est un atout certain. Il n’a pas apparemment travaillé pourtant sur des re-façonnage de quartiers imbriqués dans un espace étroit.     

 

Les paysagistes

. Phytolab indique bien sa tendance portant sur une approche sensorielle du paysage de la ville par le végétal et les circulations douces. Le cabinet nantais, crée en 1993 par Loïc Mareschal et Frédéric Fourreau, travaille principalement en Région Pays de Loire où il est très présent sur des projets à amplitude territoriale directe restreinte. Une de ses réalisations est particulièrement parlante et porteuse pour Angers. Il s’agit de la réalisation du front de mer de Saint-Nazaire : « notre objectif est  d’abord de redonner place aux circulations douces et confort aux usagers : forte réduction de la voirie, suppression du stationnement en front de mer, création d’une piste cyclable et d’une promenade large et ouverte sur l’océan ». 

 

. Seul Michel Desvignes obtient quelques mots sur Blog-2010-06-05 083son parcours dans le communiqué d’Angers. Il est vrai que c’est un véritable « poids lourd » dans le domaine du paysage au niveau mondial. Il connaît tout le monde pour avoir travaillé sur, par exemple, la re-qualification de l’Ile Seguin sur la Seine en aval de Paris avec Jean Nouvel, François Grether pour Confluence à Lyon…Il a proposé une charte de l’aménagement paysager de la rive droite de la Garonne à Bordeaux. Il a aussi à Paris aménagé et engazonné la ligne de tramway qui traverse Paris. Dans une résidence à Louvain en Belgique, il dit : « le paysage est aujourd’hui souvent abordé du seul point de vue de sa protection. Le transformer est considéré a priori comme suspect… La dimension éthique sera importante. Quel paysage pour quelle société ? Comment habiter le territoire ? Quelle ville pour demain ? »

 

.   Jacqueline Osty, architecte DPLG, est  une paysagiste "Grand prix du Paysage" (2005). Elle compte de nombreuses réalisations en France. Elle a notamment travaillé sur le parc urbain d’Amiens, la place Bellecour à Lyon, le parc Gramont à Rouen, le parc de Clichy-Batignolles axé principalement sur les saisons, le sport et l’eau... A Rouen, elle a remporté en 2008 l’aménagement du quartier Seine-Ouest, rive gauche. Ses atouts : la création sur 80ha, d’un éco-quartier multi-fonctionnel avec des activités économiques, des pistes de déplacements doux, à implanter sur un temps long de 20 ans. Elle a proposé de dynamiser le quartier par un canal partant de la Seine vers le Sud. Tout cela ressemble beaucoup à la situation d’Angers. Notons qu’un des finalistes nominés à Rouen était François Grether.

 

La nécessaire collaboration entre les architectes-urbanistes et les paysagistes

Blog-2010-06-05 084Elle est toujours présentée avec l’urbaniste en premier et le paysagiste ensuite. Il y a une certaine cohérence dans la mesure où l’urbaniste  structure l’espace sur la base de l’existant, des équilibres entre le bâti et le non-bâti et … de sa collaboration avec son partenaire paysagiste. En effet, en même temps et ensuite vient la dimension paysagère du projet où le rôle du paysagiste s’exprime pleinement. Retenons que s’il y a bien une hiérarchisation dans le temps entre les compétences, on ne saurait imaginer planter par exemple avant d’avoir défini et remodelé l’espace à arborer en situation avec les autres espaces. Il n'empêche que le résultat final en terme de style, d'ambiance, de ressenti dépend de la qualité de l'osmose entre  les deux co-partenaires. L’échange et le dialogue sont au cœur d’un projet réussi.

 

L’intéressant dans les 3 binômes d’Angers

C’est la diversité des "attelages" entre des personnes qui se connaissent bien pour avoir déjà travaillé ensemble soit en tant que partenaires, soit en tant que concurrents :

. Grether + Phytolab : le « vieux de la vieille », qui a tout vu, tout fait avec deux « jeunots » qui multiplient avec grand succès un maillage fin du territoire de l’Ouest

. Finn Geipel + Michel Desvignes : le plus intellectuellement subtil des trois urbanistes, associé avec le paysagiste français le plus connu au monde

. Bernard Reichen + Jacqueline Osty : le plus mystérieux des 3, qualifié d’inventif par la profession, avec une paysagiste qui trace en France avec des réalisations toujours très calées sur le territoire. Blog 2010.06.22 053

