Les Hts Fourneaux du Creusot, Georges Scott, L’Illustration 1910.07.07
"Les Hauts Fourneaux dans la nuit", Georges Scott, L'Illustration 1910-07-30, Cliché Elisabeth Poulain
C’est évidemment dans L’Illustration en date du 7 juillet 1930 que vous pouvez avoir la chance de pouvoir admirer ces dessins d’une telle puissance. Georges Scott a été un homme « pluriel » qui fut en même temps peintre, illustrateur en particulier pour l’Illustration et correspondant de guerre toujours pour..L’Illustration.. Visiblement il ne se posait aucune limite et cherchait à ne pas se laisser enfermer dans un genre, dans un style, une technique…
S’intéresser aux Hauts Fourneaux, au point de venir les dessiner la nuit dans un format double page de l’Illustration, dans des dimensions – 47,5 cm de hauteur et 31,5 cm de largeur - qui en elles-mêmes donnent encore plus de force à cette coulée de fonte auquel l’artiste eut la permission d’assister suffisamment de loin pour ne prendre aucun risque. Il l’intitula « Les Hauts Fourneaux dans la nuit » de façon à offrir le plus grand contraste entre la puissance du dessin, les chocs de structures entre les lignes verticales des Hauts Fourneaux et les horizontales qui jouent des contrastes de la matière en fusion qu’on imagine grâce à ces jeux de couleurs impressionnants :
- entre le gris noir avec une pointe de violet pour le ciel de la nuit coupé de fumée noire crachée par les cheminées;
- en dessous la séquence rose foncé nimbé de fumée à la couleur indistincte, qui habille les différents hauts fourneaux de nuances singulières, propres à chacun, comme enrobés dans une nuée étrange. Dans cette atmosphère bizarre, qui rend la nuit encore plus irréelle, il ne m’est pas possible de vous donner une description exacte de la nature même de cette obscurité composite et complexe, difficile à définir par des mots ;
- à travers ces couleurs, on distingue certains des hauts fourneaux, ceux qui sont le plus en avant, car il y a des plans différents qui s’enfoncent en profondeur. Tous ne crachent pas de la fumée noire dans cette partie haute. Par contre ils contribuent tous à créer cette ambiance très spéciale, très étrange. Avec en plus un jeu de ligne de crête en V inversé du haut de chacune de ces cheminées, sachant que chaque surface haute est occupée par des « tubulures » noires dont je serai bien incapable de vous préciser les dénominations, les formes exactes et les fonctions.
On en arrive à la seconde moitié » de la composition, qui se situe exactement en dessous de la pliure de ce n° de l’Illustration, la page elle-même faisant 60c m de haut sur 40,8 de large. C’est là que se trouve en partie gauche le « cœur de feu », une dénomination impropre dans la mesure où on ne voit qu’une nuée de vapeur de couleur blanche, teintée d’orange, de rose, d’une forme insaisissable, légère comme l’air, qui s’effiloche au fur et à mesure de son éloignement d’avec sa « source » qui se trouve dans le quart inférieur gauche.
Le regard se pose ensuite sur l’avant-scène qui forme un V irrégulier plus prononcé. C’est là que se trouve la vie humaine représentée par des silhouettes noires d’ouvrier avec des larges chapeaux, des capes avec des manches. On en voit un marcher vers la gauche la tête penchée comme fatigué, la silhouette de celui qui manie la grue au milieu en bas de la composition et le dernier à droite près d’un réverbère qui parait incongru à cette place. C’est l’endroit le plus intéressant car on y voit une grue inclinée vers la gauche qui se détache en noir sur la nuée provoquée par la coulée de fonte plongée dans la cuve de refroidissement.
Pour suivre le chemin
. Découvrir la vie de Georges Scott (1873-1943), appelé aussi Scott de Plagnol ou Georges Bertin Scott de Plagnol, de son vrai nom, qui travailla beaucoup pour l’Illustration en particulier pendant cette première guerre mondiale. Il fut peintre, dessinateur, reporter…correspondant de guerre. Toute sa vie, il fit preuve de sa volonté de ne pas se laisser enfermer dans un style, un genre, des thèmes… à voir tout particulièrement sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Scott
. Pour L’Illustration, voir https://www.lillustration.com/S_a148.html
. Quant au dessin, consulter L’Illustration, Journal Universel, hebdomadaire, n° 3518, 68è année, 30 juillet 1910, en pages 72 et 73
shana lilie 08/02/2018 01:51
Elisabeth Poulain 08/02/2018 12:23
Angeline 07/02/2018 17:48
Elisabeth Poulain 08/02/2018 12:17