 

Une affaire à suivre

. Avec une présentation prochaine de Christophe Lesort, Directeur de la Reconquête urbaine des Barges de Maine      

. Le communiqué de la Ville d’Angers

. Prochain rendez-vous public à Angers  le 18 janvier

François Grether 

http://www.archicool.com/cgi-bin/presse/pg-newspro.cgi?id_news=6099

http://www.auao.org/index_fra.php?rub1=108&rub3=151&rubrique=151&rub2=150

Finn Geipel

www.lin-a.com/

projets-architecte-urbanisme.fr/architecte-finn-geipel.../geipel-grand-paris-pilotis-rives-seine/

Blog 2010.06.22 024

Bernard Reichen, voir   

http://fr.wikipedia.org/wiki/Reichen_et_Robert

http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/DGALN_gp2005_cle121b2d.pdf

Phytolab

http://www.phytolab.fr/phytolab_paysagistes_environnement_nantes.html

http://www.jardins-a-suivre.org/index.php?id=36;lang=fr Blog 2010.06.22 066

Michel Desvignes

www.atelphot.info/Desvigne.pdf

fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Desvigne

Jacqueline Osty

www.paris.fr/portail/viewPDFileServlet?file_id=16215

www.agglo-rouennaise.fr/internetf/.../DPosty30-05-08.pdf

 

. L’expérience lyonnaise

http://www.40ans.grandlyon.com/?p=2547

 

. Photos EP des Berges de la Maine

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Vigneronnes, Viticultrices de France, levez-vous qu'on vous voie

6 Décembre 2010, 11:56am

Publié par Elisabeth Poulain

Le titre

2008-10-Cassandre-001-PM.jpgIl a des accents gaulliens, je sais. C’est notre époque de commémoration qui le veut. C’est aussi normal dés lors qu’on en appelle à la France. Je ne vais quand même pas me priver de cette référence uniquement  pour cette raison. Mon titre en réalité est très factuel. Il est à prendre au premier degré. Je m’adresse à celles qui travaillent en France à « faire » le vin  dans les domaines, les coopératives, les maisons de négoce… toutes celles sans lesquelles il ne saurait plus y avoir de filière vin. C’est clair, net et précis.

Dialogue réel

Il se passe en Touraine entre une vieille dame, femme et mère de vigneron, ayant tout fait au domaine et un tout jeune vigneron de la ville qui s’installe et vient demander de l’aide:

-        T’es marié, mon gars ? Ta femme va travailler avec toi ?

-        Oui mais pourquoi vous me posez cette question ?

-        Parce que tout seul, tu n’y arriveras pas !          

La question est que l’un sera le vigneron et l’autre la femme du vigneron, ce qui est quand on connaît le poids des mots, pas du tout la même chose. 

Entre réalité du terrain et présentation des jeux de rôles

Trop souvent ces professionnelles du vin sont présentées couverture.jpgd’une façon étonnante comme si elles occupaient des places d’homme, comme si elles les dépossédaient de quelque chose qui leur reviendrait de droit. L’opposition entre femme et homme est une déformation d’une réalité heureusement plus complexe. C’est en plus une vision tout à fait erronée et dangereuse.

 

J’ai sous les yeux par exemple un article consacré aux vins de femmes. Je ne vous donnerai aucune indication sur le journal, sa date de parution ou son auteur, un journaliste franchement agaçant. Pour mieux faire ressortir la présence des femmes dans le vin, il a par exemple « supprimer » de sa présentation le compagnon d’une vigneronne qui travaille pourtant en équipe avec son compagnon. Ce cas est fréquent, dans un sens ou un autre. Pour faire plus vite son unique papier annuel sur ce thème de la femme vigneronne, sans jamais citer aucun de leurs vins, il enlève l’homme ; les 364 autres jours restants, il enlève la femme. Ce jeu de mise à la trappe est vraiment idiot.

 

Le partage du gâteau

Il y a toujours en France cette idée que la vie, la terre, la vigne, le travail… seraient des grappefg.jpggâteaux à partager avec un nombre limité de convives. Et toujours en conséquence cette idée  que moins nombreux seront les heureux restants, plus grosse sera leur part et meilleure la rentabilité.  Paradoxalement, jamais on n’a autant vanté avec les mots écrits et la parole dite le petit domaine, à taille humaine, où le vigneron garde sa capacité de création en respectant la terre, son vin et les gens qui le boivent. Bien sûr, il n’y a là aucun paradoxe, sachant que les petits domaines sont financièrement et humainement les plus fragiles, les concurrents les plus virulents ne sont pas les grands domaines par la taille ou la notoriété mais ceux d’une taille intermédiaire qui ne peuvent s’agrandir qu’en absorbant leurs voisins proches les plus sensibles. 

La synergie et la création de valeur

Ce ne sont pas les femmes qui accroissent la concurrence, au contraire elles permettent et luttent directement contre cette concurrence de l’inverre-bouteille.jpgtérieur. Elles travaillent en synergie en accroissant la valeur ajoutée au vin en lui gardant sa dimension humaine et terrienne.  Elles ont en plus maintenant, grâce aux blogs, la capacité à émettre directement et à faire parler directement la vigne et le vin de l’intérieur, en ne se laissant plus kidnapper la parole. C’est vraiment une bonne chose. L’intelligence est toujours agréable à partager.    

 

La vie montre qu’il y a de la place pour toutes et tous. Le monde agit et réagit en synergie, pas en terme de partage. Quand on voit la diminution inquiétante du nombre de domaines et l’accroissement de la surface de ceux qui ont racheté les premiers, on se dit que les femmes qui ont le goût du risque et de l’entreprise en plus de celui de la vigne et du vin  n’ont jamais eu plus d’opportunités pour s’installer.  

Pour suivre le chemin

. Un article à lire http://www.lepoint.fr/societe/profession-vigneronne-envers-et-contre-tout-12-09-2010-1235338_23.php

. Quelques vigneronnes qui savent aussi bien parler de leurs vins et de leur métier

Corinne Comme http://champdestreilles.over-blog.com/ext/http://www.champdestreilles.com/

Diane de Puymorin http://www.blogduperebarrera.com/article-15596858.html

Isabelle et Bruno Perraud http://cotes-de-la-moliere.com/mon-blog/

http://www.facebook.com/melanie.tarlant

Iris Rutz-Rudel sur lisson.over-blog.com/

Cécile Tremblay http://www.domaine-ceciletremblay.com/presse.php

. Photos EP, n° 1 Le verre de Cassandre, avec mes remerciements à Nicolas, n°2 Couverture de France Poulain pour mon ouvrage  "Le vin aussi est affaire de femmes" , n°3 et 4 Dessins de France Poulain.  

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Communiquer par le drapeau > La Corée > La France > Les 21

4 Décembre 2010, 17:20pm

Publié par Elisabeth Poulain

La symbolique du drapeau

En ces temps d’hyper-communication, le drapeau national devrait pourtant servir  tout autant à rassembler qu’à faire connaître son appartenance. C’est peut être pourquoi on le voit si peu en publicité courante  qu’en communication institutionnelle, comme si le drapeau, appartenant à une époque dépassée, avec un air de nostalgie légèrement ‘kitsch’. Rares sont les visuels publicitaires à en faire usage, si ce n’est les rares fois à l’intention des étrangers ou considérés comme tels comme les Européens. Quant aux grandes campagnes lancées par les pouvoirs publics, c’est souvent la visualisation des trois couleurs dans un logo qui sert d’accroche visuelle.

Amitiés Corée-France, Pub Le Monde, 2010-11-12Le visuel

C’est bien pourquoi  la pleine page du Monde a tout de suite  attiré mon attention, avec immédiatement un autre point également. Il s’agit de, l’intitulé « Merci France » et non pas « Merci La France ». J’en suis toujours à m’interroger, d’autant plus que c’est « Merci » qui figure en gros au-dessus de « France ». 

  Amitiés Corée-France, Pub Le Monde, 2010-11-12

Le texte explique la démarche qui suit la présentation des drapeaux réunis enchâssés dans une forme de lunette, qui interpelle. Il s’agit pour la République de Corée de célébrer les liens entre la République de Corée et France :

 

Logo G20

Seoul

 Summit

2010

Nov.11-12

Merci

France

 

Drapeau    Drapeau
Coréen       Français

 

Un partenariat de 60 ans, une amitié de 60 ans.

 

L’année 2010 marque le 60e anniversaire du début de la guerre de Corée.

La paix, la prospérité et les libertés dont nous jouissons aujourd’hui

sont nées  de votre esprit d’abnégation et de votre engagement.

La Corée vous sera éternellement reconnaissante et poursuivra

sur la voie de la confiance et de l’amitié qui lient nos nations.

 

Drapeaux des 21 Nations

 

Nous adressons notre profond respect et notre gratitude aux hommes et aux femmes de valeur des 21 nations alliées qui ont servi lors de la guerre de Corée

La République de Corée

 

En commémoration de l’Armistice, les Coréens rendent hommage aux anciens combattants français

Amitiés Corée-France, Pub Le Monde, 2010-11-12 

Cette dernière phrase figure tout en bas du visuel hors du cadre qui enserre le texte. 

 

Le G20 à Séoul du 11 et 12 novembre 2010 Anniversaire 60 ans guerre de Corée, France

Il n’a pas réussi à répondre au désordre économique mondial. La capitale sud-coréenne a été placée en quasi-état de siège et les incidents de frontière en provenance de la Corée du Nord ont continué.

 

Le 12 novembre, le jour même où cette publicité paraissait, la seconde journée de la négociation multilatérale, la voisine du Nord bombardait au sud l’Ile de Yeonpyeong située à 3 kilomètres de la frontière maritime séparant les deux pays toujours en guerre depuis 60 ans, faisant 2 morts et 18 blessés.  Le drapeau nord-coréen était brûlé devant les caméras des journalistes venus du monde entier couvrir l’événement du G20 à Séoul.  

Comme vous l'avez remarqué, cette publicité en pleine page célèbre, non pas la fin de la guerre, mais bien le début de la guerre qui continue avec le voisin du Nord. Rappelons pour finir que les habitants du Nord continuent à connaître une terrible famine.

 

. Voir le Monde du 12 novembre 2010

. Sur le drapeau de la République de Corée http://fr.wikipedia.org/wiki/Drapeau_de_la_Cor%C3%A9e_du_Sud

. Sur celui de la France

http://fr.wikipedia.org/wiki/Drapeau_de_la_France

 

. Sur les tirs d’artillerie sur l’Ile de Yeonpyeong en Corée (du Sud) en provenance de la Corée (du Nord) 

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/animations/2008/afp/KoreaHistoryFR2506/

http://www.lefigaro.fr/photos/2010/11/29/01013-20101129DIMWWW00591-24-heures-photo.php

. Photo du visuel EP, à retrouver dans l'album-photos "Symboles"  

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Déjeuner au Resto-Troc de Belle-Beille > Angers

1 Décembre 2010, 10:09am

Publié par Elisabeth Poulain

Angers, Resto-Troc

Ne me demandez pas pourquoi le Resto s’appelle Troc. Si l’on y troque quelque chose, c’est bien de la chaleur humaine. C’est aussi un vrai resto, avec quelques particularités, il est vrai. D’abord, il est beau. Le bâtiment de plein pied est de construction récente. A midi, le soleil entre par une grande baie vitrée. Le cadre est magnifique, entouré d’arbres qui font face à l’Etang Saint-Nicolas dont je

Angers, Resto-Troc, des habitants à déjeuner

vous ai déjà parlé. Il  a pour particularité que l’on paie avant de s’asseoir en fonction de son quotient familial. Le Resto-Troc est en effet un restaurant associatif solidaire, ouvert les cinq jours de la semaine, de 9h du matin à 16h30. Le déjeuner est servi de 12 à 14 heures. Au mur, on voit des panneaux décoratifs faits par des habitués Belle-Beillois.    

Au menu, ce jour là, après le potage de lAngers, Resto-Troc, Entrée du déjeunerégumes, il y avait une salade composée de laitue, chou et oignon rouge, parsemée de pousses de soja et de copeaux de kebab. Puis un steak pané dinde et fromage avec de la purée de pommes de terre et carottes, avec deux mandarines pour finir le repas. En cuisine officient sept personnes en contrat d’insertion, le temps de peaufiner un nouveau Angers, Resto-Troc, des habitants à déjeunerprojet professionnel ou de retrouver des habitudes de travail. Une des jeunes femmes  qui officiait en cuisine a ainsi créé son propre restaurant, une fois son contrat terminé.    

 

Des habitants de Belle-Beille  y viennent en groupe, en famille ou seul pour se reposer un instant dans une atmosphère chaleureuse où les enfants sont toujours les bienvenus. C’est aussi un relais parents-enfants. Des membres d’association en font aussi leur quasi-QG. C’est par exemple le cas pour des habitants réunis en association qui produisent légumes, fruits et fleurs dans les jardins familiaux proches.

 

Angers, Resto-Troc, des habitants qui préparent Noël

 

Dans une salle proche, des bénévoles préparent des petits cadeaux pour Noël. Les enfants les apprécient beaucoup, comme dernièrement lors de la soirée d’Halloween qui a remporté un franc succès. Il y avait 85 personnes, enfants inclus bien sûr. Chaque mois, une animation  permet de faire venir des personnes qui sans cela pourraient avoir tendance à rester confinées chez elles.    

Angers, Mme Chauveau, créatrice de doudous en tricot

« Il se passe toujours quelque chose au Resto-Troc », comme nous le déclare Dominique Brunet, sa directrice.  On trouve par exemple en ce moment des petites figurines tricotées avec une grande finesse et beaucoup d’imagination par Madame Chauveau, une habituée du Resto.    

Tous les mardis matin également par exemple, le Resto-Troc sert un petit déjeuner à 8h 45 avant de partir en randonnée pédestre qui permet de bien commencer la journée et de redécouvrir, s’il en est besoin, le quartier sympathique de Belle-Beille en chaleureuse compagnie.      

Pour suivre le chemin

Angers, Resto-Troc, Dominique Brunet, Dr.

. Lire le billet du printemps 2014 sur le Resto-Troc côté cuisine sur ce blog  http://www.elisabethpoulain.com/article-le-resto-troc-d-angers-belle-beille-cote-cuisine-123552235.html

. Resto-Troc est constitué sous forme d'une association dont Marthe Rolland est la présidente. 

. Son adresse : 18 rue Louis Boisramé, 49000 Angers, 02 41 73 88 12

. A retrouver sur www.resto-troc.over-blog.com

. Les prix varient entre 1,70 et 5,5E .Le petit déjeuner du mardi coûte 0,25 cts.

 

. Lire le dernier numéro de « Maine et Loire, Angers, Resto-Troc, Marguerite Caro à l'accueil

le  mensuel du Conseil général », n° 5 novembre 2010, p. 19, «  A Resto-Troc, on ne partage pas qu’un repas. »     

. Parmi les sponsors, citons le Conseil général, la ville d’Angers, le Centre Jacques Tati, Super U du Centre commercial de Beaussier de Belle-Beille, Michel Courant boulanger pâtissier, Apivet, Styling Coiffure et Angers-Copies.    

. Photos EP   

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L'image de la ville > Wien > Autriche

30 Novembre 2010, 10:15am

Publié par Elisabeth Poulain

 

Dire Wien ou Vienne ?

J’ai beaucoup hésité : faut-il parler de Vienne quand on est en France ou de Wien comme la ville s’appelle elle-même ? Telle est pourtant son nom en Autriche dont elle est la capitale. Comme vous le voyez, j’ai choisi de garder à la ville le nom qu’elle s’est donnée. Penserait-on à parler de Nouvelle York quand on songe à New York. Bien sûr que non. Alors pourquoi ne ferions nous pas ce petit effort d’adaptation qui n’est après tout que justice. Une autre raison est qu’en France, il existe la ville de Vienne qui n’a aucun point commun avec Wien.

 Wien, Autriche, Sisi Impératrice

Comment attirer les touristes à Wien 

C’est une question que toutes les villes se posent, surtout celles qui font partie du club très fermé des capitales au riche patrimoine issu d’un passé prestigieux et d’atouts contemporains très attirants pour les touristes d’aujourd’hui. Le site de la ville est très classique, avec quand même une pointe d’innovation  intéressante dont je vous reparlerai une autre fois, le « Kubik ». En complément, des offres promotionnelles de billet unique pour se déplacer, comme ce qu’on trouve partout.   

Séduire les hommes d’affaires français

Une campagne de communication a également été faite en France en particulier. C’est un petit encart couleur de 14 sur 11cm en page paire paru dans le Monde d’avril dernier qui m’a alerté. Le concept est simple. Un texte accrocheur placé au centre d’une reproduction couleur vous donne l’adresse mail du site de la ville, dont le nom ressort en grand dans le coin droit en bas du rectangle-texte de 6,8 x 7cm.  

Le texte en français

Il précise de façon très explicite :  « En ce moment, dans la chambre de Sisi, quelqu’un est séduit par son charme. Ce n’est pas en restant chez vous que vous serez séduit. » Suivent en dessous l’adresse du site www.wien.info à gauche et Vienne avec son slogan en dessous « C’est maintenant ou jamais » à droite.  Wien, Autriche, Sisi Impératrice

La peinture dessous

Il s’agit bien sûr, vous l’avez deviné, de Sissi, l’impératrice d’Autriche 1854 à 1898) et reine de Hongrie (1867-1898). Son visage a été coupé de façon à ne laisser percevoir que son menton. On devine son épaule droite ainsi que sa très longue chevelure dénouée dans  le dos. Le rectangle porteur du texte cache toute la partie centrale de son anatomie. En très petits caractères sur le côté gauche la référence de la source du tableau. C’est le Musée d’Art et d’Histoire de Vienne, ce qui laisse à supposer qu’il s’agit bien de l’impératrice.

 

Ma réaction

Que ne fait-on pas au nom du marketing territorial, de l’image de la ville pour développer son attractivité pour les touristes ! Ce sont surtout les hommes d’affaires qui sont visés. Leur budget de dépenses sur place est plus élevé que celui de touriste de base, si j’ose m’exprimer ainsi. Cette publicité se situe franchement en dessous de la ceinture. Elle utilise pour cela une figure emblématique d’un certain art de vivre européen du XIXè siècle et d’un raffinement si délicat qu’il constitue un des trésors de l’humanité au sens du classement de l’Unesco.

 

Que propose-t-on ? Transformez les lecteurs du Monde en voyeur dans la chambre même de cette très belle jeune femme qu’il s’agit de séduire, dans une formulation très alambiquée. Il s’agirait seulement d’être séduit par son charme exprimé au singulier. C’est vraiment incroyable, d’autant plus qu’il semblerait que cette publicité ne soit pas l’œuvre d’une agence de communication  mais des  services officiels, sinon le nom de l’agence serait indiqué.

 

Son charme ou ses charmes ?

Il n’est nul besoin d’évoquer la chambre à coucher Wien, Autriche, Sisi Impératriced’Elisabeth d’Autriche pour être sensible à son charme. Nul besoin non plus de vous proposer d’aller dans sa chambre…Cette ambiguïté est évidemment volontaire. Nul n'ignore pourtant que Vienne, de par sa situation géographique, située très près de l’ancienne Europe centrale de l’Est, est une plaque tournante dans le business très lucratif du charme en provenance de l'ex-Europe de l'Est.  La ville connaît un afflux de prostitués, femmes et hommes, majeurs et mineurs,  qui sont là pour vendre « leurs charmes » contre leur volonté. C’est un problème très sensible dans toutes les grandes villes d’Europe et pas seulement, qui entre dans la catégorie du trafic des êtres humains et de la prostitution forcée.     

 

Dans ce contexte, il conviendrait vraiment d’être plus exigeant en matière de communication. Vendre l’attractivité d’une ville n’exige pas de vendre l’image d’une femme avec des suggestions de ce type!

 

Pour suivre le chemin

. Le Monde du 15.04.2010

. Avant d’aller à Vienne, vous renseigner sur  WWW.WIEN.INFO

. Aller au Kunsthistorisches Museum Wien pour retrouver Sisi comme on la désigne en Autriche dans un portrait de pied vu de dos  www.khm.at/khm/

. Pour retrouver Sissi, lire avec beaucoup précaution l’article que lui consacre Wikipedia qui demande aux contributeurs spécialistes de bien vouloir revoir le texte et les sources : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lisabeth_de_Wittelsbach

 

. Pour en apprendre plus sur la prostitution en Autriche, lire l’article très documenté sur

http://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=en&u=http://en.wikipedia.org/wiki/Prostitution_in_Austria&ei=nEfuTMjgIoSShAeiz8nGDA&sa=X&oi=translate&ct=result&resnum=1&ved=0CDcQ7gEwAA&prev=/search%3Fq%3Dprostitution%2BWien%26hl%3Dfr%26safe%3Dactive%26sa%3DG%26tbo%3D1

. Une affaire de réseau de prostitution en provenance de Hongrie démantelé à Vienne à lire sur un site chinois sur   http://french.news.cn/societe/2010-11/20/c_13614367.htm

. Voir également sur ce blog le billet sur l'image de Nice, telle qu'elle ressort de sa publicité faite maison "Empreinte"   Pub > La vogue de l'empreinte digitale   

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